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2005 ‫ ﻧﻮﻓﻤﱪ‬15 ‫ ﻭ‬14 ‫ﳌﻠﺘﻘﻰ ﺍﻟﻌﻠﻤﻲ ﺍﻟﺪﻭﱄ ﺍﻟﺜﺎﱐ‬
Dépenses publiques productives et dynamique de croissance
Approches théorique et empirique appliqué au cas de l’Algérie
ZAKANE Ahmed
Maître de conférences, INPS1
RESUME
Cette communication se focalise essentiellement, d’un point de vue théorique et empirique, sur l’apport du
capital humain et des infrastructures à la croissance de long terme. En effet, dans les théories de la croissance
endogènes, les nouvelles technologies de l’information, le capital humain, l’innovation, les infrastructures etc.
jouent un rôle important en tant que facteurs de la croissance économique. L’objet de ce papier est d’examiner
les aspects conceptuels liés à la définition du capital humain, des infrastructures et de présenter ensuite les
développements empiriques proposés par Mankiw, Romer et Weil (1992), Benhabib et Spiegel (1994), Canning
(2000) et d’analyser enfin, certains modèles économétriques développés pour le cas de l’Algérie.
Mots clés : croissance endogène, capital humain, infrastructures, modèles économétriques politique,
économique.
Introduction
Dans l’histoire de la pensée économique, le passage d’une conception classique des
dépenses publiques essentiellement basée sur la notion d’éviction, à une conception
keynésienne, fondée sur la notion de soutien à la demande agrégée, s’est réalisé sans que le
postulat d’homogénéité de ces dernières ne soit remis en cause. Dans le cadre de ces deux
principaux courants antagoniste de la théorie macroéconomique, les dépenses de l’Etat ne
sont étudiées qu’en tant qu’entité homogène, à la source soit d’effets d’éviction des
investissements privés, soit d’effet multiplicateur, selon les cas.
La conception ricardienne de l’investissement public, insistant sur la notion d’éviction
est resté dominante tout au long du dix neuvième siècle et s’est poursuivit jusqu’au début du
vingtième siècle. Il faut attendre 1908 où Pigou de l’université de Cambridge montra que les
dépenses publiques peuvent contribuer à augmenter le niveau de la production et de l’emploi
agrégé dans l’économie. Mais sur le plan théorique, c’est avec la parution de la théorie
générale de Keynes (1936) qu’une nouvelle dimension est apportée au débat avec ce qui est
convenu d’appeler le principe de la demande effective et le multiplicateur budgétaire. Selon le
principe du multiplicateur, un accroissement des investissements publics conduit non
seulement à une augmentation de l’emploi et du produit, mais aussi à une augmentation de
l’épargne qui s’ajuste au niveau global, avec les investissements. Ce résultat rompt de façon
radicale avec l’idée selon laquelle les investissements publics ne peuvent qu’évincer les
investissements privés pour un montant d’épargne donné.
Cependant, la réhabilitation du rôle des investissements, fondée sur la notion de
soutien de la demande agrégée, conduit à occulter leur dimension productive. Cette variable
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Institut national de la planification et de la statistique
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Dépenses publiques productives et dynamique de croissance. Approches théoriques et empirique appliquée au cas de l’Algérie
se trouve réduite à un objet préviligié du mécanisme du multiplicateur instrument, par
excellence, du contrôle de la demande globale.
Néanmoins, excepté les travaux d’Arrow et de Kurz (1970), la reconnaissance d’une
dimension productive spécifique aux investissements publics est intervenue à la fin des
années quatre vingt et au début des années quatre vingt dix dans un contexte particulier qui est
celui du développement de la théorie de la croissance endogène.
Le travail que nous livrons ici au lecteur étudie, du point de vue empirique, les effets
des dépenses publiques dites « productives » sur la croissance de long terme. La recherche des
sources de la croissance et des mesures par lesquelles l’Etat peut les influencer a depuis
longtemps motivé les économistes spécialistes des questions de la croissance et du
développement (Rosenstein-Rodan 1943, Nurkse 1952, Myrdal 1957). Pourtant les
mouvements d’approfondissement de la théorie de la croissance qu’ils soient keynésiens
(Harrod 1939, Domar 1946) ou néo-classique (Solow 1956, Swan 1956), n’ont jamais évoqué
de manière claire les questions liées au rôle des politiques publiques susceptibles d’exercer un
impact sur la croissance à long terme. Pour les premiers, l’instabilité oriente l’activité de
l’Etat vers la régulation conjoncturelle et pour les seconds la conclusion à l’exogèneité du
taux de croissance les incite à ne voir aucune utilité de l’intervention des pouvoirs publics.
Cet état de fait est resté dominant jusqu’au milieu des années quatre-vingt où une
nouvelle génération de modèle dites de croissance endogène, ouvre un grand chantier pour
une redéfinition complète des attributs concrets de l’intervention de l’Etat en économie de
marché. Ces nouvelles théories se sont constituées en opérant des emprunts à d’autres champs
de recherche contemporains (comme l’économie industrielle) et en récupérant certaines
conclusions théoriques plus anciennes (Kaldor 1957, Arrow 1962, Uzawa 1965, Arrow et
Kurz 1970).
Au départ, l’attention portait sur les théories de la croissance endogène, théories pour
lesquelles le taux de croissance à long terme était déterminé par les politiques publiques et
quelques autres facteurs. Les premiers modèles étaient tous du même type, à ceci près que le
capital était redéfini pour intégrer les ressources humaines et déboucher sur la possibilité de
retombées économiques (Romer 1986, Lucas 1988, Rebelo 1991). Dans ces présentations,
l’absence de rendements décroissants permet à l’accumulation du capital de soutenir
indéfiniment la croissance.
Les travaux ultérieurs ont montré que le progrès technologique engendré par la
découverte de nouvelles idées était le seul moyen d’éviter des rendements décroissants à long
terme. Dans ces modèles, les profits monopolistiques constituent la principale motivation de
telles recherches dont les coûts économiques sont prohibitifs (Romer 1990, Aghion et Howitt
1992, Grossman et Helpman 1991). Mais ce qui nous intéresse tout particulièrement dans ces
analyses, est que les deux générations de modèles ne conduisent pas à des équilibres optimaux
au sens de Pareto, par les seuls mécanismes de l’économie de marché. Ceci conduisait à des
débats approfondis sur un éventuel rôle pouvant être joué par les politiques publiques, par
exemple en matière, de subventions à la recherche, de développement des infrastructures,
d’encouragement de la formation du capital humain etc. C’est dans cette perspective que
s’inscrit les développements qui vont suivre.
Notre travail s’attachera pour l’essentiel à analyser dans une perspective de long terme
les effets des dépenses publiques « productives », en particulier les dépenses destinées à la
formation du capital humain et les dépenses d’infrastructures, sur la croissance économique
en Algérie. En d’autre termes, cette Communication s’attellera à répondre à deux questions
principales : le capital humain et les infrastructures ont-ils des effets positifs sur la croissance
de long terme en Algérie et dans quelles proportions ? Dans l’affirmative, sous quelles
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Dépenses publiques productives et dynamique de croissance. Approches théoriques et empirique appliquée au cas de l’Algérie
conditions, une réallocation de ressources budgétaires, traduisant une réorientation des
priorités de l’intervention de l’Etat, permettrait-elle l’accélération de la croissance à long
terme de cette économie ?
