Language Dossier - Trinity College Dublin

UNIVERSITY OF DUBLIN
TRINITY COLLEGE
DEPARTMENT OF FRENCH
Senior Freshman
Language Dossier
2012/2013
TSM, ES, CSLF
2
Outline
Language Classes
There are three hours of class in SF Oral and Written French:
(1) Language lecture with a full-time member of staff:
These lectures build on the grammar lectures in JF, revising specific grammar
points each week and focusing in particular on improving the accuracy and
richness of your written expression. Each week students do a series of grammar
exercises based on the topic of the lecture (‘Travail personnel’, see p.4-5)
(2) Written language class given by a full-time member of staff or postgraduate
teaching assistant:
These classes are taken in small groups and focus each week on a different text
relating to a specific theme. The focus is on improving your vocabulary, reading
comprehension and written expression through exercises in translation,
composition and résumé (summarising a text in your own words). Each week
students will prepare the text and the questions that follow it. They will also
submit written exercises, eight of which will count towards their final mark
(‘Contrôles continus’, see p.6-7).
(3) Oral class with a French lecteur/lectrice:
These classes are taken in the same small groups as the language classes and
focus on the same theme each week with an emphasis on the acquisition and
use of new vocabulary and the development of confidence in oral expression.
Textbooks
Students should purchase the following textbook:
Abbadie, Chovelon, Morsel, L’Expression française écrite et orale, PUG, édition 2003
(An answer book is also available but you are not required to purchase it).
Reference Grammar
Students should have the following grammar and workbook since JF:
Hawkins, Roger and Richard Towell, French Grammar and Usage, Arnold, 2001
Hawkins, Lamy and Towell, Practising French Grammar, Arnold, 1997
Reference Websites
French-English dictionary – Oxford Language Dictionaires Online :
http://www.oxfordlanguagedictionaries.com.elib.tcd.ie/
French dictionary – Trésor de la langue française
http://atilf.atilf.fr/
Online grammar exercises – revise the basics with a range of exercises :
http://www.didieraccord.com
Media – all French newspapers, magazines and TV channels have websites :
Newspapers/magazines : lemonde.fr, lefigaro.fr, nouvelobs.fr, lepoint.fr
Television : euronews.net (for TV news reports), france2.fr/info (for TV news bulletins)
3
Examination
Your mark for the language component of the course will be calculated on the basis of
marks awarded for three components:
(1)
2 three-hour papers in Trinity Term:
Language 1: grammar and composition
Language 2: translation into English + résumé
1/3 (33.3…%)
1/3 (33.3…%)
(2)
Oral examination:
1/6 (16.6…%)
(3)
8 continuous assessment assignments:
1/6 (16.6…%)
The continuous assessment mark is calculated on the basis of marks awarded for
8 mandatory assignments (‘Contrôle continu’, see p.6-7) one of which must be
submitted in weeks 4, 6, 9 and 11 of each term.
Late submission: Unless there is a medical reason for late submission (justified by
a medical certificate), class tutors may reasonably refuse to correct work handed
up after the time they have set aside for doing so. If a student cannot produce a
medical certificate, he or she must obtain permission to submit from the Head of
Department.
In order to rise into the following year, students must :
 achieve a pass mark on the average of the two written papers
 achieve a pass mark on the language examination as a whole
 achieve a pass mark in SF French overall

4
Grammar Lectures
Programme des cours magistraux : Michaelmas Term (MT)
1.
Le genre des noms
Travail personnel : pour la semaine prochaine, vous devrez acheter
Abbadie, Chovelon et Morsel, L’Expression française écrite et orale (EF) et
Hawkins, Lamy et Towell, Practising French Grammar (PFG)
2.
Les temps du passé
Imparfait et passé composé, accord du participe passé, passé simple
Travail personnel : EF, p.110, ex. 14 ; p.112, ex.18 ; p.36, ex. 4 ; p.37, ex. 8 et
9
3.
Propositions avec « Si » et passé antérieur
Travail personnel : EF, p.208, ex.1 et 2 ; p.119, ex.4 et 5
4.
Le subjonctif (1) Présent et passé composé
Travail personnel : EF, p.223, ex.1 ; p.224, ex.5 ; p.225, ex.9
5.
Le subjonctif (2) Imparfait et plus-que-parfait, le « ne » pléonastique (explétif)
Travail personnel : EF, p.223, ex.3 et 4 ; p.224, ex.7 ; p.95, ex.1 et 3
6.
Les pronoms relatifs (1) Qui, que, où, dont, pronoms relatifs et prépositions
Travail personnel : EF, p.83, ex.3 et 4 ; p.84, ex.5 et 6 ; p.85, ex.9
PFG, p. 267, ex.42 ; p. 268, ex.44 et 45
8.
Les pronoms relatifs (2) Ce qui, ce que, ce dont ; « whoever, whatever, however »
Travail personnel : EF, p.86, ex.12 ; PFG, p.187-190, ex.6, 7 et 8
9.
La modalité
Devoir, pouvoir, savoir, vouloir (must, should, would, may, might)
Travail personnel : PFG, p.147, ex.7
10.
Les pronoms personnels
Travail personnel : EF, p.76, ex.6 et 7 ; p.77, ex.11
11.
Déterminants, expressions de quantité, négation
Travail personnel : EF, p.25, ex.7 ; p.26, ex.9, 12 et 13 ; p.66, ex.2, 3 et 4 ;
p.68, ex.9
12.
Les verbes faire et laisser employés comme auxiliaires
Les synonymes d’être et avoir
L’opposition « c’est », « il est »
5
Hilary Term (HT)
1.
Relations logiques et phrases complexes (1) Cause, conséquence
Travail personnel : EF, p.177, ex.1 ; p.178, ex.5 ; p.180, ex.9 ; p.184, ex.1 ;
p.186, ex.5 ; p.187, ex.7
2.
Relations logiques et phrases complexes (2) But, comparaison
Travail personnel : EF, p.193, ex.1 ; p.194, ex.4 et ex.5 ; p.167, ex.1 ; p.168,
ex.3
3.
Relations logiques et phrases complexes (3) Concession, opposition, restriction
Travail personnel : EF, p.199, ex.1 ; p.200, ex.6 ; p.201, ex.7 et ex.8
4.
Relations logiques et phrases complexes (4) Hypothèse, condition
Travail personnel : EF, p.209, ex.3 ; p.210, ex.6, p.211, ex.9 ; p.211, ex.11
5.
Raisonner et argumenter en français
Travail personnel : résumé à préparer pour la semaine prochaine
6.
Les prépositions
Temps, lieu, moyen, etc. - verbes suivis d’une préposition
Travail personnel : EF, p. 89, ex.1 et 3 ; p.91, ex.11 ; p.93, ex.14
8.
Phrases verbales
Le chassé-croissé ; comparaison entre le français et l’anglais
Travail personnel : EF, p.29, ex.1 et 2
9.
Correspondance des temps, discours indirect, interrogation indirecte
Travail personnel : EF, p.140, ex.2 et 4 ; p.120, ex.8, p.216, ex.2 ; p.223,
ex.2 ; p.224, ex.6
10.
La voix passive, la nominalisation, le participe présent, le gérondif
Travail personnel : EF, p.18, ex.1 et 3 ; p.19, ex.5; p.31, ex.9 ; p.50, ex.2 ;
p.51, ex.6
11.
Vendredi Saint
12.
Anglicismes, fautes communes et confusions à éviter
Travail personnel : EF, p.235, ex.5 (2) ; p.240, ex.10
6
Composition and Written Expression Class
Michaelmas Term (MT)
Sem.
1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.
Thème
Introduction
Les astuces du genre
Devoirs : Traduction
Immigration (1)
Portrait : Ismaël Haji, épicier aux Lilas
Devoirs : Traduction
Immigration (2)
La nouvelle vague de l’immigration
Contrôle continu: Traduction*
Education
Le match public-privé
Devoirs : Composition (200 mots)
Les vedettes de la société
« La grande évasion »
Contrôle continu: Traduction*
Emploi
Comment les recruteurs vous jugent
Devoirs : Composition (400 mots)
Semaine d’étude
Rédiger un texte argumentatif
Méthode et vocabulaire
Contrôle continu: Composition (300 mots)*
9. Arrêt sur image (1)
L’étude des images publicitaires
Devoirs : Composition (200 mots)
10. Arrêt sur image (2)
L’art dans la rue
Contrôle continu: Composition (300 mots)*
11. Le résumé de texte
La bataille du temps : La Mecque contre Greenwich
Devoirs : Résumé
12. Révision
Grammaire
Page
8
12
15
19
23
25
8.
28
33
37
40
42
*Les « Contrôles continus », dont les notes contribueront à votre note finale,
doivent être rendus lors du cours de la semaine suivante
7
Hilary Term (HT)
Sem.
1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.
Thème
Technologie
Appels longue distance
Devoirs : Résumé
Urbanisme (1)
Haussmann, créateur du Paris moderne
Devoirs : Résumé
Urbanisme (2)
Les Artistes contre la Tour Eiffel
Contrôle continu: Résumé*
La presse et les médias (1)
Faits divers
Devoirs : Composition
La presse et les médias (2)
Sur la télévision, Pierre Bourdieu
Contrôle continu: Résumé*
Mythologies contemporaines (1)
« La Déesse », Roland Barthes
Devoirs : Composition
Semaine d’étude
Mythologies contemporaines (2)
« L’euro », Philippe Sollers
Contrôle continu: Composition (400 mots)*
9. Nouveaux moyens de communication
« C’est du Queneau, du San Antonio, du délire ! »
Devoirs : Traduction
10. Mouvement social
Les manifestations au Québec
Contrôle continu: Traduction*
11. Cinéma
Les Tontons flingueurs, Michel Audiard
Devoirs : Traduction
12. Révision
Grammaire
Page
44
46
49
51
53
55
8.
57
59
63
65
69
*Les « Contrôles continu », dont les notes contribueront à votre note finale,
doivent être rendus lors du cours de la semaine suivante
8
MT Semaine 1
Les astuces du genre
« Pour les étudiants de français dont la langue maternelle est l'anglais, mémoriser le
genre de chaque nom que l'on apprend est très ennuyeux. J'ai noté que la plupart des
noms qui se terminent avec certaines lettres ont des genres uniformes. Avec le tableur
Excel, j'ai effectué une étude de plus de 18000 noms de la langue française pour trouver
les terminaisons les plus utiles pour prédire le genre d'un nom. Vous trouverez les
résultats ci-dessous.
Si vous apprenez les 40 terminaisons de mots qui suivent, vous pouvez deviner les
genres de 75% des noms français avec une précision d'environ 95%. Ces règles
prédisent correctement les genres de plus de 13398 noms que vous auriez dû
mémoriser sinon. Ne tenez aucun compte d'accents en utilisant ce tableau. »
John Walker (www.fourmilab.ch/francais/gender.html)
Masculin :
Mises à part les exceptions principales notées, tous les mots qui se terminent avec les
lettres ci-dessous sont du genre masculin.
-age
-an
-c
-d
-ème
-g
-i
-in
-is
-isme
-iste
-k
-l
-lon
-m
-non
-o
-ome
-r (mais
pas
abstraits eur)
Exceptions principales
la cage, une image, la nage, une page (un page), la plage, la
rage
la maman
la fac
merci, la fourmi, la foi, la loi
la main, la fin
la brebis, une fois, la souris, une oasis
la modiste, la liste, la piste
la faim
la météo, la dactylo, la dynamo, la sténo, la moto
la mer, la chair, la cour, une tour 1, 2 (le tour 1, 2, 3)
9
-ron
-sme
-t
-taire
-ton
-tre
-u
-us





la forêt, la nuit, la dent, la part, la plupart
la fenêtre, une huître, la vitre, la rencontre, une montre, une
lettre
une eau, la peau, la vertu
Les noms qui se terminent par « -ment » sont tous masculins : un monument, un
aliment, un ferment, un amusement, etc.
Les arbres sont tous masculins : un pommier, un chêne, un abricotier, un rosier,
un peuplier, un frêne, etc.
Les métaux sont tous masculins : l'or, le fer, le tungstène, l'aluminium, l'argent, le
chrome, etc.
Les langues sont toutes masculines : le français, le russe, le japonais, l'allemand,
le chinois, le coréen, l'espagnol, etc.
Les noms en « -isme », « -osme » et « -asme » sont tous masculins : le
féminisme, un microcosme, un marasme, etc.
Féminin :
Mises à part les exceptions principales notées, tous les mots qui se terminent avec les
lettres ci-dessous sont du genre féminin.
-ade
-aison
-ce
-té (les
mots
abstraits)
-ée
-eur
-ie
-ière
-ine
-ion
-ite
-lle
Exceptions principales
le jade, un grade, un stade
un espace, un exercice, un bénéfice, un office, un artifice, un
précipice, le dentifrice, un armistice, un vice, un service, le
silence, un prince, le commerce, un pouce
un comité
le lycée, le périgée, le trophée, le pédigrée, le musée
le bonheur, le malheur, le labeur
un incendie, un génie, le foie, un parapluie, le Messie
un arrière, le derrière, un cimetière
le domaine, le capitaine, le pipeline, le moine, le patrimoine, le
magazine
un ion, un million, un camion, un dominion, un lampion, un
scorpion, un espion, un bastion, un avion
un plébiscite, un gîte, un satellite, un ermite, du granite, un rite, le
mérite, un site
un intervalle, un vermicelle, le braille, un mille, un gorille, un
10
-se
-tte
-ude
-ure



vaudeville
un vase (de la vase), un malaise, le suspense, un sconse, un
inverse, un colosse, un carrosse, un pamplemousse
un squelette
un prélude, un interlude, un coude
un dinosaure, un centaure, un kilowattheure, un parjure, un
murmure
Les noms abstraits se terminant par « -té » sont tous féminins : la santé, la bonté,
etc.
Les noms abstraits se terminant par « -eur » sont tous féminins, sauf « le
bonheur », « le malheur » et « le labeur » : la saveur, la lenteur, la blancheur, la
noirceur, etc.
Les sciences sont toutes féminines, sauf « le calcul », « le droit » : la géographie,
les mathématiques, la biologie, etc.
Activité : Ces noms sont-ils féminins ou masculins ?
homme
situation
contentement
chauffage
climatisation
maman
attitude
escalade
entrée
spectre
million
hauteur
mérite
anglais
image
cabaret
chimie
chaleur
séisme
saleté
orteil
faim
espace
tulipe
ouïe
augure
paragraphe
syntaxe
livre
romantisme
secteur
espace
reproche
vase
marque
victime
service
rencontre
stade
critique
Devoir : Traduction
Traduisez en anglais ce texte écrit par Simone de Beauvoir. Vous ferez en sorte que
votre traduction soit soignée et puisse se lire comme un texte original en anglais.
Les jeunes écrivains américains
Je commence à connaître de jeunes écrivains et je sais les difficultés de leur vie
matérielle. […] Ces écrivains ont tous sans exception des machines à écrire ; écrire à la
main leur semblerait aussi extravagant que de tisser soi-même l’étoffe de ses
vêtements. Mais leur vrai luxe, c’est le magnifique pick-up que j’ai trouvé chez tous,
même chez R.C. qui n’a ni salle de bains ni frigidaire. Le jazz leur est aussi nécessaire
que le pain ; c’est leur seule diversion au cours des journées de travail ; c’est aussi leur
seul antidote contre le conformisme américain et son ennui, leur seule ouverture sur la
vie. Pour pressentir ce que peut représenter le jazz pour un jeune écrivain américain, il
faut connaître l’étouffante routine et la solitude désolée de ses journées. En France, en
11
Espagne, en Italie, en Europe Centrale, la vie de café offre à l’intellectuel et à l’artiste,
après le travail quotidien, la détente de la camaraderie, l’émulation et la fièvre de la
conversation : rien de tel ici. À Paris, la vie littéraire finit parfois par prendre le pas sur la
littérature même, ce qui n’est pas un bien ; mais l’absence de toute vie littéraire est un
mal encore plus débilitant. On comprend que Hollywood et tous les mirages de la facilité
tentent dangereusement l’écrivain doué ; on comprend que ceux qui créent dans la
peine se découragent. Il faut beaucoup d’ascétisme et de vigueur pour « tenir »
longtemps. C’est ce qui explique un phénomène qui m’a longtemps paru déconcertant :
que tant d’écrivains après un livre très bon ou tout au moins plein de promesses se
soient tus définitivement.
12
MT Semaine 2
Immigration (1)
Portrait : Ismaël Haji, épicier aux Lilas
« Ismaël, c’était le premier fils d’Abraham, qu’il a eu avec sa servante, parce qu’il croyait
que sa femme était stérile. Mais par la suite, Isaac est né et Abraham a chassé Ismaël
et sa mère de chez lui. Il y a même une cliente qui m’a fait un petit tableau, elle a
dessiné l’ange qui protège la mère et son enfant. Je sais pas pourquoi mes parents
m’ont appelé comme ça, peut-être parce que c’est un nom qui sort de l’ordinaire. Je suis
né le 21 décembre 1956, dans un village du sud du Maroc, Tefret. C’est dans le petit
Atlas, à 100 km après Tiznit. On est des Berbères. Dans la famille, on est cinq sœurs et
quatre frères et je suis le deuxième. Mon père travaille toujours, il est menuisier, et aussi
agriculteur. Il cultive un peu de tout, surtout du blé, et puis des légumes, sur les terres
qu’il a héritées de son père. Quand il n’y a pas de travail aux champs, il fabrique des
meubles, des fenêtres, des portes. Mais aujourd’hui, c’est nous, les enfants, qui l’aidons
pour vivre. De la famille, je suis le seul à être venu en France. Au village, il reste
seulement une sœur et mon père. Tous les autres sont dispersés au Maroc.
