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Hors-série spécial Nord-Pas de Calais
BIOTECHFINANCES
L’INFORMATION STRATégique des biodécideurs et des bioinvestisseurs
Eurasanté, l’aiguilleur life sciences du
Nord-Pas de Calais
Acteur de poids du paysage life sciences français, la région Nord-Pas de Calais tire son épingle du jeu dans un écosystème archi-concurrentiel. À son avantage : un cluster soudé et dynamique portant une science de qualité. Le tout à
quelques encablures de la Belgique où les opportunités partenariales et financières se multiplient. Revue de troupes
en détails avec Etienne Vervaecke, directeur général du GIE Eurasanté.
d’avoir sous une même bannière
Biotech
finances :
une agence, un pôle de compétitiQuelles sont les racines de la
vité, un incubateur et une grappe
structure Eurasanté ?
d’entreprises.
Etienne Vervaecke : Le GIE
Eurasanté est né en 1996 d’une
BF : Vous avez délibérément
volonté du CHRU de Lille de dynachoisi quatre axes de dévelopmiser et d’organiser son transfert de
pement principaux : les pathotechnologies vers l’industrie. Cette
logies cardiométaboliques, les
première mission nous a permis
MICI, les maladies neurodégéde mailler le territoire académique
nératives et la nutrition. Pourdu Nord-Pas de Calais, mais égalequoi ces choix ?
ment d’accompagner une multitude
E.V. : Quand nous avons travaillé
de projets partenariaux et de créasur le projet de pôle de compétititions d’entreprises. Cette création
vité, nous avons souhaité spécifier
de valeur, orientée sur le secteur
notre offre en nous focalisant sur nos
de la santé, a alimenté la croissance
points forts. Notre histoire régionale,
d’une véritable filière life sciences
tant sur le plan de la recherche acaEtienne Vervaecke
régionale, qui emploie aujourd’hui
démique que du terreau industriel, nous a
près de 22 000 salariés dans plus de 780
rapidement conduit vers les trois grands axes que vous mensociétés. Au niveau du Parc Eurasanté dans l’agglomération
tionnez. Ça n’est pas pour rien qu’il y a en France un seul
lilloise, cela représente plus spécifiquement 135 entreprises
Labex focalisé sur la thématique des maladies cardiovascupour 2 700 salariés. À cette mission de valorisation de la relaires, et qu’il est situé à Lille autour
cherche et d’accompagnement d’ende sociétés comme Genfit ou Natutreprises s’est ajoutée une activité
ralpha. Idem pour les désordres
d’animation liée au pôle de com La force lilloise
neurodégénératifs avec un Labex
pétitivité Nutrition Santé Longévité
est
d’avoir
sous
une
dédié et plusieurs entreprises dont
(NSL), qui est gérée par une strucAlzProtect ou Genoscreen. En ce
ture de gouvernance indépendante.
même bannière un pôle
qui concerne le secteur de la nutriCette double responsabilité d’anide
compétitivité,
un
tion, l’histoire est un peu différente.
mation d’un pôle et d’une agence de
incubateur
et
une
grappe
Elle est incarnée par des industriels
développement économique est une
à capitaux familiaux très puissants
spécificité et une grande force lilloise
d’entreprises
comme Roquette, Lesaffre, Ingrequi permet aux entrepreneurs locaux
«
Sommaire
»
Financements
Interview
Entreprises
Apteeus repousse les limites
de la médecine personnalisée
Le LFB progresse aux
côtés des cliniciens lillois
VF Bioscience déploie ses
compléments alimentaires à
base de probiotiques
Page 3
Page 4
Page 5
la région en bref AlzProtect, EAT-Cell
Biotech, Naturalpha, 4P Pharma, Vaxinano…
Pages 8 - 9 - 10
Financements Financer sa biotech en
Nord-Pas de Calais : mode d’emploi
Page 11
billet bio Lille, l’attracteur étrange des
biotech
Page 12
Interview
dia ou Copalis, qui sont très implantés et
attachés à la région Nord-Pas de Calais,
et qui y investissent beaucoup pour leur
activité industrielle mais également pour
la filière dans sa globalité.
BF : À quelle échelle travaillezvous pour le rayonnement de
votre région ?
Pensez-vous que
le découpage territorial régional
strict doit être
dépassé ?
E.V. : L’un des gros
intérêts de la mise en
place des pôles de
compétitivité a été
la « thématisation »
progressive des différents clusters santé
vers les univers qui
leur sont propres.
Rhône-Alpes s’est
ainsi tourné vers
l’immunologie tandis que Midi-Pyrénées a choisi le
cancer ou PACA les
maladies orphelines.
Ces thématiques doivent évidemment
dépasser le territoire stricto sensu du
pôle, en allant mailler tous les acteurs
nationaux voire européens dans certains
cas de pôles frontaliers comme le nôtre,
avec la Belgique par exemple, dont nous
sommes très proches. Cette dynamique
d’expansion transversale est de plus en
plus une réalité avec pour preuve le
nombre de nouveaux membres du pôle
NSL extérieurs à la région Nord-Pas de
Calais, qui a atteint cette année près de
50 % des 20 souscriptions.
BF : Vous parlez de collaborations
transnationales, comment alimentez-vous cette dynamique et quels
impacts cela a-t-il sur vos modes
de financements ?
E.V. : Nos financeurs publics, notamment la région, ont bien compris que
leur soutien servait à soutenir une dynamique dont le barycentre est en Région
Nord-Pas de Calais mais dont la portée
et l’ambition est internationale. Concrètement, nous avons en ce moment quatre
projets européens Interreg en cours avec
nos partenaires des pays voisins. Nous
sommes également en train de travailler
à la création de réseaux de recherche
avec la Wallonie et les Flandres autour
Numéro spécial Nord-Pas de Calais
de la question de la nutrition et des maladies de civilisation. Sur le plan national, nous travaillons avec Nantes sur les
biomatériaux, avec Marseille sur l’aspect
diagnostic ou encore avec Valorial sur
les biomarqueurs pour un projet évènementiel de grande ampleur. Il est important que nous soyons soudés, entre les
différents
clusters
français, pour avoir
une vraie visibilité à
l’international. Nous
allons d’ailleurs très
souvent chasser en
meute, que ça soit
à Bio Japan, à Bio
US ou dans d’autres
grands salons européens par exemple.
des retours industriels forts du fait de la
forte sélectivité, en amont, des projets.
Nous faisons un tri important des dossiers candidats que nous présentons et le
FUI n’en finance in fine que 55 %. Sur le
pôle NSL, ce chiffre monte à 80 %. Une
reconnaissance forte de notre expertise,
ce dont nous sommes très fiers. Lors de
la dernière campagne FUI, par exemple,
nous avons présenté 3 projets, dont un
en collaboration avec Lyonbiopôle,
pour une réponse positive sur 2 dossiers. Nous avons observé ces dernières
années un réel changement dans le type
de sourcing de projets que nous présentons. Quand les premières candidatures
étaient très aval, avec peu d’implication
terrain de notre côté, nous travaillons
aujourd’hui sur des programmes bien
plus early-stage, sur lesquels nous coopérons de manière intense avec les dirigeants.
