Micro-finance et pauvreté au Maroc : Outils d’évaluation et Impact M. Omar Zahraoui l’université sidi Mohamed ben Abdellah Fès Faculté polydisciplinaire –Taza- Maroc Résumé : Ces dernières années les agences de développement commencent à repenser sérieusement certains aspects de leur politique d’aide au développement. Le manque d’emploi, la pauvreté grandissante dans la plupart des pays en développement, l’absence apparente d’efficacité des pratiques traditionnelles d’aide au développement, imposent une réallocation des budgets disponibles et un changement important de stratégie et d’attitude des intervenants. Le secteur de la micro-entreprise n’est pas un phénomène nouveau. Il reflète en quelque sorte la réaction des populations pauvres face à la situation d’endettement et de crise économique que connaissent la plupart des pays en développement. Toutefois, parmi les contraintes auxquelles doivent faire face ces micro-entrepreneurs, le manque d’accès aux moyens financiers est le plus important. Face à cette situation, la micro-finance parait comme une condition nécessaire mais pas suffisante pour luter contre la pauvreté dans les pays en voie de développement. La micro-finance ne peut résoudre tous les problèmes du développement. Au-delà de l’accès au financement, il y a les problèmes d’urgence auxquels il faut prêter attention par des moyens et des mécanismes adaptés. Pour juger l’impact de la micro-finance, il faut l’évaluer avec des outils scientifiques. En 1995 le projet AIMS (Assessing the Impact of Microenterprise Services) de l’USAID vit le jour. Celui-ci a été développé en collaboration avec le réseau SEEP (Small Entreprise Education and Promotion) ; son objectif consiste à trouver des outils scientifiques pour évaluer l’impact des programmes des institutions de micro-finance sur leurs clientèles (la stabilité et à la croissance des micro-entreprises, à l’accroissement de la sécurité des familles/des ménages, au bien-être des individus et au développement économique des communautés). Ces outils ont été testés au Honduras, au Mali, en Bolivie, au Pérou, aux Philippines et en Europe de l’Est, pour juger leur efficacité. Ces expérimentations ont permis au groupe de travail dans le projet AIMS d’apporter des améliorations et des perfectionnements des outils en question. Au Maroc, certaines institutions de micro-finance, ont testé ces outils pour connaître mieux les tendances de leurs programmes sur de leur clientèle. L’application de ces outils au cas du Maroc montre la limite de l’impact de la micro-finance pour lutter contre la pauvreté. القروض الصغرى والفقر ابملغرب :أدوات التقييم واآلاثر ملخص : اترخييا ارتبطت القروض الصغرى ابفلقر افلناتج عن افلبطافلة ابفلدرجة األوىل افليت مافتئت تتقشى يف أكث افلدول افلنامية نتيجة افلغياب افلواضح فلقاعلية افلسياسات افلترليدية املتبعة يف جمال افلتنمية. هذه افلظاه ة دفعت وكاالت افلتنمية إىل إعادة افلتقكري بشكل جدي يف بعض سياساهتا افل امية إىل افلتنمية كإعادة توزيع امليزانية املتوف ة وتغيري يف اسرتاتيجيات افلتدخالت ملساعدة املراوالت افلصغ ى. وقطاع املراوالت افلصغ ى ال يعترب حافلة جديدة ،وهو يعكس تص فات افلساكنة افلقررية فلكل افلبلدان افلنامية يف وجه حافلة املديونية وافلكود االقتصادي .ومن بني افلعوائق افليت جيب على هذه املراوالت افلصغرية مواجهتها ،هناك افلنرص ىف وفلو وسائل افلتمويل املتاحة فرط فللمراوالت افلكربى كافلر وض افلبنكية. يف خضم هذه املشاكل ب زت على افلساحة عدة تطبيرات عملية ج بت يف افلعديد من افلدول هتدف إىل افلتخقيف من حدة افلقر ومن بني أشه هذه افلتجارب افلر وض افلصغ ى افليت أعتربت إبداعاً من ط ف األستاذ حممد يونس ابفلبنغالديش ،وجاءت ك د فعل عن سياسات افلبنوك افلترليدية يف متويل املشاريع افلصغ ى اخلاصة ابفلقر اء حيت مسيت مؤسسة حممد يونس "ببنك افلقر اء". تطورت افلر وض افلصغ ى واستعملت يف كثري من افلبلدان برارات أف يريا وأم يكا وأرواب وآسيا .ونظ اً فللدور اهلام افلذي تلعبه افلر وض افلصغ ي يف افلتخقيف من حدة افلقر حسب األمم املتحدة فإهنا إعتربت سنة 2005سنة افلر ض املصغ ،إال أن هذه افلتج بة افليت طورهتا جمموعة غ امني بنك (افليت حازت على جائزة نوبل فللسالم فلعام - )2006حتت حتمل افلقرري أسعار فائدة تزيده عبئاً إىل أعبائه. إش اف افلربوفيسور حممد يونسّ - أمام افلعدد اهلائل من افلقر اء ابملغ ب ( 4.2مليون) يبدوا أن افلر وض افلصغ ى هي وسيلة ض ورية وفلكن فليست كافية من أجل احلد من افلقر .كما أنه ال ميكن هلذه افلر وض أن حتل كل املشاكل املتعلرة ابفلتنمية ،ألنه عالوة على مشكل افلتمويل هناك مشاكل آنية جيب االنتباه إفليها وحماوفلة حلها عن ط يق وسائل وميكانيزمات مالئمة. تعترب افلر وض افلصغ ي ابملغ ب حديثة افلعهد .فقي سنة 1993م بدأت أول ب امج افلر وض افلصغ ى املوجهة فلتمويل مشاريع اقتصادية ألشخاص ذوي دخل بسيط .غري أن افلر وض افلصغ ى على شاكلة افلتجارب افلعاملية مل تبدأ ابملغ ب إال خالل سنة 1996م . ويف مارس 1997م كلف بعض املستشارين من افلريام مبهمة حتديد "منوذ مش وع" فلصاحل ب انمج Microstartاملغ ب .ويف هذا اإلطار ق رت احلكومة املغ بية و PNUDافلبدأ مبش وع Microstartاملغ ب يف فرباي 1998م وافلذي إنتهى يف ديسمرب 2001م ،هذا املش وع افلذ ي إستطاع أن يضع األسس املافلية وافلترنية فلستة مجعيات مغ بية متخصصة يف افلر وض افلصغ ى. من أجل احلكم على اآلاثر االقتصادية واالجتماعية افلناجتة عن سياسة افلر وض افلصغ ى جيب ترييمها بط ق علمية مثل مش وع AIMS-SEEPاهلدف من هذا املش وع هو إجياد أدوات علمية فلترييم آاثر ب امج مؤسسات افلر وض افلصغ ى على "زبنائها". هذه األدوات ج بت يف كل من اهلندوراس ،مايل ،بوفليقيا ،افلبريو ،افلقلبني ،ويف بعض دول أورواب افلش قية من أجل احلكم على جناعتها .وهذه افلتجارب سنحت جملموعة افلعمل يف مش وع AIMS-SEEPإبدخال تعديالت على جمموع األدوات املستعملة. ابملغ ب ج بت بعض مؤسسات افلر وض افلصغ ى هذه األدوات من أجل مع فة آاثر ب اجمها على "زبنائها" .وابفلقعل أتبتت دراسة ترييم آاثر افلر وض افلصغ ى ابملغ ب حمدودية نتائجها يف احلد من ظاه ة افلقر ،فلذا وجب على هته املؤسسات م اجعة سياساهتا وخاصة يف ما خيص أسعار افلقائدة. Contexte, problématique et méthodologie Historiquement, la micro-finance est intimement liée à la pauvreté. La naissance de la micro-finance au Bengladesh représentait une alternative aux formes de financement informel et une réponse à la réticence des institutions de financement classique à desservir les pauvres. Le fait de considérer la micro-finance comme un moyen de lutte contre la pauvreté ne vient pas du néon. En effet, les expériences de microfinance partout au monde ont fait leur preuve : en Afrique, en Amérique latine, en Asie, même en Europe beaucoup de ONG ont vue le jour soit pour soutenir financièrement ou techniquement les institutions de micro-finance, soit pour servir eux même les pauvres en leur donnant l’accès au financement. Pour juger l’impact de la micro-finance, il faut l’évaluer avec des méthodes et outils scientifiques, tel que le AIMS-SEEP. Ces outils ont été testés au Honduras, au Mali, en Bolivie, au Pérou, aux Philippines et en Europe de l’Est, pour juger leur efficacité. L’application de ces outils au cas du Maroc montre la limite de l’impact de la micro-finance pour lutter contre la pauvreté. I- Réalité de la micro-finance au Maroc 1-La pauvreté au Maroc Dans notre pays et notre ville réside le fameux phénomène de la pauvreté qui n’a pas cessé de torturer les gens, cultiver la haine et la vengeance entre eux et créer un déséquilibre qui émane d’un écart humain devenu aujourd’hui un obstacle pour le développement économique et social. Le nombre des pauvres au Maroc est de 4,2 millions aujourd’hui, soit un taux de 14,2%. Le milieu rural est plus affecté que le milieu urbain : 22 % à la campagne contre 7,9 % dans les villes. En considérant le seuil de pauvreté, le nombre des ménages vivant avec moins de 1745 DH par mois est de 667 000. Plus de 232 000 ménages en milieu urbain vivent avec un revenu maximal de 1687 DH par mois pour un ménage moyen (5,6 membres) et 435 000 ménages en milieu rural vivent avec 1 745 DH par mois ou moins pour un ménage moyen (6,4 membres).1 Toutefois, même si le taux de pauvreté a diminué en valeur absolue entre le recensement de 1994 et celui de septembre 2004, l’effectif des pauvres est resté quasiment inchangé, il a même légèrement augmenté par rapport à l’enquête sur la consommation de 2001. Face à cette situation, on se pose les questions suivantes : Comment peut-on lutter contre la pauvreté? Quels sont les moyens possibles permettant d'améliorer la situation sociale et économique des pauvres? Le Maroc dispose désormais d’outils précieux et détaillés qui rendent possible un ciblage géographique des programmes de lutte contre la pauvreté, que ce soit sous forme de filets sociaux ou d’investissements générateurs de croissance, qui pourront s’atteler de l’INDH au micro crédit. Dans cet article on s’interroge sur l’innovation et la particularité que rapporte la micro-finance en tant que outil et moyen de lutte contre la pauvreté. 2- Définition de la micro-finance On entend par micro-finance l'offre de services financiers (micro-crédit) aux populations pauvres, exclues du système bancaire, sans ressource ni droit de propriété. La micro-finance permet aux femmes et hommes démunis de démarrer une petite activité génératrice de revenus : une micro-entreprise. Le prêt est ensuite remboursé grâce aux revenus de cette entreprise, qui leur permet aussi parfois d'en épargner une partie, et de financer l'éducation de leurs enfants. La micro-finance s’inscrit dans le cadre du projet global de l’économie solidaire. La micro-finance, appelée aussi finance solidaire, est "un système de finance qui augmente la capacité d’un groupe particulier de personnes à coopérer et à agir ensemble pour venir à bout du problème d’exclusion du système financier existant (traditionnel) et parvenir à un développement durable et équitable."2 La micro-finance concernent le financement d’activités économique qualifiées de "solidaires", c'est-à-dire le plus souvent d’entreprises dites "solidaires, qui en même temps que leur activité économique produisent de « l’intérêt général » (par exemple de la réinsertion de personnes en difficulté, de territoires marginalisés….)"3 La micro-finance se définit à un certain nombre de niveaux comme la mission, la vision, l’identité, les compétences, le comportement et l’environnement. La micro-finance a pour mission d’utiliser l’outil financier pour un développement équitable et durable. Elle a pour vision à long terme d’augmenter le capital social. Ses acteurs sont multiples, ayant chacun des techniques et des comportements différents, agissent selon des modes différents, mais ensemble font émerger une identité spécifique de la finance solidaire. Ses compétences consistent à penser globalement, à pouvoir fédérer des individus et des acteurs autour de l’activité financière, à connaître les besoins des entrepreneurs individuels et des communautés quelques soient leurs conditions économiques et sociales. Le métier du micro-financier consiste à financer des activités et des personnes, dans un cadre d’intérêt général, en veillant au respect du capital social. La micro-finance œuvre dans un environnement de pauvreté, d’exclusion ou de difficulté d’accès aux services financiers. La micro-finance cherche à apporter une réponse aux trois crises majeures de la société: la crise de l’homme avec lui même, celle des hommes entre eux et celle de l’homme avec son environnement. Face à ces crises, la micro-finance, en renforçant le capital social, c’est-à-dire en rapprochant l’homme et la société de leurs valeurs, contribue à créer les conditions d’un développement durable. 