Pour répondre à ces questions, nous nous sommes fixé un cadre d’analyse qui permet
de délimiter le champ dans lequel s’effectuera cette recherche. Tout d’abord, nous entendons
par dépenses publiques productives toutes les dépenses qui participent à la formation du
capital public physique ou humain. De ce fait, ces dépenses sont supposées être de nature à
exercer leurs effets sur la fonction de production macroéconomique. Deuxièmement, seuls les
dépenses publiques destinées à la formation du capital humain et les dépenses
d’infrastructures seront considérées dans ce travail. Troisièmement, nous supposons que la
variable « stock de capital humain » capte pour le cas de l’Algérie l’essentiel de la formation
du capital humain. Quatrièmement, les infrastructures désignent un terme générique qui
regroupe des éléments nombreux et souvent disparates. Ceci nous conduit à ne considérer
qu’un nombre réduit de ces infrastructures regroupées sous un concept appelé « cœur
d’infrastructure ».
La question qui se pose alors et de savoir pourquoi avoir choisi uniquement ces deux
formes de capitaux alors que l’analyse théorique des déterminants de la croissance propose
plusieurs facteurs aussi importants que l’innovation technologique, l’efficacité du système
financier, l’ouverture commerciale, l’environnement politique etc. ?
La réponse à cette question constitue pour nous ce qu’on pourrait appeler les
motivations qui sous-tendent le choix de cette problématique. En effet, parmi l’ensemble des
facteurs proposés dans la littérature pour expliquer le processus de croissance à long terme,
nous nous sommes limités au capital public d’infrastructure et au capital humain pour au
moins trois raisons majeures.
La première raison tient au fait qu’à notre connaissance, aucune étude sur la croissance
traitant de ces deux facteurs n’a été effectuée, jusqu’à présent, sur le cas de l’Algérie. Les
seuls travaux dans ce domaine sont ceux utilisant des données transversales où l’Algérie
figure parmi un ensemble de pays2. L’objectif de ces études est généralement la vérification
d’un ensemble d’hypothèses générales qui ne s’occupent pas du cas particulier d’un pays.
La deuxième raison de ce choix découle de notre conviction que dans l’étape actuelle
de l’évolution de l’économie algérienne, l’Etat a un rôle important à jouer notamment à
travers un redéploiement de son intervention dans l’activité économique en centrant cette
dernière sur le développement des facteurs déterminants de la croissance à long terme. Dans
cette optique les investissements dans la formation du capital humain et la création d’une
infrastructure économique solide relève dans l’étape actuelle pour le cas de l’Algérie, quasiexclusivement du rôle des pouvoirs publics.
La troisième raison qui motive notre choix provient du fait que même dans les pays
développés, on estime que le ralentissement enregistré dans les investissements dans le
domaine des infrastructures est un facteur explicatif de la faiblesse de la croissance constatée
au cours des dernières décennies. De ce fait, les recommandations préconisés pour relancer la
croissance insistent sur la promotion des infrastructures nouvelles et mieux conçues. Ces
derniers signifient tant les infrastructures traditionnelles que les infrastructures dans le
domaine des nouvelles technologies de l’information. Certains estiment que le boom dont ont
bénéficiés les Etats-Unis durant la période (1992-2000) est justement dû au programme des
démocrates pour relancer la croissance de l’économie américaine sur la base d’un ambitieux
programme d’infrastructures principalement dans le domaine des télécommunications et des
2
Voir les travaux de : Barro et Sala i Martin (1995), Mankiw, Romer et Weil (1992), Islam (1995) etc.
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Dépenses publiques productives et dynamique de croissance. Approches théoriques et empirique appliquée au cas de l’Algérie
réseaux de transmission de données. Les initiateurs de ce programme estiment que tout
comme « l’Interstate Highway System » dans les années cinquante a assuré deux décennies
de croissance, la mise en place d’un système de fibres optiques pour l’horizon 2015 qui reliera
chaque maison, chaque classe d’école et chaque entreprise garantira des années de croissance
qui reste l’élément essentiel de la création d’emploi et l’amélioration du bien être de la
population. Notre conviction est qu’il y a là une opportunité certaine que l’Algérie doit saisir
pour asseoir une politique lui permettant d’assurer une croissance durable et auto-entretenue.
Nous avons organisé cette communication autour de trois axes. Le premier et le
second seront consacrés aux aspects théoriques liés aux deux concepts de capital humain et
infrastructure le troisième traitera
1-Quelques problèmes conceptuels liés à la mesure du capital humain.
Le capital humain, tel qu’il a été développé par les théoriciens de la croissance
endogène correspond à un concept à multiples facettes. Lorsqu’il est vu sous la facette du
« Learning by doing », il se réfère explicitement aux années passées par les individus au sein
des institutions scolaires. Ainsi, le capital humain s’apparente à de l’apprentissage. Mais son
influence sous forme d’externalité fait aussi appel à un concept beaucoup plus large, mêlant la
capacité des individus à adopter de nouvelles technologies, leur adaptation au système et leur
aptitude à la communication. Dans ces conditions, la validation empirique des modèles se
heurte à la difficulté de choisir un indicateur pertinent de capital humain.
1.1 La nature multiple du capital humain
La nature du capital humain est, en général, peu ou mal spécifiée. En effet pendant
que les études macroéconomiques se focalisent sur les données concernant l’éducation pour
tenter d’estimer cette grandeur et son impact sur la croissance et le développement
économique, beaucoup d’économistes s’accordent sur le fait que le capital humain ne peut, en
aucun cas, être réduit au seul enseignement. Il regroupe autant les connaissances acquises,
l’expérience personnelle, la santé etc. Ensuite, même si la notion de capital humain se limitait
à celle de « qualification », l’éducation ne correspondrait alors qu’à un mode spécifique
d’acquisition du capital humain.
En effet, l’apprentissage et l’acquisition des connaissances hors milieu scolaire
participent également au processus de formation du capital savoir. Il faut signaler à ce niveau
que les problèmes d’obsolescence du savoir sont peu étudiés, mais ils restent cependant,
essentiel pour les travaux d’estimation de la qualité de la main d’œuvre.
Il y a également lieu de signaler que les études empiriques tentent d’intégrer des
indicateurs de qualité au sein de leurs estimations statistiques. A ce propos, Islam (1995)
souligne que l’absence de prise en compte d’une dimension qualitative lors des estimations
économétriques pourrait expliquer le fait que la variable capital humain ne soit pas
significative au sein des régressions portant sur les modèles de croissance touchant un panel
considérable de pays de différents niveaux de développement. Pour lui, certains pays peuvent
artificiellement augmenter le nombre d’années d’éducation sur la période considérée tout en
laissant la qualité de l’enseignement s’effondrer.
Là encore, la tâche est difficile car se pose alors la question de la mesure quantitative
la plus pertinente pour rendre compte de la qualité de l’enseignement dispensé. A titre
d’exemple, il est difficile d’affirmer avec certitude que la quantité d’input (locaux, matériel,
professeur etc.) ait un lien systématique avec la qualité de l’enseignement.
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Dépenses publiques productives et dynamique de croissance. Approches théoriques et empirique appliquée au cas de l’Algérie
Cependant, dans une perspective de long terme, il est pratiquement impossible de
prendre en compte la qualité des institutions éducatives au sein des régressions
économétriques.
1.2 L’arbitrage : stock de capital humain- taux de scolarisation.
L’utilisation d’un indicateur de capital humain conduit presque toujours au dilemme
du choix entre variable de stock et taux de scolarisation. Ce dernier indicateur est cependant
problématique dans la mesure où les modèles de croissance généralement testés se réfèrent
aux nombres d’années d’études et non aux investissements éducatifs. Or, les taux de
scolarisation relèvent beaucoup plus de variables de flux que de variables de stock. Pritchett
(1996) prend une position encore plus radicale puisque, selon cet auteur, les taux de
scolarisation ne correspondent à aucune réalité économique. Ils ne constituent pas des flux car
le lien entre le nombre d’années d’éducation de la population et le pourcentage de la
population en âge d’aller à l’école effectivement scolarisé n’est pas direct. Il ne s’agit non
plus de stock. En effet, en effectuant une régression taux de croissance et taux de
scolarisation, Pritchett trouve une corrélation négative. Ce qui suppose pour lui, que le taux de
scolarisation ne peut en aucun cas constituer un indicateur fiable du capital humain.