L’aventurier
Dans mon village, c’est comme ici dans les campagnes, c’est comme partout. La plupart
des jeunes partent à 15 ou 16 ans, pour continuer leurs études ou pour travailler, et il y
a trente ans, c’était pareil. Moi, je suis allé à Casa dès l’âge de neuf ans. Je vivais chez
une tante, avec mes cousins, et j’allais à l’école. Chez elle, j’étais bien. Mais je n’aimais
pas les études. Je regrette, maintenant, c’est pour ça que mes enfants, je les pousse à
aller le plus loin possible. J’ai arrêté l’école à 15 ans, à peu près. Au début, j’ai trouvé un
boulot dans une petite fabrique de peinture. Quand je ne travaillais pas, je jouais au
football. Mon rêve, c’était ça. Je voulais devenir un grand sportif. J’avais commencé en
ville, avec les copains de la rue, et puis dans un club organisé. Mais à force de regarder
les matches à la télé française, j’ai eu envie d’aller en France. Quand je me suis décidé,
j’avais 20 ans tout juste. Je suis parti seul, comme un aventurier. Je me suis dit : “Je
vais tenter ma chance, et puis si ça va pas, je reviens”. Finalement, je suis resté.
J’ai atterri à Paris, chez des parents éloignés. Je n’ai pas été tellement surpris par la
ville. Le Maroc, c’est vraiment tout près de la France, on n’est pas si différents. Le grand
effet, c’est quand j’avais quitté mon village, dans l’enfance. Après ça, je me suis toujours
senti libre d’aller ici ou là. Mais pour le sport, ça n’a pas marché comme j’imaginais. Il
aurait fallu s’entraîner tout le temps. Moi, je n’avais personne derrière moi, il fallait que
je gagne ma vie, alors je jouais un peu, je travaillais un peu, jusqu’à ce que j’aie atteint
l’âge de 25 ans. Là, j’ai été un peu raisonnable. Pour le foot, je comprenais que c’était
trop tard.
En place
13
Je n’ai pas vraiment pensé à rentrer. J’avais trouvé un bon travail, dans une épicerie, je
savais que le salaire serait meilleur ici. Là bas, j’aurais dû tout recommencer à zéro.
J’avais beaucoup d’amis, alors qu’au Maroc, mes copains étaient tous dispersés. Il y a
sûrement plein d’autres raisons, mais disons que c’est ça la base. Et depuis que les
enfants sont nés, ma vie, elle est là. C’est eux qui me tiennent en place. Au début, je
suis resté sept ans sans retourner au Maroc. Je me trouvais bien, j’avais coupé un peu
avec la famille. Finalement, je me suis marié avec une fille de chez moi. Ici, j’avais
rencontré des copines, mais aucune ne me paraissait prête à prendre des
responsabilités comme il faut les prendre. Les grands-parents de Khadija viennent d’un
village tout proche du mien. On a de la famille en commun du côté de ma mère et on
s’est rencontrés par hasard, à Casa. On s’est plus et elle a décidé de me suivre, voilà.
Au début, quand elle est arrivée ici, elle pensait vraiment qu’on allait retourner un jour.
Après qu’on a eu les enfants, elle a réfléchi, elle a compris que c’était pas possible.
Mais sa famille lui a manqué beaucoup, même encore maintenant. Elles sont quatre
sœurs qui ont grandi ensemble. Moi, j’étais parti très jeune, j’ai été habitué à être loin,
c’est ça la différence. […]
Trois beaux enfants
À la naissance de notre fils, on a pris la nationalité française. Puisque chez nous, on
peut garder aussi le passeport marocain. Pour renouveler la carte de séjour, il fallait y
aller très tôt le matin, attendre longtemps, c’était pas bien pratique. Et puis j’avais vécu
en France déjà pas mal d’années et je me sentais pareil aux autres personnes, qu’elles
soient nées ici ou même qu’elles soient françaises d’origine. C’est qu’une question de
papiers, tout ça c’est pas très important. J’ai trois enfants : le plus grand s’appelle
Soufiane, il est né en 1988 ; après, il y a Saafa, en 1991 et Camélia, en 1995. Trois
beaux enfants, ils me rendent fier. Ils travaillent bien, je suis sûr qu’ils vont pas faire le
même métier que moi. Si, c’est un beau métier, épicier, mais ils vont pas aimer ! Ils
voient bien qu’il y a beaucoup d’heures, je rentre tout le temps tard, je pars le matin tôt.
Et puis aucun enfant a envie de faire le métier de son père, c’est normal. […] Nos
enfants, on leur a toujours parlé français à la maison, depuis qu’ils sont nés. On voulait
que la base soit bonne, avec un bon français au départ. Ils parlent aussi berbère, ils ont
appris avec les grands-parents, la famille. Je les ai amenés deux fois déjà là où je suis
né, pour qu’ils comprennent ce qu’il y a de l’autre côté. Je leur raconte tout le temps ce
que j’ai fait, ce que j’ai vécu. C’est pas une chose compliquée. Avoir deux pays, c’est
quelque chose en plus, c’est bien d’aller voir les autres, de comprendre comment ils
vivent. On découvre toujours quelque chose qui vaut la peine. Les gens qui ont peur des
autres, c’est parce qu’ils ne les connaissent pas assez.
Là d’où je suis venu
J’ai pensé souvent à l’endroit où être enterré, parce qu’on va tous partir un jour, pas vrai
? J’aimerais bien qu’on me mette là où je suis né. J’y pense à cause de ma mère. Elle
est pas enterrée au village, elle est en ville, et j’ai toujours regretté de pas l’avoir
ramenée. Parce que c’est là où il y a ses proches et qu’elle pourrait être vraiment bien.
Bon c’est vrai, quand on n’est plus là, on n’est plus là. Qu’on soit ici ou ailleurs, je pense
qu’on s’en fiche un peu au fond. Mais quand on est vivant, on y pense. C’est comme
14
Monsieur Marcel, mon client, il a choisi son emplacement depuis longtemps, il dit
comme ça qu’il aura la plus belle vue, très très très haut aux Lilas, il verra le SacréCœur, le paysage. Bon, une fois que ça arrive, on se retrouve là où on a pu nous mettre
et puis c’est tout. Mais moi, je préfèrerais aller là d’où je suis venu. »
Portrait réalisé par Irène Berelowitch, Monica Fantini et Xavier Baudoin de l'atelier du
Bruit. © Cité nationale de l'histoire de l'immigration 2005 : www.histoire-immigration.fr
(Vous pourrez écouter l’interview dont est tirée cette transcription sur le site de la Cité
nationale de l’histoire de l’immigration).
Compréhension :
Résumez les grandes étapes de la vie d’Ismaël.
Travail sur le texte :
1. Relevez les formes de langage qui montrent qu’il s’agit ici de la transcription d’un
enregistrement et donc de français parlé.
2. Relevez dans le texte des expressions familières et donnez leur équivalent en
français standard.
3. Réécrivez à la 3ème personne du singulier le deuxième paragraphe du texte en
commençant à : « Je suis allé à Casa … » : Il est allé à Casablanca… Vous ferez tous
les changements nécessaires.
Devoir : Traduction
Traduisez en anglais les trois derniers paragraphes du témoignage d’Alexandros cidessous (p.15). Faites attention au registre ; votre traduction doit être écrite dans un
anglais naturel.
15
MT Semaine 3
Immigration (2)
Diplômés mais au chômage dans leur pays, ils ont choisi la France pour s’en
sortir
Alexandros 23 ans, Grec, master de politique européenne, cherche un poste
« Je [arriver] ………. à Paris le 2 janvier pour rejoindre ma copine française qui fait ses
études à la Sorbonne et trouver un travail. Je [terminer] ………. mon master en
Angleterre l’année dernière. Je [étudier] ……….la politique européenne –
particulièrement intéressant en ce moment. Je [penser] ………. retourner en Grèce et
travailler une année avant d’entamer un doctorat. Mais à Athènes, je [s’apercevoir vite]
………….. qu’il y [avoir] ………..vraiment peu de boulot. Il faut avoir énormément
d’expérience ou un réseau d’enfer. Comme je parle plusieurs langues, j’ai réussi à
trouver des emplois saisonniers à l’école américaine et à l’office du tourisme. Je
[quitter] ………. la Grèce parce que je [avoir] ………. conscience de pouvoir trouver
mieux ailleurs, avec un autre niveau de vie.
J’ai eu l’occasion de partir étudier au Canada, un pays plein de possibilités. Si j’étais
resté à Athènes, je gagnerais le salaire minimum, 700 euros. Pour vivre dans la
capitale, c’est peu. Et j’habiterais chez mes parents. Ils vivent dans un petit quartier peu
touristique. Ma mère, fonctionnaire, doit faire face à des réductions de salaire. C’est
mieux que dans le privé mais ça reste difficile. Les gens qui jusqu’alors pensaient avoir
un travail à vie n’en sont plus aussi sûrs.
Avant d’aller en Angleterre, je bossais dans un magasin. J’aurais pu reprendre mon
boulot mais le mec qui m’a remplacé était seul à pouvoir faire vivre sa famille.
On sait qu’on n’a pas le choix. Le FMI, l’Union européenne… Tout le monde dit la même
chose : on doit faire ce qu’on nous demande, sinon c’est la banqueroute. La nomination
d’un nouveau Premier ministre a un peu calmé les gens, même si les partis de gauche
et les communistes soulignent qu’il n’a aucune légitimité. Mais les deux gros partis
grecs se sont mis d’accord pour le soutenir jusqu’à la prochaine élection afin que la
Grèce ne fasse pas faillite. Retrouver le drachme (ancienne monnaie grecque – ndlr), ça
serait comme revenir soixante-dix ans en arrière. Depuis la dictature militaire en 1967,
c’est la première grosse crise à laquelle nous devons faire face. Notre génération n’a
pas connu la guerre. Pour nous, c’est plutôt : “Je ne peux pas m’acheter l’ordinateur
dont j’avais envie”.
Je crois qu’on attend trop de notre pays. A la différence de l’Allemagne, par exemple, la
Grèce ne produit rien. Elle ne vit que du tourisme et son agriculture est faible. On ne
peut pas prétendre à des salaires comparables à ceux des Allemands.
J’ai décidé de me rendre en France en novembre. J’avais un peu appris le français à
l’école, mais avant de venir, j’ai suivi quelques cours à l’Institut français. Si je n’arrive
pas à trouver de travail, j’aurai au moins appris à parler une langue. Je viens à Paris
pour la première fois. J’adore l’architecture, je trouve les gens sympas. C’est une
16
aventure. Mais Paris est une ville chère. Si je ne trouve rien en février, ça va devenir
difficile. Tous les jours, j’envoie des CV. Je postule pour des postes qui demandent de
parler anglais ou grec, je prends des contacts avec la communauté grecque. J’ai repéré
un magasin touristique près du Louvre qui cherche quelqu’un parlant anglais. Ça
pourrait être bien. Ensuite, j’espère trouver une fac pour préparer mon doctorat. Puis
j’irai peut-être au Canada. »
Graça 33 ans, Portugaise, doctorat en génie du procédé biologique, chercheuse
chez Veolia
« Je suis doctorante depuis 2009. Je me [destiner] ………. avec bonheur à la
recherche ou l’enseignement. A la fin de mes études, je [toucher] ………. une bourse
pour trois ans. Ce n’est pas un vrai contrat, il n’y a pas de protection sociale. Par contre,
à 1 500 euros net, ce [être] ………. bien payé. A la fin de la deuxième année, je
[chercher] ………. un poste de prof-assistante à l’université. Mais, depuis la crise, le
recrutement est gelé. Je [ne pas avoir] ……….. forcément envie de partir. Ma bourse
[être] ………. renouvelable. Je [travailler] ………. pour un grand projet européen de
recherche sur la production de bioplastique biodégradable. Je [être] ………. contente
mais l’avenir était précaire à cause de la situation politique et économique de plus en
plus sombre. J’étais quand même angoissée. Beaucoup de mes amis très qualifiés
[devenir] ………. représentants commerciaux. Puis je [voir] une annonce chez Veolia
pour un CDI dans mon domaine. Au Portugal, il y a peu d’opportunité en recherche et
développement. Je [avoir] ………. immédiatement envie de venir.
Ça n’a pas été trop difficile à organiser : mon mari est consultant et programmateur
informatique, il peut travailler à distance. Mes filles étaient inscrites au lycée français,
comme l’était ma mère puis moi. Dans les années 60-70, le Portugal était un pays fermé
sur lui-même. Mes grands-parents avaient voulu nous ouvrir sur le monde, dominé à
l’époque par la France, que ce soit au niveau culturel, diplomatique ou littéraire. J’ai
aussi fait un an d’Erasmus en Belgique. Enfin, je suis privilégiée. Mes parents sont
médecins. Eux aussi ont envie de venir en France ! L’entreprise dans laquelle mon père
travaillait a fait faillite en 2008. Il a retrouvé un travail précaire, payé à l’heure. Ma mère
a une place stable à l’hôpital public mais avec les plans de rigueur, elle a perdu son
treizième mois, 25 % de son salaire et d’autres revenus. Ils ont rendez-vous avec l’ordre
des médecins français. Ils vont peut-être pouvoir travailler à Chartres. A 59 et 54 ans, ils
partent à l’aventure !
C’est un privilège d’appartenir à l’Union européenne, pour les facilités administratives et
le sentiment d’appartenance. Certains de mes amis sont partis faire de la recherche en
Suède, en Angleterre, en Ecosse. C’est une perte pour le Portugal mais peut-être aussi
une bonne chose. Partir a été difficile, notamment pour mes filles, mais cela permet
aussi de réinventer sa vie, de se connaître mieux, de se libérer des mauvaises
conditions du pays d’origine. Certains d’entre nous rentreront monter leurs entreprises.
La mobilité serait encore plus positive si elle se faisait dans les deux sens. »
Propos recueillis par Géraldine Sarratia et Anne Laffeter, lesInrocks.com, 5 février 2012
17
Activités :
1. Mettez la terminaison convenable (passé composé ou imparfait) aux verbes entre
parenthèses.
2. Relevez dans le texte des mots familiers et donnez leur équivalent en français
standard.
Grammaire :
Terminez les phrases suivantes en employant le temps correct :
1. Si je n’étais pas à l’université…
2. Si… nous serions ivres de joie.
3. S’ils avaient vécu en Irlande pendant la Grande famine…
4. Si je réussis à trouver un boulot cet été…
5. Si… je serais très angoissé(e).
6. Si je devais quitter mon pays natal…
7. Si tu veux trouver un poste…
8. Si…il serait devenu prêtre.
9. Si elle m’avait embauché…
10. Si mon père avait un travail précaire…
Contrôle continu: Traduction
Traduisez le texte suivant dans un anglais idiomatique :
Ils s’appellent Alexandros et Graça, ont 23 et 33 ans respectivement. Le premier est
grec, la dernière portugaise, mais ils auraient pu être irlandais, slovaques, polonais ou
italiens. Comme certains de leurs parents ou grands-parents, ces jeunes travailleurs
européens ont pris la route à la recherche d’une vie meilleure. Les grands-parents
d’Alexandros ont fui la guerre civile pour s’installer au Canada avant de rentrer au pays
natale dans les années 90. « Leur meilleure chance était de partir, comme moi ! »
Alexandros fuit, lui, une Grèce broyée par le système économique mondial.
Depuis 2007, la crise financière frappe plus sévèrement les pays du sud de l’Europe.
Selon Eurostat, le taux de chômage des Grecs de moins de 25 ans est passé de 23 %
en 2007 à 46,6 % en septembre 2011. En novembre 2011, 49,6 % des jeunes
Espagnols étaient au chômage, contre 22,9 % de la population active. Et, contrairement
à ce que l’on observe en France, les plus diplômés sont aussi les plus visés.
Contrairement à ses aînés peu qualifiés, qui ont fui misère, guerre ou dictature, l’exilé
européen type d’aujourd’hui est en général ultraqualifié. « Cela diminue les coûts
migratoires. En plus, la maîtrise de la langue et des réseaux sont meilleures, précise
Manon Dos Santos, professeur d’économie à l’université Paris-Est. Mais c’est aussi un
exode des cerveaux, une perte de capital humain, de revenu fiscal, d’innovation et de
croissance future. Il peut y avoir des effets positifs grâce aux transferts de fonds et à
ceux qui rentrent dans leur pays pour monter une entreprise. » Graça, bien heureuse
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d’être européenne, estime que la mobilité est une richesse. Son seul regret ? Qu’elle ne
se fasse que dans un sens.
M. Beaugé, lesInrocks.com, 5 février 2012
19
MT Semaine 4
Education
Le match public-privé
Au diable la laïcité! De plus en plus de parents [choisir – présent] …………
l'enseignement catholique pour leurs enfants. Par pragmatisme: en général, les élèves y
sont mieux encadrés, plus motivés, mais aussi plus sélectionnés. […]
Béatrice, 45 ans, grande blonde en jeans et bottes cavalières, responsable
marketing dans une société parisienne, [se définir – présent] ………… comme une
«fille de la République». Née dans une famille d'immigrés italiens, elle s'assume comme
un «pur produit de l'école laïque». Elle [suivre – passé composé] ………… toute sa
scolarité dans le 93; [aller – passé composé] ………… en fac à Tolbiac - réputée pour
être parmi les plus à gauche - a ensuite été prof d'économie en banlieue parisienne.
