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N° 6373 Prix 10 DA France 1 C
Quotidien national d'information
Lundi 9 mai 2016
L’ANP MET EN ÉCHEC LES DESSEINS TERRORISTES DE FAIRE
DE CETTE RÉGION UNE BASE ARRIÈRE
Important lot d’armes de guerre découvert
dans une troisième cache à El Oued
Par
EL OUED semble avoir été
choisi comme un lieu de prédilection par les groupes terroristes activant encore dans cette région. En
effet, ce samedi, les éléments de
l’Armée nationale populaire (ANP)
ont découvert une nouvelle cache
des terroristes contenant un important arsenal de guerre. Pas moins de
131 armes de différents types, une
importante quantité de munitions
ainsi que 14 moyens de communication, ont été saisies à Bir-Dher,
dans la wilaya d’El Oued, par les
détachements de l’ANP. L’information qui a été donnée par le
ministère de la Défense nationale,
précise que cette découverte fait
suite aux dernières opérations
menées dans la région et qui se sont
soldées, rappelons-le, par la neutralisation de quatorze terroristes
durant le mois de mars 2016 et la
découverte et la récupération d’un
lot important d’armement et de
munitions le 15 avril 2016. Après le
succès enregistré dans leur lutte
Photo : DR
Hasna Yacoub
antiterroriste, les éléments de l’ANP
ont poursuivi une opération minutieuse de fouille et de recherche
LE DIRECTEUR GÉNÉRAL DU COMMERCE EXTÉRIEUR :
dans la wilaya d’El Oued, ce qui a
permis de découvrir samedi dernier
la cache d’armes. Il s’agit pour les
armements de 3 mortiers de calibres
60 millimètres, 2 fusils mitrailleurs
de type FM avec 4 canons de
ACTUALITÉ
SELON LE MINISTRE DE L’INTÉRIEUR, NOUREDDINE BEDOUI
Deux structures de prévention
routière prochainement
«40 concessionnaires de véhicules
retenus pour 2016»
INVESTISSEMENT
„ Levée des contraintes
sur le foncier industriel ........p3
Par
Hassan Gherab
LES ROUTES algériennes n’en finissent pas
d’aligner les morts et
blessés. Chaque jour apporte
son lot de décès dans des
accidents de la circulation.
Les pouvoirs publics multiplient les actions, en vain.
Ni les campagnes de sensibilisation, même les plus
violentes, ni le durcissement
des lois n’est arrivé à
réduire le nombre de victimes. Dernière initiative : Un Conseil intersectoriel chargé de la mise en place d’une stratégie de prévention routière, et
une direction déléguée devant s’assurer de l’application de cette stratégie.
Ces deux structures seront mises en place prochainement, a annoncé, hier
à Alger, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Noureddine
Bedoui.
Suite en page 24
Photo : DR
Photo : DR
Par
Abdallah Kaddour
LE DIRECTEUR général du
commerce extérieur au ministère du
Commerce a indiqué, hier, sur les
ondes de la Radio nationale que
«quarante concessionnaires de véhicules ont été retenus pour bénéficier
des licences d’importation sur
les 80 postulants». M. Djellab a
expliqué que «les 40 concessionnaires retenus par le comité chargé
de l’attribution des licences d’importation de véhicules ne figurent
pas dans le fichier des fraudeurs»,
ajoutant que le dispositif des
licences d’importation des véhicules
concerne uniquement les véhicules
touristiques et ceux du transport de
personnes (dix personnes ou plus) et
de marchandises. Suite en page 3
Supplément Économie
Emprunt
obligataire :
un début timide
Lire pp 11 à 16
rechange, 2 fusils mitrailleurs
de type RPK, 4 lance-roquettes
RPG-7, 2 lance-roquettes RPG-5,
117 pistolets mitrailleurs de type
Kalachnikov, 1 fusil à lunette,
310 chargeurs à munition
Kalachnikov, 9 chargeurs à munitions pour RPK, 51 crosses pour
Kalachnikov et un sac contenant des
détonateurs électriques. Pour ce qui
est des munitions, les forces de
l’ANP ont récupéré 70 obus pour
mortiers, 68 grenades offensives et
défensives, 125 fusées d’obus pour
mortiers, 127 roquettes pour RPG-7
avec 84 charges propulsives, 4 rouleaux cordon détonant, 6 mines antichar, une quantité importante de
munitions de différents calibres,
ainsi que 14 moyens de communication (TW) avec leurs accessoires.
Pour rappel, l’Armée nationale a
neutralisé 14 terroristes durant le
mois de mars et a découvert une
cache d’armes où un important
arsenal militaire a été récupéré, dans
la région de Kouinine dans la
wilaya d’El Oued.
Suite en page 2
CONSOMMATION
„ Un dispositif
pour développer la production
en viandes rouges ................p5
CULTURE
„ 17e Festival culturel
européen en Algérie ...........p17
2
L ’ É V É N E M E N T
Lundi 9 mai 2016
COMMÉMORATION DES MASSACRES DU 8 MAI 1945
Le FFS avertit contre «les opportunistes et les amnésiques»
Par
Adel Boucherguine
omme de coutume, le Front
des forces socialistes (FFS)
s’est rendu, hier, avec une
importante délégation conduite par
son premier secrétaire, Mohamed
Nebbou, à Kherrata pour célébrer
l’anniversaire des évènements
tragiques du 8 mai 1945. Si le
8 mai 45 reste et doit rester à
jamais imprimé dans la mémoire
collective des Algériens comme le
moment fondateur de l’éveil des
consciences face aux mensonges
des discours colonialistes, il est
aussi, écrit le FFS, dans une déclaration, «un rappel de la duplicité
colonialiste, qui peut danser, à
Paris et dans les colonies pour
célébrer la liberté», et au même
moment, massacrer par dizaines de
milliers, à Sétif, Béjaïa, Guelma et
Kherrata, les Algériens qui manifestaient pour la liberté. Rappelant
la situation très délicate que traverse l’Algérie d’aujourd’hui, le
FFS déclare que «nous nous interdisons toute régression vis-à-vis
des avancées qui sont attestées par
notre Histoire». Car, affirme-t-il,
«nous sommes un peuple qui a
Photo : DR
C
puisé dans la volonté, le courage,
la détermination et le sacrifice de
ses enfants la force nécessaire
pour reconquérir son pays, sa
liberté, sa dignité». Evoquant
également le long et rude chemin
parcouru, l’investissement et
surtout les sacrifices d’un peuple
pour «construire un Etat souverain
qui garantisse, plus que jamais,
que l’indignité de la domination,
d’où qu’elle vienne, et sous n’importe quelle forme, ne souille à
nouveau cette terre bénie par le
sacrifice et le sang versé des
enfants du 8 mai 45». L’histoire,
pour être correctement insérée dans
le destin d’un peuple et éclairer ses
pas, analyse le plus vieux parti
d’opposition, doit reposer sur un
socle de principes et sur le rappel
des responsabilités qui incombent à
chaque génération en fidélité
aux sacrifices des générations
précédentes. Car, «le sacrifice de
la génération du 8 mai 45 appelle
et impose à chaque génération
d’algériens un serment à la hauteur de ce don».
Le FFS et ses militants
restent fidèles au serment du
1er Novembre et à la plateforme de
la Soummam, affirme Mohammed
Nebbou. «Ni oubli ni renoncement,
mais rétablissement du cours de
l’Histoire et poursuite de la lutte
pour la liberté et la souveraineté
nationale et populaire dans le
cadre de l’Etat de droit algérien
démocratique et social», ajoutet-il.
Ce serment est, conclut le parti
cher au révolutionnaire Hocine
Ait Ahmed, «un rappel aux
croyants en la sacralité de la fidélité au sacrifice des martyrs du 8
mai 45 et de tous les autres martyrs de la liberté et de la libération
nationale, un avertissement aux
amnésiques et autres hypocrites ou
révisionnistes qui croient venu le
moment de tous les renoncements
et de tous les détournements, et
enfin, un devoir, et une charge qui
grandit ceux qui la portent avec
abnégation, à transmettre aux
jeunes générations».
A. B.
Important lot d’armes de guerre découvert dans une troisième cache à El Oued
Suite de la page 1
Une seconde cache a été découverte,
quelques jours après, dans la même région
après qu’un des terroristes ait fait part, avant
de succomber à ses blessures, de son existence. La découverte de la seconde cache a
permis à l’ANP de mettre la main sur
127 armes de guerre de différents types et
d’une grande quantité de munitions et de
21 moyens de liaisons. Conscient du fait que
les groupes terroristes toujours actifs
semblent avoir choisi la région d’El Oued
comme base-arrière, les forces de sécurité ne
lésinent pas sur les moyens pour faire
face à la horde terroriste. D’ailleurs, leurs
investigations ont permis d’arrêter près
d’une cinquantaine de personnes
soupçonnées d’apporter leur soutien aux
groupes terroristes dans les régions
d’El Oued et Tizi Ouzou. Il s’agit de l’un des
plus grands réseaux de soutien aux groupes
terroristes jamais démantelé depuis des
années. Les résultats de l’ANP confirment,
une fois de plus, la détermination de l’Etat à
faire échec à toute tentative d’atteinte à
l’intégrité territoriale nationale et l’engagement de son armée à poursuivre ses efforts
pour la protection des frontières et la lutte
contre le terrorisme. Une tâche laborieuse
car l’Algérie est confrontée quotidiennement
au risque terroriste notamment à ses
frontières. Cernée par des pays gagnés par
zzz AU FIL DES JOURS
Par
Noureddine Khelassi
CE FUT pour lui un véritable plébiscite. Et
une bérézina pour ses adversaires, les
«redresseurs» et autres «historiques» du RND
qui disparaissent de son Conseil national. Le
directeur de cabinet du président de
la République, élu haut la main et à la
régulière au poste de SG, est donc insubmersible ! Son profil d’homme d’Etat
patient et madré, qui a une certaine intelligence des situations et des hommes et des
qualités certaines, mérite donc un peu de
lumière. Ce politique au long cours et au
souffle long, aura tout fait et tout été, sauf
d’être calife à la place du calife un jour de
grande lumière. Il fut diplomate habile
démineur de crises africaines, ambassadeur,
vice-ministre, ministre, député, conseiller
spécial et chargé de mission. Il fut également
directeur central, plusieurs fois directeur de
cabinet présidentiel, homme de contacts discrets avec les islamistes du FIS. Ministre
d’Etat sans portefeuille, ministre avec un
vrai maroquin, représentant personnel du
chef de l’Etat, Premier ministre, chef de
gouvernement et de parti. Il est parti plusieurs fois pour mieux revenir. Il a connu
grâce et disgrâce. Il a pris des initiatives,
mais fait également ce qu’on lui a dit de
faire. Les bonnes et les pires choses. Comme
cette abominable chasse aux sorcières, un
maccarthysme à l’Algérienne qui a ciblé des
l’instabilité à savoir le Mali, la Libye et la
Tunisie, l’Algérie doit lutter sur tous les
fronts afin d’éviter un retour de boomerang.
Surtout que les terroristes activant sur son
sol, même acculés par les services de
sécurité, arrivent encore à mener certaines
opérations et à s’évanouir dans le vaste
Sahara.
Ces derniers ont l’avantage de bien
connaître la région sahélo-saharienne, ce qui
leur permet de circuler aisément entre les
pays frontaliers, mais aussi de se fournir en
armes et en munitions. Cette circulation
d’armes via les frontières est confirmée par
les nombreuses découvertes de caches
d’armes opérées par les services de sécurité
dont la découverte faite, il y a quelques
semaines, à Adrar ayant permis la récupération d’un important lot d’armes et de
munitions ou encore le ratissage de la forêt
de Sid Ali Bounab qui avait permis l’élimination de terroristes et la découverte de 8
casemates contenant des explosifs dans les
wilayas de Tizi Ouzou, Aïn Defla et Skikda.
Depuis mars dernier, l’ANP réussit à
mettre en échec les groupes terrorises et ce
sont à chaque fois des arsenaux impressionnants d’armes qui sont saisis. Mais elle doit
continuer sa lutte et maintenir sa vigilance
tout en espérant que ses voisins retrouvent
leur stabilité et participent au maintien de la
sécurité au niveau de la région.
H. Y.
Insubmersible Ouyahia !
dizaines de cadres compétents et surtout
innocents de faits jamais incriminés et
aujourd’hui réhabilités. Bref, Ouyahya est un
homme en noir et blanc et tout en nuances
de gris. Un homme de missions et de sales
besognes diraient les juges implacables. Un
serviteur de l’Etat, un grand commis qui a le
sens de la responsabilité, de la réserve, de la
disponibilité, de l’abnégation, de la loyauté
qui n’est pas forcément la fidélité, diraient
ses avocats. En un mot comme en cent, un
homme d’Etat et de la raison d’Etat. Oh, il a
bien des défauts Si Ahmed ! Pour ceux qui
prétendent le connaître, il serait cassant, un
tantinet arrogant, pas toujours disposé à l’écoute, cynique par endroit, et peu enclin à
une communication qui ne soit pas de
langue de bois, lui le très habile rhéteur en
arabe, en tamazight et en français ! Ce loup
solitaire a d’autres vertus : bosseur infatigable de ses dossiers et une mémoire d’éléphant. Et, contrairement aux rumeurs
récurrentes, mais jamais fondées sur le
moindre début de commencement de
preuves tangibles, l’homme autant que le
commis de l’Etat serait honnête et intègre.
Un patriote qui peut faire preuve de lucidité
politique en public en réalisant que c’est le
mur de l’argent qui commence à détenir le
pouvoir réel dans le pays. On aura ainsi dit
beaucoup de choses sur un serviteur de
l’Etat que le grand public, les médias et
même les politiques connaissent finalement
peu. En tout cas pas toujours sous son vrai
jour. Et on a beaucoup glosé sur un homme
que d’aucuns dépeignent sous les traits d’un
serviteur froid du régime. On a dit de lui,
pas toujours raisonnablement, qu’il serait
cynique et sans états d’âme. Qu’il serait la
raison technocratique d’un pouvoir de
l’ombre que les exégètes les plus sagaces
n’avaient en fait jamais pu en définir les
contours. Cet homme moustachu et mafflu
est avant tout un réel homme d’Etat, un
serviteur du régime et du «Système» comme
il se définit lui-même. C’est de même un
homme politique dont la carrière a été
déterminée par le hasard et la nécessité. La
nécessité politique et le hasard de rencontres avec des hommes visibles et invisibles. Sa carrière politique, après celle de
brillant diplomate, il la doit notamment à sa
rencontre avec deux chefs d’Etat. Ouyahya
doit certes beaucoup à ses qualités propres,
mais énormément à MM. Zeroual et
Bouteflika. Deux hommes qu’il a servis, au
nom de son idée propre de la République, de
l’Etat et du Bien commun. Avec sincérité,
loyauté et dévouement, dit-on. L’homme,
qui se rappelle qu’il vient d’un village des
hauteurs djurdjurassiques est d’autre part le
produit d’une formation. Celle d’énarque qui
l’a mené, au hasard des affectations et du
service militaire, au service de presse de la
présidence de la République, au ministère
des Affaires étrangères, de nouveau à la
présidence de la République, avant de servir
au gouvernement puis de revenir au palais
présidentiel. Et il a toujours servi, avec l’idée
d’un grand commis de l’Etat qui travaille
rigoureusement ses dossiers. Au final, ce
bourreau de travail est, selon la devise coranique, un homme dont une vertu cardinale
rachète dix péchés véniels ou même
mortels. Et des vertus essentielles, le SG du
RND en a quelques-unes. Comme la
constance, la cohérence et le courage. Ce
qui lui permet d’assumer toujours, à tort ou
à raison, ses paroles et ses actes. Rarement
en son nom propre, souvent au nom de
l’Etat. C’est un homme politique méconnu
qui mérite d’être un peu mieux connu. Le
présenter ainsi, c’est-à-dire sous un jour plus
favorable, est un exercice périlleux pour
celui qui s’y essaye. C’est que cet homme
d’Etat n’a pas toujours bonne réputation.
Mais comme toutes les réputations, celles
qui sont trop bien établies sont nécessairement surfaites. Ouyahia est un homme
discret, qui ne disait rien sur lui-même,
même quand les rumeurs les plus
fantasmatiques en faisaient un actionnaire
fortuné d’une compagnie aérienne
étrangère ou le patron caché d’un transporteur routier qui roule sur l’or. Il ne disait
rien à ce propos ou si peu, sachant qu’on ne
prête qu’aux riches qui auraient peut-être
un jour bonne fortune...politique !
N. K.
L ’ É V É N E M E N T
Lundi 9 mai 2016
3
SELON LE MINISTRE DE L’INDUSTRIE, ABDESSELAM BOUCHOUAREB
Levée des contraintes sur le foncier industriel
Par
Ziad Abdelhadi
e parcours du combattant
qu’était pour les investisseurs l’acquisition d’un terrain pour le lancement de leur
projet est, vraisemblablement,
aplani. Le ministre de l’Industrie
et des Mines, Abdesselam
Bouchouareb, vient d’adresser
une instruction aux directeurs de
wilaya les exhortant à faciliter
l’attribution de terrains aux opérateurs. Le ministre a fait part de
cette directive lors d’une réunion
de travail, qu’il a tenue jeudi dernier à Alger, consacrée à l’évaluation des activités du secteur,
l’élaboration d’un bilan réel de sa
situation et la définition de ses
perspectives. Il s’agissait également de faire le point sur les
actions des directions de wilaya
du secteur ainsi que de l’ensemble des organismes et institutions sous tutelle du ministère.
M. Bouchouareb a exhorté les
directeurs de wilaya à ne ménager
aucun effort pour permettre
l’aboutissement de tout projet
d’investissement en facilitant l’attribution d’assiette foncière aux
opérateurs. «J’appelle votre sens
de responsabilité pour accomplir
cette mission. Vous êtes maintenant responsables du foncier,
vous devez faciliter son attribution», a-t-il lancé aux responsables du secteur. Le ministre n’a
pas caché sa déception en relevant qu’«entre 40 et 50% du foncier industriel dégagé ces
dernières années (pour les investisseurs) n’est pas exploité». La
raison essentielle de cette non
exploitation du foncier industriel,
constatée après une étude d’évaluation réalisée par le ministère,
est due notamment, au manque de
maturation des projets pour lesquels ces terrains ont été
octroyés. Pour remédier à cette
situation, le gouvernement a pris
des mesures dans le cadre de la
loi de Finances complémentaire
(LFC) de 2015 qui impose une
taxe de 3% de la valeur réelle du
terrain pour les propriétaires du
Photo : DR
L
foncier industriel qui ne l’exploitent pas. «Cette mesure va
pousser les propriétaires de ces
terrains, soit à les exploiter, soit
à les céder pour les investisseurs», a estimé le ministre.
Mais en parallèle, la même loi
(LFC 2015) a apporté une
nouvelle mesure pour faciliter
l’attribution du foncier aux investisseurs, ajoute-t-il. Il s’agit de la
disposition relative à la suppression du Comité d’assistance à la
localisation et à la promotion des
investissements et de la régulation du foncier (Calpiref) à qui
revenait la charge d’attribuer des
terrains aux investisseurs. A noter
qu’en vertu de la LFC 2015, l’attribution du foncier industriel
relève de la simple décision du
wali sur avis du directeur de l’industrie et des mines de la même
wilaya dont la mission est l’évaluation technique, c’est-à-dire
l’utilité du projet, sa faisabilité et
surtout sa conformité à la politique nationale du développement
industriel et territorial.
Le ministre a, en outre, insisté
sur la nécessité de véhiculer l’in-
formation du niveau local au
niveau central (Comité permanant
du suivi au ministère) pour que
celui-ci puisse suivre la situation
de façon permanente. «Nous voulons savoir tous les détails et le
degré de satisfaction des investisseurs», a ajouté M. Bouchouareb
qui promet la levée de toutes les
contraintes pour l’accès au foncier. Il a rappelé dans ce sens
qu’un programme ambitieux
d’aménagement de 42 parcs
industriels était en cours de réalisation.
Une autre instruction du
ministre aux cadres du secteur,
lors de cette réunion, a porté sur
les mesures nécessaires à prendre
pour la mise en œuvre de la
stratégie sectorielle visant à faire
de l’industrie un pilier de la
diversification économique. A cet
effet, M. Bouchouareb a rappelé
que le développement industriel
occupait une place «essentielle»
et constituait l’une des priorités
«majeures» du plan d’action du
Gouvernement. «Il s’agit pour la
phase actuelle et à venir, d’enclencher un processus de réin-
dustrialisation du pays à travers
une nouvelle dynamique qui permettra à l’industrie nationale de
reconquérir la place prépondérante qui doit être la sienne dans
notre économie», a souligné
M. Bouchouareb. Selon lui, la
nécessité aujourd’hui de mener
cette stratégie de renouveau
industriel est fortement dictée par
la conjoncture actuelle où les prix
du pétrole sont à la baisse alors
que l’économie du pays demeure
«excessivement» dépendante de
ses revenus. Le secteur industriel
s’avère être dans ce contexte, a-til encore souligné, l’un des
moyens les «plus puissants» pour
assurer le développement économique et social du pays et, également, son intégration dans
l’économie mondiale. Le ministre
a rappelé que la stratégie du secteur s’articulait autour de cinq
principaux axes. Il s’agit de la
promotion de l’investissement et
le développement du foncier
industriel, du développement de
la capacité de la production nationale de substitution aux importations, de l’élargissement et de
valorisation du potentiel minier,
la promotion du partenariat
national et international ainsi que
l’appui à la modernisation des
PME. Pour ce faire, des mesures
doivent être prises et des efforts
supplémentaires déployés au
niveau local, a-t-il insisté devant
l’assistance. «Vous êtes les vecteurs de la mise en œuvre de cette
stratégie», a-t-il déclaré. En
outre, et parmi les missions dont
le ministre a chargé ses cadres,
l’établissement d’une carte nationale de l’investissement devant
définir les potentialités industrielles de chaque wilaya.
«Chacun de vous (directeurs de
wilaya) doit connaître le potentiel
de sa wilaya et doit savoir quels
sont les projets (potentiels) que
l’on peut développer», a-t-il
explicité. Cette tâche doit être
accomplie dans «le court terme»,
a-t-il précisé insistant sur la
nécessité de promouvoir les
industries naissantes et émergentes, à savoir, entre autres,
l’agroalimentaire, l’industrie
mécanique, électronique, électroménagère, sidérurgique, métallurgique et textile.
Notons que le ministre a
annoncé que le gouvernement va
réviser prochainement la loi sur
les mines et cela afin de mieux
valoriser les sites miniers à travers le pays, et faciliter leur
exploitation via les projets d’investissement. Non sans indiquer
que cette révision de la loi est
devenue nécessaire car le texte
actuel ne répond plus aux exigences de l’investissement. L’objectif de cette modification, a-t-il
poursuivi, est de donner à ce texte
plus d’efficacité, précisant néanmoins qu’il était «encore tôt»
d’avancer une date de présentation de cette loi. Le ministre a
rappelé enfin la presse que la loi
minière actuelle (qui date de
2001) dont la dernière révision
remonte à 2014, ne permet
qu’une exploitation très «limitée»
des sites miniers.