Cette critique est particulièrement contraignante lorsqu’on se place dans une
perspective de long terme. Il n’existe pas, en effet, de données de stock sur les longues
périodes et leur construction nécessite la connaissance d’une année de base et une
homogénéisation des données de flux et des données de stock qui est particulièrement difficile
sur le long terme.
Ainsi, les variables d’éducation concernent, en général, le pourcentage des 6-19 ans
scolarisés dans le primaire et le secondaire sans prendre en compte ni les redoublements ni les
débuts ni la fin effective des enseignements. Ce qui n’est compatible avec les données de
stock pouvant être appliquée au concept de capital humain. De plus, les difficultés rencontrées
lorsqu’il s’agit de reconstituer les stocks de capital physique, laissent planer le risque de
rencontrer les mêmes problèmes de pertinence et de précision qui sont encore plus contestées.
1.3- quelques modèles empiriques consacrés à la relation éducation croissance.
Parmi les études empiriques consacrées à la relation éducation–croissance
économique, nous citons deux grandes catégories d’études. D’une part il y a celle de Barro et
Sala i Martin (1995) qui traite des déterminants de la croissance, et d’autre part, la critique
empirique de l’article de Mankiw, Romer et Weil (1992) par Benhabib et Spiegel (1994). Ces
deux contributions ont ouvert chacune des voies de recherche sur le lien éducation-croissance,
tant sur le plan empirique que théorique.
Les résultats des modèles économétriques proposés par Barro et Sala-i-Martin sont
largement examinés dans leur ouvrage sur la croissance (1995) et plus particulièrement dans
les chapitres (10, 11,12 et 13). Ces deux auteurs ont rassemblé des données sur un vaste panel
de pays sur la période 1965-1985 afin de déterminer l’effet des diverses variables
macroéconomiques telles que le niveau d’éducation ou la part des dépenses publiques
d’éducation dans le PIB sur le taux moyen de croissance. Les principaux résultats concernant
ces deux variables peuvent être résumés de la manière suivante :
-
le niveau d’éducation (mesuré par le nombre moyen d’années d’études) est
significativement corrélé avec la croissance mais lorsqu’on décompose
l’indicateur global du niveau d’éducation, l’impact de l’éducation primaire n’est
pratiquement pas significatif ;
121
Dépenses publiques productives et dynamique de croissance. Approches théoriques et empirique appliquée au cas de l’Algérie
-
les dépenses publiques d’éducation ont également un effet positif significatif sur
la croissance (une augmentation de 1.5% de ration des dépenses publiques
d’éducation au PIB durant la période 1965-1985 aurait augmentée le taux de
croissance moyen de cette période de 0.3% par an).
A partir de (1994) Benhabib et Spiegel ont tenté d’isoler les contributions respectives du
capital humain et de l’éducation à la croissance. Leurs résultats montrent que, dans le modèle
de Solow augmenté du capital humain proposé par Mankiw, Romer et Weil (1992) est
pratiquement non corrélé à la croissance. Inversement dans le modèle de Nelson-Phelps
(1996), l’effet du niveau d’éducation passée sur la croissance est significatif à condition que
deux postulats soient respectés :
-
les taux d’innovation de diffusion (ou d’adoption) des innovations ont un effet
positif sur la croissance ;
-
le stock de capital humain affecte ces deux taux.
Sous ces deux postulats, les deux auteurs ont obtenu un coefficient de corrélation positif et
significatif.
On signale, enfin, que l’intérêt de l’analyse faite par Benhabib et Spiegel n’est pas
seulement de confirmer la théorie de la croissance endogène et plus particulièrement les
modèles basés sur l’innovation, mais aussi de suggérer une explication des différences des
taux de croissance entre les pays. Selon ces deux auteurs : « les différences des taux de
croissance entre les pays ne sont pas tant causées par la diversité des taux d’accumulation du
capital humain, comme le pensait Lucas (1988), que par les écarts entre les stocks de capital
humain, lesquels influencent l’aptitude à innover et/ou à rattraper le niveau technologique des
pays plus développés »3.
Pour mieux saisir la portée de ces deux visions du rôle joué par le capital humain
dans l’explication de la croissance économique, nous allons présenter de manière succincte les
deux modèles de Mankiw, Romer et Weil (1992) et celui de Benhabib et Spiegel (1994) en
insistant sur la spécificité de chaque modèle quant à la manière dont il introduit le capital
humain en tant que facteur déterminant de la croissance.
A- Le capital humain, un facteur de production : modèle de Mankiw, Romer et Weil.
Les premières modélisations du capital humain dans le processus de croissance ont
découlé de la représentation solowienne de croissance économique. Dans son modèle, Solow
(1956) fait l’hypothèse qu’un terme d’efficience (progrès technique neutre au sens de Harrod)
vient, de manière exogène, augmenter le nombre d’unités de travail efficace et stimuler de
façon temporaire la croissance. Ce terme d ‘efficience At , multiplicatif du facteur travail au
sein de la fonction de production, peut être considéré comme capital humain. Par conséquent,
dans le cadre du modèle de Solow (1956) , même si la croissance s’épuise avec
l’accumulation du capital physique selon la règle des rendements décroissants des facteurs, la
présence du capital humain permet d’augmenter le taux de croissance d’équilibre au dessus du
taux naturel n ( taux de croissance démographique).
Cependant, les revenus par tête des différentes économies continuent de converger,
même s’ils convergent de manière conditionnelle à l’effort d’accumulation du capital humain
par pays. En d’autres termes, l’introduction du capital humain ne conduit pas, dans ce cadre, à
une croissance auto-entretenue. De plus, comme le capital humain est introduit dans le
modèle comme facteur exogène, le choc qu’il entraîne doit être répété de période en période
3
Voir Aghion et Howitt (2000) pp-355.
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Dépenses publiques productives et dynamique de croissance. Approches théoriques et empirique appliquée au cas de l’Algérie
pour obtenir une croissance du stock de capital par tête non nulle. Cet aspect exogène ne
permet pas de conceptualiser ni la rémunération du capital humain, ni son mode
d’accumulation.
En effet, d’après le théorème d’Euler, la rémunération du travail et celle du capital
physique épuisent le produit global de sorte que le capital humain ne peut pas être rétribué. Il
est difficile, dans ces conditions, de saisir ce qui motive l’accumulation du capital humain.
Pourtant, cette accumulation représente un véritable enjeu en ce sens qu’il représente un coût
extrêmement important pour les économies nationales.
A partir de là, Mankiw, Romer et Weil (1992), pensent qu’il est probable que
l’accumulation du capital humain réponde à un processus endogène. Ces auteurs ont tenté
d’incorporer cette notion dans le modèle de Solow de (1956) en supposant que le capital
humain était un facteur de production au même titre que le capital physique et le travail.
Ils introduisent, à cet effet, au sein de leur fonction de production la variable capital
humain comme déterminant direct du niveau d’output d’une économie. Le modèle de Solow
(1956) augmenté, testé par Mankiw, Romer et Weil (1992) révèle une relation robuste entre
capital humain et croissance économique.