Dans le public, toujours. Pourtant, depuis douze ans, elle a jeté un mouchoir pudique
sur ses convictions républicaines et laïques - quitte à étonner ses amis. Sa fille et son
fils sont scolarisés dans le privé, respectivement en seconde et en quatrième, à
Fénelon-Sainte-Marie. Cet établissement catholique du chic VIIIe arrondissement de
Paris, très coté avec ses 100% de réussite au bac 2006, [occuper – présent] …………
la 87e place dans le classement national de L'Express. «Ma philosophie de l'éducation,
c'est de donner à mes enfants le trousseau de clefs le plus fourni pour qu'ils [se
débrouiller – subjonctif présent] ………… dans la vie. Pour moi, les chemins de la
réussite passent par le privé. Aujourd'hui, il ne suffit plus d'avoir le bac, il faut l'obtenir du
premier coup et avec mention. J'aurais vraiment préféré les laisser dans le public, mais,
franchement, le niveau est meilleur ici», raconte-t-elle.
Comme les enfants de Béatrice, 2 014 252 élèves, soit environ 1 sur 6, [prendre
– passé composé] ………… , à la rentrée 2007, le chemin des établissements
catholiques sous contrat. Ces derniers (97% du privé) accueillent ainsi plus de 6 000
nouveaux élèves. 13% des parents ayant un enfant scolarisé dans le public le
changeraient pour le privé s'ils en [avoir – imparfait] ………… la possibilité, estime un
sondage BVA commandé le 10 septembre par la Peep, association de parents d'élèves.
Et selon Eric de Labarre, secrétaire général de l'enseignement catholique, plus de 30
20
000 familles n'ont pas pu s'y inscrire, faute de place, et sont sur liste d'attente pour
l'année prochaine.
L'école privée, hier réservée à une bourgeoisie soucieuse de cultiver un «entresoi» garant d'une reproduction sociale rassurante, attire de plus en plus. Certes, les
«tala» - ceux qui «vont-à-la-messe», comme les [nommer – imparfait] …………, dans
les années 1990, Marguerite Gentzbittel, alors très médiatique proviseur du lycée public
Fénelon - forment toujours un peloton important. Mais ils sont aujourd'hui noyés dans la
masse des enfants parfaitement athées, voire musulmans ou juifs. «Depuis les années
1990, seuls 10 à 15% des parents viennent chez nous pour la dimension religieuse»,
estime Eric de Labarre. Plus forcément besoin de présenter un certificat de baptême
pour inscrire son enfant ni de porter un serre-tête en velours et une jupe écossaise...
Dans les rangs, on trouve des fils de syndicalistes ou d'élus politiques de gauche. Le
privé [s’ouvrir – passé composé] ………… à tous les profils, poussé par un impératif:
la demande de parents convaincus par le principe de réalité.
Pour eux, le calcul est vite fait. C'est le pragmatisme qui l'emporte: 50% des
enfants, à un moment de leur scolarité, en fonction de leur situation familiale, de leurs
résultats, de leur état psychologique, de leur lieu d'habitation, passent par le privé. Avec
des disparités selon les niveaux: 1 élève sur 7 des classes maternelles et élémentaires
et 1 sur 5 des secondaires. Plus on s'approche du bac et plus l'angoisse parentale
[courir – présent] ………… s'apaiser du côté du privé: en maternelle, 12,4% des
enfants y sont inscrits; en primaire, 14,3%; au collège et au lycée, 21,1%. Le privé est
aujourd'hui associé aux notions d'expertise et de réussite. De fait, sur les 467
établissements de notre classement considérés comme très bons, 287 [appartenir –
présent] ……….. au privé, soit 61,5%. Plus on vise l'excellence, plus l'enseignement
sous contrat semble offrir le terreau le plus propice aux futures élites: sur les 100
premiers lycées de France, 78 ne sont pas publics.
Pour beaucoup de parents, ces chiffres résonnent comme une douce mélodie.
«Cela m'ennuie de critiquer l'Education nationale, mais il n'y a aucune comparaison,
confie Isabelle, mère d'Olga, 11 ans, qui [entrer – passé composé] ………… en
sixième dans le privé après avoir été en primaire à Bagnolet. Ma fille, issue du public,
21
rame un peu, mais elle va s'accrocher. Depuis la rentrée, elle [acquérir – passé
composé] ………. des méthodes, a appris à travailler seule, [suivre – présent]
………… des études dirigées deux fois par semaine, passe tous les quinze jours de
petits bilans qui la motivent beaucoup. Le tout pour moins de 1 400 euros par an.
Franchement, le rapport qualité/prix est excellent.»
Il [être – conditionnel] ………. hâtif d'opposer public et privé comme Jean-qui-rit
et Jean-qui-pleure, avec d'un côté l'assurance de la réussite et, de l'autre, la garantie de
la galère. Le portrait, évidemment, demande plus de nuances, d'autant que l'issue du
match varie fortement d'un département à l'autre, tant en termes de résultats que
d'engouement. Si l'Ile-de-France, l'Alsace, les régions Paca et Rhône-Alpes figurent
parmi les zones concernées par la saturation des effectifs du privé, ce dernier perd des
élèves en Lorraine, Champagne-Ardenne, Normandie et Bourgogne. La majorité des
lycées publics [remplir – présent] ………… parfaitement leur mission, pour peu qu'ils
[être – subjonctif présent] ………… implantés dans un bassin de recrutement
socialement mélangé. Car la véritable garantie de réussite des enfants s'inscrit dans la
catégorie socioprofessionnelle des parents. […]
Laurence Debril, L’Express, le 22 novembre 2007
Grammaire : les accords
En français, il existe quatre sortes d’accords :
1.
2.
3.
4.
Le verbe s’accorde avec son sujet en nombre et en personne.
L’article s’accorde en genre et en nombre avec le nom qu’il accompagne.
L’adjectif s’accorde en genre et en nombre avec le nom qu’il qualifie.
Le participe passé employé avec l’auxiliaire avoir s’accorde avec l’objet du verbe
dans certains cas. Le participe passé employé avec l’auxiliaire être s’accorde, en
général, avec le sujet du verbe.
Travail sur le texte:
1. Quelques verbes du texte ont été mis à l’infinitif. Identifiez le sujet et insérez la forme
correcte du verbe.
2. Dans le deuxième paragraphe du texte, identifiez les adjectifs ainsi que les noms
auxquels ils se rapportent. N’oubliez pas d’utiliser un dictionnaire de préférence
monolingue pour vous aider à identifier les adjectifs.
22
3. Les participes passés sont fréquemment utilisés comme des adjectifs. Relevez, dans
le texte, des exemples de participes passés utilisés comme adjectifs. Vous justifierez les
accords.
Devoir : Composition
La majorité des écoles primaires et secondaires en Irlande sont sous l’égide de l’Eglise
catholique. D’après vous, devraient-elles être laïques ? Expliquez votre point de vue en
200 mots.
23
MT Semaine 5
Les vedettes et la société
La grande évasion
Fuite organisée, paradis fiscal, le show-biz britannique coûte des milliards au Trésor
Jusqu'en juin dernier, Jimmy Carr n'était pas le plus connu des artistes britanniques.
Deux événements lui ont donné coup sur coup une notoriété internationale. Le 5 juin,
cet humoriste présentait son show à Buckingham Palace, pour le jubilé de diamant de la
reine. Mais deux semaines plus tard, sa photo faisait la une du Times consacrée aux
resquilleurs de l'impôt (« The tax avoiders »). La faute de Carr? Le recours au « K2 »,
un dispositif « invisible au radar », permettant aux très riches de ne déclarer qu'une
infime partie de leur revenu. Simplissime. Un conseiller fiscal transfère les salaires dans
les îles Anglo-Normandes, où une société fiduciaire « reroute » l'argent au contribuable.
Considéré fiscalement comme un prêt, ce retour à la case départ est exonéré d'impôt.
Evasion, et non fraude, cette échappatoire a fait scandale dans un pays en récession
qui accepte mal les petits arrangements des riches avec la loi. Dénoncé comme «
mauvais citoyen » par David Cameron, hué par son public, le comique a finalement
reconnu une « terrible erreur de jugement ». Sans proposer pour autant de rembourser
les millions dissimulés. Pas question de payer pour tout le monde. Car, de l'autre côté
du Channel, l'évasion par création d'un véhicule financier est un sport national qui prive
le fisc de dizaines de milliards. Principal utilisateur: le show-biz.
Après Carr, le Times a épinglé Gary Barlow, leader du groupe Take That (plus de 45
millions de CD vendus), élevé à la dignité d'officier de l'ordre de l'Empire britannique par
la reine, « pour services rendus à la culture ». Les tabloïds font leurs choux gras de ces
belles âmes immensément riches, abonnées aux grandes causes mais fiscalement
intraitables. Numéro un: Bob Geldof, l’auteur-compositeur militant contre la famine, qui
argue de sa citoyenneté irlandaise pour profiter du statut de
« non-domicilié » en Angleterre et pour ne rien payer sur sa maison londonienne et son
château du Kent, propriétés de compagnies établies aux îles Vierges. Un tour de passepasse auquel a eu également recours
Mick Jagger.
Alors que le Premier ministre, David Cameron, se dit « prêt à dérouler un tapis rouge »
aux contribuables français, une loi anti-évasion est pourtant en préparation pour punir
les resquilleurs. Une règle qui instaurerait une sorte de présomption de fraude délibérée
– donc punissable –, permettant le redressement. « Mais avec quelle efficacité? »,
s'interroge un avocat, qui compare l'ingéniosité des fiscalistes britanniques à un satellite
de navigation contournant automatiquement les obstacles. Ajoutez la proximité de
Jersey et de Guernesey, paradis soustraits à la loi britannique, et vous comprendrez
pourquoi le show-biz est ici le plus conquérant, et le moins taxé du monde.
Jean-Gabriel Fredet, Le Nouvel observateur, juin 2012
24
Compréhension :
1. Expliquez, utilisant vos propres mots, comment le show-biz britannique « coûte
des milliards au Trésor ».
2. Pourquoi les arrangements fiscaux de Jimmy Carr ont-ils suscité une grande
polémique en Angleterre ?
3. D’après ce texte, l’évasion fiscale est-elle un vice plutôt anglais que français ?
4. Dans quelle mesure peut-on dire que l’attitude du premier ministre britannique
devant l’évasion fiscale est hypocrite ?
Grammaire : Traduisez les phrases suivantes en français
1. I am pleased that you are both staying.
2. Do you think the problem has been resolved ?
3. He was sorry that he couldn’t make it.
4. It is quite unlikely that he will return.
5. The professor would like that all his students get a job after college.
6. While we’re sick of reality TV, we’ll be glued to ‘X-Factor’.
7. His trainer gave him performance-enhancing drugs so that he could run faster.
8. The teacher said we would all pass provided that we paid attention.
9. Supposing that the reply is positive, what will you do ?
10. Leave the car. It’s better if you take the bike.
Traduction :
Le titre de ce texte reprend celui d’un grand film américain des années 1960. Lequel ?
Serait-il correct d’utiliser le nom de la version originale de ce film pour votre traduction
du titre du texte ?
Contrôle continu : Traduction
Traduisez les deux premiers paragraphes du texte ci-dessus (p.23) pour la semaine
prochaine.
25
MT Semaine 6
Emploi
Comment les recruteurs vous jugent
Rédiger le CV qui fera mouche sans faire tache, préparer l'entretien [……] accrochera
sans friction, cela ne s'improvise pas. Chasseurs de têtes, consultants et DRH livrent
leurs conseils.
Pourquoi donc, au-delà d'un profil équivalent à celui d'autres candidats et
correspondant au poste demandé, serez-vous ou non embauché? En réalité, l'arbitraire
n'est guère à craindre. Les réponses des recruteurs sur leur mode personnel
d'évaluation ne varient pas à l'infini et leurs pratiques présentent bien des
convergences. Petit tour d'horizon des comportements et attitudes [……] séduisent ou
irritent ceux qui vont vous embaucher.
Premier acte de candidature, le CV. C'est par lui [……] va s'établir le contact
avec les recruteurs. Et que la sélection va commencer. Constat de la quasi-totalité de la
profession: la présentation des CV s'est nettement améliorée depuis quelques années,
grâce aux conseils dispensés par les spécialistes de la recherche d'emploi et aux
innombrables guides sur le sujet. Attention toutefois à l'orthographe, trop souvent
malmenée, et surtout aux fautes de grammaire. Et, celles-là, les logiciels de traitement
de texte ne les détectent pas. «Mais la génération Internet nous a appris à être
indulgents sur ce chapitre», admet François Humblot, président du directoire du groupe
Humblot-Grant Alexander. De meilleure qualité, la présentation des CV s'est du coup
standardisée, et il sera donc difficile de faire la différence à ce stade.
En revanche, le non-respect de certaines règles fondamentales peut vous faire
éliminer bêtement. Un professionnel du recrutement lit plusieurs dizaines de CV par jour
et ne s'attarde pas plus de deux minutes sur chacun d'eux, souvent moins. Minutes
décisives! «Le péché mortel, c'est le CV trop long et confus, prévient Jackie Tod, PDG
du cabinet de chasseurs de têtes Rossignol Tod et Associés, car il en dit déjà beaucoup
sur la personnalité du candidat.» Règle d'or en forme de trilogie: un bon CV doit être
bref - deux pages suffisent, et même une seule pour un débutant; clair - les données
objectives essentielles (expérience, formation) doivent sauter aux yeux. Un bon CV doit
enfin être précis: évitez le flou qui jette un doute sur votre sincérité. En matière de
formation, par exemple: êtes-vous vraiment diplômé de cette école ou simple ancien
élève? Sur les dates, surtout: «Les CV [……] ne mentionnent que les années, jamais
les mois, impressionnent défavorablement, car leurs auteurs sont soupçonnés de
vouloir masquer un trou dans leur carrière», commente Jean-François DrouotL'Hermine. Ces imprécisions seront toujours détectées par les professionnels et
approfondies systématiquement lors de l'entretien. «N'hésitez pas à introduire des
chiffres, insiste Jackie Tod. Le chiffre d'affaires des entreprises [……] vous êtes passé,
celui [……] vous aviez la responsabilité, le nombre de personnes [……] composaient
votre équipe, etc. »
26
Conseil unanime: ne mentez jamais! En particulier sur votre niveau de langue,
car il sera testé. Un entretien comporte presque toujours quelques minutes de
conversation en anglais. Pour une langue moins courante, une brève entrevue avec
quelqu'un de la société ou du cabinet qui la parle sera programmée. Vous pourrez
également être sondé par téléphone quelques jours plus tard. Ne vous laissez pas
surprendre. «En cas de doute sur vos capacités linguistiques, conseille François
Humblot, contentez-vous d'une formule vague, du style “anglais lu et parlé” ou “langue
de travail”.»
Enfin, le paragraphe «Activités extraprofessionnelles» est de plus en plus
apprécié des recruteurs. «La mention des loisirs, sports, activités associatives ou
humanitaires, voire des séjours à l'étranger, représente un plus dans un CV, surtout
chez les jeunes», précise Charles-Henri Dumon, PDG du cabinet Michael Page. C'est
déjà un bon aperçu de la personnalité du candidat, [……] sera presque toujours
évoquée lors de l'entretien.
La lettre de motivation, ou d'accompagnement, cette spécialité franco-française,
tombe en désuétude. Le succès des candidatures sur le Net et l'internationalisation des
entreprises sont en train de lui porter un coup fatal. En principe manuscrite, cette lettre a
souvent pour but, plus ou moins avoué, d'être analysée par un graphologue. Pourtant,
les recruteurs jurent ne plus avoir recours à cette pratique contestée, ni à aucune autre
méthode «pseudo-scientifique»! Quoi qu'il en soit, aucun d'eux ne semble regretter le
déclin des lettres de motivation. «Je ne les lis jamais, ou alors en diagonale», assure
Charles-Henri Dumon. «Elles n'apportent en général pas grand-chose», ajoute JeanPaul Vermès, vice-président de TMP eResourcing.
Le candidat peut-il donc en profiter pour faire l'impasse sur ce pensum? Pas si
sûr. «La lettre est au CV ce que l'enveloppe de Cellophane est au bouquet de fleurs:
elle finit toujours au panier, mais elle lui est indissociable», plaisante Jean-Paul Vermès.
Chez Mercuri Urval, la consultante Martine de Maintenant prend carrément sa défense:
«Puisque la majorité des candidatures ne comportent plus de lettres, voilà une bonne
raison de se distinguer en en rédigeant une. D'autant que certaines entreprises y sont
attachées.» A condition, toutefois, de rester bref (15-20 lignes au maximum) et d'éviter
les clichés. Bannissez ainsi les affirmations naïves, comme: «Je suis l'homme de la
situation, celui que vous attendez!»; ou les platitudes: «J'ai toujours rêvé de travailler
dans une entreprise leader comme la vôtre.» Il est également déconseillé de reprendre
mot pour mot les termes de l'annonce ou, pis, d'utiliser des formules passe-partout.
«Les lettres qui sentent le mailing laissent une mauvaise impression», suggère Franck
Devillon, responsable du recrutement d'Ikea.
François-Xavier Beslu, L'Express du 29 août 2002
Travail sur le texte :
1. Remplissez les lacunes avec le pronom relatif qui convient.
2. Traduisez en anglais les phrases ou expressions qui ont été soulignées dans le
texte.
27
Résumé :
Résumez les conseils donnés par les recruteurs concernant la rédaction d’un CV et la
rédaction d’une lettre d’accompagnement.