3- Micro-finance et pauvreté La micro-finance (financement des pauvres) tient certainement son efficacité de sa philosophie qui stipule à aider le pauvre à être autonome et lui permettre de créer son propre emploi. En effet, le pauvre malgré son statut social modeste, il a besoin d’être financé pour prospérer et sortir du cycle vicieux de la pauvreté. Delà, et depuis quelques années les agences de développement commencent à repenser sérieusement certains aspects de leur politique d’aide au développement pour lutter contre la pauvreté. 3-1 Notion de pauvreté Le terme « pauvre » vient du latin pauper et du grec pénes (pauvre) et penia (pauvreté), vocables apparentés à peina (faim) et d’une façon lointaine à ponos (douleur) et poiné (châtiment, peine). Le mot «pauvreté » se traduit en grec par aporia (absence de chemin, difficulté dans laquelle se trouve le pauvre)4. Dans son sens absolue, la pauvreté représente une situation de privation des moyens de couverture des besoins primaires des membres des ménages. Elle est mesurable par un niveau de revenu ou de dépense individuelle, elle désigne l’incapacité d’acquérir une ration alimentaire équilibrée apportant une énergie quotidienne supérieure à 2400 calories par équivalent adulte, assortie d’une incapacité à couvrir correctement les autres besoins non alimentaires. Du point de vue quantitatif, on parle de la notion du seuil de la pauvreté5 nécessaire à la survie. Dans son sens relatif, la pauvreté est la situation des ménages faisant partie des 20 % de la population mondiale effectuant les dépenses les moins élevées. Souvent, la pauvreté est liée à la notion d’exclusion. En effet, Les individus appartenant aux ménages les plus pauvres sont les plus menacés par l’exclusion dans la mesure où ils ne bénéficient pas des services de base comme l’éducation, la santé, le logement…. Pauvreté et exclusion forment un cercle vicieux Le manque d’emploi, la pauvreté grandissante dans la plupart des pays en développement, l’absence apparente d’efficacité des pratiques traditionnelles d’aide au développement, imposent une réallocation des budgets disponibles et un changement important de stratégie et d’attitude des intervenants. A cet égard, le secteur de la micro et petite entreprise, en tant qu’outil d’émancipation économique et sociale, représente un champ d’intervention intéressant. Ceci, en vertu de ses capacités de création d’emplois et de revenus, de l’ampleur qu’il prend dans la plupart des pays en développement, ainsi que par la nouvelle dimension plus équitable qu’il apporte en matière d’aide au développement. Par la démarche initiale de s’engager dans les activités rentables d’auto emploi, les micro-entrepreneurs ne sont pas des bénéficiaires passifs d’une aide sociale sous forme de dons. Il ne s’agit plus ici d’une relation de donateur/bénéficiaire dominée par le Nord. Par contre le micro-entrepreneur se présente comme un client actif, un demandeur de services financiers contre remboursement dont il a besoin pour le développement de ses activités et dont il prend la responsabilité. Toutefois, ces micro-entrepreneurs, gestionnaires de micro-entreprises se trouvent devant un certain nombre de contraintes, dont les plus importantes et auxquelles doivent faire face les micro-entrepreneurs, le manque d’accès aux moyens financiers. Comme toute activité économique, la micro-entreprise a besoin de ressources financières pour garantir son fonctionnement et son développement. Le problème est que les micro-entrepreneurs, pauvres, n’ont pas de garantie à offrir et les montants dont ils ont besoin pour financer leurs activités sont généralement trop petits et donc n’intéressent pas les banquiers. Devant cette situation il s’avère intéressant de penser à d’autres sources de financement tel que la micro-finance. 3-2 Micro-finance et lutte contre la pauvreté. Avant d’aborder l’importance de la micro-finance en tant qu’outil de lutte contre la pauvreté, il est opportun de connaître sa conception de la pauvreté et les méthodes de son évaluation. Ensuite, on s’interroge sur l’innovation et la particularité que rapporte la micro-finance en tant que outil et moyen de lutte contre la pauvreté qui constitue le noyau dur et le centre de son intérêt, mais aussi sur les méthodes de l’évaluation de son impact. 3-2-1 Critères et méthodologies d’identification de la population cible par la micro-finance Plus de quatre-vingt pays ont un seuil de pauvreté basé sur une estimation du revenu et de la consommation. Mais l'estimation en quantité de la pauvreté, basée sur le revenu et la consommation de la nourriture n'est pas suffisante pour déterminer la réalité fondamentale de la pauvreté.6 Plusieurs institutions de micro-finance se concentrent sur les biens du ménage comme un facteur principal pour indiquer le niveau de pauvreté. Les biens sont très importants pour un ménage vulnérable parce qu'ils peuvent être utilisés comme une source d'argent ou comme un nantissement pour les prêts pour subvenir aux besoins imprévus. Mais due à la différence au niveau géographique, social, culturel et climatique qui fausse les comparaisons, une évaluation pertinente de la pauvreté basée sur les biens serait localement déterminée jusqu'à un certain point. Le besoin de créer un lien entre les indicateurs choisis pour évaluer la pauvreté et une base du revenu est nécessaire parce que le revenu en luimême n'est pas suffisant pour définir la pauvreté pour les clients de la micro-finance. La seule façon est de combiner les mesures d'un revenu avec des facteurs qui reflètent la vulnérabilité de la clientèle. Un alternatif est de mettre à l'épreuve la corrélation entre les facteurs préférés des IMF et la base du revenu qui relève des traits de la pauvreté pour qu'il y aurait un lien entre les indicateurs. Concernant, les méthodes d’évaluation de la pauvreté, on en distingue quatre : 1. Des méthodes non mesurés pour identifier ou attirer des clients pauvres; 2. Des méthodes rapides d’évaluation qui classifient les ménages en utilisant une procuration simple ou des techniques basées sur la communauté; 3. Des études nécessitant des visites et des questionnaires détaillés du ménage se concentrant surtout sur des indicateurs économiques; 4. Des éléments “intégratifs” qui englobent un champ plus large des indicateurs en utilisant des techniques simples et des interviews très courts. Chaque méthode est estimée selon six critères: (1) la simplicité; (2) la praticabilité; (3) le coût; (4) la possibilité d’introduire une discrimination en faveur des différents niveaux de pauvreté; (5) la qualité de la base des données; et (6) la fiabilité des données. Les techniques non mesurées comprennent trois catégories générales: (1) l’utilisation des critères de viser la cible d’après la géographie, le sexe ou ceux qui participent dans d’autres programmes; (2) l’utilisation du volume du prêt comme un outil de détermination des cibles; et (3) la sélection par un groupe de pair. Les deux premiers critères font partie des procédures des IMF, alors que le troisième comprend les propres décisions des clients dans le choix des nouveaux clients. Ces méthodes ne sont pas coûteuses et peuvent faire partie des activités opérationnelles régulières des IMF. Pourtant, ces méthodes ne procurent pas les informations sur le niveau de pauvreté de ceux qui font partie du programme ou de ceux qui ont choisi de ne pas y participer, ainsi qu’elles ne fournissent pas des informations sur des services financiers convenables ou pour une éventuelle évaluation d’impact. Des méthodes d’évaluation rapides comprennent des indicateurs concrets d’évaluation, par exemple la qualité du logement, ainsi que les méthodes par lesquelles les membres de la communauté déterminent les ménages en fonction du niveau de pauvreté. Dans les deux cas, les méthodes peuvent s’appliquer à chacun des ménages selon les régions ciblées, sans interviewer les ménages. Dans l’ensemble, les méthodes d’évaluation rapides procurent des études efficaces et non coûteuses de la classification des ménages selon le niveau de pauvreté. L’utilisation des indicateurs concrets, qui sont sujet à des erreurs devrait être combinée avec les interviews des ménages afin de vérifier les résultats au cas où les MFI décideraient de les utiliser pour déterminer une cible. La classification de la richesse de la communauté peut fournir des informations de haute qualité si elles sont étudiées par un personnel compétent et s’il y a un contrôle intérieur de leur fiabilité. Les méthodes de variables économiques sont désignées à mesurer précisément le degré de pauvreté du ménage, en fonction du revenu, des biens, ou des capitaux propres. Ces méthodes sont les plus coûteuses et les plus rigoureuses dans ce document, et impliquent de longues interviews des clients potentiels. Les institutions qui utilisent telles méthodes afin de cibler des pauvres correspondent les mesures de variables économiques avec des indicateurs concrets