Z. A./APS
«40 concessionnaires de véhicules retenus pour 2016»
Suite de la page 1
Les engins de travaux publics ainsi que
les véhicules importés par des professionnels à titre individuel, c’est-à-dire pour le
fonctionnement de leurs entreprises, ne
sont pas soumis à ce régime d’importation.
M. Djellab a fait savoir que «ces licences
seront signées, ce dimanche (hier), par le
ministre du Commerce et qu’elles pourront être retirées par les concessionnaires
agréés, à partir de lundi, auprès des directions des wilayas».
Le représentant du ministère du
Commerce a précisé, par ailleurs, que le
quota total des véhicules importés annuellement ne devrait pas dépasser les 150 000,
à raison de 30 000 par concessionnaire, et
ce, quel que soit le nombre de marques
représentées par lui. Il a rappelé que
«suite à l’application du décret sur les
licences d’importation, les véhicules font
partie des produits soumis à ce dispositif à
l’instar du ciment et du rond à béton».
L’intervenant a souligné par ailleurs
que le ministère du Commerce entend fortement encourager les investisseurs souhaitant se lancer dans les activités de
montage ou de construction de véhicules
dans le pays «les objectifs du dispositif des
licences sont notamment l’assainissement
du commerce extérieur, la rationalisation
des importations, et l’encouragement à
l’investissement et la substitution à l’importation par la production». Le même
responsable a avancé que grâce à ce dispositif de licences, la facture d’importation
des véhicules ne dépassera pas le montant
d’un milliard de dollars en 2016, contre
3,14 milliards de dollars (265 523 véhicules importés) en 2015 et 5,7 milliards de
dollars (417 913 unités) en 2014.
Concernant les nouveaux concessionnaires, ils bénéficieront, durant leur première année d’activité, d’un quota de
300 unités par opérateur au lieu du plafond
de 15 000 véhicules/an pour chacun des
concessionnaires déjà en exercice. Mais, at-il ajouté, ces primo-concessionnaires
devront attendre l’année 2017 pour obtenir
les licences puisque le quota global annuel
de 152 000 véhicules pour 2016 «est déjà
épuisé».
Détaillant le processus du traitement
des demandes des licences, M. Djellab a
expliqué que le Comité chargé de leur délivrance avait pris en considération plusieurs
critères dont essentiellement l’agrément, le
respect du cahier des charges et la situation
fiscale. Selon lui, le quota-plafond par
concessionnaire de 15 000 unités/an a également été fixé en fonction des marques et
des constructeurs ainsi que des pays de
provenance des véhicules. «Nous avons
fait en sorte que les importations en provenance d’un seul constructeur ne dépasse
pas le seuil de 15 000 unités/an», a précisé
le même responsable.
Dans ce sens, le responsable du
ministère a ajouté qu’en plus du quota,
chaque concessionnaire est tenu de respecter une valeur-plafond en termes d’importation. «Si nous fixons uniquement la
quantité-plafond (par concessionnaire) et
nous ne fixons pas de valeur-plafond (pour
chaque concessionnaire), le dispositif
n’aura pas de sens, puisque son objectif
principal est surtout de rationaliser la facture des importations en limitant la sortie
des devises», expliquera M. Djellab. Il a
également fait savoir que les marques de
véhicules autorisées à l’importation sont
exclusivement celles contenues dans le
cahier des charges régissant l’activité.
Concernant les importations en général,
le même responsable a indiqué que son
ministère était en phase de préparation
d’une liste des produits importés qui sont
suspectés d’être surfacturés, afin de renforcer leur contrôle. La baisse des importations, amorcée dès 2014, résulte des
décisions prises par le gouvernement afin
de mettre fin à l’emballement de ces
importations et assainir le marché de l’automobile qui avait connu des dysfonctionnements notables et des pratiques illégales.
Parmi ces mesures, figurent les licences
d’importation et un cahier des charges
pour les concessionnaires, entré en vigueur
en avril 2015, qui a réorganisé l’activité en
imposant des règles relatives notamment
au respect des normes de sécurité et de
l’obligation d’importation auprès des
constructeurs, tandis qu’un autre cahier des
charges est en cours de préparation pour
introduire l’activité d’investissement
industriel par les concessionnaires dans la
filière véhicules.
A. K
L ’ É V É N E M E N T
Lundi 9 mai 2016
Grève de deux jours
des vétérinaires
AFIN D’ASSURER L’AUTOSUFFISANCE DU PAYS ET RÉDUIRE LES IMPORTATIONS
Un dispositif pour développer
la production en viandes rouges
Par
Fatiha Ouidir
fin de développer la production nationale des
viandes rouges et de
réduire ainsi les importations, les
pouvoirs publics et les professionnels de la filière viandes
rouges ont convenu ensemble
d’un nouveau dispositif en vue
d’assurer l’autosuffisance du
pays en ce produit alimentaire.
L’objectif primordial est d’arriver d’ici 2019 à 0% d’importation sachant que l’Algérie est un
gros importateur de viandes
rouges notamment bovines avec
prés de 48 000 tonnes-an.
L’Algérie œuvre à améliorer
progressivement ses performances locales afin de développer la production locale et
mettre notamment un terme aux
importations. La modernisation
et la relance de la filière viandes
rouges dans l’objectif de réduire
les importations et de développer
les capacités d’approvisionnement du marché national à partir
de la production locale, ont été
au centre de plusieurs rencontres
entre le ministère de l’Agriculture et les professionnels de cette
filière stratégique. La production
nationale de viandes rouges
est estimée actuellement à
500 000 tonnes/an toutes espèces
confondues (bovine, ovine,
caprine et cameline), dont
155 000 tonnes de viande bovine
en 2015, soit 31% de la globalité. Le cheptel bovin est estimé
à 2,1 millions de têtes dont un
(1) million de vaches laitières,
tandis que celui de l’ovin compte
25 millions de têtes. Pour
conforter les capacités de production, les professionnels et les
pouvoirs publics se sont
entendus sur plusieurs mesures
d’accompagnement de cette
filière sur les courts et moyen
Photo : Archives
A
termes. Il s’agit de faciliter la
mise en œuvre des investissements des opérateurs activant
dans ce créneau pour la création
d’exploitations intégrées d’élevage, c’est-à-dire incluant la production fourragère et l’aliment
de bétail. L’Etat s’engage, dans
ce contexte, à attribuer des
concessions dans le cadre de la
mise en valeur des terres au
niveau des Hauts-Plateaux et du
Sud pour créer des centres d’élevage et d’engraissement. Même
les importateurs ont été appelés à
s’associer à ce dispositif en
réduisant les importations, mais
tout en investissant dans les
centres d’engraissement. Pour
approvisionner le marché local
en quantités suffisantes et avec la
qualité requise et à des prix
acceptables, le ministère en
charge du secteur a donné instruction à l’entreprise publique
de production et de commerciali-
sation de viandes rouges
(Algérienne des viandes rouges,
Alviar) à conclure des partenariats avec les éleveurs. Ceci pour
permettre à ces derniers d’écouler une partie de leur cheptel
dans trois complexes d’abattage
de cette société publique. Ces
trois abattoirs, basés à Hassi
Bahbah (Djelfa), Bougtob (El
Bayadh) et à Aïn M’lila (Oum
Bouaghi, non encore opérationnel), ont une capacité de production totale de 40 800 tonnes,
soit 1,5 million de têtes d’ovins
et 60 000 têtes de bovins annuellement. Celui de Hassi Bahbah,
opérationnel depuis 2015,
peut traiter 600 000 ovins et
24 000 bovins/an. Installés dans
les régions steppiques autour de
zones d’élevage, ces complexes
sont dotés de systèmes modernes
d’abattage et de tunnels de
congélation. A travers des
contrats avec Alviar, les éleveurs
pourront écouler leur production
sur le marché national sans
passer par des intermédiaires.
Ces abattoirs ont aussi la vocation de valoriser la production
des viandes rouges dont l’excédent pourrait être orienté vers
l’exportation notamment pour la
viande ovine. Par ailleurs, le
ministère de l’Agriculture et les
professionnels de la filière ont
décidé d’élargir les capacités de
production nationale en croisant
les races bovines locales avec
celles importées, grâce à la
mobilisation des capacités scientifiques et techniques existantes
en matière de génétique dans les
instituts et universités. C’est
dans ce sens que certaines universités collaborent avec des éleveurs au niveau des pôles de
production de viandes rouges
comme celui de Sétif, dans l’objectif d’améliorer le système d’élevage.
F. O./APS
5
LE SYNDICAT national des
vétérinaires lance un appel de
protestation, sous forme de sitin, au niveau des directions des
services agricoles de toutes les
wilayas, mercredi 11 et mercredi
18 mai, suivi d’un dépôt de
préavis de grève. La raison
essentielle de cette protestation
est le silence dans lequel se
mure la tutelle, le ministère de
l’Agriculture, quant à la
demande du syndicat de revoir
le mode de promotion de la carrière des vétérinaires, qui stagnent depuis des années.
La chargée de la communication du Syndicat national des
vétérinaires, Saïda Akali, a
déclaré que «malgré les difficultés que le fonctionnaire rencontre dans l’exécution de ses
différentes missions, qu’elles
soient d’ordre structurel, matériel, financier ou autres, le syndicat a su canaliser la colère de
ses adhérents, en leur promettant une meilleure gestion de
leur carrière». En effet, déclaret-elle, «une correspondance,
datée du 8 mars 2016, émanant
du Premier ministère, a instruit
le ministère de l’Agriculture à
donner les suites nécessaires»
n’a toujours pas été appliquée.
Cette contestation entend faite
bénéficier la profession des
mêmes mesures que les enseignants de l’éducation nationale,
de l’enseignement supérieur et
les cadres de la formation professionnelle qui ont bénéficié de
dérogations permettant l’évolution de leur carrière professionnelle. «Alors pourquoi ne pas
régulariser les vétérinaires ?»,
interroge-t-elle.
Il est vrai que le vétérinaire a
un rôle qui va au-delà du
contrôle du cheptel destiné à la
consommation, puisqu’il veille
sur la bonne santé animale,
publique et environnementale,
comme l’a si bien dit Pavlov :
«Si le médecin soigne l’homme,
le vétérinaire soigne l’humanité.»
M. A-S.
BOUDIAF APPELLE À INSUFFLER UNE NOUVELLE DYNAMIQUE AUX RELATIONS ENTRE LES DEUX PAYS
Elargissement et diversification de la coopération algéro-cubaine en examen
Par
Chahira Cheref
l faut insuffler une nouvelle
dynamique aux relations
algéro-cubaines pour être au
diapason des développements
survenus dans les deux pays,
selon le ministre de la Santé, de
la Population et de la Reforme
hospitalière, M. Abdelmalek
Boudiaf. Intervenant à l’ouverture des travaux de la 20e session de la Commission mixte de
coopération algéro-cubaine,
M. Boudiaf a indiqué, hier à
Alger, que cette coopération est
le fruit d’une volonté politique
commune au plus haut niveau,
visant à renforcer les liens
d’amitié et de solidarité entre
l’Algérie et Cuba, appelant à la
nécessité d’insuffler une nouvelle dynamique à ces relations
pour les mettre au diapason des
I
développements survenus dans
les deux pays. «L’amitié ancestrale qui lie les deux pays et
peuples, ainsi que la solidité et
la qualité de leurs relations,
favorisent la conjugaison des
efforts et la multiplication des
initiatives afin de leur impulser
une dynamique évolutive et
durable», a précisé le ministre.
Par ailleurs, il a exprimé le
souhait que la session d’Alger
soit une nouvelle étape dans
l’objectif d’établir une coopération bilatérale étroite qui prenne
en compte les développements
économiques, sociaux et culturels en Algérie et à Cuba ainsi
que les derniers développements
survenus sur les scènes régionale et internationale. Cette session permettra, a-t-il ajouté, de
procéder ensemble à une évaluation de la coopération commune
et de l’état de la mise en œuvre
des recommandations issues de
la 19e session tenue en décembre
2014 à la Havane.
Par ailleurs, M. Boudiaf a
prôné la nécessité de mettre à
jour les programmes de coopération et de partenariat et de formuler de nouvelles propositions
en vue de relancer la coopération bilatérale sur de nouvelles
bases qui prennent en compte les
besoins, les ambitions et les
aspirations des deux parties dans
le sens de la pérennité des relations à laquelle les deux parties
aspirent. «Cette session
constitue non seulement une
occasion pour procéder à une
évaluation globale des relations
bilatérales, mais aussi arrêter
de nouvelles perspectives afin de
réaliser un bond qualitatif en
matière de coopération bilatérale conformément aux orientations des Présidents des deux
pays», a encore souligné le
ministre. La tenue régulière des
sessions de cette commission
depuis 37 ans a marqué une
étape importante dans l’histoire
des deux pays qui partagent les
mêmes idéaux et valeurs de
liberté, de justice et de lutte pour
l’indépendance et la libération
ainsi que les relations d’amitié et
de solidarité, a-t-il également
précisé.
Le premier responsable du
secteur de la santé a, par
ailleurs, rappelé que la visite
effectuée par le président
cubain, Raul Castro, en mai
2015 en Algérie, avait permis
aux Chefs d’Etat des deux pays
de réitérer leur ferme engagement et entière disponibilité à
œuvrer ensemble pour le renforcement et la diversification de la
coopération bilatérale en vue de
la hisser au niveau d’excellence
qui caractérise les relations politiques entre l’Algérie et Cuba.
M. Boudiaf s’est dit satisfait des
échanges de visites entre les
deux parties l’année dernière et
la participation régulière des
deux pays aux foires organisées
annuellement à Alger comme à
la Havane. Il a, enfin, souhaité
que cette session soit couronnée
par de nouvelles perspectives et
la conclusion de nouveaux
accords de coopération dans
l’objectif de consolider le cadre
juridique qui régit la coopération
bilatérale.
Pour sa part, le ministre
cubain du Commerce extérieur
et de l’investissement étranger,
Rodrigo Malmierca Diaz, a
appelé par la même occasion à
l’élargissement de la coopération algero-cubaine à d’autres
domaines en plus de celui de la
santé.
C. C./APS
6
I D É E S
Lundi 9 mai 2016
ÉDITORIAL
L’esprit et la lettre
du 8 Mai
Par
Kamel Amghar
L’ALGÉRIE a célébré, hier, le 71e anniversaire du génocide
du 8 mai 1945 dans la simplicité et le recueillement. Un peu
partout, des citoyens anonymes se sont rassemblés, tôt le matin,
devant les carrés des martyrs pour honorer leur mémoire et
saluer leur sacrifice. Dépôts de gerbes de fleurs, récitation de la
Fatiha, évocation douloureuse des atrocités subies et rappel de
l’idéal qui a mobilisé, ensuite, tout le peuple algérien pour la
liberté et l’indépendance. Au lendemain de la seconde grande
guerre, la France, fraîchement «libérée» du joug nazi, se
déchaîne contre des manifestants pacifiques à Sétif, Kherrata et
Guelma, faisant 45 000 morts en quelques jours. Un crime
odieux contre l’humanité resté impuni à ce jour. Elle signe
ainsi, par le sang et le feu, le début de la fin de sa longue présence coloniale dans le pays. Le 8 mai 1945 sonne, en effet, le
glas de 132 ans de domination et d’occupation violentes. Ceci
dit, laissons la France à ses tourments et à sa mauvaise
conscience. Parlons plutôt du devoir des générations d’aujourd’hui et celles de demain envers ces héros du combat libérateur
qui ont rêvé d’une Algérie progressiste, sociale et fraternelle.
Qu’a-t-on fait pour perpétuer leur message ? A-t-on réalisé
leur vœu le plus cher ? A-t-on été à la hauteur du grand défi
lancé à l’occupant en 1945 ? Cette halte mémorielle se prête
aussi naturellement à l’autocritique. C’est bien de se recueillir,
de méditer et de célébrer toutes ces femmes et tous ces hommes
qui ont brillamment administré une leçon de bravoure et de
justice à l’une des armées les plus puissante de l’Otan, mais il
est indéniablement plus intéressant de travailler sans relâche,
de s’appliquer et de s’engager pleinement à parachever leur
magnifique œuvre à travers l’édification d’un Etat de droit,
juste, fort et solidaire. Tant de choses ont été, certes, concrétisées, mais il en reste, encore, beaucoup à faire. Présentement,
les Algériens ont grandement besoin de renouer avec l’esprit et
la lettre du 8 mai 1945, clairement énoncés dans les idéaux de
la révolution du 1er Novembre 1954, pour prémunir leur pays
contre les dangers qui le guettent de toutes parts, consolider
l’Etat de droit et améliorer ses performances socioéconomiques. Une espèce de front consensuel et volontariste en
faveur du développement économique et de l’émancipation
sociale. Hauts dirigeants de l’Etat, acteurs politiques, leaders
syndicaux et opérateurs économiques doivent absolument
s’inspirer de cette histoire glorieuse pour prendre vraiment
conscience de cet impératif. Le seul qui compte enfin.
K. A.
Quotidien national d’information
Edité par la SARL Omnium maghrébin de presse
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Pour un nouveau Bretton Woods
Par
Yanis Varoufakis*
u fait de la crise financière de 2008, des
voix se sont élevées pour appeler à un
système financier qui réduise les déséquilibres commerciaux, freine les flux financiers liés
à la spéculation et évite une contagion systémique. C’était précisément l’objectif initial du
système de Bretton Woods. Mais aujourd’hui un
tel systéme n’est pas souhaitable et ne
pourrait d’ailleurs pas fonctionner. Quelle est l’alternative ?
En 1944, la conférence de Bretton Woods a été
le théâtre d’un affrontement entre deux hommes
et entre deux visions différentes : Harry Dexter
White, le représentant du président Roosevelt, et
Keynes qui représentait un empire britannique en
déclin. Il n’est donc pas étonnant que le plan
White basé sur l’excédent commercial américain
d’après-guerre l’ait emporté. Il était destiné à
«dollariser» l’Europe et le Japon en échange de
leur accord pour laisser les mains libres aux USA
en matière de politique monétaire internationale.
Le nouveau système d’après-guerre a servi de
fondation aux heures de gloire du capitalisme –
jusqu’à ce que l’excédent commercial américain
fonde et que le plan White s’écroule.
La question qui est revenue périodiquement au
cours des 10 dernières années est simple : rejeté
en 1944, le plan de Keynes conviendrait-il à notre
monde multipolaire de l’après 2008 ?
C’est ce qu’a proposé dès 2009 Zhou
Xiaochuan, le gouverneur de la Banque centrale
chinoise, tout en regrettant que ce plan ait été
rejeté à Bretton Woods. Deux ans plus tard, interrogé sur ce que devrait être le rôle du FMI dans
l’après 2008, Dominique Strauss-Kahn qui en
était le directeur général répondait : «Il y a 60 ans
Keynes avait déjà prévu ce qui était nécessaire,
mais c’était trop tôt. Le temps est venu maintenant de l’appliquer. Je crois que nous sommes
prêts à le faire !» Quelques semaines avant de
tomber en disgrâce, il faisait manifestement référence à un nouveau système de Bretton Woods.
Ce nouveau système refléterait l’idée de
Keynes selon laquelle la stabilité mondiale est
menacée par la tendance innée du capitalisme à
considérer isolément excédents et déficits. Tant
les excédents que les déficits augmentent en
période faste, tandis que le fardeau de l’ajustement incombe de manière disproportionnée aux
débiteurs durant les périodes de ralentissement, ce
qui conduit à un processus de déflation par la
dette qui débute dans les régions en déficit avant
de réduire partout la demande. Dans ce cadre,
l’ajustement est une obligation pour le débiteur,
mais une démarche volontaire pour le créancier.
Pour contrer ces déséquilibres, Keynes proposait un autre système dans lequel la responsabilité
de l’ajustement incombe à la fois aux débiteurs et
aux créanciers. Sa solution consistait à établir une
chambre de compensation internationale (ICU,
international clearing union) à laquelle participeraient les principales puissances économiques.
Tout en conservant leurs propres monnaies et
leurs Banques centrales, les pays membres accepteraient d’effectuer tous les payements entre eux
dans une devise commune baptisée «bancor». Ces
payements seraient enregistrés et gérés dans leur
compte auprès de l’ICU.
Au début le compte de chaque pays membre
auprès de l’ICU serait crédité d’une somme en
bancors proportionnelle à sa part relative dans le
commerce mondial. Par la suite son compte serait
crédité en bancors proportionnellement à ses
exportations nettes. Une fois établie, l’ICU taxerait de manière symétrique excédents et déficits
persistants, de manière à annuler le déséquilibre
auto-entretenu entre les flux de capitaux, une
demande mondiale agrégée inadéquate et un chômage distribué inégalement à travers le monde et
qui n’est pas une fatalité.
Le plan de Keynes posait néanmoins quelques
problèmes. Il prévoyait des ajustements de parité
qui auraient limité les facilités de découvert pour
les pays en déficit chronique et aurait conduit à
des marchandages permanents entre les ministres
des Finances pour décider des taux de change et
des taux d’intérêt. Par ailleurs, des contrôles
D
financiers rigides qui attribuent un pouvoir arbitraire et démesuré aux bureaucrates sur les transferts de capitaux constituent un vice de
construction.
On pourrait donc concevoir une nouvelle ICU
(NICU) qui répondrait à l’idée de Keynes. Ses
taux de change seraient variables et ses règles à la
fois simples et automatisées. Cela réduirait au
minimum le pouvoir discrétionnaire des politiciens et des bureaucrates, tout en préservant les
avantages de l’idée originale de Keynes destinée à
éviter des déséquilibres mondiaux trop importants.
Au lieu d’utiliser le bancor comme unité de
compte, Cette NICU utiliserait une monnaie commune digitale, appelons-la «kosmos», émise et
régulée par le FMI. Il l’administrerait sur la base
d’un livre de comptes en ligne et d’un algorithme
qui ajusterait l’offre totale au volume du commerce mondial, ceci d’une manière préétablie. On
pourrait ainsi avoir un composant contre-cyclique
qui stimule automatiquement la demande mondiale en cas de ralentissement général.
Les marchés des changes fonctionneraient
comme aujourd’hui et le taux de change entre le
kosmos et les diverses devises varierait de la
même manière que les droits de tirages spéciaux
vis à vis du dollar, de l’euro, du yen, de la livre et
du yuan. Mais dans ce cadre, la différence tiendrait à ce que les payements entre pays membres
s’effectueraient via le compte en kosmos de leur
banque centrale auprès de la Nicu.
