2005 ﻧﻮﻓﻤﺒﺮ15 و14 اﻟﻤﻠﺘﻘﻰ اﻟﻌﻠﻤﻲ اﻟﺪوﻟﻲ اﻟﺜﺎﻧﻲ LES ENJEUX DE LA CROISSANCE DANS LES PAYS DU MENA Par Saïd Demmane 1 - Contexte Aborder une telle problématique, au moment même où la communauté internationale les USA en tête, envisage une recomposition géopolitique de la région avec le projet du Grand Moyen Orient (GMO) dont, mêmes les concepteurs des nouvelles routes du pétrole et du gaz depuis, les confins de la Caspienne jusqu’aux pays consommateurs n’en cernent pas encore les contours, relève à mon sens d’un véritable challenge. Comme, nous assistons au quotidien à une confrontation sans merci à l’échelle du monde, entre les grandes puissances en particulier les USA et l’UE avec comme intention inavouée, le contrôle des ressources naturelles dont les hydrocarbures occupent le devant de la scène. La région du Mena, recelant un potentiel considérable d’hydrocarbures, se trouve au milieu des ces enjeux colossaux d’ou, une marge de manœuvre forcément réduite et bien souvent, l’on n’a pratiquement pas cessé d’entretenir des développements pas toujours dans l’intérêt de cette région du monde. D’aucuns ont déjà inscrit dans ces développements, les situations qui perdurent en Afghanistan (encerclement de l’Iran, ouverture vers l’est en particulier les pays limitrophes de la Chine qui ou même titre que l’Inde sont suivies de très près, frontières avec le Pakistan ; pays musulman détenant l’arme nucléaire), en Irak (fédéralisation qui certainement, tiendra compte dans sa conception géopolitique, de la répartition des ressources comme l’eau et le pétrole), en Palestine ; la question du Sahara occidentale, celle du nucléaire et de la démocratie en Iran (accès aux matières hydrocarbures locales et à celles de la Caspienne et, nouvelles routes du pétrole et du gaz), ou enfin, les scénarios envisagés pour la Syrie actuellement prise en sandwich entre Israël et l’Irak. La volonté affichée des multinationales, de vouloir à tout prix contrôler les ressources pétrolières n’est pas étrangère à ces situations ; les stratégies visent à disposer de nouveaux espaces et niches de marchés à même, de permettre l’expansion permanente du capital au travers d’une maximisation du profit ; la dimension humaine n’occupant pas toujours les premières priorités (sans aborder la très probable partition future du Soudan dont les ressources hydrocarbures ne sont plus un secret). . Cette situation n’est pas pour faciliter la cohésion au sein de la vingtaine de pays du MENA dont, les tentatives de constituer des ensembles bien que régionaux aux portes de l’Union européenne, continuent à ce jour à rencontrer des difficultés. Cette région du MENA est également considérée comme étant à tort ou à raison, le lit où se forme et se développe un intégrisme fondamentaliste que, certains sous couvert des droits de l’homme et de la démocratisation utilisent comme fonds de commerce pour se maintenir et se consolider dans cette région ; le paramétrage, forcément inspiré du seul modèle occidental est présenté, comme étant la solution idoine pour aller dans le sens de la modernité. 65 2005 ﻧﻮﻓﻤﺒﺮ15 و14 اﻟﻤﻠﺘﻘﻰ اﻟﻌﻠﻤﻲ اﻟﺪوﻟﻲ اﻟﺜﺎﻧﻲ Cette perception occulte cependant, un aspect relevant de la psychologie des comportements à savoir, qu’à la suite de toute action colonisatrice (ou imposée) sous quelques formes que ce soit, l’histoire révèle que bien souvent, l’on enregistre une réaction malheureusement aveugle et non réfléchie et, qu’il y’a lieu certainement de condamner. Ce n’est pas pour autant qu’il faut généraliser et étendre ces comportements à des communautés toutes entières qui pourraient dans de telles situations, ne pas comprendre et ne pas admettre une telle dilution et pourraient alors, réagir sans discernement ; ne dit-on pas que « lorsque la bêtise gifle l’intelligence, celle-ci ne peut réagir que bêtement ». Cela a été vécu ; peut être sous des formes différentes comme en Irlande, en Espagne, en France, en Union soviétique, en ex Yougoslavie, pour ne citer que des questions du genre et considérées d’ordre politique, dans des zones de proximité mais que l’on retrouve dans bien d’autres régions du monde. Il est vrai aussi, que l’expérience a montré que c’est à l’abri d’institutions démocratiques, que l’on peut combattre efficacement l’extrémisme à l’origine de bien de souffrances partagées par tous. Bien plus, l’apparition de tels phénomènes traduisent en fait, l’échec des gouvernants à trouver les solutions appropriées aux différents problèmes de leur Société ; le respect des droits de l’Homme, l’instauration ‘d’autorités démocratiques’, nous imposent en ce début de siècle, de réunir les conditions pour éviter, de revivre les affres de l’impérialisme qu’il faut combattre en premier, par le SAVOIR à l’instar de l’extrémisme, de l’intégrisme d’où qu’ils viennent et quelles que soient les motivations. C’est ainsi que, cette problématique soulève aussi la question du mode de gouvernance dans les pays du MENA que d’aucuns affirment qu’il reste pour cette région du monde bien des effort à fournir. Au delà de la chose politique, opérer une rupture avec des modèles de gestion dont l’encrage repose sur un secteur ou deux (hydrocarbures, agriculture ou tourisme), pour se projeter vers une économie diversifiée productrice d’une valeur ajoutée générée par un large éventail de secteurs n’est pas chose aisée. 