BF : Les spéculateurs annoncent
la fin programmée du soutien BF : Quelle est l’importance pour
financier du gou- vos entrepreneurs de recourir à ce
vernement pour type de fonds pour financer leurs
l’animation des projets ?
pôles. Quel est E.V. : Il y a quelques années, nous renvotre point de vue contrions pas mal de défiance des entresur ce sujet ?
preneurs envers les projets collaboratifs
E.V. : La pression financière est clai- de type Bpifrance ou FUI, qui étaient
rement en train de monter, et il est sûr réputés très compliqués à monter, pas
que nous sommes plus dans une phase entièrement compatibles avec le CIR et
de récession et de réduction des subven- dont le versement arrivait souvent trop
tions en tous genres que d’accroissement tard vis-à-vis des impératifs industriels,
des subventions.
notamment pour
Dans ce contexte,
les petites entreil est fort probable
prises. Cette menque l’État donne la
talité a évolué et
Il est important
main du financene croisons
de chasser en meute nous
ment des pôles aux
aujourd’hui plus
collectivités locales
beaucoup d’entrepour gagner en
d’ici 2 à 3 ans. À
prises qui n’ont
visibilité
ce jour, l’animation
jamais fait appel à
d’un pôle comme
ce type de disposile nôtre coûte envitif. Obtenir un FUI
ron 650 à 700 k€ par an. Une somme ou un financement ISI est un signal fort
apportée à 45 % par les cotisations des envoyé au marché pour la notoriété de
membres privés, à 35 % par les collecti- l’entreprise. C’est également un moyen
vités locales et régionales et à 20 % par non dilutif d’avancer ses travaux, ce qui
l’État.
est aujourd’hui très précieux. La dimension partenariale de ce type de consorBF : Qu’en serait-il alors du FUI tium ne doit enfin pas être négligée car
qui finance aujourd’hui les projets il est très sclérosant de vouloir chercher
labellisés par les différents pôles ? en solo. Faire de la recherche en groupe
E.V. : Le Fonds Unique Interministériel est, selon moi, un facteur de réussite
(FUI), vraie cheville ouvrière du dispo- durable. Ça aide à ce que l’open innositif des pôles de compétitivité, n’a, à vation avance dans une dynamique de
mon avis pas de vocation à être arrêté R&D incrémentale forte. l
ou remplacé à court terme. Il représente
Propos recueillis par
une aide très importante au secteur, avec
Juliette Lemaignen
2
«
»
Biotechfinances • Hors-série spécial Nord-Pas de Calais
Numéro spécial Nord-Pas de Calais
Financements
Apteeus repousse les limites de la
Par Juliette Lemaignen
médecine personnalisée
V
oici un concept innovant qui
pourrait
révolutionner
la
manière d’appréhender le traitement des maladies rares.
Impliqués dans le développement de candidat-médicaments chimiques au
sein du laboratoire INSERM U761 (Institut
Pasteur de Lille, Université Lille 2), Benoît
Deprez et Terence Beghyn associent depuis un
an leurs efforts au profit de la société Apteeus
incubée par Eurasanté sur le campus de l’Institut Pasteur de Lille. « Nous nous sommes
aperçus que le concept de drug development
classique, basé sur la réponse à une question médicale par un candidat-médicament
universel à visée large, n’était financièrement
pas compatible avec les niches thérapeutiques
dont les maladies rares font partie », explique
Terence Beghyn, CEO d’Apteeus, qui
reprend : « Le coût de R&D, très important,
aura beaucoup de mal à être amorti sur une
petite population et les instances de remboursement ne pourront bientôt plus suivre
sur des traitements trop coûteux ». Pour
contourner ce problème, Apteeus a choisi de
retourner le schéma de développement d’un
médicament en partant du patient pour aller
vers des marchés plus larges et en se basant
sur la pharmacopée existante. « Notre projet
consiste à screener de manière automatique
tous les principes actifs commercialisés sur
les propres cellules du patient en monitorant le processus défectueux à l’origine de
la maladie. En quelques jours, nous pouvons
ainsi déterminer quelles molécules pourraient être utilisées pour traiter la pathologie
du malade ciblé. C’est le principe de la médecine personnalisée poussé à l’extrême avec le
concept d’un médicament pour un patient ».
Deux distinctions au concours national du
Ministère de la Recherche
Afin de spécifier son approche, Apteeus a
choisi de travailler dans un premier temps
sur les maladies métaboliques héréditaires,
qui représentent environ 5 % des maladies
rares et qui ont l’avantage d’être majoritai-
d’administrer la molécule à sa patiente, soit
dans le cadre d’une prescription off-label, soit
pour une ATU nominative, voire enfin via le
montage d’un essai clinique en n-of-one ».
Les résultats de la première utilisation chez
l’homme dans cette indication devraient être
compilés courant 2015. Ils serviront probablement de go-no go pour les financiers qui
s’intéresseront au modèle. Le déploiement
grande échelle d’Apteeus coûtera en effet
plusieurs millions d’euros, que les fondateurs comptent bien fédérer auprès du capital
risque régional, mais également national, avec
un tour A à boucler courant 2015. l
Terence Beghyn et Benoît Deprez
« Nous aurons besoin
de boucler notre
tour A courant 2015 »
rement monogéniques, donc plus facilement
traitables, avec une molécule unique qui
ciblerait la cause de la maladie. Impulsée
grâce à deux distinctions au concours du
Ministère de la Recherche, qui ont libéré une
enveloppe totale de 275 k€, l’entreprise est
en train de réaliser la preuve de concept de
son approche, en lien avec le Dr Dries Dobbelaere du CHRU de Lille, sur deux patientes
atteintes du même trouble de déficit en transport de créatine. Les dirigeants ont à ce jour
identifié 15 molécules qui pourraient potentiellement être actives sur ces patientes. Ils
continuent leurs investigations en étudiant
la puissance de ces composés sur les cellules
des patientes, et en analysant l’ensemble des
informations disponibles sur le profil de sécurité et la pharmacocinétique des molécules
identifiées. « L’enjeu est de s’assurer que le
médicament sera bien actif et n’induira pas
d’effets secondaires non maîtrisés », explique
Benoît Deprez, qui est détaché à 20 % sur le
projet. « Une fois ces données en main, nous
serons en mesure de convaincre le praticien
20 millions
20 millions de patients sont atteints de maladies rares
en Europe à ce jour, avec environ 5 % de personnes
touchées par environ 300 maladies métaboliques
héréditaires.
5-40
Grâce au recul obtenu sur les deux premières campagnes
sur cellules de patients, les fondateurs d’Apteeus
estiment à environ 5 à 40 le nombre de molécules actives
candidates au repositionnement sur de nouvelles indications issues des maladies rares pour chaque patient.
1 600+
La bibliothèque d’Apteeus est aujourd’hui composée de
près de 1 600 principes actifs. Un nombre en constante
évolution.