Devoir :
Vous écrirez un essai de 400 mots sur l’un des sujets suivants :
(1) « Plus on est pauvre, plus on est raciste. » (F. Caviglioli) Comment faut-il interpréter
cette déclaration ?
(2) Jusqu’à quel point les immigrés devraient-ils s’adapter à la culture de leur pays
d’accueil ?
Avant de rédiger votre dissertation, vous pourrez lire les conseils donnés aux élèves
préparant leur baccalauréat de français sur le site suivant : www.etudeslitteraires.com/bac-francais/technique-dissertation.php
N’hésitez pas à consulter également Mot à Mot (chapitre 11) pour enrichir votre
vocabulaire sur la migration, l’intégration et le racisme.
MT Semaine 7
SEMAINE D’ETUDE
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MT Semaine 8
Rédiger un texte argumentatif
Le texte ci-dessous est un texte argumentatif, écrit par un étudiant, dont le but est de
convaincre le lecteur de son point de vue.
Contre la peine de mort
Rappelons que la justice a déjà condamné un bon nombre de personnes à la peine de
mort, exécutant ainsi plusieurs individus sous prétexte que la mort était la meilleure
façon de maîtriser la criminalité. De nos jours, avec les actes criminels de plus en plus
violents et atroces, la question que l'on peut se poser est la suivante : Devrait-on abolir
ou non la peine de mort ?
Selon moi, il est évident que le fait de répondre à la violence par la violence n'est en
aucun cas la solution à ce problème.
En premier lieu, je crois que le système judiciaire est défaillant et qu'il peut s'y glisser
quelques erreurs. Dans le passé, il y eut beaucoup trop d'erreurs condamnant des
accusés à une mort qu'ils ne méritaient point. En effet, il est arrivé quelquefois qu'après
l'exécution du prétendu coupable, le réel meurtrier venait se livrer et avouer son ignoble
geste sur l'ordre de sa mauvaise conscience. Comme les enquêtes ne sont pas toujours
menées avec le sérieux requis, il faudrait peut-être s'interroger sur la capacité du
système judiciaire à juger adéquatement un individu coupable ou non.
Par ailleurs, j'ai la conviction qu'ici-bas sur terre, il n'y a pas d'humain assez parfait pour
juger du comportement d'un autre et encore moins de décider de sa mort. Autrement dit,
le droit de vie et de mort n'appartient pas à l'homme, mais à Dieu. Or, les juges ne sont
pas infaillibles et dans le cas de la peine de mort, l'erreur judiciaire est irréparable.
Enfin, il est certain que la peine de mort ne fait pas peur aux assassins et autres tueurs
en série. Selon des psychologues, lorsque l'homme en arrive à vouloir commettre un
crime, dans la plupart des cas, sa lucidité est absente de sa pensée. Ce qui signifie que
la passion l'emporte alors sur la raison : la seule chose qui l'obsède est de parvenir à
ses fins. Pendant que le crime s'effectue, rien ne peut dissuader le meurtrier ou le
criminel de s'arrêter.
En conclusion, la peine de mort ne peut empêcher un criminel de perpétrer un crime.
Par conséquent, on peut punir sévèrement et avec justice sans tuer car il est
moralement grave de tuer un homme avant qu'il ait pu régler ses problèmes avec luimême et avec la société, avant de lui laisser le temps de repentir.
Activités:
1. Analysez la structure de ce texte qui comporte une introduction, une série
d’arguments (avec des exemples à l’appui) et une conclusion.
2. Repérez les mots/expressions utilisés pour marquer les différentes étapes de
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l’argumentation.
Les connecteurs linguistiques pour bien écrire et argumenter :
1. L'origine du problème :
Depuis un certain temps...
D'année en année...
Il est fortement question de...
On parle beaucoup en ce moment de...
2. Pour commencer :
La première remarque portera sur...
Il faut d'abord se rappeler que...
On commencera d'abord par...
Abordons rapidement le problème de...
3. Pour insister :
Il ne faut pas oublier que...
Il faut souligner que...
On notera que...
Il faut insister sur le fait que...
Rappelons que...
Non seulement...mais...aussi...
D'autant plus que...
4. Pour annoncer une nouvelle étape :
Passons à présent à la question de...
Venons-en à présent à la question de...
Après avoir souligné l'importance de...
5. Pour marquer une suite d'idées exprimant une conséquence :
Par conséquent,...
C'est pourquoi...
Ainsi,...
Aussi (+ inversion du sujet)...
Alors,...
En conséquence,...
Dès lors,...
D'où...
6. Pour marquer une suite d'idées exprimant une cause :
Car...
En effet,...
Parce que...
Du fait que...
Étant donné que...
30
Puisque...
Sous prétexte que...
Comme...
7. Pour démentir :
Les bruits selon lesquels...sont dénués de tout fondement.
Il n'a jamais été question de...
Il ne saurait être question, un seul instant, de...
Il ne peut être question, en aucun cas, de...sous prétexte que...
Les rumeurs selon lesquelles il serait question de...sont sans fondement.
8. Pour énumérer des arguments :
D'abord,...
Ensuite,...
De plus,...
En outre,...
Par ailleurs,...
Enfin,...
En premier lieu,...
En deuxième lieu,...
En dernier lieu,...
À ce premier avantage s'ajoute...
Non seulement....mais aussi...
9. Pour faire des concessions :
Il est exact que...mais...
S'il est certain que...il n'en reste pas moins vrai que...
Il est en effet possible que...cependant...
Tout en reconnaissant le fait que...il faut cependant noter que...
Certes...cependant...
Il se peut que...mais…
Il n'est pas du tout impossible que...mais...
Sans doute...mais...
Il ne fait pas de doute que...mais...
Bien entendu...mais...
10. Pour donner un exemple :
Considérons par exemple le cas de...
Tel est le cas, par exemple, de...
Son cas ne fait qu'illustrer celui de...
Si l'on prend le cas de....
L'exemple le plus significatif nous est fourni par...
Prenons le cas de...
11. Pour exprimer une opposition ou une réfutation :
Cependant,...
Mais,...
31
Toutefois,...
Néanmoins,...
Pourtant,...
Par contre,...
Au contraire,...
En revanche,...
12. Pour conclure :
Finalement...
En définitive, il semble bien que...
En résumé, on peut considérer que...
On voit par ce qui précède que...
Il résulte de ce qui précède que...
En somme,...
On peut conclure en disant que...
Donc...
Par conséquent,...
Ainsi,...
13. Pour exprimer un point de vue personnel :
Selon moi,...
À mon avis,...
En ce qui me concerne,...
D'après moi,...
Je pense que...
Il me semble que...
J'assure que...
J'affirme que...
Je déclare que...
14. Pour exprimer ce qui est certain :
Il est certain que...
Il est indéniable que...
Il va de soi que...
Il est évident que...
Il est sûr que...
Sans aucun doute,…
15. Pour exprimer ce qui n'est pas sûr :
Il est probable que...
Il se peut que...
Il est possible que...
16. Pour indiquer ce qui se ressemble :
Il va de même...
On retrouve le/la même...
De même...
32
17. Pour mettre en relief :
C'est...qui...
C'est...que...
Ce qui...c'est...
Ce que...c'est...
18. Pour attirer l'attention du lecteur :
Notons que...
Précisons que...
Il faut attirer l'attention sur le fait que...
Il faut mentionner que...
19. Pour expliquer un détail :
C'est-à-dire...
Ce qui veut dire...
Ce qui signifie...
20. Pour éviter un malentendu :
Bien loin de...
Non pas pour...mais...
Ce n'est pas par...mais par...
21. Pour montrer son désaccord :
Je condamne...
Je reproche...
Je proteste...
Je critique...
J'accuse...
Je réfute l'argument selon lequel
Je suis contre...
22. Pour montrer son accord :
J'admets que... (Admettre)
J'approuve... (Approuver)
Je reconnais... (Reconnaitre)
Je suis d'accord...
Le texte et le vocabulaire sont extraits du site suivant. Vous pouvez le consulter pour
trouver d’autres textes argumentatifs. http://moulayidriss1ercasa.emonsite.com/categories-de-pages-/espace-enseignant/enseignement-defrancais/rediger-un-texte-argumentatif-avec-exemples.html
Contrôle continu: Composition (300 mots)
« Les universités devraient former les étudiants pour intégrer le marché du travail. »
Etes-vous d’accord? Sinon quel est, d’après vous, le rôle de l’université dans la société?
33
Dans un texte argumentatif, vous répondrez à ces questions en utilisant le vocabulaire
de l’argumentation (connecteurs de phrase et relations logiques) ci-dessus.
MT Semaine 9
Arrêt sur image (1)
Pourquoi étudier les images publicitaires ?
À la différence des images produites par les différents arts, où la dimension poétique,
mais aussi critique, domine, le message publicitaire relève d'une stratégie de
communication. Il est conçu en fonction d'une cible précise et a pour objectif de susciter
chez le destinataire le désir d'acquérir le produit promu. La communication publicitaire a
recours à la référence, au plagiat, au détournement. Elle recycle l'art, les grands
mythes. Miroir du monde occidental dont elle reflète la volonté de domination
économique, la communication publicitaire est le pivot de la société de consommation et
contribue à l'uniformisation des modes de vie. Son étude constitue une introduction à la
lecture des images dont l'organisation est intentionnelle. Elle permet de faire apparaître
par quels moyens visuels, plastiques, linguistiques, les techniques discursives de
l'argumentation cherchent à influencer le destinataire et à modifier ses opinions.
Source : Extrait du dossier de présentation de l’étude sur l’image
publicitaire, http://www.crdp.ac-grenoble.fr/publicite/dossier_definitif/presentx.htm
© CRDP de Grenoble - Thém@doc - L'image publicitaire : affiche et annonce presse.
Activités :
1. Pour chacune des images publicitaires de la page 35 vous déterminerez
l’annonceur, la cible, le message, les procédés visuels et linguistiques utilisés
pour communiquer ce message.
2. Pour chacune des publicités de parfum de la page 36 vous déterminerez les
adjectifs qui décrivent le mieux les portraits de femmes et le portrait de l’homme
figurant sur les publicités. Comment fonctionnent ces publicités pour susciter
l’envie d’achat.
3. En groupe et par écrit vous ferez le portrait d’un acheteur potentiel (femme ou
homme) pour l’un des produits représentés sur les publicités.
Devoir : Composition (200 mots)
Vous regarderez la publicité d’Amnesty International ci-dessous et expliquerez comment
cette image nous interpelle.
34
35
Source : http://www.hku.hk/french/dcmScreen/lang3033/lang3033_galerie-pubs.htm
36
Source : http://www.hku.hk/french/dcmScreen/lang3033/lang3033_parfum_pub.htm
37
MT Semaine 10
Arrêt sur image (2)
L’art dans la rue
Depuis quinze ans, le Français Invader égaie les murs des villes du monde entier de ses mosaïques pop
inspirées de jeux vidéo. Le héros est de retour à Paris.
« La honteuse lâcheté de nos mœurs nous empêche de lever les yeux pour admirer le
sublime… », écrivait Fénelon. On subit ainsi la ville, n’en connaissant que ses pas sur le
trottoir. On a pourtant, depuis le milieu des années 90, une bonne raison de relever la
tête : de Paris à Katmandou, les envahisseurs ont débarqué parmi nous. Ces
mosaïques de personnages préhistoriques du jeu vidéo, imposées aux murs comme
autant de bornes d’un jeu de piste infini, sont l’œuvre mais aussi le labeur d’un Parisien
nommé Invader.
A Paris, il a atteint cette semaine le seuil des mille mosaïques, connaissant pour
chacune l’emplacement comme la difficulté de pose. Pour chaque invasion, il s’attribue
des points, suivant des critères complexes d’audace, de hauteur, de risque… Ses
interventions joyeuses offrent au regard enfin relevé des clins d’oeil colorés, une
complicité, voire une intimité avec la ville.
« Même si ce n’est pas mon moteur, j’aime égayer les villes, avec ce côté pop qui
contraste avec un côté plus sombre. »
Accueilli en héros dans les galeries et musées de Londres, New York ou Los Angeles,
Invader bénéficie enfin d’une exposition dans la capitale.
Quand on le retrouve dans son fabuleux atelier, parmi des milliers de Rubik’s Cube et
des carreaux de faïence de toutes tailles, couleurs et matières, il jubile en évoquant
cette revanche sur le milieu de l’art parisien.
« C’est ma première grosse expo à Paris… L’art s’est vraiment déplacé. La France
semble un peu à la ramasse aujourd’hui. Moi qui suis un noctambule pur et dur, je
trouve Paris figé, un musée à ciel ouvert. Ça me désole, car je m’inscris vraiment dans
la ville. C’est entre Paris et moi, cette histoire. »
C’est ainsi Paris qui, le premier, fut envahi avant des dizaines d’autres villes de la
planète (et quatre mille mosaïques), dans une petite rue du quartier Bastille. Le premier
acte d’un touche-à-tout encore à la recherche de son style, de son média, venu à l’art
dès l’enfance.
Pour envahir les rues, il lui manque juste une identité, une aura, un mystère. Il découvre
alors, émerveillé, la culture du street-art et ses codes opaques. « Je me suis un peu
encanaillé. C’est l’effet Superman : je deviens un autre quand je suis Invader… Le
38
masque, l’anonymat, ça vient de cette culture qui n’est pas la mienne à la base.
Aujourd’hui, nous bénéficions tous du triomphe de Banksy. Même si je suis loin de son
travail, nous formons une famille. Avant lui, nous n’étions que des vandales, des gueux.
C’est devenu l’art de toute une génération. »
Chaque matin, en arrivant à son studio-labo, Invader se livre à un rituel : mettre de la
musique. La musique est chevillée à cet univers, à travers la cinquantaine de pochettes
réalisées à partir de 225 Rubik’s Cube chacune. De Cure à Bérurier Noir, de Daft Punk
à Barbara, des Smiths à Run-DMC, Invader rend ainsi depuis des années hommage
aux pochettes d’albums qui ont nourri sa libido, son imaginaire, sa culture graphique.
« Je me suis formé avec la musique : c’est elle qui m’a donné envie de lire, m’a
enseigné l’anglais, m’a imposé la fibre artistique… Je devais rendre hommage à ces
pochettes achetées aux Puces. Je puise dans beaucoup de choses, mon enfance, les
affiches de Mai 68, des logiciels comme Photoshop, qui m’a fait prendre conscience des
pixels sur les images. D’ailleurs, mes premiers projets artistiques ont été consacrés aux
virus informatiques. Un gros travail, qui consistait à virusser la ville, son système… Mais
ça, il y a trop de risques à en parler. »
Il existe d’autres risques du métier : dégringoler de son échelle, être bloqué en douane
ou se faire régulièrement alpaguer par la police. Invader se déplace pourtant
discrètement : en veste jaune fluo, avec des cônes en plastique orange. « C’est encore
le meilleur moyen de passer inaperçu : qui porterait du fluo pour une action illégale ? » Il
s’est même fabriqué un vaste outil télescopique qui lui permet de poser, coller et même
marteler ses pièces à des hauteurs inattaquables.
« Chaque pièce représente une aventure, de la tension, du travail », jure-t-il. Depuis que
sa cote a flambé, des petits malins le suivent à distance et décollent ses oeuvres,
immédiatement revendues pour des milliers de dollars sur eBay. On ne sait pas si ses
mosaïques collées sur les gigantesques lettres « Hollywood », à Los Angeles, y sont
encore. La police a débarqué en hélicoptère pour l’interpeller avant qu’il ait terminé.
« Contrairement à d’autres street-artists, je ne suis pas un bon cascadeur », s’amuse-t-il
quand on évoque son avenir dans les rues. Mais la solution semble trouvée, avec une
génération spontanée d’envahisseurs déjà au travail sur les murs du monde entier.
David Vincent avait donc raison. Les envahisseurs sont parmi nous, parfaitement
intégrés – les voisins d’Invader pensent qu’il est carreleur.
J.D. Beauvallet, LesInrocks.com, 15 juin 2011
Pour voir les œuvres de l’artiste, consultez son site : www.space-invaders.com
Compréhension:
39
1. Selon l’auteur de cet article, l’art d’Invader est « une revanche sur le milieu de
l’art parisien ». Comment expliquer ce jugement ?
2. Quels sont les éléments de la culture populaire dont il s’inspire?
3. Quels sont (en vos propres mots) les risques du métier et que fait Invader pour
passer inaperçu ?
4. L’auteur de l’article s’exprime parfois sur un ton ironique. Repérez-en deux
exemples.
Opinion:
Le « street art » : expression artistique légitime où forme de vandalisme? Qu’en pensezvous?
Contrôle continu: Composition (300 mots)
« La honteuse lâcheté de nos moeurs nous empêche de lever les yeux pour admirer le
sublime… ». A vous de réagir à ces paroles de Fénelon.
(Pour pouvoir comprendre ce que veut dire Fénelon, il va falloir découvrir qui c’est. Ses
mots veulent-ils dire la même chose aujourd’hui qu’à son époque ?)
40
MT Semaine 11
Le résumé de texte
La Bataille du temps : La Mecque contre Greenwich
Depuis plus d'un siècle, il dicte l'heure qui nous mène inexorablement au bout de la
journée. Le Greenwich Mean Time, ou GMT, l'heure universelle, est l'une des dernières
fiertés des Britanniques et l'envie d'autres. Grâce au méridien de Greenwich de
longitude zéro, matérialisé par un rail de cuivre traversant la cour de l'Old Royal
Observatory de Londres, les sujets de Sa Majesté se considèrent comme le peuple de
l'heure. C'est l'un des derniers lambeaux de la grandeur impériale passée.
