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Cour Constitutionnelle, rien NVA plus

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!
EDITO
Chers lecteurs,
Nous tenons tout d'abord à vous souhaiter nos bons vœux pour cette année
2014. Cette nouvelle année commence par cette sombre période qu'est le
blocus, nous vous souhaitons une belle et bonne réussite pour votre session
de janvier.
Cette Hérésie de Janvier est un peu particulière. Elle vous propose non pas
(du moins dans son entièreté) des articles écrits dans le cadre de cet
apériodique mais elle regroupe de nombreux articles parus dans les
différents journaux des cercles folkloriques ou facultaires.
Nous estimons que ce journal vous appartient, vous représente, étudiants de
l'ULB, investis ou non dans les différents cercles que représente l'ACE. Cet
alliage d'articles à pour but de faire connaître les différents journaux qui
existent à travers les cercles. Il a pour point de mire la mise en avant du
travail que vous fournissent les différents délégués au cours de l'année. Nous
vous invitons à lire leurs publications. Elles vous informeront sur les
différents aspects liés aux domaines attitrés des cercles ou des facultés.
A cet effet, nous espérons vous enjoindre à consulter régulièrement les
éditions qui paraîtront dans les mois à venir. Nous vous proposons
également de nous rejoindre en nous proposant vos articles pour les
prochains numéros. Un comité de rédaction est mis en place et des réunions
sont organisées afin de détailler la ligne éditoriale et vous guider à la
rédaction.
N'hésitez pas à nous contacter si vous vous sentez l'âme d'un écrivain, poète
ou journaliste amateur. N'oubliez pas que ce journal est le vôtre, il vous
représente et vous informe sur la vie étudiante avec le plus de pertinence
possible (même quand il s’agit de choucroute).
Nous tenons à remercier les différents rédacteurs pour leur contribution. En
espérant que cette collaboration portera ses fruits et se poursuivra
davantage.
Une agréable lecture !
Hougardy Aurélien et González Alexis.
!
1!
!
SOMMAIRE
Politique
P.3 : Cour constitutionnelle – Rien NVA plus
P.7 : J’ai passé un an dans la peau d’un délégué facultaire de la FSP
P.8 : Implication implicite
P.11 : La réforme Marcourt est passée
P.13 : La Gauche Vs. La Droite – Ça tient toujours ?
ULB
P.16
P.19
P.23
P.25
P.28
P.30
:
:
:
:
:
:
Communiqué du Librex sur le changement de gouvernance
Retour sur le concept de gouvernance
Sauvez La Plaine !
Enfin les résultats : une Saint-V à caractère scientifique
Saint-V, chars, décors, et de moins en moins d’alcool ?
Réponse de l’ACE
Blocus
P.32 : Règles de survie en bibliothèque
P.36 : How to blow the cuss ?
Littérature & philosophie
P.39
P.42
P.46
P.48
:
:
:
:
Maus : l’homme sous le masque de la souris
1984
VOLTAIRE – Écraser l’Infâme
Plaintes d’une femme déçue
Théâtre
P.50 : Les monologues de la marijuana – réactions
Humour
P.51
P.53
P.55
P.57
:
:
:
:
Rémy Baudoin, approché par Gala ?
Les femmes au pouvoir ?
Enquête exclusive – La choucroute : le nouveau phénomène
La raclette
Jeux
P.59 : Ils l’ont dit
P.61 : Retrouve le nom du journal !
!
2!
!
Cour Constitutionnelle, rien NVA plus !
François Devillez et Mathieu Dekleermarker, Les Novelles, n°2, Janvier 2014
"Je jure fidélité au Roi, obéissance à la Constitution et aux lois du Peuple belge".
Voici le serment que tous les fonctionnaires de l'ordre judiciaire et administratif, et
tous les citoyens chargés d'un ministère ou d'un service public doivent tenir, avant
d'entrer en fonction. C’est l’article 2 du décret du 20 juillet 1831 concernant le
serment à la mise en vigueur de la monarchie constitutionnelle représentative qui
l’impose. Parmi les personnes qui doivent le prester se trouvent les juges de la Cour
constitutionnelle, les sages de la nation. Mais en fait, que vaut donc ce serment
lorsque c’est un sympathisant de la NVA qui le prête dans l’enceinte de la Cour
suprême1?
Pour toi, étudiant fraîchement rentré et ayant acheté ton premier agenda
rouge-écarlate venant de chez Hema (ou Club, selon les bourses), qui rêve de
t’asseoir dans ce siège de la plus haute cour (selon Uyttendaele) de notre pays
afin d’épater tes confrères conseillers à la Cour de cassation. Toi qui fantasme
à l’idée d’être le Torquemada des temps modernes, combattant les excès de
compétence et autres violations de tes deux plus fidèles amies - j’ai nommé
madame 10 et mademoiselle 11C – si toi aussi, dans tes rêves les plus doux,
tu rêves de foutre la merde et de te prendre pour le Législateur, si toi aussi, la
nuit, tu rêves de maintenir BHV pendant 4 ans, alors ne cherche plus, tu es fait
pour occuper cette haute et honorifique fonction, envoie alors vite ton C.V.
Rappelons tout d’abord les quelques « petites » conditions auxquelles il faut
répondre :
⁃ La première condition est d’avoir 40 ans au moins (désolé Laurent Louis, mais à
défaut d’atteindre l’âge de la sagesse, tu pourras toujours attendre l’âge de la
vieillesse)
⁃ Être nommé à vie par arrêté royal
⁃ Être présenté sur une liste double présentée alternativement par la Chambre des
représentants et par le Sénat2, adoptée à la majorité des deux tiers des suffrages des
membres présents et à bulletin secret (afin d’éviter la triche)
⁃ Être choisi dans le respect du principe de la parité linguistique (6 NL – 6 FR)
⁃ Éventuellement, être une femme3 (mais ce n’est vraiment pas obligé)
⁃ Avoir, en Belgique et pendant au moins cinq ans, occupé la fonction soit de
conseiller, de procureur général, de premier avocat général ou d'avocat général à la
Cour de cassation; soit de conseiller d'État ou d'auditeur général, d'auditeur général
adjoint ou de premier auditeur ou de premier référendaire au Conseil d'État; soit de
référendaire à la Cour constitutionnelle (donc, avoir un master en droit et pas bac à
St-Louis, c’est d’ailleurs (officieusement) un motif d’exclusion); soit de professeur
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
tout vous dire, on aurait pu aussi appeler cet article : « Un juge NVA à la Cour
reste d’ailleurs une des prérogatives du Sénat dans le cadre de la 6ème réforme de
l’Etat.!
3!A l’exception de Maggie de Block qui, si elle devient juge, occupera 2 sièges.!
1!Pour
2!Cela
!
3!
!
ordinaire, de professeur extraordinaire ou de professeur associé de droit dans une
université belge. Ou alors, avoir été pendant cinq ans au moins, membre du Sénat,
de la Chambre des représentants ou d'un parlement de Communauté ou de Région
(et donc, un master en corruption et escroquerie).
D’ailleurs parmi les six juges parlementaires, il y a, en fait, 3 juristes (faut pas
exagérer quand même), deux agrégés de l’enseignement secondaire (le droit
de grève a encore de beaux jours devant lui) et un docteur en médecine (afin
de réanimer leurs confrères suite à un éventuel arrêt…cardiaque celui-là).
Mais la condition la plus intéressante, selon nous, est que les sièges des juges
constitutionnels sont répartis entre les partis politiques les plus représentatifs
selon les résultats des dernières élections législatives (ouf le PTB est donc
encore bien loin). Il y a donc des juges à tendance socialiste, libérale,
sociochrétienne, et on a même un juge à tendance écologiste (est-ce pire qu’un
juge NVA ? La question sera examinée dans notre prochain numéro). Selon
Paul Maertens, on le reconnait facilement : c’est celui qui n’a jamais de
cravate4.
Et qui est le nouveau parti le plus représentatif en Flandre et dont l’un de ses
membres aura la chance, l’honneur et le prestige de s’asseoir sur les fauteuils
en alcantara d’une des cours suprêmes de notre pays ? Effectivement, vous
l’aurez deviné, il s’agit de la Nieuw-Vlaamse Alliantie (NVA) et elle devra
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
4!Citation
!
de Paul Maertens, lors de la visite des MA2 Droit l’année passée à la Cour.!
4!
!
présenter un candidat fin novembre en conséquence du prochain départ de
Marc Bossuyt5, le président néerlandophone de la Cour.
Cette règle, qui veut que chaque juge ait une affinité politiquement, est un
autre «héritage » de la tradition germanique, dans la lignée de la saucisse
choucroute6 et de la bière7, que l’on appelle le système du « Parteinproporz »8.
Soyons clairs, cette règle n’est écrite nulle part, ni dans la Constitution ni dans
la loi organique de la Cour, mais elle existe, c’est un peu comme la règle de
l’(in)égalité des places Erasmus entre ULBistes et St-Louisards (la règle n'est
écrite nulle part, mais il semblerait qu’elle existe).
Cette règle peut sembler choquante, si on se rappelle les marches blanches
qui ont mobilisé la population à la suite de l’affaire Dutroux, et le combat pour
dépolitiser l’appareil judiciaire. Devant la Cour constitutionnelle, cette règle est
une sorte de nécessité sociologique, il faut « maintenir l’illusion d’un
pluralisme politique, social et culturel de la Cour constitutionnelle », autrement
dit « il faut de tout pour faire une Cour »9.
La vérité, c’est qu’il est rare en Europe que la désignation d’un juge
constitutionnel soit le résultat de compromis entre les principaux partis
politiques. Gardons toutefois de sombrer dans une candide naïveté, « il est
évident que, si cette répartition politique n’était pas pratiquée, les juges
constitutionnels seraient nommés au gré des alternances politiques, ce qui serait
effectivement pire encore » 10 . Pourtant l’intérêt de voir la Constitution être
respectée par tous appartient à chaque citoyen, et pas seulement à ceux dont
le parti est représenté. Nous pensons qu’il faut suivre l’enseignement de Marc
Verdussen : « Dénier à tout juge une détermination à faire preuve de la plus grande
indépendance traduit une profonde ingratitude. Mais croire que tout juge est capable
de se départir, en toutes circonstances, de ses attaches politiques relève de
l’angélisme. Comme souvent, la vérité est quelque part entre les deux »11.
Mais asseyons-nous un peu, prenons une bonne pipe et analysons franchement
cette règle. Doit-on s’indigner qu’un juge qui a des affinités avec la NVA siège à
la Cour ? Clairement non, c’est la démocratie, la NVA est un parti élu et
plébiscité dans le nord du pays, il est donc normal au vu des règles qui
régissent actuellement l’organisation de cette juridiction que ce parti y soit
représenté.
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
président francophone de la Cour est Jean Spreutels (professeur de droit pénal des
affaires à l’ULB) qui a remplacé il y a quelques mois à peine, le président Henneuse. !
6!Pour un exemple : voyez Annemie Turtelboom (sa coiffure bien sûr).
7!Pour un exemple : voyez Michel Daerden.!
8!La règle s’applique aussi au Conseil d’Etat!
9!M. DEKLEERMAKER et F. DEVILLEZ, Trente lignes de droit constit, Presses universitaires du
BE droit, 2012+1. !
10!M. VERDUSSEN, « Le mode de composition de la Cour constitutionnelle est-il légitime ? »,
Rev. b. dr. const., 2013, p.83.!
11!Idem!
5!Le
!
5!
!
Maintenant est-ce un danger ? On peut se poser la question au vu des
dernières déclarations faites lors des meetings préélectoraux 2014 qui
confirment le projet séparatiste de ce parti.
De notre point de vue, au niveau de la protection des droits et libertés, ça ne
pose pas de problème : la NVA est un parti démocratique, à tendance
confédéraliste certes, mais pas liberticide. Il serait par contre contraire aux
droits et libertés de la NVA de justement ne PAS pouvoir bénéficier, au vu de la
popularité croissante de cette formation politique, d’une place au sein de cette
institution juridictionnelle.
Mais qu’en est-il au niveau institutionnel, sur les questions concernant
Bruxelles par exemple ? En fait, selon nous, plusieurs arguments militent en
faveur d’un tempérament des ardeurs populaires sur l’arrivée de ce juge à la
cour constitutionnelle.
Premièrement la NVA, ne choisira pas n’importe qui, car ce juge devra être
nommé par arrêté royal, et donc faire l’objet d’une négociation/délibération au
sein du Gouvernement. Il y a aussi un contrôle minime sur la présentation par
les chambres, donc cela amoindrit également le potentiel danger des
extrémistes flamingants. En effet, La Cour siège soit en formation limitée de
sept juges, soit en formation plénière de douze ou dix juges, il n’y a donc,
objectivement, pas de risque de blocage.
Deuxièmement, avec un seul juge, seul contre tous, il n’y aura pas de réel
blocage. En effet, le juge flamingant n’osera jamais faire œuvre de politique
dans ses arrêts, car il y a fort à parier que d’autres juges de tendances
politiques différentes s’associent contre lui, et que dès lors, ce dernier se fera
« écraser » par la majorité. Pas de panique donc, sur une éventuelle
politisation extrémiste de la jurisprudence de la Cour, vu que cette mixité
politique permettra justement de contrebalancer les éventuels abus du juge
nationaliste.
Troisièmement comment les autres partis pourraient-ils empêcher cela ? En ne
votant pas la présentation ? Cela poserait, à notre sens, de plus grands
problèmes. Un recours en annulation devant le Conseil d’État ? Oui, contre
l’arrêté de motivation, peut-être, mais sous quels motifs ? Et qui y aurait
intérêt ?12
La seule question qui se pose finalement, c’est qui serait le potentiel candidat
à la Cour constitutionnelle. Qui sera la nouvelle star ? Siegfried Bracke ? Jan
Jambon (et là il n’y a pas de blague)? Geert Bourgeois (là on devra s’inquiéter),
Hendrik Vuye (professeur de droit à Namur) ?… et, en fait, pourquoi pas Bart
de Wever ? La parole est à vous, chers lecteurs.
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
puis on voit déjà d’ici les auteurs de doctrine criant à la violation du principe de la
séparation des pouvoirs!
12!Et
!
6!
!
J'ai passé un an dans la peau d'un délégué
facultaire de la FSP
Victor Huon, dit Indigo, CPS
Défendre les étudiants, être leur
avocat. Pouvoir se dire que nous
avons un rôle déterminant à jouer
là-dedans. Tout commence par une
campagne, un appel d'auditoire
titubant, l'intime conviction d'avoir
l'air con. Avoir de grandes idées
pour de grands changements avec
de grands mouvements. Être celui
qui cause, celui qui écoute, celui qui
représente. Se comporter comme le
divan des maux étudiants, sans
rendez-vous, psychanalyse gratuite
et réseaux sociaux. Être un nom qui
ressort parmi d'autres et ne plus
être ce nom en même temps.
Personnifier
une
fonction
nécessaire. Scrutin, dépouillement,
élection, voix d'avances, adversaires
vaincus. Déçus, ceux-là mêmes pour
qui nous serons le mégaphone.
Organiser
des
réunions
de
consultation d'auditoire, espérer
l'engouement général et se retrouver
avec une dizaine de personnes. Ce
sont généralement les mêmes qui
ne sont jamais contents, les uns
considérant l'université comme un
repas prémâché et prédigéré, les
autres animés par un esprit
révolutionnaire propre à notre âge.
J'ai toujours pensé qu'il était
possible de créer une dynamique de
groupe, d'aller crier en conseil
contre l'injustice. La réalité est bien
différente. Le délégué étudiant est le
rempart de la démocratie ulbiste.
Sa présence est nécessaire.
!
À chaque palier un niveau de
pouvoir, des possibilités nouvelles.
Il doit apprendre à reconnaître les
situations où le changement est
nécessaire, à travers sa propre
expérience
et
celles
de
ses
confrères. Nous formons une même
masse dans le Janson. Celle-ci n'a
qu'une seule voix. C'est celle du
délégué étudiant. Pourtant, on se
sent faible, tout en continuant à y
croire, on ne retrouve pas nos
grandes
idées.
La
politique
appliquée en FSP. Déceptions,
évolutions, optimisme. Se dire que
c'est à nous de transformer la
dynamique de groupe. Dresser le
bilan
de
l'année
écoulée,
comprendre
les
erreurs
de
fonctionnement et les mauvais
choix. Briguer la réélection en se
basant sur nos conclusions. Être
honnête,
sans
pour
autant
s'embourber dans la mare du
défaitisme, sans pour autant s'y
noyer. Décembre 2013, prendre une
grande bouchée d'air, serrer le
micro avec détermination, plonger.
Étudiant, l'auditoire a besoin de toi.
N'hésite pas un instant, si tu t'en
sens capable. Réfléchis, renseignetoi. Sois ce que tu veux être et
défends-le. Convaincs et agis. C'est
très important. Personne ne peut
avoir la prétention de se penser le
mieux qualifié, et nul ne peut avoir
la conviction d'être incompétent.
Présente-toi.
7!
!
Implication implicite
Victor Nocent, dit Penny Vaillant, Agro
C’est avec une plume juteuse et éclairante que j’écris ces quelques lignes. Je
tiens tout d’abord à préciser que je n’écris pas au nom de l’Agro qui est mon
cercle, ni même au nom de la Bet’su qui est mon journal, mais je profite de ma
position pour faire passer mon message.
En effet, il est assez récurrent et décevant de rencontrer de plus en plus
d’étudiants qui ne se soucient guère du sort de leur université ni même du rôle
qu’ils peuvent y jouer dans les décisions et mouvements de celle-ci.
Plusieurs faits assez marquants peuvent être cités en exemples, je n’en
donnerai que quelques-uns qui pour moi reflètent bien la situation actuelle.
Tout d’abord, la nouvelle réforme du CA. De nombreux étudiants n’étaient pas
au courant qu’elle allait avoir lieu ni même qu’elle avait eu lieu une fois la
décision prise. Faute de « propagation » de l’information, dirons-nous. Oui,
mais faute de quête de cette information également. L’université et le BEA
(Bureau des Etudiants Administrateurs) envoient régulièrement des lettres aux
étudiants… il suffirait donc de les lire ?? Quand on sait que ce même BEA peine
à se renouveler faute de candidats qui se présentent, ou du moins qui finissent
leur année de mandat, on en vient à se demander si les étudiants ont vraiment
envie de savoir et d’agir en conséquence… Pour être plus précis, le BEA est
composé de personnes élues et de personnes cooptées. Il faut un peu aller
chercher les élus, mais ils sont là, et encore beaucoup arrêtent durant la
première année, mais après le vrai combat et de trouver assez de gens à
coopter pour toutes les commissions et eux sont durs à trouver13 ! Le danger
est de laisser les gens élus seuls en microcosme, discuter seuls les décisions,
ne devant rendre de compte à personne. Ce n’est évidemment pas leur faute,
c’est juste qu’il n’y a personne, et que du coup les décisions sont prises par
une minorité… En effet, les symposiums sont un peu vides (ceux qui doivent
rendre compte aux étudiants élus) et les AG du BEA sont également
relativement vides ou du moins remplies par les 50 mêmes personnes à
chaque fois.