Partenaires
Institut Pasteur de Lille, Eurasanté, Université
Lille 2
Opinion d’Alain Gay, responsable des affaires médicales cardio-vasculaires et
santé de la femme chez Bayer Healthcare Pharmaceuticals
L’idée de base pour l’industrie pharmaceutique dans les prochaines années est, selon
moi, de repartir du patient pour mieux le traiter. L’évolution des traitements, dernièrement, permet aujourd’hui de répondre aux grands enjeux de santé publique. Il faut
désormais les améliorer afin de rendre un service supplémentaire, au patient comme
au praticien. Le concept de repositionnement de médicament est dans ce sens une idée
intéressante. Nous avons tous, pharma, des molécules dans notre portefeuille qui pourraient répondre à de nouveaux besoins et il serait intéressant de les identifier au-delà des
simples observations cliniques compilées lors des essais. Une chose est cependant sûre : les biotech doivent être très prudentes sur la sécurité et la tolérance
de leurs molécules si elles veulent nous intéresser.
Biotechfinances • Hors-série spécial Nord-Pas de Calais
3
Interview
Numéro spécial Nord-Pas de Calais
Le LFB progresse aux côtés des
cliniciens lillois
Société emblématique de la région lilloise, le Laboratoire français du fractionnement et des biotechnologies (LFB) est présent en Nord-Pas de Calais à travers trois sites dont un centre de recherche qui abrite l’un
des projets phares du groupe, un candidat-médicament contre l’allo-immunisation fœtale. Sami Chtourou,
directeur général délégué, innovation et affaires scientifiques, revient sur ce programme et plus largement
sur le rôle du LFB au sein du Parc Eurasanté.
environ 550 personnes à Lille et enfin, un
magasin pharmaceutique situé à Carvin où
sont stockés tous les médicaments du LFB
avant leur distribution, et qui réunit une
trentaine de collaborateurs. Au total, près
de 700 personnes travaillent au LFB dans
l’agglomération lilloise quand le groupe
en compte 1 600 sur toute la France et
2 000 dans le monde. Plusieurs dizaines
de millions d’euros d’investissements ont
été réalisés sur ces différentes installations
au cours des 10 dernières années.
Sami Chtourou,
directeur général délégué, innovation
et affaires scientifiques chez LFB
Biotech finances : Vous êtes
une entreprise clé du Parc Eurasanté. En quoi êtes-vous un acteur important du terreau local et comment
se répartissent vos activités dans la
région ?
Sami Chtourou : Nous avons une forte
antériorité sur le GIE Eurasanté. L’implantation de notre centre de recherche
sur ce site remonte en effet à plus de
10 ans, avec des effectifs en progression
au fil des années. Nous avons sur cette
période développé une forte excellence
scientifique qui rejaillit sur l’ensemble du
territoire. Nous avons enfin mis en place
un réseau de partenariats et de collaborations très étendu au niveau local. Concrètement, nous sommes présents à travers
trois sites : un centre de recherche de 45
personnes que je dirige sur le campus Eurasanté, une usine de production de médicaments dérivés du plasma qui emploie
BF : Quel projet de médicament
mobilise en ce moment vos chercheurs ?
S. C. : Notre laboratoire innove dans
les trois domaines clefs du groupe LFB
que sont l’hémostase, l’immunologie et
les soins intensifs. Un des projets phares
issu de la plate-forme technologique développée à Lille est un anticorps monoclonal anti-D recombinant, indiqué dans
la prévention du risque d’allo-immunisation fœto-maternelle. C’est une situation
qui peut toucher les femmes enceintes
d’un second enfant. Comme l’ont montré les premiers résultats cliniques, notre
anticorps permet de détruire les globules
rouges rhésus positif du fœtus à l’origine
de la réaction immunitaire de la mère
contre son fœtus et peut donc prévenir
ce risque d’immunisation. Le produit fait
l’objet d’une étude clinique de phase II en
France et notamment au CHRU de Lille.
Une étude de phase III devrait démarrer
dans les deux ans à venir.
BF : Quels sont les atouts d’être
implanté sur un Parc comme celui
d’Eurasanté ?
S. C. : Le cluster forme un tissu dense
d’institutions de recherche, d’enseignement et de soins avec lesquelles nous
interagissons facilement du fait de notre
positionnement géographique. Nous travaillons avec le CHRU de Lille et l’Université de Lille 2, et notamment avec les
services des professeurs Jenny Goudemand, François Fourrier, Eric Hachulla
et Pierre Desreumaux. Nous apprécions
4
aussi l’esprit de start-up qui règne dans le
campus, esprit qui est le nôtre car, bien
que nous ayons une approche d’industriel, nous conservons la réactivité et le dynamisme entrepreneurial qui sont, selon
nous, à la source de tout succès en matière
de développement de médicaments.
BF : Quels sont vos axes de développement à Lille ?
S. C. : Nous avons à notre disposition
deux principales plateformes technologiques propriétaires dans l’ingénierie des
anticorps que nous utilisons pour le déve-
« Nous apprécions
aussi l’esprit de startup qui règne dans
le campus, source
de tout succès en
matière de drug
discovery »
loppement de nos produits. La première
vise à améliorer l’activité cytotoxique des
anticorps par le biais de la fonction Fc, la
seconde permet d’augmenter la demi-vie
des anticorps monoclonaux jusqu’à un
facteur 3 grâce à une meilleure affinité du
fragment Fc avec le récepteur FcRn. Nous
allons donner accès à ces plateformes à
d’autres industriels, via des accords de
licence sur ces technologies ou via des codéveloppements. Par ailleurs, nous poursuivons nos efforts aux côtés des start-up
du cluster et essayons de les aider. Nous
avons des discussions constantes avec
Eurasanté et ses adhérents, via notre responsable des partenariats scientifiques et
techniques, Rémi Urbain, pour entretenir
et enrichir nos collaborations avec l’écosystème local. l
Propos recueillis par
Anne-Laure Languille
Biotechfinances • Hors-série spécial Nord-Pas de Calais
Numéro spécial Nord-Pas de Calais
Entreprises
VF Bioscience déploie ses compléments
alimentaires à base de probiotiques
Maxime L. Vaeremans
et Marc Frémont
« Notre produit-phare
Reg’Activ réduit le taux de
cholestérol dans le sang
de 20 % »
L
a satisfaction d’avoir un premier complément alimentaire
sur le marché se lit sur les visages du duo franco-belge à la
tête de VF Bioscience. Baptisé
Reg’Activ Cholestérol, le produit est présenté dans une boîte élégante rouge sombre. « La
plupart de nos distributeurs dans le monde
ont conservé notre design », se félicite
Maxime L. Vaeremans, directeur marketing
de VF Bioscience. Créée fin 2011, cette jeune
entreprise innovante installée dans le bioincubateur d’Eurasanté développe des compléments alimentaires à base de probiotiques
brevetés, qui proviennent de l’extérieur ou
de sa propre collection de 200 souches, et
d’ingrédients fonctionnels tels que des vitamines. Sorti fin 2013, Reg’Activ Cholestérol
s’adresse aux personnes présentant une hypercholestérolémie modérée, soit 10 à 15 %
de la population selon les pays. « Reg’Activ
réduit le taux de cholestérol dans le sang
de 20 % et améliore d’autres paramètres
sanguins liés au risque de développer des
maladies cardiovasculaires », explique Marc
Frémont, directeur R&D de la start-up. En
effet, l’étude clinique réalisée pour ce produit sur 25 sujets a démontré une réduction
de 19 % du LDL oxydé, l’un des principaux
marqueurs de l’athérosclérose. Lactobacillus fermentum ME-3, la souche probiotique
contenue dans Reg’Activ, a été isolée par
une équipe de recherche de l’Université
de Tartu en Estonie, auprès de laquelle VF
Bioscience a acquis une licence.