Depuis le 12 août, le GMT doit faire face à un concurrent de poids, l'Arabian Standard
Time, symbolisé par la géante horloge construite à La Mecque. Pour donner l'heure
« musulmane » à 1,5 milliard de fidèles de par le monde, les autorités saoudiennes n'ont
pas lésiné sur la dépense. L'horloge à quatre cadrans de 46 mètres de diamètre lacérés
d'or couronne une tour de 609 mètres, la deuxième plus haute au monde après le Burj
Khaila de Dubaï (828 mètres). En comparaison avec ses 96 mètres et ses cadrans d'un
diamètre six fois plus petit, le célèbre Big Ben fait bien piètre figure.
L'édifice est doté de tous les atours, comme l'attestent les deux millions d'ampoules
électriques éclairant l'inscription « au nom d'Allah », présente sur chaque cadran de
l'horloge. Pour appeler les fidèles à prier, 21 000 luminaires verts et blancs décorant le
sommet de la tour et visibles à 30 km à la ronde s'illumineront cinq fois par jour.
Emprise britannique
Pour ses promoteurs, La Mecque, et non Greenwich, est le vrai centre de l'univers. Aux
yeux de l'Arabie saoudite, le développement du temps moyen islamique doit casser l'un
des derniers vestiges de l'emprise coloniale et chrétienne de l'ancienne puissance
tutélaire. D'après les experts de la charia, le premier lieu saint de l'islam a l'avantage sur
Londres d'offrir le parfait alignement avec le pôle Nord, ce que contestent les
scientifiques occidentaux.
L'enjeu est d'importance. La Mecque a trois heures d'avance sur le GMT. Et le méridien
de Greenwich est aujourd'hui l'une des grandes attractions touristiques de la capitale
britannique. Malgré ce défi, la direction de l'Observatoire londonien reste confiante.
Après tout, le GMT a résisté avec succès à de multiples tentatives de putsch, en
particulier de la part de la France. La création, en 1667, du méridien de Paris devait
concurrencer l'emprise britannique. Lors de la conférence de Washington de 1884, qui
avait adopté l'heure de référence de Greenwich, la France s'était d'ailleurs abstenue.
Vexé que le méridien de Paris n'ait pas été retenu comme base zéro, l'Hexagone
boudera le GMT jusqu'en 1911 au profit de l'heure d'Angers, situé à l'exacte longitude
de Greenwich. Le dispositif a survécu à l'avènement, en 1972, du temps universel
coordonné (UTC).
41
Surtout, le GMT garde sa certitude de détenir sur sa concurrente saoudienne un atout
implacable. Outre-Manche, l'heure, c'est l'heure. La ponctualité est une religion.
Le Monde, 12 août 2010
Activité : Préparation au résumé
Compréhension :
1) Précisez le ton et le style du texte.
2) Recherchez le ou les mots clés définissant le thème du texte.
3) Distinguez les différents niveaux de l’argumentation.
La thèse : c'est l'affirmation d'un jugement, l'énoncé d'une constatation.
L'argument : ce sont les raisons qui servent à justifier la thèse.
Les exemples : ce sont des références concrètes qui viennent illustrer
l'argumentation.
4) Recherchez les liens logiques :
Quels sont les mots et les expressions qui servent de lien entre les arguments ?
Le plan du texte :
Faites un plan du texte. Ce plan doit donner un découpage hiérarchique du texte en
parties et sous parties.
Activité :
Vous remplacerez les mots ou les expressions soulignés par des mots ou des
expressions de même sens.
Devoir :
A partir des notes que vous avez prises en cours, vous rédigerez un résumé du texte La
bataille du temps : La Mecque contre Greenwich (150 mots environ). Vous éliminerez
dans votre résumé l’accessoire et les anecdotes, pour ne garder que l’essentiel. Ne
reprenez pas les expressions ou les phrases entières du texte, n’imitez pas le type
d’écriture (formules, interjections), mais gardez un style neutre.
Les contraintes de l’exercice : résumer exige avant tout une excellente compréhension
du texte à résumer, le repérage des éléments essentiels du texte, le repérage de
l’enchaînement des arguments. Aussi, avant de rédiger un résumé, est-il préférable de
retrouver la structure ou plan du texte de départ et d’éliminer les informations
secondaires. Le résumé reprend les idées essentielles en les condensant et sans
utiliser mot à mot les expressions du texte. Il s’agit donc d’un exercice de synthèse,
mais aussi d’un exercice de réécriture. Comme ce n’est pas un commentaire,
n’apparaissent ni le discours indirect (l’auteur dit que…), ni les impressions personnelles
(je pense que…).
Vous pourrez lire sur le site du Dr Guy Spielmann des conseils précis sur la pratique du
résumé. Vous y trouverez également des exemples de résumé :
http://www9.georgetown.edu/faculty/spielmag/docs/txt/resume.htm.
42
MT Semaine 12
Révision : Grammaire
Révision : Les pronoms personnels
A. Remplacez les noms par les pronoms qui conviennent, lorsque cela est
possible. (20 points)
1) A-t-on distribué suffisamment de vivres aux sinistrés ?
2) Avez-vous versé des arrhes à l’hôtelier ?
3) Elle a fait bouillir de l’eau.
4) Les animaux ont senti venir la perturbation atmosphérique.
5) Il a profité de la situation.
6) Il s’est joint aux manifestants.
7) Présentez-moi à vos parents.
8) Si vous avez des difficultés, adressez-vous à la bibliothécaire.
9) Il avait cueilli des roses pour son épouse.
10) Elle ne se sert plus de sa machine à écrire.
B. Transformez les phrases suivantes, en utilisant la forme affirmative, puis la
forme négative, comme dans l’exemple. (20 points)
Ex. Donne un bonbon à ta sœur. Donne-lui en un. Ne lui en donne pas.
1) Offrez une montre à votre fille.
2) Faites réparer l’horloge.
3) Prêtez-moi des livres.
4) Montrez une des grandes toiles aux visiteurs.
5) Attendez votre famille à Paris.
C. Traduisez les phrases suivantes en français. (20 points)
1)
2)
3)
4)
5)
We are thinking about it.
Did you write to her?
You are not happy. I can tell.
Paul did not give it to her yet.
My mother and I went to the concert.
Les pronoms relatifs
A. Vous compléterez les phrases avec le pronom relatif qui convient. (20 points)
1) En cas d’urgence, appelez la concierge ………… est toujours dans sa loge.
2) Jacques Prévert a écrit des poèmes ………… les jeunes apprécient.
3) C’est toi ………… es arrivé le premier.
43
4) Je ne me rappelle pas tout ce ……… elle a dit.
5) La grâce avec ………… elle danse est étonnante.
6) Je lui ai rendu les feuilles sur ………… il y avait des taches.
7) Le groupe ………… tu appartiens est très dangereux.
8) C’est un film à la fin ………… tout le monde pleure.
9) Elle était très en colère, ce ………… je ne m’étais pas rendu compte.
10) 11) Dites-moi à ………… vous avez parlé et ce ………… vous avez parlé.
12) Elle s’est excusée, sans ………… son amie ne lui aurait plus jamais parlé.
13) Au Louvre, il y avait beaucoup de groupes de touristes parmi …………… il fallait
circuler.
14) 15) Le bijou ………… elle désirait, elle l’avait vu dans la vitrine d’un magasin devant
………… elle était passée hier.
16) Prévenez-moi du jour ………… vous arriverez.
17) J’ai un gros rhume ………… m’empêche d’aller en classe aujourd’hui.
18) Apportez-moi le magazine …………vous m’avez parlé.
19) La fortune est un avantage ………… on ne doit pas se prévaloir.
20) Il ne trouvait dans la vie rien à ………… il pût se raccrocher.
B. Traduisez les phrases suivantes en français. (20 points)
1) What I liked best was the music.
2) The programme in which you have taken a great interest will be repeated next
Thursday.
3) The student you spoke to was in my class last year.
4) It was the year we went to France for a holiday.
5) Where is the bag I put my keys in?
44
HT Semaine 1
Technologie
Appels longue distance
Dans les centres d'appels délocalisés en Tunisie, Soumaya devient Margot et Ali
devient Dominique, pour communiquer, en français et sans accent, avec des
consommateurs habitant de l'autre côté de la Méditerranée.
Chaque matin, au cœur de La Charguia, une banale zone industrielle de la banlieue de
Tunis, Aïcha se transforme en Aline Martin, standardiste à la General Electric Capital
Bank, opérant depuis une tour de la Défense, dans les Hauts-de-Seine. Aïcha n'a
pourtant jamais mis les pieds en France et a encore moins rencontré les conseillers
commerciaux de General Electric (GE) vers lesquels elle aiguille ses lointains
correspondants. Alors, à Tunis, pour se mettre dans l'ambiance, elle regarde
régulièrement les informations sur Euronews ou France 2 et essaie d'avoir une idée de
la météo parisienne. Cela peut être utile lorsqu'un visiteur, en perdition sous la pluie au
milieu de l'esplanade de la Grande Arche, à la Défense, lui demande de le guider
jusqu'aux cinq étages de la GE.
Les 1.100 collègues tunisiens d'Aïcha, employés comme elle par les deux centres
d'appels de Teleperformance Tunisie, filiale de Teleperformance France, n'en sont pas
tous à ce point de dédoublement schizophrénique. Mais tous endossent des rôles de
composition pour traiter les communications en provenance ou à destination de France.
C'est le principe de la délocalisation des centres d'appel : au bout du fil, le
correspondant croit parler à un interlocuteur de l'Hexagone, mais il est en réalité en
communication avec un ou une standardiste installé au Maghreb, où la main-d'œuvre
est meilleur marché.
Sur les plateaux de Teleperformance, tout est fait pour brouiller les pistes. Ainsi les
démarcheurs téléphoniques qui essaient de prolonger des crédits pour la GE Capital
Bank ont tous dû changer leur nom. Taisir est devenue Lise, Amel Armelle, Leïla Sarah,
Bibel Alex Bey et Soumaya a hérité du doublement romanesque Margot Dumas.
Olivier, le cybernaute qui se dit « en carafe », appelle de la région de Bordeaux. On le
voit d'ici, planté au cœur du Médoc, imaginant sans doute sa patiente interlocutrice,
Olfa, noyée dans les frimas parisiens. Tout faux. Sur la station de travail voisine, Patrick,
l'abonné de Wanadoo qui se débat avec des problèmes de filtre, appelle d'Agen, dont il
a d'ailleurs les intonations rocailleuses. Mais il ignore que l'aimable Habib lui répond,
sans accent, de la banlieue de Tunis. Que les appelants se rassurent : leurs
communications sont facturées au prix d'un appel local grâce à des conditions de
location exceptionnelles consenties par Tunisie Télécom pour huit liaisons
internationales. A travers l'immense salle carrelée aux murs laqués blanc, les voix
venues de France distillent, à leur insu, le petit air de la délocalisation tertiaire.
45
Le groupe SR Teleperformance, créé en 1978 par un Français, est le quatrième groupe
mondial par son chiffre d'affaires (861 millions d'euros en 2003 contre 932 en 2002),
mais dispose du premier réseau au monde de « management de la relation client »
grâce à ses 26.000 stations de travail réparties sur 132 centres dans 30 pays. En
Tunisie, Teleperformance a été pionnière en 2000.
Une chaise, un téléphone et un ordinateur constituent le matériel de base des
téléconseillers. Certains sont équipés d'un casque, mais il s'agit d'une option - afin de
limiter la perte ou la casse, on leur demande de verser une caution pour en disposer -,
et la plupart d'entre eux passent ainsi jusqu'à huit heures d'affilée, le combiné coincé
entre la joue et l'épaule, au grand dam de leurs cervicales, pour pianoter sur l'ordinateur
où s'affiche le dossier du client.
Robert Belleret, Le Monde, 28 février 2004
Activité :
1) Vous rechercherez dans le texte tous les termes et les expressions se rapportant à
l’informatique et aux nouvelles technologies.
2) Vous rechercherez la structure du texte et proposerez un sous-titre pour chacun des
paragraphes.
3) Vous essaierez de regrouper ces paragraphes de manière à préparer un résumé du
texte.
4) Vous préparez en groupe un résumé du texte en 180 mots en suivant les conseils
donnés au page 41.
Devoir : Résumé
Rédigez le résumé du texte ci-dessus pour la semaine prochaine (150 mots)
46
HT Semaine 2
Urbanisme (1)
Haussmann, créateur du Paris moderne
A partir de 1860, Paris comportait vingt arrondissements au lieu des douze existant
antérieurement : ce découpage administratif est toujours le même de nos jours. La
même année, Napoléon III (remettre) solennellement à George Eugène Haussmann,
préfet de Paris, un décret d'une importance capitale : celui qui confirme l'annexion
des vingt-quatre villages jouxtant Paris. Nos actuelles banlieues parisiennes venaient
de naître. En 1848, Paris comptait 1.474 rues : après cette annexion commencée en
1860, la capitale comprenait — en 1865 — 3.750 artères. Les boulevards, avenues et
rues sont « aérés » par de larges places : extension de celle du Châtelet et
aménagement de celle de l’Opéra, par exemple.
L'avenue Foch — appelée encore de nos jours, avenue du Bois — termine, combien
superbement, le grand aménagement du quartier de l'Étoile : né de la volonté
personnelle d'Haussmann. Le plan primitif de Napoléon III prévoyait trois avenues
seulement, encadrant l'Arc de Triomphe : Haussmann (avoir) l'idée géniale de faire
converger douze avenues rayonnantes autour de « l'arc de Napoléon ». En 1858, la
place de l'Étoile était encore hors de l'enceinte de Paris : Haussmann fit classer la
nouvelle avenue de l’Impératrice, sous le titre de Route départementale reliant la Porte
Dauphine au Bois de Boulogne.
Pour parcourir cette nouvelle ville, des transports en commun s'imposent. Là encore,
Haussmann (intervenir) : la Compagnie Générale des Omnibus (absorber) en 1855
toutes les autres compagnies : en 1865, trente et une lignes étaient en service ; six cent
vingt et une voitures à chevaux composaient l'effectif de la Compagnie. Chaque voiture
était pourvue de deux étages et offrait vingt-huit places aux voyageurs.
Napoléon III voulait que Paris (être) aussi vert que Londres : Haussmann, aidé de ses
collaborateurs, (s'attaquer) aux « espaces verts ». Le Bois de Boulogne (devenir), en
peu d'années, le magnifique parc que nous connaissons tous. Les deux lacs, la
Cascade, les promenades, le Jardin d'acclimatation et l'hippodrome de Longchamp,
nous les devons à Haussmann, à Alphand et à Barillet-Deschamps.
Nous parlerons maintenant de quatre monuments agrandis ou édifiés sur l'ordre
d'Haussmann : le Palais de Justice (restauré par Duc), le Tribunal de Commerce, la
Préfecture de Police et l'Hôtel-Dieu. Pour édifier les trois derniers, le préfet de Paris
(percer) et (détruire) partiellement la médiévale Cité : de son temps, ce (être) un
beau tollé qui (saluer) cette mesure : les artistes et les écrivains (s'indigner),
les ennemis du baron (protester); de nos jours, cette destruction brutale de
l'entourage de Notre-Dame est toujours reprochée à Haussmann. On se prend à
regretter que presque toute l'antique Cité ait disparu. Imagine-t-on quels taudis et
logements insalubres se cachaient sous de si pittoresques façades ? Peut-on
concevoir que le Paris que nous connaissons — et aimons — puisse encore
47
comporter de tels vestiges ? Non. Alors, au lieu de pleurer hypocritement sur un
passé révolu, tâchons de comprendre Haussmann.
Haussmann et Belgrand doivent être admirés par tous les habitants de Paris, ne
serait-ce que pour ces réalisations d'utilité publique que nous venons d'indiquer. En
1861, Paris comptait 1.667.841 habitants et quelque 200.000 habitants
supplémentaires à la fin de l'Empire : Haussmann (avoir) nécessairement à
s'occuper des cimetières. En dehors des grands cimetières de l'Est ou du PèreLachaise, du Nord ou de Montmartre et du Sud ou de Montparnasse, onze autres
cimetières — ceux des nouveaux villages annexés à Paris - (compléter) la
nécropole parisienne. Là aussi. Haussmann (voir) grand : il désirait créer, à Merysur-Oise, un vaste et unique cimetière parisien extra muros : ses ennemies (attaquer)
ce nouveau projet. Le préfet (être) accusé de « vouloir déporter les morts » et on lui
(reprocher), lors de l’aménagement nouveau du cimetière de Montmartre, d'avoir
fait passer le pont Caulaincourt au-dessus du cimetière du Nord. Le projet de Merysur-Oise n'(aboutir) pas, mais de grands cimetières (être) aménagés à Bagneux,
Ivry Pantin et Saint-Ouen. Retenant l'idée d'Haussmann, la Troisième République
devait créer un vaste cimetière Parisien excentrique, à Thiais.
Par Pierre-André Touttain
Grammaire: Le passé simple
Vous mettrez à la forme correcte du passé simple les verbes du texte laissés entre
parenthèses à l’infinitif.
Devoir : Résumé
Résumez en 150 mots l’article suivant :
Quand le prince Charles voulait empêcher Jean Nouvel
de « dénaturer » Saint-Paul
Le prince Charles est un homme de convictions, aux opinions architecturales très
arrêtées. Ainsi, en 2005, l'héritier au trône d'Angleterre a tenté d'empêcher l'architecte
Jean Nouvel de construire un immeuble de verre et d'acier adjacent à l'illustre
cathédrale Saint-Paul, au cœur de Londres. Le fils aîné d'Elizabeth II avait écrit au
directeur général de Land Securities, promoteur du projet One New Change, pour
écarter Nouvel en invoquant la nécessité de « permettre à la cathédrale Saint-Paul de
briller » avec un projet qui la mettrait mieux en valeur.