2-Constat Depuis les années 80, cette région n’a enregistré qu’une croissance toute relative autour de (1%) ; sans effets significatifs sur les populations dont le taux de chômage a dépassé dans certains pays le niveau des 20%. Durant la même période, les exportations hors hydrocarbures sont restées globalement au même niveau (7%) du PIB ; les plus faibles au monde d’où des échanges commerciaux sans commune mesure avec les potentialités de la région De rares pays du MENA réalisent aujourd’hui une croissance de leur économie au sens de la problématique posée car, une croissance globale qui n’est pas sous tendue, par une valeur ajoutée locale et diversifiée est en partie fictive et, ne reflète ni l’effort, ni le niveau de vie 66 2005 ﻧﻮﻓﻤﺒﺮ15 و14 اﻟﻤﻠﺘﻘﻰ اﻟﻌﻠﻤﻲ اﻟﺪوﻟﻲ اﻟﺜﺎﻧﻲ du citoyen .En effet, un baril extrait à moins de (7 $) est écoulé ces dernières années à plus de (50 $). C’est ce que nous constatons ces dernières années avec, l’envolée des cours du brut et les conditions climatiques particulièrement clémentes à l’origine d’une croissance globale d’un niveau fort acceptable si cela, ne se limitait pas à un secteur ou deux . Si pour les uns, c’est le secteur du tourisme (environs 50% pour l’Egypte, la Tunisie et le Maroc,) pour les autres, c’est celui des hydrocarbures (plus de 50 % pour l’Algérie, l’Arabie Saoudite et à un degré moindre l’Iran ). Ci-après la répartition selon la BM de la valeur ajoutée en fonction du PIB pour l’année 2003 (extrait) : PAYS Algérie Arabie Saoudite Iran Egypte Maroc Tunisie Yémen Liban V.A. Agriculture V.A Industrie 10.2 4.5 11.3 16.1 16.8 12.1 15.0 12.2 55.1 55.2 41.2 34.0 29.6 28.1 40.0 20.0 V.A.Services 34.7 40.3 47.6 49.8 53.6 59.8 45.0 67.7 Selon un rapport de la BM établi en 2004, « le commerce représente 12 % du PIB (comparé à près de 50 % en Asie de l’Est). À titre d’exemple, les exportations de produits manufacturés de la région se chiffrent à 40 milliards de dollars, soit autant que la Finlande, qui a 55 fois moins d’habitants. L’investissement étranger direct représente environ 1 % du PIB, soit moins qu’en Afrique subsaharienne. La région a 5 % de la population mondiale, mais seulement 0,7 % des connexions Internet ». DETTE EXTERIEURE Le niveau d’endettement est lié au rythme de croissance ; il constitue pour ces pays un véritable cercle vicieux dans la mesure où, les cours du brut sont une véritable discorde car, une envolée de ces derniers, si elle est souhaitée par les uns, elle est décriée par les autres ; l’un des paradoxe dans cette région du monde est : que l’on soit riche ou pauvre, on est pour diverses raisons généralement endetté. A titre d’illustration, la dette de la Tunisie, du Maroc, de l’Egypte pays non exportateurs d’hydrocarbures était en 2003 de l’ordre de (60) milliards de USD ; celle de l’Algérie, de l’Iran et de l’Irak (estimation) avoisinait les 130 milliards. 67 2005 ﻧﻮﻓﻤﺒﺮ15 و14 اﻟﻤﻠﺘﻘﻰ اﻟﻌﻠﻤﻲ اﻟﺪوﻟﻲ اﻟﺜﺎﻧﻲ Ci après, une estimation de l’endettement externe selon la banque mondiale pour certains pays, les éléments des pays du Golf n’étant pas disponibles : PAYS Endettement en 10*9 dollars courants 2002 2003 Algérie Arabie Saoudite Egypte Iran Maroc Tunisie Yémen Liban 21.9 26.7 7.9 17 .0 12.5 3.5 18.1 22.8 28.1 10.4 17.5 15.7 3.8 19.6 LES INVESTISSEMENTS DIRECTS ETRANGERS (IDE) Les IDE découlent souvent du processus de délocalisation à travers la recherche d’une production aux moindres coûts. En dehors du secteur des hydrocarbures, on relève principalement au cours de 2002/2003 des investissements au Maroc, en Tunisie et en Egypte (avec 110 millions d’hab.) où, les IDE auraient été de (5) milliards USD soit le même niveau pour Israël (avec 5 millions d’hab.) ; ci-après un extraits (source BM ): PAYS Investissements directs -USD courants 10.6 2002 2003 Algérie Arabie Saoudite Egypte Iran Maroc Tunisie Yémen Liban 1100 634 647 276 481 795 114 257 237 120 2300 541 358 Quant au transfert technologique à travers les IDE, il serait utopique de croire que l’apport aille au delà du comment faire. 