close

Enter

Log in using OpenID

ASH et numérique - Site de l`académie de Grenoble

embedDownload
ASH et numérique : le numérique pour différencier.
Une réflexion proposée par SANDRINE CONTI-EMERY,
formatrice et professeure de Lettres au lycée polyvalent Louise
Michel à Grenoble.
Comment faire avec des élèves en situation de handicap ?
Utiliser le numérique pour adapter notre enseignement peut être une des solutions à apporter. Mais,
comment faire avec le numérique ? Peut-on penser que le numérique va suffire ? Dans quels cas de
figures l’utiliser ? Quels outils employer et en fonction de quels types de handicaps ?
Bien entendu, le numérique n’est pas une réponse ni une solution à tous les problèmes et il doit être
pensé et utilisé de façon à permettre une adaptation concrète pour amener les élèves en situation de
handicap à valider les mêmes compétences que les autres élèves.
Il est aussi utile de préciser que bien pensée et bien utilisée, l’adaptation via le numérique pour un
élève peut aussi s’avérer être une ressource utile pour tous les élèves de la classe qu’ils soient ou non
en situation de handicap.
Quels outils peut-on utiliser et pour quoi faire ?
•
Pour lire, écrire, calculer :
LES TICE PEUVENT-ELLES FACILITER LA SCOLARISATION DES ELEVES
HANDICAPES ?
Dans cet article, les auteurs Hervé BENOIT, Directeur des études de l’INS HEA , Jack SAGOT,
formateur à l’INS HEA ouvrent des pistes de travail.
•
Faire attention à la mise en page pour les élèves souffrant de dyslexie ou de troubles
visuels.
Par exemple pour les élèves atteints de dyslexie :
- privilégier la police 12 ou 14 (helvética, arial, verdana) et augmenter un peu l’interligne. On peut
aussi tester avec les élèves ce qui leur convient le mieux : en terme de mise en page, police de
caractère la plus lisible, l’interligne le plus judicieux, la meilleure taille de police. Un logiciel :
médialexie.
1
- prévoir des documents avec une organisation spatiale simple ( pas de mélange de texte, cartes et
schémas). De façon générale, sur un sujet écrit type EAF ou synthèse de documents, il vaut mieux
éviter le recto verso pour que les élèves n’aient pas à tourner les pages et vérifier que la fin d’un
texte ne soit pas sur une autre page.
Cet aménagement pour les élèves atteints de dyslexie est profitable à toute la classe.
•
Oraliser, s’enregistrer : il suffit aussi d’avoir un téléphone portable pour s’enregistrer (en
prenant soin de recouvrir le micro d’un tissus afin d’atténuer les bruits externes). Cette
technique est bien entendu importante pour les élèves ayant des difficultés à lire ou présentant
des troubles de la vision.
•
Enregistrer permet de ne pas faire lire les élèves ayant des difficultés devant la classe en
lecture à haute voix mais de les faire participer à un travail ou une lecture orale pour les
entraîner, par exemple, à l’épreuve orale de l’EAF.
•
Enregistrer un cours peut être un complément indéniable pour réviser. On peut mettre sur
l’ENT des « bulles sonores » construites par les élèves ou le professeur pour les aider à
réviser.
1
Parler pour raconter : une capacité centrale, raconter.
- Puisque le travail peut être enregistré oralement, les élèves ayant des difficultés à
rédiger, à organiser un récit, voire même à comprendre un cours, peuvent travailler
de façon à raconter ce cours. Ils peuvent partir d’un schéma heuristique comme
prise de notes pour éviter de « lire ».
- Ce type de travail permet aussi d’obtenir, par exemple, des sujets d’invention de
bonne qualité, voire même de travailler l’Ecriture Personnelle en BTS et de valider
ainsi les compétences de base attendues.
Dessiner pour raconter : Utiliser un TICE de story telling, Meograph,
pour rédiger et illustrer un récit. Juliette Villeminot propose des travaux d'élèves sur son blog.
•
•
Montrer pour expliquer : travailler sur le visuel permet d’aller à l’essentiel. Il est facile
d’accéder, de façon intuitive à des outils type « mindmup » pour élaborer des schémas