L’histoire se répète avec les conseils facultaires et les bureaux estudiantins. Il
est devenu mission d’envergure d’atteindre le quorum pour qu’un étudiant
puisse être élu ! À quoi cela est-il donc dû ? Une trop bonne vision du corps
dirigeant déjà en place ? Ou justement le fait que les actions de ces étudiants
administrateurs ne soient pas du tout assez visibles ou ne concernent pas
assez directement l’étudiant ? 14 Peut-être que l’étudiant ne se sent pas
concerné, on a du mal à le croire quand on sait que ces postes qui peinent à se
faire élire sont créés et servent à défendre et protéger les droits de l’étudiant
lui-même. En résumé, c’est peut-être une « responsabilité partagée » entre la
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
13Les!postes!comme!délégué!culture,!en!rapport!avec!les!TD!et!autres!sont!assez!facilement!renouvelés,!
mais!il!y!a!des!postes!(comme!bibliothèque)!qui!ne!sont!jamais!occupés…!
14!En!effet!l’image!qu’on!s’en!fait!est!un!peu!barbante!et!une!activité!plus!culturelle!pourrait!faire!du!bien.!
!
8!
!
vision que les étudiants ont des bureaux étudiants et l’image que les bureaux
renvoient. Quoi qu’il en soit, on se retrouve avec des postes inoccupés et des
autorités qui nous reprochent de demander des postes qu’on n’assume pas.
Ceci dit, le résultat n’est pas plus glorieux au niveau des cercles.
On peut aussi constater une baisse de personnes qui s’investissent dans ceuxci, comparé à la situation d’il y a plusieurs années. Quand on voit qu’un cercle
comme le « Librex » ne croule pas sous les demandes de membres, on se pose
des questions. De plus, les délégués librex de chaque cercle vont rarement
rendre visite et se tenir au courant des travaux et des nouveaux sujets de
discussions du cercle du Librex… Alors que ce cercle historique a depuis
toujours pour but de promouvoir et de défendre cette valeur essentielle qu’est
le Libre-examen. Si personne ne se rend dans ce cercle pour le faire perdurer,
cela revient quasi à laisser à l’abandon la valeur qu’il défend…
Autre fait marquant : on se retrouve (et je prends ici le cas du Cercle des
Sciences, car c’est un cas qui m’est propre) en AG de mi-mandat à voter des
nouveaux statuts à 30 personnes et c’était déjà un nombre beaucoup plus
élevé que ceux qui avaient effectivement (rappelez-vous de votre fonction de
membre) lu ces statuts. Statuts qui redéfinissent totalement l’A.S.B.L. qu’est
le cercle, c’est-à-dire que si personne ne vient, une minorité décidera de
l’avenir du cercle en prenant des décisions qui auraient pu être toutes autres si
une consultation avait été faite. Nous sommes donc face à une AG souveraine
qui ne se représente même pas en nombre. Vous avez une voix, faites-la
entendre !
J’ai lu dans des anciens carnets du Librex les
manifestations estudiantines que lançaient les
étudiants dès que quelque chose de
contrariant se produisait à l’ULB (prof qui
refusait de signer le principe d’adhésion au
libre-examen 15 , manifestations devant
l’ambassade de Grèce 16 ). Les étudiants
avaient même pris d’assaut le château de
Beersel pour montrer leur mécontentement.
Désormais une minorité d’étudiants se tient
bien informée et agit en conséquence.
Entre une excellente conférence ou un TD il
faut parfois choisir…17
« Nous sommes ce que nous prétendons
être, nous devons donc faire attention à
ce que nous prétendons être »
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
15!Ce!refus!est!toutefois!discutable!car!il!remet!en!question!le!principe!même!du!libreQexamen.!
16!Car!une!réunion!félicitant!l’action!des!colonels!Grecs!avait!lieu.!
17!Allez!consulter!l’agenda!du!Librex!pour!vous!renseigner!sur!les!différents!débats.!
!
9!
!
Le décret Marcourt qui rentrera en vigueur l’année prochaine est aussi
accablant. On m’a encore dit la semaine passée : « - Il est vraiment passé ce
décret finalement ? –C’est quoi exactement ce truc de Marcourt ? » Eh bien oui, ce
décret est bien passé et il représente un nivellement par le bas pour les
cotations universitaires et la perception de la valeur de notre diplôme à
l’étranger. Tout cela n’est que mon avis, le débat est ouvert, néanmoins ce
décret est un peu passé par le chas de l’aiguille comme on dit...
Il y’a également eu une réforme de l’Ecole Polytechnique de Bruxelles (qui a
d’ailleurs été élue meilleure école d’ingénieur de la fédération wallonne) pour
laquelle le Bureau des Etudiants Polytech a écrit une lettre ouverte en plus
d’une belle mobilisation. Allez lire la lettre pour plus d’informations.
Bref, je dépeins là un sombre tableau, mais tout n’est pas à rejeter non plus.
J’adore cette université et cet article n’a pour but que de conscientiser sans
prétention les étudiants afin de la rendre meilleure. Beaucoup de choses sont à
revoir, mais rien n’est perdu.
Il faut stopper la « traversée d’université » ou « la course au diplôme » et
profiter de toute la dimension que nous ouvre l’ULB.
Notez aussi qu’un grand nombre des faits que je sors affectent principalement
la faculté des sciences. C’est en effet surtout à vous que je m’adresse, car c’est
celle dont je fais partie, celle que je vois le plus. C’est aussi elle dont
l’ancienneté qui devrait le plus représenter le changement constant, propre à
la science, et l’implication estudiantine au vu de son historique.
Je finirai sur une autre citation d’auteur inconnu, mais qui me parait de juste
goût :
« Vous êtes né un original, ne devenez pas une copie »
Si tu ne savais pas, maintenant tu sais !
Renseigne-toi et participe à rendre la vie estudiantine meilleure qu’elle ne
l’était avant ta participation.
!
10!
!
La réforme Marcourt est passée
Victor Huon, dit Indigo, CPS
Vous l'aurez remarqué, cela fait un moment que tout le monde a un avis sur la
question. « Quoi, abaisser la moyenne de réussite à dix sur vingt ? T'es malade
toi ? » ou encore « Ouais, mais pense à tous ceux qui ont raté avec une
moyenne de 11,86. ». Les uns vous bassinent avec un grand mot qu'est le
nivellement par le bas, les autres trouvent cela antidémocratique. On n’a pas
consulté les étudiants. Pas de référendum en Belgique, des politiciens élus
légitimement, des étudiants avec le droit de
vote... Je ne vois pas le problème. Ce que
beaucoup oublient, c'est que la moyenne
abaissée est un détail dans une réforme qui
va chambouler beaucoup de choses. Je ne
suis pas là pour ouvrir le débat, je vais
simplement vous présenter les différents
points de cette réforme et rigoler un peu de
nos politiques, qui sont assez rigolos en
séance parlementaire .
Qu'implique le décret définissant le paysage de l'enseignement supérieur et
l'organisation académique des études ?
En 2004, Bologne transformait l'espace européen de l'enseignement supérieur.
Mais cela ne suffisait pas à J-C Marcourt. Il a donc décidé de réformer tout le
bazar. En 2009, JC a démarré une table ronde avec tous les acteurs du milieu (
étudiants, syndicats et directeurs / recteurs ). En ressortit l'idée d'une
rationalisation du paysage de l'enseignement francophone. En résumé, ce qu'il
va se passer c'est le regroupement des établissements en 5 « pôles
géographiques » (Liège / Luxembourg, Namur, Bruxelles, Louvain, Hainaut).
Ceux-ci serviront à la coopération entre les établissements et seront composés
d'un Conseil d'administration où siégeront 20% d'étudiants et d'une Assemblée
générale où chaque université / haute école / institut possède une voix. Ces
pôles seront eux-mêmes regroupés en trois zones académiques (LiègeLuxembourg-Namur , Bruxelles-brabant wallon, Hainaut), compétentes en
matière d'aide à la réussite. Le tout sera présidé par l'ARES, Académie de
recherche et d'enseignement supérieur qui sera le lien entre les pôles et le
gouvernement. Des étudiants y siégeront également.
Marcourt veut également réformer les études en tant que telles et cela passe
par l'abaissement de la moyenne à 10/20 pour acquérir les crédits de l'année.
Il veut par cela encourager la réussite. Le débat déchaîne les passions pour
l'instant. Par contre, si vous doublez, vous ne repasserez que les cours pour
lesquels votre note est inférieure à 10/20. Se pose maintenant la question des
points de balance... Pour le reste, toujours trois quadrimestres avec évaluation
à la fin, la mise en place de cours d'aide à la réussite pour les BA1 qui
visiblement rentreront dans les 60 crédits de l'année. Attention, le montant du
minerval, gelé depuis les dernières élections fédérales et le décret Wendy,
!
11!
!
combat étudiant, sera fixé par un nouveau décret « minerval ». Pour mettre en
place cette réforme, les différents pôles ont reçu chacun 75 000 euros. Mais
ont-ils tous les mêmes besoins ?
Je n'ai rien compris, c'est très mal expliqué. Où puis-je me renseigner
correctement ?
La
FEF,
Fédération
des
étudiants
francophones, a publié un rapport résumant
l'avant-projet de loi. Vous pouvez le trouver
ici : http://oua.be/1bv0 (l'url est réduite).
Pour trouver le texte en tant que tel, il est
téléchargeable
à
l'adresse
suivante :
http://url.exen.fr/88500/ (en bas de la page,
url de nouveau réduit). Et finalement, pour
rigoler
devant
le
débat
en
séance
parlementaire,
voici
le
compte-rendu
provisoire : http://oua.be/1bv2 . C'est assez
marrant à lire. Nos élus se lancent dans un
concours de métaphores et d'étalement de
leur culture. La politique est une pièce de
théâtre.
Petit florilège des belles punchlines des intervenants
•
Mme Caroline Persoons (FDF) : « À vaincre sans péril, on triomphe sans
gloire ! Or, les embûches ont été nombreuses sur le chemin qui nous a
menés au vote du présent décret. Il a été jalonné d'épisodes médiatisés –
je songe à Arès, dieu de la guerre, fils de Zeus et de Héra. »
•
Mme Christine Defraigne ( MR) , en parlant de l'ARES : « A l'expression
usine à gaz, je préfère celle de plénum suprême. "»
•
M. Jean-Claude Marcourt : « De nombreuses formules ont été évoquées
pour ce décret. Pour ma part, je dirais : « Heureux qui comme Ulysse a
fait un long voyage. » ».
•
M. Léon Walry (PS) : « L'optimisme désigne un état d'esprit qui perçoit le
monde et l'univers de manière positive. Le fondement de l'optimisme
remonte à Socrate. Platon l'a professé, puis Aristote, au cinquième siècle
avant notre ère. Attila n'intervient qu'au cinquième siècle de notre ère, et
vous n'ignorez pas qu'il était roi des Huns. »
Sinon, 75 membres ont pris part au vote, 53 ont dit oui, 22 se sont abstenus,
majorité des deux tiers, le texte est passé.
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12!
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La Gauche Vs La Droite, ça tient toujours ?
Hamza Belakbir, Librex
La polarisation Gauche-Droite a commencé à être utilisée dans le discours
politique à partir de 178918, cela naquit du regroupement des députés selon
leurs sensibilités sur les différentes questions préoccupantes de l’époque.
Depuis lors, l’évaluation des opinions politiques selon le clivage gauche-droite
s'est généralisée, en France et dans de nombreux pays.
Cependant, depuis quelques années, on s’interroge sur la pertinence de ce
clivage. Si certains aspects de la division droite-gauche paraissent s'estomper,
il faut noter que la vie politique connait une importante transformation de ce
clivage relativement plus marquée que son éventuelle disparition totale.
On assiste à un déclin du prototype classique du clivage, les partis politiques
forment des facteurs d'entretien des divisions et des forces d'intégration tout
en permettant l'institutionnalisation des oppositions. Si, dans des pays comme
les U.S.A, ce sont des partis politiques qui servent de marqueurs idéologiques
dans la sphère des représentations des citoyens, en France, la polarisation et
l'identification partisane s’esquissent en second plan par rapport à l'opposition
gauche-droite. Les contraintes du scrutin majoritaire génèrent cette
simplification du mirage des forces politiques. Les rapports de voisinage entre
partis de gauche ou de droite s’avèrent plus conflictuels que ceux entre gauche
et droite dans leur ensemble.
On observe aussi l’existence de deux types d’électeurs. D’abord, le rationnel,
celui dont l’orientation du vote et de l’engagement est très sensible à la
conjoncture politique. Ensuite, le convaincu, celui dont l’orientation du vote et
de l’engagement est structurée par l’appartenance sociale et parfois religieuse.
Aujourd’hui, la nature de ce clivage se ressent sur des sujets divers, c’est-àdire des questions sociétales comme la délinquance, l’immigration ou le socle
des valeurs communes, mais qui s’effondre lorsqu’il s’agit de questions
économiques. Par exemple, en France, on a assisté pendant la campagne
présidentielle 2012 à une cristallisation du discours politique de l’UMP sur la
question de l’identité nationale. Cela s’est manifesté par l’emploi d’un discours
violent pour traiter de la question de la délinquance et d’un ton à tendance
frontiste pour aborder la question de l’immigration dans le pays. Aujourd’hui,
on voit que l’opportunisme électoral de l’UMP, qui est toujours réticent face
aux mutations des valeurs, pousse le parti jusqu’à récupérer politiquement les
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
18!1789!:!la!Révolution!française!!!Identité!nationale!:!http://tempsreel.nouvelobs.com/contreQdebatQsurQlQ
identiteQnationale/20091222.OBS1485/debatQsurQlQidentiteQnationaleQbilanQdQetape.html!!!
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revendications des manifestants anti-mariage pour tous. On voit ainsi que le
PS, à l’origine de la loi d’ouverture du mariage aux homosexuels, s’avère plus
libéral que l’UMP en matière culturelle, alors que ces deux demeurent sur la
même longueur d’onde en ce qui concerne la politique économique et
l’Europe On remarque très bien que le nouveau clivage se dessine surtout
entre les mondialistes et les antimondialistes au profit du clivage
traditionnel. Cette transposition de l’échiquier politique se traduit aussi chez
les intellectuels. Par exemple, dans la ligne souverainiste, pour ce qui est des
théoriciens du courant conservateur, cela va d’Eric Zemmour19 jusqu’à Régis
Debray 20 , tous les deux farouchement opposés au libéralisme culturel ; par
ailleurs, au sujet du libéralisme économique et de l’Europe les intellectuels de
la Gauche antilibérale illustrée par Etienne Balibar 21 ou Alain Badiou 22 s’y
opposent tout en se déclarant favorables au libéralisme culturel. Un autre
clivage peut être analysé, il s’agit de celui qui distingue candidats de la
« passion » candidats de la « raison », et qui est employé par les élites
médiatiques et politiques pour scinder l’espace politique en deux sphères :
celle des raisonnables, c’est-à-dire les partis traditionnels qui s’alternent au
pouvoir (dans le paysage politique français : l’UMP et le PS), et celle des
passionnés, à savoir les partis menaçant l’oligarchie politique « mainstream »
qui sont désignés comme les extrêmes (en France le Front de Gauche et le
Front National).
Pour conclure, les problèmes qui, autrefois, divisaient l'opinion française ont
disparu ou se sont évaporés. La République laïque, contestée par quelques
monarchistes nostalgiques et d’autres anarchistes, est désormais moralement,
socialement
et
collectivement
approuvée.
N’oublions
pas
que
l’instrumentalisation de l’élément religieux n'est pas tout à fait éteinte, mais
elle n'est plus que l'ombre de ce qu'elle était depuis la fin du XIXe siècle
jusqu’à la loi de 1905 23 , lorsqu'elle occupait une place centrale dans les
campagnes électorales. Ce jusqu’à l’ère Sarkozy 2007-2012, où ce dernier
surfa sur la vague de l’islam comme étant un des segments essentiels de sa
campagne. En matière économique, traditionnellement, Gauche et Droite n'ont
pas exactement les mêmes positions, mais l'époque paraît lointaine où le
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
19!Eric!Zemmour!:!un!écrivain!et!journaliste!politique!français.!Il!a!été!journaliste!au!
service!politique!du!Figaro!jusqu'en!2009,!il!tient!depuis!une!chronique!au!Figaro!Magazine.!Il!est!
aussi!chroniqueur!et!polémiste!de!droite!conservatrice.!
20!Regis!Debray!:!un!écrivain,!haut!fonctionnaire!et!universitaire!français,!promoteur!de!la!médiologie,!se!
situe!dans!la!lignée!républicaine!souverainiste.!
21!Etienne!Balibar!:!un!philosophe!français.!Professeur!émérite!de!l'Université!Paris!Ouest!Nanterre!La!
Défense.!
22!Alain!Badiou!est!un!philosophe,!romancier!et!dramaturge!français.!ll!est!également!connu!politiquement!
pour!son!engagement!maoïste,!sa!défense!du!communisme!et!des!travailleurs!étrangers!en!situation!
irrégulière.!
23!Loi!1905!:!La!loi!de!séparation!des!Églises!et!de!l'État!est!une!loi!adoptée!le!9!décembre!1905!à!
l'initiative!du!député!républicainQsocialiste!Aristide!Briand,!qui!prend!parti!en!faveur!d’une!laïcité!sans!
excès.!
!
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projet socialiste consistait en l’abolition du capitalisme et de le remplacer par
le Socialisme et où la Droite dénonçait le péril collectiviste.
Finalement, on observe que la période actuelle se marque surtout par le déclin
de l'aptitude à l'identification à l'un ou l'autre des deux pôles traditionnels de la
vie politique. Maintenant, il faut analyser de près ce déclin et voir s’il se
révélera irréversible, ou si une nouvelle conjoncture politique et une nouvelle
synthèse idéologique vont revitaliser le clivage Gauche-Droite.
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15!