68 2005 ﻧﻮﻓﻤﺒﺮ15 و14 اﻟﻤﻠﺘﻘﻰ اﻟﻌﻠﻤﻲ اﻟﺪوﻟﻲ اﻟﺜﺎﻧﻲ Cependant, cette question figure parmi les priorités et des initiatives sont initiées par certains pays avec l’assistance d’institutions internationales comme celle toute récente (Marseille mars 2004) ou (extrait) : « La Banque mondiale, la ville de Marseille et l’Institut de la Méditerranée ont crée à Marseille le Centre pour la connaissance pour la région MENA . Doté de technologies de l’information et de communication les plus modernes, le centre aidera à renforcer les moyens d’échange du savoir et de transfert des connaissances dans la région » « La demande de services de transfert des connaissances et d’échange du savoir qui émane du Moyen-Orient augmente à mesure que la région prend conscience du fait que sa position concurrentielle dans l’économie mondiale dépend étroitement de son aptitude à renforcer ses capacités, tout particulièrement dans les domaines qui sont le plus directement liés à l’économie du savoir », explique Frannie A. Léautier, vice-présidente de l’Institut de la Banque mondiale , l’organe de la Banque mondiale chargé du renforcement des capacités. « Le Centre facilitera le partage du savoir et le transfert des connaissances disponibles dans le monde en reliant les individus, les entreprises et les institutions au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Europe. » « Née de la mondialisation, l’économie fondée sur le savoir est une nouvelle forme de développement économique qui s’appuie sur une éducation de qualité, sur la créativité individuelle, ainsi que sur une infrastructure d’information et de télécommunications moderne. Plusieurs pays, dont l’Égypte, le Maroc et la Tunisie, ont présenté des études de cas sur les résultats obtenus dans la promotion du commerce, de la compétitivité et de l’économie du savoir ». EMPLOI La récente table ronde organisée sous l’égide de la BM à Tunis autour des performances des pays du Maghreb, a dégagé des constats et des recommandations concernant le chômage que l’on peut, sans pour autant s’éloigner de la réalité, généraliser au reste des pays du MENA. Ainsi, le taux moyen officiel de 14% est discutable selon la BM qui souligne un niveau de 20,4% ; chez les femmes, il dépasse les 40%. Pour les travaux en ateliers, il est possible de dégager à moyen terme des solutions de prise en charge en vu d’en atténuer les conséquences notamment sur la jeunesse. LES REFORMES La prise en charge de cette problématique de la croissance est déjà en cours à travers les reformes structurelles entamées dans la plus part de ces pays. Cependant, le degré de mise en œuvre, en terme de rythme et d’efficience est fonction de la volonté politique chez les uns et, des moyens à dégager chez les autres. Selon les éléments de la Banque mondiale, la situation (100 étant la meilleure note) serait la suivante (extrait non exhaustif) : 69 2005 ﻧﻮﻓﻤﺒﺮ15 و14 اﻟﻤﻠﺘﻘﻰ اﻟﻌﻠﻤﻲ اﻟﺪوﻟﻲ اﻟﺜﺎﻧﻲ Reforme politique Pays commerciale Situation Progrès actuelle réformes Algérie 5 66 Arabie S. 76 88 Egypte 60 100 Iran 4 76 Jordanie 20 86 Maroc 0 49 Tunisie 1 49 MENA 35 71 ///////////////// /////////////// ///////////////// Amérique 49 56 L OCDE 93 67 ///////////////// //////////////// //////////////// Ensemble 50 50 du monde Reforme réglementaire et de l’environ. Entrepri. Situation Progrès actuelle réformes 26 54 52 47 29 11 63 37 57 43 62 62 79 74 48 34 ///////////////// /////////////////// 39 45 Reforme de la Gouvernance Situation Progrès actuelle réformes 32 61 26 35 28 24 36 14 44 61 40 42 35 6 30 32 /////////////// ///////////////// 56 46 89 73 88 65 ///////////////// /////////////////// /////////////// ///////////////// 50 50 49 50 Ainsi, des pays comme la Jordanie sont selon la BM, les plus avancés en terme de gouvernance comparativement, au Maroc et l’Egypte ; d’autant plus qu’il s’agit là de pays qui ne disposent pas comme c’est le cas pour certains, de ressources hydrocarbures à l’instar de l’ Algérie ou l’ Iran qui peinent à trouver la cadence appropriée de leurs mises en œuvre ; s’agissant des pays du golf, la stratégie a toujours consisté à une ouverture sur le commerce exterieur malheureusement insuffisamment diversifié. INTEGRATION MONDIALE Sur le plan de l’intégration dans le processus de la mondialisation et de l’internationalisation des échanges, il est à noter la disponibilité affichée de certains, à rejoindre les organisations internationales et, à opérer des rapprochements en la formes d’alliances stratégiques et géopolitiques comme, ce qui vient d’être initié dans le cadre du processus de Barcelone. On peut relever par exemple, la zone de libres échanges dans le cadre des accords de l’Euromed, l’adhésion à l’OMC ou, le projet de l’UMA qui finira certainement après la récente déclaration de la Maison blanche par se concrétiser, l’Union douanière du Conseil de Coopération du Golf, et bien d’autres initiatives (Accord de libres échanges USA-Jordanie) ; initiatives, qui gagneraient à être suivies de programmes d’actions d’accompagnement internes à ces pays car, des inadéquations sont à l’origine des retards enregistrés dans ces