Pour exploiter pleinement le potentiel de ce
projet il existerait deux dispositifs de transfert
financier destinés à limiter les déséquilibres. Le
premier serait une taxe annuelle sur les déséquilibres commerciaux prélevée sur les comptes en
kosmos des Banques centrales en proportion du
déficit ou de l’excédent de leurs comptes courants. Cette taxe serait versée dans un fonds
commun de la Nicu. Le deuxième dispositif serait
un droit que devraient verser les institutions financières privées auprès de ce fonds en proportion de
toute augmentation du flux de capitaux sortant du
pays - un système analogue aux hausses de tarifs
appliquées par des entreprises comme Uber
durant les heures de pointe.
Cette fiscalisation des déséquilibres commerciaux incitera les pays en excédent à accroître
leurs dépenses et leurs investissements et réduira
systématiquement le pouvoir d’achat des pays en
déficit sur le plan international. Prenant en
compte cet élément, les marchés des changes vont
ajuster plus rapidement les taux de change en
fonction des déséquilibres des comptes courants
et annuler une grande partie des flux de capitaux
qui favorisent des déséquilibres commerciaux
chroniques. De la même manière, la taxe sur
l’augmentation du flux de capitaux va pénaliser
automatiquement les flux de capitaux spéculatifs,
sans accroître le pouvoir discrétionnaire des
bureaucrates ni introduire un contrôle trop rigide
des capitaux.
Alors soudain le monde aura acquis un fonds
souverain, sans même passer par une souscription
de capital. Cela permettra de financer la transition
vers un système d’énergie à faible émission de
carbone : ce système stabilisera l’économie mondiale grâce à l’investissement dans la recherche et
le développement dédiés à l’énergie verte et aux
technologies durables.
Keynes était en avance sur son temps : sa proposition nécessitait des technologies digitales et
des marchés des devises qui n’existaient pas à l’époque. Or nous en disposons aujourd’hui, ainsi
que d’une expérience au niveau international en
matière de systèmes de compensation internationaux. Nous avons aussi le besoin désespéré d’un
fonds mondial dédié à une transition verte qu’un
nouveau Bretton Woods keynésien créerait automatiquement. Il nous manque simplement le processus politique, avec un Roosevelt qui réunirait
les parties prenantes et catalyserait le changement.
Y. V.
(Traduit de l’anglais par Patrice Horovitz)
*Ancien ministre grecque des Finances.
Professeur d’économie à l’Université d’Athènes.
In Project-syndicate.org
R É G I O N S
Lundi 9 mai 2016
ORAN :
SELON LE MINISTRE DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
Des ventes directes
producteursconsommateurs
durant le Ramadhan
et une foire spécial
«chaâbane»
Photo : S. Zoheir
Bond qualitatif en matière de structures
universitaires et pédagogiques
L’
Algérie a réalisé un
«bond qualitatif» en
matière de réalisation
de structures universitaires et
éducatives depuis l’indépendance, a affirmé hier à El Oued
le ministre de l’Enseignement
supérieur et de la Recherche
scientifique, Tahar Hadjar.
Intervenant lors des festivités
commémoratives du 71 e anniversaire des massacres du 8 mai
1945, qu’a abritées la commune
d’El-Ogla (15 km Sud d’El
Oued), le ministre a indiqué que
«l’Algérie ne disposait à l’indépendance que d’une seule université, en l’occurrence celle
d’Alger, avec un effectif de
800 étudiants, pour passer en
2016 à un nombre de 107 institutions universitaires regroupant près de 1,5 million
d’étudiants». «L’Algérie n’a
ménagé aucun effort pour
garantir le droit du citoyen à
l’enseignement, qui s’est traduit notamment par le foisonnement d’établissements éducatifs
qui sont passés de 800 structures, à l’indépendance, à plus
de 30 000 établissements
aujourd’hui, tous paliers
confondus, totalisant actuellement plus de 8,5 millions
d’élèves», a ajouté M. Hadjar.
Evoquant les évènements
historiques des massacres du
8 mai 1945, le ministre a souligné que «l’université algérienne a mis à la disposition des
chercheurs, historiens et étudiants, les mécanismes pra-
tiques pour analyser et apporter
un éclairage sur l’histoire de
l’Algérie, par des Algériens
eux-mêmes».
Ceci est rendu possible, a-t-il
dit, grâce aux efforts des responsables des institutions universitaires facilitant aux
chercheurs l’accès et l’exploitation des archives et documents
historiques classés au niveau
des bibliothèques et des musées,
ainsi que des témoignages
vivants de moudjahidine ayant
vécu des périodes de la guerre
de libération nationale.
Dans le cadre de la commémoration de cet évènement historique, le ministre a procédé à
la baptisation du lycée d’ElOgla au nom du Chahid Tahar
Bahi, avant de visiter une exposition de photographies et de
tableaux de peinture retraçant
des pans de l’histoire militante
et combattante de l’Algérie
contre le colonialisme.
Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la
Recherche scientifique a aussi
assisté, au niveau de la maison
de jeunes d’El-Ogla, à une
représentation théâtrale intitulée
Epopée de l’Algérie, interprétée
par une quinzaine d’artistes de
l’association El-Kouthbane
(dunes de sable) retraçant l’histoire révolutionnaire de
l’Algérie de 1830 à 1962.
M. Hadjar a, en outre, présidé une cérémonie en l’honneur
de la famille du Chahid Tahar
Bahi et des membres de la
famille révolutionnaire, en plus
de la remise de médailles et de
titres de reconnaissance à
22 retraités de la commune
d’El-Ogla.
APS
OUARGLA :
L’hôpital de Hassi-Messaoud baptisé du nom
du défunt moudjahid Hocine Aït-Ahmed
L’ÉTABLISSEMENT
public hospitalier (EPH) de
Hassi-Messaoud (80 km sud de
Ouargla) a été baptisé du nom
du défunt moudjahid Hocine
Aït-Ahmed, un des chefs historiques de la Guerre de la libération nationale.
Présidée par les autorités de
la wilaya de Ouargla dans le
cadre de la célébration du
71e anniversaire des massacres
du 8 mai 1945, cette commémoration a été aussi l’occasion
d’inaugurer l’extension de cette
structure de santé qui a permis
d’augmenter sa capacité théorique de 90 à 120 lits.
Une enveloppe de 382 millions de dinars a été réservée,
dans le cadre du Fonds spécial
de développement des régions
du Sud (Fsdrs -2012), à cette
opération d’extension et de
réhabilitation de diverses installations de l’EPH, selon la direction de la santé et de la
population (DSP) de la wilaya.
L’opération d’extension, qui
contribuera à combler le déficit
enregistré jusque là au niveau de
cet hôpital, en matière de capacité de prise en charge médicale,
concerne notamment un bloc
des urgences doté de 8 lits d’observation, un service mèreenfant et un autre de médecine
générale, indique le directeur du
secteur, Fadel Messadok.
Dans le but d’améliorer les
prestations de santé et la prise
en charge médicale spécialisées,
destinées à la population de
cette grande agglomération
urbaine, en plus de malades
venant de zones reculées, le
staff médical à l’EPH de HassiMessaoud a été déjà renforcé
par 11 praticiens spécialistes, at-il fait savoir.
Ce nouvel encadrement
concerne différentes spécialités
de base, dont la gynécologie, la
chirurgie et la pédiatrie, précise
le DSP. De nouvelles structures
de santé, en cours de réalisation
à travers la wilaya de Ouargla,
seront réceptionnées d’ici le
premier semestre 2017 au plus
tard, selon le même responsable.
Il s’agit, entres autres nouvelles
structures, d’un hôpital de
240 lits à Touggourt, d’un
hôpital de 60 lits à El-Hedjira,
d’un bloc chirurgical à l’EPH
Mohamed-Boudiaf et d’un
centre de transfusion sanguine à
Ouargla.
APS
7
LE «SOUK ERRAHMA»
revient le mois de Ramadhan
prochain au palais des expositions de M’dina Jdida avec des
ventes directes producteurconsommateur de produits
divers, allant des fruits et
légumes aux viandes rouges et
blanches, a-t-on appris, hier, du
président de la Chambre de
commerce et de l’industrie de
l’Oranie (Ccio).
Abed Mouad a indiqué à
l’APS que cette manifestation
économique, organisée au
niveau du terre-plein du palais
des expositions de l’Entreprise
des manifestations économiques (Emec) durant tout le
mois de Ramadhan, accueillera
quelque 70 producteurs de produits de consommation, notamment les fruits et légumes, les
viandes rouges et blanches,
ainsi que des produits de première nécessité à des prix très
étudiés.
Le président de la Ccio a
ajouté que des entreprises
publiques et privées participeront à cette manifestation économique de solidarité qui a
pour objectif, non seulement la
vente de produits nationaux,
mais aussi d’alléger le fardeau
sur les citoyens qui font face à
de grandes dépenses durant le
mois sacré, ainsi que pour les
fêtes de l’Aïd El Fitr.
Par ailleurs, et toujours dans
la perspective du mois de
Ramadhan, une foire spécial
«chaâbane» sera organisée du
15 mai au 2 juin, a encore
indiqué Abed Mouad.
La foire en question, également organisée par la Ccio,
aura lieu au niveau de l’avenue
Chakib Arslane, au niveau d’un
grand espace aménagé, et
accueillera une soixantaine
d’exposants qui proposeront
exclusivement des articles de
production nationale à des prix
concurrentiels, particulièrement
les produits alimentaires de première nécessité, ainsi que des
effets vestimentaires, entre
autres.
Bouira : le taux de couverture en gaz naturel sera de 85% d’ici à octobre prochain
LE TAUX de raccordement
au réseau du gaz naturel dans la
wilaya de Bouira augmentera
jusqu’à 85% d’ici à octobre prochain, a annoncé hier le secrétaire général de la wilaya,
Menguellati Ahmed. Actuellement, ce taux est 66,5%, d’après
les chiffres fournis par Lazhar
Guemini, directeur de l’énergie
et des mines de Bouira. «Ce taux
augmentera pour atteindre jusqu’à 85% après l’achèvement de
tous les projets inscrits dans le
cadre du quinquennat 20102014», a assuré M. Menguellati
qui inaugurait une série de projets à Bechloul (Est de Bouira) à
l’occasion de la commémoration
des massacres du 8 mai 1945.
«Nous sommes en train de suivre
de très près l’évolution des différents projets de raccordement
au réseau du gaz à travers la
wilaya, et nous avons donné des
instructions afin que ce programme soit achevé d’ici au
mois d’octobre prochain», a
expliqué le même responsable.
Pour sa part, M. Guemini a
expliqué à l’APS que jusqu’à
présent, 6 000 foyers avaient été
raccordés au réseau du gaz
naturel sur un linéaire de
460 km (réseau) à Bouira dans le
cadre du programme quinquennal allant de 2010 à 2014.
Ce programme porte dans sa
totalité sur le raccordement de
20 000 foyers sur un linéaire de
1 500 km, a précisé le directeur
de l’énergie et des mines. Lors
d’un conseil de wilaya organisé
il y a quelques semaines, le wali
de Bouira, Nacer Maskri, avait
annoncé que tous les projets inscrits dans le cadre des différents
programmes destinés à raccorder
les sept communes restantes au
réseau de gaz naturel seront
achevés «d’ici à la fin de
l’année 2016». Les sept communes restantes sont ElMokrani, Zbarbar, Maâlla,
Ouled Rached, Souk Lakhmis,
Boukram et Guerrouma.
8
M O N D E
Lundi 9 mai 2016
SELON LE PRÉSIDENT NORD-CORÉEN KIM JONG-UN
Pyongyang n’utilisera l’arme nucléaire qu’en cas d’attaque
«Comme puissance nucléaire responsable, notre république n’utilisera pas une arme nucléaire sans que sa
souveraineté ne soit violée par des forces hostiles et agressives avec des bombes atomiques», a dit M. Kim
selon l’agence officielle KCNA
Par
Simon Martin de l’AFP
yongyang ne fera usage de
ses armes nucléaires qu’en
cas d’attaque par une
puissance nucléaire, a indiqué
Kim Jong-Un lors du congrès
exceptionnel de son parti, tout en
souhaitant améliorer les relations
avec les nations qui ont pu être
«hostiles». Devant les milliers de
délégués réunis pour le premier
congrès en 36 ans du Parti des
travailleurs de Corée (PTC), le
dirigeant nord-coréen a également annoncé samedi un nouveau plan quinquennal pour
dynamiser l’économie, promis
que son pays «remplira fidèlement» ses engagements de nonprolifération et fera pression
pour une dénucléarisation mondiale. Ces déclarations, publiées
hier par la presse officielle, surviennent au moment où l’inquiétude plane sur les risques que
Pyongyang ne se prépare à un
cinquième essai nucléaire.
Kim avait ouvert, vendredi
dernier, le congrès en célébrant
l’essai «historique» de janvier,
signe de «la puissance illimitée»
de son pays. La Corée du Nord
affirme qu’il s’agissait du
premier test d’une bombe H, ce
dont les experts doutent du fait
de l’énergie libérée par cette
explosion. Face aux inquiétudes
de la communauté internationale,
le jeune dirigeant a visiblement
cherché, samedi dernier, à se
poser en leader «responsable».
«Comme puissance nucléaire
responsable, notre république
n’utilisera pas une arme
nucléaire sans que sa
souveraineté ne soit violée par
Photo : DR
P
des forces hostiles et agressives
avec des bombes atomiques»,
a-t-il dit, selon l’agence officielle
KCNA. La version en coréen de
ses propos précise clairement
que la condition du recours à
l’arme atomique est un scénario
impliquant une attaque nucléaire
contre le Nord.
La Corée du Nord s’est
retirée en 2003 du traité sur la
non-prolifération des armes
nucléaires, qui oblige les Etats à
«poursuivre de bonne foi des
négociations sur des mesures
relatives au désarmement
nucléaire».
La doctrine nord-coréenne en
matière de recours à l’arsenal
nucléaire a toujours été
fluctuante. Au moment de son
premier essai en 2006, le Nord
avait affirmé qu’il n’utiliserait
jamais ses armes nucléaires
en premier. Pourtant, il est coutumier des menaces d’attaques
atomiques préventives contre
Séoul ou Washington.
Ces dernières années,
Pyongyang a mis l’accent sur le
développement d’armes
tactiques, multipliant les tests, de
plus en plus concluants, de
systèmes de lancements depuis
des sous-marins.
La télévision d’Etat n’a
diffusé que dimanche le discours
prononcé par Kim devant un
gigantesque emblème du
parti. Les délégués, certains en
costume sombre, d’autres en
uniforme militaire, saluaient ses
propos dans un tonnerre
d’applaudissements.
Le dirigeant nord-coréen a
également indiqué - ce qui pourrait apparaître comme un geste
d’apaisement - que son pays
chercherait à améliorer et normaliser les relations avec les pays
amis, même ceux qui «ont été
hostiles par le passé».
Certains experts avaient
indiqué que Pyongyang pourrait
à l’occasion de ce congrès
historique tendre la main à
Washington.
Responsables américains et
nord-coréens ont participé ces
dernières années à des rencontres
informelles. Mais celles-ci ont
vraisemblablement achoppé sur
la question même des conditions
d’une reprise d’un dialogue sur
le fond.
La Guerre de Corée
(1950-1953) s’est achevée sur un
armistice jamais suivi d’un
traité de paix, ce qui signifie
que Séoul et Pyongyang sont,
techniquement, toujours en
guerre.
A ce stade, Kim n’a à l’occasion de ce congrès, le premier
organisé depuis 1980, rien dit
qui puisse laisser penser que son
pays serait prêt, en échange de
négociations, à renoncer à ses
programmes nucléaires interdits.
Le dirigeant a au contraire mis
en avant l’importance d’une
dissuasion nucléaire pour son
régime, le plus fermé et isolé au
monde.
Sur le plan économique, Kim
a annoncé un plan quinquennal
pour améliorer l’efficacité et la
production de certains secteurs
clés, parmi lesquels l’énergie.
Mais il n’a donné que peu de
précisions sur la façon d’y
parvenir. Le congrès du PTC est
largement interprété comme le
«sacre» officiel de Kim à la tête
d’une dynastie familiale née il y
a près de 70 ans. Certains experts
considèrent qu’il doit y
confirmer, comme doctrine du
parti, la stratégie du «byungjin»
initiée par Kim Jong-Un, à
savoir le fait de mener en tandem
développement économique et
programmes nucléaire et
balistique.
AFP
VISANT DES POSITIONS DE L’EI AU NORD DE LA VILLE D’ALEP
L’artillerie turque tue 55 membres de l’EI en Syrie
L’ARTILLERIE turque
déployée près de la frontière
syrienne a tué 55 membres du
groupe Etat islamique (EI) dans
le nord de la Syrie, ont rapporté,
hier, les agences de presse
turques Dogan et Anatolie.
L’artillerie turque a visé, samedi
soir dernier, des positions de l’EI
au nord de la ville d’Alep,
détruisant également trois
rampes de lancement de missiles
et trois véhicules, ont précisé les
agences, des informations
impossibles à vérifier
indépendamment dans
l’immédiat. Ces bombardements
interviennent alors que plusieurs
salves de roquettes meurtrières,
attribuées par les autorités
turques à l’EI, ont ensanglanté la
ville frontalière turque de Kilis
ces dernières semaines.
Depuis le début de l’année au
moins 21 personnes y ont été
tuées et les habitants ont
manifesté à plusieurs reprises
pour réclamer des mesures de
sécurité supplémentaires. Après
chaque salve de roquettes, l’ar-
tillerie turque répond en
bombardant les positions de
l’EI dans le nord de la Syrie,
selon l’état-major.
Des renforts militaires ont été
déployés ces dernières semaines
dans la province de Kilis. Le
Premier ministre turc Ahmet
Davutoglu a affirmé cette
semaine que la Turquie était
prête à envoyer des troupes en
Syrie «si nécessaire». La
Turquie a déjà évoqué l’option
d’une intervention terrestre par
le passé, mais en excluant une
action unilatérale.
Membre de l’Otan et de la
coalition antijihadistes menée
par les Etats-Unis, la Turquie
semble avoir renforcé ses
bombardements dans le nord
de la Syrie après une série
d’attentats sur son sol. En état
d’alerte maximale, la Turquie a
été secouée cette année par
une série d’attentats attribués à
l’EI ou liés à la reprise du conflit
kurde qui ont frappé notamment
Ankara et Istanbul, faisant des
dizaines de victimes. Trois
policiers ont été tués et
21 personnes blessées dans une
attaque à la voiture piégée
dimanche dernier à Gaziantep,
près de la frontière syrienne,
perpétrée par un «membre d’une
organisation terroriste liée à
Daech», selon le ministre de
l’Intérieur turc.
AFP
Mauritanie : manifestation de l’opposition
contre le projet de révision constitutionnelle
PLUSIEURS milliers de
militants de l’opposition
mauritanienne ont manifesté
samedi à Nouakchott pour
proclamer leur rejet du projet de
révision constitutionnelle
annoncé le 3 mai par le président
Mohamed Ould Abdel Aziz, qui
prévoit la suppression du Sénat.
«Nous manifestons aujourd’hui
pour dire à Ould Abdel Aziz que
la Constitution est une ligne
rouge», a déclaré le président
du forum pour l’unité et la
démocratie (FNDU, 10 partis
d’opposition) Saleh Ould
Henenna devant les marcheurs
qui se sont rassemblés dans
un meeting au centre de
Nouakchott, a constaté un
correspondant de l’AFP.
«L’opposition n’acceptera pas
d’aller au dialogue dont Ould
Abdel Aziz a déjà défini les
thèmes, mais à une concertation
qui comporterait des garanties et
pour des sujets adoptés de façon
consensuelle», a ajouté M. Ould
Henenna.
Le président Ould Abdel Aziz
a annoncé mardi lors d’une
réunion publique à Néma
(sud-est), un référendum
constitutionnel, sans préciser de
date, sur la suppression du Sénat,
et son remplacement par des
«Conseils régionaux» élus.
Le chef de l’Etat a invité
à un dialogue politique
avant ce référendum, donnant à
l’opposition «trois à quatre
semaines» pour se décider sur sa
participation. «Nous nous
sommes arrêtés ici, devant cet
immeuble (du centre ville) mais
prochainement nous ne savons
pas où la marche nous mènera»,
a menacé M. Ould Henenna,
en référence à de futurs
rassemblements, précisant que
cela «dépendra du niveau de
provocations et de surenchères
auxquelles nous aurons à faire
face» de la part du pouvoir.
La marche, qui a vu la
réapparition de slogans comme
«Dégage», «Non à la clique
des prédateurs», «Non à la
prorogation des mandats»
présidentiels, s’est déroulée sans
heurts, la police s’étant tenue à
l’écart des manifestants, en
majorité des jeunes surchauffés.
M O N D E
Lundi 9 mai 2016
9
APRÈS LE LIMOGEAGE DE L’INAMOVIBLE MINISTRE DU PÉTROLE
Large remaniement ministériel en Arabie
saoudite : la touche MBS
Le limogeage de Nouaïmi intervient quelques jours après l’annonce d’un ambitieux programme, «Vision à
l’horizon 2030», qui placerait le royaume dans la phase de l’après pétrole. Le remaniement ministériel
opéré samedi par le roi Salmane témoigne des nouvelles priorités du royaume et contient la touche de
Mohamed Ben Salmane l’ambitieux vice-prince héritier
Par
Moumene Belghoul
e roi Salmane d’Arabie
Saoudite a procédé à un
large remaniement
ministériel, marqué par le
limogeage du puissant ministre
du Pétrole, Ali al-Nouaïmi, qui
pendant deux décennies a pesé
sur la politique de l’Opep. Le
limogeage de Nouaïmi intervient quelques jours après
l’annonce d’un ambitieux
programme, «Vision à l’horizon
2030», qui placerait le royaume
dans la phase de l’après pétrole.
Par deux décrets du roi, cette
figure du monde du pétrole a
été destituée et son département
transformé en un ministère de
l’Energie, de l’Industrie et des
Ressources minières, confié à
Khaled Al-Faleh, ministre de la
Santé dans le gouvernement
sortant. Al-Faleh, qui était à la
tête du ministère de la Santé
était également le patron du
géant pétrolier Aramco depuis
2009. Aramco que les autorités
ont décidé d’introduire en
bourse dans le cadre de leur
programme de développement.
Le Roi a également dissout le
ministère de l’Electricité et de
l’Eau alors que la réduction des
subventions de l’Etat sur ces
deux services publics avait
Photo : DR
L
suscité la controverse dans le
royaume, engagé dans une
politique d’austérité. Des
membres du gouvernement ont
été écartés et d’autres ont
changé de portefeuille alors
qu’un nouveau gouverneur de
la Banque centrale, Ahmed
Al-Khalifi, a été nommé, en
vertu d’une série de décrets
promulgués par le roi. Un
ministère du Commerce et de
l’Investissement a été créé et
les ministères du Travail et des
Affaires sociales ont fusionné
en un seul département. Le
limogeage de Nouaïmi, en
poste depuis 1995, intervient
alors que l’Arabie saoudite,
premier exportateur mondial de
brut, semble vouloir entamer
des changements profonds.