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Communiqué du Librex sur le changement de
gouvernance
Compte tenu des polémiques récentes autour de la réforme universitaire de la
gouvernance, le Cercle du Libre Examen ne pouvait pas demeurer muet
éternellement. Il est des enjeux et des évènements qui marquent toute une
génération, laissant une empreinte durable dans sa mémoire et perdurant audelà dans les structures de la société : la réforme de l'Université qui suivit les
grandes manifestations estudiantines de mai 1968 est de ceux-là. De ce fait, la
récente réforme de la gouvernance visant à modifier radicalement les acquis
de l'époque est sans nul doute la plus grande que notre Alma Mater ait
entreprise depuis lors.
Cependant, nous avons pu constater plusieurs manquements déplorables
venus entacher cette ambitieuse révision. Loin de nous l'idée de juger de son
contenu positif ou négatif. En revanche, nous pensons que les moyens sont
tout aussi importants que les fins, et nous n'acceptons pas la manière dont elle
fut dirigée. Nous mettons effectivement en doute la volonté des autorités de
communiquer et de stimuler le débat sur la question. Pour une pareille
entreprise, colossale dans la forme comme dans le fond, les étudiants auraient
pu espérer une campagne tout aussi massive d'information, cherchant à
susciter la participation active des étudiants : tel ne fut pas le cas à notre avis.
Nous ne nions pas les démarches entreprises : de fait, des courriels ont été
envoyés et des consultations organisées. Néanmoins, plusieurs faits nous
motivent à penser que ces moyens n'étaient pas à la hauteur de la tâche. En
effet, ces consultations n'en étaient pas de véritables, et s'apparentaient plus à
des séances d'information à sens unique qu'à des réunions permettant
l'échange et le débat. Qui plus est, nous déplorons le fait qu'elles aient toutes
eu lieu en pleine période de blocus (les 15, 21, 28 et 29 mai 2013, faisant
suite à la publication du rapport de la phase II fin avril 2013), d'examens ou
aux premiers jours de la rentrée (5 consultations en septembre 2013),
moments à l'évidence peu propices à la disponibilité et à la sensibilisation des
étudiants. Il nous est difficile de croire que les vétérans du Conseil
d'Administration ignoraient ceci. Quant à la communication proprement dite, le
déploiement exemplaire visant à promouvoir le prix Nobel de M.Englert illustre
de manière éloquente la capacité des autorités à médiatiser un enjeu,
lorsqu'elles le désirent réellement.
À ces défauts s'ajoute une action des plus déplorables : contre toute attente et
à l'encontre des traditions de notre université, nous avons assisté à l'irruption
des forces de l'ordre, venues pour évacuer une manifestation pacifique. Qu'on
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16!
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soit d'accord ou non avec les revendications de ces étudiants ou leur manière
d'agir, il est non seulement inacceptable pour le Cercle du Libre Examen que
les autorités aient organisé le C.A. à l'extérieur de l'université de manière à
échapper aux oppositions, mais il nous est de surcroît inadmissible qu'elles
aient cautionné, par passivité, cette action policière à maints égards violente et
inutile.
En outre, en ne consultant pas sa base électorale – ce qui aurait dû lui sembler
naturel au vu de l'importance de cet enjeu – ainsi qu'en refusant de voter lors
d'une Assemblée Générale qu'il avait pourtant lui-même convoquée, il nous
apparaît clair que la précédente équipe du B.E.A. a failli à sa mission
démocratique. Celle-ci, nous tenons à le rappeler, ne se limite pas à la
représentation, mais implique aussi un devoir d'informer et de consulter sa
base. Cette implication de la base électorale – faut-il rappeler – est rendue
d’autant moins aisée que la mobilisation politique des étudiants (tant du point
de vue des questions citoyennes que des enjeux internes à l’ULB) ont tendance
à s’affaiblir, notamment en raison d’une conscience trop peu aiguisée, mais
aussi par suite d’une transmission trop restreinte et inefficace des
informations aux étudiants par le BEA.
Toutefois, nous tenons à profiter de ce communiqué pour rappeler
l'importance que doit revêtir la représentation étudiante, et dès lors à féliciter
la nouvelle équipe du B.E.A. pour son élection. Nous ne doutons pas qu'elle
tentera de faire de son mieux durant son mandat, et nous espérons qu'elle
retiendra les leçons des erreurs passées afin de servir au mieux leurs
mandataires.
Enfin, aux vues des dissensions provoquées par cette réforme, il nous semble
que la mise en place d’un référendum aurait pu constituer une belle sortie par
le haut. Nous connaissons les craintes entourant l'utilisation du référendum,
mais nous les estimons non fondées. Une telle méthode, outre son caractère
pleinement démocratique, aurait pu concourir à faire réémerger la conscience
politique des étudiants en politisant la question. Nous avons en effet bien plus
foi en la capacité des étudiants à ne pas succomber à la démagogie et à faire
preuve d'un libre-examen fécond, quand l'opportunité et le cadre leurs sont
donnés. Quelle meilleure preuve de l'attachement de notre Alma Mater à l'idéal
démocratique et à son principe ?
En conséquence, et malgré le fait que le vote soit passé, le Librex estime
nécessaire d'organiser une conférence-débat, et ce pour deux raisons. Tout
d'abord, la légitimité passant par l'information, ce débat permettrait enfin
d'informer précisément la communauté universitaire de la teneur de cette
réforme. Ensuite, nous estimons que ce débat permettrait aux différents points
de vue de s'exprimer dans un cadre ouvert et respectueux : ceci amènerait non
seulement à pacifier les tensions qui persistent sur le Campus, mais aussi à
!
17!
!
faciliter la prise de position aux membres de la communauté universitaire, qui
pourraient alors décider en leur âme et conscience d’adhérer ou non à cette
réforme.
Certes, nous n'ignorons pas que plusieurs ont été organisées par le passé. Foin
de mauvaise foi : ils ont eu lieu et nous nous en félicitons. Pour autant, ceux-ci,
en raison de leur cadre informel et restreint, n'ont pas eu l'impact nécessaire
pour une réforme d'une telle ampleur. Dès lors, il est d'autant plus nécessaire
que cette confrontation prenne place dans les meilleures conditions et soit
dûment publicisée.
En conclusion, le Cercle du Libre Examen, militant actif en 1968 et partisan de
toujours du dialogue, fait une proposition à l'ensemble de la communauté
universitaire :
Que ceux qui le souhaitent nous répondent afin que nous puissions, ensemble,
mettre sur pied une conférence-débat de qualité, en présence d'acteurs
représentatifs des différents points de vue. Et à tous les acteurs universitaires
nous posons cette simple question : qui a peur de la remise en question ?
Pour l’ULB et pour le Libre Examen,
Le comité 2013-2014 du Librex
!
18!
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Retour sur le concept de gouvernance
Galaad, Librex
Le mot de gouvernance revient dans toutes les bouches en cette fin d'année.
Certes, à l'ULB, nous en avons déjà entendu parler en long et en large avec la
réforme de la gouvernance de l'université, cependant, et plus globalement, ce
terme est usité par une multitude diverse et éclectique de personnes, des
politiciens aux journalistes en passant par les universitaires. Ainsi, Jacques
Chirac pouvait en appeler à une « gouvernance mondiale » dans le cadre d'une
ONU de l'Environnement, Alain Juppé se féliciter d'assister à l'émergence de
mécanismes de gouvernance mondiale, et l'on a même entendu parler, lors du
changement de pape, de « discussions internes » sur la « gouvernance » du
Vatican !
Mais qu'est-ce que la gouvernance ? Que peut-on mettre derrière ce terme
employé à toutes les sauces, par des gens de gauche comme de droite ? Le
concept de gouvernance est aujourd'hui agité sans cesse comme un mot
fourre-tout pouvant désigner tour à tour bonne gestion des affaires courantes,
type de gouvernement ou l'action même des gouvernants. Un détour par
l'histoire s'impose donc pour comprendre l'origine de ce concept, et ainsi en
appréhender un peu mieux la teneur.
Histoire
Le terme de gouvernance remonte à loin en arrière. La première occurrence
semble dater du XIIIe siècle, où ce terme désignait en ancien français un
synonyme de « gouvernement ». Durant le XIVe siècle il prit plusieurs
significations différentes : en France, il pouvait par exemple à la fois désigner
le fait de bien se tenir, certains territoires du nord de la France dotés d'un
statut administratif particulier ou la charge de la gouvernante domestique ;
tandis qu'en Angleterre il était furtivement employé comme équivalent de «
gouvernement ».
Disparu temporairement du vocabulaire, il faudra attendre le XXe siècle pour
qu'il revienne sur le devant de la scène, en commençant dans les années 30
par les travaux de Ronald H. Coase, prix Nobel d'économie en 1991 et l'un des
fondateurs du courant dit néo-institutionnaliste. Pour rappel, il s'agit d'une
école de pensée sociale qui interprète les relations sociales et politiques, mais
aussi l'histoire et les relations internes de l'entreprise, dans une vision
purement économiste, à l'aide de critères comme le rendement et l'efficacité.
C'est à ce moment-là que le terme gouvernance commence à être théorisé : il
s'agit alors d'une méthode de gestion non hiérarchique des entreprises
associant davantage les salariés. Petit à petit cependant, l'on voit le terme
s'appliquer aussi à la façon dont les individus et les institutions gèrent leurs
affaires communes.
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19!
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En même temps, l'on observe dans les années 60 de plus en plus de travaux
(Karl Deutsch, Robert Dahl ou David Easton) réfléchissant à la manière de
gouverner nos sociétés démocratiques et convergeant vers une forme de culte
du consensus. Une bonne démocratie doit être une démocratie pacifiée,
limitant les conflits politiques et cherchant le compromis entre des partis
considérés comme des agents rationnels et intéressés. Dans les années 70, les
rapports de la trilatérale concluent à la nécessité de changer de façon de
gouverner les démocraties, devenues ingouvernables à cause des citoyens
voulant participer à la démocratie.
C'est alors qu'intervient le tournant Thatcher. Le terme sert tout d'abord à
décrire et réguler le fonctionnement des instances et des structures
d'entreprises (notamment chez l'économiste Olivier Williamson), mais surtout il
sert à désigner dans le monde des affaires une gestion intègre et rigoureuse
d'entités privées. On parle à ce moment de « corporate governance », soit des
méthodes de saine gestion des fonds que les investisseurs confient aux
entreprises, tout cela masquant le fait que les entreprises à la fois cherchent à
s'autonomiser et à accroître la surveillance, bien souvent électronique, de leurs
employés pour les rendre plus efficaces et productifs.
Durant cette période, la gouvernance est à l'entreprise privée ce que la
politique est à la société. Cependant, il n'y a qu'un pas entre cela et son
inversion, pas rapidement franchis par le gouvernement thatchérien : c'est lui
en effet qui va révolutionner la conception de l'État. Son rôle se transforme et
l'on cherche soudainement à le gérer à la manière d'une entreprise. La
gouvernance devient le cache-sexe de la réforme néolibérale de l'État, l'on parle
par exemple en Angleterre de
« gouvernance municipale » et en France de « nouveau management public »,
pour parler en fait de privatisation des entités politiques locales, chargées de
suppléer au désinvestissement de l'État en ayant de plus en plus recours au
privé et aux associations. Toujours dans une logique de rentabilité.
Dans les années 90 enfin, revirement : après l'échec patent des politiques
néolibérales, la gouvernance se veut positive. Il ne s'agit plus de parler de
gouvernance, mais de « bonne gouvernance », et celle-ci est employée à toutes
les sauces par les organisations internationales, principalement la Banque
Mondiale et le FMI qui désormais assujettissent leurs aides au Tiers- Monde à
l'adoption de principes de « bonne gouvernance ». En apparence, ceux-ci se
veulent neutres et nécessaires, mais dans les faits il s'agit d'appliquer les
politiques macro-économiques néolibérales consistant à privatiser les services
publics, déréguler le marché du travail, réduire l'État-providence, etc. Pendant
ce temps, tout converge vers la généralisation de l'emploi de ce terme :
faiseurs d'opinion cherchant consciemment à l'imposer au débat public,
généralisation de l'anglais managérial, dirigeants le récupérant, etc.
!
20!
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Avec la mondialisation, l'on voit enfin émerger la société civile comme acteur
des relations internationales. L'État-nation devient suspect, car vu comme
égoïste, centralisateur, limité par des frontières et trop rigide. La société civile
sera progressivement substituée à lui, car celle-ci, aux yeux de ses
thuriféraires, ne connaît pas de frontières, implique une diversité d'agents
mélangeant multinationales, associations et ONGs, et marche au compromis
entre acteurs privés. La politique est par conséquent dévalorisée, ainsi que la
sphère publique avec elle, et parallèlement à cet effacement se propage une
idéologie court-termiste où rentabilité rime avec immédiateté.
Qu'est-ce que la gouvernance ?
En conclusion, qu'est-ce que la gouvernance ? Nous pensons que l'on peut
résumer ce concept à trois critères principaux : 1) le contrat plutôt que la loi 2)
le consensus à tout prix et 3) la fluidité des rapports sociopolitiques.
La gouvernance favorise le contrat plutôt que la loi, car ce premier est plus
adapté au marché. L'usage du contrat doit toujours être favorisé à celui d'une
loi, vue comme trop limitative et pas assez flexible. C'est d'ailleurs pour cela
que les pays anglo-saxons, adeptes de la common law, s'y sont plus vite
conformés. À cela s'ajoute la prolifération des codes de conduite, produits des
acteurs privés. La sphère publique, l'autorité publique sont délégitimées : il
faut réguler la société le moins possible, avoir recours au privé le plus possible
et au final se conformer aux règles du privé, comme si l'État était un acteur
comme un autre – d'où d'ailleurs les récurrentes divagations sur leur faillite,
ignorant ainsi qu'un État ne peut pas faire faillite, la faillite étant un concept de
droit privé (en revanche, il peut très bien faire défaut de paiement et ne pas
rembourser ses dettes, comme ont pu le faire l'Argentine ou l'Islande plus
récemment).
En second lieu, le consensus est vu comme un idéal à atteindre, l'alpha et
l'oméga de la démocratie. Or, le consensus consiste à mettre d'accord tout le
monde en évitant le conflit, le débat et la décision prise au vote. En somme, il
dépolitise les enjeux. La conséquence est simple : non seulement cela vient à
rendre invisibles les rapports de force qui se trament derrière chaque décision
prise au consensus, mais en plus cela tend à résumer tout problème politique
à un problème technique nécessitant une solution technique. Le peuple ou ses
représentants ont le tort de chercher à sanctionner un vote, à faire s'affronter
des camps, voire à aller jusqu'à avoir une idéologie, là où les techniciens,
prétendument neutres et apolitiques, iraient droit au but sans se préoccuper
d'enjeux électoraux ou d'idéaux politiques. Comme le note Thierry Brugin :
« Dans la gouvernance, on observe une "normalisation technique envahissante"
qui tente d'évacuer la dimension politique sous le discours de la neutralité, en
se cachant derrière le langage de la gouvernance des entreprises. La
gouvernance conduit à remplacer les normes juridiques (décidées par les
!
21!
!
pouvoirs publics représentant le peuple) par des normes techniques (créées
par des intérêts privés) ». (« La gouvernance par la société civile : une
privatisation de la démocratie ? ») L'émergence de gouvernements de «
techniciens » atteste de cette montée en puissance des technocrates, quand
bien même la réalité nous prouve sans cesse que ceux-ci, adeptes échevelés
des méthodes économiques d'austérité et de politiques de la demande, sont
loin de faire preuve d'une illusoire neutralité.
Enfin, et pour terminer, le pouvoir devient fluide. Il ne s'agit plus du mode de
gouvernement qui partirait d'un centre et qui irait imposer ses sanctions
autour, mais bien d'un nouveau type de pouvoir, ce que Foucault appelait la
« gouvernementalité », et qui fonctionne dans une logique typiquement
postmoderne de « fluidité ». Là où sous la modernité le pouvoir était central,
impliquait une autorité explicite et distincte, il prend une tout autre forme sous
la postmodernité : morcelée, décentralisée, partout et nulle part. La
gouvernance indique bien cela : l'idée qu'il ne faut plus de lieu de décision
central, mais une myriade de décideurs, enchevêtrés les uns dans les autres.
Le problème devient évident : l'on vit dans un flou total, les agents participent
tous du pouvoir, mais sans vraiment avoir d'emprise dessus, et ceux qui le
subissent ne savent vers qui se diriger, tant pour l'observer que pour le
contester. Le pouvoir est liquide comme dirait le sociologue Zygmunt Bauman,
on ne peut le prendre dans nos mains, il échappe à notre contrôle et n'a pas de
forme constante. Un tel basculement implique une conséquence majeure, à
notre avis, à savoir une impression de ne plus avoir de maîtrise de son destin,
de ne plus savoir « qui tient les rênes » et surtout, chose dangereuse, de ne
plus savoir qui est responsable de quoi – et donc à qui les gouvernés doivent
éventuellement s'adresser ou s'opposer. L'organisation de l'Union Européenne
en est la preuve manifeste : celle-ci, n'ayant aucune capacité de sanctionner
par la force les textes juridiques qu'elle émet – et fort influencée par l'idéologie
libérale managériale – a décidé d'opter pour le système de « Mécanisme Ouvert
de Coordination » (MOC), issu du soft law (droit mou) et du monde de
l'entreprise. Celui-ci, en conclusion, est un exemple éloquent de gouvernance,
puisqu'il n'édicte aucune mesure contraignante – on retrouve là l'idéal de
consensus et de flexibilité – et fonctionne à l'aide d'outils tels que les guides de
bonnes conduites ou le benchmarking (en bon français : étalonnage). Ne nous
étonnons donc pas que cette organisation, comme tant d'autres structures
internationales, favorise l'environnement néolibéral de la mondialisation et de
sa gouvernance globale : elle en a besoin pour survivre.
Texte réalisé à l'aide notamment de ces deux lectures indispensables : Robert
Joumard, « Le concept de gouvernance », Rapport pour l'INRETS, et Alain
Deneault, Gouvernance : le management totalitaire, éditions LUX.
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22!
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Sauvez la Plaine !
Louis Van Geertruyden, Agro
La Plaine ?? Quelle Plaine ?
Pour les plus paumés d’entre vous, voici un briefing : la Plaine est un des trois
campus de l’ULB de Bruxelles, situé à Ixelles. On y trouve l’UAE, des forums,
une cantine, la VUB, l’Ecole Européenne III et… la Jefke.
Mais encore ?