domaines. Précisons toutefois, le faible niveau d’intégration entre les pays du MENA dont, les échanges sont loin de refléter les possibilités de chacun d’entre eux pour ne pas dire marginaux. D’autres indicateurs non moins importants, nous situent la place qu’occupe l’économie des pays du MENA ainsi que, le niveau de vie moyen des citoyens de cette région en rapport, avec le reste du monde dont certains pays ne disposent pas de ressources rares comme les hydrocarbures. Ainsi selon toujours une estimation de la BM le PNB/hab pour 2003 a été le suivant (extrait) : 70 2005 ﻧﻮﻓﻤﺒﺮ15 و14 اﻟﻤﻠﺘﻘﻰ اﻟﻌﻠﻤﻲ اﻟﺪوﻟﻲ اﻟﺜﺎﻧﻲ PAYS PIB/HAB 2003 -USD1 / Luxembourg 45.740 5è / USA 37.870 13è / Finlande 27.060 23è / France 24.730 /////////////////////////////////////////////////////////////////////////// ///////////////////////////////////////////////////// 34è / Kuwait 17.960 56è / Arabie Saoudite 9.240 59è / Oman 7.830 /////////////////////////////////////////////////////////////////////////// ///////////////////////////////////////////////////// 103è / Tunisie 2.240 110è / Iran 2.010 112è / Algérie 1.930 116è / Jordanie 1.850 126e / Egypte 1.390 128è / Maroc 1.310 130è / Syrie 1.160 161è / Yémen 520 e GOUVERNANCE (EL HOUKM ELRACHED) Enfin, bien qu’il ne s’agisse pas du thème du colloque, il n’en demeure pas moins que, le mode de gouvernance constitue le socle du cadre d’expression en mesure de produire de la croissance. Aborder en terme de constat, le thème de la bonne gouvernance qui est aussi une autre problématique et pas des moindres de cette région pourrait, diluer l’analyse proposée surtout en raison, des domaines couverts par cette notion, qu’il serait utopique d’envisager d’en cerner les contours en cette occasion. L’exploitation non exhaustive du rapport élaboré par des experts de la BM en 2003 et intitulé, « Vers une meilleure Gouvernance au Moyen Orient et en Afrique du nord : Améliorer l’inclusivité et la responsabilisation », nous donne un aperçu d’ailleurs partagé sur la question. En d’autres termes, il s’agit d’apprécier d’une part, la notion d’égalité (sans aucune exclusivité) entre les différents acteurs de la Société pour tout ce qui concerne la gestion des affaires de l’Etat et d’autre part, le bilan des actions découlant des responsabilités exercées dans le but de rendre compte à la Société. Selon les conclusions de ces experts, la gouvernance est généralement plus faible dans la région du MENA que dans le reste du monde ; une transparence limitée et une performance de l’administration qui restent à améliorer. Ce rapport a également souligné un paradoxe à savoir, qu’ à l’inverse des pays riches ou le niveau de revenu contribue à l’amélioration de la qualité de la bonne gouvernance, dans cette région, plus les revenus sont élevés, plus la gouvernance est en recul. 71 2005 ﻧﻮﻓﻤﺒﺮ15 و14 اﻟﻤﻠﺘﻘﻰ اﻟﻌﻠﻤﻲ اﻟﺪوﻟﻲ اﻟﺜﺎﻧﻲ 3- facteurs de croissance Il vrai que ces dernières années, comme déjà souligné, en raison de facteurs principalement exogènes les pays du MENA ont globalement, si on devait s’en tenir au taux de croissance enregistré, amélioré leurs performances; ci après selon la BM quelques exemples de taux de croissance du PIB pour 2003 : PAYS Algérie ARABIE Saoudite Egypte Iran Liban Maroc Tunisie Yémen Taux de croissance PIB 2003 6.8 7.2 3.2 6.6 2.7 5.2 5.6 3.8 Ces niveaux de croissance, pour refléter une économie pérenne, se doivent de traduire une croissance de l’essentiels des secteurs d’activités et ne pas se limiter, en raison de conjonctures favorables (les années 90 sont là pour nous le rappeler), aux performances enregistrées par quelques secteurs marginalisant des pans entiers de l’économie et, par voie de conséquence, de citoyens en quête de travail et de logements. Par ailleurs, s’il est vrai que chaque pays à ses propres caractéristiques qui dépendent de ses capacités et autres ressources financières ( au Yémen, le revenu par hab. est de l’ordre de 380 USD alors que, dans la région du Golf, il se situe au delà de 4000 USD), de son histoire, de sa position géographique, de ses alliances et enfin, de ses propres comportements sociaux et que par voie de conséquence, une stratégie globale pour la région ne saurait se concevoir, il n’en demeure pas moins que, d’aucuns peuvent relever le caractère commun des problèmes structurels qui les caractérisent comme : L’accroissement rapide des populations parmi les plus élevés au monde. Un tel rythme démographique pourrait en fait, pour un pays en développement dont les capacités et les potentialités restent à saturer, constituer un atout et un facteur de croissance à travers l’augmentation de la population active pour peu que, l’on adopte les stratégies appropriées car à l’inverse, c’est le phénomène pervers du chômage; un handicap majeur dont le traitement est une affaire de longue haleine. Le fait