«Ali al-Nouaïmi reste l’homme
le plus puissant au monde dans
le domaine pétrolier», avait
écrit le magazine américain
Forbes en 2014, le classant au
50e rang des personnalités les
plus puissantes de la planète.
Nouaïmi avait conservé son
poste depuis 1995 survivant
aux deux remaniements
ministériels majeurs opérés par
le roi Salmane depuis son
accession au trône en janvier
2015. L’Arabie Saoudite
semble vivre une phase de
mutation particulièrement
intéressante à suivre.
Le vice-prince héritier
Mohammed ben Salmane
(MBS) a annoncé le 25 avril
l’intention de son pays de
vendre en bourse une partie
d’Aramco et de se doter
d’un fonds souverain de
2 000 milliards de dollars,
le plus grand du monde. Le
plan, présenté comme «une
feuille de route» pour le
développement du royaume
durant les 15 prochaines
années, est destiné à diversifier
l’économie saoudienne qui
dépend à plus de 70% du
pétrole. MBS est considéré
aujourd’hui comme l’homme
fort du royaume et ayant des
ambitions de succéder à son
père alors qu’il n’est que
second dans l’ordre de
succession derrière Mohamed
ben Nayef le ministre de
l’intérieur.
M. B./Agences
LA BRANCHE ÉGYPTIENNE DE DAECH REVENDIQUE L’ATTAQUE
Egypte : huit policiers tués près du Caire
LA BRANCHE égyptienne
du groupe Daech a tué hier huit
policiers égyptiens en criblant
de balles leur minibus, l’une
des attaques les plus
meurtrières menées par les
terroristes près du Caire. Ce
mouvement, qui a fait
allégeance en 2014 à
l’organisation extrémiste aux
accointances troubles, a déjà
revendiqué la plupart des
attaques et attentats ayant fait
des centaines de morts parmi
les policiers et les soldats en
Egypte ces trois dernières
années. En pleine nuit, des
inconnus ont ouvert le feu sur
le minibus transportant huit
policiers en civil, dont un lieutenant, à Helwan, dans la
banlieue sud du Caire. Tous les
occupants ont été tués. Les
groupes terroristes, ceux ayant
Photo : DR
Par
la Rédaction Internationale
fait allégeance à Daech en
particulier, multiplient les
attaques meurtrières visant
essentiellement la police et
l’armée depuis que l’armée a
destitué le 3 juillet 2013 le président Frère musulman
Mohamed Morsi. Daech
concentre généralement ses
attaques sur le Caire, ses environs et le delta du Nil, tandis
que Province du Sinaï, une
autre branche égyptienne de
l’organisation terroriste,
commet de nombreux attentats
visant policiers et soldats dans
son bastion du nord du Sinaï,
cette péninsule désertique de
l’est, frontalière avec la Palestine occupée. Après la destitution de Morsi par le général
Abdel Fattah al-Sissi, devenu
ensuite chef de l’Etat, ces
groupes visaient les forces de
l’ordre en représailles, selon
eux, à la sanglante répression
qui s’était abattue sur les partisans du chef de l’Etat déchu.
Ces derniers étaient essentiellement des membres des Frères
musulmans, qui avaient
remporté toutes les élections
depuis la chute de Hosni
Moubarak début 2011 à l’issue
d’une révolte populaire dans la
lignée des printemps arabes.
Mais depuis, Daech en Egypte
et Province du Sinaï ont également visé des intérêts étrangers,
notamment avec un attentat
contre le consulat italien au
Caire en juillet 2015, la
décapitation d’un employé
croate d’une compagnie
française enlevé près du Caire,
puis, le 1er octobre, un attentat
contre un avion de touristes
russes qui venait de décoller de
Charm el-Cheikh, dans le sud
du Sinaï. Ses 224 occupants
avaient péri. Le pouvoir de
Sissi a échoué jusqu’à présent à
mettre fin à cette insurrection
même si l’armée affirme avoir
tué plus de 1 000 terroristes.
Plus de 40 000 personnes ont
été emprisonnées, selon les
organisations internationales de
défense des droits de l’Homme
comme Amnesty international
ou Human Rights Watch.
R. I.
10
F O C U S
Lundi 9 mai 2016
LES RESSOURCES HYDRIQUES SONT LA CAUSE DE NOMBREUX CONFLITS
La Guerre, la paix et l’eau
Par
Laura Tuck*
Inde est aujourd’hui
confrontée à la pire
crise hydrique qu’elle
ait connue depuis des années.
On estime que 330 millions de
personnes – un quart de la
population indienne – sont
victimes de la sécheresse.
L’Éthiopie se débat aussi avec
l’une des pires sécheresses de
son histoire récente, qui a déjà
dévasté une bonne partie de ses
récoltes et est responsable
d’une pénurie alimentaire dont
souffre un dixième de sa
population.
Dans le passé, des
sécheresses d’une telle intensité
ont provoqué des conflits et
même des guerres entre
communautés ou Etats voisins.
L’une des premières dont
l’histoire se souvienne éclata
voici 4 500 ans, lorsque la
cité-Etat de Lagash – bâtie
entre le Tigre et l’Euphrate sur
le territoire de l’Irak actuel –
détourna des eaux qui auraient
dû irriguer sa voisine Umma.
La compétition pour la maîtrise
hydrique fut à l’origine d’incidents violents dans la Chine
ancienne et alimenta
l’instabilité politique dans
l’Egypte des pharaons.
Il est rare, aujourd’hui, grâce
au renforcement du dialogue et
de la coopération transfrontalière, que des pays se fassent la
guerre pour assurer leur approvisionnement en eau. Mais au
sein d’un même pays, la
compétition pour cette
précieuse ressource devient un
germe de plus en plus fréquent
d’instabilité et de conflit, à
mesure, surtout, que le changement climatique aggrave les
catastrophes hydriques et
multiplie leur fréquence.
Comme nous l’analysons en
détail dans notre dernier rapport
«High and Dry : Climate
Change, Water and the Eco-
Photo : DR
L’
d’Afrique ou d’Inde, la baisse
des précipitations est un facteur
d’incitation aux migrations
intérieures ou transfrontalières
vers des cieux plus cléments,
souvent des villes, amenant de
nouvelles tensions sociales à
mesure que le nombre de
personnes déplacées s’élève.
Le rapport prévoit que la
rareté de la ressource en eau
pourrait multiplier les risques
de conflit, alimentant les cycles
de violences et de déplacement
des populations, notamment
dans des régions déjà soumise
au stress hydrique, comme le
Moyen-Orient et le Sahel, où
l’agriculture emploie encore
une nombreuse main-d’œuvre.
Il existe heureusement une
façon d’éviter ces cycles de
pauvreté, de privations et de
conflits. Si des politiques et des
pratiques efficaces de gestion
Photo : DR
nomy» (Risque d’échouage :
Changement climatique, eau et
économie), des disponibilités
en eau limitées et irrégulières
entraînent une réduction de la
croissance, intensifient les
migrations et provoquent des
conflits internes, qui à leur tour
sont à l’origine de migrations
plus amples, vers des
destinations plus lointaines, et
potentiellement déstabilisantes.
Voici des décennies qu’on
peut constater l’existence d’un
tel cycle dans certaines régions.
Ainsi en Afrique subsaharienne les périodes où l’on
enregistre de faibles précipitations ont-elles été suivies, au
cours des vingt dernières
années, par des recrudescences
de violence, par des pics de
guerres civiles et de changements de régime. Dans de nombreuses régions rurales
de l’eau sont aujourd’hui mises
en place au niveau national,
soutenues par des incitations
bien conçues, non seulement la
tendance à la pénurie peut être
inversée, mais les taux de
croissance des économies
concernées peuvent aussi
augmenter substantiellement,
jusqu’à six points de pourcentage annuels.
Le Maroc fait partie de ces
pays menacés par le manque
d’eau qui ont pris des mesures
pour renforcer leur résilience au
changement climatique. Les
années où les précipitations
sont faibles, l’irrigation, qui
consomme l’essentielle de la
ressource en eau, ne constitue
pas la priorité des autorités des
bassins versants. Mais
l’agriculture demeure
essentielle à l’alimentation de
la population. C’est pourquoi
l’Etat investit dans la modernisation de ses infrastructures
d’irrigation afin de fournir aux
agriculteurs un service plus
efficace qui leur permettra de
s’adapter plus facilement aux
variations de la ressource
hydrique.
Les autorités marocaines
travaillent aussi à améliorer la
gouvernance des nappes
phréatiques, afin d’éviter leur
épuisement. Les agriculteurs
pratiquant la culture en sec
(non irriguée) sont
accompagnés et aidés à tirer le
meilleur parti possible des précipitations – des pratiques résilientes aux aléas climatiques,
telles que l’ensemencement
direct (sans labour) sont introduites – parvenant ainsi à
obtenir des rendements
meilleurs que ne le permettaient
les pratiques traditionnelles
durant les années de sécheresse.
L’exemple du Maroc – et notre
rapport – montre qu’un pays,
par des politiques de l’eau
judicieuses et des interventions
idoines, peut assurer sa
résilience climatique et sa
sécurité hydrique pour l’avenir.
Les stratégies de gestion de
l’eau se construiront pour
l’essentiel sur une allocation
mieux programmée de la
ressource, sur des mesures
d’incitation à l’efficacité, sur
des investissements
d’infrastructures destinés à
améliorer la sécurité hydrique,
sur un aménagement urbain
mieux adapté, une meilleure
gestion du risque et un
engagement citoyen renforcé.
Le groupe de haut niveau sur
l’eau, récemment créé,
composé de dix chefs d’État [et
de deux conseillers spéciaux]
aura pour tâche de promouvoir
cet agenda afin d’encourager
une meilleure gestion de l’eau
au niveau mondial.
Certes, tous les pays
n’assureront pas de la même
manière leur sécurité hydrique.
Mais à mesure que s’élaboreront leurs stratégies, ils
pourront puiser des idées chez
les uns ou les autres et mieux
comprendre ce qui fonctionne –
ou ne fonctionne pas. En
prenant des mesures fortes et
prudentes, les gouvernements,
de par le monde, peuvent
s’adapter efficacement aux
restrictions et aux incertitudes
qui frappent la ressource en
eau, et faire en sorte que leurs
populations et leurs économies
soient prêtes à affronter ce qui
se profile à l’horizon.
L. T. (Traduction François
Boisivon)
*Vice-présidente chargée
du développement durable à
la Banque mondiale.
In project-syndicate.org
DE L’ÉCONOMIE
SUPPLÉMENT
HEBDOMADAIRE
P12 FINANCES
P13 AGRICULTURE
P14 ÉNERGIE
Avec un encours de 1 000 milliards de dollars
Devant le stress hydrique et la démographie
galopante
On ne fait pas dans la demi-mesure
La finance islamique, un placement
d'avenir
Par
Smaïl Boughazi
Le ministère des Finances a
communiqué hier des chiffres
inquiétants sur l’état des finances
publiques. Outre le déficit du Trésor
qui a été multiplié par deux, les
recettes de la fiscalité pétrolière ont
baissé et les dépenses ont pris
l’ascenseur. En d’autres termes, la
situation du budget de l’Etat n’est
guère reluisante. Bien au contraire !
La situation risque de s’aggraver
davantage dans les prochains mois en
l’absence de mesures de redressement
draconiennes. Le gouvernement avait,
pour rappel, misé sur une baisse
de 10 % des dépenses publiques.
Toutefois, il s’est avéré que certaines
dépenses sont incompressibles
et le budget de l’Etat est mis
à rude épreuve.
Les chiffres provisoires du département
des Finances renseignent, ainsi, sur
l’urgence d’un assainissement des
finances publiques et la nécessité de
trouver d’autres mécanismes de
régulation. Selon le bilan du ministère,
les dépenses de fonctionnement ont
augmenté de 34 % alors que celles
d’équipement ont carrément atteint
175 %. Des chiffres qui montrent que
les efforts du gouvernement pour
rationnaliser les dépenses tardent à
donner des résultats. L’on s’interroge,
d’ailleurs, sur les moyens que compte
instaurer le gouvernement afin de
freiner la saignée. Sur le plan
commercial, il faut admettre que des
efforts ont été consentis. La facture
des importations qui pesait lourdement
sur le budget de l’Etat a été réduite
drastiquement et de nombreux
secteurs ont été contraints de deviser
par deux leurs achats.
Le gouvernement a également instauré
la préférence nationale qui devrait
permettre à des entreprises nationales
d’étoffer leurs carnets de commande.
D’autres mesures prises au lendemain
du contre choc pétrolier ont permis
aussi d’économiser à l’Etat des devises.
Mais, il semblerait que ce train de
mesure est insuffisant. Le bilan du
ministère des Finances l’a amplement
confirmé, du moins pour les deux
premiers mois de l’année. Reste à
savoir maintenant si cette tendance se
confirmerait d’ici la fin de l’année.
S. B.
Ouragan sur le Golfe
DESTINÉ AU MAINTIEN DE LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE
Emprunt obligataire : un début timide
Des experts affirment, en fait, qu’outre la contrainte religieuse, certains paramètres économiques risquent de
poser problèmes aux potentiels souscripteurs à cette opération, qui s‘apparente à un véritable test pour
l’économie nationale et plus particulièrement au marché financier qui demeure toujours à l’état
embryonnaire. Ils avancent, entre autres, le risque d’une poussée inflationniste et la dépréciation du dinar
comme facteurs aggravants. Les autorités, quant à elles, rassurent. Cet emprunt, dédié à la croissance
économique, permettra, selon le ministère des Finances, de drainer les capitaux non bancarisés et inciter les
détenteurs de fonds informels à s’orienter vers le marché bancaire
Par
Smaïl Boughazi
emprunt obligataire, lancé par le
gouvernement, depuis le 17 avril
dernier, commence à attirer les
épargnants quoique des voix ne cachent pas
leur scepticisme quant à la réussite de cette
opération. Des experts affirment, en fait,
qu’outre la contrainte religieuse, certains
paramètres économiques risquent de poser
problèmes aux potentiels souscripteurs à cette
opération, qui s‘apparente à un véritable test
pour l’économie nationale et plus particulièrement au marché financier qui demeure
toujours à l’état embryonnaire. Ils avancent,
entre autres, le risque d’une poussée inflationniste et la dépréciation du dinar comme
facteurs aggravants. Les autorités, quant à
elles, rassurent. Cet emprunt, dédié à la croissance économique, permettra, selon le ministère des Finances, de drainer les capitaux non
bancarisés et inciter les détenteurs de fonds
informels à s’orienter vers le marché bancaire. Le département des Finances qui a
élargi l’opération à tous les intervenants dans
le secteur dont les compagnies d’assurances
entend ratisser large afin de toucher le
maximum d’épargnants. Dans ce sens, il a été
décidé l’émission de nouveaux titres de 10
000 DA pour les particuliers et d’un million
de dinars pour les gros déposants. Une
mesure qui devrait attirer les petits épargnants. Bien qu’il soit trop tôt pour évaluer
cette opération d’envergure, il n’en demeure
pas moins que certains signes peuvent renseigner sur l’engouement des épargnants, institutionnels et grands public, pour cet emprunt.
Si le grand public préfère s’offrir une halte
afin de voir plus clair, les entreprises et les
opérateurs économiques n’ont pas encore
montré des signes d’intéressement. Ainsi,
hormis le Forum des chefs d’entreprises
(FCE) qui a affiché sa volonté de contribuer
avec un montant de 10 milliards de dinars, les
entreprises privées et publiques n’ont pour le
moment annoncé aucune participation à cette
opération. Du côté des banques, seule la
Banque extérieure d’Algérie (BEA), a
communiqué un premier bilan des montants
collectés. Selon le patron de la banque, des
souscriptions d’un montant de 35 milliards de
dinars ont été enregistrées depuis le début de
l’opération. Ce montant est jugé, selon les
L’
Photo : DR
INDICE
La cote d’alerte
Vers une culture céréalière intensive
moins dépendante de la pluviométrie
observateurs, considérable sachant qu’une
panoplie d’établissements sont chargés de
mener à bien cet emprunt. Rappelons que
cette opération qui vient en appui à d’autres
mesures prises déjà depuis 2015 dans le
sillage de la chute des prix du pétrole est
accueillie avec prudence dans le monde économique. La réussite de cette opération
dépendra, en fait, de plusieurs paramètres qui
devraient être pris en compte dans les prochains mois afin de mieux sensibiliser les
potentiels souscripteurs et de mieux communiquer pour dissiper de probables interprétations. Car au vu des derniers chiffres
communiqués par le ministre des Finances, il
apparaît que cette opération est perçue
comme étant l’une des solutions appropriées
pour faire face à l’amenuisement des recettes
du pays. Il convient de rappeler, dans ce sens,
que pour uniquement les deux premiers mois
de l’année, le déficit du Trésor s’est creusé à
1 404 milliards de dinars, contre près de
413 milliards DA à fin février 2015, soit une
hausse de près de 240%. La fiscalité pétrolière recouvrée a, elle également, baissé à
321,67 milliards DA contre 405,7 milliards
durant la même période de 2015, soit un recul
de 20,7%. C’est aussi la même tendance pour
les ressources ordinaires du Trésor, lesquelles
ont reculé à 391,91 milliards DA à fin février
2016, contre 488,73 milliards DA à fin février
2015. Ces chiffres confirment qu’un redressement des comptes de l’Etat est devenu une
urgence dans la conjoncture actuelle. Cette
tâche ne devait pas, toutefois, mettre en péril
les acquis sociaux du pays. C’est pourquoi,
estime-t-on, il est crucial de lever des fonds
qui seraient destinés, exclusivement, à des
projets rentables et viables économiquement.
Cette tâche ne sera pas assurée uniquement
par cet emprunt mais d’autres opérations
financières devraient suivre afin de capter
l’épargne locale mais également celle de la
communauté résidant à l’étranger. Cette dernière ne contribue actuellement qu’à hauteur
de 3 milliards de dollars. Un chiffre qui pourrait être porté à des niveaux supérieurs mais à
condition d’impliquer les banques dans les
transferts des fonds mais également leur permettre d’adopter des stratégies commerciales
plus agressives à l’international. En d’autres
termes, la réussite de toute opération de levée
de fonds devrait être centrée sur un système
bancaire efficace, fiable et réactif.
S. B.
Lundi 9 mai 2016
DE L’ÉCONOMIE
DE L’ÉCONOMIE
FINANCES
AGRICULTURE
AVEC UN ENCOURS DE 1 000 MILLIARDS DE DOLLARS
La finance islamique, un placement d’avenir
Photo : DR
ncore extrêmement limitée il y a 30
ans, la finance islamique moderne
atteint aujourd’hui un encours de 1 000
milliards de dollars. Si cela ne paraît pas
considérable à l’échelle mondiale, les
banques islamiques semblent avoir bien
résisté à la crise ; ainsi, la Banque asiatique
de développement table sur une croissance
annuelle de plus de 15% sur les 5 à 10 ans à
venir.
Après avoir longtemps ciblé essentiellement un marché potentiel de 1,5 milliards de
musulmans, le système bancaire islamique
intéresse désormais des acteurs du monde
entier. Aujourd’hui, Al Rajhi Bank (Arabie
Saoudite), Kuwait Finance House ou encore
Maybank Islamic (Malaisie) concurrencent
des établissements occidentaux comme
Barclays, Hsbc et la Deutsche Bank.
Plusieurs banques ont même créé des
départements distincts spécialisés en services
financiers islamiques sur leurs marchés
nationaux. Au Royaume-Uni, la Financial
Services Authority a créé des normes pour les
produits financiers islamiques et compte un
département spécialisé pour les établissements financiers islamiques. En outre, la
clientèle de certaines banques islamiques se
compose pour moitié de non-musulmans.
La déconfiture des marchés financiers
dans les pays de l’Ocde pourrait conduire les
responsables politiques à considérer d’autres
modèles, et la finance islamique n’est pas
sans attrait. Les banques islamiques sont
considérées comme un refuge relativement
sûr contre les turbulences des marchés financiers mondiaux, et elles incarnent un certain
esprit d’équité et de justice par rapport à
l’univers souvent impitoyable de la finance
occidentale. De plus, la finance islamique
présente plusieurs caractéristiques intéressantes, notamment en matière de gestion des
risques, de transparence ou de régulation.
La justice et l’équité sont peut-être les
principes les plus importants de la finance
islamique. Les bénéfices et les pertes doivent
être partagés entre créancier et débiteur, au
lieu d’être concentrés d’un seul côté, comme
c’est souvent le cas avec les banques de la
zone Ocde. Par exemple, avec l’instrument
d’investissement par prises de participations
appelé moucharaka, les versements échelonnés d’une entreprise emprunteuse à sa
banque représentent pour partie le remboursement du principal, et pour partie une fraction des bénéfices de la société. Autre
mécanisme de capital-risque, la moudaraba :
si l’entreprise ne fait pas de bénéfice, la
banque renoncera à ses frais de traitement.
Concernant la gestion des risques, les
marchés de capitaux modernes ont souvent
privilégié la rentabilité pour les investisseurs,
sans se préoccuper suffisamment du risque.
Or les innovations financières conçues pour
répartir les risques sur l’ensemble du
système, par exemple en saucissonnant les
crédits hypothécaires et autres sous forme de
produits dérivés, ont abouti au contraire à
accroître le risque systémique. Des produits
financiers d’une valeur douteuse ont été
utilisés comme garanties, poussant le marché
vers des produits toujours plus démesurés et
plus risqués.
Ces innovations financières ont masqué le
risque véritable que recelaient ces produits.
Un effondrement de la confiance était
inévitable. La finance islamique est plus
prudente, à plusieurs égards. D’abord, la
valorisation et la cotation de ces produits
doivent être adossées à des actifs physiques
réels (biens immobiliers ou matières pre-
Photo : DR
E
Et si les banquiers, les régulateurs financiers et les investisseurs, malmenés par la crise, regardaient du côté de la finance islamique ?
mières, comme le pétrole ou le blé). Elles ne
peuvent s’appuyer sur d’autres produits
financiers. Tout bénéfice qui proviendrait
d’autres produits financiers - en particulier
l’intérêt - serait considéré comme de l’usure
(riba), contraire aux principes du Coran. Pour
éviter le recours à l’intérêt, la finance
islamique a mis au point certains instruments
d’investissement comme la moucharaka et la
moudaraba déjà cités (voir le lexique en bas
de page). Par ailleurs, certaines pratiques à
haut risque sont proscrites, à commencer par
la vente à découvert, une pratique accusée
d’avoir accéléré la crise financière, certains
spéculateurs ayant parié sur la baisse des
marchés mondiaux de capitaux.