Maintenant qu’on sait tous de quoi je parle, voici les faits :
2006 L’ULB vend trois terrains à bâtir de la Plaine à deux entreprises de
construction (Immobel, ELDW), car elle manque cruellement d’€ pour arrondir
les fins du mois (un peu comme certains de ses étudiants), et que les
subventions de l’État ne suffisent plus.
2010 L’ULB et la VUB veulent plus de bâtiments universitaires (projet de
déménager la Faculté Polytechnique), des parkings, des centres de sports, des
logements pour les étudiants… sans compter l’Ecole Européenne III qui veut
aussi construire et la Commission Européenne qui désire s’installer à Delta.
Parmi les bâtiments, on veut construire des appartements de haut standing
pour les députés (absurde quand on sait le manque de logements des
étudiants…), raser les arbres pour faire un parking, mais planter des arbres là
où est l’actuel parking et, chose la plus absurde, inaugurer un home… à 10m
de la Jefke. Les projets sont repoussés
2012. Les deux entreprises font part d’un projet : Universalis Park en trois
étapes. On oublie le home, on sauve deux-trois arbres, mais le projet est
toujours aussi absurde. On sait maintenant aussi que le CHIREC compte
construire un hôpital à Delta (les travaux sont déjà en cours). Sur les 3
autorisations dont les entreprises ont besoin, il n’en manque plus qu’une !
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23!
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Absurdités
 L’idée même de ces constructions est en opposition avec la situation
universitaire de l’endroit
 Le trafic est déjà impressionnant à cause de l’arrivée de l’autoroute à
Delta. Avec un hôpital qui va arriver, des étudiants de plus en plus
motorisés et le développement des immeubles sur le Boulevard, on roule
droit à la catastrophe (quoiqu’en dise la SNCB qui promet toujours de
nous transporter en RER avant la fin du siècle).
 Il n’y aucune prise en considération des répercussions combinées sur le
quartier avec les autres projets déjà en cours.
 La biodiversité se développe depuis 30 ans librement à la Plaine ! C’est le
plus grand espace vert d’Ixelles (environ 10 hectares), et on y trouve un
grand nombre d’espèces végétales et animales (fleurs, arbres, mousses,
lichens, oiseaux et mammifères, dont le lapin et le renard) qui se sont
doucement habituées aux conditions locales et dont certaines sont
menacées. Construire des bâtiments, c’est détruire leur habitat.
 La Plaine représente un véritable poumon vert pour Ixelles. Delta est un
des endroits les plus pollués de Bruxelles à cause de l’autoroute, mais
grâce aux arbres, la qualité de l’air qu’on y respire reste acceptable. Ces
végétaux nous rendent d’autres services comme le tamponnage de la
température et l’empêchement de ruissellement et d’érosion, ce qui nous
évite inondations, usure de la voie publique…
 Le fun tout simplement : les habitants du quartier viennent faire leur
jogging, promener leur chien, se balader… Les étudiants font des
barbecues en été, des batailles de neige en hiver, ramassent des plantes
pour un herbier, teuffent au TD toute l’année (bientôt les soirées finiront à
23h pour cause de tapage nocturne). Le paysage est par ailleurs un aspect
attrayant de l’ULB pour les chercheurs internationaux qui viennent à
Bruxelles.
Que faire ??
"Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu"
Bertolt Brecht
Signer dès à présent la pétition : https://9238.lapetition.be/
Se tenir informé de la situation : http://laplaine.jimdo.com/
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Enfin les résultats : une St V à caractère scientifique
Louis Ver Micel, Diplômé en Sciences du Suave, orientation Betterave Suave
En tant que bioingénieur de l’ULB, j’ai décidé de porter aujourd’hui un œil critique
sur cette Saint-V dont on ignore énormément. Explications.
Après avoir étudié le phénomène incompris par les scientifiques depuis des
siècles, le professeur Pierre-Henri Téaux d’Aures, biochimiobièriste à
l’Université de Verkhoïansk (Sibérie orientale, ville qui détient le record du
monde de température, hors Antarctique : -67,8°C le 5/02/1892) nous donne
ses résultats sur son étude seinveragique qu’il a mené ses 13 dernières années
dans son laboratoire, et directement sur le terrain (M. Téaux d’Aures s’est en
effet rendu à Bruxelles pour étudier le phénomène de plus près en 1998, 1999,
2002, 2005 et 2010).
Un phénomène qui a lieu tous les 20 novembre
Le 324e jour de l’année (ou 325e pour une
année bissextile), on peut observer un
rassemblement
d’étudiants
au-dessus
d’une zone basaltique de 86,3mètres
d’altitude
(couramment
nommée
« Sablon » par la population locale), 128
minutes après midi solaire. Ils sont en
Figure 2: La penne
moyenne 77,4% à être vêtus de sorte de
blouses, et de coiffes à visière plus ou moins allongée, de différentes teintes.
L’analyse spectrophotométrique du tissu de la blouse révèle qu’elle contient
une grande quantité de nutriments (gluten, farine de turgidus tergis), de la
levure, du 3,7-bis-(dimethylamino)phenazathionium (bleu de méthylène) et de
l’albumen d’embryon de Gallinacea pouletta. Un couvre-chef (Figure 1) a
également pu être analysé au microscope électronique à balayage et les
résultats concordent à suggérer que cette « penne »
contiendrait une symbiose de multitudes d’espèces
fongiques, d’algues et de protobiontes. Ce même genre de
biotope a été observé depuis 1912 par de nombreux
biologistes (dont Rosalin Franklin, Paul Héger et Marilyn
Monson) près d’une plaine de la commune d’Ixelles, dans un
écosystème très particulier historiquement appelé GeaisPheuque (prononcé « Jefke »). On y a retrouvé un nombre
considérable de fossiles de levures, de téléphones portables
et de polymères plasticoïdes avec l’effigie d’un taureau (selon
le professeur Julie Perr, de l’Université de Aarschot, il
pourrait s’agir de vestiges d’une civilisation parallèle aux
Égyptiens qui honoraient le Dieu Apis, mais l’historienne M.
Figure 1 : La
Elmer de l’ULB nous dirige plutôt vers une secte horoscopiste
maille
née entre le 21 avril et le 20 mai), ainsi que des poils et des élémentaire de la
plumes fortement accolés, d’ADN proche de celui d’un humain.
"Caratine"
!
25!
!
Selon la géologue spécialiste en la matière, M. Julemont, ce phénomène
sainvéseux serait dû à la sédimentation progressive de dépôt de gobelets
durant des années, tous les soirs de semaine, avec des couches plus
importantes en automne (période qu’elle nomme rougeaille, ou verdaille), et au
début de l’été (après la deuxième pleine lune qui suit l’équinoxe de printemps,
une période communément dite blaucusse). La morphologie interne poussée
de certains cristaux retrouvés dans les alentours indique des molécules telles
que la 3,4-divodkamine, la trans-tequilalmétidinone, et des métaux tels que la
caratine (Figure 2) et le oxyphosphato-redbullène.
Un po(i)nt de non-retour
Après le rassemblement, les jeunes-gens entament une migration lente et
présentant peu d’organisation structurelle vers une bourse (élément de
l’appareil génital masculin d’un grand nombre d’organismes à symétrie
bilatérale, dont on a d’ailleurs pu observer une quantité significative de
représentations phalliques sur des chars articulés). Le pH mesuré alors est
relativement physiologique. Au fur et à mesure de l’avancement spatiotemporel du cortège, la digestion thermodynamique de l’étudiant est de plus
en plus exothermique, d’un facteur exponentiel approximatif de 7 π par
décilitre de boisson ingurgitée. On peut admettre comme vérifié le principe
suivant :
Soit, un étudiant, tel que l’université de laquelle il vient est libre et à Bruxelles
(pour toute université francophone ou néerlandophone),
Soit un pont de longueur L, de largeur l et de hauteur h, situé à une distance d
connue du Sablon,
Le temps parcouru entre ce pont et le point x où se trouve le scrotum (la
bourse, pour ceux qui suivent) varie entre 4 et 21heures, et si l’étudiant e
arrive au point x sachant que L/l est égal au rapport de h/2d quand la limite
du contenu de sa choppe tend vers l’infini, c’est qu’il n’est pas sobre.
On peut alors approximer l’équation de position de la démarche de l’étudiant,
entre le pont et x par une série de Taylor du second ordre, tel que si les
coefficients de Fourier sont compris dans R, il ne marche pas droit.
Les ponto-chimistes ont pu analyser le titrage d’une foule en délire d’étudiants
de concentration approximativement connue par un cortège de chars remplis
de fûts de molécules à fonction éthanol multiples, et ils ont démontré que le
point d’équivalence correspond à la position du pont au temps t/18 (qui est
aussi la position du pont au temps t+47, c’est pourquoi sa position est
périodique), où ils atteignent un point de non-rebroussement à partir duquel le
potentiel énergétique mémoriel se dégrade irrévocablement. Ainsi, aucun
étudiant n’a pu témoigner des phénomènes de trous noirs qui relèvent d’un
caractère astrophysicomécanique, mais nous avons l’espoir que les recherches
de M. Englert puissent lever le voile sur cette folklorique cantique une fois pour
toutes.
!
26!
!
Un assemblage gigantesque de cambiums
Mais les résultats ne s’arrêtent pas là !
Le lendemain de cet évènement
extraordinaire
pour
tous
les
sociobiofolklologistes, les botanistes
ont fait l’examen d’un phénomène
végétal des plus inexpliqués : si on
soumet librement la ville entière à une
pluie de rayons X, d’UV, de mon-ulb,
et aux rayons γ radioactifs de photons,
on observe un grand taux de mortalité
(mais la science vaincra les ténèbres
alors oublions temporairement le
principe de cet examen-libre), et un
taux de lignine et de subérine très
élevé, dû à l’activité florissante des
Figure 3 : Structure du bois
cambiums présents dans les organes
céphaloïdes des étudiants ! Phénomène que ces spécialistes de plantes
qualifient de « gueule de bois », en raison de la production de matériau
importante qu’elle engendre (Figure 3).
Une volonté de connaissance empirique
Après cette avalanche de données et de statistiques, je suis à jamais redevable
au professeur Téaux d’Aures et déjà, je frétillais d’impatience d’entreprendre
mes propres recherches. En vue de sans doute en faire peut-être le sujet de
mon hypo-thèse, sait-on jamais, je me suis lancé bénévolement dans cette
désorganisation pour vivre l’expérience dans l’œil du cyclone ! J’étais donc sur
le terrain d’observation, fondu dans le décor (thème de l’année : Philippe pour
tous ! Waar is Laurent ?), mais habillé fluotemment pour ne rien rater du
spectacle. Je vous invite à me
contacter
cordialement
pour
m’exposer votre point de vue ou me
faire part d’un témoignage pour
m’aider
dans
mes
recherches !
Heureusement qu’il n’a pas plu des
cordes, j’en avais déjà une en main
(Figure 4), au char de l’AGROOOOO !!
Figure 4 : Les 4 étapes du poste "corde" à la Saint-V
On y a fait pousser le Hashishea Cannabissus et le Coquelicota Pavoti, n’hésitez
pas à jeter un œil ou deux (trois ça va être plus ambitieux comme défi) au
cercle!
Au plaisir 
!
27!
!
St V, chars, décors, et de moins en moins d’alcool ?
Alexis Farmakidis, dit Gropak, CPS
Etats-Unis. Pays rassemblant des gens de tous horizons, de tous âges, de tous
milieux. Pays controversé ou la politique, le social, la religion et l’économie
génèrent toutes sortes de situations assez singulières. Prenons le permis de
conduire qui peut être délivré dès l’âge de 16 printemps au contraire du
breuvage éthylique qui ne peut se consommer, même présent en infîmes
dosages dans la boisson, qu’au vénérable âge de 21 ans.
Connaissez-vous la budweiser ? Peut-être en avez-vous entendu parler mais en
tout cas, tous ou presque l’avez imprimé dans votre subconscient. Cette
marque de bières qui est l’une des plus vendues sur le sol américain est à
l’origine de nombreux spots publicitaires connus dont l’un deux vous évoquera
forcément quelque chose : le non moins fameux « Wazaaaaaaaaa ? ». Le
pourcentage d’alcool de la « bud » est d’environ 2-3% comme la plupart des
bières américaines les plus consommées sur le territoire des yankees !
Une dernière chose encore : peut-être avez-vous vu, lu ou entendu parlé du film
« Projet X » dans lequel des adolescents organisent une fête chez eux qui
dérape et prend une dimension aux conséquences désastreuses. Ce film
reflète, certes en grossissant les traits, une dimension de la société américaine
qui est présente dans de nombreux films et séries : la fête à tout prix, le bingedrinking (boire le plus vite), la consommation d’alcool et le côté répressif de
l’illégalité de l’acte !
Pourquoi vous parler de
cette patrie, mère du
fast-food et de l’ultraconsommation
quand
dans mon titre j’annonce
la
couleur
sur
un
problème
noir-jaunerouge ?
Il s’agit tout simplement
de
faire
une
comparaison : Il est clair
ici que dans la société
américaine,
toutes
proportions gardées, les
mesures répressives légales et la censure sociale ainsi que le plus faible
pourcentage d’alcool dans la bière en général ne changent pas le résultat final
des soirées à fortes consommations bibitives et au contraire laissent place à
plus de dérives qui deviennent difficilement contrôlables et donc
potentiellement plus dangereuses du fait de la nature cachée et explicitement
« limitless ». Les moyens pour contourner ce genre d’interdictions sont légions
et cela tourne au ridicule lorsque une véritable répression est mise en place
!
28!
!
(pensons aux festivals ou les groupes d’amis se lancent des bouteilles
d’alcools par-dessus les grilles des campings qui séparent le site des concerts
après avoir été fouillés).
Pour en revenir à la St-V, on pense facilement à une personne, cherchant à
atteindre un certain état, qui n’en aurait cure de la diminution du pourcentage
alcoolisé et que finalement peu importe qu’il en affone 22 ou 87 il tient à ne
plus savoir compter autant avant d’arriver au pont. Ou bien que cette-même
personne aura l’immense vivacité d’emporter avec lui son propre breuvage
bien plus fort cette-fois que ses 10 bières réunies. Des suppositions comme
celles-ci il en existe encore et elles se confirment à chaque évènement ou les
participants attendent de celui-ci qu’il les place dans un contexte bibitif.
Il faut tout de même rappeler que l’ACE n’a
qu’un rôle de « médiateur » dans toute cette
histoire et qu’elle n’est à la source d’aucunes
de ces décisions que je considère comme
« injustes ».
Elle
ne
peut
que
nous
communiquer différentes mesures. Cependant
j’aimerais remettre l’église au milieu du village
en rappelant que le principe de base de l’ACE
est de faire une communication « vers le
haut » : comprenez des différents cercles VERS
les autorités. Ensuite les différentes réponses
des dites autorités sont communiqués aux dits
cercles par le biais de l’ACE. Le gros problème
cette année fut, je pense, un gros cafouillage
communicatif. Des décisions ont été prises,
voir imposées, SANS la consultation des divers
cercles et n’étaient qu’arrangements entre
l’ACE et les autorités. La première partie de ce
texte n’était qu’un des arguments que l’on
aurait voulu exposer à la fameuse mesure des
30% allégées, mais cette mesure fut adoptée
bien avant que le débat n’ait eu lieu, prenant
de court les cercles. La plus grosse crainte, qui
risque de se confirmer, serait de voir cette mesure s’étendre à la 100%
allégée.
Je tiens cependant à nuancer mes propos : condamner l’ACE serait faire
manque de discernement. A nouveau, elle n’est pas à la source de tout cela et
il n’est pas dans son but de vouloir se mettre les cercles à dos. Les arguments
sont logiques et sensés (sécurité, abus, …) mais les amalgames sont parfois
vite faits. Il s’est même entendu dans les couloirs qu’il s’agirait d’acte de
bonne volonté pour faire bonne figure au politique changeant….
Mon plus grand reproche serait donc un manque de communication. Tout
simplement.
PS : Le fait de publier ceci dans l’Hérésie est déjà pas mal en soi.
!
29!
!
Réponse de l’ACE
Maxime Godfroid, dit Tektonik, VP ACE
Cher Gropak, cher Lecteur de notre si belle
Hérésie,
Si je me permets de prendre le temps de
répondre en ces temps assez compliqués,
c'est qu'il est nécessaire, comme tu le
mentionnes, de remettre l'église au milieu du
village.
Je pense, mais ça n'engage que moi, que tu
n'es pas allé chercher des réponses plus loin
que par toi-même. En essayant de faire des recherches plus approfondies,
peut-être certaines réponses auront déjà pu remplir le blanc de tes
questionnements. Et de plus, conclure avec un « des bruits de couloir »,
franchement, ça fait très peu libre-exaministe ( ;) ).
Autant, et je le conçois très bien, les différentes mesures adoptées à la SaintVerhaegen en ont surpris plus d'un, et n'ont pas été bien reçues. La première
chose que je voudrais signaler à ce propos est que l'ACE avait dit non. Les
raisons de ce refus de notre part étaient doubles :
Tout d'abord, tout simplement, par manque de temps. La Saint-V demandant
un engagement sans fin de septembre à novembre, il nous était peu
concevable d'ajouter encore un poids, qui plus est brouillon, au planning déjà
chargé. Ensuite, tout simplement parce que cette décision n'était prise que par
eux-mêmes, sans consultation (et pour abonder dans ton sens, nous regrettons
que ça n'ait pas été le cas).
Les Autorités de l'ULB ont donc décidé de porter à bras-le-corps, eux-mêmes,
ce « projet » de bière allégée, pour marquer le coup, pour envoyer un message
« fort » à l'extérieur. Que si le folklore pouvait perdurer dans notre Université,
c'est parce qu'au lieu de laisser le bingedrinking s'infiltrer petit à petit, autant
les cercles que les Autorités pensent à mieux encadrer, je te rappelle que
certaines actis se déroulent à la NA.
Le temps et les différents agendas ont fait qu'ils n'ont pu en parler que très
tard. Considérant notre position, il était clair que nous n'allions pas engager les
discussions plus tôt, sans contraindre notre avis. À l'approche du jour J (J-10),
message, communication, et au final, consensus adopté par l'ensemble des
cercles pour le cortège. Je dis bien, CONSENSUS adoptés par l'ENSEMBLE des
CERCLES (participant à la Saint-V, on s'entend). Dire que c'était un
arrangement entre l'ACE et les Autorités est une ineptie sans nom. La mesure
n'était aucunement adoptée « entre nous ».
À partir de là, il ne restait plus qu'à mettre en place le système, ce que nous
avons donc tenté de faire. Effectivement, si la mesure est adoptée, nous
!