de continuer, à l’ère de la globalisation dont l’internationalisation des échanges exige compétitivité et modernité de gestion à disposer, d’un secteur public important dont l’efficacité reste à démontrer en relation notamment, avec les ressources qui lui sont consacrées pour sa mise en conformité. Là également, le désengagement de l’Etat est un impératif pour rendre le patrimoine des Entreprises performant, rentable et producteur de valeur ajoutée et donc participant à la croissance. La majorité, pour ne pas dire la totalité de ces pays, n’a pas encore opéré la mue d’un système de gestion centralisé vers un système de gestion ou l’Etat assume simplement son rôle de régulateur, encadreur de l’économie ; on assiste à un interventionnisme qui en général, est porteur de bureaucratie, constituant ainsi un frein en particulier aux initiatives du secteur privé. 72 2005 ﻧﻮﻓﻤﺒﺮ15 و14 اﻟﻤﻠﺘﻘﻰ اﻟﻌﻠﻤﻲ اﻟﺪوﻟﻲ اﻟﺜﺎﻧﻲ L’on retrouve ce phénomène du chômage à des niveaux non acceptables eu égard auxles possibilités de ces pays à le résorber mais qui, demeure malheureusement à aujourd’hui, l’un des constituants le plus difficile à surmonter de la problématique de la croissance. La question de la vulnérabilité dont la mesure où ces pays ont des économies insuffisamment diversifiées, reposant très souvent sur les ressources générées par un ou deux secteurs (hydrocarbure, tourisme, un peu l’agriculture).En cas de chute des prix du Pétrole ou, de conditions climatiques non favorables est c’est des situations de non croissance. Enfin, ces pays ont dans leur majorité des problèmes d’alimentation en eau ; il est généralement admis que, dans cette région, la consommation par hab. est l’une des plus faibles au monde. Et en définitif, le problème de la désertification qui ne cesse de constituer une préoccupation pour ces pays qui devront trouver des solutions durables pour y faire face au même titre que le problème de l’eau.. La conséquence de ces problèmes d’ordre structurel est une croissance faible, sinon relative, à l’origine de phénomènes comme la pauvreté d’ailleurs, l’indice de pauvreté pour certain de ces pays atteint des niveaux intolérables ; c’est aussi et pas des moindres, l’analphabétisme de plus en plus important notamment, chez les filles alors que, les budgets des secteurs de l’éducation sont de plus en plus élevés ; un question de bonne gouvernance, là également. UNE RUPTURE ET DES MUTATIONS Pour remédier autant que faire se peut à cela, il faut au cas par cas, adopter des mesures qui permettent d’aller vers des solutions structurelles et cela, ne peut s’opérer à mon sens, que s’il y’a rupture et amorce d’un processus de changements fondamentaux. On pourrait localiser les impératifs de changements (sans pour autant revenir sur l’impératif de bonne gouvernance) au niveau de : l’incontournable transition d’un secteur public productif contre performant vers un secteur privé plus compétitif et orienté aussi à l’international, La nécessaire diversification vers des secteurs producteurs de richesses notamment hors hydrocarbures, L’intensification des exportations de services et biens manufacturés, La réforme du secteur financier (banques, douanes, assurances..), L’encadrement des ID et, la régulation des activités économiques au travers d’un dispositif découlant de réformes efficaces et promoteurs des initiatives d’investissements. Ceci, sans pour autant généraliser ces préconisations dans la mesure où, en fonction des priorités, des degrés de compétitivité et des spécificités de chacun des pays, il faudrait en adapter les stratégies et modalités de mise en œuvre dont le planning de déroulement est un des éléments fondamentaux. Donc, trouver le chemin de la croissance pour ces pays comme s’accordent à le souligner experts et institutions internationales en particulier, la BM et le FMI demanderait une intensification du commerce exterieur au travers d’une promotion permanente et rigoureuse et, l’incitation à l’investissement privé ce qui aura pour conséquences de faire face aux problèmes épineux du chômage et ses dérivés (pauvreté , logements..), favoriser le 73 2005 ﻧﻮﻓﻤﺒﺮ15 و14 اﻟﻤﻠﺘﻘﻰ اﻟﻌﻠﻤﻲ اﻟﺪوﻟﻲ اﻟﺜﺎﻧﻲ transfert de connaissances et donc, une production de qualité et surtout d’exploiter les synergies et améliorer la productivité pour être plus compétitifs sur les marchés à l’exportation. INVESTISSEMENTS DIRECTS ETRANGERS Concernant les (IDE) en particulier, dans un environnement régulé, une organisation institutionnelle au sens de la bonne gouvernance et un marché ouvert et compétitif, ces derniers contribueront d’une manière significative à consolider la croissance du pays hôte. Mm F.Jaumotte du FMI a développé dans un thème de recherche un model économique fort intéressant qui détermine par pays, le poids des paramètres favorisant l’IDE (ou in flow of