Une levée de fonds en cours
La société, qui s’en tient à une structure
quasi virtuelle composée des deux associés,
commercialise son produit via un réseau de
distributeurs spécialisés en Europe, en Asie
du Sud-Est et sur tout le continent américain.
Il est également vendu en pharmacie depuis
septembre dans le sud de la France. Forte
de ce premier succès scientifique, qu’elle
espère voir se transformer en succès
commercial, VF Bioscience veut rapidement
développer la suite de son pipeline.
Financée jusqu’ici grâce à des fonds privés,
augmentés d’un prêt participatif de 50 k€ de
Bpifrance et d’un prêt d’honneur de 40 k€
du réseau Nord Entreprendre, la biotech
s’apprête à boucler une levée de fonds de
400 k€ auprès de Finovam notamment. Cet
argent va lui permettre de pousser un autre
complément alimentaire dans l’indication
cardiovasculaire agissant sur les triglycérides
(réduction de 20 à 25 % des triglycérides à
l’issue de l’essai clinique) mais aussi sur le
diabète de type 2, qui pourrait être pris en
combinaison avec Reg’Activ Cholestérol.
Pour doper les ventes des deux produits
aux États-Unis où 15 % de la population est
concernée par le cholestérol, VF Bioscience
ouvrira bientôt une filiale outre-Atlantique.
Le dernier produit phare de son pipeline est
un complément pour la fonction hépatique
et la détoxification baptisé Reg’Activ Vitalité,
qui devrait être lancé d’ici à la fin de l’année.
Avec ces trois premiers produits, la start-up
vise des ventes de 2 M€ dès 2016. l
Par Anne-Laure Languille
1,2 Md€
C’est le marché des compléments alimentaires en
France.
3à4
Pour accompagner son développement, VF
Bioscience recrutera 3 à 4 personnes dans les mois
à venir.
4
En 2015, l’entreprise sortira 4 nouveaux compléments alimentaires.
Partenaires
Banque
CIC
Cabinet juridique affaires courantes
Cabinet Bignon-Lebray
Cabinet juridique brevets
Cabinet Plasseraud
Agence Conseil & Incubateur
Eurasanté
Opinion d’Alexandre Labé, directeur du développement du pôle Nutrition Santé Longévité
VF Bioscience bénéficie depuis fin 2013 de l’accompagnement de Nord Entreprendre.
C’est un réseau de chefs d’entreprises qui aide d’autres dirigeants à bâtir leurs sociétés, notamment par un prêt d’honneur compris entre 15 et 90 k€, en échange de quoi
l’entreprise s’engage à créer dans la région 5 à 10 emplois dans les trois ans. Le dossier de VF Bioscience présente plusieurs atouts majeurs tels que l’expérience des dirigeants dans
le secteur, un premier produit sur le marché, des collaborations de recherche avec des institutions à l’international. Mais le management a aussi bien identifié ses défis : comment se déployer
à l’international ? Comment inscrire l’entreprise dans un cycle recherche-mise sur le marché
pérenne ? Comment financer toutes ces actions ? Des questions auxquelles les deux
managers ont su répondre jusque-là.
Biotechfinances • Hors-série spécial Nord-Pas de Calais
5
Convention
Numéro spécial Nord-Pas de Calais
BIOFIT rapproche l’innovation
académique et le monde industriel
Depuis la première édition en 2010 à Lille, qui a réuni 330 participants, la convention d’affaires BioFIT a
pris une toute autre dimension. Cette année, ce sont 800 chercheurs, patrons de biotech, directeurs de
pharma et de TTO (Technology Transfer Offices) qui sont attendus à Lille les 2 et 3 décembre prochains pour
trouver des opportunités de collaboration. Au programme, tables-rondes et entretiens individuels.
I
maginée et organisée par l’agence
de développement économique
Eurasanté et le pôle de compétitivité NSL, BioFIT suit une thématique assez unique dans le milieu des
conventions d’affaires : créer de l’innovation en rapprochant pendant deux jours
académiques et industriels. « Ce n’est
donc pas un salon commercial », claironne-t-on chez Eurasanté. « La rencontre
entre les équipes des laboratoires publics
et celles de l’industrie dans la perspective de faire émerger des programmes de
développement constitue le centre de gravité de BioFIT», renchérit Nicolas Carboni, président de la SATT Conectus Alsace.
Une levée de fonds en cours
Pour se rencontrer, académiques,
industriels et offices de transfert de
technologie peuvent planifier jusqu’à 15
entretiens individuels par jour. D’une
durée d’une demi-heure chacun, ceux-ci
auront lieu de 9h00 et 18h00 en marge des
tables-rondes thématiques. Dès l’ouverture
de la plateforme de rendez-vous début
novembre, il sera possible de rentrer
en contact avec son partenaire avant la
convention d’affaires. Ensuite, chaque
participant pourra gérer son planning
de façon flexible, avec la possibilité de se
laisser des plages libres pour assister aux
tables-rondes.
Sur un ton très pratique, celles-ci
aborderont diverses thématiques autour
de l’open-innovation. Comment financer
l’innovation early stage ? Quelles sont
les meilleures pratiques en matière de
recherche collaborative ? Quelles sont les
nouvelles tendances dans le transfert de
technologie et le scouting industriel ? Pour
répondre à ces questions, des personnalités
de haut rang partageront leur vision :
directeurs open innovation des big pharma,
directeurs des TTO, patrons de biotech,
investisseurs. Parmi eux, Adrian Carter de
Boehringer Ingelheim, Jeffrey Ulmer de
Novartis Vaccines, Duncan Holmes de GSK
ou encore Bernd Stowasser de Sanofi, etc.
à égalité par les collectivités locales, la
région Nord-Pas de Calais et les partenaires
privés. « Cette répartition des ressources est
nécessaire, la convention ne pouvant pas se
reposer uniquement sur les entrées dont le
prix a été réduit pour les académiques et
les start-up », justifie-t-on chez Eurasanté.