30!
!
devons être en accord cette fois avec les cercles, car c'est également notre rôle.
Nous ne sommes pas autonomes, et ne fonctionnons qu'avec l'accord de ces
cercles. Et ce sera encore le cas pour les années à venir.
Second point que je voudrais soulever est la qualité des différentes mesures,
ce qu'elles apportent, et comment devons-nous penser à vivre la SaintVerhaegen. Il est évident que changer les mentalités et un mode de
fonctionnement est plus difficile que de continuer à foncer dans le mur. Je
peux t'assurer, avec une valeur statistique proche de la centaine de pour cent,
qu'avoir en face de toi les services de Police, de la Croix-Rouge, des différents
transports en commun, de la Sécurité, de la Ville de Bruxelles, et tous les
acteurs au premier plan de l'organisation de notre si cher événement, qui
t'assurent de concert que si la Saint-V peut encore continuer les autres années
(a contrario d'autres événements), et à mon humble avis, pour bien longtemps,
c'est que les différentes mesures ont permis de rendre un événement très
dangereux bien plus sécurisé. N'oublions pas que la ville de Bruxelles, la Police
et les services de secours ont des méthodes adoptées pour l'ensemble des
événements se déroulant sur son territoire, et il est nécessaire de rappeler que
la Saint-V, bien qu'un événement estudiantin très particulier ne déroge pas à la
règle.
Et puis au final, n'est-ce pas cela que l'on veut ? Est-ce qu'on préfère 10 comas
éthyliques à 3 ou 4 ? Est-ce qu'on préfère une vingtaine d'évacuations en
ambulance pour des cas à risques plutôt que la moitié ? Est-ce qu'avant tout
on ne préfère pas s'amuser sans pour autant se « mettre sur la gueule » ? Les
différents bilans sont sans appel. Les Autorités (pour reprendre un point un
peu plus haut) ne se sont pas trompées. Nous avons eu une couverture
médiatique importante, un coup de projecteur sur notre folklore, et si les
médias sont rassasiés, s'ils voient qu'au final, notre folklore n'est pas si
destructif, c'est banco.
Et au final, après tout ça, au-delà de ces mesures particulières, il faut se
demander : qu’est-ce que la Saint-Verhaegen ? Pourquoi sommes-nous tous là,
le 20 novembre, autour de chars décorés, une chope à la main, et scandant
l'esprit de Verhaegen en plein centre-ville ? Personnellement, être ivre mort ne
me semble pas être une réponse correcte. On ne peut pas répondre ça. La
Saint-V n'est pas un événement éthylique, mais plutôt bibitif et festif. Les
célébrations de l'après-midi sont là pour nous rappeler notre esprit ironique
(auto-)dérisoire, et porter un regard critique sur un thème de l'actualité chaque
année. C'est ça qui a fait, fait, et fera encore, l'esprit de notre Alma Mater.
Repenser sa Saint-V, c'est le meilleur moyen de faire vivre encore nos valeurs si
chères.
Troisième point et dernier point, si la communication te semblait fallacieuse,
ou même absente, je ne peux que t'inviter à toujours plus te renseigner auprès
de ton président, ton bureau, ou même venir directement au local ACE si tu
constates que des manquements ont eu lieu, ou tout simplement nous faire
part de tes remarques. Nous sommes bien évidemment ouverts au dialogue, et
savons aussi nous remettre en question.
Au plaisir de partager une bière (allégée ou non) en ta compagnie.
!
31!
!
Règles de survie en bibliothèque
Sarah et Louise, CDS (avec l’aimable participation de Louis, Caroline et du
chien en peluche)
Parce qu’il sera bientôt temps pour la plupart d’entre nous de rejoindre cette beauté
au teint pâle, grande et imposante, pourtant si accueillante, j’ai nommé la
Bibliothèque. Où nous allons être nombreux à passer le plus clair de notre temps
pendant ce divin blocus AMEN ! Parce qu’il y a une série de phénomènes
redondants et typiques qui se passent en ce lieu atypique qu’on a trouvé drôôôle de
répertorier, puis qu’elle méritait bien un petit article cette bonne vieille bibli…bref,
notre team a enquêté !
• Quand tu étudies en psycho tu as le choix entre étudier à Poudlard ou dans les
greniers du monde de Narnia.
• Tu fais ta pause à 16h pile, tous les jours, alors que tu sais que tout le monde fait
pareil, que les ascenseurs seront bondés, que la file au KafKaf sera longue de
15m. Mais tu le fais quand même parce que tu es en manque de contacts sociaux.
• Quand tu entends le gars à côté de toi se rendre compte avec stupéfaction qu’il
existe un groupe Ba1 Solvay et qu’il n’est pas dedans, tu te dis qu’il y a des cas
plus désespérés que le tien !
• Tu continues à te sentir visé(e) sur Spotted quand on parle de « ton » étage de la
bibli même si le Spot commençait par « A la rousse de Droit… »
• La seule chose qui te permet de garder un minimum la notion du temps c’est le fait
indéniable que le samedi tu devras tenir sans ton café de chez KafKaf.
• Tu as l’impression de connaître tout le monde en te baladant sur l’unif, alors que
non, tu viens juste de croiser le mec qui était assis juste en face de toi pendant
tout le blocus et à qui tu n’as jamais adressé la parole à part pour lui demander de
fermer la fenêtre.
• Plus le temps avance, moins il y a de gens à la bibli, plus tu arrives tard, plus tu
culpabilises.
• Un jour tu te rebelles, tu décides de contrer la monotonie et tu changes d’étage !
LÀ tu te sens une âme d’aventurier.
• Tu te découvres soudainement de nouvelles passions pour l’étude du Russe, les
droits des homosexuels ou l’encyclopédie du communisme.
• Tu râles quand il pleut parce que ça veut dire que tu feras tes pauses dans le froid,
puis quand il fait beau tu râles parce que ça te donne envie d’être dehors. En fait
tu te plains tout le temps.
• Parce que les boules Quies fluo c’était le détail fashion décalé qu’il te manquait
pour parfaire ton look !
!
32!
!
• Tu regardes le couple en face de toi qui « étudie » en se déshabillant limite l’un
l’autre avec un mélange de dégout et de jalousie. Puis tu te rappelles que, vu ta
tête, il est en fait préférable que ton mec/ta meuf bosse chez lui/elle et pas à côté
de toi.
• Et quand ce même couple commence à se disputer peu discrètement ça te renforce
dans tes convictions et ça te donne envie d’investir dans un flingue ; parce que,
sérieux, quitte à subir un épisode des feux de l’amour en direct, t’aurais mieux fait
de rester chez toi.
• Tu rentres chez toi, t’as pas du tout avancé dans ton planning, mais, par contre, tu
as une magnifique photo d’un montage en fluo à poster sur le groupe facebook « :
Bazar de fluos » (dont tu es très fier !).
• Tu te réveilles après une micro et assez inconfortable sieste
et oh joie ! tu
remarques que tu as allègrement bavé sur tes cours.
• Tous les matins dans le tram tu te demandes pourquoi tu t’infliges ce bête trajet,
avant de te remémorer toutes les raisons pour lesquelles tu n’arrives pas à bosser
chez toi.
• Et tu te consoles en te disant qu’au moins tu gardes un minimum de vie sociale.
Parce que chez toi à part ton élevage de fourmis tu ne côtoies pas grand monde !
• Après une dure journée de labeur, tu te regardes dans le miroir et tu te demandes
comment il y a des gonzesses qui réussissent encore à se faire spotter en blocus,
parce que toi t’es tellement ravagé(e) que même ta mère te reconnait à peine.
• Quand le gars en face te demande de garder son ordinateur en vue puis que l’heure
de ta pause arrive sans qu’il soit revenu ; alors tu délègues le zieutage à quelqu’un
d’autre et ainsi de suite jusqu’à créer, au final, une chaine de gardage d’ordi c’est
totalement incroyable !
• C’est quand ton frère encore en secondaire te demande ce que tu as prévu de faire
ce soir, que tu réalises qu’on est vendredi et que les gens normaux vont festoyer,
alors que, toi, tu n’as que ton lit en tête !
• Les gens débordent d’originalité pour te demander de fermer la porte sans grincer,
à tel point que tu commences à avoir peur de faire grincer la porte des toilettes.
• Le moment horrible où tu réalises que tu as passé plus de la moitié de ta journée
dans ce lieu maléfique !
!
33!
!
Comment deviner l’option de tes camarades de bibli ?
Facile : la série d’hipsters à ta gauche sont tous en Histoire ou en Philo, celui
qui te demande de la colle est en Archi ; les pipelettes qui « chuchotent » pour
tout le séminaire dans le fond étudient le Droit à Saint-Louis ; quant au mec
avec comme fond d’écran -sur son mac, of course- le dicton suivant :
« Studying without motivation is like a bird without wings » c’est du made in
Solvay, sans hésitation ! (Au passage, moi, une photo de mes dernières
vacances en fond d’écran ça suffit à me motiver)
Mais aussi parce que la bibli est un lieu de rencontre comme les autres. Et qu’après
tout, autant rentabiliser notre temps, voici une liste non exhaustive des phrases
d’approche pratiques pour draguer tout en étudiant !
Les pick-up lines
⁃ « C’est de la chimie que t’étudies ? »
⁃ « Le bleu de tes cernes est assorti à la couleur de tes yeux <3 »
⁃ « Salut ! je t’ai pris un café macchiato distribué gratuitement sur l’avenue Paul
Héger, on le déguste ensemble ? »
⁃ « Nous avons pris ta gomme en otage, si tu veux la récupérer, appelle ce numéro »
⁃ « Tu peux garder mon pc 5 min ? » *
* « Tu peux garder mon pc 5 min … », toutes les significations :
-je dois faire caca - mon dealeur m’attend -t’as de beaux yeux tu sais -j’ai besoin
d’un Nalu MAINTENANT -je reviens dans 1h -tu peux garder mon pc ?
Et puis, si tu es un nouvel arrivant dans ces lieux obscurs et que tu ne sais pas
trop comment te comporter, voici la série de choses à ne SURTOUT, je dis bien
SURTOUT, pas faire ! Au risque de se faire détester par toute une génération
d’étudiants…
!
34!
!
DON’T
Ne pas désactiver le son des touches de ton gsm
Venir en chaussures à talons
Chiquer bruyamment
Zapper la douche
Faire marcher l’horloge parlante de ton gsm
Se prendre les pieds dans les câbles d’ordi
Effectuer des mouvements frénétiques et réguliers avec diverses
parties de ton corps te faisant ressembler à une espèce de
pantin possédé !
Prendre l’ascenseur pour aller au 4e
Venir sans mouchoir quand tu sais que tu as un rhume
Sinon respirer est autorisé ! (quoique)
Enfin, si après toutes ces heures passées en bibli je ne réussis toujours pas, je vous
annonce ma reconversion. La Bibliothèque des Sciences Humaines est un lieu plein
de ressources et de potentiel (décidément ces Solvaysiens ont déteint sur moi)
Si je me faisais payer pour ça, je serais RiCHE !
⁃ Ordi-sitting
⁃ Madame pipi
⁃ Location des toilettes handicapés aux couples (ou + si affinités)
⁃ Délation
⁃ Remplissage des bouteilles d’eau
Et puis bientôt, qui sait, GRANDE soirée organisée à la BSH, on remplirait les
lavabos de glaçons et de champagne, il y aurait de la musique différente à
chaque étage, on mettrait des beaux gosses torses nus comme Stewards
devant les ascenseurs et les salles de séminaires seraient des coins VIP … le
rêve ! On fait ça quand ? Comment ça vous pouvez déjà plus la voir en peinture
cette BSH? pffff pas drôle !
!
35!
!
How to Blow the Cuss
Louis Van Geertruyden, Agro
Te souviens-tu des mois qui
ont
passé
depuis
septembre ? Oui, ces mois
fous, où la deuxième sess
était enfin finie, l’été pas
vraiment encore, et l’année
pas tout à fait entamée.
Innocents et heureux que
nous étions de ce temps, à
flâner entre les stands de la
Jane, à aller au match de
foot au Janson, à faire des
tournées
moustache
ou
pirate, à chercher des amis
pendant des heures à la
Nocturne, à pédaler pour
son cercle aux 6h Cuistax
(en vain, puisque l’Agro
gagne toujours), à nous
déguiser pour Halloween, à
bénir la semaine tampon,
car elle permettait de chiller
encore plus, à défiler dans
les rues à la Saint-V,
baptisé ou non, sous cette
neige infernale(l’Agro ne cesse de gagner…), et à manger des mandarines à la
Saint-Nicolas… De fait, l’étape suivante est, vous savez bien où je veux en
venir… le TD Noël ! Yeaah faisons péter les barbes blanches et les bonnets
rouges pour l’occasion, cette fois-ci, la fin du monde ne nous guette pas  (cf.
21/12/2012). En revanche, celui qui nous épie avec un sourire mauvais se
lèche déjà les babines, car il se nourrit de stress et de désespoir et il est déjà à
nos portes : l’abominable blocus des neiges.
Bon, maintenant que j’ai écrit ce mot tabou (blocus, blocus, blocus,
blocuuuus), ayons la franchise d’en parler. Je tiens particulièrement à toucher
les BA1 qui viennent d’arriver tout frais des secondaires ou d’une année
sabbatique, et que l’idée froisse déjà. Premièrement, regardez autour de vous :
il y a des gens qui ont réussi leur BA1, la chose est donc possible.
Deuxièmement, l’ULB se veut « libre », et cela implique de donner une chance
à tout le monde de suivre des études qui l’intéresse, avec la possibilité de
pouvoir réussir. Je ne connais que ma faculté, mais je pense que des
guidances et des séminaires sont organisés pour vous aider tout au long de
l’année, et puis il y a le cercle qui est là avec plein de vieux qui sont passés par
là, et qui organise (en principe) un recueil d’examens.
!
36!
!
Alors maintenant que vous êtes lancés, un grand tournant est à prendre, et
selon moi c’est la force de votre volonté qui vous permettra d’aller plus loin. La
session de janvier n’est pas déterminante pour la réussite de l’année, on
évitera donc de se mettre une pression incroyable et de vivre de stress et de
café. Elle reste selon moi importante dans la mesure où elle permet de
s’autoévaluer, par rapport à sa méthode de travail. La réussir est un excellent
début, autant au niveau de la moyenne qu’au niveau psychologique. Ainsi je
conseille de ne pas la négliger en se disant qu’on donnera tout en juin, comme
dit le proverbe, « Si la guindaille t’as pris au neuvième mois de l’année, la
guindaille te reprend dès les lueurs de février ! » (Recueil de Proverbes, 1998,
Éditions hérétiques) Ce que je veux dire, c’est que remettre le travail à plus
tard est une solution bien trop tentante, mais plus tard = jamais, en pratique.
Ce qui est fait est fait, et c’est tant mieux parce que c’est très soulageant !
L’objectif ici est de ne pas perdre de vue l’ambition qu’on ressentait en
s’inscrivant à l’Université, c’est prestigieux non ?
Pouvoir suivre des cours comme ça, c’est une chance incroyable qu’on a ici en
Belgique, rien qu’en France c’est déjà beaucoup moins accessible. Bref, pour
une question de fierté personnelle pour certains, par défi pour d’autres ou
peut-être même juste par goût de la connaissance, il est admirable de se
lancer dans des études. Ça fait plaisir non ? Alors, ne perdons pas espoir, le
plus dur c’est souvent juste de se lancer, après il suffit de garder le rythme 
En ce qui concerne des conseils précis sur comment étudier, le mieux est d’en
parler avec vos aînés, et de mêler leur expérience à la vôtre pour vous faire
votre propre opinion et l’appliquer. Chaque examen de chaque fac est
différent, donc à aborder différemment, mais le principe est le même : tester
votre connaissance et votre compréhension de la matière. De fait, certains
profs suivent la tendance vicieuse de demander le petit détail de connard
d’enculé de sa mèreeeee la guenon qui nous ennuie, mais à nous d’éviter le
piège.
!
37!
!
Dans le cadre de la semaine tampon, la rédaction de la Bet’Su (ndla : journal
du cercle Agro) a interviewé au mois de novembre le jeune homme qui est sorti
de BA1 bioingénieur avec comme mention : la plus grande distinction. Si
l’étudiant a répondu à des questions drôles sur sa vie amoureuse et festive, la
discussion a évidemment tourné sur les études et voici quelques lignes qui
pourraient vous intéresser.
Bon blocus et bonne année à tous !
B’S : Comment expliques-tu ta réussite ?
AB : Avant tout c’est clair que j’ai été assez sérieux niveau travail. Je n’ai pas
vraiment laissé de cours en retrait, j’allais à la plupart des cours et je bossais
bien chez moi quand il le fallait.
B’S : As-tu toujours été un étudiant acharné dont le travail mérite salaire, ou
c’est l’unif qui t’a révélé une âme (au riz) de réussite ?
AB : Absolument pas ! J’ai toujours travaillé le moins que je pouvais en
secondaire, mais d’un coup l’ULB a réveillé la conscience professionnelle qui
sommeillait en moi ! Il faut dire qu’on m’avait tellement répété que la stratégie
du « travailler un minimum, la veille au soir ou le matin même avant l’exam »
ne marchait pas à l’unif que je n’ai pas osé essayer de démontrer le contraire.
B’S : Si tu devais donner un conseil aux BA1, et à tous nos lecteurs qui doutent
de leur réussite ?
AB : De manière générale, je pense que le plus important c’est de ne pas
laisser le travail s’accumuler, ne pas prendre de retard. Essayer de suivre et
comprendre au fur et à mesure que le cours avance (sans pour autant passer
des heures chaque jour à relire les cours de la veille). Et puis aussi, savoir
gérer son temps d’étude et l’efficacité du temps qu’on passe à étudier, c’est-àdire s’y mettre quand on s’y met au lieu de s’asseoir devant ses cours pour se
donner bonne conscience, mais sans être vraiment concentré (ce qui n’est pas
toujours facile c’est vrai !). Et puis ne pas se laisser abattre, je pense, surtout
pour les BA1. Personnellement je ne crois pas énormément à « l’intelligence »,
je pense qu’on est tous capables de réussir, à condition de bien s’y prendre et
d’être motivés !
!
38!
!