A.1 Spécification du modèle
Le modèle présenté par Mankiw, Romer et Weil en (1992) est souvent qualifié par le
modèle de Solow augmenté. Sa forme générale est donnée par l’expression suivante :
α
Yt = Kt H t
β
(A L ) α
t
t
1− − β
(1)
où Yt est le niveau de la production, At le niveau de la technologie, K t le capital physique,
H t le capital humain et Lt le travail. Selon les auteurs de ce modèle, la phase transitionnelle de
croissance vers l’équilibre stationnaire de long terme peut s’écrire, sous l’hypothèse de
proximité à l’équilibre de long terme comme :
− λt ⎞
− λt
− λt
α
⎛
(LnS K − Ln(n + g + δ )) + ⎛⎜1 − e ⎞⎟ β (LnS H − Ln(n + g + δ )) − ⎛⎜1 − e ⎞⎟
Lny t − Lny 0 = ⎜1 − e ⎟
⎝
⎠ 1− α − β
⎝
⎠ 1− α − β
⎝
⎠
(2)
où y =Y / AL , λ =(1−α − β )(n+ g +δ ) représente la vitesse de convergence, S H constitue
l’investissement en capital humain, n est le taux de croissance démographique, δ le taux de
dépréciation du capital et g le taux de croissance du progrès technique.4
On parle de convergence absolue si les deux premiers membres du terme de droite de
l’équation (5) sont nuls tandis que le troisième est négatif. Dans ce cas, toutes les nations
convergent vers le même niveau de revenu. On parle de convergence conditionnelle si les
deux premiers membres sont positifs (ou strictement α + β >0) et le troisième membre négatif.
On ne pourra pas parler de convergence si le dernier terme est positif ou nul, quelque soit les
deux premiers5.
Habituellement, l’estimation d’une équation de convergence est problématique car
elle s’apparente à un modèle dynamique. Dans ce cas, en effet, l’utilisation des méthodes
4
Pour de plus amples développements voir Aghion et Howitt (2000).
Nous avons abordé la notion de convergence à titre d’exemple seulement. Cette notion est souvent développée
lorsqu’il s’agit de procéder aux estimations des modèles de croissance qui traite des comparaisons
internationales.
5
123
Lny 0
Dépenses publiques productives et dynamique de croissance. Approches théoriques et empirique appliquée au cas de l’Algérie
d’économétrie de panel traditionnelles mène à des coefficients biaisés du fait de la corrélation
entre variables endogènes retardées et résidus. Cependant, une telle contrainte n’est effective
que lorsque la période étudiée est courte, ce qui est le cas de la plupart des études en panel
menées à ce sujet.
B- Le Capital humain, un vecteur des technologies nouvelles : Benhabib et Spiegel (1994)
Au sein du modèle de Benhabib et Spiegel (1994), l’impact du capital humain sur la
croissance économique prend deux formes : il intervient comme moteur potentiel de
croissance selon la terminologie empruntée à la théorie de la croissance endogène. Il
intervient aussi comme vecteur de rattrapage technologique. Il faut remarquer que dans le
modèle de Benhabib et Spiegel (1994) la nature du capital humain en tant que facteur de
croissance est relativement négligée. Elle se confondrait, de toute façon, au sein du modèle
économétrique avec sa caractéristique de moteur de croissance tel qu’il en deviendrait
impossible de départager les effets.
B.1 La Spécification du modèle
Les auteurs de ce modèle ont choisi une spécification selon une fonction de type
Cobb-Douglas définie de la manière suivante :
Yit = Ait K itα Lβit
(3)
où Y est le niveau du produit, A la productivité totale des facteurs, K le capital physique et
L le travail.
En calculant le logarithme des différence premières des variables de l’équation (3),
on obtient l’équation suivante dans laquelle le taux de croissance du PIB est une fonction
linéaire du changement technologique de la variation du capital physique et celle du travail.
lnYit −lnYit −1 =ln Ait −ln Ait −1 +α(ln Kit −ln kit −1 )+ β (ln Lit −ln Lit −1 )
(4)
L’accroissement de technologie est à son tour définie comme la somme de deux facteurs :
ln Ait −ln Ait −1 =c + gH it + mH it ⎡(Yit max −Y it ) ⎤
Yit ⎥⎦
⎢⎣
(5)
où c , représente le progrès technologique exogène, gHt est le niveau de capital humain et
représente le développement technologique directement influencé par l’accumulation
domestique du capital humain. Selon Benhabib et Spiegel, ce terme fait référence à la théorie
de la croissance endogène puisque les différents niveaux de capital humain sont supposé
produire différents rythmes d’accumulation technologique, qui à leur tour justifient
l’existence d’une divergence des taux de croissance. L’autre terme H it ⎡(Yit max −Y it ) ⎤
Yit ⎥⎦
⎢⎣
représente l’écart technologique entre pays amplifié par le capital humain.
L’intuition économique derrière cette spécification, reprise à Nelson et Phelps (1966)
est la suivante : l’accumulation de la technologie est supposée dépendre de l’écart entre le
niveau du savoir atteint par le pays et le pool de connaissance mondial ; la vitesse du
rattrapage étant directement fonction du niveau du capital humain atteint par l’économie.
Ainsi, plus un pays est loin du niveau de connaissance accumulé à l’échelle
mondiale, plus il lui sera facile d’augmenter son propre stock de connaissance, selon la règle
124
Dépenses publiques productives et dynamique de croissance. Approches théoriques et empirique appliquée au cas de l’Algérie
des rendements décroissants. Cependant, la vitesse de cette accumulation sera déterminée par
le niveau d’éducation de la population, et une main d’œuvre qualifiée à même d’absorber
rapidement les nouvelles technologies.
Finalement, l’équation à laquelle aboutissent Benhabib et Spiegel (1994) est la suivante :
∆lnYit =c +(g −m )H it + mH it (Ymax Yit )+α∆ln Kit + β∆ln Lit
(6)
où « i » désigne le pays et ∆ l’opérateur de différence.
2 Les infrastructures dans la pensée économique6.
Le sens du terme infrastructure a connu au cours du temps beaucoup de changement
aussi bien en ce qui concerne des aspects théoriques que leurs implications pratiques. A cet
effet, on distingue, en général, trois étapes par lesquelles ce concept a évolué.
2.1 Le concept d’infrastructure dans la théorie marxiste.
A l’origine, le mot infrastructure a été popularisé par la théorie marxiste pour laquelle
ce terme désigne l’ensemble des forces de production qui constituent la base matérielle de la
société sur laquelle s’élève une superstructure idéologique (religion, philosophie, droit, art,
institutions politiques, etc.).
Dans ce courant de pensée, le mot infrastructure ne prendrait son plein sens qu’en
étant associé au terme superstructure, en ce sens que le mode de production de la vie
matérielle conditionnerait le processus de la vie sociale, politique et intellectuelle en général.
2.2 Infrastructures et théories du développement
La deuxième étape de l’évolution du terme infrastructure commence dès les années
cinquante avec l’avènement des théories du développement. Pour ces théories la question
centrale à laquelle elles s’efforcent de répondre est : comment investir ? Le problème du
choix des investissements intéresse aussi bien les économies industrialisées pour maintenir la
croissance à un niveau acceptable, que les économies en développement qui aspirent à un
décollage rapide.
Pour étudier la relation infrastructure développement, trois thèses ont été
développées. La première est celle de Paul Rosenstein-Rodan qui a privilégié dans ses
recherches le rôle du capital social minimum indispensable au décollage ; celui-ci serait
quasi-essentiellement constitué par les infrastructures. Ce capital se distingue par un certain
nombre de caractéristiques à savoir7 :
- il ne serait pas directement productif ;
-
il serait indivisible dans le temps ;
-
il n’engendrerait d’externalités qu’au-delà d’un certain seuil (éducation,
santé) ;
-
il favoriserait une meilleure communication des personnes et des idées.