heuristiques simples, de partage, en ligne. L'Hebdo Lettres sur les cartes mentales vous invite
à essayer en classe parmi de nombreuses applications. On peut proposer une carte
heuristique à bulles pour faire une biographie, plutôt qu’une fiche biographique linéaire :
les élèves peuvent ainsi compléter les bulles et créer des liens entre-elles.
•
On peut aussi utiliser des pictogrammes pour aider à mémoriser et à comprendre. Par
exemple pour utiliser des mots-clés : chercher à travailler les mots importants et notamment
les verbes des consignes et associer éventuellement des pictogrammes à ces verbes. (pour
différents sites proposant des pictogrammes : www.isaac-fr.org). Une piste à adapter selon le
besoin de l'élève serait de proposer un texte à trous imagés plutôt qu’un texte à trous simple.
•
Lire et écrire avec les tablettes numériques :
Le dossier -dont voici un extrait ci-dessous- préconise des adaptations simples via la tablette
numérique.
2
•
Quelques outils informatiques ciblés : le dossier en lien ci-dessous propose des activités
simples à mettre en œuvre à travers des exemples pratiques :
http://www.ac-grenoble.fr/disciplines/lettres/ASHhumanites/index.php?post/2013/11/08/%C2%AB-des-outils-pour-am%C3%A9liorerl%E2%80%99accessibilit%C3%A9-%C2%BB
- utilisation de formulaires : « Concernant la production d’écrits, beaucoup de ces élèves lents ou
mauvais scripteurs tireraient profit de la mise à disposition de documents présentés avec des listes
déroulantes ou des cases à cocher, qui limiteraient leurs tâches d’écriture proprement dites au profit de
tâches cognitives plus complexes. Tous les traitements de texte, à l’instar de Word, proposent une
barre d’outils « Formulaire » qui permet d’intégrer des champs textes ouverts illimités ou limités dans
leur taille, des cases à cocher utiles pour préparer rapidement un questionnaire à choix multiples, des
listes déroulantes dans lesquelles l’élève choisit sa réponse très simplement, la terminaison d’un verbe
ou l’emploi d’un pronom, par exemple, en un seul clic. »
Cet article souligne aussi :
•
la dimension augmentative des logiciels de dessin, de traçage de figures géométriques comme
la Trousse GéoTracés.
•
l’optimisation des efforts : les efforts d’apprentissage sont libérés du poids de l’attention et de
la concentration gestuelles.
•
l’efficience immédiate et une présentation irréprochable du document de travail, ce qui motive
grandement les élèves.
•
la mémoire de l’action, tous les textes, figures ou schémas réalisés sur ordinateur pouvant être
conservés, modifiés et réutilisés ultérieurement dans un agencement différent.
•
la prédiction de mots peut aider certains élèves présentant une grande lenteur d’écriture. Le
logiciel Dicom de l’association Handicap international ou Skippy proposent en cours de
frappe une liste de mots commençant par les lettres déjà affichées, de telle sorte que l’élève
n’a plus qu’à sélectionner le mot dans la liste. Cette ressource, bien maîtrisée, accélère
significativement l’écriture.
Pour conclure, grâce aux logiciels spécialisés certains enfants gravement handicapés peuvent
aujourd’hui lire, écrire, compter, agir sur leur environnement, communiquer à l’aide d’une voix
électronique avec leur entourage et poursuivre un cursus scolaire pratiquement normal. Il serait donc
dommage au sein de nos classes de se passer de ces outils pratiques permettant d’enseigner mieux et
de permettre à nos élèves – grâce à ces adaptations- de lever au mieux certaines barrières que le
handicap met sur le chemin de l’école. Arriver à accéder à des compétences permet à ces élèves de
moins sentir au quotidien le poids du handicap : accéder, c’est déjà un premier pas pour être accepté et
s’accepter.
Merci à Juliette Villeminot pour sa contribution autour de son site http://lewebpedagogique.com
1L'usage du téléphone portable en classe dans un cadre pédagogique est autorisé au lycée mais pas au collège
depuis la rentrée 2015.
3
Author
Document
Category
Uncategorized
Views
0
File Size
2 751 KB
Tags
1/--pages
Report inappropriate content