Maus : l’homme sous le masque de la souris
(Maus, Art Spiegelman, 1978-1991)
Adlynn Fischer, CROM
Maus, c’est un classique de la
bande
dessinée
américaine
underground des années 80, un
roman graphique en trois cents
pages qui traite du massacre des
juifs durant la Seconde Guerre
mondiale, à travers une métaphore
animale
où
les
juifs
sont
représentés par des souris, et les
nazis par des chats. Voilà, si vous
avez continué à lire après cette
subtile entrée en la matière, vous
pouvez
probablement
vous
considérer comme une des rares
personnes voulant encore entendre
un discours moralisateur sur « la
discrimination c’est mal », ou un
intello voulant enrichir sa culture
underground pour mieux épater
lors de discussions sur ces œuvres
qui ont battit dans l’ombre (ou pas)
notre culture actuelle. Ou alors, je
l’espère, vous avez lu la BD en
question et êtes frappé de cette analyse aberrante. Car non, Maus n’est pas ce
classique rebutant, déprimant, traitant de la Shoah comme tant d’autres avant
lui ; ce n’est pas cette œuvre difficile d’accès qu’on repose après dix pages en
poussant un soupir, et en se sentant coupable de ne pas la finir « parce que ce
serait bien pour ma culture générale, et ce serait mon devoir moral ». C’est
bien plus que ça.
Certes, il faut franchir le pas. Comme tous les classiques, j’imagine. On se crée
une barrière infranchissable, on se dit que si c’est un classique, ça doit être
chiant, et c’est pour ça qu’on peut se vanter après-coup de l’avoir lu.
Personnellement, j’avais vaguement écrit un petit paragraphe sur cette BD
dans un travail théorique, où j’avais résumé, en gros, que l’auteur dirigeait une
revue de bande dessinée alternative, RAW, de 1980 à 1991, et que son livre
avait reçu le prix Pullitzer en 1992 (« une première pour une bande dessinée »),
et puis basta. Et je m’étais dit que je la lirais, ce serait bien, mais « on verra ».
Puis, le pas franchi, je me suis rendu compte que la BD était bien plus
particulière, riche et touchante que toutes ces considérations externes ne le
laissaient penser.
!
39!
!
Ce qui permet de franchir le pas, dès les premières cases, c’est la narration.
Assez étonnamment, cela faisait personnellement longtemps que je n’avais pas
éprouvé un tel « plaisir de lecture », comme disent certains. Les cases
s’enchaînent, le récit se construit et on se retrouve emporté. On lit facilement
les quelques 160 pages du premier tome sans le refermer, puis le second de
même. Le dessin, assez simple, peu propre, mais jamais brouillon, ne fait pas
obstacle et rajoute même une patte appréciable. La mise en page est quant à
elle assez linéaire (eh, on est loin du manga), bien que l’auteur fasse quelques
fois quelques trouvailles intéressantes. Mais, malgré cette linéarité, on ne se
retrouve pas à s’ennuyer à lire de gros pavés de texte inutiles ni à décrypter
une image parasitée par des précisions superflues ; le texte s’accorde
parfaitement aux images et nous livre cette narration superbement efficace.
Reste que Maus traite d’un sujet très difficile : la Shoah. L’antisémitisme, les
difficiles années de guerre, le besoin incessant de se cacher, la délation, la
déportation, le massacre dans les camps de concentration tels qu’Auschwitz,
la perte de proches, la maladie, la mort. Sujet d’autant plus difficile qu’il a été
traité des milliers de fois, de manière judicieuse ou non. Mais ici, Maus se
détache de la masse. En effet, l’auteur reconnaît bien qu’il n’est rien pour
traiter de tout cela : il n’a jamais rien vécu de ce qu’il en raconte et, comme le
lecteur, ne peut que s’en faire une image tronquée par son imagination. Dès
lors, il se contente de nous raconter une histoire humaine, celle de son père,
de sa vie, des joies et des tristesses qu’il a vécues, du milieu des années 30 à
la fin de la guerre, puis de sa vie au-delà. Et c’est là le choix le plus judicieux
qu’on puisse faire : ne se sent-on pas bien plus concerné par le sort d’un seul
individu, réel et humain, que par celui d’une collectivité dont on ne peut que
vaguement discerner les contours ? Plutôt qu’un discours général, froid et sans
vie, l’auteur choisit un récit biographique plein de chaleur et vibrant, qui ne
peut, dans tous les cas, laisser indifférent.
C’est là que la question se pose : si le lecteur peut être touché à un tel point,
comment l’auteur ne peut-il avoir été lui-même, sinon détruit par son œuvre,
changé à jamais, comme si la force du récit irradiait d’elle-même sans qu’on
ait pu le prévoir ? On peut d’ailleurs dire que l’implication de l’auteur dans son
récit constitue un bel exemple d’honnêteté intellectuelle et artistique. Tout le
livre est construit en deux temporalités : l’histoire du père, datant de la guerre,
puis de 1978 à 1982, moment où l’auteur a rassemblé les témoignages de son
père. On y découvre la relation particulière de Vladek (le père) et Artie (surnom
d’Art Spiegelman). L’auteur montre cette relation avec beaucoup de sobriété et
de réalisme, montre les séquelles de la guerre, le côté insupportable du
paternel, le fils qui ne peut ou ne veut pas s’en occuper autant que ce dernier
le souhaiterait. On ressent encore plus l’implication quand l’auteur parle du
suicide de sa mère et inclut même la bande dessinée, noire, crue, qu’il dessina
!
40!
!
à l’époque sur ce sujet. Enfin, le fait que Maus lui prit treize ans de sa vie
(1978 – 1991), qu’entre-temps il assista au décès de son père, auquel il rend
un ultime hommage, tout cela fait de cette bande dessinée un récit personnel
dans laquelle on ne peut qu’admirer cette implication de l’auteur.
Puis, finalement, comment se positionner, quand on publie une telle œuvre ?
Comment porter le poids d’un tel succès, rencontré déjà à la moitié de la
publication ? Un succès battit sur la mort de milliers de gens ? Comment
prétendre parler de ce massacre qu’on n’a jamais vécu, comment assumer ce
masque de souris ? On voit que l’auteur se pose lui-même toutes ces
questions, infantilisé par toute la pression des journalistes. Mais finalement,
Art Spiegelman ne prétend pas faire passer un quelconque message ni
accabler qui que ce soit de quelque culpabilité que ce soit. Il raconte juste
l’histoire de son père, qui a vu et vécu le massacre des juifs, durant la Seconde
Guerre mondiale, y a survécu, a aimé sa mère, et lui a livré le récit de sa vie,
en toute humilité.
!
41!
!
1984
François Félix, CROM
« War is peace. Freedom is slavery. Ignorance is strength. »
Ces mots ne prendront de sens qu’une fois que vous aurez lu la suite. S’ils
vous paraissent absurdes, ils résument assez bien le roman dont ils sont tirés,
ce roman qui me tient tant à cœur, et qui a bouleversé les pensées. Mais avant
de vous donner les clés de l’énigme, de vous expliquer ce que signifient ces
mots, pour faire monter le suspens et garder votre attention, je vais tenter de
résumer l’histoire de 1984. Le tout en essayant de ne pas vous raconter la fin,
parce que je suis de ceux qui considèrent que spoiler un bon bouquin est
passable de mort. Au moins.
Le héros, c’est Winston Smith. Un homme qui se révolte, un grain de sable
dans la terrible machine du monde prophétique de Georges Orwell. C’est en
nous faisant suivre le quotidien de Winston, un petit prolétaire, qu’Orwell nous
peint cet univers totalitaire, cette dystopie délibérément inspirée des systèmes
dictatoriaux et marquée par la Seconde Guerre, dont le monde sort à peine
lors de la parution de ce chef d’œuvre. Peu à peu, cet employé au quotidien
ennuyeux va se rebeller, et l’on découvre un personnage attachant, sans
grandes intentions révolutionnaires, mais qui va tenter d’aménager un endroit
à l’abri du monde, et de pouvoir vivre une histoire d’amour avec la belle Julia.
Le fait de mettre en personnage principal un homme qui lutte contre
l’absolutisme est assez significatif, car Orwell a lui-même combattu lors de la
guerre d’Espagne dans les rangs révolutionnaires, et a rejoint le POUM (pas
!
42!
!
l'onomatopée rigolote , mais le Partido Obrero de Unificación Marxista). Point
de vue politique, il n’y a qu’un seul parti dans le pays de Winston, et celui-ci a
tous les droits. Big Brother en est le maître suprême, un homme que personne
n’a jamais vu, mais qui doit être adoré de tous. Dans les rues, c’est la guerre
et la misère. Les humains (si des êtres soumis à ce point sont encore dignes
de porter ce nom) sont divisés en classes dont on ne peut sortir, et sont
constamment sous surveillance. Des essaims de caméras envahissent les
villes, et des portraits représentant le dictateur sont affichés partout. De là
vient le célèbre « Big Brother is watching you. »
Fuir et aimer, tels seront les seuls objectifs de Winston, jusqu’à ce qu’il meure
à la fin du roman et qu’il découvre que Big Brother était en fait son père. Non,
je déconne. C’était juste pour éveiller la colère dans votre petit esprit et
m’imaginer votre voix murmurer en un souffle : « Il a spoilé, le salaud », mais
non, je ne suis pas aussi cruel.
Le livre est donc composé de trois parties : dans un premier temps, on
découvre l’univers de 1984. Ensuite, on assiste à la fuite du couple, façon
Roméo et Juliette des temps modernes. Il s’agit d’un passage beaucoup plus
optimiste et Orwell nous sert quelques scènes joyeuses qui aèrent un peu
l’ensemble. La troisième partie clôture le tout, est assez sombre, et très axée
sur la psychologie des personnages. Elle est pour moi la plus intéressante.
Cromme le fabuleux journal qu’est l’Escume est imprimé par et pour des
romanistes, il me semble aussi intéressant de parler du Newspeak, un langage
inventé par le parti de l’Angsoc qui vise à réduire la pensée du peuple. Homme
de lettres, Orwell a accordé beaucoup d’importance à l’impact que la langue
peut avoir sur les mentalités, ainsi qu’au rôle qu’elle peut jouer lors de la mise
en place d’un système dictatorial. Le terme a été traduit par « Novlangue » en
français, mais je trouve ce mot aussi moche que ma gueule un lendemain de
TD, et tout le monde conviendra que la version anglaise est bien plus classe.
En plus, si vous avez la chance d’être bilingue, ça vous donne une occasion de
faire le malin en sortant un accent d’Oxford. Le Newspeak donc, utilise
plusieurs procédés pour rendre le peuple encore plus stupide qu’il ne l’est déjà
: la suppression de mots inutiles tels qu’amour ou liberté ; la simplification de
la grammaire poussée à l’extrême ; et la construction de nouveaux mots
renforçant l’idéologie du parti, la plupart du temps en unissant des mots déjà
existants, afin de créer un rapprochement entre différents termes. Par
exemple, le mot « crimesex », qui fait rentrer dans le crâne des gens que le
sexe est un crime. L’objectif donc est de faire perdre leur sens à certains mots,
et d’éradiquer ainsi les concepts auxquels ils renvoient. On trouve le même
genre de manipulation dans les slogans du parti unique qui ouvrent cet article.
En martelant sans cesse l’idée que la guerre est la paix, que la liberté est
l’esclavage, et que l’ignorance est une force, on fait perdre le sens de toutes
ces notions, on laisse des signifiants sans vraiment de signifiés, et les mots ne
deviennent plus que syllabes.
Assez parlé de ces choses dont on nous parle vingts heures par semaine, à
nous autres romanistes, et venons-en à une des grandes raisons qui m’ont
poussé à choisir de parler de ce livre et pas d’un autre : c’est-à-dire la postérité
de celui-ci, qui est énorme.
!
43!
!
Car s’il a participé à forger dans la conscience commune une idée de monde
totalitaire que nous nous devons d’éviter, il a aussi engendré une série
incroyable
d’œuvres,
qu’elles
soient
littéraires,
musicales,
ou
cinématographiques. Mis à part les différents films éponymes, 1984 a
notamment influencé des films tels que Brazil ou Orange mécanique. Du point
de vue musical, Radiohead rend hommage à 1984 avec leur Karma police ou
avec le superbe 2+2=5; Pink Floyd écrit Animals (inspiré de « La ferme des
animaux », l’autre grand succès de Georges Orwell), et je ne peux pas
m’empêcher de penser que l’univers de The Wall est étroitement lié à celui de
1984. Bowie a également voulu consacrer un concept album construit autour
de ce roman, mais la famille d’Orwell ne lui a pas cédé les droits. Ne pas céder
les droits d’Orwell à Bowie, ou comment priver l’humanité d’un chef d’œuvre...
(Au cas où, si jamais je claque et que David Bowie décide de me rendre un
hommage posthume, je ne suis pas contre, filez-lui tous les droits qu’il veut)
Enfin, je ne vous cache pas ma surprise, ni mes petits yeux écarquillés, ni ma
bouche bée façon passage chez le dentiste, quand, en écoutant un des
meilleurs morceaux de Rage against the machine, un de ces morceaux que je
connaissais par cœur sans pour autant avoir conscience des paroles, j’ai
reconnu ce fameux passage hurlé par Zack de la Rocha : « Who controls the
past controls the future. Who controls the present controls the past. » Mais,
mais, mais, voilà donc ce que j’ai chanté toute mon adolescence, en un
franglais nananaïfié que j’étais le seul à comprendre ! Cette phrase pleine de
sens, qui devrait, je trouve, être inscrite sur le dos de tous les syllabus
d’histoire. Parce qu’en plus, ce livre a une force qui dépasse le plaisir
purement littéraire.
Certes, ce roman est un chefd’œuvre d’écriture, mais le message
qu’il véhicule est plus puissant
encore. Ce livre est une mise en
garde qui n’a été que trop peu
écoutée par les hommes. « La
guerre, c’est la paix », cela peut
paraître absurde, mais c’est un peu
ce
qu’avancent
certains
gouvernements, lorsqu’ils envoient
des drones bombarder des fermes
dans le but de trouver des armes qui
n'ont jamais existé. Je ne ferai pas
la liste des guerres qui ont été
menées « pour la paix », mais nous
savons tous qu’elle est bien trop
longue. « La liberté est l’esclavage »,
cela n’a aucun sens. Sauf si l’on
considère que dans la société dans
laquelle nous vivons, qui nous
conditionne avec de plus en plus de
lois, avoir une liberté totale, c’est
être sans-papiers et vivre sous les
ponts.
!
44!
!
« L’ignorance est une force » prend tout son sens, quand on regarde la quantité
de désinformation qui nous envahit, les hommes politiques qui disent tout et
leur contraire, et le nombre de mensonges que les médias font passer pour
être des savoirs.
Sans vouloir endosser un rôle alarmiste, je crois que l’univers de 1984 n’est
que trop peu éloigné du nôtre. Comment penser autrement, quand je
contemple avec dépit la vingtaine de caméras qui se trouvent dans la station
de métro à côté de chez moi ? Je dis bien vingtaine, pour une surface qui n’est
pas plus grande que le campouce... De plus, l’analyse d’Orwell se trouve
d’autant plus pertinente avec l’avènement de ces sites qui contiennent votre
vie entière, et qui étendent leurs tentacules dans chacune des fêtes
estudiantines, où de nombreux appareils photo vous photographient pour
poster le soir même tous les clichés de l’événement. En plus des navigateurs
internet qui stockent toutes vos informations de navigations. Et la solution de
Winston, la fuite de la société et le refuge dans l’amour. L’amour. Peut-être
une des seules valeurs que l’humanité ne pourra pas oublier.
S’il me fallait résumer le message global de l’œuvre, je dirais qu’en 1984 ou
en 2014, qu’importe, l’essentiel est de se rendre compte des injustices qui
nous assiègent, et de les combattre. Je ne peux que vous conseiller ce livre.
En terminant cet article, je me sens un peu traître, comme je me sens un peu
trahi. Traître parce que je n’ai pu aborder qu’une infime partie de tout ce qui
peut-être dit sur 1984, et trahi par moi-même, par le fait que je n’ai pas pris
plus de temps à écrire ceci, qui me semble lacunaire et trop ramassé. En
espérant que ce papier vous a tout de même donné envie de lire Orwell, et que
vous puissiez ainsi vous forger vos propres opinions sur son œuvre, je clôture
cet article en vous ordonnant de déposer ce journal et de retourner étudier,
parce que, bandes de gueux, vous savez maintenant que l'ignorance n'est pas
une force.
!
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!
Voltaire : « Écraser l’Infâme »
Librex
En juin 2013, la stèle dédiée au combat de Voltaire contre la condamnation à
mort du Chevalier de La Barre pour blasphème a été vandalisée par des
partisans de l’association Caritas, extrême mouvement catholique français.
L’engagement pour la tolérance dans le cadre de cette affaire datant de 1766
ne passe décidément pas « pour tous ». Voltaire, reviens-nous ! En 2005, suite
à l’affaire des caricatures de Mahomet, Hervé Loichemol, metteur en scène, est
contraint d’essuyer une seconde censure de la pièce Mahomet ou le fanatisme.
Sous les pressions de lobbys musulmans soutenus par Tariq Ramadan, en
France, trois siècles après son écriture, peu ont compris l’attaque insidieuse
de l’intolérance religieuse générale à travers ce texte. Voltaire, reviens-nous !
Depuis belle lurette, le Djihad, guerre sacro-sainte devenue sacro-sang, appelle
à la mort des hérétiques. Tout ça pour le Coran encore qu’en juillet 2013, la
nouvelle armée bouddhiste birmane, le mouvement 969, orchestre le massacre
de deux cents musulmans dans une mosquée…Voltaire reviens-nous ! Toute sa
vie, François-Marie D’Arouet, connu de ses contemporains pour son talent
littéraire, connu aujourd’hui pour ses écrits philosophiques, n’a jamais cessé
de se battre, dans ses lettres, ses paroles ou ses actions, pour la tolérance.
Force est de constater qu’il nous manque aujourd’hui et, telle une vieille
lumière, il faut le rallumer.
Vaste projet que la tolérance. Difficile de définir, de baliser, cette valeur qu’on
tente de nous inculquer dans une morale toute laïque qui n’a que peu de
sens… Tout d’abord, il faut faire remarquer que la notion de tolérance pour un
auteur du XVIIIe est bien différente de celle d’un citoyen européen du XXIe
siècle. Dans l’idée des Lumières d’un droit naturel et de lois naturelles qui
aboutiront à l’idée d’humanité et des Droits de l’Homme, la tolérance est la
défense d’une liberté de culte. Voltaire dira, non sans subtilité, « la tolérance
est l’article premier de mon catéchisme ». Pour lui, il est impensable
d’imposer aux gens une religion et encore moins de les punir s’ils ne
respectent
pas
la
religion
d’État.