Pour cet auteur malgré son coût élevé, l’investissement en infrastructures serait une
condition permissive de l’application de liens de complémentarité entre les activités. Dans ce
sens, la thèse de Ragnar Nurkse est assez proche tant au niveau du diagnostic que des
recommandations de politique économique.
6
7
Ce point est largement inspiré du travail de Gendarme. R (2000) p. 9.
Ces caractéristiques sont citées dans Gendarme. R (2000) p. 10.
125
Dépenses publiques productives et dynamique de croissance. Approches théoriques et empirique appliquée au cas de l’Algérie
La deuxième thèse est celle de Albert Hirschman (1958) qui reprend en termes
différents l’analyse de la croissance déséquilibrée fondée sur la théorie du minimum de capital
fixe de Rosenstein-Rodan (1943). Cet auteur maintient la distinction, déjà avancée par Nurkse
et Rosenstein-Rodan, entre investissement d’infrastructures économiques et sociales et
investissement directement productif. Mais il insiste, de façon détaillée, sur le rôle de ceux-ci
au cours de la politique de développement. En aucun cas, les investissements d’infrastructures
ne sauraient être négligés, car ils représentent dans la plupart des pays en développement une
formation très élevée de leur absorption de capital. Certains sont associés aux besoins directs
de la production des entreprises (énergies, transports). D’autres correspondent à la demande
de services collectifs des entreprises (télécommunication, formation professionnelle) et seront
finalement incorporés dans les coûts de production.
Enfin, une partie de l’investissement d’infrastructures peut être qualifiée de capital
social (social overhead capital). Ces investissements sociaux (santé, éducation, logement,
loisirs) correspondent à la fourniture de biens et services qui ne seront pas directement
incorporés à la production mais qui contribueront à moyen ou long terme à son augmentation.
Dans ce même ordre d’idées, Hirschman, a proposé une stratégie de développement qui
procèdera par étapes et donne une place importante aux infrastructures. « Au démarrage la
constitution de lourdes infrastructures s’imposerait sans souci exclusif de rentabilité
financière. L’investissement induit au sens de Hirschman serait largement dominé par les
économies externes ayant leurs sources dans les infrastructures. En d’autres termes, la
structure de l’investissement (public ou privé) au sein d’une politique de croissance
deviendrait un élément aussi important que son volume global »8.
2.3 Infrastructures et nouvelles théories de la croissance
La troisième étape qui caractérise l’évolution du concept d’infrastructure est, à notre
avis, celle relative au développement de la croissance endogène. En effet, au début des années
quatre vingt dix, un large débat a été relancé sur la nécessité d’une intervention publique dans
le domaine des infrastructures faisant de ces dernières un facteur déterminant dans la
formation d’une croissance économique durable et soutenue.
Cette nouvelle conception du rôle économique des infrastructures coïncide, sur le plan
théorique, avec les tentatives de réhabilitation de la dimension productive de l’investissement
public et la remise en cause des modèles traditionnels de la croissance. Dans ce contexte le
modèle de Barro (1990) a ouvert une nouvelle voie de recherche mettant en évidence
l’incidence des infrastructures productives, et plus généralement des investissements publics,
sur la croissance économique de long terme. C’est là, à notre avis, l’apport fondamental et
novateur de la théorie de la croissance endogène en ce sens qu’elle fait des infrastructures un
facteur qui intervient directement dans le processus de la croissance et non pas de manière
indirecte comme c’est le cas pour le modèle Roseinstein-Rodan et le modèle de Hirschman.
Dans ce contexte, Barro (1990) suppose que les dépenses publiques d’investissement
génèrent des externalités de production et affectent la productivité des facteurs privés. Par-là
même, l’auteur rompt avec la conception traditionnelle selon laquelle ces dépenses ne sont
étudiées qu’en tant que composante de la demande agrégée. La prise en compte des effets
d’offre permet alors de mettre en évidence un lien direct entre les dépenses publiques et le
taux de croissance de long terme de l’économie. Sous cette hypothèse, les chocs budgétaires
possèdent deux effets opposés sur la croissance. Toute augmentation des efforts publics
8
Gendarme. R. (2000) p.10.
126
Dépenses publiques productives et dynamique de croissance. Approches théoriques et empirique appliquée au cas de l’Algérie
d’investissement, conduit à un taux d’accumulation du capital supérieur à son niveau optimal.
Les agents réagissent en diminuant leur épargne afin de rétablir l’allocation désirée des
ressources, ce qui se traduit par un effet d’éviction des investissements privés.
Toutefois l’augmentation des dépenses publiques définies au sens large engendre en
parallèle, une augmentation de la productivité des facteurs privés de la production. Dès lors,
l’impact sur la croissance de long terme sera déterminé par la résultante de ces deux forces
opposées. Dans ce modèle si le taux d’imposition est inférieur à l’élasticité de la production
par rapport aux dépenses publiques, toute dépense additionnelle entraîne l’augmentation du
taux de croissance de long terme. Ainsi, par la prise en compte des mécanismes d’offre, Barro
montre que les politiques budgétaires de relance peuvent avoir un impact à long terme sans
qu’il soit nécessaire d’introduire des rigidités nominales.
Signalons que l’article de Barro (1990) a été à la source d’une abondante littérature
touchant à la fois les aspects théoriques et empiriques de la question9. Mais il est important de
souligner que c’est la première fois qu’une relation directe entre l’effort d’accumulation
publique, notamment en matière d’infrastructures, et la croissance de long terme, a été établie.
Pendant ce temps, la réflexion dans ce domaine a pris deux grandes directions : l’une
s’est attribué le rôle d’analyser la relation entre la composition des dépenses publiques et les
aspects fiscaux qui s’y rattachent en adoptent une démarche consacrée initialement à la
fiscalité optimale. Son but est d’approfondir la réflexion sur le mode de financement des
dépenses publiques et leur influence sur le système productif en particulier et d’étudier
ensuite, l’incidence des distorsions fiscales sur les dotations optimales en infrastructures.
Dans ce contexte, on cite les travaux de : Turnovsky (1996), Manuelli et Rossi (1993) et
Cassou et Lansing (1998).
Dans ce temps, ces tentatives d’évaluation de l’efficacité productive des
investissements d’infrastructure ont suscité un important programme de recherche sur le plan
empirique, initié notamment par les travaux d’Aschauer (1989) qui constituent à notre avis un
deuxième axe de recherche, cette fois-ci empirique. En effet, un an avant la publication de
l’article de Barro, Aschouer met en évidence la diminution des investissements publics aux
Etats-Unis et s’interroge sur ses conséquences concernant l’évolution de la croissance de la
productivité des facteurs privés de la production. En adoptant une démarche économétrique
simple consistant à élargir la fonction de production au stock de capital public, l’auteur
parvient alors à une estimation particulièrement élevée de la contribution productive de ce
facteur. Par conséquent, il attribue à la réduction des investissements publics une part majeure
dans le ralentissement de la productivité enregistré durant les années soixante-dix et quatrevingt.
Cependant, beaucoup d’auteurs pensent qu’il est raisonnable de soutenir que les
équipements d’infrastructure affectent positivement le rythme de croissance de l’économie ;
reste cependant à évaluer précisément l’ampleur de cette contribution productive. Il s’agit
alors de vérifier si les effets attendus sont à la mesure des investissements publics
programmés dans ce domaine.
Néanmoins, de multiples contributions sont venues relativiser les conclusions
d’Aschauer. Toutefois, force est de constater que parmi les diverses spécifications retenues et
les stratégies empiriques mises en œuvre, les évaluations fondées sur l’estimation en niveau,
9
Cet article fondateur a donné lieu à divers extensions (voir Glomm et Ravikumar 1997) visant principalement à
introduire une dimension de stock dans l’analyse de même que le travail de (Futagami et all 1993). On cite
également les travaux de (Glomm et Ravikumar 1994) et (Turnovsky 1997) qui ont essayé d’analyser les effets
de congestion dus aux investissements publics.