FDI) comme : La taille des marchés local et de proximité, Effets de l’environnement (qualité, densité en termes d’investissements existants, services, banque, transport, produits locaux, banques de données instituts de recherches, fiscalité ), Coût et qualité de la main d’œuvre, prix de revient, niveau technologique, programme éducatif, Climat des affaires; confiance des investisseurs et des prêteurs, risque politique (prime d’assurance élevée, bureaucratie, stabilité, corruption, textes et règlements de régulation, endettement du pays, inflation), Degré d’ouverture du pays sur l’international, niveau de diversification des exportations, Barrières douanières (en relation avec les objectifs des ID et des accords OMC). Enfin, le temps de mise en œuvre nécessaire pour qu’un ID se concrétise et atteigne l’objectif escompté, n’est pas sans effets sur l’efficacité d’une démarche de reforme structurelle et, la mise en confiance des investisseurs Si les pays du MENA sont les moins ouverts à l’investissement c’est en grande partie dû au centralisme institutionnel qui, sous le couvert d’une démocratie dirigée, constitue avec l’économie en partie immergée, l’handicap majeur à la décision d’investir d’ailleurs, les pays du MENA sont insuffisamment intégrés au reste du monde ; les seuls investissements résident dans le secteur des hydrocarbures à l’exception de quelques timides tentatives. LA DIVERSIFICATION C’est pourquoi, il faut diversifier la production locale et, s’orienter vers les exportations hors hydrocarbures en mesure d’être des catalyseurs pour le logement, l’emploi et le financement du système de couverture sociale ; quant aux services comme le tourisme ; à l’image des pays comme l’Espagne ou la France et bien d’autres, il doit être accessible aussi bien aux résidants qu’aux non résidants pour qu’il soit véritablement source de croissance. Bien plus, cette diversification doit viser à permettre à ces pays de réduire leur dépendance et par voie de conséquence leur vulnérabilité en cas de tension sur le marché des hydrocarbures pour les uns ou, des conditions climatiques contraignantes pour les autres dont le secteur agricole est prédominant. 74 2005 ﻧﻮﻓﻤﺒﺮ15 و14 اﻟﻤﻠﺘﻘﻰ اﻟﻌﻠﻤﻲ اﻟﺪوﻟﻲ اﻟﺜﺎﻧﻲ Par diversification, il faut comprendre également l’élargissement des relations commerciales à d’autres régions que l’Europe notamment, les USA qui constituent un véritable gisement pour le potentiel d’exportation encore à exploiter pour les pays du MENA. MODERNISATION ET REFORME DU SECTEUR FINANCIER En ce qui concerne la réforme du secteur financier, il est évident que ce secteur a un rôle primordial dans la mesure où, il a été démontré que la performance de l’économie d’un pays est corrélation étroite avec le degré d’efficacité de ce secteur en particulier, les banques centrales mais aussi primaires. Dans ce domaine, le rôle de l’Etat doit se limiter à la régulation à travers la Banque centrale elle-même disposant, d’une certaine autonomie bien que relative mais, lui permettant d’exercer ses prérogatives en fonction des exigences et des impératifs éloignés, du mode traditionnel des Etats interventionnistes avec les conséquences que l’on connaît. De L’intermédiation des banques, dépent le degré de mobilisation de l’épargne ; ressource incontournable au financement des investissements mais également, la fluidité des échanges commerciaux ; déjà en voie d’être prise en charge dans les pays à technologie avancée par ce qu’on qualifie désormais de é-Gouvernance. Ce nouveau mode de gestion de l’économie sous tous ces aspects et, plus global encore, au sens de mouvements internationaux de capitaux et autres instruments de contrôle, de régulation, intègre aussi bien le secteur financier public que privé, facilite l’accès au crédit, permet de disposer de banques de données fiables, en temps réel et, favorise par voie de conséquence un climat propice à l’investissement productif. Toujours en matière de finances, avoir une politique monétaire cohérente contribuant à la régulation globale de l’économie est un élément déterminant dans l’atteinte des objectifs de croissance . Dans ce cadre, la gestion monétaire des échanges internationaux devra tenir compte des règles de prudentialité comme la diversité des monnaies de paiements suite aux opérations à l’international notamment pour les pays dont l’économie dépend des importations. Par exemple, la dépréciation actuelle du dollar pénalise déjà les pays exportateurs de brut surtout, les importateurs à partir de l’Union européenne de biens et services nécessaires au fonctionnement de leur économie. Le déficit budgétaire colossal des USA est selon nombre d’experts, à l’origine de la forte dépréciation bien que relative de cette monnaie avec, l’impact que l’on connaît car, déjà vécu récemment avec la parité euro/dollars ; les