S’agissant du ratio d’endettement, les
banques islamiques sont également très
prudentes dans leurs investissements. Aux
Etats-Unis, le ratio de levier type par rapport
aux fonds propres dépasse 20:1 (celui de
Lehman Brothers avant sa faillite était de
30:1) ; en Europe, il dépasse 30:1 ; au
Moyen-Orient et en Afrique du Nord, ce ratio
est bien en dessous de 10:1. C’est notamment
grâce à cette prudence que les banques islamiques se sont trouvées bien positionnées
pour se recapitaliser au lendemain de la crise
financière. La banque est tenue d’avoir en
guise de sous-jacent pour tout investissement
des actifs physiques parfaitement documentés, ce qui non seulement contribue à
réduire les risques, mais rend aussi superflu
le recours à un organisme tiers pour la notation des crédits. De même, les instruments
hors-bilan, où sont classés les produits
dérivés structurés à haut risque, n’existent
pas en finance islamique, puisque les sociétés
sont tenues de faire figurer au bilan tous les
éléments de l’actif et du passif.
Cette rigueur, rassurante aux yeux de
certains, n’est pas sans inconvénients. Les
banques islamiques sont dépourvues de
certains outils sophistiqués qui permettent à
la finance moderne de mieux gérer le risque.
Par exemple la couverture de change est
proscrite, même pour se prémunir contre les
chocs monétaires soudains, en partie parce
que ce n’est pas une transaction adossée à des
actifs physiques. Les contrats à terme sur
matières premières sont également interdits,
car on ne saurait tirer bénéfice d’actifs qui
n’existent pas encore. Les entreprises et les
gouvernements occidentaux à court de
liquidités commencent à considérer la finance
islamique comme une importante source de
financement. En 2004, le Land allemand de
Saxe-Anhalt a émis un emprunt obligataire de
finance islamique, appelé soukouk, de 100
millions d’euros (125,9 millions de dollars).
En 2008, le gouvernement du Royaume-Uni
l’a envisagé également, pour un montant de
2 milliards de livres (soit près de 3 milliards
de dollars). Comme pour les autres produits
financiers islamiques, la valorisation des soukouk repose sur les actifs physiques, et non
sur la dette encourue. Le mécanisme
s’apparente à celui des contrats de cessionbail portant sur des actifs qui peuvent être des
biens publics, dont le loyer servira à payer les
souscripteurs de l’emprunt et qui seront
rachetés une fois le soukouk arrivé à
maturité. En 10 ans, le marché mondial du
soukouk a atteint un encours de 112 milliards
de dollars, et d’ici à 2010, il devrait totaliser
200 milliards de dollars. S’agissant de la
supervision bancaire, les dimensions
religieuse et éthique sont importantes.
Tous les établissements bancaires
islamiques doivent garantir que leurs produits
et services sont conformes à la charia, et cette
observance est généralement contrôlée par un
érudit musulman spécialisé dans la finance.
Cela s’applique aux banques occidentales qui
souhaitent lancer des activités de finance islamique. Or, les spécialistes de la finance islamique sont rares ; il n’est donc pas facile de
proposer des produits et des services financiers acceptables sur le marché.
Instrument et principes
Les principes et standards formels revêtent
aussi une importance cruciale. Ils sont établis
par des organisations telles que le Conseil des
services financiers islamiques (IFSB) et
l’Organisation de comptabilité et d’audit des
institutions financières islamiques (AAOIFI).
L’harmonisation des réglementations a beaucoup progressé, mais les divergences entre
pays dans l’application des principes, notamment ceux qui découlent de la charia, peuvent
être gênantes. Une certaine standardisation
des pratiques permettrait d’accroître considérablement le potentiel de croissance de la
finance islamique et d’en faire une force
véritablement mondiale. Outre l’interdiction
de la riba (usure), du gharar et du maisir
(incertitude contractuelle et jeux de hasard),
et des activités haraam (activités prohibées
liées aux produits à base de porc, à la pornographie et à l’alcool), d’autres principes doivent être pris en compte par les financiers et
par les superviseurs pour respecter la jurisprudence islamique. Plusieurs produits financiers reflètent ces principes :
Ijara : accord de leasing par lequel la
banque acquiert un bien pour son client, puis
le met à sa disposition moyennant un loyer
pendant une période donnée.
Ijara-wa-Iqtina : mécanisme similaire,
mais avec possibilité pour le client d’acquérir
le bien au terme du contrat.
Moudaraba : type d’investissement
spécialisé dans lequel la banque et le client
partagent les bénéfices. Si le projet échoue, le
client risque de perdre les fonds qu’il a
engagés, mais si l’investissement est rentable,
la banque ne perçoit qu’une commission de
traitement.
Mourabaha : type de crédit qui permet au
client d’acquérir un bien sans avoir à souscrire un emprunt portant intérêts. La banque
acquiert le bien et le cède à son client sur une
base différée.
Moucharaka : investissement par prise de
participation où le partage des bénéfices se
fait selon une clé de répartition établie à
l’avance, et les pertes sont limitées au
montant investi.
Cadre et organismes
de réglementation
Le Conseil des services financiers
islamiques (Ifsb) est une organisation
de standardisation qui compte 150 membres
(janvier 2008), dont 37 autorités de réglementation et de supervision, ainsi que le FMI,
la Banque mondiale, la Banque islamique de
développement, la Banque asiatique de
développement, et 108 entreprises et autres
acteurs opérant dans 29 pays. Il produit des
normes, des principes directeurs et des notes
techniques touchant à un certain nombre de
domaines : gestion du risque, adéquation des
fonds propres, gouvernance d’entreprise,
processus de surveillance prudentielle,
transparence et discipline de marché, prise en
compte des instruments financiers halals dans
les notations, développement et conduite du
marché monétaire.
L’Organisation de comptabilité et d’audit
des institutions financières islamiques
(AAOIFI) formule des standards dans
plusieurs domaines, dont la gouvernance
d’entreprise, la comptabilité et les exigences
minimales de fonds propres.
Le Marché financier international
islamique (IIFM) a été créé par les banques
centrales et les autorités monétaires de
Bahreïn, Brunei, Indonésie, Malaisie, Soudan
et de la Banque islamique de développement.
Siégeant en Arabie saoudite, c’est une institution d’infrastructure dont la mission est
l’établissement, le développement, l’autorégulation et la promotion des marchés de
capitaux et monétaires islamiques.
Le FMI peut travailler sur des aspects liés
à la finance islamique - notamment dans son
Programme d’évaluation du secteur financier
(PESF) et ses Rapports sur les normes et les
codes - puisqu’il s’occupe de tout ce qui
relève de la stabilité bancaire. La Banque
mondiale se penche aussi sur ce sujet, dans le
cadre de ses travaux sur la gouvernance
d’entreprise.
In observateurocde.org
Lundi 9 mai 2016
13
DEVANT LE STRESS HYDRIQUE ET LA DÉMOGRAPHIE GALOPANTE
Vers une culture céréalière intensive
moins dépendante de la pluviométrie
Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Sid Ahmed Ferroukhi, a
procédé lundi dernier dans la région de Babar (wilaya de Khenchela) au lancement officiel de la
campagne moisson-battage 2015/2016. Une campagne dont les prévisions de récoltes étaient
vouées au plus bas eu égard au déficit pluviométrique enregistré tout au long des trois premiers
mois de l’année courante et dont commençaient à souffrir les céréales conduites en sec, si ce n’est
que les pluies régulières et abondantes du mois d’avril ,enregistrées sur de nombreuses régions
du pays notamment celles à vocation céréalière et lesquelles sont décisives pour avoir de bonnes
récoltes, ont laissé entrevoir que la campagne n’est en général plus compromise. Mais au regard
de la situation vécue, un défi s’impose : il n’est plus possible au pays de compter uniquement sur
la pluie pour obtenir des récoltes de céréales appréciables
Par
D
Ziad Abdelhadi
eux réalités de terrain imposent au
pays de revoir sa stratégie de
production céréalière toute variété
confondue. C’est l’impact du stress hydrique
auquel est confronté le pays et ses besoins de
consommation sans cesse grandissant en blé
au vu de sa croissance démographique. Cette
année, c’est le stress hydrique qui c’est
manifesté de plus bel mais vite compensé par
les pluies du mois d’avril, cela n’a pas s
empêché pour autant de rappeler à plus d’un
que notre céréaliculture ne doit plus trop
dépendre de la pluviométrie. Il va s’agir en
effet, selon les agronomes d’introduire de
nouvelles techniques culturales sans oublier
de passer à une extension des surfaces
irriguées. Pour la première condition, il
appartiendra, d’après ces derniers, à la grande
famille des céréaliculteurs de multiplier
l’utilisation de fertilisant et de semer que des
semences sélectionnées. Quant à la seconde
condition, cela relève beaucoup plus du
ministre des Ressources en eau car
l’extension des surfaces irriguées ne sera
possible que si les agriculteurs disposent du
volume d’eau qui leur est nécessaire et en
continu pour qu’ils puissent mener à bien
leur campagne. Autre condition nécessaire «il
va falloir que la mécanisation dans l’acte
agricole soit plus pesante et d’autre part que
les céréaliculteurs respectent les itinéraires
techniques», soutiennent les agronomes.
Toujours au sujet de se libérer de la trop forte
dépendance à la pluviométrie des experts en
la matière avancent qu’une croissance
raisonnablement forte – et surtout durable –
des récoltes céréalières ne peut pas se réaliser
du jour au lendemain. Elle demande du
temps, même si le diagnostic est fait de ce
qu’il faut faire et ne pas faire dans la
céréaliculture. Du côté de la tutelle, il est
question d’améliorer la productivité
rapportée, c’est-à-dire de produire plus et
mieux. Pour ce faire, le ministre du secteur
juge que «l’irrigation d’appoint s’impose et
qu’elle doit se généraliser là où l’eau est
rendu disponible aux céréaliculteurs».
Toujours dans ce même objectif d’améliorer
les rendements des cultures céréalières,
Sid Ahmed Ferroukhi considère qu’il n’est
plus possible de compter uniquement sur les
petits céréaliculteurs qui «dépendent du
soutien des moyens de l’Etat pour produire»,
a-t-il fait remarquer lors du lancement
officiel de la campagne moisson-battage
lundi dernier à Babar dans la wilaya de
Kenchela. Et de rappeler dans ce sens à cette
même occasion : «La filière céréale compte
environ 600 000 producteurs, mais très peu
d’entre eux disposent de gros moyens
(financiers et matériels). En conséquence,
nous ne pouvons espérer aller très vite au
niveau souhaité. Nous voulons de grands
projets». C’est dans ce sens que le ministre a
récemment réuni des transformateurs de blé
Photo : DR
12
pour les inciter à participer à cet effort et à
promouvoir la création de réseaux avec les
agriculteurs à l’instar de certains industriels
qui ont mené une expérience similaire à Sétif,
Guelma et Constantine. On a appris que ces
industriels ont entrepris d’accompagner les
agriculteurs en mettant à leur disposition des
ingénieurs agronomes pour leur inculquer des
techniques de production leur permettant de
produire des blés de qualité. Une démarche
qui tient à cœur au ministre au point où il son
département veut «généraliser ce mode de
travail», a-t-il souligné à Khenchela.
Et d’ajouter «dans cette perspective, nous
souhaitons attirer le maximum d’industriels
que l’Etat est prêt à aider et à leur attribuer
des terres dans le cadre de la mise en valeur
au Sud, dans les Hauts-Plateaux, et à établir
des partenariats avec des concessionnaires
de terres relevant du domaine privé
de l’Etat».
La facture des importations
de blé tendre et dur pèse
encore lourdement
sur le budget de l’Etat
A la faveur de cette stratégie, les pouvoirs
publics ambitionnent d’augmenter
progressivement la production céréalière
pour la porter à 70 millions de quintaux en
2019. Un objectif à la portée dans la mesure
où le ministère de tutelle faire croître
l’irrigation des champs de blé à 1 million
d’hectares à l’horizon 2019 alors que pour
l’instant sur un total de 300 000 hectares,
seulement 200 000 hectares consacrés à la
céréaliculture sont irrigués. Faut-il rappeler
par ailleurs que pour encourager la
production des céréales et par ricocher
réduire leur importation l’Etat avait décidé,
en 2009, de fixer les prix d’achat des blés
auprès des agriculteurs à un niveau plus élevé
que ceux du marché international. Ainsi, le
prix du quintal que les agriculteurs livrent à
l’OAIC est de 4 500 DA pour le blé dur, de
3 500 DA pour le blé tendre et de
2 500 DA pour l’orge. Une stratégie qui a
certes donné des résultats puisqu’il a été
observé des progrès indéniables en matière
de production. En effet au cours de ces
5 dernières années, la moyenne annuelle
enregistrée a été de près de 45 millions de
quintaux avec une pointe de 63 mqtx en
2009, par contre la production céréalière
avait 40 mqtx lors de la campagne
2014-2015, en hausse de 14% par rapport à la
précédente. Pour revenir enfin à la campagne
moisson battage 2015-2016, les prévisions du
ministère tablent sur une production de
61 millions de quintaux. Ce qui veut dire que
les importations vont continuer à coûter cher
au pays compte tenu que les besoins
de consommation en la matière vont
continuer de se maintenir sur une courbe
ascendante.
Z. A.
14
DE L’ÉCONOMIE
Lundi 9 mai 2016
ÉNERGIE
ON NE FAIT PAS DANS LA DEMI-MESURE
Ouragan sur le Golfe
C’est évidemment pour l’Arabie Saoudite que le défi posé par ce monde nouveau est le plus redoutable et
sa capacité à le relever est le point d’interrogation majeur de la région. Avec 30 millions d’habitants, la
suppression des subventions à l’essence, à l’eau, à l’électricité, voire l’introduction de la TVA – la notion
d’impôt sur le revenu reste pour l’instant un anathème dans la région – peut avoir des conséquences
autrement explosives que pour le petit Qatar qui compte 2,5 millions d’habitants, dont 300 000 Qataris.
Il n’a pas échappé aux sujets de MBS que le groupe Ben Laden ne licencie pas seulement Indiens
et Philippins, mais aussi 15 000 Saoudiens
Par
Sylvie Kauffmann
u royaume de «MBS», l’homme
fort de l’Arabie Saoudite, plus
formellement connu sous le nom de
vice-prince héritier Mohammed Ben
Salman, on ne fait pas dans la demi-mesure.
Lorsqu’on exécute, c’est par dizaines.
Et quand on licencie, c’est par dizaines de
milliers.
Lorsqu’il a présenté, le 25 avril, sa
«vision pour 2030», programme
ultra-ambitieux de transformation de
l’économie du pays, le jeune prince
ignorait-il que la grande entreprise
saoudienne de BTP Saudi Ben Laden lui
ravirait la vedette quelques jours plus
tard, en annonçant la suppression de
77 000 emplois ? Il y a pourtant un point
commun à ces deux événements : tous deux
témoignent de la force de la tempête qui
souffle sur les monarchies pétrolières du
Golfe depuis que la chute des cours du
pétrole est devenue une réalité durable
et structurante. Ou, plus exactement,
déstructurante.
Car s’il n’y avait que l’effondrement des
prix du pétrole ! C’est bien à une
multiplicité de crises et de retournements
que sont confrontés aujourd’hui ces pays du
désert, si confortablement assis sur leurs
réserves d’or noir que certains avaient cru
que cela durerait toujours. Pas tous : plus
clairvoyants, les Emirats arabes unis et le
Qatar ont cherché à diversifier leurs revenus
depuis plusieurs années. A Abou Dhabi, le
mot-clé «vision», dont l’Arabie Saoudite
vient seulement de s’emparer, fait tant partie
du vocabulaire officiel qu’il a déjà un petit
côté éculé. La «vision» de l’émir a permis
de sabrer sans états d’âme dans les dépenses
publiques et de ramener en dix ans la part du
pétrole dans le PIB d’Abou Dhabi de plus
de 50% à 30%. En Arabie Saoudite, l’or noir
fournit 90 % des caisses de l’Etat. On
comprend pourquoi MBS veut décrocher
son pays de «l’addiction au pétrole». Une
tâche titanesque.
«Multiples convulsions»
D’autant plus titanesques que l’horizon
est singulièrement sombre. Tant de vents
contraires traversent la région que, à cette
intensité-là, ce n’est plus une tempête, c’est
un ouragan. Les dirigeants des pays du
Golfe qui veulent faire bonne figure en
présentant la chute du prix du baril comme
une opportunité de faire enfin des réformes
doivent aussi se rendre à l’évidence : la
baisse a, en parallèle, provoqué une chute
spectaculaire des investissements de
l’industrie pétrolière. De 700 milliards de
dollars (613 milliards d’euros) en 2014, ces
investissements passeront à 400 milliards
cette année. L’impact de l’absence de
nouveaux projets, avertissent les experts, se
fera sentir d’ici trois ou quatre ans, avec un
inévitable déclin de la production.
A cette incertitude s’ajoute – et c’est ce
qui inquiète le plus les monarques du Golfe
– une grave instabilité régionale. Le retour
de l’Iran, fort de l’accord sur le nucléaire et
de la levée des sanctions, déstabilise
profondément Riyad. «Cet accord a tout
changé, reconnaît un spécialiste occidental.
Pendant trente ans, les Saoudiens
dominaient la région. A présent les Iraniens
sont rentrés dans le jeu : c’est un élément
fondamental, source de multiples
convulsions.» L’Opep, le cartel qui, au
Photo : DR
A
siècle dernier, assurait la domination du
marché du pétrole à quelques pays
producteurs, est aujourd’hui une
organisation chaotique et affaiblie, théâtre
de ces convulsions : sa dernière réunion, à
Doha en avril, s’est terminée par un échec,
lorsque l’Iran a refusé de suivre la
proposition de l’Arabie saoudite.
L’intransigeance de Riyad a irrité les émirs,
qui souhaitent ardemment un Iran stable, si
près d’eux.
Ce n’est pas du contexte géopolitique
que viendra le salut. Le Moyen-Orient est en
feu, la guerre en Syrie concentre un nombre
record de puissances belligérantes, et
l’Arabie Saoudite a entraîné une dizaine de
pays arabes sunnites, dont plusieurs du
Golfe, dans une autre guerre, au Yémen, qui
leur coûte cher. Non contents d’avoir
bouleversé le marché des hydrocarbures
avec la révolution du schiste, les Américains
donnent des signes de désengagement de la
région, source supplémentaire d’affolement
; les commentaires très durs de Barack
Obama sur ses «alliés» du Golfe, trop
heureux de profiter de la protection militaire
américaine mais incapables de mettre la
main au portefeuille pour y participer, ont
fait frémir plus d’une moustache dans les
palais dorés.
Relève générationnelle
au sommet
C’est évidemment pour l’Arabie
Saoudite que le défi posé par ce monde
nouveau est le plus redoutable et sa capacité
à le relever est le point d’interrogation
majeur de la région. Avec 30 millions
d’habitants, la suppression des subventions
à l’essence, à l’eau, à l’électricité, voire
l’introduction de la TVA – la notion d’impôt
sur le revenu reste pour l’instant un
anathème dans la région – peut avoir des
conséquences autrement explosives que
pour le petit Qatar qui compte 2,5 millions
d’habitants, dont 300 000 Qataris. Il n’a pas
échappé aux sujets de MBS que le groupe
Ben Laden ne licencie pas seulement
Indiens et Philippins, mais aussi
15 000 Saoudiens. L’indispensable
changement de modèle économique ne se
fera pas sans heurts, ni sans évolution
sociale, religieuse et politique. Au Qatar,
dans les Emirats et en Arabie saoudite, on
assiste à une relève générationnelle au
sommet : l’émir du Qatar a 35 ans, MBS en
a 30. C’est le bon moment. Dans notre
Occident qui aime les choses simples,
on évoque volontiers une convergence
«MBS-MBZ», sorte d’alignement idéal dans
lequel le jeune, fougueux et médiatique
Mohammed Ben Salman rejoindrait la ligne
réformatrice longuement mûrie de
Mohammed Ben Zayed, le prince héritier de
l’émirat d’Abou Dhabi. Mais pas un
des meilleurs experts de la région ne
s’aventurerait à parier sur les chances de
succès de la «vision» MBS.
«On est au tout début du «printemps
arabe», quasiment les premières semaines,
commente un homme d’affaires arabe
installé dans le Golfe. Il s’agit d’un
changement profond, une véritable remise
en cause de l’ordre colonialiste. Daech, les
rapports entre la religion et l’Etat, tout ça, ce
sont des phénomènes passagers.»
S. K.
In lemonde.fr
Arabie Saoudite : Ali Al-Naïmi, le ministre du Pétrole, a été limogé
ALI AL-NAIMI, le ministre du Pétrole de l’Arabie Saoudite, qui
est aussi l’homme le plus influent au sein de l’Organisation des pays
exportateurs de pétrole (OPEP), a été limogé samedi 7 mai, a
annoncé la chaîne de télévision d’Etat Al-Ikhbariya. M. Al-Naïmi a
été remplacé par Khaled Al-Faleh, nommé ministre de l’énergie, de
l’industrie et des ressources minières, selon un décret du
roi Salman, qui a procédé à un large remaniement de son
gouvernement.
Le limogeage de M. Al-Naïmi intervient alors que l’Arabie saoudite,
premier exportateur mondial de brut, poursuivait depuis près de
deux ans une politique pétrolière ayant conduit à un effondrement
des cours sur les marchés internationaux.
Mais M. Al-Naïmi, qui a toujours pesé de son poids pour influencer
la politique de l’Opep, aurait fait savoir dès le début de cette année
qu’il souhaitait partir à la retraite à l’occasion du remaniement
ministériel de mai, avait rapporté en janvier le quotidien
britannique Financial Times de sources industrielles énergétiques.
«Ali Al-Naïmi reste l’homme le plus puissant au monde dans le
domaine pétrolier», avait écrit le magazine américain Forbes en
2014, le classant au 50e rang des personnalités les plus puissantes
du globe. Né en 1935, M. Al-Naïmi a notamment étudié à
l’université de Stanford avant de devenir en 1983 président du
géant pétrolier Aramco. En 1995, il avait été nommé ministre du
pétrole, poste qu’il avait conservé malgré les deux remaniements
ministériels majeurs opérés par le roi Salmane depuis son accession
au trône en janvier 2015.
Au moment où le royaume, première économie du monde arabe
et premier exportateur de brut, est fortement affecté par la chute
des cours, le vice-prince héritier Mohammed Ben Salman a
annoncé le 25 avril l’intention de son pays de vendre en bourse une
partie du géant pétrolier Aramco et de se doter d’un fonds
souverain de 2 000 milliards de dollars, le plus grand du monde,
dans le cadre d’un vaste plan visant à réduire sa dépendance du
pétrole. Le plan, présenté comme «une feuille de route» pour le
développement du royaume durant les 15 prochaines années, est
destiné à diversifier l’économie saoudienne qui dépend à plus de
70% du pétrole au moment où les prix du brut sont en chute libre
depuis environ deux ans.