127
Dépenses publiques productives et dynamique de croissance. Approches théoriques et empirique appliquée au cas de l’Algérie
de la fonction de production, ont le plus souvent conforté les résultats d’Aschauer, alors
même que ces évaluations apparaissent de plus en plus excessives.
Quoiqu’il en soit, la dimension polémique de ces premiers résultats empiriques a eu pour
avantage de susciter un débat sur la nécessité d’une prise en compte de la dimension
productive des infrastructures publiques, et plus généralement des dépenses publiques, dans
l’analyse économique.
2.4 Le modèle de Barro (1990).
Une autre source de croissance (endogène) peut être trouvée dans l’externalité
produite sur l’économie par l’existence d’infrastructures fournie par l’Etat. Telle est l’idée
développée dans le modèle de Barro (1990) et complétée par Barro et Sala i Martin (1992).
Ces deux modèles ont été développés autour de l’idée selon laquelle la disponibilité des
infrastructures augmente la productivité marginale du capital privé.
- les hypothèses du modèle de Barro (1990)
a- Barro considère les dépenses publiques d’infrastructures et non pas le stock
d’infrastructures publiques. Ces dépense sont, notées G ;
b- ces dépenses sont supposées être un investissement public pur c’est à dire d’usage
non-rival et non-exclusif;
c- la structure axiomatique du modèle repose sur une fonction de production CobbDouglas, à rendements d’échelle constants par rapport aux facteurs, soit pour
l’entreprise représentative « i ».
yi = Ai Kiα L1i −α G
1−α
(7)
Avec 0<α < 1
Où yi ,Ki et Li sont respectivement la production, le stock de capital privé et la main d’œuvre
de l’entreprise i et G la dépense totale de l’Etat en infrastructures. Au niveau agrégé cette
fonction prend la forme :
α
1−α
1−α
Y = AK L G
(8)
'
Le rendement marginal du capital privé est décroissant ( K k =αY / K ) par contre le
rendement marginal conjoint du capital privé et des dépenses publiques est constant (AL1- α) si
L est constant. Ce qui est supposé par Barro.
Ainsi pour les entreprises, les dépenses publiques d’infrastructures sont interprétées
comme un facteur de production externe donné et disponible sans coût et dont le financement
se fait par prélèvement fiscal.
Pour mieux saisir la portée du modèle de Barro et son implication en matière de
politique économique, nous allons considérer deux Etats de l’économie. Le premier considère
un taux d’épargne constant tandis que le second l’endogéneise.
A- Une économie au taux d’épargne constant.
Les conséquences du modèle de Barro dans le cadre d’un taux d’épargne constant
s’obtiennent en partant de l’équation de l’équilibre du marché des biens :
Y =C + I +G =C + K& +δK +G
128
(9)
Dépenses publiques productives et dynamique de croissance. Approches théoriques et empirique appliquée au cas de l’Algérie
Barro suppose que les dépenses publiques sont financées par un impôt proportionnel
sur tous les revenus T =τY de sorte que l’équilibre budgétaire soit assuré à chaque période.
Soit T=G. Dans ce cas, les revenus distribués aux ménages sont (1−τ )Y ce qui implique que
la fonction de consommation s’écrit : C =(1− s )(1−τ )Y d’ou l’équilibre du marché devient :
Y =(1−s )(1−τ )y + K& +δK +G
(10)
En remplaçant G par sa valeur et en faisant une certaine transformation, on obtient :
S(1−τ )y = K& +δK
(11)
En remplaçant G par τY dans la fonction de production on aura :
y = AK L (τ y )
α
Soit y =(τ
)
1−α
α
1−α
1/α
A KL
1−α
1−α
α
(12)
Sachant que A , L sont constants, le modèle de Barro présente une grande similitude avec le
modèle AK . Ces deux équations permettent donc d’obtenir l’évolution du stock de capital.
K& =s(1−τ )τ 1−αα A1/α L1−α /α −δ
K
(13)
L’Etat fixe le taux d’imposition Ί, ce qui détermine le montant des dépenses publiques
G et le taux de croissance de l’économie. Le taux d’imposition qui maximise le taux de
croissance, c’est à dire le taux optimal d’imposition s’obtient à l’aide de :
(
)
∂(K& / K )
= −τ 1−αα +1+α (1−τ )τ 1−αα −1 sA1/α N 1−αα =0
∂τ
α
⇔
τ = 1 − α (1 − τ )⇔ τ ∗ = 1 − α
α
(14)
Ce résultat indique que l’Etat doit fixer une part constante de dépenses publiques
d’infrastructures dans l’économie qui soit égale à :
∗
⎛ G ⎞ = τ∗ = 1 − α
⎜ y⎟
⎝ ⎠
(15)
Rappelons que ces résultats sont obtenus dans le cadre d’un taux d’épargne constant.
B- l’économie à taux d’épargne endogène
Dans le cadre de cette hypothèse, on considère un modèle de comportement des
consommateurs identique à celui qui est décrit dans le modèle de Ramsey-Cass-Kopman, le
modèle AK ou le modèle de Romer. Le taux de croissance de la consommation est :
c& /c=(r − ρ )/σ où r est le rendement net de l’investissement et ρ le taux de préférence pour
le présent.
Les profits des entreprises après impôts valent :
(1−τ )Y −WL−(r +δ )K
et le rendement de l’investissement est :
129
(16)
Dépenses publiques productives et dynamique de croissance. Approches théoriques et empirique appliquée au cas de l’Algérie
(r +δ )=(1−τ )F
'
(17)
K
Comme pour les modèles précédents, nous allons considérer deux situations différentes
d’équilibre. L’un pour une économie centralisée et l’autre pour une économie décentralisée.
- l’optimum social.
Dans le cas d’une économie centralisée, le planificateur social choisit les sentiers
temporels, en matière d’imposition, qui maximisent sa fonction de bien être social. Dans ce
cas, la fonction pertinente est donnée par l’expression suivante :
⎛ 1−α ⎞⎟
α ⎠
et
1 −α
1
y = τ ⎜⎝
Aα K L α
(r +δ )=(1−τ )F =(1−τ )τ
'
1−α /α
K
1/α
1−α /α
A L
(18)
d’où le taux de croissance optimal :
(
1−τ )τ αα Aα L α −δ − ρ
g=
1−
1−
2
1
σ
0
(19)
⎛ ∂ g 0 ⎞ est :
⎟
⎝ ∂τ ⎠
On peut montrer que le taux d’imposition qui maximise ce taux de croissance ⎜
*
τ =1−α
- l’économie décentralisée
Si l’économie est décentralisée, les entreprises ne sont pas conscientes des retours sur
la production de l’imposition sur la production. La fonction pertinente est :
y = A K α L1−α G1−α
(20)
Dans cette expression G est exogène, pour les entreprises. Ce qui conduit à un bénéfice privé
de l’investissement égal à :
r +δ =(1−τ )α AK L G =(1−τ )α
α −1
1−α
1−α
y
K
(21)
Sachant que G =τY et Y =τ 1−α /α A1/α KL1−α /α le bénéfice privé prend la forme :
r +δ =α (1−τ )τ
1−α /α
1/α
1−α /α
A L
(22)
Remarquons que le bénéfice privé (22) est une fraction du rendement social donné par
l’expression (18). Le taux de croissance dans l’économie décentralisée est dans ce cas égale
à:
α (1−τ )τ
ge =
1−α /α
1/α
1−α /α
A L
σ
−δ −θ
(24)
il est inférieur au taux de croissance optimal.