Enfin, BioFIT affirme son positionnement
international
en
accueillant
les
représentants de 35 pays. Du fait de sa
proximité géographique, l’événement
fait la part belle aux acteurs provenant
de Belgique. Une façon intéressante de
promouvoir les collaborations de recherche
entre laboratoires et industriels installés de
part et d’autre de la frontière. l
Par Anne-Laure Languille
Nicolas Carboni
« La rencontre triangulaire
entre l’académique, la
biotech et l’industriel
constitue le terreau le plus
fertile pour faire naître les
innovations de demain »
Les TTO en chefs d’orchestre
La participation des TTO est l’un des
attraits de la convention d’affaires BioFIT.
Ils pourront pleinement jouer leur rôle de
facilitateur d’affaires, comme l’explique
Nicolas Carboni de la SATT Conectus
Alsace. « La rencontre triangulaire entre
l’académique, la biotech et l’industriel
constitue le terreau le plus fertile pour faire
naître les innovations de demain. Le push
académie-industrie reste marginal, même
si de plus en plus de pharma vont sourcer
les technologies directement auprès des
laboratoires publics. C’est le rôle des TTO
de créer cette rencontre. »
La dimension partenariale se reflète dans
les parrains de cette opération financée
6
38 %
C’est la proportion des académiques et TTO
qui participeront à l’édition 2014. Les pharmas
représentent 34 %, les investisseurs, clusters et
autres services, 28 %.
999 €
Droit d’entrée pour les sociétés matures. Il est
de 399 € pour les start-up de moins de 3 ans et
de 849 € pour les TTO, clusters et instituts de
recherche.
13
C’est le nombre de tables-rondes sur les deux
jours.
Biotechfinances • Hors-série spécial Nord-Pas de Calais
Numéro spécial Nord-Pas de Calais
SAVE
THE
DATE
June 17 & 18 , 2015
Lille, F R A NC E
The market place for innovation
in food, nutrition & health
> Qualified one-to-one meetings
> High-level conferences
nutrevent.com
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7
Entreprises
Numéro spécial Nord-Pas de Calais
AlzProtect prend les courants ascendants
R
econnue pour ses efforts de recherche dans les maladies neurodégénératives, AlzProtect, née en 2007 et hébergée dans le bioincubateur d’Eurasanté, vient de boucler une première levée de fonds de 2 M€. « Nous
avons fédéré 1 M€ auprès d’un investisseur individuel, nouvel entrant à notre
capital Pierre Besançon, 600 k€ auprès de Finovam et Nord France Amorçage,
ainsi que 400 k€ auprès de 14 autres investisseurs individuels », se félicite Philippe Verwaerde, patron de l’entreprise de 10 personnes. Grâce à l’opération,
AlzProtect s’est vue propulsée dans une autre dimension. Sa nouvelle notoriété
provient surtout du fait qu’elle vient de débuter un essai de phase I sur son composé phare AZP2006. Développé dans la démence fronto-temporale qui appartient, comme la maladie d’Alzheimer, au groupe des tauopathies, AZP2006 a démontré des résultats préliminaires encourageants. Une fois la phase I finalisée,
Philippe Verwaerde
l’entreprise fera de nouveau appel à des investisseurs extérieurs pour financer
l’étape suivante avec, cette fois-ci, l’ambition de lever 12 M€ pour lui permettre d’aller jusqu’à la preuve de concept.
AlzProtect travaille déjà avec le Pr Florence Pasquier du CHRU de Lille sur le design de la phase IIa qui aura lieu en
2016. La molécule devrait faire parallèlement l’objet d’un autre essai de phase IIa dans la paralysie supranucléaire
progressive. Évalué à 6 M€, ce projet pourrait être financé par un consortium européen dans le cadre d’Horizon 2020.
EAT-Cell Biotech vérifie vos T-Regs !
L’analyse de l’activité des lymphocytes T-régulateurs devrait être
un pré-requis réglementaire pour tout nouveau candidat médicament en développement », s’exclame Nadira Delhem, responsable de l’équipe immunorégulation des cancers viro-induits
à l’Institut de Biologie de Lille. « De nombreux échecs de développements
et échappements thérapeutiques dans le secteur sont notamment dus à une
suractivité des lymphocytes T-régulateurs qui inhibent la réponse du système
immunitaire. Dans le « meilleur » des cas, une tumeur résistera par exemple
à un traitement, mais dans le « pire », le patient pourra souffrir d’effets secondaires importants comme par exemple de troubles auto-immuns ». Ce constat
d’un intérêt premier a été validé par l’équipe du Dr Delhem sur ses propres
modèles cellulaires humains, dans le cadre d’un essai sur une molécule issue
de la pharma dont le développement avait été arrêté en phase II. « La proDr Nadira Delhem
chaine étape consiste à commercialiser, sous forme de services, le fruit de ces
10 années de recherche », ajoute Nadira Delhem qui restera consultante pour la société EAT-Cell Biotech exploitant la
plateforme. Toute biotech ou pharma peut ainsi désormais, pour un budget de quelques dizaines ou centaines de milliers d’euros, en fonction du projet, faire tester sa molécule. Pour un essai sur une molécule, à trois doses, le temps de
réponse avoisinera les 4 semaines. Un gain de temps et d’argent qui ne devrait pas laisser les business developpeurs
dubitatifs trop longtemps…
Vaxinano mise sur les nanoparticules pour ses vaccins
L
a puissance des nanotechnologies adaptée au marché colossal des
vaccins, voici le terrain choisi par le Pr Didier Betbeder, responsable
de l’équipe de recherche Nanoparticules de l’Université Lille 2. Cet
ancien manager de biotech, qui avait notamment co-fondé Biovector Therapeutics dans les années 90 sur un concept de vaccin anti-grippal nasal, reprend son tablier d’entrepreneur pour lancer le projet Vaxinano. Le concept :
développer des vaccins innovants en encapsulant de manière quantitative des
antigènes spécifiques dans des nanoparticules d’amidon. Un pari audacieux
qui ouvre à cette technologie des applications quasi-illimitées. Pour démarrer,
le Pr Betbeder a misé sur un projet autour de la toxoplasmose, co-mené avec
le Pr Dimier-Poisson de l’Université de Tours. Ces derniers ont d’ores et déjà
obtenu la preuve de concept de leur nano-vaccin chez la souris et sont en train
Pr Didier Betbeder
de le tester chez la brebis dans un essai contrôlé mis en place avec l’INRA et
financé par la SATT. « Le premier marché visé sera celui de la vaccination animale, car c’est le plus accessible et le plus
significatif en termes de retombées commerciales », commente le chercheur qui conclut : « mais nous comptons dupliquer notre modèle chez l’homme dans d’autres indications à court terme, au niveau des infections à parasitoses, mais
également de toute maladie nécessitant un vaccin à médiation cellulaire comme le HIV ou l’hépatite B par exemple ».
8
Biotechfinances • Hors-série spécial Nord-Pas de Calais
Numéro spécial Nord-Pas de Calais
Entreprises
Allégation santé : Naturalpha évangélise les industriels européens
N
aturalpha conseille
les
ingrédientistes
dans l’obtention des
allégations santé pour leurs
produits alimentaires, et réalise leurs essais cliniques.