de pauvreté, pour que les mesures de variables économiques confirment, ou rejettent les résultats de la méthode d’évaluation rapide. Les mesures de variables économiques sont probablement plus efficaces quant aux programmes les plus larges ou les plus avancés avec un budget de recherche considérable. La dernière catégorie des méthodes – les mesures de variables “intégratifs” – comprend un champ très large des différentes catégories de pauvreté en visant une simplicité totale ainsi que des interviews très courtes avec des clients potentiels. Ces méthodes fournissent une approche minime et des petits et nouveaux programmes ainsi qu’elles nécessitent un contrôle ultérieur afin de déterminer leur fiabilité. En fin de compte, les méthodes d’évaluation rapides et les mesures de variables économiques ont reçu des résultats plus satisfaisants dans leur utilisation par les IMF ainsi que la fiabilité des informations qu’elles procurent. Les mesures de variables “intégratifs” ne sont pas moins importantes et peuvent fournir des résultats aussi considérables si elles sont bien étudiées afin qu’elles soient rigoureuses. Des techniques non mesurées, qui ont été performées d’une manière médiocre en étant des outils indépendants, peuvent correspondre avec succès aux méthodes d’évaluation rapides ou aux mesures de variables économiques. Toutes les méthodes examinées dans cette étude ont une valeur très importante d’émulation et elles ont toutes des faiblesses qui peuvent bénéficier de plusieurs échanges internes d’expérience et d’expertise. La plupart des institutions de micro- finance ne lient pas leurs indicateurs locaux de pauvreté à la pauvreté nationale de leur pays correspondants. Quelques IMF, avec une habilité d’évaluation de pauvreté établis, n’ont pas soumis leurs indicateurs de pauvreté, leurs critères de mesure, et leurs systèmes de poids à une inspection rigoureuse et certifiée par des professionnels de l’extérieur. Pour ces raisons, le but de plusieurs IMF au niveau de la pauvreté peut bénéficier d’une assistance technique au niveau de l’évaluation de la pauvreté.7 Aussi, les bailleurs de fonds peuvent faire une contribution importante afin d’améliorer les éléments de l’évaluation de la pauvreté existante par: 1. Une coordination de la création des outils de l’évaluation de la pauvreté; 2. Une sponsorisation du développement des bilans et des outils afin de vérifier l’habilité de l’évaluation de la pauvreté des IMF; 3. Rendre disponible aux IMF, au niveau de la base des partages des coûts, les services des consultants d’évaluation pour mettre en valeur l’habilité inadéquate de l’évaluation de la pauvreté ; 4. Fournir des fonds pour assister les IMF débutantes de fonder l’habilité des recherches dont elles ont besoin. 3-2-2 La micro-finance en tant qu’outil de lutte contre la pauvreté. La population ciblée des institutions de micro-finance est une population financièrement et socialement déshérités ; en particulier la femme parce cette dernière est la plus touchée par le phénomène de la pauvreté et souffre d’une exploitation inhumaine surtout en milieu rural. La plupart des IMF au Maroc travaillent avec un pourcentage de 95% des femmes, voire 100% le cas de certaines Institutions. L’intérêt qu’occupe la femme dans les stratégies d’intégration des IMF ne vient pas au hasard, il ressort d’un constat effectivement fondé. En effet, d’une part la pauvreté féminine est plus importante que chez les hommes. D’autre part, la femme pauvre, plus que l’homme, épuise tous ses revenus dans l’amélioration de la situation de son ménage. La micro-finance apparaît de plus en plus comme un outil de promotion de la condition des pauvres. Les objectifs visés sont multiples : 1 Augmenter leurs revenus et faciliter leur indépendance financière. 2 Stabiliser et professionnaliser leur activité entrepreneuriale, mais aussi, et peut-être surtout, améliorer le statut de la femme au sein de la famille, renforcer l’estime qu’elles ont d’elles mêmes, ou encore favoriser leurs capacités d’auto-organisation et donc d’expression et de revendication. La micro-finance apparaît en quelque sorte comme un moyen d’augmenter l’autonomie et la liberté réelle des femmes. Partant du constat que la pauvreté est un phénomène multidimensionnel dont l’aspect monétaire n’est qu’une facette parmi tant d’autres8, le besoin financier des pauvres est une réalité incontestable. A ce niveau la microfinance constitue une satisfaction d’un besoin tant refusé au pauvre par les systèmes classiques de financement. Dans ce sens, si la micro-finance, parvient à concilier les objectifs sociaux (lutte contre la pauvreté) et économiques (taux d’intérêt) et à bénéficier d'un cadre législatif approprié (loi du micro-crédit), peut constituer un moyen efficace de réduction de la pauvreté. En effet, elle fournit : - des opportunités nouvelles pour les micro-entrepreneurs désireux de développer leurs activités et aux porteurs de projets, - un accès facilité au crédit en rapport avec l'objectif économique recherché, à un coût relativement réduit et selon des modalités de remboursement adaptées au type d'activité, - un accès régulier au crédit et pour une somme plus importante en cas de non défaillance, - un accès au crédit dans un cadre plus formel auquel peut être associé une formation professionnelle ou un conseil aux micro-entrepreneurs. Toutefois, pour être un instrument efficace de lutte contre la pauvreté, la micro-finance doit savoir s'adapter aux conditions économiques et sociales spécifiques rencontrées dans le monde rural, dans les zones urbaines et par les femmes pauvres. Ainsi, quand il s'adresse à une frange spécifique de pauvres, par exemple les femmes, le micro-crédit peut contribuer à renforcer leur position sociale et économique au sein de la société mais pour ce faire, il doit prendre en compte les obstacles spécifiques auxquelles elles sont confrontées, à savoir les barrières culturelles, leur responsabilités cumulées de mère et d'entrepreneur et les opportunités économiques réduites qui leurs sont ouvertes. Ceci doit donc conduire à adapter les modalités de crédit. Les microentreprises de femmes sont en général de taille plus modeste que celles des hommes; elles concernent essentiellement des activités commerciales, de services ou de manufacture légère; elles peuvent être basées à domicile et ont plus souvent recours à la main d'oeuvre familiale. Enfin, le développement croissant du secteur, l’importance de la demande du micro-crédit, le taux de remboursement enregistré auprès des IMF qui atteint 97% voire 100% et un taux de rétention de 90 à 95% représentent des indicateurs de base pour croire à un impact positif sur le niveau de vie des populations ciblées. 4- La situation de la micro-finance au Maroc Depuis environ une vingtaine d’années, la lutte contre la pauvreté et l’exclusion au Maroc, sont un défi qui s’impose à tous les acteurs, qu’ils soient citoyens, décideurs, dans la mouvance associative, chefs d’entreprises ou responsables de l’Etat. La réalisation de cet objectif requiert la mobilisation de la société dans son ensemble, dans le cadre d’une stratégie basée sur le partenariat avec les collectivités locales et la société civile9 La mise en place de nouveaux dispositifs tels que l'Agence de développement social, la contribution de l’Etat à l’assistance aux personnes en difficulté et les micro-finances10, en plus de l’Initiative Nationale de Développement Humains, vont sûrement contribuer à la réalisation de cet objectif. Nous retiendrons, dans ce contexte, l’intérêt que l’Etat a réservé à la promotion de la micro-finance en tant qu’élément de lutte contre l’exclusion sociale, ou encore selon l’expression du plan quinquennal (2000-2004) en tant qu’élément "d’intégration des couches défavorisées". 4-1- Apparition de la micro-finance au Maroc La micro-finance existe maintenant à peu près dans tous les pays en voie de développement ou de transition des cinq continents. Il existe même dans les pays dits développés. Au Maroc, le secteur de la micro-finance est relativement jeune. Les premiers programmes de petits prêts destinés à financer les activités économiques des personnes à bas revenus ont démarré dans les années 1993-1994. Ce n’était qu’en 1996, cependant, que l’expérience internationale en matière de micro-finance a commencé à être connue dans le pays. En mars 1997, quand des consultants ont mené la mission d’identification du projet pilote pour le programme Microstart au Maroc, il y avait toujours très peu de partenaires potentiels identifiés. Donc, les programmes de micro-finance ont été opérés pour la plupart par les associations. Il n’y avait qu’une seule association vraiment spécialisée dans la micro-finance. Il s’agit d’Al Amana, qui a été constituée en février 1997. Parmi les autres associations qui octroyaient des petits prêts, seules Zakoura et AMSED avaient bénéficié des contacts directs avec la communauté internationale de micro-finance et donc suivaient certaines normes y relatives. Les autres associations avaient des programmes à très petite échelle et opéraient avec une certaine confusion entre les rôles « social » et « économique » qu’elles devraient jouer dans le domaine de micro-finance.11 Ainsi, c’est dans ce contexte que le gouvernement marocain et le PNUD ont décidé de mettre en place le programme Microstart qui a débuté en février 1998 et qui a pris fin en décembre 2001 (après une extension d’une année), a fourni une assistance financière et technique à six associations marocaines. Le succès du ce projet a mené à la création de plusieurs associations qui ont contribué au développement de la micro-finance. Aujourd’hui, le nombre d’associations opérant dans la micro-finance est de treize. Ainsi, face à cette ampleur qui prend de plus en plus d’élans, les autorités ont été amenées à créer un cadre juridique spécifique pour l’organisation de "l’industrie" de la micro-finance au Maroc. L’évolution du secteur de micro-finance au Maroc prend des ampleurs de plus en plus spectaculaires. En effet, on assiste, à des créations d’institution de micro-finance, à l’application de nouveaux programmes, à l’innovation en matière de produits et services, à l’application de nouvelles méthodes… bref, on assiste à des réflexions remarquables de théoriciens et praticiens professionnels qu’ils soient ou amateurs en matière de microfinance. 