De la même manière que dans le cas d’une économie centralisée on montre que la
croissance est maximale lorsque le taux d’imposition est :
τ∗ = 1 − α
130
Dépenses publiques productives et dynamique de croissance. Approches théoriques et empirique appliquée au cas de l’Algérie
Ce résultat justifie largement l’intervention des pouvoirs publics pour permettre au
taux de croissance dans une économie décentralisée d’atteindre l’optimum. Barro a étudié
comment la politique économique doit être menée pour assurer cette optimalité.
Pour cela, il suppose que l’Etat doit d’abord fixer un montant des dépenses publiques égal à
( G /Y =1−α ) et prélever, ensuite, un impôt forfaitaire sur tous les revenus égal à G , afin de
financer ces dépenses.
3. Analyse économétrique du rôle du capital humain et des infrastructures dans
la croissance de l’économie algérienne
Nous allons traiter dans ce troisième point les apports respectifs du capital humain et
des infrastructures dans le processus de croissance constaté pour le cas de l’Algérie durant les
trois dernières décennies. Il est, cependant, important de préciser qu’après avoirs tester
plusieurs modèles contenant les différents types d’infrastructures mesurés en termes
physiques, seul le réseau téléphonique a donné des très résultats satisfaisant. Ceci explique la
présence seule de ce dernier modèle retenu dans ce travail.
3.1 Présentation du modèle sous sa forme générale
Nous supposons que la production est déterminée par une fonction de production type
Cobb-Douglas de la forme :
Yt = At K tα H tβ X tγ Lδt e εt
(25)
où Yt est le produit intérieur brut(PIB), A représente la productivité totale des facteurs
K le stock de capital physique, H le stock de capital humain, X les dépenses
d’infrastructures, L l’emploi et ε représente les perturbation.
Pour estimer ce modèle on doit le linéariser en prenant le logarithme des deux
membres de l’équation (9), ce qui donne :
ln Yt = ln At + α ln K t + β ln H t + γ ln X t + δ ln Lt + ε t
(26)
Nous n’estimons pas le modèle tel qu’il est présenté, nous nous limiterons à deux
variantes seulement : la première considère le capital humain avec les facteurs classiques et la
deuxième augmente cette fonction à la fois du capital humain et du réseau téléphonique
mesuré en terme physique c'est-à-dire le nombre de lignes téléphoniques existants.
3.2 Le modèle de croissance économique avec capital humain.
Rappelons que les données qui sont utilisées dans cette estimation proviennent de
Zakane (2003) et Barro-Lee (2000). Le modèle retenu après plusieurs estimations est le
suivant :
Modèle (a) : L’estimation du modèle intensif par la méthode des moindres carrés ordinaire
donne les résultats suivants :
∧
ln ( y t ) = 5.39+ 1.03 ln (k t ) − 0.16 ln (ht ) + 0.02
(1.42 ) (0.26 )
R².adj = 0.34
D.W =0.494
(0.17 )
(0.003 )
(27)
observations:30
Ce modèle ne peut être accepté pour au moins trois raisons majeures. D’abord le
coefficient de détermination ajusté est très faible. En effet, ce modèle n’explique que 34 pour
cent de la variance totale du produit par tête. Ensuite, ce modèle présente un cas flagrant
d’autocorrélation des erreurs ( D.W =0.494 ). Enfin, bien que la valeur du coefficient de la
131
Dépenses publiques productives et dynamique de croissance. Approches théoriques et empirique appliquée au cas de l’Algérie
variable « capital humain » par tête est intéressante, son signe pose problème comme nous
l’avons déjà signalé pour certains des modèles traités plus haut.
Pour éviter ce genre de problème, nous avons essayé de reconsidérer, dans un
premier temps la méthode d’estimation pour une meilleure prise en charge du problème
d’auto corrélation des erreurs. Ceci nous a conduit à estimer un deuxième modèle dont les
résultats se présentent comme suit :
Modèle (b) : Dans le but de régler le problème d’autocorrélation des erreurs, nous
avons estimé le modèle suivant en supposant que les erreurs ne soient pas indépendantes et
suivent un processus aléatoire de moyenne mobile d’ordre un [MA (1)]. Les résultats obtenus
sont donnés par l’expression suivante :
∧
ln( yt )=7.72+ 0.96ln(kt )+ 0.14ln(ht )+ 0.01t
(1.21)
R ².adj = 0.75
(0.34 )
D.W = 0.79
(0.09 )
(0.02 )
(28)
observations : 32
L’analyse de ce modèle montre que l’essentiel des problèmes observés dans
l’estimation précédente ont été réglés en recourant à une autre technique de calcul.
Ainsi, le modèle explique près de 70 pour cent de la variance totale du produit par
tête alors que ce taux n’était que de 49 pour cent. La constante, le coefficient du stock de
capital physique par tête et celui du trend (t) qui représente le taux de croissance du progrès
technique sont tous significatifs au seuil de 1 pour mille. En ce qui concerne le coefficient
relatif au stock de capital humain par tête sa valeur est relativement acceptable (0.14) avec,
cependant, un risque de nullité avoisinant les 15 pour cent. Il faut remarquer que dans ce
modèle nous n’avons pas utilisé de variable instrumentale.
Enfin, malgré l’utilisation d’une technique d’estimation servant à éliminer
l’autocorrélation des erreurs, cette dernière a été certes réduite mais le problème persiste.
A l’issue de cette brève analyse du modèle intensif, nous pouvons conclure que la
contribution du capital humain à la promotion de la croissance économique se précise de plus
en plus bien que son poids reste relativement faible. En effet, dans le meilleur des cas,
l’élasticité du produit par tête par rapport au stock du capital humain par tête n’a pas dépassé
(0.14). Soit en terme plus compréhensible une augmentation du capital humain de un point se
traduit par une croissance du produit par tête d’environ (0.14) point.
3.2 Modèle de croissance contenant le réseau téléphonique
Il y a lieu de signaler ici que plusieurs modèles ont été estimés parfois en considérons
les dépenses publiques d’infrastructure de manière globale et parfois en détaillant ces
dépenses. Tous les modèles ainsi considérés n’ont pas donné des résultats satisfaisants comme
le montre le tableau 1 et 2 en annexes. Une deuxième série d’estimation a été tenté en
considérant les infrastructures sous leur forme physique (en kilomètre pour le réseau routier,
en nombre de lignes pour le téléphone, en kilowatts pour l’énergie etc.). C’est cette méthode
suggérée par Canning (2000) qui a été retenue. Parmi les quatre modèles testés (voir tableau 3
en annexe), le modèle retenu est celui explique la croissance par du capital physique et
humain ainsi que l’apport du réseau téléphonique tel que le montre le modèle ci-dessous :
132
Dépenses publiques productives et dynamique de croissance. Approches théoriques et empirique appliquée au cas de l’Algérie
Modèle c : ce modèle tente de mesurer l’apport du réseau téléphonique à la
croissance en Algérie. L’estimation du modèle prenant en charge ce type de relation donne les
résultats suivants :
∧
ln ( y t ) = 7.07 + 0.87 ln (k t ) + 0.14 ln (ht ) + 0.24 ln (itel )
(1.51)
R ².adj = 0.85
(0.30 )
(0.12 )
D.W =1.63
(0.09 )
(29)
Observatio ns : 29
Ce modèle confirme ce qui a été obtenu dans beaucoup d’application de ce type, à
savoir que le réseau téléphonique joue un grand rôle dans le processus de croissance
économique. En effet, toutes les études faites, soit sur des données individuelles ou en coupes
instantanées montrent que le téléphone présente de grandes externalités positives. Par ailleurs,
le modèle retenu est très robuste sur le plan économétrique, ce qui confirme la fiabilité du
résultat obtenu à savoir la valeur très intéressante de l’élasticité du produit par rapport au
réseau téléphonique (0.24).