Mais
comment
prôner
ce
multiconfessionnalisme ? Comment l’appliquer ? On voit même aujourd’hui la
difficulté de tels débats quand par exemple des piscines redeviennent nonmixtes.
Par l’engagement voltairien, il sera possible d’éluder en partie cette question
et de montrer à quel point cet écrivain de génie est incontournable dans la
libre-pensée. En 1762, le père Calas est torturé à l’âge de 60 ans. Protestant,
un expéditif procès le força à avouer qu’il avait tué son fils pour empêcher ce
dernier de se convertir au catholicisme. En vérité, son fils s’était pendu,
malheureux. Ayant appris la désastreuse scène, d’un père torturé avouant le
meurtre de son fils récemment suicidé, Voltaire enquête et se rend compte du
caractère arbitraire de la peine. Quelle infamie ! Pensant que « si quelque
chose peut arrêter chez les hommes la rage du fanatisme, c’est la publicité», il
rédige alors Traité sur la tolérance où il défend Jean Calas en devenant l’apôtre
de la tolérance. Le huguenot est réhabilité, sa famille dédommagée et Voltaire
!
46!
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acclamé. 1965, même canevas, les Sirven, protestants, subissent l’enlèvement
de leur fille et son assassinat. Il s’avère que le crime a été commis par des
religieux. Mais le Clergé, puissant, accuse les parents Sirven…d’avoir tué leur
fille … pour ne pas qu’elle se convertisse au catholicisme. L’infamie ! Voltaire
revient à la charge. Sirven est réhabilité. L’année d’après, le jeune chevalier La
Barre est condamné à mort pour avoir blasphémé un crucifix à Abbeville.
Indigné par la démesure de la peine. Voltaire ne parvient malheureusement
pas à obtenir son rachat. Il signera dès lors toutes ses lettres, dégoûté, par
« ECR. INF. » Une abréviation d’ « Écraser l’Infâme », désormais son mot
d’ordre.
L’Infâme, avec un grand I pour son caractère universel et un accent circonflexe
pour le dégoût qu’il suscite à Voltaire. Il rassemble sous cette sombre bannière
le fanatisme, la superstition, mais aussi le conservatisme. Ensemble de vices à
écraser d’un pied ferme, d’une plume acérée, d’une voix unanime. Qu’est-ce
que l’Infâme ? Au fond : la religion. Voltaire n’était sûrement pas athée, mais il
ne pouvait accepter la religion dans ce qu’elle a de dogmatique, d’anti-libre
exaministe. « Un homme qui reçoit sans religion sans examen ne diffère pas
d’un bœuf qu’on attelle ». C’est de la spiritualité, naturelle, dont il se réclame,
sans pour autant vouloir l’imposer aux autres, mais bien déterminé à ne pas
accepter le dogmatisme de toute religion.
Voltaire devient dès lors le chantre de la tolérance, et celle-ci sera motrice de
toute son œuvre. Que chacun ait sa croyance, la spiritualité est naturelle. Que
chacun invente ses fables, l’imagination est naturelle. Mais qu’aucun ne veuille
imposer sa piété ou ériger ses contes en lois ! Voilà pourquoi il ne peut
accepter les affaires Calas, Sirven, La Barre. Il ne dort pas le 24 août, l’idée de
la Saint Barthélémy le taraudant. Aujourd’hui, il se mordrait les doigts du haut
du paradis, si les contes de l’au-delà existaient, pauvre Voltaire...
Mais cette faible lumière qui vivote, qui voltige, celle de l’engagement contre
l’Infâme, pour la tolérance, doit être poursuivie. Jamais abandonnée. Quand
nous entendons des meurtres au nom de Dieu, des mariages traditionnels
forcés, des horaires non mixtes de piscine, autant de sabotages de la laïcité,
levons nous et écrasons l’Infâme. Une valeur, un progrès à défendre. Un
héritage qui vient de là ! De ces Lumières dont Voltaire faisait partie et qui
défendaient une autodétermination par la liberté de savoir, autrement dit par
le libre-examen.
NB : un cycle de conférences autour de la pérennité des Lumière sera organisé
durant le second quadrimestre.
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Plaintes d'une femme déçue
Crom
L'hommage de leurs vers qu'à l'envi les poètes
À la femme déçue offrent toujours ardents
Flatte certes le but, mais n'apaise la quête :
L'attente a des plaisirs qu'on ne fait qu'un moment.
Aussi, jouet des vents qui l’hiver me rudoient,
Sur des talus où vont se fanant mes appas,
En un dense réduit où je n’ai point de joie,
Veux-je conter ce don que Thyrsis bafoua.
Las ! Le pâle Thyrsis avait la mine austère :
Le sentant sur le banc près d’elle un peu tarder
L’amante bien des fois lui fit en vain la guerre
Ferme et froid cependant, jamais il ne doutait.
Pour voir se dénouer ce vœu, que de tendresse !
Que, docile à sa voix et promise à son lit,
J’eusse aimé dans ses bras m’adonner à l’ivresse !
Mais, le vin que j’offrais jamais ne le conquit.
Ses doigts pouvaient jouer aux fous entre mes tresses,
D’un vent hardi parfois copiant les effets :
Il fallait à mon but, d’autres riens, des caresses
Moins lourdes dont mon goût se fût mieux satisfait.
Aux livres, confiée une peine farouche
Cède à des plaisirs doux qui lui prêtent un fard,
Mais l’ouvrage choisi quand j’abordai ma couche
Me fit perdre la tête et je luttai sans art.
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Certain jour, face aux bois, je me crus bien lésée :
Le vent sifflait, la chasse au loup battait son plein,
La bête bien tapie était près de l’orée :
Ah ! Que le son du cor semblait clair et prochain !
Voyant un nid offert sur la mousse allongée,
Je sentis tout en moi la peine qui fondait,
Quand presque quitte au but il m’a soudain laissée :
Il jouit de mon trouble et ne fit que passer.
« Achève, dis-je, et mets céans la vierge en terre !
Les couleurs de mon don te laissant sans émoi,
Accorde au moins ce but, cruel, à ma prière :
De ce fer qui fait mon envie, ah ! Perce-moi ! »
Il flétrit mes ave d’une parole amère :
Je priais pour gagner le plus mâle des sots !
D’un don coûteux je sus la cruelle misère :
Aux mythes pour le bien je renonçai tantôt.
Mais, que te mine un jour ta peine sur ces rives :
Ton cri restera vain ; ta voix clamant tes maux
Pour ce mal que tu fis à l’amante naïve
Ne trouvera de mont qu’attendrisse l’écho !
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Les monologues de la Marijuana
Aurélien Hougardy, délégué culture ACE
Le 26 Novembre dernier, le Théâtre de Poche a invité les délégués culture des
cercles de l’ACE à la première représentation de la reprise de la pièce « Les
monologues de la Marijuana ». Le cercle de l’Agro était présent également ce
soir-là, et voici quelques impressions récoltées sur le tas par notre confrère
Louis du cercle AGRO.
Loucine : "Un excellent moment ! On a beaucoup ri, vraiment ! Ils vantent
tellement les mérites de la Marijuana qu'on s'en voudrait presque d'être nonfumeur ! »
Lara : « Oui j'avoue que j'ai bof aimé, je trouvais les blagues un peu trop "bon
enfant" et l'un des acteurs jouait trop en mode théâtre (exagéré) à mon gout »
Alex : « Moi je me suis bien marré, les acteurs sont bons et je crois que si t'es
fumeur t'as un bonus de 25% sur les vannes de la pièce »
Fred : « Les vannes étaient simplettes et ça reprenait en général les caricatures
de la fumette, mais bon j'ai quand même ri. Je m'attendais à mieux quand
même. »
Ludo : « Bientot une WeeDicole à l'Agro »
Retrouvez toute la programmation du théâtre de poche sur leur site internet
www.poche.be
!
50!
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Rémy Baudoin, approché par Gala ?
Victor Huon, dit Indigo, CPS
Sexy Tetoon, Prince des buveurs, autoproclamé Maître en la matière depuis
son ascension à la présidence, n'est plus le même depuis septembre. Des
murmures s'élèvent des couloirs du CPS, s'adressant doucement à nos oreilles
pour nous rapporter la raison de son évolution. On l'appellerait maintenant
Gossip-Rémy. Nous avons mené notre enquête pour comprendre ce phénomène
qui bouleverse le folklore.
Insoupçonnable, Rémy le cache bien. Mais l'assume depuis peu !
Après quelques recherches approfondies, nous avons découvert la flamme qui
animait le président du glorieux CPS. Depuis peu, il a découvert sa passion
véritable, latente depuis 1990. Rémy aime les ragots. Il aime les entendre, les
voir, les propager. Nous l'avons rencontré pour analyser ce brusque
changement de personnalité. « Vous savez, j'ai toujours su au fond de moi que
j'étais une commère, mais je ne me lui suis jamais avoué. Maintenant que j'ai des
pouvoirs accrus, je peux enfin montrer ma vraie nature. », nous disait-il encore hier
soir. Armé de ses yeux d'aigle, Rémy dégaine son vieux Nokia dégueulasse à
chaque soupçon de future rumeur, de flagrant délit ou encore d'aventures
scatophiles quand il s'ennuie tout seul. « Je suis peut-être Maître des buveurs,
mais je gère toujours mon orthographe, même plein mort. » C'est sa grande fierté !
Romaniste fraîchement diplômé, il ne se ment pas : « je sais très bien que je
n'aurai aucun travail, dès lors que tous mes employeurs auront eu vent de mes
exploits en Jefke. »En effet, la DH est déjà sur le coup, paraît-il. Mais ce n'est
pas tout, Rémy n'est pas seul dans la quête de la vérité absolue ! Un nombre
incroyable de ses pions agissent dans son ombre, armés de portables plus
perfectionnés ou de reflex. On soupçonnerait même un futur GT « poste à
ragots »...
Bien sûr, l'Université Libre de Bruxelles n'est pas insensible à cette nouvelle
tendance qui s'ébruite beaucoup. Depuis bientôt une semaine, ULB-culture a
lancé une récolte de fonds pour payer à Rémy un Iphone et un abonnement 3G.
Les bleus ont même été invités à verser la totalité de leur « quête sociale »
pour cette œuvre philanthropique. De source sûre, nous savons que Sexy
Tetoon a été approché par Gala et est en passe d'avoir un contrat fort bien
rémunéré pour l'année prochaine.
Mais le succès fulgurant de Myré ne plaît pas à tout le monde : « Cela dure
depuis trop longtemps, nous n'en pouvons plus. Chacun de nos gestes est surveillé,
enregistré et s'il y a doute, communiqué à l'ensemble de la communauté
estudiantine. Jean-Michel De Waele lui a même donné l'accès aux mails collectifs de
Roundcube, ex-Webmail. Nous fomentons pour l'instant un coup d’État au sein du
CPS. C'est pour bientôt... », selon une personne anonyme. Elle nous ajouta hors
micro qu'elle soupçonnait Tartocul d'être une espionne, renseignant le CP, le
!
51!
!
CM et depuis peu le CPL. La vérité aurait éclaté le soir où elle s'est enroulé C.
Fou. , qui cachait mal ses intentions durant la bleusaille, léchant le Rémy en
entonnant à multiples reprises la comptine, bientôt dans les bacs, « Rémy
Baudoin ». Tout un concept.
Que tirer comme conclusion de tout cela ? Devons-nous le considérer comme
une grande évolution du folklore ou une tendance éphémère, qui disparaîtra
comme un Nem un jour de Commune ? À la rumeur de trancher.
Heureux qui, comme Rémy Baudoin, Prince des buveurs.
!
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Les Femmes au Pouvoir ?
Louis de Diesbach, dit Traviolta, CS
De nos jours, on entend souvent les femmes, féministes en tête, se plaindre
parce que le monde est dirigé par les hommes... On les entend dénoncer les
différences salariales et les injustices liées à leur statut de "femme au foyer".
Elles clament partout qu'elles, au moins, sont multitâches alors que pour un
homme, c'est déjà dur d'être à l'heure à la maison. Non contentes de leur
congé de maternité bien plus long que celui de paternité, de la galanterie qui
leur est "due" et, surtout, de leur capacité d'orgasmes multiples, elles se
complaisent dans une situation de "faibles femmes" qui subissent jour après
jour la dictature patriarcale.
Cependant, grâce à un outil assez impressionnant et dernier cri, je me suis
permis d'aller jeter un œil sur ce que serait un monde dirigé par les femmes et
où les rôles seraient inversés.
La vie de tous les jours
Contrairement à ce qu'on pourrait penser, la vie de tous les jours reste assez
semblable à celle que nous connaissons. Il y a bien sûr quelques différences,
comme les routes qui sont plus larges pour faciliter les créneaux, l'absence de
rues pavées (dur, dur avec les talons !) ou les couleurs rose et violet qui ornent
tous les bâtiments, mais dans l'ensemble, la vie reste assez banale.
Évidemment, il y a plus de femmes dans la rue provoquant, naturellement, une
augmentation importante des accidents de la route et des embouteillages,
mais au final, il y fait bon vivre.
Il n'est pas rare de voir des femmes ministres, pompiers ou encore agents de
police, mais ne vous y méprenez pas : si l'idée de femmes à matraque pouvait
inspirer chez certains un sentiment, que dis-je, une émotion érectile, les
amendes pour faute de goût et absence de style calment vite les ardeurs des
quelques mâles présents ! Enfin, il est important de noter que la criminalité est
en baisse et le taux de viols quasi nul. La plus grande enquête policière du
siècle avait été la recherche active du sac à main du Premier Ministre italien.
Après deux heures de recherche et des témoins interrogés, il s'avérait que le
sac se trouvait là où elle l'avait laissé, ouf !
Les médias
Les médias, nous le savons, régulent notre vie et même si, machos que vous
êtes, vous vous imaginez que "Public", "People" ou autre "Gala" orneraient
toutes les vitrines, sachez que ce n'est absolument pas le cas (ou presque
pas). En cherchant la cause de ce paradoxe, vous apprendriez que les médias
ont, étonnamment, été laissés aux mains des hommes. Bien que bizarre, cela
peut s'expliquer assez facilement : la population ne pouvait plus faire la
distinction entre les "faits", les "on-dit", les "il parait que", les "la voisine du
boulanger a dit à la bouchère que le père d'une petite fille dans l'école du fils
de son frère connaissait un homme qui aurait laissé entendre que" ou encore
les "la pharmacienne, alors qu'elle trompait son mari avec le jardinier de
l'épicier, aurait entendu son fils (de l'épicier) raconter que sa copine avait
assisté à une discussion entre le maître nageur et le ministre des Finances
!
53!
!
durant laquelle ce dernier aurait proclamé haut et fort que sa voisine, la sœur
cadette de la famille Laamput, avait dit au fils aîné du poissonnier que...". Elle
aurait alors décidé (la population, pas la pharmacienne, ni la copine du fils de
l'épicier et encore moins la sœur cadette de la famille Laamput, merci de
suivre !) de laisser aux hommes la tâche complexe, mais ô combien
importante, de délivrer les nouvelles.
Cependant, bien que dirigées par des êtres masculins, les compagnies
d'informations ont été obligées de s'adapter à leur public... Finies les soirées
foot ou le porno un peu plus tard, les soirées devant la télévision se résument
désormais à du PBLV (Plus belle la vie, pour les non-initiés), du Secret Story
ou, summum de la culture télévisée féminine (antithèse), du Télé-Achat. Qui,
dans ce monde particulier et incompréhensible, n'a jamais passé une soirée à
admirer les capacités hors du commun d'un nouvel aspirateur ou la vitesse et
le sens du détail de ce nouveau mixeur qui va bouleverser votre vie toute
entière ! Accompagnés de médisances sur le poids d'une telle, l'éducation des
enfants d'une autre ou la façon dont une troisième s'habille, ces programmes
étaient la clé de voûte d'une sauterie entre copines !
La politique
On ne peut parler du fonctionnement d'un monde sans faire un détour par la
politique. Mais moi je vous parle de la vraie politique, pas des élections du
Librex ou du BE dont tout le monde se fout et tout, non ! Celle qui prend des
décisions importantes qui changent et bouleversent le monde !
La première chose frappante est l'interdiction d'exercer un mandat en étant
enceinte (interdiction qui a vu le jour lorsque la Présidente du Brésil, enceinte
jusqu'aux yeux, a exigé une invasion de Wépion, on ne sait plus trop pourquoi).
Ensuite, pragmatiques et masculins que nous sommes, on est rapidement
estomaqué par la longueur des assemblées ! Celles-ci se déroulent du lundi au
jeudi (avec une pause le mardi soir pour voir sa famille). Ce phénomène
s'explique par le fait qu'il est particulièrement difficile de trouver le temps de
parler de politique entre deux conversations sur la qualité des dernières
tulipes, le prix des oranges ce matin au marché, l'éducation des enfants ou
encore le dernier divorce people.
Enfin, il faut rendre à César ce qui appartient à César : le monde vit en paix.
C'est étonnant, mais les pays ne se déclarent pas la guerre ; ils boudent
chacun de leur côté en refusant d'écouter ce que l'autre a à dire et attendent
des excuses qui ne viennent jamais. On peut par exemple noter les pleurs de la
France quand le Royaume-Uni lui a piqué les JO ou encore la rage des PaysBas contre le Luxembourg parce qu'ils ont copié leur drapeau (ne nous
leurrons pas, le Benelux n'existe plus depuis que ces deux pays s'habillent de
la même façon !). Tout le monde parle toujours dans le dos de tout le monde,
c'est féminin, mais les seules explosions sont dues à des hommes mal à l'aise
dans la cuisine. Il faut avouer que c'est rassurant puisque les codes nucléaires,
bien que supposés secrets, sont connus de tous. Parce que tenir un secret,
c'est difficile, alors elles s'y mettent à plusieurs.
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54!
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ENQUÊTE EXCLUSIVE
La Choucroute, le nouveau phénomène ?
Margot Elmer, dite Sœur Mourir, AGRO
Bruxelles- Aimée ou détestée, la choucroute a déchaîné dernièrement les passions.
Le temps est fini des réunions entre amis, autour d'un feu de camp et d'une bonne
choucroute, le plat est désormais considéré comme l'un des symboles forts du XXIe.
Enquête.
La choucroute – ou Sauerkraut en allemand – est un plat traditionnel constitué
de choux et de saucisse, qui a traversé les siècles par sa simplicité et sa
saveur. Bien qu'il ait été abandonné durant de nombreuses années à cause de
sa portée nazie, Hitler en étant un grand amateur, ce plat est revenu en force
en 1993, après avoir gagné le prestigieux prix du Meilleur Plat Traditionnel le
Moins Diététique. Pourtant, en avril 2010, à la suite d'une publication du livre
de Heinrich Archtung, un conflit sans précédent se déclencha autour de ce
met.