4-2 Fonctionnement de la micro-finance Si le problème de la détermination du sujet de la micro-finance est résolu, il reste celui de la définition de la population pauvre qui n’est pas forcement celui reconnu par les standards internationaux qui déterminent le seuil de la pauvreté comme référence. Dans ce cadre, Les praticiens de la micro-finance utilisent plusieurs méthodes pour identifier les individus les plus pauvres de la communauté.12 L’analyse de la richesse et les indices de logement sont deux méthodes couramment utilisées pour l’identification des clients. L’analyse de la richesse comporte un travail avec la communauté pour en classer les membres du plus aisé au plus pauvre et les indices de logement utilisent des indicateurs pour jauger le niveau de pauvreté des individus sur la base des matériaux de construction utilisés dans la partie externe de leur demeure.13 Par ailleurs, s’il reste que la priorité générale de la micro-finance est le client pauvre, l’accent est fortement mis sur le client pauvre de sexe féminin, car ce dernier représente une large masse marginalisée dans les pays en voie de développement et qui ont de très grandes difficultés à l’accès aux ressources. Ce regain d’intérêt pour la femme vient aussi du fait que les femmes affectent plus que les hommes leurs revenus au bien-être familial. Cette tendance pour la micro-finance à desservir les clients pauvres trouve sa concrétisation sur le plan de la réalité. Le sommet de la microfinance de 2002 a mis l’accent sur une évolution grandissante à desservir les plus pauvres. Ainsi selon les termes du rapport du sommet "Le passage de 26,8 millions de clients les plus pauvres à la fin de 2001 à 41,6 millions de clients les plus pauvres à la fin de 2002 représente un taux de croissance de 55 pour cent au cours de l’année. Le passage de 7,6 millions de clients les plus pauvres à la fin de 1997 à 41,6 millions de clients les plus pauvres à la fin de 2002 représente un taux de croissance de 447 pour cent au cours des cinq dernières années. Afin de desservir 100 millions de familles parmi les plus pauvres d’ici 2005, la Campagne a besoin de maintenir un taux de croissance de 38 pour cent par an. Aujourd’hui, nous sommes en moyenne à un peu plus de 40 pour cent par an."14 Selon le sommet mondial de la micro-finance du 31 Décembre 2006, en date du 31 décembre 2005, 3 1333 institutions de microcrédit ont affirmé desservir 113 261 390 clients ayant un prêt en cours, dont 81 949 036 étaient considérés comme faisant partie des plus pauvres lorsqu’ils ont contracté leur premier emprunt. Parmi ces clients les plus pauvres, 84,2 %, soit 68 993 027, sont des femmes. Le sommet estime à 81,9 millions les clients les plus pauvres ayant bénéficiés à la fin de 2005 du crédit, et à leur tour ils ont bénéficié à environ 410 millions de membres de leurs familles. Même si plus que 100 millions de clients ont reçu un prêt sous forme de micro-crédit en 2005, l’objectif de desservir 100 millions de personnes parmi les plus pauvres n’a pas été atteint. Cependant, la Campagne devrait pouvoir atteindre cet objectif d’ici un an ou deux, ce qui serait déjà en soi une réalisation incroyable. En effet, cette année, la Campagne a été en mesure de vérifier les données de 420 institutions, ce qui représente 64 062 221 familles les plus pauvres, soit 78 % de l’ensemble des personnes les plus pauvres recensées par la Campagne. II- Impact socio-économique de la micro-finance au Maroc 1- Objectifs et méthodes L’étude de l’impact d’une action ou d’une activité consiste à comprendre, à mesurer et à évaluer ses effets. Pour les institutions de microfinance (IMF), l’analyse d’impact est l’étude des interactions (relations de cause à effet) entre l’institution et son milieu environnant.15 Par ailleurs, l’évaluation d’impact vise deux grands objectifs: - Pilotage de l'IMF (Evaluation et mesure d'indicateurs de changements dans un objectif d’adapter l'offre à la demande, prévenir ou comprendre les crises, ajuster les besoins d'accompagnement des IMF…) ; - Production d'informations sur les interactions entre IMF et son milieu, pour mieux comprendre, informer et innover. On distingue plusieurs méthodes d’évaluation : - Méthodes "classiques" qui datent du milieu des années 90 et qui consiste à prouver l’impact économique du micro-crédit à différents niveaux (micro, méso et macro) et de montrer notamment aux bailleurs de fonds combien 1 DH investi peut "rapporter". Cette méthode permet d’identifier les perturbations ou changements liés au crédit (différences entre situations avec et sans crédit) et de les apprécier sous l’angle de l’accroissement de la valeur ajoutée et de sa répartition entre les différents agents économiques. - Méthodes orientées vers l’institution : Par opposition aux méthodes "classiques", ces méthodes mettent l’accent non plus sur le ménage mais sur l’institution qui propose les services. L’idée dominante est que la standardisation des produits financiers permet aux IMF de passer à une échelle large, d’atteindre l’équilibre financier, et de se pérenniser. Il semble implicitement évident que le client est satisfait de tels services. - Méthodes orientées vers le client qui ont des visées opérationnelles clairement affichées (aider au pilotage de l’IMF) et se veulent plus simples et moins coûteuses que des analyses d’impact classiques. Le terme même d’"analyse d’impact" est de ce fait progressivement remplacé par des appellations qui rendent compte de cette orientation (étude clientèle par exemple). C’est cette méthode qu’on va adopter pour évaluer l’impact de la micro-finance. 2- Les outils d’évaluation d’impact de la micro-finance et leur application au Maroc 2-1 La méthodologie de l’étude d’impact AIMS SEEP Pour juger l’impact de la micro-finance, il faut l’évaluer avec des outils scientifiques. En 1995 le projet AIMS (Assessing the Impact of Microenterprise Services) de l’USAID vit le jour. Celui-ci a été développé en collaboration avec le réseau SEEP (Small Entreprise Education and Promotion) ; son objectif consiste à trouver des outils scientifiques pour évaluer l’impact des programmes des institutions de micro-finance sur leurs clientèles (la stabilité et à la croissance des microentreprises, à l’accroissement de la sécurité des familles/des ménages, au bien-être des individus et au développement économique des communautés). Ces outils ont été testés au Honduras, au Mali, en Bolivie, au Pérou, aux Philippines et en Europe de l’Est, pour juger leur efficacité. Ces expérimentations ont permis au groupe de travail dans le projet AIMS d’apporter des améliorations et des perfectionnements des outils en question. Au Maroc, certaines institutions de micro-finance, ont testé ces outils pour connaître mieux les tendances de leurs programmes sur de leur clientèle. Par ailleurs, comme toute conception suppose des hypothèses de base, le groupe de travail SEEP a débattu, défini et sélectionné un ensemble d’hypothèses considéré comme pertinent pour le plus grand nombre d’opérateurs. 2-1-1 Cadre conceptuel d’évaluation d’impact. Ce cadre, basé sur un modèle de portefeuille économique du foyer, suggère que les impacts peuvent se trouver au niveau de l’entreprise, l’individu, le foyer et la communauté. Le centre d’analyse est la famille/ménage, dans la mesure ou ce couple est une entité quasiindissociable de la microentreprise. La mesure de l’impact requiert l’exploration d’une vaste gamme d’activités économiques des familles/ménages. La façon dont la microentreprise s’intègre dans les stratégies économiques globales du ménage est déterminée par les facteurs ci-dessous : • La composition des familles/ménages, qui varie selon le lieu et la culture. Cette composition et les relations familiales influent sur la gestion des microentreprises, ainsi que sur l’affectation des bénéfices. • La prise de décision au sein des familles/ménages, pour ce qui est des investissements et du choix des activités productives. Certaines décisions sont prises individuellement ou conjointement par les deux époux ou par d’autres adultes. Ces situations peuvent être sources de collaborations ou de conflits, et ont des implications sur les résultats et les bénéfices retirés. • Lien de la famille/du ménage avec des réseaux sociaux externes plus vastes, par l’intermédiaire desquels ils utilisent et perçoivent des ressources. Les microentreprises étant étroitement liées à la famille/au ménage, elles ne peuvent être évaluées séparément comme des entités distinctes. • Au niveau de la famille/du ménage, les microentreprises contribuent à une augmentation nette des revenus, de l’accumulation des actifs et de la productivité du travail. Les revenus investis dans des actifs, tels que l’épargne et l’éducation des enfants augmentent la sécurité économique des familles/ménages. • Au niveau de l’entreprise, l’impact se manifeste par l’évolution des revenus, de l’emploi, des actifs et du volume de production. • Au niveau individuel, les changements sont mesurés par la capacité des clients à prendre des décisions et à réaliser des investissements qui augmentent les performances de l’entreprise et les revenus de l’individu. • Au niveau communautaire, les microentreprises peuvent créer des emplois, favoriser des liens en amont et en aval avec d’autres entreprises de la communauté et attirer des capitaux extérieurs. Pour évaluer les changements en fonction de ces relations, le cadre conceptuel (Figure 1) définit des "domaines d’impact" pour chaque niveau, décrits dans la figure ci-dessous. Pour chaque domaine, des indicateurs de changement doivent être identifiés pour mesurer l’impact. Ces indicateurs de changement peuvent fonctionner individuellement ou combinés en vue de déterminer (1) l’évolution positive ou négative de la sécurité économique des familles/ménages, (2) la