L'ingérence de l'héritier présomptif de la Couronne vient d'être révélée dans l'édition du
17 août du quotidien The Guardian, qui cite Mike Hussey, alors responsable londonien
de la société immobilière. « Le prince n'avait pas vu le plan, explique M. Hussey. Il s'est
plaint de la sélection des architectes. Il ne voulait pas d'un moderniste. » De plus,
l'ancien promoteur accuse Son Altesse Royale d'avoir fait pression sur ses supérieurs
pour remplacer Nouvel par son architecte préféré, Quinlan Terry, adepte des matériaux
traditionnels, comme la brique et la pierre. « Son intervention était inappropriée et nous
48
avons décliné sa proposition », insiste l'ancien dirigeant de Land Securities. Le bâtiment
de Nouvel est actuellement en cours de construction.
Processus faussé
Depuis la diffusion, en 1988, d'un film qu'il avait réalisé, le prince de Galles n'a eu de
cesse de combattre les méfaits, à ses yeux, des architectes modernistes. Sa dernière
intervention (Le Monde du 22 juin) a eu raison de l'ambitieux projet des Chelsea
Barracks, une caserne désaffectée de l'ouest de la capitale.
À la suite d'une lettre envoyée par le prince au propriétaire, l'émir du Qatar, le maître
d'œuvre Richard Rogers a été limogé. Parmi les candidats retenus pour le remplacer
figurent d'ailleurs une poignée d'inconditionnels de la vision traditionnelle chère à S.A.R.
« Le prince ne doit pas donner son opinion, car elle fausse le processus de
planification » : la prestigieuse Royal Institute of British Architects a ainsi dénoncé
l'oukase lancé, en 2005, par le futur Charles III contre le concepteur français.
L'association professionnelle voit derrière cette campagne princière l'influence
rétrograde de la Prince's Foundation for the Built Environnment, l'organisation caritative
de promotion de l'architecture classique qu'il a créée.
Jean Nouvel avait été choisi à l'issue d'un concours international. Son projet entrait
parfaitement en symbiose avec le paysage autour du chef-d'œuvre de Christopher
Wren. Surtout, le célèbre bâtisseur bénéficiait du soutien de la Corporation of London,
l'organisme gestionnaire de la City, où est située la cathédrale Saint-Paul.
Se définissant comme un dissident, le prince de Galles n'avait pas hésité à défier sa
propre mère sur ce dossier. En effet, en 2001, Elizabeth II avait décerné à Jean Nouvel
la médaille d'or royale pour service rendu à l'architecture. À titre personnel...
Marc Roche, Le Monde, le 20 août 2009
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HT Semaine 3
Urbanisme (2)
Les Artistes contre la Tour Eiffel
Ce texte publié dans le journal Le Temps, l’un des organes de presse les plus
prestigieux de l’époque, témoigne de la réception du projet de tour de Gustave Eiffel
(1832-1923) et du scandale qu’il provoqua. Construite à partir de 1887, la tour Eiffel fut
inaugurée au moment de l’exposition universelle de 1889, cent ans après la Révolution
française. Ce monument était en rupture avec tous les édifices parisiens célèbres et
prestigieux, tant par ses matériaux – le fer – que par ses techniques de construction et
surtout sa dimension – 300 mètres de haut. Considérée par les auteurs de l’article
comme une utopie « un rêve stupéfiant », elle est devenue un chef-d’œuvre de
l’architecture métallique.
Nous venons, écrivains, peintres, sculpteurs, architectes, amateurs passionnés de la
beauté, jusqu’ici intacte, de Paris, protester de toutes nos forces, de toute notre
indignation, au nom du goût français méconnu, au nom de l’art et de l’histoire français
menacés contre l’érection, en plein cœur de notre capitale, de l’inutile et monstrueuse
Tour Eiffel, que la malignité publique, souvent empreinte de bon sens et d’esprit de
justice, a déjà baptisée du nom de « Tour de Babel ».
Sans tomber dans l’exaltation du chauvinisme, nous avons le droit de proclamer bien
haut que Paris est la ville sans rivale dans le monde. Au-dessus de ses rues, de ses
boulevards élargis, du milieu de ses magnifiques promenades, surgissent les plus
nobles monuments que le genre humain ait enfantés. L’âme de la France, créatrice de
chefs-d’œuvre, resplendit parmi cette floraison auguste de pierre. L’Italie, l’Allemagne,
les Flandres, si fières à juste titre de leur héritage artistique, ne possèdent rien qui soit
comparable au nôtre, et de tous les coins de l’univers Paris attire les curiosités et les
admirations.
Allons-nous donc laisser profaner tout cela ? La ville de Paris va-t-elle donc s’associer
plus longtemps aux baroques, aux mercantiles imaginations d’un constructeur de
machines pour s’enlaidir irréparablement et se déshonorer ?
Car la Tour Eiffel, dont la commerciale Amérique elle-même ne voudrait pas, c’est n’en
doutez point, le déshonneur de Paris. Chacun le sent, chacun le dit, chacun s’en afflige
profondément et nous ne sommes qu’un faible écho de l’opinion universelle, si
légitimement alarmée. Enfin, lorsque les étrangers viendront visiter notre exposition, ils
s’écrieront, étonnés : « Quoi ! c’est cette horreur que les Français ont trouvée pour nous
donner une idée de leur goût si fort vanté ? ». Et ils auront raison de se moquer de nous
parce que le Paris des gothiques sublimes, le Paris de Jean Goujon, de Germain Pilon,
de Puget, de Rude, de Barye etc., sera devenu le Paris de M. Eiffel.
Il suffit d’ailleurs, pour se rendre compte de ce que nous avançons, de se figurer un
instant une tour vertigineusement ridicule dominant Paris, ainsi qu’une gigantesque
cheminée d’usine, écrasant de sa masse barbare Notre-Dame, la Sainte-Chapelle, le
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dôme des Invalides, l’Arc de triomphe, tous nos monuments humiliés, toutes nos
architectures rapetissées, qui disparaîtront dans ce rêve stupéfiant. Et pendant vingt ans
nous verrons s’allonger sur la ville entière, frémissante encore du génie de tant de
siècles, nous verrons s’allonger comme une tache d’encre l’ombre odieuse de l’odieuse
colonne de tôle boulonnée.
Le Temps, 14 février 1887
Contrôle continu : Résumé
Résumez le texte ci-dessus sur la Tour Eiffel (170 mots).
51
HT Semaine 4
La presse et les médias (1)
Faits divers
Nouveau braquage au casino d'Aix-en-Provence, un policier blessé
Un policier a été blessé par balle à un bras dans la nuit de samedi à dimanche alors qu'il
tentait de déjouer une attaque au casino d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), déjà
braqué en avril, par un commando reparti avec un butin, a-t-on appris de source proche
de l'enquête.
Selon la même source, les cinq membres du commando, qui ont pris la fuite, ont pu
s'emparer d'un montant « de l'ordre de plusieurs dizaines de milliers d'euros » et sont
activement recherchés par les forces de l'ordre dans la région.
Le parquet n'a pas confirmé qu'un vol avait bien eu lieu. La direction de l'établissement,
propriété du groupe Partouche, a estimé quant à elle dimanche matin que le vol ne
« devrait pas excéder les 30.000 euros ».
Le Casino d'Aix, décrit comme le deuxième plus important casino du pays derrière celui
d'Enghien-les-Bains, avait déjà été la cible d'un braquage dans la nuit du 17 au 18 avril,
au cours duquel une somme de 100.000 euros avait été volée en quelques minutes par
un commando lourdement armé.
Cette nouvelle attaque est intervenue dimanche vers 1h00. L'alerte a été donnée au
commissariat d'Aix par un policier en civil, la surveillance ayant été renforcée aux
abords des casinos face aux attaques répétées survenues depuis un an contre les
établissements de jeux dans l'Hexagone.
A l'arrivée d'une patrouille de la brigade anti-criminalité, les malfaiteurs ont ouvert le feu
au fusil mitrailleur kalachnikov et un policier a été touché à un bras. Le fonctionnaire,
âgé d'une trentaine d'années, a été hospitalisé. Plusieurs impacts ont été relevés sur la
voiture de police.
Selon la même source, les policiers ont tenté de bloquer la fuite des malfaiteurs en
jetant une herse (« stop stick ») dans les roues de leur véhicule, dont un pneu a crevé,
ce qui les a contraints à en changer rapidement. Ils ont abandonné leur véhicule dans
les faubourgs de la ville en le brûlant, avant de repartir dans une voiture volée.
Vers 1h00 du matin, Serge Piccone, l'un des caissiers du Casino, a vu quatre braqueurs
cagoulés, vêtus de treillis kakis et armés de kalachnikov, se diriger vers lui et dire « le
premier qui bouge, on le tue ».
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« Deux sont allés vers les caisses des machines à sous et deux autres dans la salle
réservée aux grands jeux. On aurait dit les mêmes qu'au mois d'avril. Ils savaient
exactement ce qu'ils faisaient et sont allés très vite », a-t-il raconté à l'AFP.
Une cellule psychologique a été mise en place par le groupe Partouche dimanche matin
à Aix-en-Provence et un comité doit se tenir en interne sur les questions de sécurité, a
précisé M. Piccone.
Les forces de l'ordre, renforcées par des hommes du Groupe d'intervention de la police
nationale (GIPN), recherchaient les malfaiteurs dimanche matin autour de la commune
de Saint-Mitre-les-Remparts (Bouches-du-Rhône), au bord de l'étang de Berre, où leur
véhicule a été repéré en direction d'un camping, selon la même source.
Le parquet d'Aix et la brigade de répression du banditisme (BRB) de la PJ de Marseille
sont saisis de l'enquête. Plus d'une dizaine d'attaques de casinos ont eu lieu en France
depuis avril 2010.
« Avec ce nouveau hold-up, on a atteint le point de non retour. Ici jamais jusqu'à présent
un policier n'avait été blessé à la kalachnikov. L'escalade que nous avions dénoncée
doit être enrayée », a déclaré à l'AFP David-Olivier Reverdy, secrétaire régional adjoint
du syndicat Alliance en Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Le Casino d'Aix, ouvert depuis dix ans, est le deuxième casino de France derrière celui
d'Enghien-les-Bains (Val-d'Oise). Il compte plus de 350 machines à sous, le plus
important parc de la région, et la plus grande salle de poker du pays, selon son site
internet.
Relevé sur le site du journal Nice Matin, le 26 juin 2011
Compréhension :
1. Après avoir lu l’article, vous répondrez aux questions de référence : qui ?, quoi ?
où ?, comment ?, pourquoi ? Vous comparerez vos réponses avec celles de votre voisin
ou voisine, puis écrirez ensemble un bref résumé de ce fait divers.
2. Comment le journaliste chargé de ce fait divers écrit-il pour retenir l’attention du
lecteur ?
Devoir : Composition
Vous rendrez compte en 200 mots d’un fait divers arrivé récemment en Irlande.
53
HT Semaine 5
La presse et les médias (2)
La télévision : une force de banalisation
Par sa puissance de diffusion, la télévision pose à l’univers du journalisme écrit et à
l’univers culturel en général un problème. Par son ampleur, son poids tout à fait
extraordinaire, la télévision produit des effets qui, bien qu’ils ne soient pas sans
précédent, sont tout à fait inédits. Par exemple, la télévision peut rassembler en un soir
devant le journal de vingt heures plus de gens que tous les quotidiens français du matin
et du soir réunis. Si l’information fournie par un tel support devient une information
omnibus sans aspérité, homogénéisée, on voit les effets politiques et culturels qui
peuvent en résulter. C’est une loi qu’on connaît très bien : plus un organe de presse ou
un moyen d’expression quelconque veut atteindre un public étendu, plus il doit perdre
ses aspérités, tout ce qui peut diviser, exclure – pensez à Paris-Match –, plus il doit
s’attacher à ne « choquer personne », comme on dit, à ne jamais soulever de
problèmes ou seulement des problèmes sans histoire. Dans la vie quotidienne, on parle
beaucoup de la pluie et du beau temps, parce que c’est le problème sur lequel on est
sûr de ne pas se heurter – sauf si vous discutez avec un paysan qui a besoin de pluie
alors que vous êtes en vacances –, c’est le sujet inoffensif par excellence. Plus un
journal étend sa diffusion, plus il va vers les sujets omnibus qui ne soulèvent pas de
problèmes. On construit l’objet conformément aux catégories de perception du
récepteur.
C’est ce qui fait que tout le travail collectif qui tend à homogénéiser et à banaliser, à
« dépolitiser », convient parfaitement, bien que personne, à proprement parler, n’en soit
le sujet, bien qu’il ne soit jamais pensé et voulu comme tel par qui que ce soit. C’est
quelque chose que l’on observe souvent dans le monde social : on voit advenir des
choses que personne ne veut et qui peuvent sembler avoir été voulues. C’est là que la
critique simpliste est dangereuse : elle dispense de tout le travail qu’il faut faire pour
comprendre des phénomènes comme le fait que, sans que personne ne l’ait voulu
vraiment, sans que les gens qui financent aient eu tellement à intervenir, on a ce produit
très étrange qu’est le « journal télévisé », qui convient à tout le monde, qui confirme des
choses déjà connues, et surtout qui laisse intactes les structures mentales.
Il y a des révolutions qui touchent aux bases matérielles d’une société, celles qu’on
évoque d’ordinaire – on a nationalisé les biens du clergé lors de la Révolution – et des
révolutions symboliques, celles qu’opèrent les artistes, les savants ou les grands
prophètes religieux ou parfois, plus rarement, les grands prophètes politiques, qui
touchent aux structures mentales, c’est-à-dire qui changent nos manières de voir et de
penser. C’est le cas, dans le domaine de la peinture, de Manet qui a bouleversé une
opposition fondamentale, une structure sur laquelle reposait tout l’enseignement
académique, l’opposition entre le contemporain et l’ancien. Si un instrument aussi
puissant que la télévision s’orientait tant soit peu vers une révolution symbolique de
cette sorte, je vous assure qu’on s’empresserait de l’arrêter... Or il se trouve que sans
que personne n’ait besoin de le lui demander, par la seule logique de la concurrence, et
des mécanismes que j’évoque, la télévision ne fait rien de tel. Elle est parfaitement
ajustée aux structures mentales du public.
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Je pourrais évoquer le moralisme de la télévision, le côté téléthon qu’il faudrait analyser
dans cette logique. « Avec des bons sentiments, disait Gide, on fait de la mauvaise
littérature », mais, avec des bons sentiments, on « fait de l’audimat ». Il y aurait à
réfléchir sur le moralisme des gens de télévision : souvent cyniques, ils tiennent des
propos d’un conformisme moral absolument prodigieux. Nos présentateurs de journaux
télévisés, nos animateurs de débats, nos commentateurs sportifs sont devenus des
petits directeurs de conscience qui se font, sans trop avoir à se forcer, les porte-parole
d’une morale typiquement petite bourgeoise, qui disent « ce qu’il faut penser » de ce
qu’ils appellent « les problèmes de société », les agressions dans les banlieues ou la
violence à l'école. La même chose est vraie dans le domaine de l’art et de la littérature:
les émissions dites littéraires les plus connues servent – et de manière de plus en plus
servile – les valeurs établies, le conformisme et l’académisme, ou les valeurs du
marché.
Pierre Bourdieu, extrait de Sur la télévision (1993)
Compréhension :
1. Relevez des informations du premier paragraphe qui montrent la puissance
éventuelle de la télévision.
2. Quelles sont les raisons pour lesquelles Bourdieu est critique du « journal
télévisé » ? (deuxième paragraphe)
3. Selon Bourdieu, aucun individu n’est responsable de la banalisation des
émissions télévisées ; il en évoque quand même une cause. Laquelle ?
(troisième paragraphe)
4. Expliquez, utilisant vos propres mots, les expressions suivantes : une information
omnibus ; perdre ses aspérités ; un conformisme moral absolument prodigieux ;
directeurs de conscience ; une morale typiquement petite bourgeoise.
Grammaire : les relations logiques
Le texte de Bourdieu est un texte argumentatif, ce qui nécessite des phrases complexes
reliées par des relations logiques. Relevez les mots/expressions dans ce texte qui
expriment 1) la cause, 2) la conséquence, 3) l’opposition, 4) l’hypothèse/la condition, et
5) la comparaison.
Opinion :
Pierre Bourdieu, sociologue français, a prononcé ce discours en 1993 au Collège de
France, quelques années avant la généralisation de l’Internet. Croyez-vous que les
propos de Bourdieu soient toujours d’actualité dans l’ère numérique où nous vivons
aujourd’hui ?
Contrôle continu: Résumé
Résumez le texte ci-dessus pour la semaine prochaine (250 mots).
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HT Semaine 6
Mythologies contemporaines (1)
La Déesse
À la fin des années cinquante Citroën
lançait un nouveau modèle de voiture : la
Déesse. Roland Barthes, en 1957, en fit
dans son livre Mythologies la description
qui suit. Il s’agit d’un texte difficile où
l’auteur analyse l’objet et la fascination que
les Français ressentirent pour ce nouveau
modèle.