pays qui utilisent le dollars comme seule monnaie refuge vont continuer à enregistrer des pertes importantes et, rencontrer des difficultés de trésorerie non négligeables. LES PRIORITES. Selon les analyses développées par les expert de la BM, il faut créer durant les prochaines années au moins un million d’emplois ce qui laisse supposer un taux de croissance 75 2005 ﻧﻮﻓﻤﺒﺮ15 و14 اﻟﻤﻠﺘﻘﻰ اﻟﻌﻠﻤﻲ اﻟﺪوﻟﻲ اﻟﺜﺎﻧﻲ permanent sur la période de l’ordre de 6 / 7% l’an en terme réel ; cela ne sera pas chose aisée cependant, certaines mesures prioritaires et urgentes favorisant comme : • Mener dans un cadre réfléchi et de concertation les reformes structurelles au niveau de l’Etat et de ses dénombrements. La conduite de réformes structurelles (politique commerciale, environnement des Entreprises, gouvernance, l’adhésion aux organisations de régulation internationale OMC, etc.), devrait permettre à ces pays à l’aide d’une démarche de benchmarking de se hisser au niveau des exigences sans alternatives de la mondialisation et de la globalisation des échanges • Le désengagement de l’Etat du secteur public en opérant un passage organisé et cohérent vers un secteur privé producteur de richesses, • Aller dans le sens de la diversification des sources de richesses et de valeur ajoutée pour réaliser une croissance élargie de l’économie, • Une plus grande ouverture de l’économie pour, capitaliser les bonnes pratiques et envisager l’accès déterminant aux technologies en mesure de permettre, la rationalisation des démarches de développements et, de mener les réformes structurelles en conformité avec les normes internationales qui sont aujourd’hui les véritables barrières douanières, Certes, mener à terme de tels objectifs ne sera pas facile en particulier, dans un environnement international pas toujours favorable aux pays émergents ou, en développement ; les déséquilibres mondiaux empruntent des parcours pas toujours prévisibles. INTEGRATION ET MONDIALISATION Les pays du MENA dans une récente communication au niveau du cercle national des journalistes Ottawa- Canada- , Mr le Directeur Général du FMI a tenu à souligner un certain nombres de défis que, la communauté international devra relever . Il est question de la CHINE et des USA à l’origine de la croissance actuelle mondiale, du Japon et de l’Europe pour ce qui concerne les reformes structurelles mais, pas un mot sur les pays du MENA si ce n’est que, le reste des pays doivent ouvrir leurs marchés et promouvoir les exportations qui doivent, trouver des débouchés auprès des pays développés et cela, règlerait des questions comme le chômage et la pauvreté. La raison réside à mon sens, dans le poids de cette région qui ne représente que 2 % du revenu mondial mais, dont la population en constitue les 5% ; avec un revenu moyen qui se situe dans la moitie inférieure de la distribution mondial (BM) et, issue essentiellement des recettes hydrocarbures, cette région du monde recèle un potentiel de développement considérable surtout qu’elle se situe aux portes d’une des régions les plus avancées ; l’UE et donc des opportunités pour un commerce exterieur accru sont énormes. Si la bonne gouvernance est une condition première pour une intégration dans l’économie mondiale, c’est en général la faiblesse de la gouvernance qui entraîne une croissance sans conséquences sur le niveau de vie du citoyen. Pour être durable, la bonne gouvernance comme pour la bonne croissance d’ailleurs, ne doit en aucun cas dépendre seulement des ressources injectées dans l’économie mais plutôt, de la transparence et la rationalité dans la gestion des affaires de l’Etat et surtout, 76 2005 ﻧﻮﻓﻤﺒﺮ15 و14 اﻟﻤﻠﺘﻘﻰ اﻟﻌﻠﻤﻲ اﻟﺪوﻟﻲ اﻟﺜﺎﻧﻲ dans l’exercice des responsabilités notamment au sein des institutions démocratiquement établies. 4- Conclusion/Recommandation Durant ces toutes dernières années, bien que par habitant elle est la plus faible des autres régions du monde, celle du MENA enregistre globalement une relative croissance (5 ,6%). Cela est dû en grande partie à des facteurs exogènes notamment, la remontée sans précédent des cours des produits hydrocarbures. C’est un véritable boom économique mais comme le soulignent des analystes, cela pose le problème de la gestion des ressources ; sont-elles différemment reparties que par le passé ? Comment expliquer alors les phénomènes pervers de la pauvreté, de la crise de logement et celui du chômage ? Les retombées ne sont malheureusement pas perceptibles. Cette situation déjà vécue par le passé, risque comme en 1986, de se retourner et hypothéquer à nouveau les plans de développement qui ne reposent pas sur des réformes structurelles à même, de soutenir une croissance à long terme. D’ailleurs cette remontée par rapport aux années 90 est essentiellement le fait de quatre pays producteurs de pétrole (Algérie, Royaume