La « guerre choucroutienne »
« Une saucisse dans l’anus »
Mais l'affaire ne s'en tint pas là, et dérapa totalement quelques jours plus tard.
Le 25 mai 2010 à 11h, Heinrich Archtung fut retrouvé mort dans son
appartement. Il avait été étouffé dans une assiette de chou et avait une
saucisse dans l'anus. Cette « guerre » ne fut réglée qu'en 2011, après que les
deux camps se sont rendu compte que l'Alsace avait longtemps fait partie de
l'Allemagne : la choucroute est donc autant alsacienne qu'allemande.
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Des nouveaux amateurs de choucroute
« Une quantité mortelle »
La quantité devant être absorbée est autour des trois kilos en une heure pour
subir les effets « mortels », comme le disent les jeunes utilisateurs.
Heureusement, les addictologues nous affirment qu'il n'y a aucune addiction
possible. Mais il reste un danger conséquent, au-delà même de l'hallucination
en elle-même : la difficulté pour le corps humain de digérer tant de chou peut
mener à une dysenterie carabinée, qui, si elle n'est pas prise à temps, peut se
relever réellement mortelle.
Un complot d'ordre mondial
Certaines personnes vont encore plus loin : la choucroute serait au centre d'un
complot mondial. En effet, la question qui se pose est assez simple : s’il y a
bel et bien du chou dans la choucroute, qu'en est-il de la croûte ? Des
linguistes expérimentés nous ont affirmé qu'il est impossible que le mot
« croûte » signifie saucisse. Où est donc cette croûte ? Plusieurs théories sont
de mises : la première affirme que dans la recette originale, la saucisse devait
être cuite en croûte de sel, d'où le terme « croûte ». Mais la théorie la plus
répandue est celle du complot : les autorités nous cacheraient le véritable
contenu du plat, qui serait une véritable arme de destruction massive (« par le
plaisir » comme les disent les complotionistes). Les plus radicaux vont même
jusqu'à affirmer que la Sauerkraut aurait joué un grand rôle dans le World Trade
Center.
Afin de dépatouiller toutes ces informations, nous avons demandé l'avis du
chien Camel, qui, avec son livre « Chou + croute = choucroute » et sa
dénomination par sa maîtresse de chien saucisse, s'est imposé comme grand
spécialiste du plat. Premièrement, Camel a voulu mettre les points sur les i sur
tout ce qui avait été dit sur la choucroute : « Wouf wouf. » Mais enfin, et c'est là
sûrement le conseil le plus sage à donner au sujet de ce plat, il ajouta, le
museau frais et les yeux vifs : « Wouf wouf ! Wouf ».
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La Raclette
Louis de Diesbach, dit Diesbiatch, CS
Non cher lecteur, je ne vais pas, dans l'article qui suit, t'insulter en t'expliquant
ce qu'est une raclette. En effet, à moins d'être un débile profond sans culture
et sans cervelle ou bien de tout simplement venir de Mars, tu sais sans aucun
doute ce qu'est ce met succulent que la raclette.
Non cher lecteur, je viens tout simplement te faire part d'une interrogation,
d'une question sans réponse qui, sans cesse, torture mes nuits et mes jours et
cause plus d'ennuis qu'une bleuette à son premier cantus. Laisse-moi donc te
faire part de cette épineuse énigme et si, par bonheur, durant ton séjour aux
Deux Alpes, tu penses pouvoir m'aider, n'hésite pas à frapper à la chambre 23
pour me soulager de ce fardeau !
Il y a des choses qui, de quelque manière que ce soit, ne trouvent pas
d’explication. Le goût du fromage à raclette couplé à une pomme de terre
enroulée d’une tranche de saucisson, c’est fichtrement bon. Sur ce point, je
pense que personne ne devrait me contredire (à moins, comme je l'ai dit cidessus, d'être incroyablement arriéré ou, naturellement, de venir de Mars).
Pourquoi, alors, POURQUOI doit-on manger des raclettes uniquement en
période de fêtes ? Pourquoi diable les raclettes ont-elles généralement lieu soit
en montagne, soit en hiver ? Quels ont été les évènements parvenus sur Terre
ou dans l’Univers qui font que, lorsqu’une bouche sage propose une raclette, il
y ait entre 80 et 97% de chances qu’on lui réponde « Oh, ce n’est pas vraiment
le moment/la saison.» ?
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57!
!
Il y aurait donc un point du continuum espace-temps, une fracture sur la ligne
temporelle plus propice à la dégustation de raclettes. Comment le
connaissons-nous ? Par convention ? Il y aurait eu, à un moment donné dans
un temps lointain, des types en blouse blanche avec les cheveux ébouriffés et
de grosses lunettes, résolvant de complexes équations dont le but était, à
terme, de définir à quel moment la raclette est-elle plus profitable ? Ou
sommes-nous naturellement conditionnés à n’apprécier que trois mois par an
ce plat magnifique qu’est la raclette ? Avons-nous, profondément encrés dans
notre corps, une réticence à manger de la raclette hors de la période des fêtes,
une sorte d’instinct de survie ?
Si tel était le cas, il en découlerait une affirmation, paraissant au premier
abord aussi stupide qu’effrayante : manger une raclette à n’importe quel
moment peut avoir des effets non estimés, voire dangereux.
À partir de cette affirmation, tout est possible ! Quiconque organiserait une
raclette en plein mois d'août se verrait immédiatement exclu de son groupe
d'amis, mais également rejeté de la société ! On le prendrait pour un fou,
inapte à vivre en communauté. Si ce n'était que ça, ce ne serait pas trop grave
me diriez-vous, mais ce n'est pas fini ! Le point du continuum espace-temps
ayant été complètement bouleversé, on ferait sans doute face à une inversion
des pôles, des vagues de tsunamis déferler et, à plus long terme, une
disparition progressive de l'espèce humaine... Et tout ça parce qu'un connard a
voulu faire fondre du fromage en plein mois d'août !
La vie est souvent comme ça : on commence par jouer au con en organisant
une raclette pendant les vacances et on se retrouve responsable de la mort de
milliers d'innocents.
Je terminerai cet article scientifique par un conseil, que dis-je, un
avertissement : profite de ton ski Solvay et de ta raclette ici parce que bon,
quand même, faut pas déconner !
!
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« Ils ont dit »
Louis Van Geertruyden, AGRO
Oui, mais qui ? Retrouvez l’auteur de la citation !
1. « La vie, ce n'est pas d'attendre
que l'orage passe, c'est
d'apprendre à danser sous la
pluie. »
2. « Misérable est l'amour qui se
laisserait mesurer. »
3. « Il vaut mieux viser la perfection
et la manquer que viser
l'imperfection et l'atteindre. »
4. « Travailler pour gagner sa vie,
O.K. Mais pourquoi faut-il que
cette vie qu'on gagne, il faille la
gaspiller à travailler pour gagner
sa vie ? »
5. « La jeunesse est un art. »
6. « L'avantage d'être intelligent,
c'est qu'on peut toujours faire
l'imbécile, alors que l'inverse est
totalement impossible. »
7. « Dans un examen, des gens qui
ne veulent pas savoir posent des
questions à des gens qui ne
peuvent pas répondre. »
8. « Il vaut mieux qu'il pleuve un
jour comme aujourd'hui, plutôt
qu'un jour où il fait beau. »
9. « Je hais la prudence, elle ne
vous amène à rien. »
14. « C'est dans l'effort que l'on
trouve la satisfaction et non dans
la réussite. Un plein effort est
une pleine victoire. »
15. « Il y a des silences qui en
disent long comme il y a des
paroles qui ne signifient rien. »
16. « La vie est un mystère qu'il
faut vivre, et non un problème à
résoudre. »
17. « Les femmes ont besoin
d'une raison pour faire l'amour :
les hommes ont juste besoin
d'un endroit. »
18. « De temps en temps une
femme est un substitut
convenable à la masturbation.
Mais bien sûr, il faut beaucoup
d'imagination. »
19. « Le sexe n'est sale que quand
on ne se lave pas. »
20. « Le clou souffre autant que le
trou. »
21. « Autopsie : elle permet aux
autres de découvrir ce qu'on n'a
jamais pu voir en soi-même. »
22.
« Cécité : point de vue. »
11. « Le manque d’amour est la
plus grande pauvreté. »
23. « Un journal coupé en
morceaux n'intéresse aucune
femme, alors qu'une femme
coupée en morceaux intéresse
tous les journaux. »
12. « La vie, c’est comme une
bicyclette, il faut avancer pour ne
pas perdre l’équilibre. »
24. « Le sexe entre deux
personnes, c’est beau. Entre cinq
personnes, c’est fantastique.. »
10. « Quand tout est fichu, il y a
encore le courage. »
13. « Celui qui ouvre une porte
d'école, ferme une prison. »
!
59!
!
A. Woody Allen
B. Victor Hugo
C. Quino
D. Oscar Wilde
E. Sénèque
F. Woody Allen
G. William Shakespeare
H. Michel Laclos
I. Billy Cristal
J. Pierre Dac
K. Bertrand Russel
L. Jacques Brel
M. Daniel Pennac
N. Proverbe hollandais
O. Mère Teresa
P. Maurice Ferrand
Q. Édith Piaf
R. Gandhi
S. Gandhi
T. Albert Einstein
U. Karl Kraus
V. Tristan Bernard
W. Walter Alexandre Raleigh
X. Madonna
!
60!
!
Retrouve le nom du journal
!
Louis Van Geertruyden, Agro
1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.
8.
9.
10.
11.
12.
13.
14.
15.
16.
17.
18.
19.
20.
21.
22.
23.
24.
25.
AGRO
Philo
Droit
Solvay
Psycho
CPS
CdS
CP
Médecine
Pharma
CJC
CdH
CI
CGéo
Kiné
ISEP
CECS
CEBULB
CHAA
CROM
CIG
Librex
ACE
Cercle du Sahara
CARé
A.
B.
C.
D.
E.
F.
G.
H.
I.
J.
K.
L.
M.
N.
O.
P.
Q.
R.
S.
T.
U.
V.
W.
X.
Y.
La Chaarue
L’Écho des Borains
L’Entonnoir
Le Massager
L’Hérésie
L’OS
Le Prométhée
KekCecs'ah
Le Caducée
La Colonne
Le Petit Isepien
L’Escume des Nuits
L’Engrenage
Le Compas bête
L’Hebdromadaire
La Plume
Le GéoNews
Le Laurier
Le Philomène
Le Fléau Pourpre & les Novelles
La Bet’Su
La Mandragore
L’Antidote
Le Bulletin
L’Organe
EXPLICATIONS
 La Bet’Su : pour Betterave Suave (et non pas sucrière). La betterave est une
plante utilisée pour sa racine, afin d’en faire un fourrage pour les animaux, ou
d’utiliser son sucre ; et pour faire des lanternes à Halloween dans certaines
régions de Flandre.
 Le Philomène : Sainte-Philomène est une sainte de l’Eglise catholique romaine.
Philomène est une fille de 12-15ans dont on a retrouvé le corps au XIXe siècle,
que l’on pense être une martyre. Des miracles sont arrivés à des croyants qui
priaient devant ses reliques. Pas de sexe donc, pour la Philo(mène).
!
61!
!
 Le Fléau Pourpre & les Novelles (Eh oui, ils ont deux journaux, mais ils ont le
droit): le fléau est un instrument agricole utilisé pour le battage du blé, ou une
calamité, malédiction qui s’abat sur un groupe de personnes, une population.
Le bordeaux est la couleur du CD, car c’était la couleur des robes que
portaient les docteurs en Droit dans les universités médiévales en France et en
Italie. Les Novelles est le journal facultaire. En gros, ce terme désignait une
catégorie des constitutions impériales pendant la fin de la période romaine...
 Le Caducée : bâton autour duquel s’enroulent deux serpents, avec
éventuellement des ailes. Il est le symbole de la médecine, car il servait à
guérir du venin des serpents, et appartient à Hermès, dieu grec des
commerçants et des voleurs, et messager des dieux.
 L’Entonnoir : instrument en forme de cône utilisé en cuisine. Il est souvent
dessiné pour représenter les fous, qui en portent un sur la tête (comme les
bleus du CARé… Coïncidence ??)
 Le Laurier : plante angiosperme de la famille des Lauriaceae, il est le signe
d’une victoire sportive ou militaire.
 Le Prométhée : Selon la mythologie grecque, Prométhée a créé l’homme à
partir d’eau et de terre, l’a rendu semblable aux dieux et lui a donné le « feu
sacré », volé de l’Olympe. Ceci est interprété en philosophie comme le don de
la connaissance aux humains par un dieu rebelle pour leur permettre de
s’instruire. On retrouve cette volonté de transmettre la sagesse dans chaque
édition de ce journal, et surtout ceux sans titre.
 L’Engrenage : c’est un système mécanique où minimum deux roues dentées
s’emboitent pour transmettre un mouvement, une énergie. C’est aussi le
dessin qu’on utilise pour faire comprendre que quelqu’un réfléchit (et en
général, personne d’autre ne comprend). On notera l’existence du g² (square g
en anglais), journal facultaire.
 L’Organe : ensemble de tissus qui réalise une fonction, partie du corps
humain. Observer un organe, c’est comprendre son fonctionnement. Le CM est
à remercier pour son don d’organes.
 La Mandragore : Plante européenne dont les racines ont une forme vaguement
humaine. Elle est donc associée depuis l’Antiquité à des rituels magiques. Elle
a des propriétés sédatives, antispasmodiques, anti-inflammatoires (en
cataplasme), hypnotiques hallucinogènes et aphrodisiaques (fertilisant).
Certains chamanes s’en enduisaient le corps pour entrer en transe. C’est
pratique pour viser quand on pisse (plus haut ou plus bas).
 La Plume : production du tégument caractéristique du clade des oiseaux, leur
permettant ainsi de conquérir le milieu aérien en volant. C’est le symbole de
l’écrivain, de l’écriture, mais également de l’élément air, le souffle de la vie
!
62!
!
(mythologie égyptienne), et par ailleurs de la légèreté, la liberté. Inutile
d’espérer déplumer le CJC, donc.
 La Colonne : élément d’architecture qui soutient une structure (peut être
dorique, ionique, torsadée, vertébrale…), subdivision verticale d’un article dans
la presse, en mathématiques ou édifice commémoratif historique. On se
permet de soupçonner un lien avec la fameuse colonne devant le bâtiment A,
reste d’un ancien bâtiment de l’ULB.
 L’OS : pièce anatomique du squelette des Chordés ou Operating System, en
français un système d'exploitation, c’est l'ensemble de logiciels centraux d'un
appareil informatique. Au CI, la rédaction, ils l’ont dans l’os. (NB : tous les
informaticiens n’ont pas forcément la peau sur les os, mais quand un logiciel
ne marche pas, c’est qu’ils sont tombés sur un os).
 Le GéoNews = Géo + News (un peu comme les Niouzz de ladeux qu’on a tous
connues)
 Le Massager : jeu de mots entre massage et messager. Un massage est un
ensemble de techniques manuelles effectuées pour le bien-être d’une
personne ; un messager est un transmetteur de message, d’annonce publique
ou privée, voire un prophète. Le Massager transmet donc son information par
les mains (écriture, martèlement c’est kif-kif).
 Le Petit Isepien : Rien à ajouter.
 Le KekCecs'ah : homonyme de « Qu’est-ce que c’est que ça ? », façon
B3stàà[email protected]$h!00n <3
 L’Echo des Borains : L’écho est un phénomène acoustique de réflexion du son,
une rumeur. Un borain est une personne qui vient du Borinage, région de
Wallonie. (à ne pas confondre avec bourrin).
 La Chaarue : jeu de mots entre CHAA (Cercle d’Histoire de l’Art et
d’Archéologie) et charrue (instrument de labour en agriculture, il permet donc
de cultiver). NB : le CHAA rue, il vaut mieux donc ne pas passer derrière, pour
éviter un coup de sabot.
 L’Escume des Nuits : référence à l’œuvre L’écume des jours, roman de Boris
Vian, avec une pointe de vieux françois pour faire Romane (ichelle).
 L’Antidote : substance (bio)chimique qui peut guérir d’un poison ou d’une
maladie. Le CIG aide notamment les pd, les infectés et les vérolés à crever. Le
but étant de passer en grade.
 Le Bulletin : carnet de notes, de relevé de données. C’est donc le bilan de l’état
de l’ULB.
 L’Hérésie : l’hérésie (du grec αἵρεσις / haíresis, choix, préférence pour une
doctrine) est une opinion qui s’éloigne du dogme religieux. Durant l’Antiquité,
ça pouvait désigner une école de pensée, mais au Moyen-Âge, le terme a pris
!
63!
!
une connotation très péjorative en raison des nombreuses chasses aux
sorcières. Les hérétiques ne faisaient pas long feu : ils étaient en effet brûlés
sur des bûchers publics. C’est évidemment le symbole de l’indépendance de
l’ULB de toute croyance imposée, avec la volonté de vaincre les ténèbres, par
la science.
 L’Hebdromadaire : c’est une blague.
 Le Compas bête : Le con pas bête / compas / architectes. Vous l’avez ? Aurait
pu s’appeler Le Bandeau s’ils avaient échangé l’ornement de tête des bleus
avec la Psycho…
Les introuvés
 Journal de la Luxo : site web en luxembourgeois… pas compris. Le Putsch
sonnerait bien.
Solution jeu des citations
1. E
6. F
11. O
16. S
21. P
2. G
7. W
12. T
17. I
22. H
3. K
8. J
13. B
18. U
23. V
4. C
9. L
14. R
19. X
24. A
5. D
10. M
15. Q
20. N
Solution jeu des noms de journaux
!
1. U
2. S
3. T
4. I
5. C
6. R
7. G
8. M
9. N
10. V
11. P
12. J
13. F
14. Q
15. D
16. K
17. H
18. B
19. A
20. L
21. W
22. X
23. E
24. O
64!
!
Merci à toutes les personnes qui ont
contribué à la rédaction de ce numéro.
Et encore nos meilleurs vœux de succès et
de bonheur pour cette nouvelle année.
(Oui, on est un peu cheap à l’ACE)
Aurélien Hougardy & Alexis Gonzalez
Si l’envie vous prend de vouloir écrire pour le
prochain numéro : [email protected]
!
65!
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