Selon la réglementation de
l’EFSA (Autorité européenne
de sécurité des aliments) daStéphane Postic
tant de 2012, les industriels
ne peuvent inscrire d’allégation santé sur leurs produits si
celle-ci n’a pas été prouvée scientifiquement. Affichant un
chiffre d’affaires de 2 M€, la CRO, née en 2001, veut augmen-
ter son flux d’affaires. Une phase qui passera par un effort de
pédagogie auprès des industriels concernés, rétifs à réaliser
des essais cliniques. Pour les convaincre, Naturalpha les réunit lors de sessions de formation sur la réglementation EFSA.
Face à ses concurrents, la société de 25 personnes a plusieurs
atouts à faire valoir, notamment ses capacités de recrutement
de volontaires et en particulier son accès à des sujets obèses
ou en surpoids, dont la prévalence est plus importante dans
le Nord-Pas de Calais que dans le reste de la France. L’un
de ses derniers clients renforce également sa crédibilité. Il
s’agit du groupe Oxylane-Décathlon qui devrait bientôt obtenir une première allégation pour un produit dans le domaine
de la nutrition sportive.
Tout juste née, 4P Pharma ouvre son capital aux investisseurs
C
réée en août dernier, la start-up 4P Pharma est la
petite dernière du Bio Incubateur Eurasanté. Pour
financer le développement de ses candidats-médicaments, elle ouvre son capital aux investisseurs. « Un tour
de table vient de démarrer avec l’objectif de lever 900 k€ »,
précise Revital Rattenbach, CEO de la start-up dont la direction scientifique est assurée par le CEO de l’Israélien
Pharmaseed, Itschak Lamensdorf. D’autres levées de fonds
appelant plusieurs millions d’euros suivront pour pousser
les candidats jusqu’à la preuve de concept clinique en vue
de leur cession à une pharma. Basée à l’Institut Pasteur de
Lille, 4P Pharma suit un modèle original. Elle identifie des
technologies prometteuses auprès des SATT et des biotech,
les codéveloppe avec l’équipe scientifique pendant la matu-
ration, avant de décider ou non
de prendre une licence. Issu d’un
sourcing auprès des SATT Sud-Est
et Nord, son portefeuille contient
trois programmes dont deux sur
lesquels elle a posé des options
de licence. Le plus avancé d’entre
eux vise la dystrophie musculaire
et a obtenu des premiers résultats
encourageants. Les essais précliniques réglementaires auront lieu
Revital Rattenbach
en 2014/2015 avant une entrée en
clinique courant 2016 si 4P Pharma lève son option.
Cousin Biotech et l’Université de Lille 2 développent une prothèse innovante
A
© Éric Flogny/Aleph
Lille, PME et cliniciens
collaborent en toute simplicité. Ainsi en est-il
du projet qui rassemble Cousin
Biotech, développeur d’implants
médicaux à base textile depuis
20 ans, et l’équipe du Pr François
Pattou (Inserm 859, Université de
Lille 2), spécialiste des traitements
non pharmacologiques du diaFrançois Cousin
bète. François Cousin, président
du conseil de surveillance de Cousin Medical Group, et le
Pr François Pattou veulent développer une prothèse efficace
contre l’obésité et le diabète de type 2. Leurs équipes, qui
travaillent ensemble depuis plusieurs semaines, ont déjà
codéposé deux brevets sur la technologie en question. Leur
collaboration devrait bientôt être formalisée par un accord
sous l’orchestration de la SATT Nord. « Comme nous progressons en toute confiance, cet accord ne sera qu’une formalité », précise François Cousin qui a longtemps présidé
Cousin Biotech avant son rachat, cette année, par Dalle &
Associés. Pour la PME qui réalise 14 M€ de chiffre d’affaires
pour une centaine de salariés, ce programme, s’inscrit dans
sa tradition d’open innovation, lui permettra d’enrichir
son pipeline. « Un tel dispositif viendrait compléter notre
gamme d’anneaux gastriques », conclut François Cousin.
Diagast industrialise la technologie d’AboDiag
pour une mise sur le marché
prévue courant 2017. Grâce
aux ventes de ces nouveaux
systèmes, l’industriel lillois, qui affiche aujourd’hui
30 M€ de chiffre d’affaires,
espère atteindre 50 M€ dans
5 ans puis 100 M€ dans
10 ans. Conscient de devoir
se donner les moyens de son
ambition, il va agrandir son
Bruno Morino
bâtiment de production et
doubler ses effectifs au long des cinq prochaines années
pour un investissement global de 15 M€.
Biotechfinances • Hors-série spécial Nord-Pas de Calais
© Laurent Mayeux Photographies
D
iagast, entreprise phare du Parc Eurasanté où elle
s’est implantée en 1995 porte, aux côtés du LFB et
de Macopharma, le savoir-faire lillois en matière de
transfusion sanguine et de produits dérivés du sang. Propriétaire de la TPE bordelaise AboDiag depuis mars dernier,
Diagast lance l’industrialisation de sa technologie HaemTrap afin de compléter sa propre gamme de systèmes automatisés Qwalys. « La technologie d’AboDiag a l’avantage
d’être intuitive et de permettre la réalisation de centaines
de tests en très peu de temps », précise Bruno Morino, CEO
de Diagast. Les tests en question sont le groupage sanguin,
la détermination des phénotypes, la recherche et l’identification des anticorps. Diagast doit encore avancer la technologie, en développer le support et un nouvel automate
9
Entreprises
Numéro spécial Nord-Pas de Calais
Le cancer du sein, et après ? Kalicou innove
L
e projet de recherche
« Kalicou » sur « le vécu
des femmes jeunes atteintes d’un cancer du sein et de
leur partenaire » est sur le point
de lancer son 3e volet. « L’impact
du cancer du sein sur l’environnent proche des malades et
sa prise en charge, sur le long
terme, est aujourd’hui mal connu
Dr Laurence Vanlemmens
et peu encadré », nous a confié le
Dr Laurence Vanlemmens, oncologue au Centre Oscar Lambret. Ruban rose à la poitrine, cette praticienne passionnée
souhaite, avec le Pr Véronique Christophe, professeur de
psychologie de la santé à l’Université Lille 3, mettre en place
une interface informatique permettant d’évaluer, en temps
réel, le vécu subjectif de cette maladie sur les jeunes femmes
et sur leur partenaire. Cette plateforme, qui sera élaborée
par deux spécialistes de l’IT, Aquilab et Alicante, permettrait aux cliniciens de suivre leurs patientes en temps réel et
de recevoir des alertes spécifiques si ces dernières, ou leurs
conjoints, rencontrent de fortes difficultés face à la maladie
dans divers domaines, dont la gestion de la vie quotidienne,
des enfants, la relation de couple ou la vie professionnelle.
Pour boucler le projet, le duo féminin aura besoin d’une
centaine de milliers d’euros.