Je crois que l’automobile est aujourd'hui l'équivalent assez exact des grandes
cathédrales gothiques : je veux dire une grande création d'époque, conçue
passionnément par des artistes inconnus, consommée dans son image, sinon dans son
usage, par un peuple entier qui s'approprie en elle un objet parfaitement magique.
La nouvelle Citroën tombe manifestement du ciel dans la mesure où elle se
présente d’abord comme un objet superlatif. Il ne faut pas oublier que l’objet est le
meilleur messager de la surnature: il y a facilement dans l'objet, à la fois une perfection
et une absence d'origine, une clôture et une brillance, une transformation de la vie en
matière (la matière est bien plus magique que la vie), et pour tout dire un silence qui
appartient à l'ordre du merveilleux. La «Déesse» a tous les caractères (du moins le
public commence-t-il par les lui prêter unanimement) d'un de ces objets descendus d’un
autre univers, qui ont alimenté la néomanie du XVIIIe siècle et celle de notre sciencefiction: la Déesse est d'abord un nouveau Nautilus.
C'est pourquoi on s’intéresse moins en elle à la substance qu'à ses joints. On sait
que le lisse est toujours un attribut de la perfection parce que son contraire trahit une
opération technique et tout humaine d’ajustement: la tunique du Christ était sans
couture, comme les aéronefs de la science-fiction sont d’un métal sans relais. La DS 19
ne prétend pas au pur nappé, quoique sa forme générale soit très enveloppée; pourtant
ce sont les emboîtements de ses plans qui intéressent le plus le public : on tâte
furieusement la jonction des vitres, on passe la main dans les larges rigoles de
caoutchouc qui relient la fenêtre arrière à ses entours de nickel. Il y a dans la DS
l'amorce d’une nouvelle phénoménologie de l'ajustement, comme si l'on passait d'un
monde d'éléments soudés à un monde d'éléments juxtaposés et qui tiennent par la
seule vertu de leur forme merveilleuse, ce qui, bien entendu, est chargé d'introduire à
l'idée d'une nature plus facile.
Quant à la matière elle-même, il est sûr qu’elle soutient un goût de la légèreté, au
sens magique. Il y a retour à un certain aérodynamisme, nouveau pourtant dans la
mesure où il est moins massif, moins tranchant, plus étale que celui des premiers temps
de cette mode. La vitesse s'exprime ici dans des signes moins agressifs, moins sportifs,
comme si elle passait d'une forme héroïque à une forme classique. Cette spiritualisation
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se lit dans l'importance, le soin et la matière des surfaces vitrées. La Déesse est
visiblement exaltation de la vitre, et la tôle n'y est qu'une base. Ici, les vitres ne sont pas
fenêtres, ouvertures percées dans la coque obscure, elles sont grands pans d'air et de
vide, ayant le bombage étalé et la brillance des bulles de savon, la minceur dure d’une
substance plus entomologique que minérale (l'insigne Citroën, l'insigne fléché, est
devenu d’ailleurs insigne ailé, comme si l'on passait maintenant d'un ordre de la
propulsion à un ordre du mouvement, d'un ordre du moteur à un ordre de l'organisme).
Il s'agit donc d’un art humanisé, et il se peut que la Déesse marque un
changement dans la mythologie automobile. Jusqu'à présent, la voiture superlative
tenait plutôt du bestiaire de la puissance ; elle devient ici à la fois plus spirituelle et plus
objective, et malgré certaines complaisances néomaniaques (comme le volant vide), la
voici plus ménagère, mieux accordée à cette sublimation de l'ustensilité que l'on
retrouve dans nos arts ménagers contemporains : le tableau de bord ressemble
davantage à l'établi d'une cuisine moderne qu'à la centrale d'une usine: les minces
volets de tôle mate, ondulée, les petits leviers à boule blanche, les voyants très simples,
la discrétion même de la nickelerie, tout cela signifie une sorte de contrôle exercé sur le
mouvement, conçu désormais comme confort plus que comme performance. On passe
visiblement d'une alchimie de la vitesse à une gourmandise de la conduite.
Il semble que le public ait admirablement deviné la nouveauté des thèmes qu’on
lui propose : d'abord sensible au néologisme (toute une campagne de presse le tenait
en alerte depuis des années), il s'efforce très vite de réintégrer une conduite
d'adaptation et d’ustensilité (« Faut s’y habituer »). Dans les halls d’exposition, la voiture
témoin est visitée avec une application intense, amoureuse : c’est la grande phase
tactile de la découverte, le moment où le merveilleux visuel va subir l'assaut raisonnant
du toucher (car le toucher est le plus démystificateur de tous les sens, au contraire de la
vue, qui est le plus magique): les tôles, les joints sont touchés, les rembourrages
palpés, les sièges essayés, les portes caressées, les coussins pelotés ; devant le
volant, on mime la conduite avec tout le corps. L'objet est ici totalement prostitué,
approprié : partie du ciel de Metropolis, la Déesse est en un quart d'heure médiatisée,
accomplissant dans cet exorcisme, le mouvement même de la promotion petitebourgeoise.
Roland Barthes, extrait des Mythologies (1957)
Compréhension :
1. Relevez dans le texte les références qui soulignent le côté magique de la Déesse.
2. Expliquez comment, d’après Roland Barthes, cette magie se traduit dans le design de
la voiture.
3. Comment interprétez-vous le dernier paragraphe du texte ?
Devoir : Traduction
Traduisez les deux premiers paragraphes de l’extrait ci-dessus, « La Déesse ».
HT Semaine 7
SEMAINE D’ETUDE
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HT Semaine 8
Mythologies contemporaines (2)
L’Euro
Cinquante ans après la publication des Mythologies de Roland Barthes, Le Nouvel
Observateur a demandé à des intellectuels français d’évoquer les mythologies
d’aujourd’hui. Voici le texte que l’écrivain Philippe Sollers a rédigé au sujet de l’euro.
Qui se souvient du bon vieux franc hypocrite du XXe siècle ? Qui a encore en tête les
visages navrés d'être ainsi prostitués sur des billets de banque, les figures de Voltaire,
de Montesquieu, de Pascal ? Le franc a fini de façon atomique : Marie Curie a bouclé la
caisse et, du même coup, est entrée au Panthéon.
Je regarde ma monnaie en euros et en cents. Quelques symboles français
surnagent dans le métal : un visage de femme (mais c'est Royal!), une semeuse
entourée d'étoiles (encore elle!), la rassurante devise «Liberté, Égalité, Fraternité». Mais
d'où me vient ce lion dressé, l'épée à la main ? Ce petit bureaucrate à lunettes ? Je
sursaute devant une lyre gravée du plus bel effet : mais oui, quelle joie, c'est l'Irlande,
c'est l'Eire. Bonjour, Joyce ! L'Europe, c'est toi ! Orphée ! Homère ! Je me pince : le
pape, maintenant. Et puis un roi : Juan Carlos. Et de mieux en mieux (décidément
l'Espagne tient le coup): un écrivain qui s'en est tiré à travers la frappe. Voici donc le
grand vainqueur de la nouvelle monnaie: Cervantes.
Passons aux billets : le dollar est bavard, l'euro est muet. D'un côté les présidents
américains, Washington, Jackson, Grant, et puis les inscriptions flamboyantes, «In God
we trust» «Novus ordo seclorum », «Annuit coeptis». Tout cela est très XIXe siècle.
Vous ajoutez la pyramide inachevée surmontée d'un triangle à œil, et vous avez
compris que le regard incessant de Dieu vous surveille depuis quarante siècles. Au
contraire, l'euro se présente la bouche cousue. Il ne se permettrait pas, lui, de parler
latin. Grand silence (celui de toutes les langues qu'il représente). Passé flou, avenir
suspendu. Vous apercevez des ponts, des arcades, des aqueducs, des ogives, des
vitraux (un peu de chrétienté, mais pas trop), vous ne savez pas s'il s'agit de ruines ou
de travaux en cours. Une carte géographique vous rappelle quand même que vous
pouvez vous balader dans tous ces pays sans changer de compte. Il est possible que
cet ancien continent dévasté veuille refleurir (il y a des étoiles). Les couleurs sont
comme des promesses de couleurs.
L'Amérique en dollars, c'est la puissance et la Loi. L'euro, c'est les limbes.
Déchiffrons l'avenir, je le vois d'ici, même si je crains de n'être pas là pour jouir de son
humour gigantesque. L'euro, un jour, capté par la Chine, débouchera nécessairement
sur l'eurasio. Il y aura des idéogrammes. Ce sera très beau.
Compréhension :
1. Qui sont les différents personnages célèbres mentionnés dans ce texte ?
2. Quelles différences l’auteur souligne-t-il entre le dollar et l’euro ?
3. Comment l’auteur envisage-t-il l’avenir de l’euro ? Êtes-vous d’accord avec son
opinion ?
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4. En quoi le texte de Philippe Sollers se différencie-t-il du texte de Roland Barthes
sur la Déesse ?
Résumé :
Vous résumerez le texte en quelques phrases et comparerez ce que vous avez écrit
avec le résumé de votre voisin ou voisine.
Contrôle continu: Composition
Vous rédigerez un texte de 400 mots pour évoquer un objet devenu un véritable culte
pour votre génération. Il peut tout aussi bien s’agir d’un objet usuel que d’un objet
culturel (film, chanson, émission de télévision, etc.).
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HT Semaine 9
Nouveaux moyens de communication
« C'est du Queneau, du San-Antonio, du délire! »
Professeur associée de linguistique à l’Université de Neuchâtel, Thérèse
Jeanneret goûte particulièrement la fantaisie et l’inventivité du SMS.
S'agit-il d'un nouveau langage? Chaque fois que le monde de la communication connaît
une révolution technologique, des codes nouveaux voient le jour. Au XIXe siècle,
l'écriture braille a coïncidé avec 1'apparition du télégraphe. Aujourd'hui, l'e-mail et le
SMS s'accompagnent de codes originaux. Prenez les smileys: il s'agit de considérer
l'ensemble des signes graphiques du clavier comme des images pouvant signifier
quelque chose. Le O renvoie à une auréole, le B à une paire de lunettes, etc. En
combinant ces signes graphiques - JL désigne par exemple deux jambes -, on obtient
un langage très complexe. En effet, chaque lettre du clavier a un potentiel de plusieurs
valeurs, en fonction des combinaisons.
Quelle est son originalité?
Prenez par exemple le signe qui désigne un punk: -:-(. Tout le monde identifie la
parenthèse de gauche (qui veut dire «triste», alors que la parenthèse de droite) signifie
«content». Le punk se reconnaît à sa crête sur la tête, mais, curieusement, aussi au fait
qu'il ne sourit pas: -:-(. La personne qui a créé ce smiley postule en effet qu'un vrai punk
ne sourit jamais. Autrement dit le punk triste ou le punk souriant n'ont pas d'équivalent
graphique. On s'aperçoit dès lors que le langage smiley n'est jamais neutre, mais
connoté, fantaisiste et drôle.
L'interprétation du signe n'est pas toujours évidente.
Oui. L'encodeur, c'est-a-dire celui qui envoie un message et invente des smileys, sait
probablement ce qu'il veut dire, mais le décodeur, celui à qui est destiné le SMS, doit
souvent décrypter le message, reconstruire un sens, donner une autre interprétation,
supputer des intentions de l'émetteur.
Autrement dit le langage SMS n'est pas efficace?
Non, pas du tout et c'est cela qui est intéressant. Le SMS ne va pas à l'essentiel, mais
se nourrit d'énigmes et sa codification reste très lâche. Regardez le signe «pape» et le
signe «saint»: le pape est affublé d'une croix: +:-), mais le saint est affublé d'une
auréole: o>). Un langage résolument efficace eût tranché entre les deux.
II n'est pas davantage fonctionnel.
Non plus. Il se distingue radicalement du clavier d'ordinateur et des e-mails en ce sens
que sa manipulation n'est pas du tout aisée. Sur l'ordinateur, le clavier propose toute la
gamme des lettres, tandis que le portable ne dispose que de 9 touches activées par le
seul pouce! Il invite de ce fait à trouver des parades, des astuces, destinées à vous
simplifier la tâche. Or il est amusant de constater que les adultes qui s'adonnent au
SMS perpétuent souvent par réflexe une orthodoxie de la langue et un respect de
l'orthographe qui les contraignent à multiplier les opérations supplémentaires, alors que
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le SMS est une invitation à la licence orthographique et à l'exploration des ellipses
syntaxiques.
Pour quel contenu?
Le SMS sert avant tout à garder le contact avec les amis. C'est d'autant plus amusant
qu'il se greffe sur un support, le téléphone portable, qui permet d'atteindre son
propriétaire n’importe où, n'importe quand, bref à rendre efficace une communication.
Or le SMS dispense les petits riens de l'existence: «T'es où?», «Beurk! J'ai deux heures
de maths!»
Mais c'est aussi un retour de l'écrit.
Tout à fait. Récemment le journal «Le Monde» s'intéressait aux Pokémon et relevait que
les enfants désirant échanger des cartes recouraient à l'écrit (e-mails, chats, SMS). Les
jeunes sont prêts à écrire tout ce que vous voulez, pourvu que vous leur présentiez des
enjeux qui sont les leurs. Evidemment, l'orthographe laisse à désirer.
Pour une linguiste, c'est un problème?
Les linguistes se bornent à enregistrer ce qui se fait. Ils ne portent pas de jugement
normatif. C'est vrai que l'orthographe française, par ailleurs extrêmement difficile, est de
moins en moins maîtrisée par les francophones. Au travers des SMS que j'ai pu
examiner, j'ai constaté quantité de fautes - «mon né a glisser » - qui ne me choquent
pas du tout. Quelle importance cela a-t-il dans la transmission d'un message?
Outre le smiley, on trouve d'autres astuces
L'une d'elles consiste à prendre le nom de la lettre pour une séquence sonore. Ce n'est
pas nouveau: Perec, Queneau, Desnos sont déjà passés par là. Prenez par exemple
od41aln qui veut dire «ode et quatrain à Hélène»! Ou encore les lettres les plus stupides
de l'alphabet: ebt, c'est-à-dire «hébété». Ce sont des jeux de langage que les poètes et
les écrivains ont explorés depuis longtemps. Dans les SMS, tout le monde écrit C pour
«c'est» et certaines combinaisons telles que K7 sont complètement entrées dans les
mœurs. Il n'y a donc pas innovation, mais perpétuation d'une perception ludique et
poétique de la langue.
Le SMS, c'est quelque chose qu'un San-Antonio aurait adoré.
Codes et décodage
Anglicisme
Syl (See You Later, à plus tard)
«Je trouve que les anglicismes sont de plus en plus contredits par leurs équivalents
français. Syl est fortement concurrencé par à+, abréviation de «à plus tard, à bientôt».
Vous savez, l'anglicisation de la langue française n'est pas si effrayante qu'on le dit.
Consultez un dictionnaire des anglicismes et vous verrez le nombre très élevé de mots
aujourd'hui totalement tombés en désuétude.»
Phonétique
t’m (je t’aime)
«On pourrait évoquer la réduction de la formule à deux lettres, comme deux êtres unis
par l'amour. La suppression du pronom «je», que le décodeur n'aura aucune peine à
rétablir, est une survivance du style télégraphique. Le message me paraît refléter la
fascination des jeunes pour le graphisme, le tag ou le spraycan. Qu'est-ce qui
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différencie en effet le SMS t’m du graffiti I "cœur" y que j'aperçois tous les jours contre
un mur en prenant mon train? Le SMS est d'ailleurs à mi-chemin entre l'écriture et le
dessin.»
Simplification
C skjdi (c'est ce que je dis ou c'est ce que j'y dis)
«On a ici un bon exemple du caractère cryptographique d'un SMS. La lisibilité du
message est différée, le décodeur doit la reconstruire. Au final, la formule renvoie bien
évidemment à Queneau ou à Perec qui écrivaient «sanxsa» pour «sans que ça» ou
«ltipstu» pour «le type se tue». Je remarque aussi que le décodage laisse planer un
doute. S'agit-il de «C'est ce que je dis» ou de «c'est ce que j'y dis»? Le langage SMS a
ceci de plaisant qu'il n'est jamais univoque, mais ouvert à la polysémie et à la poésie.»
Smiley
*<:-)(Le Père Noël)
«Le smiley repose sur un canevas fondamental, les yeux (:), le nez (-) et la bouche ()). À
partir de là, les combinaisons sont infinies. J'aime beaucoup cette représentation du
Père Noël avec l'étoile du Berger, le capuchon rouge au-dessus des yeux et, bien
évidemment, un grand sourire, car le Père Noël symbolise la joie. Imaginez à présent
que vous receviez ce smiley: *<:-(. Le décodage lui aussi est infini puisque ce smiley
peut signifier beaucoup de choses: le Père Noël est une ordure, le Père Noël n'est pas
venu me voir, le Père Noël ne m'a pas apporté ce que je voulais, etc.»
Christophe Flubacher, L'Hebdo, le 1er février 2001
Activités :
1) « Au XIXe siècle l'écriture braille a coïncidé avec l'apparition du télégraphe. » Quel
est le rapport ? Y a-t-il d'autres exemples de ce phénomène ?
2) « Mon né a couler ». Où sont les fautes d'orthographe ? Quelle attitude envers les
fautes d'orthographe trouve-t-on dans le texte ? Quelles sont les formes d’écriture
décrites par la linguiste ? Quelle est son attitude envers ces formes nouvelles ?
3) Trouvez d’autres exemples, en français, d’anglicismes, d’écriture phonétique et de
simplification.
4) Par petits groupes (3 à 5), composez une œuvre de « littérature SMS » sous forme
de dialogue (pas plus de 140 signes par message!).