progression des entreprises à différents stades de développement, (3) l’évolution du bien-être des individus et (4) l’évolution du développement de la communauté.16 Figure 1 : Cadre conceptuel AIMS Source : AIMS P24 2-1-2 Hypothèses d’impact proposées Le groupe de travail SEEP a défini et sélectionné un ensemble d’hypothèses comme base de travail pour l’étude d’impact. Cet ensemble d’hypothèses est présenté dans le tableau n° 1. Tableau n°1 : Hypothèses d’impact SEEP (Source : AIMS p26.) Au niveau de l’entreprise La participation au programme : Hypothèse E1 augmente les revenus de l’entreprise. Hypothèse E2 entraîne un changement des pratiques commerciales, associé à une meilleure rentabilité. Hypothèse E3 aide les clients à survivre à des difficultés de trésorerie. Hypothèse E4 augmente les actifs de l’entreprise dans le temps. Hypothèse E5 encourage les clients à diversifier leur activité économique. Au niveau de la famille/du ménage La participation au programme : Hypothèse M6 conduit à une augmentation du revenu des ménages. Hypothèse M7 conduit à une augmentation des actifs des ménages dans le temps. Hypothèse M8 conduit à une amélioration du bien-être des ménages (notamment dans les domaines de l’éducation, de l’habitat et de la sécurité alimentaire). Hypothèse M9 améliore la capacité des ménages à faire face aux situations d’urgence. Au niveau individuel La participation au programme : Hypothèse I10 améliore la capacité de l’entrepreneur à négocier avec autrui (fournisseurs, clients, propriétaires, membres de la famille). Hypothèse I11 permet au client de participer plus activement à la prise de décision. Hypothèse I12 permet au client de mieux contrôler les ressources économiques. Hypothèse I13 conduit à une augmentation de l’épargne personnelle. Hypothèse I14 améliore la confiance en soi et l’assurance. Au niveau communautaire La participation au programme : Hypothèse C15 limite le travail des enfants des enfants dans les entreprises des clients. Hypothèse C16 entraîne une plus grande participation aux activités de la communauté. Hypothèse C17 améliore la situation de l’emploi salarié et non salarié au sein de la communauté des clients. 2-2 Les objectifs d’une évaluation d’impact L’étude d’impact peut aider à répondre à plusieurs interrogations, en l’occurrence : Une meilleure compréhension des conditions de vie des clients et des processus de changement qui prennent place Quelles sont les principales orientations de ces changements ? Une information quantitative relative à l’ampleur de ces changements Une meilleure compréhension des causes de changement et de la relation entre les changements et les interventions Les changements sont-ils différents au sein des IMF comparés à une communauté plus élargie ? Quels sont les impacts ou les transformations au sein des relations entre les clients, les membres d’un ménage, les autres clients des IMF ou les autres membres de la communauté ? Une meilleure compréhension par les IMF des besoins des différentes sections de la communauté (ex : les pauvres) Par ailleurs, d’une manière générale, l’étude d’impact suppose une meilleure définition des objectifs visant entre autres Le renforcement de la faculté de compréhension et d’analyse des clients de leur propre situation L’amélioration de l’aptitude de réaction des IMF aux besoins exprimés et tacites des clients. L’intégration des informations relatives aux clients au sein des services des IMF afin de mieux cerner leurs besoins. La constitution d’une base d’informations aidant les managers à appréhender les services dont les clients visés ont besoin. L’évaluation des performances du personnel. Enfin, pour arriver à répondre aux différentes interrogations qu’exige une évaluation d’impact, il est nécessaire d’adopter certains outils spécifiques en fonction de l’objectif à atteindre. 2-3 Les outils de l’évaluation Les outils AIMS-SEEP (tableau n°2) peuvent, au choix, être utilisés ensemble, individuellement ou combinés à loisir. De nombreux facteurs influencent le choix des outils adaptés et le moment de leur mise en oeuvre. La sélection des outils se fonde sur les réponses aux questions suivantes : • Quelles sont les parties prenantes clés du programme et quel type d’informations recherchent-elles ? • Quelles sont les hypothèses que nous voulons tester ? • Quels sont les outils permettant de tester ces hypothèses ? • Quel est le budget disponible pour cette analyse d’impact ? • Quelle est le temps disponible pour la collecte et l’analyse des données ? Tout opérateur souhaitant procéder à une évaluation doit identifier les domaines d’impact et les hypothèses qui correspondent le mieux à son programme. Les hypothèses présentées ici reflètent un consensus entre divers opérateurs, mais doivent être adaptées (affinées, réduites ou développées) à l’objet du programme, à la clientèle et aux services concernés. Plus le nombre d’hypothèses retenu est important, plus l’analyse requiert d’efforts. Le tableau ci-dessous associe chacun des cinq outils AIMS-SEEP aux hypothèses correspondantes. Tableau n°2 : les outils d’évaluation AIMS-SEEP (Source : AIMS p28.) OUTIL Etude d’impact HYPOTHESES E1: Augmentation des revenus de l’entreprise E2 : Changement des pratiques commerciales, associée à une meilleure rentabilité E3 : Amélioration de la capacité à survivre à des difficultés de trésorerie E4 : Augmentation des actifs de l’entreprise M6 : Augmentation des revenus M7 : Augmentation des actifs M8 : Amélioration du bien-être M9 : Plus grande capacité à faire face aux situations d’urgence I13 : Augmentation de l’épargne personnelle C15 : Diminution du travail des enfants dans les entreprises des clients C17 : Amélioration de la situation de l’emploi salarié et non salarié au sein de la communauté du client Etude des Ne teste AUCUNE hypothèse d’impact; L’objectif est de déterminer à quel pertes de clients moment et pourquoi le client a cessé de participer au programme, ainsi que l’impact éventuel de la participation. E1 : Augmentation des revenus de l’entreprise E2 : Changements des pratiques commerciales, associée à une meilleure rentabilité E3 : Amélioration de la capacité à survivre à des difficultés de trésorerie E4 : Augmentation des actifs de l’entreprise dans le temps Utilisation du E5 : Plus grande diversification des activités de l’entreprise crédit, des M6 : Augmentation des revenus bénéfices et de M7 : Augmentation des actifs l’épargne dans M8 : Amélioration du bien-être le temps I10 : Amélioration de la capacité de négociation de l’entrepreneur (fournisseurs, clients, propriétaires, membres de la famille) I11 : Participation plus active à la prise de décision I12 : Meilleur contrôle des ressources économiques I13 : Augmentation de l’épargne personnelle Discussions Ne teste AUCUNE hypothèse d’impact ; L’objectif est de déterminer la thématiques de satisfaction de la clientèle vis-à-vis des produits et services offerts dans le cadre groupe sur la du programme, ainsi que d’obtenir des suggestions d’amélioration du programme. Satisfaction de la clientèle I10 : Amélioration de la capacité de négociation de l’entrepreneur (fournisseurs, clients, propriétaires, membres de la famille) I11 : Participation plus active à la prise de décision Emancipation des femmes I12 : Meilleur contrôle des ressources économiques I14 : Amélioration de la confiance en soi et de l’assurance C16 : Plus grande participation aux activités de la communauté Cette approche AIMS-SEEP se présente comme une analyse d’impact des méthodes quantitatives et qualitatives. Les méthodes quantitatives sont standards et visent à obtenir systématiquement des réponses succinctes du plus grand nombre de clients possible ; l’approche qualitative permet de recueillir des informations plus riches et plus détaillées sur un plus petit nombre de personnes. Le choix de l’approche la mieux adaptée pour une analyse donnée dépend des objectifs spécifiques de cette analyse. L’approche quantitative est fondée sur deux outils d’évaluation ; étude d’impact (outil 1) et perte de clients (outil 2): L’outil 1 concerne trois groupes de travail : un groupe de clients récents adhérant au programme depuis environ un an, un groupe de clients membres depuis plus longtemps participant au programme depuis deux ans ou plus et un groupe de nouveaux clients qui ont adhéré au programme mais n’ont pas encore bénéficié de services. Le questionnaire est identique pour tous les enquêtés ; leurs réponses seront exprimées sous forme de chiffres, en fonction de réponses pré codées. L’outil 1 permet de tester des hypnoses à différents niveaux ; au niveau du ménage, au niveau de l’entreprise, au niveau de l’individu et au niveau de la communauté L’outil 2 consiste en la préoccupation des IMF par leur "taux d’abandon". Ce choix terminologique implique un jugement négatif à l’égard des anciens clients et ne tient pas compte de la quantité de facteurs qui peuvent pousser une personne à se retirer d’un programme de crédit. Cet outil vise à connaître dans quelle mesure les bénéficiaires d’un programmes sont-t-ils satisfaits ? A l’opposé des enquêtes classiques qui utilisent deux échantillons17, cet outil ajoute un troisième groupe : les anciens clients du programme. Il est utile à la fois pour l’analyse d’impact et le suivi régulier du programme et constitue un moyen pour les dirigeants d’obtenir une rétroaction objective sur les points forts et faibles du programme. L’approche qualitative est fondée sur trois outils d’évaluation ; utilisation du crédit des bénéfices et de l’épargne dans le temps (outil 3), satisfaction de la clientèle (outil 4) et émancipation des femmes (outil 5). L’outil 3 permet de tester des hypnoses au niveau du ménage et au niveau au niveau de l’individu. Son objectif est de : • Documenter l’utilisation du crédit dans le temps ; • Comprendre l’évolution de l’entreprise ; • Analyser le rôle décisionnel joué par les clients en matière d’utilisation du crédit, des bénéfices et de l’épargne ainsi que son évolution dans le temps ; • Identifier les effets tangibles de ces décisions en matière d’affectation des ressources ; • Explorer les liens entre le ménage du client et son entreprise. Les facteurs suivants peuvent influencer l’utilisation du crédit : 18 • Le statut socio-économique du client ; • Le fait que d’autres personnes disposant d’un revenu contribuent ou non à la subsistance du ménage ; • Le nombre de membres du ménage et leur âge ; • La santé des membres du ménage ; • Le type et la saisonnalité de l’entreprise ; • Le lieu de la prise de décision concernant l’utilisation du crédit ; • Le montant du prêt ; • La durée effective du prêt. L’outil 4 est centré sur une discussion thématique de groupe. Celle-ci doit aider les utilisateurs à déterminer dans quelle mesure la clientèle est satisfaite du programme, et quelles modifications spécifiques permettraient de mieux répondre à ses besoins. Son objectif vise à : • Déterminer si les produits et services du programme satisfont la clientèle ; • Recueillir des suggestions auprès de la clientèle afin d’améliorer le programme. L’outil 5 est un entretien individuel approfondi conçu pour les femmes qui participent au programme depuis plus de deux ans. Pendant l’entretien, il est demandé à la cliente d’identifier les différences entre son comportement passé et présent. L’outil 5 permet de tester des hypnoses au niveau individuel. Son objectif est de : • Déterminer si les clientes ont une meilleure estime d’elles-mêmes et une meilleure confiance en elles depuis qu’elles participent au programme ; • Identifier comment ces qualités se sont traduites par des modifications spécifiques du comportement, révélatrices de l’émancipation. 3- L’évaluation d’impact des programmes de la microfinance au Maroc Cet étude d’impact au Maroc s’est faite à travers deux organismes de micro-finance : Fondation Zakoura et Association Al AMANA 3-1 Fondation Zakoura L’étude d’impact de la fondation Zakoura a été réalisée dans le cadre du programme microstart du Programme des Nations Unies pour le Développement. Elle a été achevée en Décembre 2000. 3-1-1 Les objectifs de l’étude. La Fondation Zakoura vise à aider les femmes pauvres mais ne s’adresse pas aux plus pauvres parmi les personnes défavorisées. Le revenu maximum de la population ciblée est fixé à 1.500 dirhams par mois et par ménage composé de 5 personnes. Ce montant est inférieur au seuil de pauvreté.19 A l’issue de l’atelier de formation organisé à Nairobi20, se sont posées des questions auxquelles ZMC (Zakoura Micro-crédit) semblait avoir des préoccupations et souhaitait en trouver des réponses. Questions comme : Pourquoi les clientes quittent le programme ? Les clientes utilisent-elles les prêts de manière efficiente ? Les clientes ont-elles atteints ou sont-elles en cours d’atteindre une certaine autonomie ? Les clientes sont-elles satisfaites du programme de micro crédit ? Le programme aide-t-il les clientes à développer leurs activités ? Il semble que les objectifs définis avec les responsables de ZMC rejoignent en grande partie, ceux dans l’esprit desquels, les instruments AIMS ont été conçus : il s’agit de "prouver et d’améliorer" (Prove and Improve), par une judicieuse écoute des clientes du programme.21 Dans le cadre de ses préoccupations, l’étude d’évaluation vise à tester quelques hypothèses qui vont constituer une base théorique de l’étude en question. Il s’agit de s’avoir si le programme de Zakoura a produit des effets comme : Au niveau du ménage : - Une augmentation du revenu ; - Une augmentation des avoirs ; - Une amélioration du bien être des clients et des membres de leur ménage (logements et santé notamment). Au niveau de l’entreprise : - Un accroissement de la valeur nette ; - Un accroissement de la trésorerie nette ; - Des progrès dans la distinction entre le budget de la micro entreprise et celui du ménage. Au niveau individuel : - Une augmentation des capacités de contrôle des ressources par les clientes ; - Un accroissement de l’épanouissement des clientes.22 3-1-2 Choix des zones d’intervention: Le choix des zones pour l’étude d’évaluation, n’est pas fait au hasard. En effet, il a été dicté par deux critères majeurs, à savoir : la représentativité et la faisabilité : Le tableau n°3 présente la taille de l’échantillon visé par chaque outil. Les deux premiers outils, ont été utilisé par enquête auprès d’échantillon exhaustifs (caractère quantitatif); les trois suivants, par interview individuelle, et par des groupes de discussion (focus groupe) étant donné leur caractère qualitatif. Le premier outil "Etude d’impact", est administré à la fois à des clientes et à des "non clientes". Les clientes sont des personnes « confirmées » c’est à dire que le programme a eu suffisamment de temps pour avoir un impact. Les objectifs et hypothèses de l'étude consistent à savoir si les clientes s'épanouissent à différents niveaux, plus que les non clientes. L’épanouissement considéré se situe: * Au niveau de la famille / ménage : -croissance du revenu, -croissance du bien être (sécurité alimentaire, habitat, santé…)... * Au niveau individuel - amélioration du contrôle des ressources par les clientes, - amélioration de l'estime personnelle... * Au niveau de l'entreprise : - accroissement de la valeur nette de la ME, - accroissement du fond de roulement, - différenciation entre la ME et la famille/ménage, - augmentation plus significative du chiffre d'affaires etc... Les non clientes constitueront une population "témoin" de microentrepreneuses non adhérentes au programme de ZAKOURA. Ils ont pour objet de donner "l’image" des clientes de Zakoura, telle qu’elle était avant leur adhésion au programme. Les non clientes sont des femmes ayant un potentiel de dynamisme aussi important que celui qu’avaient les clientes au moment de leur adhésion au programme. L’avantage de cette démarche est d’éviter des biais d’approche, avec des conclusions hâtives. Le deuxième outil, "enquête de sortie", est un questionnaire administré aux clientes qui ont abandonné le programme de ZAKOURA. Son objectif est de relever les raisons de leur abandon, leur degré de satisfaction par rapport aux services dont elles ont bénéficié, l’impact des prêts auxquels elles ont eu accès… Le troisième outil, "utilisation des prêts", est un questionnaire réalisée dans le cadre d’observer comment les clientes de ZAKOURA ont utilisé leurs prêts, en distinguant les différents cycles de prêts. Les analyses des résultats de cet outil permettent de compléter et nuancer les résultats des outils quantitatifs. Le quatrième outil, "degré de satisfaction des clientes", a pour objectif de comprendre et d’analyser les raisons et degrés de satisfaction ou non des clientes par rapport aux procédures du programme de ZAKOURA. Cet outil répond autant à la question de "prouver" l’intérêt du programme qu’à la question de "comment" l’améliorer. Le cinquième outil, "l’épanouissement des clientes ", a pour objectif de comprendre d’observer comment les clientes ont pu réaliser une « ascension » dans leur statut et vécu quotidien. Les clientes ont-elles davantage i) d’estime d’elles même, ii) de « pouvoir » dans la prise de décision dans leur ménage, iii) de satisfaction dans leur activité et leur vécu au sein de leur milieu social. Pour chacun de ces outils, Zakoura a procédé à un échantillonnage rigoureux, pour disposer d’une correcte représentativité de la population de ZAKOURA. 3-1-3 Résultat de l’étude L’objectif de l’enquête menée par Zakoura est d’analyser les effets qu’a la participation au programme, sur les clientes, leur ménage et leur entreprise. Les questions posées sont : Le programme aide-t-il les clientes à développer leurs activités? Des effets sur le bien être de leur ménage sont-ils perceptibles ? Les clientes utilisent-elles les prêts de manière efficiente ? Les clientes ont-elles atteints ou sont-elles en cours d’atteindre une certaine autonomie ? Les clientes sont-elles satisfaites du programme de micro crédit ? Pourquoi les clientes quittent le programme ? Ainsi, il ressort du rapport23 que 62,7 % des clientes ont enregistré une augmentation de revenu durant les douze derniers mois ; elles sont 5,3 % à considérer cette augmentation comme forte alors que pour les mêmes questions les proportions relatives aux non clientes sont de 38,9 et 0%. Les clientes du programme semblent s’impliquer plus significativement dans la gestion du budget familial en raison de leur apport financier croissant et plus significatif. Les clientes du programme de Zakoura apparaissent mieux protégées contre la pénurie de matières premières, comparées aux non clientes. Il en est de même par rapport à des "évènements extérieurs à leur activité d’entreprise". Ce programme semble stimuler l’esprit d’entreprise de ses clients et leur facilite la possibilité de bénéficier d'opportunité d'affaires. Les ventes des clientes des deux premières activités de leurs entreprises sont en moyenne supérieures de 14 % à celles des non clientes. L'écart entre les profits calculés est quand à lui plus restreint puisqu'il se monte à 8,9 %. Cette atténuation de la différence peut s'expliquer par le fait que les clientes ont une meilleure estimation de leur profit, que les non clientes. Concernant le fonctionnement de l’entreprise, le rapport a conclu que le programme a permis à ses clientes de se diversifier davantage avec un accroissant des charges pesant sur leur entreprise. Ce surplus de coût n'est cependant pas trop élevé, pour faire passer le profit des clientes en dessous de celui des non clientes. Ce programme permet à ses clientes d'accroître leurs ventes plus que proportionnellement aux coûts nécessaires à cette augmentation. Tableau n°3 : Source : Etudes de l’impact du programme de Zakoura Micro-Crédit P29 L’accès à une source de financement a permis des économies d’échelles. Il a permis aux clientes d’entreprendre les investissements nécessaires à une intensification de leur activité, allongeant ainsi leurs périodes de rotation de production. Le programme a offert aux clientes davantage de changements dans leur entreprise dans les 12 mois précédant l’enquête. Par exemple, 63,30 % des clientes ont, pendant cette période, augmenté la taille