Conclusion
Au terme de cette recherche, il apparaît nécessaire de faire le point sur les différentes
contributions proposées dans cette contribution et les resituer par rapport aux objectifs
initiaux. Nous tentons ensuite d’évaluer les limites et d’esquisser de possibles extensions à ces
travaux.
L’objectif de ce travail était de proposer une analyse empirique de l’impacte des
dépenses publiques productives (capital humain et infrastructures publiques) sur la croissance
de long terme. Etant donné cet objectif, il nous est tout d’abord apparu nécessaire d’insister
sur les problèmes inhérents à la définition du concept des dépenses publiques et le rôle joué
par ces derniers dans la théorie économique en générale et la théorie de la croissance en
particulier..
Deux enseignements essentiels peuvent être tiré. Premièrement, l’introduction du
capital humain a révélé que ce dernier représente un facteur très important dans le processus
de croissance, mais qu’en Algérie sa faiblesse ne lui a pas permis de jouer pleinement son
rôle. Deuxièmement, l’introduction des infrastructures publiques dans la fonction de
production agrégée nous montre que ces derniers n’ont jamais reçu toute l’attention nécessaire
durant les différents plans de développement. Ce qui s’est traduit par une contribution
relativement faible dans la croissance du produit global et l’amélioration du bien être social.
Néanmoins, ces quelques conclusions soulèvent la question de la complémentarité des
politiques de promotion de la croissance à long terme. En effet, même si les facteurs que nous
venons d’évoquer étaient tous performants, il n’en demeure pas moins que dans la plupart des
cas on assiste à une situation où les efforts consentis dans un domaine de la croissance
peuvent être anéantis par des erreurs commises dans d’autres domaines. On cite l’exemple, de
la stabilité macro-économique qui est une condition préalable à la définition des politiques de
croissance et que dans les années passées les efforts en matière de croissance ont été anéantis
par l’inflation et les déséquilibres extérieurs ainsi que l’instabilité politique.
Il n’est pas sans intérêt de rappeler que notre attention s’est focalisée sur seulement
deux facteurs déterminants de la croissance de long terme. Il s’agit de l’apport, du capital
humain et du capital d’infrastructures. Néanmoins, plusieurs pistes de recherche peuvent être
ouvertes pour comprendre le phénomène de la croissance en Algérie. Nous citons entre autre :
la relation croissance ouverture commerciale, le rôle de l’innovation technologique, le rôle
133
Dépenses publiques productives et dynamique de croissance. Approches théoriques et empirique appliquée au cas de l’Algérie
des institutions financières dans la promotions de la croissance, la croissance et le chômage, la
croissance et la répartition etc. Autant de thèmes important pour faire le tour de la question.
A l’évidence, cette recherche n’a de sens que si les recommandations de politiques
économique proposées peuvent être pratiquement insérées dans un ensemble complet de
décisions de l’Etat , favorable à la croissance dans lesquelles la volonté politique des autorités
nationales constitue une condition préalable.
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135
Dépenses publiques productives et dynamique de croissance. Approches théoriques et empirique appliquée au cas de l’Algérie
ANNEXES
Tableau 1 Les résultats des différentes régressions
La variable dépendante est
ln.(PIB )
Modèle1
Modèle 2
Modèle 3
Modèle 4
Modèle 5
-0.897 (0.88)
-0.92 (.95)
-0.69 (0.84)
2.41 (0.91)
2.98 (1.55)
ln Lt
1.14 (0.14)
1.12 (0.16)
1.10 (0.16)
1.07 (0.32)
0.88 (0.71)
ln Kt
-0.55 (0.12)
-0.03 (0.12)
-0.04 (0.12)
0.13 (0.18)
0.19 (0.33)
ln H t
0.028 (0.069)
0.01(0.064)
0.03 (0.07)
0.07 (0.09)
-0.02 (0.11)
ln (inff)
-0.022 (0.015)
-
-
-
-
ln (infe)
-
-
-0.013 (0.01)
-
-
ln (infs)
-
-0.02 (0.06)
-
-
-
ln (infa)
-
-
-
-0.08 (0.03)
-
ln (infed)
-
-
-
-
-0.03 (0.05)
MA(1)
-0.023 (0.22)
-
-
0.22 (0.22)
0.44(0.19)
MA(2)
-
-
-
-
-
R ² .adj
0.98
0.98
0.98
0.98
0.97
DW
1.77
1.86
1.71
1.88
1.64
30
30
30
30
30
Constante
0bservations
Sources : calculé par l’auteur
136
Dépenses publiques productives et dynamique de croissance. Approches théoriques et empirique appliquée au cas de l’Algérie
Tableau 2 : Les résultats des différentes estimations
La variable dépendante
⎛ pib ⎞
ln( yt )=ln⎜
⎟
⎝ Lt ⎠
Modèle1
Modèle2
Modèle3
Modèle 4
Modèle 5
Constante
9.35 (0.91)
10.06 (0.76)
10.3 (0.85)
10.25 (0.84)
8.14 (0.95)
ln(kt )
0.70 (0.31)
0.53 (0.26)
0.24 (0.26)
0.30 (0.25)
1.05 (0.28)
ln(ht )
0.26 (0.10)
0.29 (0.10)
0.22 (0.10)
0.23 (0.10)
0.22 (0.11)
ln(inf/ Lt )
0.07 (0.03)
-
-
-
-
ln(inf s/ Lt )
-
0.05 (0.03)
-
-
-
ln(inf e/ Lt )
-
-
0.02 (0.01)
-
-
ln(iinf a / Lt )
-
-
-
0.03 (0.02)
-
ln(iinf ed / Lt )
-
-
-
-
0.14 (0.04)
MA(1)
0.95 (0.06)
0.94 (0.06)
0.98 (0.02)
0.96 (0.04)
0.77 (0.14)
R².adj
0.64
0.64
0.60
0.60
0.70
D.W
1.08
1.13
0.71
0.73
1.53
30
30
30
30
30
Observations
Sources : calculé par l’auteur
137
Dépenses publiques productives et dynamique de croissance. Approches théoriques et empirique appliquée au cas de l’Algérie
Tableau3 : Les résultats des différentes estimations
La variable dépendante : ln (PIB/L)
Modèle1
Modèle2
Modèle3
Modèle 4
Constante
11.48 (1.02
9.54 (1.1)
8.58 (0.20)
7.07 (1.51)
ln(k t )
0.59 (0.18)
0.51 (0.39)
0.34 (0.09)
0.87 (0.30)
ln(ht )
0.02 (0.086)
0.21 (0.11
-
0.14 (0.12)
Lielec
0.14 (0.09)
0.13 (0.06)
-
-
Lirt
-0.76 (0.09)
-
-0.01 (0.002)
-
Litel
-0.27 (0.09)
-
-
0.24 (0.09)
MA(1)
0.14 (0.23)
0.99 (0.01)
-
0.99 (0.02)
MA(2)
-
-
1.32 (0.28)
-
R².adj
0.86
0.65
0.81
0.85
D.W
1.96
1.03
0.40
1.63
26
26
27
29
Observations
Sources : calculé par l’auteur
ln(k t ) : le logarithme du stock du capital physique pondéré par le travail.
ln(ht )
: est le logarithme du stock du capital humain pondéré par le travail.
Lielec
: le logarithme de la production d’électricité pondérée par le travail.
Lirt
: le logarithme du réseau des routes et des autoroutes mesurées en kilomètres et pondérée par le travail.
Litel
: le logarithme du nombre des lignes téléphoniques pondéré par le travail.
MA et D.W sont respectivement les initiales de Moving Average et Durbin Watson.
138