Outre le limogeage de M. Al-Naïmi, le souverain saoudien a dissous
le ministère de l’électricité et de l’eau alors que la réduction des
subventions de l’Etat dans ces deux services publics avait suscité
des remous dans le royaume, engagé dans une politique d’austérité
en raison de la chute de ses recettes pétrolières. Des ministres ont
changé de portefeuille et un nouveau gouverneur de la Banque
centrale a été nommé.
DE L’ÉCONOMIE
CONJONCTURE
Lundi 9 mai 2016
15
SELON LE PRÉSIDENT-FONDATEUR DE L’IPEMED :
«L’avenir de l’Europe se joue au Sud»
Inlassable militant de la coopération et de la coproduction nord-sud, Jean-Louis Guigou président-fondateur de
l’lpemed (Institut de prospective économique du monde méditerranéen) revient ici sur les fondamentaux de sa
vison des «quartiers d’orange» Afrique-Méditerranée-Europe, et du formidable potentiel de complémentarité entre
les économies européennes et africaines. Son projet, qui vise à dépasser le seul horizon du commerce, promeut la
coproduction entre les deux continents. La création d’une fondation internationale, La Verticale AfriqueMéditerranée-Europe (AME), pourrait aider à le concrétiser
Par
marginalisation, le trafic de drogues et
d’armes, le racket, la prostitution et le
terrorisme. Rétablir la fonction d’échange,
de transport et de commerce dans le Sahel
pour y créer des activités économiques et
touristiques doit être une priorité de
l’Europe en partenariat avec les pays
concernés.
Jean-Louis Guigou
n 1974, à l’ONU, Boumediene avait
prévenu : «Un jour, des millions
d’hommes quitteront l’hémisphère
Sud pour aller dans l’hémisphère Nord. Et
ils n’iront pas là-bas en tant qu’amis. Parce
qu’ils iront là-bas pour le conquérir.»
Avec les inconséquences de la politique
occidentale vis-à-vis des pays arabes et le
terrible réchauffement climatique prévisible
en Méditerranée, le pire est devant nous.
Ce ne sont pas des centaines de milliers de
réfugiés qui vont affluer, mais bien des
millions.
L’Europe, trop longtemps absorbée
par ses problèmes d’intégration interne et
d’élargissement à l’Est, trop longtemps
attirée par les marchés américains et
chinois, n’a pas vu venir les menaces et les
opportunités que constitue son Sud. Les
menaces sont connues et les médias ferment
l’horizon de la réflexion. Or les opportunités
existent en grand nombre. La proximité et la
complémentarité de nos économies
européennes, arabes et africaines sont
des atouts inestimables. Les pays du Nord,
développés et vieillissants, sont menacés de
stagnation séculaire alors que les pays
arabes et africains sont jeunes et en
croissance, mais eux-mêmes affaiblis par les
économies de rente et de corruption.
E
Profitant de la troisième révolution
industrielle (énergies renouvelables plus
économie numérique, 1), profitant du
changement du modèle de croissance
chinois qui pourrait induire la délocalisation
de 85 millions d’emplois (2) vers l’Afrique
du Nord et l’Afrique subsaharienne, le
moment est venu pour l’Europe de proposer
un New Deal aux pays arabes et africains et
ainsi d’abandonner le ronron de la politique
de voisinage et des plats refroidis des
accords de libre-échange même complets et
approfondis.
La vision de la Méditerranée peut se
transformer en quelques années. Une
véritable Ruhr industrielle pourrait se
dessiner sur le flanc sud de l’Europe avec le
Canal de Suez rénové et élargi, enrichi de
clusters, technopoles, zones franches, avec
Photo : DR
les réserves de gaz en Méditerranée de
l’Egypte, de Chypre et du Liban, avec la
puissante industrie turque qui regarde
l’Afrique, avec la finance islamique qui ne
connaît pas la crise.
Plutôt que de voir les Maghrébins, les
Egyptiens et les Turcs et demain les
Africains immigrer vers les industries manufacturières européennes, exigeantes en main
d’œuvre et en énergie, c’est le mouvement
inverse qu’il faut mettre en œuvre. A
l’image des industriels japonais qui ont créé
les Dragons et les Tigres du sud-est asiatique, à l’image des industriels allemands
qui ont stabilisé et contribuent à développer
120 millions d’habitants des pays de
l’Europe centrale et orientale, à l’image de
ce que font les Américains avec les implantations industrielles au Mexique, l’Europe
industrielle doit mettre en œuvre un codéveloppement industriel avec en priorité les
pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée
(PSEM) et par la suite des pays africains.
Photo : DR
Pour un New Deal
Europe-Afrique
L’AME, «La Verticale
Afrique-Méditerranée-Europe»,
un projet de fondation
internationale
Investir dans les innovations et la qualité
au Nord et faire produire au Sud qui est
riche en énergie et en main d’œuvre de
qualité, est un scénario gagnant-gagnant.
Les Chinois sont déjà à la manœuvre avec
leurs implantations en Algérie, en Égypte,
en Turquie et en Grèce. Ils bâtissent pour
leur compte cette Ruhr industrielle du
XXIe siècle, prenant appui sur le Maghreb
(90 millions d’habitants), l’Égypte
(90 millions d’habitants) et la Turquie
(90 millions d’habitants).
La connexion en marche entre
«l’Afrique blanche»
et «l’Afrique Noire»
La seule façon durable et efficace de
lutter contre Daech, c’est bien de créer des
emplois pour les jeunes arabes et africains.
C’est aussi de trouver une solution au conflit
israélo-palestinien, et cela passe par une
Union européenne capable d’une vision
stratégique autonome sur son voisinage.
Depuis 2002, l’Afrique décolle, et les
pays du Nord de l’Afrique, de Tanger à
Suez, deviennent l’interface pour intégrer
les économies africaines dans le grand
quartier d’orange «Afrique-MéditerranéeEurope». Le Maroc est déjà un acteur
majeur en Afrique ; l’Egypte est depuis
juillet 2015 intégrée dans l’une des plus
grandes régions de libre échange du
monde - la tripartite - qui va du Caire à
Johannesburg. Le Sahel est à «reconquérir»
avec un maillage de routes et de chemins de
fer comme les Américains ont conquis
l’Ouest. Il s’agit de construire les autoroutes
des Oasis, de transformer ceux-ci en pôle de
développement, de faire protéger si
nécessaire par l’armée, afin de créer des
emplois pour les jeunes Touaregs.
Cette connexion de «l’Afrique blanche»
et de «l’Afrique Noire» est une tendance
lourde qui se construit à bas bruit. De
nombreux camions traversent le désert
partant d’Algérie, du Niger, du Mali ; des
industries extractives sont en chantier, des
programmes de chemins de fer joignent le
Maghreb au Sud. Actuellement, les jeunes
Touaregs ont un choix limité entre la
Pour réussir cette intégration régionale
en profondeur Afrique-Méditerranée-Europe
par le redéploiement de l’appareil de
production et pas seulement par le
commerce, trois outils sont nécessaires.
Tout d’abord, une banque
intercontinentale, telle que la BID pour
assurer la mobilité des capitaux et la
sécurisation des investissements. La Berd
et la BEI sont trop européennes ; la Banque
mondiale trop américaine ; la BAD trop
africaine et les banques islamiques trop
arabes. Ces instruments sont inadaptés.
Ensuite, une Fondation intercontinentale, à
l’image de la CEPAL (40 millions d’euros
par an et 700 chercheurs) et l’ERIA en Asie
(15 laboratoires et 30 millions d’euros
par an).
Tel est mon projet de Fondation
internationale «La Verticale
Afrique-Méditerranée-Europe (AME)» pour
être le creuset économique et politique de
l’intégration des deux continents, avec la
Méditerranée comme interface.
L’intégration en profondeur de ces
grandes régions Nord/Sud intercontinentales
se réalise par la coproduction. Une telle
expansion géographique des chaînes de
valeur consiste en un partage de la valeur
ajoutée et un transfert de technologie. Le
client devient partenaire. Il ne s’agit plus de
conquérir des parts de marché
mais de coproduire, ce qui change
fondamentalement les relations
économiques.
Ce pari de l’intégration par l’économie
est gagnable. En quelques décennies, nous
pouvons assurer aux 500 millions
d’Européens, aux 500 millions de
Méditerranéens et aux 2 milliards
d’Africains en 2050, un siècle de croissance.
Les chefs d’entreprise sont déjà investis
dans cette stratégie. En majorité, les grands
groupes retiennent comme découpage
mondial la région EMEA (Euro/
Middle-East/Africa). Ce sont les politiques
qui traînent les pieds, embourbés dans le
court-termisme, parce qu’ils n’ont pas de
vision d’avenir.
Face à l’importance et l’urgence de la
mise en œuvre de cette stratégie européenne
vis-à-vis du Sud, on voit à quel point le
débat public français sur l’immigration,
l’identité ou les accords politiciens est un
recroquevillement ridicule sur le court-terme
et une cécité sur cette grande région qui fera
l’Europe de demain.
J-l. G.
Jean-Louis Guigou présidentfondateur de l’lpemed (Institut de
prospective économique du monde
méditerranéen)
1 - Jeremy Rifkin, La troisième
révolution industrielle, Les Liens qui
Libèrent, 2012
2 - Célestin MONGA, Justin Yifu LIN,
Oxford Handbook of Africa and
Economics: Policies and Practices edited,
2015.
16
DE L’ÉCONOMIE
Lundi 9 mai 2016
MARCHÉ
REVUE HEBDOMADAIRE DES MATIÈRES PREMIÈRES
L’or résiste, le café grimpe, le cacao
s’affaisse, le sucre temporise
L’or a consolidé ses gains cette semaine, parvenant finalement à nettement rebondir vendredi après une
baisse de régime. L’argent n’est pas parvenu à annuler la totalité de ses pertes. Les platinoïdes sont restés
relativement insensibles aux chiffres des ventes de voitures aux Etats-Unis. Le café a progressé la semaine
dernière grâce à la sécheresse sévissant dans les principales régions productrices, tandis que le cacao a
creusé ses pertes sur fond d’incertitudes sur le déficit annoncé et que le sucre a consolidé ses gains au
terme d’une semaine agitée.
OR
L’or a connu une baisse notable au cours de
cette semaine d’échanges dans le sillage d’un
mélange de prises de bénéfices et de résurgence
du dollar. Avant de creuser ses pertes, l’once
d’or était toutefois montée lundi jusqu’à
1 303,82 dollars, un maximum depuis fin janvier
2015. Mais, indépendamment de ces pertes à
court terme, le métal jaune demeure haussier et
les inquiétudes persistantes sur l’état de
l’économie mondiale pourraient finalement
attirer de nouveau les investisseurs vers cette
valeur refuge. De fait, l’or, affecté une bonne
partie de la semaine par le regain de vigueur du
dollar qui a bénéficié un temps de commentaires
de certains membres de la Réserve fédéral
américaine (Fed) laissant espérer une hausse de
taux plus rapide que prévu, se reprenait nettement vendredi, parvenant ainsi à annuler la
majeure partie de ses précédentes pertes. Le
dollar se trouvait à nouveau sous pression
vendredi. Sur le London bullion market, l’once
d’or a terminé à 1 289 dollars vendredi au fixing
du soir, contre 1 285,65 dollars le vendredi
précédent.
totalité de ses pertes. Alors que l’argent avait
dernièrement outrepassé les performances de
l’or, il a également plus fortement accusé le coup
d’un regain de vigueur du billet vert. Le métal
gris est toutefois parvenu lundi à grimper jusqu’à
18,01 dollars, un maximum depuis fin janvier
2015, avant de se trouver sous pression. Sur le
London bullion market, l’once d’argent a clôturé
à 17,31 dollars, contre 17,85 dollars il y a sept
jours.
PLATINOÏDES
Le platine a connu la même trajectoire que
l’or et l’argent, montant mardi jusqu’à
1 090,79 dollars, au plus haut en plus de dix
mois, avant d’accuser le coup puis d’amorcer une
reprise en fin de semaine. Le palladium, dont
l’utilisation industrielle est plus prononcée, a
davantage souffert en revanche, dans la lignée
des métaux de base. Les métaux platinoïdes,
dont l’industrie automobile est l’un des
principaux débouchés, sont par ailleurs restés
relativement insensibles aux bons chiffres des
ventes de voitures aux Etats-Unis en avril, qui
sont ressorties en hausse de 4% sur un an. Sur le
London platinum and palladium market,
l’once de platine a fini à 1 072 dollars, contre
1 065 dollars sept jours plus tôt. L’once de
palladium a terminé pour sa part à 604 dollars,
contre 628 dollars à la fin de la semaine
précédente.
Cotations hebdomadaires des billets de banque
et des chèques de voyage, valables à compter
du 8 avril 2016, communiquées
par la Banque d’Algérie.
USD
EUR
CAD
JPY
GBP
KWD
AED
SAR
CHF
SEK
DKK
NOK
CHÈQUES DE VOYAGE
USD
EUR
CAD
GBP
JPY
CHF
SEK
CACAO
Les cours du cacao ont souffert cette semaine,
lestés par le regain de vigueur du dollar mais
également par des incertitudes concernant le
déficit de production anticipé pour la saison
2016-2017. La tonne de cacao a même atteint
vendredi 2 256 livres à Londres et 3 103 dollars
à New York, au plus bas depuis deux semaines.
Par ailleurs, le marché du cacao était de nouveau
confronté à des doutes sur les volumes de fèves
à attendre en provenance de l’Afrique de
l’Ouest, premier producteur de cacao au
monde. Même si des informations font état
ARGENT
L’argent, considéré comme une alternative bon
marché à l’or, a toutefois davantage souffert que
ce dernier en début de semaine, et malgré son
rebond, n’était pas parvenu vendredi à annuler la
BILLET DE BANQUE
CAFÉ
Les cours du café ont nettement progressé cette
semaine à Londres, encouragés par un resserrement de l’offre, tandis qu’ils se sont stabilisés à
New York. La tonne de robusta est ainsi montée
vendredi jusqu’à 1 655 dollars, au plus haut en
six mois. De son côté, l’arabica a connu une
semaine plus mitigée, baissant dans un premier
temps jusqu’à atteindre mercredi 118,90 cents,
un minimum en deux mois, avant de se
reprendre. «La situation de l’offre sur le marché
du café se resserre de plus en plus, et cela est dû
avant tout au robusta», ont relevé les analystes
de Commerzbank. Les prévisions d’offre pour le
Brésil, où la récolte a débuté en avril, sont
revues à la baisse en raison de conditions de
sécheresse tandis que cette même sécheresse
menace la prochaine récolte au Vietnam, premier producteur de robusta au monde. Les
régions productrices d’arabica au Brésil, premier
producteur de café au monde, bénéficiaient en
revanche de meilleures conditions de production. Sur le Liffe de Londres, la tonne de robusta
pour livraison en juillet valait 1 647 dollars vendredi, contre 1 580 dollars le vendredi précédent. Sur l’ICE Futures US de New York, la livre
d’arabica pour livraison en juillet valait
122,50 cents, contre 122,05 cents sept jours
auparavant.
ACHAT
107,63
122,90
83,74
100,57
155,81
357,11
29,30
28,69
11 121,38
1 327,39
1 651,75
1 315,45
ACHAT
108,73
124,14
84,59
157,39
101,59
11 234,29
1 340,87
VENTE
114,20
130,42
88,88
106,74
165,35
379,42
31,10
30,46
11 805,32
1 409,48
1 752,87
1 396,47
VENTE
114,20
130,42
88,88
165,35
106,74
11 805,32
1 409,48
d’une production moindre en Côte d’Ivoire et au
Ghana, le cacao continue d’arriver dans les ports
et cela pourrait montrer que la production ne
sera pas aussi réduite que ce que certains ont
craint. A Londres, la tonne de cacao pour
livraison en juillet valait 2 258 livres sterling,
contre 2 290 livres sterling le vendredi précédent. A New York, la tonne pour livraison en
juillet valait 3 106 dollars, contre 3 206 dollars
sept jours plus tôt.
SUCRE
Les cours du sucre se sont consolidés cette
semaine, atteignant de nouveaux plus hauts en
plus d’un an et demi avant de toutefois annuler la
majeure partie de leurs gains. Les cours ont ainsi
grimpé jusqu’à jeudi, atteignant à Londres et
New York respectivement 481,50 dollars la
tonne et 16,87 cents la livre, au plus haut depuis
fin juin 2014 et fin octobre 2014, avant de brutalement lâcher du lest en fin de semaine. En l’absence de toute nouvelle significative, les
investisseurs ont plutôt tendance à vendre qu’à
acheter, surtout dans un marché au plus haut en
près de deux ans, ce dernier restant toujours
soutenu par des prévisions de déficit. A Londres,
la tonne de sucre blanc pour livraison en août
valait 460,30 dollars, contre 462,20 dollars le
vendredi précédent. A New York, la livre de
sucre brut pour livraison en juillet valait 15,95
cents, contre 15,94 cents sept jours auparavant..
R.E
Date de la séance
04/ 05 / 2016
Titres cotés
ACTION
Cours
BIOPHARM
NCA-ROUIBA
1 470,00
300,00
Titres non cotés
ACTION
ALLIANCE ASSURANCES Spa
EGH EL AURASSI
SAIDAL
Variation
245,00
0,00
Taux de variation
20,00
0,00
Dernier cours de clôture
500,00
485,00
640,00
Evolution des cours des valeurs du Trésor :
Maximum
QAT 7 ans
107,71
QAT 10 ans :
117,07
QAT 15 ans :
121,75
Minimum
98,43
92,20
90,50
Principaux indicateurs boursiers :
Capitalisation boursière :
Valeur transigée :
Encours global des titres de créance :
Encours global des valeurs du Trésor :
DZAIRINDEX :
52 246 996 750 ,00
1 287 000 ,00
427 075 000 000,00
1 398,37
C U L T U R E
Lundi 9 mai 2016
17
LA MANIFESTATION AURA LIEU DU 9 AU 17 MAI PROCHAIN DANS CINQ VILLES
17 Festival culturel européen en Algérie
e
Une nouveauté : les spectacles seront introduits par une lecture «à haute voix» d’extraits d’œuvres
d’auteurs algériens et européens. L’accès sera libre et gratuit, dans la limite des places disponibles
Par
Sihem Bounabi
e coup d’envoi de la
17 e édition du Festival
européen en Algérie, placé
sous le thème : «Les couleurs
de l’Europe», sera donné
aujourd’hui à la salle
Ibn Zeydoun à 18 heures avec
l’artiste nigérian Bombino.
Reconnu comme une star du
blues du désert touareg, tendance
rock, avec des pointes de reggae
Bombino, alias Omara Mokhtar
s’est démarqué sur les scènes
internationales par son style qui
illustre avec son groupe le
meilleur aujourd’hui de la
musique touareg, selon les
organisateurs.
Ce concert exceptionnel
donnera le coup d’envoi de cette
17e édition se poursuivra
jusqu’au 21 mai prochain avec la
participation de quinze pays
membres de l’Union européenne
qui présenteront un programme
varié avec au menu du
folklore, de la musique, du
théâtre et du cinéma européen
durant deux semaines.
Dans la présentation de ce
programme à la presse, le chef
de la délégation de l’Union
européenne en Algérie, Marek
Skolil a souligné que «le programme de la 17e édition du festival tend à représenter la
diversité culturelle européenne
et à favoriser le dialogue interculturel euro-algérien à travers
l’art et les échanges entre
artistes et intellectuels des deux
Photo : DR
L
rives de la Méditerranée dans
une vision interrégionale
intégrée» ajoutant que «c’est un
événement qui doit favoriser le
dialogue interculturel, les rencontres avec les institutions, les
artistes et le public algérien.»
La nouveauté de cette année
est que cette édition 2016 se
tiendra dans cinq grandes villes
algériennes, en l’occurrence
Alger, Annaba, Béjaïa, Oran et
Tizi Ouzou. L’autre nouveauté
est l’introduction de la lecture «à
haute voix» d’extraits d’œuvres
d’auteurs algériens et européens
qui ouvriront les différents
spectacles. Cette 17e édition se
déroulera également dans
plusieurs espaces au niveau de la
capitale en l’occurrence, à la
salle Ibn Zeydoun et Mohamed
Zinet de l’Office Ryadh El Feth,
à la salle Ibn Khaldoun, à l’IFA
(Institut français d’Alger), et au
Bastion 23. Dans le volet
musical, le folklore sera à
l’affiche des concerts animés par
des artistes de Pologne, de
Hongrie, du Portugal et des
Pays-Bas. La musique classique
sera à l’honneur avec les spectacles animés par la Roumanie,
la France, l’Espagne et la
Croatie. Dans le registre de la
musique moderne l’Autriche, la
Belgique, République tchèque et
Italie convieront le public à
découvrir différents styles tels le
jazz, le hip hop ou la musique du
monde.
Le Bastion 23 accueillera à
partir du 11 mai prochain
une exposition intitulée,
«Constantine regard croisé,
Patrimoine et Culture». Se
tenant jusqu’au 11 juin, cette
expo qui a déjà été dévoilée à
Constantine comprendra une
foule d’artistes algériens et
européens. A l’instar de Yassine
Belahcene, Sarah Bellache,
Labib Benslama, Arslane
Bestaoui, Fatima Chafâa, Rim
Hamdan Salim Gora, Louiza Sis
Ammi et Sabrina Louanchi.
Le cinéma est également à
l’affiche de cette manifestation
avec la programmation de films
d’animation qui seront projetés
à Alger, par, entre autre ,
l’Allemagne, la Roumanie et la
France.
Le 4 e art sera également au
rendez-vous de cette 7e édition
avec le spectacle destiné au
jeune public proposé par la
Finlande. Le spectacle est un
hommage à Mohamed Dib
intitulé : «Quand l’ombre passe
(sur les traces de Mohamed
Dib)», une pièce destinée au
jeune public.
Il est à noter que tous les
spectacles sont gratuits et l’accès
est libre, dans la limite des
places disponibles.
S. B.
À L’INITIATIVE DE LA DIRECTION DE LA CULTURE DE LA WILAYA DE AÏN TÉMOUCHENT
Par
Rédaction Culturelle
LA CHANSON raï originelle
de Aïn Témouchent sera
proposée au classement de
l’Unesco en tant que patrimoine
immatériel de l’humanité par les
services de la direction de
la culture de la wilaya, a
annoncé son directeur, Brahim
Benabderrahmane, à l’APS.
Dans la perspective de ce
classement, cette chanson locale
originelle a fait l’objet de
l’élaboration d’un dossier qui a
été transmis au Centre national
de recherches en anthropologie
et préhistoire (Cnraph) d’Alger
qui, à son tour, le transmettra à
l’Unesco pour un classement au
patrimoine immatériel de
l’humanité, a précisée Brahim
Benabderrahmane.