de leur entreprise contre 39,3 % des non clientes. De même, 54,8 % des femmes ayant un passé au sein du programme ont étendu la gamme de leur produit contre seulement 35,5 % des clientes entrantes. Concernant le professionnalisme dans la gestion de l'activité d'entreprise, il n’y a pas de différence apparente entre les clientes et les non clientes ; la majorité chez les unes comme les autres conserve l'argent obtenu séparé de celui dédié aux dépenses familiales et personnelles. Le programme a encouragé ses clientes à calculer leur bénéfice en fonction de leur registre de coûts et de revenus (71.6% parmi les 46,6% dans ce cas, affirment qu’elles n'ont entamé cette pratique que suite à leur adhésion au programme de) ce qui renforce l'idée que le programme a contribué significativement à l'assainissement et à la professionnalisation des pratiques de gestion de ses clientes. De plus, 56.6% des clientes avouent n'avoir pris conscience des produits qui apportaient le plus de bénéfice que suite à leur participation au programme. Mais face aux aléas de la conjoncture, les clientes semblent moins démunies que les non clientes. Concernant l’impact sur le ménage, la proportion des clientes ayant accru leurs dépenses d’éducation demeure supérieure de 10 points en moyenne à celle des non clientes. Tous les enfants en âge scolaire vont à l’école dans 83,9 % des ménages des clientes (73 % chez les non clientes). Aussi, 37.8% des clientes déclarent que l'achat de nourriture constitue leur premier choix en matière d'allocation de leur bénéfice contre seul 26.50% des non clientes. Pour les clientes, plus de un tiers a noté une amélioration de son régime alimentaire contre 18 % des non clientes. Par contre, une plus grande part des non clientes estime avoir subit une dégradation dans ce domaine. Concernant l’émancipation, les clientes du programme ZAKOURA sont plus nombreuses à prendre seules davantage de décisions. Pour le fonctionnement du programme on constate que, quand le groupe fonctionne correctement, les clientes considèrent qu’il est utile car il constitue la base d’une aide mutuelle en cas de besoin. Au niveau des groupes de discussion, l’enquête a montré la satisfaction des clientes qui était accrue par le fait qu’elles peuvent rembourser par petites tranches. Pour les clients, il y a un avantage qui tient au fait que les taux d’intérêts proposés demeurent plus faibles que ceux attachés aux autres sources de crédit non officielle. En revanche, peu de femmes évoquent la présence d’une formation et d’une assistance technique alors que les résultats traduit le besoin. Du point de vue des clientes sortantes, le programme est globalement jugé positif, y compris par les clientes qui ont abandonné le programme. On notera que parmi celles-ci, 32.8% ont jugé que ce prêt était facile à rembourser mais d’un montant trop faible pour satisfaire les besoins de leur entreprise. 3-2 ASSOCIATION AL AMANA L’étude d’impact réalisée l’Association Al Amana porte sur quatre enquêtes : • Enquête d’impact et d’utilisation des prêts et profits des microentrepreneurs ; • Enquête sur les clients sortants ; • Enquête sur l’autonomie de la femme ; • Enquête sur la satisfaction des clients. 3-2-1 Les objectifs de l’étude. Cette étude vise : - la mesurer d'impact du programme au niveau de la microentreprise, du microentrepreneur, de son ménage et de sa communauté ; - la mesurer da satisfaction et l’étude des raisons de sortie des clients ; - de fournir des critères d’évaluation des agents de crédit, portant essentiellement sur la satisfaction des clients, et ainsi de contribuer à la qualité des prestations. - à comprendre l’impact du programme sur l’émancipation de la femme.24 3-2-2 Outils et méthodologie adoptés. Al Amana a utilisée les mêmes outils que Zakoura. Le sondage a été réalisé auprès d’un échantillon global de 1.604 individus dont 290 pour les trois études Impact et Utilisation, Sortants, et Autonomie de la femme, et la méthode utilisée est celle d’échantillonnage aléatoire stratifié selon les critères de sexe, de secteur d’activité et de participation/ancienneté dans le programme. L’étude vise plusieurs cibles à travers les différentes enquêtes : • Clients actifs (anciens : au moins 2 ans et demi d’ancienneté dans le programme) ; • Clients actifs (nouveaux : 1 an et +/- 3 mois d’ancienneté dans le programme) ; • Clients entrants (non clients pris sur la liste d’attente des nouveaux adhérents); • Sortants (ex-clients : tout client ayant soldé son dernier prêt depuis au moins 3 mois et au plus un an sans être inscrit pour son renouvellement) ; • Non Clientes actives. 3-2-3 Choix des zones d’intervention: La couverture géographique concerne tout le réseau du programme de micro crédit d’Al Amana au moment de l’enquête. Elle est nationale. 3-2-4 Résultats de l’étude 3-2-4-1 Utilisation des prêts et profits Les hypothèses examinées à travers l’outil Impact et Utilisation concernent quatre niveaux : l’entreprise, l’individu, son ménage et sa communauté : Au niveau de l’entreprise : - Augmentation du cash-flow net ; - Développement et amélioration des processus de production et de la qualité des biens et services produits (changements positifs d’ordre qualitatif) ; - Distinction accrue entre les comptes de la microentreprise et ceux du ménage ; Au niveau individuel : - Augmentation du revenu personnel ; - Augmentation de l’épargne personnelle ; - Contrôle accru des clients sur leurs ressources (autonomie décisionnelle) ; Au niveau du ménage/famille : - Augmentation du revenu global du ménage ; - Amélioration du bien-être des clients et des membres de leur ménage (aspects tels que la sécurité alimentaire, les conditions de logement, la scolarisation des enfants). Au niveau de la communauté : - Création d’emplois rémunérés ; - Aucun impact négatif sur le travail des enfants; - Attraction de nouveaux revenus provenant de l’extérieur de la communauté. Une grande partie des clients déclare des utilisations conformes25 aux critères actuels du programme et une rentabilisation satisfaisante de leurs prêts. Mais l’analyse des utilisations des premier et dernier prêts montre que leur qualité d'utilisation se déprécie avec leur renouvellement. Cette dépréciation relative de la qualité d’utilisation du prêt peut donc expliquer le fait que les anciens clients ne soient pas plus satisfaits de l’utilisation et du rendement de leur prêt que les nouveaux. Par contre, la participation/ancienneté au programme a une influence sur le comportement d’affectation des profits, même si elle est statistiquement faible ; les anciens clients orientent davantage leurs profits vers l’autofinancement de la microentreprise (65% des clientes anciennes et 73% des clients anciens), au détriment des dépenses ménagères et de l’épargne.26 Concernant le paiement des échéances, seuls 11.5% des clients enquêtés connaissent des difficultés de remboursement. Ces difficultés ne se traduisent pas systématiquement par des retards de remboursement. Mais reste à savoir par quel moyens ces clients remboursent ils ? 3-2-4-2 Impact au niveau de la microentreprise La faible manifestation de l'impact à ce niveau appelle à davantage d'efforts d'enrichissement et d'affinement des indicateurs retenus, 15,6 % des clients enquêtés déclarent avoir eu un autre prêt simultanément aux prêts d’Al Amana, 1,6% seulement disent l'avoir eu d'une autre IMF. Au niveau des profits, les clients gagnent vraisemblablement plus que les non clients. Néanmoins, cette différence n’est pas significative d’un point de vue statistique, si l’on exige une marge d’erreur maximale de 5%. Toujours, dans le cadre des bonnes pratiques de gestion, 58% des clients enquêtés déclarent faire la séparation entre leur budget familial et le budget d’entreprise. 24% affirment avoir adopté cette pratique après leur participation au programme. La différence n’est néanmoins pas statistiquement assez importante entre les clients et les non clients pour être significative. En terme de savoir-faire managérial, un impact positif et statistiquement vérifié porte sur l'amélioration de la capacité d'évaluation des profits de l'activité. Il en est de même de la capacité d'appréciation de la rentabilité de chaque produit mais, curieusement, chez les hommes uniquement ! Concernant les changements opérés au niveau de la microentreprise, on peut dire qu’au cours des 12 mois qui précèdent cette enquête, le programme a pu aider les clients à développer la taille de leur entreprise (36% clients anciens 18% non clients) et à mieux gérer leurs approvisionnements en matières premières et fournitures (51% clients anciens 23% non clients). Cet impact est statistiquement vérifié, mais de faible ampleur. 3-2-4-3 Impact au niveau individuel Au niveau individuel plus de 70% des clients déclarent une augmentation de leur revenu individuel contre seulement 50% des non clients. Mais la relation avec la participation au programme est faible pour dire que 'impact du programme à ce niveau est significatif. 82% des clients nouveaux ayant bien utilisé leurs premier et dernier prêts ont vu leur revenu individuel augmenter voire même remarquablement augmenter, et ce contre 65% des clients anciens. Ceci rejoint le constat fait plus haut sur la dépréciation de la qualité d’utilisation des prêts avec le temps. Quant à l’épargne personnelle, aussi bien les clients que les non clients détiennent une épargne liquide (plus de 80% des répondants). La relation entre la participation au programme et l’évolution de l’épargne n’est cependant pas statistiquement significative. Toutefois, la baisse de l’épargne au fur et à mesure de l’ancienneté (chez les hommes) s’accompagne d’une augmentation de l’investissement dans la microentreprise. Pour l’utilisation des profits les anciens clients sont moins nombreux à épargner l’essentiel des profits tirés du crédit, mais sont plus nombreux à les réinvestir dans la microentreprise. Par ailleurs, les clients sont apparemment un peu plus fréquemment le décideur principal de la microentreprise, soit 92% contre 80% des non clients. Là aussi, la relation avec la participation au programme n’est pas suffisamment significative. 