Devoir : Traduction
Traduisez en anglais le texte suivant :
Au milieu des années 1890, il fut question d’abolir la gratuité d’entrée au musée du
Louvre qui prévalait depuis l’ouverture de celui-ci, au temps de la Révolution française,
en 1793. Il s’agissait de gonfler un budget jugé trop maigre. Le projet échoua (c’est
seulement en 1922 que l’accès deviendra payant). Clemenceau, encouragé par son
cher ami critique d’art Gustave Geffroy, y contribua en prenant feu et flamme en
défense de la gratuité. Avec des arguments qui méritent d’être exhumés dans notre
conjoncture.
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Sa démonstration se veut d’abord civique. Elle se fonde sur l’idée primordiale que
la démocratie se doit d’offrir la beauté sans nul péage à tous ceux qui n’ont pas les
moyens d’en acheter la fréquentation. C’est une de ses raisons d’être, mais c’est aussi
une manière pour elle d’assurer la paix entre les classes sociales contre toutes les
turbulences que fait naître la profonde inégalité des situations individuelles – avec cette
misère dont l’ancien médecin des pauvres de Montmartre avait touché la réalité de plus
près que la plupart des parlementaires de son temps. « Nous avons, écrit-il, fait
l’homme qui lit, écrit, compte, connaît et veut connaître encore. Il faut maintenant
l’élever d’un nouveau degré et faire l’homme qui sent. Il faut faire un public pour nos
artistes comme nous cherchons à faire un public pour nos savants. »
Ainsi s’étend, à partir de l’école, la même philosophie pour les musées. Comme
la connaissance, la beauté doit être accessible à tous sans entraves – parce qu’elle est
aussi précieuse au citoyen investi désormais du pouvoir de déterminer le destin de son
pays.
Le souci est donc autant politique et social qu’il est moral. « Il me plaît, écrit
encore Clemenceau, que tous les vaincus du sort soient chez eux dans ce palais, qu’on
leur en fasse les honneurs, et que les prodiges de l’art humain accumulés devant eux
leur parlent d’autre chose que des rudoiements du dehors qu’ils retrouveront tout à
l’heure. Les heureux du monde, pris par l’action – et quelle action hélas ! – n’ont pas le
temps de songer. Laissez rêver les pauvres ! »
Jean-Noël Jeanneney, « La culture gratuite? », Le Débat, n° 147, novembre-décembre
2007
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HT Semaine 10
Mouvement social
Québec: cent jours de manifestations étudiantes
Depuis plus de trois mois, les étudiants québécois sont entrés en résistance contre le
gouvernement de Jean Charest au pouvoir depuis près de dix ans. En cause,
l’augmentation des droits de scolarité à l’université : alors qu’ils sont gelés depuis vingt
ans, le gouvernement libéral avait prévu de les augmenter de 75% dans les cinq
prochaines années, les portant à 3.793 dollars canadiens (2.910 euros) par an.
Il n’en a pas fallu plus pour faire descendre les étudiants dans la rue. Le 22 mars, ils
étaient près de 250 000 à manifester à Montréal, un petit carré rouge épinglé sur la
veste en signe de protestation. Le 3 mai, après douze semaines de grève, les étudiants
défilaient en sous-vêtements afin d'incarner physiquement leur combat pour une plus
grande transparence du gouvernement québécois.
En fait, le mouvement a évolué depuis la contestation initiale de la hausse des droits de
scolarité, à tel point que l’objet premier de la grande marche organisée pour marquer le
centième jour du conflit n’était plus tant cette question-là que celle, plus globale, du droit
à manifester en tant que tel.
Après la démission de la ministre de l’Education, Line Beauchamp, le 14 mai dernier, le
gouvernement libéral a décidé de serrer la vis en faisant voter une loi aux allures de
déclaration de guerre, dite loi 78. Dans les universités en grève, la nouvelle loi prévoit la
suspension du semestre de printemps jusqu’à la mi-août, date à laquelle les cours
devront reprendre – toujours au titre du semestre de printemps – pour que ce dernier
soit complété d’ici au début du mois d’octobre, où commencera le semestre d’automne.
Aussi, pour dissiper le mouvement, cette loi prévoit que toute manifestation rassemblant
plus de cinquante personnes soit déclarée au minimum huit heures auparavant aux
services de police. Restreignant le droit de manifester et prévoyant de lourdes amendes
pour les contrevenants, elle a vite cristallisé les ressentiments d’une jeunesse
québécoise qui ne se reconnaît plus dans un personnel politique sclérosé et englué
dans plusieurs scandales. Pauline Marois, chef du Parti québécois (souverainiste),
évoque « l’un des jours les plus sombres pour la démocratie québécoise » et dénonce
une « loi-matraque pour faire taire les Québécois ». Depuis, un mouvement spontané de
désobéissance civile s’est créé, au-delà des seuls étudiants initialement concernés,
pour dénoncer cette loi liberticide. Chaque jour, des dizaines d’habitants envoient des
notifications à la police pour prévenir qu’ils organiseront une grosse fête d’anniversaire
avec une cinquantaine de personnes – une façon amusante de montrer l’absurdité
d’une loi qu’ils ne comprennent pas.
Depuis, les manifestations se poursuivent avec, inévitablement, leur lot d’arrestations ;
lors de la trentième manifestation nocturne, dans la nuit du 23 au 24 mai, ce sont près
de quatre cents étudiants qui ont été arrêtés, la manifestation ayant été déclarée illégale
avant même qu’elle ne commence, étant donné que les participants n’avaient pas
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dévoilé leur itinéraire au préalable… et qu’ils portaient des masques, contrevenant au «
Règlement antimasque » adopté par la Ville de Montréal dans la foulée de l’adoption de
la Loi 78 au Parlement québécois. Embarqués les uns après les autres au poste de
police dans des autobus affrétés pour l’occasion, ils attendaient leur tour d’arrestation
tranquillement, encerclés par les policiers, jouant au football pour faire passer le temps.
La société québécoise semble aujourd’hui plus divisée que jamais. Si la population n’a
pas toujours appuyé fermement les revendications étudiantes à leurs débuts, le
gouvernement libéral a réussi le tour de force de se mettre une grande partie des
citoyens à dos en se montrant incapable de gérer la crise et en faisant adopter cette Loi
78 qui fait l’unanimité – contre elle.
Jules Fournier, Marianne, 24 Mai 2012
Compréhension:
1. Pourquoi les étudiants au Québec sont-ils en grève ?
2. Comment ce mouvement étudiant s’est-il développé depuis ses débuts ?
3. Que font les étudiants pour détourner la mise en application de la Loi 78 ?
Vocabulaire:
4. Expliquez, utilisant vos propres mots,les expressions suivantes : serrer la vis, loimatraque, loi liberticide, au préalable, dans la foulée de…
5. Mettez chacun des mots suivants dans une phrase : démission, inédit,
revendications, contrevenants, dénoncer.
6. Trouvez des synonymes des mots soulignés dans le texte.
Grammaire :
Travail à deux : Repérez les participes présent qui sont employés dans le texte cidessus. Le participe présent peut remplacer une proposition relative. Remplacez
chaque participe présent dans ce texte par une proposition relative.
Contrôle continu : Traduction
Traduisez les trois premiers paragraphes du texte ci-dessus, jusqu’au mot « automne ».
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Cinéma
HT Semaine 11
Les Tontons Flingueurs
Dialogues de Michel Audiard.
Film de Georges Lautner.
1963, 1h46.
Musique de Michel Magne.
Prise de vues de Maurice Fellous.
Scénario de Georges Lautner et Albert
Simonin
D'après le roman d'Albert Simonin, Grisbi
or not grisbi.
Dans la chambre du Mexicain
Henri à Pascal
C'est Fernand !
Pascal à Louis
Monsieur Fernand est là !
Louis
Oui, qu'il entre, qu'il entre ! Et ben c'est pas trop tôt, je croyais que
t’arriverais jamais ou bien que t’arriverais trop tard.
Monsieur Fernand Tu sais, 900 bornes, faut quand même les tailler.
Louis
Ça fait quand même plaisir de te revoir, vieux voyou !
Monsieur Fernand A moi aussi...
Louis
Et j'ai eu souvent peur de clamser là-bas au milieu des macaques
sans avoir jamais revu une tronche amie, et c'est surtout à la tienne
que je pensais.
Monsieur Fernand Tu sais moi aussi c'est pas l'envie qui me manquait d'aller te voir
mais on fait pas toujours ce qu'on veut. Et toi ? J'ai pas entendu dire
que le gouvernement t'avait rappelé, qu'est ce qui t'a pris de revenir
?
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Louis au toubib
Merci toubib, merci pour tout.
Louis à Henri
Henri dis-leur de monter...
Monsieur Fernand Pardon. Je crois qui vaut mieux quand même ...
Louis
Me coupe pas, sans quoi on aura plus le temps.
Louis à Henri
Henri, fais tomber 100 sacs au toubib !
Monsieur Fernand Bon alors ? Qu'est-ce qui se passe Louis ?
Louis
Je suis revenu pour caner ici et pour me faire enterrer à Pantin avec
mes viocs. Les Amériques c'est chouette pour prendre du carbure, on
peut y vivre aussi à la rigueur, mais question de laisser ses os, y'a
que la France. Et je décambute bêtement, et je laisse une mouchette
à la traîne, Patricia, c'est d'elle que je voudrais que tu t'occupes.
Monsieur Fernand Et ben dis donc, t'en as de bonnes toi!
Louis
T'as connu sa mère, Suzanne « beau sourire » ?
Monsieur Fernand T'es marrant dis donc c'est plutôt toi qui l'a connue.
Louis
Au point de vue oseille je te laisse de quoi faire ce qu'il faut pour la
petite. J'ai des affaires qui tournent toutes seules ; maître Folace,
mon notaire t'expliquera. Bah, tu sais combien ça laisse une roulette,
60% de velours.
Monsieur Fernand Et sur le plan des emmerdements, 36 fois la mise. Ah, écoutes
Louis, ta môme, tes affaires, tout ça c'est bien gentil mais... Moi
aussi j'ai mes affaires, tu comprends ? Et les miennes en plus,
elles sont légales.
Louis
Ouais, j'ai compris : les potes, c'est quand tout va bien.
Monsieur Fernand Ça va pas toi, dis ? Hein ? J'ai pas dit ça !
Louis
Non, non, t'as pas dit ca, t'as pas dit ça mais tu livrerais ma petite
Patricia aux vautours ; oh, mon petit ange...
Monsieur Fernand Ton petit ange, ton petit ange, hein ?
Louis
Oui, oh, maintenant que t’es dans l’honnête, tu peux pas savoir le
nombre de malfaisants qu'il existe, le monde en est plein. Ils vont me
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la mettre sur la paille, ma petite fille. On va la dépouiller et on va tout
lui prendre. Je l’avais faite élever chez les sœurs, apprendre l’anglais
enfin... tout. Résultat : elle finira au tapin, et ce sera de ta faute,
t'entends ? Ce sera de ta faute.
Monsieur Fernand Arrête un peu hein ? Depuis plus de vingt piges que je te connais, je
te l’ai vu faire 100 fois ton guignol alors hein ? Et à propos de tout:
de cigarettes, de came, de nanas, ça toujours été ton truc à toi. Et
une fois je t'ai même vu chialer, alors tu vas pas me servir ça à moi
non ?
Louis
Si!! Ben, tu te rends pas compte, saligaud, qu'elle va perdre son
père, Patricia ; que je vais mourir ?
Monsieur Fernand J'te connais, t'en es capable. Voilà dix ans que t'es barré, tu
reviens et je laisse tout tomber pour te voir et c'est pour entendre ça
? Et moi comme une pomme...
[Toc toc toc.]
Monsieur Fernand Entrez !
[Pascal, Henri, Raoul Volfoni, Théo, l'amie de Théo et Paul Volfoni entrent dans la
chambre.]
Louis
Ben dis donc Théo, t'aurais pu monter tout seul ?
Théo
Si cette présence doit vous donner de la fièvre...
Louis
Oui, chez moi quand les hommes parlent, les gonzesses se taillent.
L'amie de Théo
[chuchotant] Je t'attends en bas.
Théo
[chuchotant] A tout de suite.
Louis
Voilà je serai bref. Je viens de céder mes parts à Fernand ici présent.
C'est lui qui me succède.
Raoul Volfoni
Mais, tu m’avais promis de m’en parler en premier !
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Louis
Exact ! J'aurais pu aussi organiser un référendum, mais j'ai préféré
faire comme ça. Pas d'objections ? Parce que moi j'ai rien d'autre à
dire. Je crois que tout est en ordre, non ?
[Tous sortent de la pièce, sauf Pascal et Monsieur Fernand.]
Louis
Pascal ? Pascal ?
Monsieur Fernand Oh Louis, ben Louis ? Quoi ? Merde, Pascal ?
Louis
Je vais plus vous retenir longtemps.
Monsieur Fernand Déconne pas Louis !
Louis
Tu sais de quoi je parle.
Monsieur Fernand Tu veux pas que j'ouvre la fenêtre un petit peu ? Hein ? Merde.
Regarde, il fait jour.
Louis
D'ici... On voit... Que le ciel ! Mais je m'en fous du ciel... J'y serai un
petit homme. Moi ce qui m'intéresse ... C'est la rue. Et ils m’ont filé
directement de 1'avion dans l’ambulance ... J'ai rien pu voir. Dit donc,
ça a dû drôlement changer hein ?
Monsieur Fernand Tu sais, pas tellement quoi !
Louis
Raconte quand même !
Monsieur Fernand Et ben ... C'est un petit matin comme tu les aimes ... Comme on les
aimait quoi... Les filles sortent du lido, tiens ! Pareil qu'avant. Tu te
souviens ? C'est à c't’heure là qu'on emballait.
Compréhension :
Vous chercherez dans ce dialogue les expressions argotiques ou familières et donnerez
leur équivalent en français standard.
Devoir : Traduction
Rédigez en anglais les sous-titres de ce dialogue, du début jusqu’à ‘Monsieur Fernand
T'es marrant dis donc c'est plutôt toi qui l'a connue’.
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HT Semaine 12
Révision
A - Relations logiques et phrases complexes :
Reformulez les phrases suivantes de façon à ce que chaque phrase contienne une
subordonnée introduite par l'expression donnée entre crochets. Vous ferez tous
les changements nécessaires et respecterez la logique de la phrase. (40 points)
Ex : Nous partirons en Californie, la banque nous prêtera de l'argent. [à condition que]
Nous partirons en Californie à condition que la banque nous prête de l'argent.
1)
2)
3)
4)
Il n'est pas au courant. Il n'a pas lu les journaux. [comme]
Déplace ta voiture. Je pourrai passer. [pour que]
Il avait oublié son passeport et il n'a pas pu partir comme prévu. [de sorte que]
Prenez des notes pendant les cours. Ce sera plus facile pour vous ensuite de
réviser. [de sorte que]
5) Il faisait chaud. Nous restions dans la maison avec tous les volets fermés.
[tellement …… que]
6) J'ai besoin de la voiture. Je dois transporter des dictionnaires. [d'autant plus …..
que]
7) Pierre lui a prêté de l'argent mais elle ne le lui avait pas demandé. [sans que]
8) Tu viens nous voir dimanche, alors passe prendre Sophie en chemin. [puisque]
9) Les Durand ont déménagé. Leurs enfants vont dans un des meilleurs lycées de
Paris. [de manière à ce que]
10) Sophie ne connaît personne parmi nos amis. Elle n'a pas envie de venir à notre
soirée. [si bien ….. que]
11) Il veut me parler. Il sait où me trouver. [si]
12) Nous passerons tout l'été à San Francisco, mais nous devons réussir à tous nos
examens. [pourvu que]
13) Prenez le double des clés de la maison. Je risque d'être retardée. [au cas où]
14) Il est malade. Il ne veut pas aller voir le médecin. [bien que]
15) Nous partirons en principe lundi. Il y a des menaces de grève. [à moins que]
16) Nous sommes partis lundi, mais il y avait des menaces de grève. [alors que]
17) Nous devrions le contacter. Il finit ses études et repart en France. [avant que]
18) Vous attendrez à Paris et vos parents vous rejoindront. [jusqu'à ce que]
19) Nous essayons de le convaincre de s’arrêter, il continue à fumer. [quand bien
même]
20) Il est aujourd'hui interdit de fumer dans les cafés en Irlande, mais il y a toujours
autant de monde. [quoique]
B. Nominalisation
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a) Transformez les phrases nominales en phrases verbales. Vous ferez tous
les changements nécessaires. (30 points)
Ex :
Nouvel An : envoi de 50 millions de SMS
50 millions de SMS ont été envoyés au Nouvel An.
Report de la réforme des lycées
Aggravation de la crise économique
Faillite de plusieurs institutions bancaires aux USA
Arrestation et condamnation à la prison ferme du chauffard qui avait mortellement
blessé un policier
5. Augmentation prochaine des impôts
1.
2.
3.
4.
b) Transformez les phrases verbales en phrases nominales. Vous ferez tous
les changements nécessaires. (30 points)
Ex : Les Parisiens s’opposent à la construction de tours.
Opposition des Parisiens à la construction de tours
1.
2.
3.
4.
5.
Le couple présidentiel est accueilli avec enthousiasme au Brésil.
D’après l’Insee, le nombre de chômeurs augmenterait d’ici la fin de l’année 2010.
Le directeur de la Caisse d’Epargne a démissionné.
Au Sénat, le débat sur la réforme de l’école a été suspendu.
La réception à l’ambassade de France a été annulée.