Il a ajouter à ce propos que
les responsables du centre sont
venus à Aïn Témouchent où ils
se sont renseignés sur cette initiative qui constitue un grand
acquis pour l’Algérie et pour la
wilaya de Aïn Témouchent.
Il est à souligner que le chant
de la région d’Adrar, en l’occurrence l’Ahellil du Gourara, a été
classé par l’Unesco patrimoine
immatériel de l’humanité ainsi
que le rituel de la Chedda de
Tlemcen.
Toujours dans le contexte du
recensement du patrimoine matériel et immatériel de la wilaya de
Aïn Témouchent, coïncidant
avec la célébration du mois du
patrimoine, qui se déroule du
18 avril au 18 mai de chaque
année, la direction de la culture a
fait appel à une équipe d’archéologues de l’université d’Alger
2 pour effectuer des fouilles à
Sid Younes, dans la commune
d’Ain Kihal.
Cette équipe, composée de
vingt-cinq spécialistes, entre
docteurs et enseignants, a d’ores
et déjà commencé à effectuer
des fouilles archéologiques
sur place.
Le directeur de culture de la
wilaya de Aïn Témouchent a
rappelé que le mois du
patrimoine, a été marqué par
l’organisation de séminaires sur
l’archéologie qui ont été
animés par des enseignants universitaires de Tlemcen et Alger.
Le premier responsable
de la culture de la wilaya
de Aïn Témouchent a souligné
que cette wilaya figure parmi les
douze wilayas du pays qui ont
bénéficié d’une aide de
Photo : DR
La chanson raï sera proposée au classement de l’UNESCO
vingt-quatre millions d’euros de
l’Union européenne pour le
recensement de ces patrimoines,
rappelant que des experts sont
venus à Aïn Témouchent dans ce
cadre. Il a signalé a cet effet que
«d’autres experts sont attendus,
dans ce même contexte, dans une
semaine», ajoutant qu’«un
archéologue spécialiste en
recensement a été désigné pour
mener cette opération».
R. C.
18
S P O R T S
Lundi 9 mai 2016
CHAMPIONNAT D’ALGÉRIE DE JUDO (INDIVIDUEL SENIORS)
Le GS Pétroliers domine la compétition
Le manager général de la section judo du GS Pétroliers, Salim Boutebcha, s’est félicité
des «excellents» résultats obtenus par ses judokas, malgré l’absence de plusieurs
athlètes retenus pour les qualifications olympiques, ou pour blessures. «Nous avons
réussi à atteindre nos objectifs en décrochant un total de 8 médailles d’or lors de ce
championnat d’Algérie. Je pense que nos athlètes ont réalisé une belle performance en
dominant la compétition malgré l’absence de plusieurs judokas»
Par
Algérie presse service
es judokas du GS Pétroliers ont dominé les
épreuves du championnat
d’Algérie individuel seniors, disputées vendredi et samedi à la
salle Harcha-Hacène (Alger),
en s’adjugeant un total de
8 médailles d’or, 5 chez les
dames et 3 en messieurs.
Lors de la deuxième journée
de compétition consacrée aux
poids légers, disputée samedi, le
GS Pétroliers a décroché 3 titres
en messieurs grâce à Wail
Ezzine (-66 kg), Fethi Norine
(-73 kg), et Nadjib Temmar
(Open), alors que chez les
dames, les médailles d’or sont
revenues à Meriem Moussa
(-52 kg), Yamina Halata
(-57 kg), et Amina Temmar
(Open). Les deux autres catégories de poids disputées lors de
cette deuxième journée de
compétition, ont été remportées
par Hadjer Mecrem de l’USM
Alger (-48 kg), et Mohamed
Rebahi de l’AS Sûreté nationale
(-60 kg).
Le manager général de la section judo du GS Pétroliers, Salim
Boutebcha, s’est félicité des
Photo : DR
L
«excellents» résultats obtenus
par ses judokas, malgré l’absence de plusieurs athlètes
retenus pour les qualifications
olympiques, ou pour blessures.
«Nous avons réussi à
atteindre nos objectifs en décrochant un total de 8 médailles
d’or lors de ce championnat
d’Algérie. Je pense que nos
athlètes ont réalisé une belle
performance en dominant la
compétition malgré l’absence de
plusieurs judokas», a déclaré
Boutebcha à l’APS.
«Maintenant, il nous reste un
dernier objectif à atteindre cette
saison. C’est la coupe d’Algérie
par équipes que nous allons
jouer pour gagner», a-t-il ajouté.
De son côté, le directeur technique national de la Fédération
algérienne de judo (FAJ), Samir
Sebaa, a souligné la domination
des clubs d’Alger lors de cette
compétition, et l’émergence de
nouveaux clubs à l’image du
WB Meftah et l’IB Mouzaia.
«Nous avons constaté l’émergence des clubs de la région de
Blida et Constantine, qui ont
renforcé leurs staffs techniques
durant cette saison. Je pense que
ces clubs donnent l’exemple, et
seront présents lors des prochaines saisons pour défier les
meilleurs clubs», a estimé le
DTN.
Le championnat d’Algérie
individuel, seniors de judo (messieurs et dames) a enregistré la
participation de 180 judokas,
134 messieurs et 36 dames,
représentant huit (8) Ligues de
Wilaya.
APS
EQUITATION/CONCOURS INTERNATIONAL D’ENDURANCE 2 ÉTOILES
Le cavalier Rabie Mohamed remporte l’épreuve
du 120 km à Tiaret
LE CAVALIER Rabie
Mohamed du club équestre Emir
Abdelkader de Tiaret, montant
«Mayor» a décroché la première
place du concours international
d’endurance deux étoiles, disputé
samedi à Tiaret sur une distance
de 120 km.
Le cavalier Rabie a arraché la
première place devant son coéquipier Yamouni Ahmed enfourchant «Luren».
Six cavaliers et chevaux se
sont qualifiés, pour le concours
international 160 km trois étoiles,
prévu en novembre prochain,
après avoir respecté les critères
vétérinaires et la vitesse moyenne
de l’épreuve, lors de ce concours
international d’endurance deux
étoiles.
Treize cavaliers, âgés de
14 ans et plus, et chevaux âgés de
quatre ans et plus ont pris part à
ce concours international d’endurance deux étoiles, issus des
clubs de Alger, Blida, Ain Defla,
Mostaganem et Tiaret.
Cette compétition d’une
journée, organisée par le club
équestre Emir Abdelkader de
Tiaret, en collaboration avec la
fédération algérienne sous l’égide
de le Fédération international de
sports équestres. Quatre contrôles
vétérinaires ont été effectués, le
long du parcours. Les vétérinaires ont décidé d’exclure certains chevaux non aptes à
poursuivre la course. C’est le cas
notamment de sept chevaux souffrant de boiterie et de fatigue
constatée par un rythme cardiaque supérieur à 64 battements
par minute au bout du temps
réglementaire de 20 secondes
après l’arrivée. Le niveau technique de la compétition a été jugé
«appréciable» par le directeur de
la du concours Safi Belkacem.
A noter, la bonne organisation
qui a marqué cet événement
sportif tout au long de son déroulement, officié par les juges vétérinaires, le Français Michel
Taillon et le Tunisien Bensalah
Akram, désignés par la Fédération internationale de sports
équestres qui ont veillé au bon
déroulement de cette épreuve.
Les raids équestres d’endurance sont des épreuves au chronomètre sur un itinéraire imposé.
Ils mettent en valeur les qualités
de résistance du cheval et la
capacité du cavalier à respecter
sa monture.
APS
Athlétisme : le 12e Challenge des Aurès
les 13 et 14 mai à Batna
LE CHALLENGE des
Aurès, l’une des plus anciennes
compétitions d’athlétisme en
Algérie, dans sa 12e édition, se
déroulera les 13 et 14 mai à
Batna, a appris l’APS hier auprès
de la ligue de wilaya d’athlétisme. Cette édition propose des
épreuves variées allant de vitesse
aux courses de fond et de demifond, en passant par des concours
(lancers, sauts) qui seront disputés durant deux jours au complexe du 1er-Novembre de Batna,
avec la participation d’athlètes
représentant, outre l’élite nationale, le Maroc et la Tunisie. Le
traditionnel «relais d’argent»,
ouvert à tous les top-runners et
aux férus des deux sexes de la
course à pied, sera disputé en
nocturne à travers les principaux
boulevards de la capitale des
Aurès, selon le président de
la ligue de wilaya d’athlétisme,
M. Kamel Khelil. Le challenge
des Aurès, un événement sportif
qui prend, d’année en année, de
l’envergure, figure aujourd’hui
parmi les rendez-vous athlétiques
les plus sollicités.
Cette 12e édition bénéficiera
d’un soutien financier «appréciable», ce qui a pour effet de
booster les ambitions des organisateurs qui comptent aligner à
partir du 13 mai prochain, pas
moins de 800 concurrents des
deux sexes et de tous les niveaux,
soit plusieurs sportifs de plus par
rapport aux précédentes éditions
(650 concurrents en 2015).
Le Challenge des Aurès, créé
en 1910, organisé durant la
période coloniale à l’occasion de
la fête chrétienne de la Pentecôte,
avait alors pour nom «Challenge
de l’ASB», Association sportive
de Batna club organisateur. Il fut
réédité 36 fois jusqu’en 1955,
date à laquelle il eut lieu pour la
dernière fois, pour reprendre en
1968.
Natation/Challenge Samir
Mokrane : des clubs
de 7 wilayas présents le 14 mai
à Alger
Des clubs de natations issus de sept
wilayas seront engagés dans la 19e édition du Challenge Samir Mokrane, prévu
le 14 mai à la piscine de Kouba (Alger), a
appris l’APS hier auprès des organisateurs.
Il s’agit de Ghardaïa, Mila, M’Sila, Tipasa,
Blida, Béjaïa et Alger, qui, à elle seule,
sera présente avec 30 clubs.
Cette compétition, destinée uniquement
à la catégorie «école», est dédiée à la
mémoire du défunt Samir Mokrane,
ancien cadre de la direction de la jeunesse, des sports et des loisirs (Djsl)
d’Alger.
Judo/Grand Chelem de Baku :
Tayeb (+100 kg) éliminé
au 2e tour
Le judoka algérien Mohamed Amine
Tayeb (+100 kg) a été éliminé au
2e tour du Grand Chelem de Baku suite
à sa défaite hier contre le brésilien David
Moura.
Versé dans la Poule A de ce tournoi
international, organisé du 6 au 8 mai
dans la capitale azérie, Tayeb a remporté
son premier combat contre l’égyptien
Islam El Shehaby, avant de s’incliner au
tour suivant contre le brésilien.
La Fédération algérienne de judo (FAJ) a
engagé six judokas dans ce tournoi
(4 messieurs et 2 dames). Houd
Zourdani (-66 kg) et Ratiba Tariket
(-57 kg) étaient les premiers à entrer en
compétition et ils ont été éliminés dès le
premier tour, suite à leur défaite vendredi, respectivement contre le
Saoudien Souleïman Hamad et la Serbe
Jovana Rogic.
Les trois autres judokas algériens
engagés dans ce tournoi : Abderrahmane
Benamadi (-90 kg), Lyès Bouyacoub
(-100 kg) et Sonia Asselah (+78 kg) sont
toujours en lice.
Versé dans la Poule B, Benamadi a été
exempté du premier tour. Pour son premier combat, il a battu l’Australien
Sebastian Temesi et affrontera
l’Allemand Marc Odenthal au prochain
tour.
Idem pour Bouyacoub, dans la catégorie
des moins de 100 kg, ayant sorti le Russe
Niiaz Bilalov lors de son premier combat
et qui défiera le Brésilien Rafael
Buzacarini.
L’Algérienne Sonia Asselah, sera
opposée lors du tour préliminaire à la
Française Emilie Andeol.
Un total de 519 judokas (329 messieurs
et 190 dames), de 82 pays, participent à
ce tournoi Grand Chelem.
Marathon de Prague 2016 :
large domination des athlètes
kényans
Les Kényans ont outrageusement
dominé le marathon de Prague, disputé
hier dans la capitale tchèque, en raflant
les trois premières places du classement,
aussi bien chez les messieurs que chez
les dames.
Lawrence Cherono s’est imposé chez les
messieurs en 2h 07 min 24 sec, soit avec
50 secondes d’avance sur son compatriote, Felix Kipchirchir Kandie, le vainqueur de ce même marathon en 2015 et
qui s’est donc contenté de la 2e place
cette année, avec un chrono de
2h 08:14.
Chez les dames, la victoire est revenue à
Lucy Karimiqui, qui s’est imposée en
2h 24 min 46 sec, soit avec 14 secondes
d’avance sur une autre Kényane, Purity
Cherotich Rionoripo (2e), en 2h 25:00.
Les podiums ont été complétés par deux
autres Kényans, à savoir Yego Solomon
Kirwa, en 2h 08:31 chez les messieurs,
et Risper Chebet, en 2 h 27:23 en
dames.
S P O R T S
Lundi 9 mai 2016
19
L’ES TUNIS EN TERRAIN CONQUIS
Quasi fin d’aventure pour les Béjaouis
La rencontre de samedi dernier était sans doute de trop, autrement dit celle qui vient hélas confirmer que
les Mobistes en fin de parcours sont lessivés et pratiquement frappés de lassitude comme
en témoignent les résultats mitigés de la dernière ligne droite en championnat
Par
A. Lemili
n perdant, samedi dernier,
la première manche, les
Mobistes ont carrément
hypothéqué le minimum de
chance qu’ils pouvaient caresser
pour une éventuelle qualification
à la phase de poules de la coupe
de la confédération.
Il serait, en effet, prétentieux
de croire ou le feindre que
Zerdab et les siens partent à
50/50 pour le match retour car au
vu de leur production, mais surtout de celle de leur adversaire
qui a joué nettement plus
concentré sur la rencontre à telle
enseigne que le choix fait n’était
pratiquement que de jouer le
match nul. Partager les points
semblait largement suffisant à
Jouini et ses coéquipiers comme
en témoigne la seule présence en
pointe de ce remuant attaquant
qui a obligé les éléments du
compartiment défensif béjaoui à
rester, 90 minutes durant, en
alerte permanente, contraignant
ainsi par ses déplacements en
Photo : DR
E
essuie-glace à ne pas apporter
leur concours devant. Le coach
tunisien a d’ailleurs bien résumé
tout cela en déclarant : «… On
avait de l’espace pour marquer
des buts.» Il y a lieu de noter
«des buts» et pas qu’un seul
insiste Amar Souyah tant il est
vrai qu’en termes d’actions susceptibles d’être porteuses de
danger l’avantage reviendrait
facilement à son équipe même si
Yaya, Zerdab, Belkacemi et les
autres ont donné l’impression de
faire du chahut dans les dix-huit
mètres adverses. A l’approche
des buts et face au gardien, le
manque de lucidité des attaquants béjaouis a été chronique.
Les Vert et Noir pourraient
toujours évoquer ce penalty non
sifflé par l’arbitre qui aurait pu
leur permettre de rejoindre dans
quinze jours Tunis avec la
possibilité de gérer ce petit
capital même si cela relève
plutôt de la gageure, les protégés
d’Amrani ne faisant franchement
pas le poids face à leur
adversaire.
En fait, la rencontre de
samedi était sans doute de trop,
autrement dit celle qui vient
hélas confirmer que les Mobistes
en fin de parcours sont lessivés
et pratiquement frappés de
lassitude comme en témoignent
les résultats mitigés de la
dernière ligne droite en championnat. Quoiqu’il en soit, ce
n’est que par l’expérience que
s’acquiert une présence effective
dans une compétition extranationale et ce n’est certainement pas
une participation à l’avenant qui
apporterait celle-ci (expérience).
Le meilleur exemple reste bien
entendu l’Entente de Sétif
laquelle, bon an mal an, participe
à une compétition continentale,
dit son mot et même son dernier
mot (dernière ligue des
champions) même si elle est au
plus mauvais de sa forme sur le
plan national.
En conclusion, il appartiendrait aux dirigeants du MO
Béjaïa d’avoir un projet en ce
sens et surtout un projet sur la
durée, autrement dit le long
terme. Il ne suffit pas d’être
champion une année, de gagner
une coupe une autre année et de
voir venir ensuite. Nous ne le
rappellerons jamais assez,
l’Espérance de Tunis a remporté
26 championnats et 14 coupes,
une ligue des champions
d’Afrique et sans que nous
n’ayons à évoquer les autres
bibelots qui ornent les vitrines de
son siège.
A. L.
EURO-2016
Ronaldo, Neuer, De Bruyne, Ibrahimovic et bien d’autres étoiles encore
Par
Nicolas Pratviel, Keyvan Naraghi
RONALDO, Neuer, De
Bruyne, Bale, Ibrahimovic,
Pogba, Lewandowski... Ces
grands noms et bien d’autres du
foot européen porteront les
espoirs de leurs sélections et
seront aussi les garants du spectacle lors de l’Euro-2016, dont le
coup d’envoi sera donné dans un
mois.
Enfin (con)sacrés ?
Avec le Real Madrid,
Cristiano Ronaldo a tout gagné.
Avec le Portugal, en revanche, il
n’a rien remporté. Il s’en est
fallu d’un cheveu à l’Euro-2004
(battu en finale par la Grèce 1-0).
Et de très peu en 2012, éliminé
en demi-finale par l’Espagne (00, 4-2 tab). Il y a quatre ans, CR7
avait mené quasiment tout seul
son équipe jusqu’au dernier
carré. Ses cinq buts en six
matchs qualificatifs pour cette
édition ont confirmé cette réalité.
A 31 ans, peut-il y arriver seul ?
A 38 ans, il sera un des vétérans de la compétition, mais pas
le moins jeune dans sa tête.
Gianluigi Buffon aimerait bien
ajouter au Mondial-2006 l’Euro
à son palmarès pléthorique. Le
gardien italien a une revanche à
prendre sur l’édition 2012 et le
cauchemar vécu en finale face à
l’Espagne (4-0). On imaginait
alors qu’il raccrocherait les
gants, mais «Gigi» a encore
faim.
On le dit déclinant, à 30 ans à
peine. Wayne Rooney n’a, en
effet, pas réussi une grande
saison avec Manchester United.
Mais l’Anglais, qui reste avec
Cahill un rescapé des frustrantes
années Gerrard-Lampard, guide
une jeune génération anglaise
prometteuse. Et, qui sait, enfin
décomplexée ?
Sur leur lancée ?
Couronnés au Mondial brésilien, Manuel Neuer et Thomas
Muller rêvent à présent
d’instaurer l’hégémonie de
l’Allemagne. Neuer a un statut à
défendre, celui de meilleur gardien de la planète, Muller a une
réputation à faire mentir, celle du
plus «sous-côté» des talents allemands. Surtout, ils seront revanchards après les échecs en finale
2008 (1-0 contre l’Espagne) et
en demi-finale 2012 (2-1 contre
l’Italie).
Grand artisan du légendaire
triptyque espagnol (Euro2008/Mondial-2010/Euro-2012),
Andres Iniesta guide à présent la
nouvelle garde de la Roja, qui
devait se régénérer après l’échec
du Mondial-2014. De la forme
physique et la fraicheur mentale
de son métronome, déchu de la
C1 avec le Barça, dépendra le
renouveau de l’Espagne.
Sauront-ils confirmer ?
Les diablotins rouges, Eden
Hazard et Kevin De Bruyne, ont
grandi. Même si leur saison est
contrastée, ratée pour Hazard
avec Chelsea, réussie pour De
Bruyne avec Manchester City,
ces deux-là devraient faire des
étincelles en attaque, alors que la
Belgique doit passer un cap
après avoir été quart-de-finaliste
au Mondial-2014. Désigné
meilleur jeune de la Coupe du
monde, Paul Pogba concentre les
mêmes attentes alors que la
France, aussi, devra franchir un
pallier. Auteur d’une seconde
partie de saison de très haut
niveau avec la Juventus, le
milieu de terrain devra ajouter de
la constance à son talent pur.
Etoiles esseulées ?
Il va jouer «à la maison».
Zlatan Ibrahimovic, qui écrase
de son talent le Championnat de
France depuis quatre saisons
avec le PSG, s’est offert un beau
baroud d’honneur à 34 ans en
qualifiant la Suède, après un barrage face au Danemark. La motivation sera au rendez-vous, mais
peut-il faire encore mieux ?
Sans Gareth Bale et ses 7 buts
inscrits (sur les 11 de son équipe
en qualifications), le pays de
Galles ne serait certainement pas
de la partie. L’attaquant, auteur
d’une saison pleine avec les stars
du Real Madrid, présidera bien
seul aux destinées des Gallois.
Robert Lewandowski, si bien
entouré au Bayern Munich, sera
lui le chef de file d’une Pologne
moins pétrie de talents, mais qui
tente de se reconstruire autour de
son attaquant-vedette, pour
mieux lui permettre de maintenir
intacte son efficacité.
Peu souvent titulaire au Barça
où il vit dans l’ombre des stars,
Arda Turan n’en est pas moins le
moteur d’une équipe de Turquie
renaissante. Et, surtout, un sacré
bon footballeur.
Vont-ils se révéler ?
Ils sont déjà incontournables
en clubs et leurs sélections
n’attendent que d’en profiter
pleinement. Antoine Griezmann,
décisif pour propulser l’Atletico
Madrid en finale de C1, a pris
une énorme dimension et, en
l’absence de Karim Benzema, il
sera l’atout offensif N.1 des
Bleus. Avec toute la pression
que cela impliquera.
Il y a deux ans, Xavi a dit de
lui qu’il serait son successeur.
Koke, indispensable maillon de
l’Atletico, s’est depuis installé
dans l’entre-jeu de la Roja. Et
s’il réfute toute idée de
comparaison, sa capacité à
s’émanciper par le haut sera
scrutée.
Dele Alli incarne l’insouciante jeunesse anglaise. Auteur
d’une excellente saison avec
Tottenham, le milieu offensif de
20 ans semble pouvoir s’imposer
comme la plaque tournante des
Trois Lions où sa technique et sa
puissance impressionnent déjà.
AFP
Assemblées générales LNFA - LIRF : le 18 mai,
dernier délai pour le dépôt des candidatures
LA LIGUE NATIONALE
de football amateur (LNFA) et
de la division inter-régions
(LIRF) ont arrêté la date du
18 mai comme dernier délai pour
les dépôt des candidatures, en
vue de leurs assemblée générales
électives (AGE), prévues respectivement les 2 et 4 juin prochain,
ont annoncé dimanche ces deux
instances.
«La date limite pour le dépôt
des candidatures est fixée au
mercredi 18 mai, à 16 heures.
L’étude des dossiers se fera le
jeudi 19 mai et les candidats
dont le dossier a été rejeté peuvent éventuellement saisir la
commission de recours, au plus
tard le dimanche 22 mai», ont
précisé la LNFA et la LIRF. La
liste définitive des candidats
retenus sera arrêtée et affichée à
partir du jeudi 26 mai, a-t-on
encore appris de mêmes sources.