A.S., Iran et E.A.U) ; dans plus de la moitié des pays, la croissance a plutôt fléchie. Au delà de la bonne gouvernance (au sens partagé de la Banque mondiale : amélioration de l’inclusivité et la responsabilisation), à terme unique vecteur de croissance, les pays du MENA seraient bien éclairés de réformer les Etats au sens institutionnel et ce, comme préalable à l’ouverture de leur économie, mais également aller à l’international, se désengager du rôle de propriétaire d’Entreprises publics pour, promouvoir un secteur privé participatif à la valeur ajoutée et enfin, diversifier les ressources et les emplois au sein de l’économie, sans les limiter à des secteurs comme celui des hydrocarbures ou du tourisme. La mise en œuvre des reformes d’ordre structurel est impérative cependant, leur conduite doit s‘inspirer d’expériences internationales dont les résultats sont appréciés comme probants (inde, chine..). Sans revenir sur les modalités et les techniques employées, il y a lieu d’insister sur le rythme de leur faisabilité qui a par ailleurs, fait l’objet d’un débat international entre ceux qui prônent le rééchelonnement des reformes et, les adeptes du changement rapide ou BIG BANG. Ce qu’il y’a lieu de relever en fait, c’est le souci d’imposer un rythme qui soit à même de crédibiliser la démarche des réformes institutionnellement partagées. Comme, il doit permettre de réduire le risque pays et, supprimer les doutes quant à la véritable volonté de mener à terme et rapidement les reformes et donc, atténuer les incertitudes, réduire tout en le préservant le rôle de l’Etat interventionniste et autres monopoles tout en maximisant, les opportunités d’affaires dans un éventail de secteurs le plus large possible. Quelle que soit la stratégie adoptée, elle doit permettre une intégration positive et contrôlée dans le processus de la mondialisation. Par intégration positive, comprendre une gestion transparente en mesure d’assurer la performance dans un cadre de compétition et d’économie de marché. 77 2005 ﻧﻮﻓﻤﺒﺮ15 و14 اﻟﻤﻠﺘﻘﻰ اﻟﻌﻠﻤﻲ اﻟﺪوﻟﻲ اﻟﺜﺎﻧﻲ Bien entendu, les reformes dépendent aussi de la spécificité de chacun des pays au sein du MENA, il serait difficile de définir une approche identique entre des pays ne disposant ni des même potentialités, ni des mêmes facteurs limitant (Egypte, Yémen, RAS par exemple). Comme recommandation, il serait approprié de se concentrer davantage et, en priorité sur les axes stratégiques porteur de croissance en veillant, à ne pas se disperser mais surtout, les inscrire dans un cadre de bonne gouvernance en relation avec les spécificités de chacun des pays pour ce qui concerne leurs modalités. Rassembler, écouter, dialoguer et par la suite agir dans le strict respect des institutions démocratiquement habilitées; telle serait la démarche pour une transparence en mesure de permettre à la performance de perdurer et d’atteindre les objectifs de la croissance. SYNERGIES AU SEIN DU MENA Le développement des échanges au sein et entre les pays du MENA notamment dans les domaines de l’agriculture, le tourisme, ou les secteurs de transformation (textile..) et, de l’énergie devrait faire l’objet de forums et rencontres à haut niveau en raison des possibilités énormes d’intégration et des synergies en place. Les pays du MENA ont tout intérêt à aller dans le sens de facilitation de leur collaboration, bien au delà de chose politique mais plutôt, dans le domaine de l’investissement productif en mesure, d’atténuer les impacts du non emploi car, pour les uns, les recettes pétrolières ne sont pas à l’abri d’un retournement de situation, l’agriculture étant fonction des aléas de la nature pour d’autres, le flux d’une population d’immigrants à l’étranger va à terme être marginal comme source de revenus. « Les idées, le savoir et la volonté de changements sont fondamentaux » Les frontières d’aujourd’hui sont une création de l’Homme d’hier ; l’Homme d’aujourd’hui, pour maximiser son profit a décidé de les faire disparaître ; importe peu les moyens d’y parvenir. Une volonté politique, découlant d’une bonne gouvernance est à même de réconcilier l’Etat avec le citoyen et serait, en mesure de mobiliser les énergies, exploiter les potentialités et enfin, promouvoir la dimension humaine. Peut être alors, que seront atténués les maux résultant de la non croissance comme, la pauvreté, le chômage, l’analphabétisme et malheureusement d’autres encore. Tels sont actuellement les principaux enjeux de la croissance; une problématique à laquelle sont confrontés les pays du MENA. 1. La documentation consultée est principalement celle de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international. 2. Les statistiques de certains pays ne sont pas accessibles pour d’autres, les informations véhiculées ne sont pas représentatives. 78
© Copyright 2026 Paperzz