EGID attaque le diabète par la voie interventionnelle
T
rouver des réponses innovantes aux pathologies
métaboliques en se focalisant sur les voies non pharmacologiques, le champ de recherche ouvert par
l’équipe du Pr François Pattou, directeur de l’unité U 859
Thérapie cellulaire du diabète et membre du groupement
European Genomic Institute for Diabetes (EGID), répond
à un besoin de santé grandissant. Le diabète est devenu en
quelques années une véritable épidémie touchant plus de
382 millions de personnes dans le monde en 2013. Fonceur
de nature, le Pr Pattou enchaîne les projets collaboratifs afin
de disposer de moyens suffisants pour développer sa politique ambitieuse de R&D. L’équipe académique travaille
pour cela avec plusieurs industriels dont Macopharma
pour un programme dans le domaine de la greffe d’îlots
pour le diabète de type 1 qui a
déjà permis de traiter avec succès 45 patients, ou encore Cousin Biotech pour un projet de
développement de dispositifs
médicaux capables de reproduire des actes chirurgicaux
éprouvés, en limitant le côté invasif. EGID participe également
au consortium ISI IT-Diab, et
au projet IMI Direct, tous deux
orientés sur la caractérisation
de marqueurs de réponse chez
les patients.
Pr François Pattou
Biostatistiques : Orgamétrie met en place sa croissance
D
oubler son chiffre d’affaires en cinq ans, voilà
l’objectif que s’est fixé
la CRO Orgamétrie, spécialisée
dans les études biostatistiques et
la conduite d’essais cliniques pré
et post AMM. Pour y parvenir,
l’entreprise de Roubaix qui réalise aujourd’hui 3 M€ de chiffre
d’affaires, organise sa montée
Dr Pierre Clerson
en puissance. Elle procédera
d’abord à un rééquilibrage de ses forces vives avec l’installation d’un mid-management pour une meilleure répartition
des tâches. Le deuxième chantier sera celui du renforcement de ses capacités de data management organisées autour
d’une solution eCRF pour la collecte des données, un virage
qu’elle a pris il y a quelques années. Enfin, la diversification
de ses activités fait partie de sa stratégie. Orgamétrie a ainsi
investi 100 k€ dans une CRO lilloise d’un autre genre, Oncovet Clinical Research, qui a pour mission de proposer à des
pharma des modèles de chiens et de chats naturellement malades. « Cette fusée à trois étages s’ajoute à nos efforts quotidiens pour pérenniser nos collaborations avec les industriels
et rester un partenaire de choix», souligne Pierre Clerson,
médecin, directeur général d’Orgamétrie, qui publie par ailleurs sept à huit articles scientifiques par an.
Lunginnov : du diagnostic à la thérapeutique dans les infections respiratoires
P
ermettre aux praticiens de pronostiquer une aggravation respiratoire chez un patient, avec un biomarqueur spécifique, telle est la mission que s’est donné
Philippe Lassalle, CEO de la société lilloise Lunginnov.
Parti de la découverte de la molécule Endocan et de ses
propriétés d’expression au niveau de l’endothélium respiratoire, ce chercheur de l’Institut Pasteur de Lille a mis au
point un kit capable de pronostiquer deux principaux types
de pathologies : le sepsis et les inflammations pulmonaires.
Une application est également en développement dans le
secteur de l’oncologie avec la possibilité d’utiliser Endocan
comme marqueur de la réponse angiogénique. Jusqu’à présent autofinancée grâce à ses revenus de ventes de produits
10
et services, 170 000 € en 2013, ainsi
que par une subvention versée par
Bpifrance et par des investisseurs individuels, Lunginnov recherche des partenaires industriels et financiers pour
accélérer son activité et avancer un
programme de développement de thérapeutique lié au marqueur Endocan.
Ce produit pourrait entrer en clinique
en 2017 / 2018, ce qui nécessitera de
clôturer d’ici là une levée de fonds de
plusieurs millions d’euros.
Philippe Lassalle
Biotechfinances • Hors-série spécial Nord-Pas de Calais
Numéro spécial Nord-Pas de Calais
Financements
Financer sa biotech en NordPas de Calais : mode d’emploi
A
fin d’accompagner le développement de son tissu économique, la région Nord-Pas de Calais a mis
en place toute une série d’outils de financement disponibles à différents stades et pour tous types
de montants, à la fois pour des jeunes pousses et pour des sociétés plus late-stage. Biotech finances
dresse un état des lieux de ces dispositifs et de leur fonctionnement.
FINANCER
Les acteurs du financement
Finovam, IRD, Nord France Amorçage,
région Nord-Pas de Calais, les Business
Angels Nord de France, Invest Innove,
Réseau Entreprendre Nord, LMI INNOVATION, Clubster Santé, Bpifrance.
La Région Nord-Pas de Calais investit
•
dans un contrat de développement à destination
des PME de moins de 250 salariés, via des
subventions qui peuvent atteindre 10 % du
montant des investissements prévus par les
entreprises.
Pour dynamiser le financement et
l’accompagnement des startups technologiques
en Région Nord-Pas de Calais, les branches
capital-risque de Finorpa (Finorpa SCR) et de
l’IRD (Inovam) ont fusionné en février 2014
pour créer Finovam, une société régionale
d’amorçage dotée de 15 M€. Finovam vise à
renforcer l’émergence et le financement de
projets d’amorçage innovants, prioritairement
technologiques, en apportant des moyens
supplémentaires pour accompagner dans la
durée les projets à plus fort potentiel. Finovam
a notamment investi dans le dernier tour de
2 M€ d’AlzProtect, installée au bioincubateur
d’Eurasanté. Pour Hélène Cannard, membre du
directoire de Finovam, il est important pour les
biotech de parvenir « à structurer suffisamment
de fonds propres qui vont leur permettre de
financer les phases précliniques et ensuite
d’accéder au capital-risque ».
La proximité de la Belgique favorise les
investissements provenant de ce pays : l’IRD a
historiquement conclu un partenariat avec
Louvain Vives II, un fonds transfrontalier basé
à Louvain, qui a la capacité d’intervenir en
Nord-Pas de Calais.
Le fonds régional d’amorçage Nord France
Amorçage a été lancé en fin d’année 2012. Il
soutient les PME en amorçage et en post
amorçage ainsi que les projets innovants
d’entreprises existantes. N’intervenant qu’en
co-investissement, Nord France Amorçage peut
investir jusqu’à 800 k€ dans les sociétés.
L’association « Les Business Angels Nord
de France » a pour objectif de servir
d’intermédiaire entre les entreprises en
recherche de financements et les business
angels de la région. Elle vise également à
sensibiliser et informer les porteurs de projets
•
•
•
•
sur l’intérêt d’ouvrir le capital de leur
entreprise, et les business angels sur les
potentiels d’investissement.
Sur le même modèle, le réseau
d’entreprises Clubster Santé a lancé avec
Eurasanté la plateforme Invest Innove, chargée
de mettre en relation des porteurs de projets /
entrepreneurs avec un groupe d’une centaine
d’investisseurs personnes physiques capables
d’injecter entre 150 et 500 K€ avec volonté ou
non, de s’impliquer dans le management. Au
cours de 3 à 4 réunions par an, les différents
membres assistent à des pitchs de présentation.