Les élections se feront par le
collège au Centre technique
national (CTN) de Sidi-Moussa
(Alger), conformément aux
statuts de LIRF et la LNFA,
à savoir : un président issu de la
liste des indépendants et qui sera
élu par les membres de l’assemblée générale, ainsi que deux
membres parmi les experts désignés par la Fédération algérienne
de football, et un suppléant.
Il y aura également «un
représentant du collège des
Ligues régionales de football»,
selon la même source.
Ali Malek, le président de la
LNFA est candidat à sa propre
succession, en attendant de
connaître l’identité des autres
postulants.
APS
M A G A Z I N E
Lundi 9 mai 2016
21
ALORS QUE LA CONCURRENCE ASIATIQUE ENFONCE L’«ÎLE AUX ÉPICES»
A Zanzibar, la culture des algues
prend l’eau
Par
Agence France presse
mmergée jusqu’à la taille dans
les eaux saphir de l’océan
Indien, au large de Zanzibar,
Mtumwa Vuai Ameir noue de
jeunes pousses d’algues à des
piquets en bois, et peste : les
récoltes sont décimées par une eau
devenue trop chaude alors que la
concurrence asiatique enfonce
l’«île aux épices».
«Nous sommes désespérés,
certains cultivateurs ont été
découragés et ont abandonné le
travail», regrette Ameir, cultivatrice depuis plus de 20 ans, jetant
un regard sur les plages de sable
blanc qui jouxtent son village de
Muungoni, sur l’île principale de
cet archipel tanzanien semi-autonome.
Pendant que Zanzibar se
demande si le réchauffement
climatique doit être tenu pour
responsable de récoltes désastreuses, la concurrence asiatique
casse les prix et gagne des parts de
marché.
Algue rouge, le spinosum
cultivé à Zanzibar jouit d’une réputation mondiale. Cette algue est
mangée ou utilisée dans la fabrication de cosmétiques et de
médicaments en Asie, en Europe et
en Amérique du Nord.
Sa culture sur l’archipel a
débuté en 1989 avec le soutien tanzanien de l’université de Dar es
Salaam, et Zanzibar est devenu le
troisième producteur mondial de ce
type d’algues, derrière l’Indonésie
et les Philippines. En 2015, près de
24 000 fermiers ont récolté plus de
16 000 tonnes d’algues, dont
90% de spinosum, selon le
gouvernement local.
Parmi ces fermiers, 80% sont
des femmes. Dans une région où
les sources de revenus sont rares et
alors que la société est à
98% musulmane à Zanzibar, la
Photo : DR
I
culture des algues permet aux
femmes de s’émanciper
financièrement.
Eaux plus profondes
Mais alors que la température
idéale de l’eau pour la culture du
spinosum est de 25 à 30 C°, elle
grimpe par endroits jusqu’à plus de
31 C° autour de Zanzibar.
«Quand l’eau est trop chaude,
les algues n’arrivent pas à bien se
développer et elles meurent»,
explique Narriman Jiddawi,
biologiste de l’Institut des sciences
marines (IMS) de l’université de
Dar es Salaam.
Du coup, «beaucoup de femmes
ont arrêté de cultiver les algues»,
souligne-t-il.
Constaté depuis 2012, le
phénomène a pris une nouvelle
dimension au premier trimestre
2016, où Zanzibar a produit un peu
plus de 1.400 tonnes d’algues, soit
près de deux fois et demie moins
qu’un an plus tôt (3.300 tonnes au
premier trimestre 2015).
L’IMS pense que le réchauffement climatique est coupable, mais
l’hypothèse reste à prouver par une
étude en cours : la température de
l’eau est soigneusement surveillée,
tout comme des organismes
potentiellement néfastes poussant
sur le spinosum.
En attendant, l’Institut
encourage les fermiers, tests
concluants à l’appui, à cultiver
dans des eaux plus profondes, donc
plus froides, afin de limiter les
«infections». Une option qui
complique la tâche des
cultivateurs.
Une autre voie s’esquisse, que
certains fermiers comme Ameir ont
déjà empruntée: planter du cottonii,
une algue plus résistante et plus
rentable que le spinosum.
Cottonii ou pas, Zanzibar est
contraint de baisser ses prix pour
tenter de rester compétitif face aux
algues produites à moindre coût en
Asie.
Un kilo de spinosum se vendait
il y a peu 700 shillings tanzaniens
(0,28 euro); il se négocie désormais à 300 shillings. Le prix du
kilo de cottonii n’a lui chuté de
1.100 à 700 shillings.
Grands perdants
«Nous n’avons aucun contrôle
sur les prix, nous devons les
ajuster pour conserver nos
clients», soupire Arif Mazrui,
directeur de la société ZanQue
Aqua Farm, productrice et
exportatrice. «Les fermiers sont les
grands perdants lorsque nous ajustons nos prix». Ce n’est pourtant
pas assez: ces prix restent plus
élevés qu’en Indonésie et aux
Philippines, où la qualité de la
culture de spinosum s’est par
ailleurs améliorée ces dernières
années, l’algue venue d’Asie
rognant désormais les parts de
marché de Zanzibar.
De plus, les gros clients
américains et chinois sont
géographiquement plus proches de
l’Indonésie et des Philippines
que de Zanzibar. Le coût du
transport restera donc, quoi qu’il
arrive, plus élevé pour les algues
tanzaniennes.
A Zanzibar, «l’industrie des
algues est devenue difficile, les fermiers et les exportateurs sont plus
frustrés les uns que les autres»,
assure M. Mazrui. «Mais nous
encourageons (les fermiers, ndlr) à
continuer la production dans l’espoir que les prix remontent dans
un futur proche».
Le président de Zanzibar, Ali
Mohamed Shein, réélu fin mars
pour un second mandat, a promis
de s’occuper du problème,
notamment via l’amélioration des
équipements.
Le gouvernement tente en outre
de promouvoir la transformation
locale pour contrer la dépendance
aux exportations d’algues brutes.
«Nous invitons des investisseurs à
venir installer des industries
utilisant les algues comme matériau», déclare Hashim Moumin,
chef du département aquaculture
au ministère des Ressources
marines et de la Pêche.
Quant aux fermiers, ils ont pour
le moment peu de choix: «Malgré
les prix bas et la production
désastreuse, je ne me résous pas à
abandonner ce difficile travail»,
soupire Ameir, car «je dois gagner
de l’argent pour subvenir aux
besoins de ma famille».
AFP
ILS SERONT À L’ORIGINE DE MIGRATIONS DE MASSE
Les changements climatiques au Proche-Orient
et Afrique du Nord
LES CHANGEMENTS
climatiques, qui menacent une
partie importante du Proche-Orient
et de l’Afrique du Nord, seront à
l’origine de migrations de masse
vers le milieu du 21e siècle, révèle
dimanche une étude allemande et
chypriote.
«La crise migratoire actuelle,
qui a des origines politiques,
pourrait prendre une autre
dimension dans plusieurs
décennies», avertissent les scientifiques de la société allemande Max
Plank pour le développement des
sciences.
«Bien que 175 pays ont signé,
fin avril dernier, un accord sur la
réduction d’émissions dans l’atmosphère», les chercheurs estiment
que «les engagements pris ne sont
pas suffisants pour éviter une vraie
catastrophe climatique».
La recherche effectuée montre
qu’au Proche-Orient et en Afrique
du Nord, vers 2050, en été, les
températures moyennes pourraient
atteindre 46°C le jour et au moins
30°C la nuit ce qui représente
d’ailleurs «un scénario optimiste».
Les auteurs de l’étude estiment
que les jours marqués par des
températures extrêmement élevées
seront cinq fois plus nombreux
dans ces régions qu’aujourd’hui.
«Vers la fin du XXIe siècle, la
température lors des jours les plus
chauds pourrait atteindre 50°C. Le
nombre de ces journées pourrait
considérablement augmenter»,
précisent-ils.
«Les conditions de vie au
Proche-Orient et en Afrique du
Nord pourraient également se
détériorer à cause de la baisse de
la qualité de l’air. La poussière, en
provenance des déserts, apportée
par les vents serait capable
d’inonder ces régions».
Des prévisions formulées dans
26 modèles climatiques,
s’appuyant sur des informations
recueillies de 1986 à 2005, ont été
comparées par les chercheurs. Bien
que le scénario correspondant aux
buts fixés lors du sommet
climatique soit également possible,
le destin des régions menacées
pose encore des questions. Des
changements climatiques négatifs
ont déjà marqué la vie quotidienne
au Proche-Orient et en Afrique du
Nord. En particulier, ces régions
avaient été confrontées à une
augmentation du nombre des jours
chauds. «Des centaines de millions
de personnes habitent dans ces
zones. Une vague migratoire
potentielle liée à une catastrophe
climatique pourrait être énorme»,
a mis en garde Max Plank.
APS
Afghanistan : au moins 73 personnes meurent
dans un accident de la route
AU MOINS 73 personnes sont
mortes hier dans la collision de
deux bus avec un camion citerne
sur un important axe routier dans le
sud de l’Afghanistan, a annoncé le
ministère de la Santé afghan.
La plupart des victimes, parmi
lesquelles des femmes et des
enfants, ont été carbonisées dans
l’incendie qui s’est déclaré après la
collision survenue sur l’axe
Kaboul-Kandahar, a précisé à
l’AFP le porte-parole du ministère
Ismail Kawoosi. Le bilan pourrait
s’alourdir, a-t-il ajouté. De
nombreux blessés ont été emmenés
dans les hôpitaux de Kandahar et
de la province de Ghazni, où a eu
lieu l’accident.
Le gouverneur de cette
province durement touchée par
l’insurrection talibane avait
d’abord parlé de 7 morts précisant
que 72 personnes, des passagers du
bus, avaient été hospitalisées.
Les routes en Afghanistan sont
réputées pour être très dangereuses
et les accidents mortels sont
courants. En mai dernier, un minibus s’était retourné sur une route
dans la province de Badghis
(nord-ouest) et avait causé la mort
de 18 personnes.
En avril 2013, 45 personnes
étaient mortes dans la collision
d’un bus avec un camion citerne
dans le sud de la province de
Kandahar.
La Banque mondiale a
débloqué 250 millions de dollars
en novembre dernier pour l’amélioration des routes qui traversent
la chaîne de montagnes de
l’Hindou Kouch.
AFP
www.latribunedz.com
POUR L’ENRICHISSEMENT DU TEXTE
Lundi 9 mai 2016
MÉTÉO
L’avant-projet du code du travail transmis
aux partenaires sociaux
Centre Max. 27° Plutôt
Min 13° ensoleillé
Ouest
Max. 22°
Nuageux
Min 14°
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Par
Algérie presse service
e ministre du Travail, de
l’Emploi et de la Sécurité
sociale, Mohamed El Ghazi
a réaffirmé, hier à Alger, que
l’avant-projet du code du travail a
été transmis aux partenaires
sociaux pour enrichissement. «Le
ministère a soumis l’avant-projet
du code du travail aux partenaires
sociaux, et nous sommes appelés à
nous rencontrer pour en discuter
et faire le point», a déclaré
M. El Ghazi dans son exposé
devant la commission des finances
et du budget de l’Assemblée nationale populaire (APN), dans le
cadre de l’examen du projet de loi
portant règlement budgétaire 2013.
Sans donner plus de détails sur
le contenu de l’avant-projet de loi,
le ministre a précisé que «le Code
du travail donnera à l’Algérie une
santé politique et sociale importante». Interrogé sur le calcul du
taux du chômage, actuellement de
l’ordre de 11,2%, et que les élus
estiment plus élevé, M. El Ghazi a
indiqué que «cette opération est du
ressort de l’Office national des statistiques (ONS), sous tutelle du
ministère des Finances». «Je tiens,
toutefois, à vous rassurer que
l’ONS emploie les mêmes normes
que celles arrêtées par le Bureau
international du travail (BIT)»,
a-t-il précisé.
Le ministre a par ailleurs
indiqué que, selon les estimations
du gouvernement, l’année 2017
enregistrera une reprise de l’activité économique, et ce, malgré,
a-t-il dit, les difficultés induites par
la baisse du prix du baril du
pétrole. «L’année 2017 enregistrera une reprise économique,
L
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Horaires des prières
Fadjr...........04.06
Echourouk ...05.46
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Assar ..........16.33
Maghreb ....19.46
Icha ............21.17
Photo : DR
„ Chute d’un véhicule dans oued El Harrach : un mort et 9 blessés
notamment par l’encouragement
de certains secteurs dont l’agriculture, qui viennent en complément à
la politique énergétique du pays»,
a noté le ministre, précisant qu’il a
été recensé, à l’heure actuelle,
«un manque de 800 000 ouvriers
agricoles». Considérant en outre,
que la question des jeunes refusant
de travailler la terre comme un problème de société, le ministre a
exhorté les députés à sensibiliser et
responsabiliser les chômeurs. Il a
dans ce cadre, fait savoir que le
Premier ministre, Abdelmalek
Sellal, a instruit le gouvernement
pour la création de lycées et de
centres de formation agricole dans
certaines wilayas à vocation agricole pour aider ceux qui veulent
s’impliquer dans ce domaine.
Par ailleurs, les manœuvres
frauduleuses de certains
employeurs principalement du secteur privé au sujet du contrat de
travail aidé (CTA), ont été égale-
ment évoquées. «Sont nombreux
ceux qui ne respectent pas le
contrat qui stipule la permanisation du jeune inséré au sein de
l’entreprise au bout des trois
années de formation», a-t-il
dénoncé rappelant que l’Etat prend
en charge durant cette période de
formation ledit stagiaire. Afin de
remédier à cette situation, il a
annoncé la mise sur pied d’un
dispositif, en collaboration
avec l’Inspection du travail pour
débusquer les fraudeurs.
Dans un autre chapitre, le
premier responsable du secteur du
travail a annoncé la signature, prochainement, d’un décret relatif à la
cotisation à la sécurité sociale des
sportifs professionnels. Pour le
ministre, ce dossier est clos. «Les
cotisations des athlètes professionnels et leur staff ont été arrêtées à
15 fois le Salaire national
minimum garanti (Snmg)», a-t-il
dit.
APS
Deux structures de prévention routière
prochainement
Suite de la page 1
La création de ces deux outils s’inscrit dans «une
toute nouvelle approche adoptée par le gouvernement» dans la lutte contre les accidents de la route,
dira le ministre, cité par l’APS, qui s’exprimait lors
d’une journée d’étude sur l’évaluation du coût économique des accidents de la circulation, organisée par le
Centre national de prévention et de sécurité routières.
Le conseil intersectoriel qui sera sous l’autorité du
Premier ministre, devra se charger de l’élaboration de
stratégies d’envergure nationale en matière de prévention routière et de lutte contre les accidents de la route.
Quant à la direction déléguée, son champ d’action
englobera la gestion des statistiques, le lancement
d’études sur le terrain et la proposition de nouvelles
lois sur la base de données concrètes. Cette structure
aura la possibilité de faire appel à des compétences
diverses (universitaires, cadres de ministères, mouvement associatif...) et disposera de structures locales
mises sous la tutelle du wali.
Telles que présentées, les deux nouvelles structures
produiront vraisemblablement des recommandations
et des constats dont l’effet sur le terrain ne pourra être
plus impactant que celui des lois en vigueur, si elles
étaient rigoureusement appliquées. Le remède se
résume en deux mots : «Tolérance zéro». Le code de
la route qui existe, les caméras de vidéosurveillance,
les brigades mobiles, la surveillance aérienne et les
radars constituent une arme imparable contre tout
comportement dangereux sur les routes, le tout est de
l’exploiter de manière optimale et, surtout, continuelle. Car, rien n’est plus contreproductif dans la
lutte contre les accidents de la route que les
campagnes et les contrôles ponctuels. On lève le pied
quand on sait que les forces de l’ordre sont sur le pied
de guerre, on attend que ça passe et on reprend ses
dangereuses habitudes. La tolérance zéro doit
s’exercer 24/24h et 12/12 mois pour produire ses
résultats et parvenir à une réduction réelle et conséquente des accidents de la route dont le nombre a été
qualifié par M. Bedoui d’«effrayant» : Pas moins
de 35 000 accidents en 2015, avec un total de
4 610 morts et de 55 994 blessés. Et ce drame a un
coût financier d’une centaine de milliards de dinars
par an (pour l’année 2015 seulement), selon une étude
réalisée par l’université de Batna et présentée lors de
cette journée d’études. Le professeur Fares Boubaker,
de cette même université, précisera que ce chiffre
pourrait toutefois être considéré comme une moyenne
pour les années précédentes. Selon l’universitaire, un
accident routier coûte 2,2 millions dinars en moyenne,
tandis que le coût engendré par le décès d’une
personne suite à un accident routier est de l’ordre de
11 millions de dinars. Le calcul du coût des accidents
se base sur de nombreux paramètres dont le coût de
prise en charge des blessés et de réparation des
véhicules, le coût des embouteillages engendrés par un
accident, le gain qu’aurait pu apporter à l’économie de
son vivant une personne décédée suite à un accident
routier ainsi que les remboursements des assurances,
qui totalisent une moyenne de 45 milliards de dinars
annuellement. Au total, les pertes financières dues aux
accidents de la circulation représentent 0,15% du
PIB. N’est-ce pas là des arguments forts pour une
application immédiate de la tolérance zéro !?
H. G./APS
La chute, suite à un dérapage, d’un véhicule utilitaire 4X4, du haut du pont surmontant oued
d’El Harrach, en face de la promenade des Sablettes, a fait un mort (conducteur) et 9 blessés
plus ou moins graves, parmi les personnes intervenues pour secourir la victime, a-t-on
appris, hier, auprès de la Protection civile. Le lieutenant Benkhalfallah Khaled, de la cellule de
communication de la direction de wilaya de la Protection civile a déclaré à l’APS que le
sinistre a eu lieu vers 11H:15 mn au niveau de l’autoroute Dar El Beida-Alger. Le conducteur
a été transporté, inconscient, à l’hôpital Zemirli où il a succombé à ses blessures, a-t-il
déploré. 9 Autres personnes ont été évacuées de l’oued, a ajouté la même source précisant
qu’il s’agissait d’intervenants qui essayaient de porter secours au conducteur du véhicule.
3 camions et 5 ambulances ainsi que 40 éléments de la protection civile dont 5 officiers ont
été mobilisés pour évacuer les victimes. L’opération de recherche d’une deuxième victime
probable qui aurait été avec le conducteur du véhicule se poursuit.
„ Skikda : raccordement de 66 foyers au réseau de gaz naturel
à Aïn Cherchar
Soixante-six foyers du village Oued Kebir de la commune d’Aïn Cherchar (Skikda) ont été
reliés hier au réseau de gaz naturel dans une ambiance de joie des familles bénéficiaires. Au
cours de la cérémonie de mise en service, inscrite dans le cadre des festivités
commémoratives des évènements du 8 mai 1945, le wali, Faouzi Benhocine, a insisté sur la
nécessité d’accélérer le rythme des travaux pour alimenter la totalité des 300 foyers
programmés dans cette localité. Lancé en travaux en début de l’année 2015, le projet de
raccordement au réseau de gaz naturel les foyers de la commune d’Aïn Cherchar a
nécessité la mobilisation d’une enveloppe financière de l’ordre de 120 millions DA. Les
habitants du village ont fait part au responsable de l’exécutif local de leurs préoccupations
relatives à l’absence de routes et de projets de développement.
„ Oran : campagne de sensibilisation contre les dangers
de l’automédication
Une campagne de sensibilisation sur le thème «l’automédication entre ignorance et négligence»
a été lancée par le club Adjuvare de la faculté de médecine d’Oran, a-t-on appris auprès du
président du Club, Mehdi Benzaoui. Cette campagne, lancée à l’occasion de la 2e édition du
Salon de l’étudiant et des nouvelles perspectives Khotwa, qui se tient actuellement au Centre
des conventions d’Oran, vise à sensibiliser le grand public contre les méfaits de
l’automédication et les risques de la phytothérapie. Des flayers expliquant les principaux
risques et dangers de l’automédication et de la phytothérapie dite «anarchique» ont été
distribués au cours de ce salon, a-t-on précisé. La campagne est susceptible de s’élargir pour
toucher d’autres catégories et d’autres établissements dans les jours à venir, a-t-on indiqué.
„ Grève des conducteurs de la SNTF : les trains Oran-Alger bloqués
à Chlef
Les trains assurant la liaison Oran-Alger ont été bloqués, hier, à la gare ferroviaire de Chlef
par des conducteurs et mécaniciens grévistes, a-t-on appris auprès du service d’exploitation
de la Société nationale des transports ferroviaires à la gare d’Oran. «Les deux trains, en
partance de la gare d’Oran, ceux de 6 heures 25 minutes et 8 heures, à destination d’Alger, ont
été bloqués à la gare de Chlef par les conducteurs et mécaniciens grévistes», a indiqué à l’APS le
chef de service exploitation, précisant que «seul le service traction a répondu au mot d’ordre de
débrayage». «Le service administratif n’est pas concerné par l’appel à la grève», a-t-il fait
observer. «Toutefois, le service minimum a été assuré», a expliqué le responsable, en faisant
remarquer que le train de 12 heures 30 mn Oran-Chlef a été assuré malgré le débrayage
observé par les mécaniciens. «Aucune perturbation ne sera enregistrée pour les trains assurant
les dessertes Oran-Sidi Bel-Abbes (17 heures), Oran-Relizane (17 heures 15 mn), Oran-Aïn
Témouchent (17 heures 20 mn) et Oran-Bechar (20 heures 30 mn)», a-t-on assuré de même
source. Interrogé sur le trafic des trains assurant les dessertes des villes de l’Ouest, au départ
d’Oran, un préposé au guichet a indiqué que la vente des billets pour ces destinations
s’effectue «normalement».
„ Ligue 1 (28e, 29e et 30e journées) : les matchs même jour et même
heure
Les matchs des trois dernières journées du championnat de Ligue 1 Mobilis de football
auront lieu le même jour et à la même heure, a annoncé dimanche la Ligue de football
professionnel (LFP) sur son site officiel. Cette décision a été prise «pour assurer un
déroulement de fin de saison dans les meilleures conditions d’éthique», précise l’instance
dirigeante de la compétition. La LFP a souligné que «faute d’installations d’éclairage adéquates
dans certains stades, il a été décidé que toutes les rencontres débuteront à 17h00». Le titre de
champion 2015-2016 est revenu cette saison à l’USM Alger, qui remporte par l’occasion la
7e consécration de son histoire. Le championnat de Ligue 2 a baissé son rideau samedi avec
l’accession de l’Olympique Médéa, du CA Batna, et de l’USM Bel Abbès.
„ Calendrier des trois dernières journées de Ligue 1 :
28e journée : vendredi 13 mai
29e journée : samedi 21 mai
30e journée : vendredi 27 mai.
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