« Le Nord est un important contributeur à
l’ISF », explique Etienne Vervaecke, directeur
du GIE Eurasanté. « Il serait dommage de ne
pas aiguiller ces fonds, grâce au dispositif
TEPA, vers les entreprises innovantes, ce que
nous tentons de faire avec Invest Innove ».
Depuis 2009, Invest Innove a permis de lever
40 M€ pour 48 projets présentés.
Prêts d’honneur : le Réseau Entreprendre
Nord et LMI Innovation accordent des prêts
d’honneur sans intérêts ni garanties à la
personne physique uniquement. Le porteur de
projet peut ainsi obtenir jusqu’à 90 k€ de prêt
auprès de chacun de ces organismes.
Bpifrance est un acteur incontournable
dans le financement des entreprises de
biotechnologies dans le Nord-Pas de Calais.
Dans sa palette d’aides à l’innovation, Bpifrance
finance des biotech aussi bien en phase de
création (étude de faisabilité, …) qu’en phase de
développement (prêt participatif, …). Le
développement d’un candidat-médicament fait
parti du champ d’intervention de Bpifrance.
•
•
•
Accompagner
Les acteurs de l’accompagnement
Eurasanté, J’innove en Nord-Pas de Calais, Chambre régionale de commerce
et d’industrie, Pôle « Nutrition, Santé,
Longévité », Institut Pasteur de Lille.
Partenaire incontournable des biotechs en
Nord-Pas de Calais, l’agence de développement
économique Eurasanté soutient la filière santé/
biotech grâce à une équipe d’une quarantaine de
personnes spécialisées dans différents métiers :
appui au développement et à la création
d’entreprises innovantes, valorisation de la
recherche, incubation de projets innovants, et
15
15 projets labellisés par Eurasanté ont eu accès au
FUI.
142 M€
14 projets soutenus par le Pôle NSL sont lauréats
des Investissements d’Avenir et ont bénéficié, à ce
titre, d’un montant total de financement de plus de
142 M€.
163 M€
Eurasanté a accompagné, depuis 2006, 72 projets
financés pour un budget total de R&D de 163 M€ et
près de 70 M€ d’aides publiques octroyées.
animation du pôle de compétitivité « Nutrition,
Santé, Longévité ». À cheval sur le thème de
l’aliment santé et de l’innovation thérapeutique
et des biotechnologies, ce pôle de compétitivité
a contribué à labelliser de nombreux projets
FUI autour de trois thématiques : maladies
neurodégénératives, maladies chroniques
inflammatoires de l’intestin, maladies cardiométaboliques et nutrition. Lille est aussi
reconnue pour son foyer de compétences sur
les produits liés au sang, avec la présence
d’entreprises comme Macopharma ou
Diagast. Pour Etienne Vervaecke, directeur
général d’Eurasanté, le rôle de l’agence de
développement s’étend au-delà des frontières
régionales : « Nous sommes très actifs dans
la promotion territoriale pour faire venir des
entreprises en Nord-Pas de Calais », une région
où « il existe un foisonnement d’activités autour
de la santé, qui n’est pas forcément connu et
reconnu ! ». Eurasanté organise des événements
professionnels, comme BioFIT et NutrEvent,
et vise à accélérer les partenariats financiers
et scientifiques. Eurasanté est aussi un
interlocuteur privilégié pour les démarches de
levées de fonds : « Nous disposons d’un réseau
dans le capital-investissement, le capital-risque,
et chez les business angels en France et en
Belgique. » l
Biotechfinances • Hors-série spécial Nord-Pas de Calais
11
Billet BIO
Par H. Ella
Lille, l’attracteur étrange des biotech
E
st-ce la proximité de Bruxelles, son
éloignement de Paris ou encore la
vitalité de ses centres de recherche
qui font de Lille un pôle d’attractivité majeur
dans le domaine des sciences du vivant ?
Peut-être est-ce un peu tout cela et bien plus
encore. Avec des sociétés actives dans des
secteurs aussi différents que la génomique et
les kits de diagnostic, les anticorps de nouvelle
génération ou les traitements innovants
des maladies métaboliques, l’ensemble du
spectre des sciences du vivant semble y
être représenté. Ainsi, avec près de 2 200
chercheurs et pas moins de 780 sociétés
dans le domaine de la santé, la région NordPas de Calais se situe en troisième position.
Forte de cette diversité, la région lilloise est
devenue depuis plusieurs années un véritable
attracteur pour les biotechnologies, une sorte
de lieu qui draine naturellement toute volonté
créatrice. Particulièrement sensibles aux
conditions initiales, la valorisation et la création
d’entreprise nécessitent donc, dès les premiers
temps, un véritable écosystème de l’innovation.
Partenaire privilégié des centres de recherche
et des universités d’excellence, Eurasanté, le
biocluster lillois, a su mobiliser autour de lui de
nombreuses énergies dont notamment celles
des investisseurs locaux : Finorpa et Inovam.
Ceux-ci, en phase ultime d’intégration, ont
fusionné leur activité d’amorçage sous le nom
de Finovam, préférant un fonds unique doté de
15 M€ à un émiettement des capacités comme
on peut le voir trop souvent dans nos belles
régions. Une opération qui n’est pas commune
puisqu’elle a vu l’association de deux acteurs,
l’un d’essence publique, l’autre privé, ayant
a priori des finalités distinctes. L’objectif
désormais est de passer à la vitesse supérieure
avec un fonds interrégional d’amorçage
couvrant la Picardie, la Champagne-Ardenne
et la Lorraine, qui bénéficierait de l’appui du
Fonds National d’Amorçage. Aujourd’hui, avec
la présence de quelques champions dont le
plus emblématique est Genfit, qui affiche l’une
des plus importantes capitalisations du marché
boursier, la région lilloise peut regarder avec
sérénité le chemin parcouru. l
u veille stratégique
Les principaux deals en Nord-Pas de Calais de l’année 2014
Type d’opération
Montant de la transaction
Genfit
Augmentation de capital
MTD
Augmentation de capital
AlzProtect
Augmentation de capital
MDoloris
Augmentation de capital
AlzProtect
Obtention d’une subvention
OCR
Augmentation de capital
Lipofabrik
Augmentation de capital
Cousin BiotechCession
Agro-Levures et Dérivés SASCession
AgrauxineCession
Nom de l’acquéreur ou des investisseurs principaux
49,7 M€
Multiples
5,4 M€
Nord Capital Partenaires
2 M€
Pierre Besançon, Finovam, Nord France Amorçage, business angels
1,1 M€
Actionnaires historiques dont Finovam ainsi que Siparex
1 M€Bpifrance
700 k€
Nord France Amorçage, A&S (Autonomie et Solidarité) et des business angels
200 k€Business angels
NDDalle & Associés
ND
Lesaffre
ND
Lesaffre
Ce numéro est financé par
Cette action est cofinancée par l’Union européenne
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financements Biodiesel : Agrisoma
l’avenir suisse / Néomed et Mitacs Fonds pour
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