3-2-4-4 Impact au niveau du ménage/famille Les ménages des clients sont relativement plus nombreux à connaître une augmentation modérée ou remarquable du revenu global (69% vs. 55%). Là aussi, la relation avec la participation au programme n’est pas suffisamment significative. De même, il n’y a pas de relation significative entre l’action du programme et l’amélioration de la qualité du régime alimentaire des clients. L’impact du programme au niveau des conditions de logement est à peine perceptible et est vraisemblablement plus apparent chez les hommes que chez les femmes. La différence entre clients et non clients par rapport à la scolarisation des enfants est faible. 3-2-4-5 Impact au niveau de la communauté La création d’emploi rémunéré est l’indicateur privilégié à ce niveau, 18% des clients ont créé au moins un emploi additionnel au cours des 12 derniers mois contre 20,5% des non clients. La différence n’est pourtant pas statistiquement significative et pourrait donc être due à des fluctuations d’échantillonnage. Aucun impact négatif n’a été relevé sur le travail et la scolarisation des enfants de 10 ans et moins. Par contre, l’impact sur le travail des enfants de 11 à 18 ans est négatif. Presque 15% des clients ont employé des jeunes entre 11 et 18 ans au détriment de leur scolarisation contre 4% des entrants. En outre, 28% des micro-entrepreneurs clients ont vendu dans de nouveaux marchés/emplacements contre 23% des non clients. Ils attirent par là des revenus externes à leur communauté et à leur quartier. La relation avec la participation au programme est significative mais de très faible portée. En conclusion, nous pouvons dire que peu d’impact a été constaté sur les clients par rapport aux non clients. En outre, les outils utilisés se sont relevés insensibles aux impacts sur le bien-être des clients et de leur famille, notamment en terme de logement et de dépenses alimentaires.27 3-2-4-6 Les clients sortants Les clients sortants sont de 24% de l’ensemble de la clientèle d’Al Amana. 3-2-4-7 La satisfaction des clients. La quasi-totalité des clients, soit 98,5% se disent satisfaits voire très satisfaits du programme dans son ensemble, 96% des clients sont satisfaits de la qualité des agents, 88% de l’accompagnement que ces derniers leurs fournissent. Quant au prêt solidaire lui-même, 65% des clients jugent ses modalités satisfaisantes. 3-2-4-8 L’autonomie de la femme. Avant d’accéder au programme, beaucoup de femmes se sentaient dépendantes tant au niveau décisionnel que financier. En s’impliquant dans le programme, elles agissent d’une façon plus déterminée pour réaliser leurs rêves. Aussi, grâce à une plus grande confiance en elles, les clientes semblent être plus à l’affût des opportunités et d’une rentabilité meilleure de leur activité. Toutefois, on peut dire que cette étude ne permet pas d’identifier des axes d’amélioration du programme quant à l’impact sur l’autonomie de la femme, il paraît nécessaire d’envisager d’autres types de démarches. Conclusion Avec plus de 4,2 millions de pauvre, la mise en œuvre de programme de lutte contra la pauvreté est devenue une priorité au Maroc. La microfinance reste un moyen de lutter contre ce phénomène. La micro-finance dans sa globalité (programmes financiers et techniques) a prouvé à travers les études d’impact (AIMS) qui ont été entreprises par tout dans le monde, un effet globalement positif sur le contexte économique et social des personnes pauvres. Toutefois, on comparant les résultats d’impacte des clients et des non clients, on constate une légère différence. Ce qui mais la micro-fianace, avec ces techniques de financement et sa stratégie actuelles en doute. L’expérience du Maroc en matière de micro-finance et en particulier en matière d’étude d’impact est très récente ; elle date de 2000. Toutefois, il reste primordiale que ces études soit généralisées et adoptées par toutes les associations marocaines de micro-finance afin de donner des évaluations globales des différentes programmes de micro-finance qui ne sont pas forcement les mêmes pour toutes les associations. Il faut aussi relever que la micro-finance a été globalement critiquée avec ses programmes qui ne font que concrétiser la pauvreté et la maintenir, puisqu’il a été constaté que des clients ne sont jamais cesser d’être demandeur de micro-finance malgré les années (le cas de Grameen Bank des clients ont 18 ans d’ancienneté). Ce qui va à l’encontre des missions présumées pour faire sortir les pauvres du cycle vicieux de la pauvreté. Pour que la micro-finance soit un moyen de lutte contre la pauvreté, il faut revoir ces techniques et même les taux d’intérêts trop lourds pour les bénéficiaires. Référence 123- 45- 6- 7- 89101112131415- 16- 171819- Résultats du recensement général de la population et de l’habitat (RGP) de septembre 2004 Ben Quiñones & Sunimal Fernando: Finance Of Solidarity And Social Links”- : 2001, p4 Enri Rouille D’Orfeuil : Finance Ethique Versus Econmie solidaire: Colloque entre éthique et économie : enjeu norme et acteurs CERI, Finance Ethique Versus Econmie solidaire » Paris 12 déc 2001 Alberto. Wagner De Reyna, in “progrès et développement” recueil de textes, Ed l’Harmattan, 1990 pp : 75 – 76. Selon le rapport mondial sur le développement humain publié par le PNUD (Programme des Nations unies pour le Développement) en 1999, nous évoluons dans un monde où près d’un milliard 300 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté de 1 dollar par jour, 850 millions de personnes sont analphabètes, 260 millions d’enfants souffrent de malnutrition, et 880 millions d’individus n’ont pas accès aux services médicaux. Une Revue de la Pratique Actuelle : L'Evaluation de la Pauvreté par les Institutions de Micro-finance Fondation pour l’Assistance à la Communauté Internationale (FINCA) Août 1998, p1 Une Revue de la Pratique Actuelle : L'Evaluation de la Pauvreté par les Institutions de Micro-finance Fondation pour l’Assistance à la Communauté Internationale (FINCA) Août 1998, p4 Autonomie des femmes et micro-finance. (Plan quinquennal 2000-2004) Loi de Finances 2001 Ann Duval : Evaluation du secteur de micro-crédit au Maroc, Projet de Rapport Le 28 septembre 2001 p7 Kim Wilson : Pratiques de Micro-finance basées sur des Principes, p35 Kim Wilson : Pratiques de Microfinance basées sur des Principes, p35 Sam Daley-Harris : Etat de la Campagne du Sommet du Microcrédit, Rapport 2003 p18 Article paru dans Techniques Financières et Développement : L’évolution récente des enjeux et outils de l’analyse d’impact, N° 70, mars 2003 Monique Cohen : Connaître la clientèle des IMF : Outils d’analyse pour les praticiens de la micro-finance: Assessing the Impact of Microenterprise Services (AIMS) September 2001, p23 L’un pour l’étude et l’autre de contrôle (référence) AIMS p228-229 Etudes de l’impact du programme de Zakoura Micro-Crédit 2000, p20 20- 21222324- 252627- Atelier de formation sur les outils AIMS a été organisé par SEEP Network à Nairobi du 11 au 16 septembre 2000, nous y avons participé. Etudes de l’impact du programme de Zakoura Micro-Crédit 2000, p26 Etudes de l’impact du programme de Zakoura Micro-Crédit 2000, p27 Rapport d’enquête de Zakoura. Association Al Amana Direction Etudes & Développement: Evaluation de la contribution d’Al Amana au développement de ses clients microentrepreneurs p2 Une utilisation est conforme lorsque 90% du montant du prêt est investi dans l’entreprise. Association Al Amana Direction Etudes & Développement Etude d’Impact AIMS, 05.02.04, Résumé p 6 Evaluation de la contribution d’Al Amana au développement de ses clients micro-entrepreneurs P11 Bibliographie Ouvrages : 1. Anton Simanowitz: : les méthodologies pour les évaluations d’impact: Améliorer l’impact de la Micro-finance sur la Pauvreté Centre d’Etudes pour le Développement, Université de Bath 2. Alberto. Wagner De Reyna, in “progrès et développement” recueil de textes, Ed l’Harmattan, 1990 3. Ann Duval : Evaluation du secteur de micro-crédit au Maroc, Projet de Rapport Le 28 septembre 2001 4. Anne-Claude Creusot , L’analyse d’impact en micro-finance CRET, Novembre 2001 5. Barbara Mk Nelly et Karen Lippold : Evaluation d’impact menée par le praticien : un test au mali, septembre 1998 6. Ben Quiñones & Sunimal Fernando: Finance Of Solidarity And Social Links”- 2001 7. Etudes Fouzi Mourji : Etudes de l’impact du programme de Zakoura Micro-Crédit (Décembre 2000) 8. Fouzi.Mourji: Etude du développement des micro-entreprises : cas de la Wilaya du Grand Casablanca. 1996 9. Isabelle Guérin : La micro-finance et la création d’entreprise par les chômeurs La situation dans quelques pays européens et en Amérique du Nord (Centre Auguste et Léon Walras / Université Lyon 2 / CNRS) 10. Isabelle GUERIN : Micro-finance et autonomie féminine, Working Paper N°240 11. James Gustave Speth : Le bulletin de la compagne du sommet de microcrédit, numéro Août/Septembre 1997. 12. Kim Wilson : Pratiques de Micro-finance basées sur des Principes 13. Monique Cohen : Connaître la clientèle des IMF : Outils d’analyse pour les praticiens de la micro-finance: 14. Renée Chao Beroff et Antonin Prébois : « Finances Solidaires » Novembre 2001 15. Sam Daley-Harris : Etat de la Campagne du Sommet du Micro-crédit, Rapport 2003 16. Yousra HAMED : Le financement de la microentreprise au Maghreb : Cas de 429 microentrepreneurs algériens, , Université Paris XII – GRATICE 17. Mohamed Yunus : Etude croisée sur la Grameen et sur le CICM 18. Planet Finance : Fondation ZAKOURA Micro-crédit Maroc – Juin 2002 Rating 19. Renée Chao Beroff et Antonin Prébois : « Finances Solidaires » Novembre 2001 Rapports 20. Dossier préparatoire des journées d'études IRAM : Viabilité et impact de la micro-finance : bilan et perspectives, 7 & 8 septembre 2001 21. Le micro-crédit au Maroc : un bilan de situation 22. Fondation pour l’Assistance à la Communauté Internationale (FINCA) Août 1998 23. Atelier de formation sur les outils AIMS a été organisé par SEEP Network à Nairobi du 11 au 16 septembre 2000, nous y avons participé. 24. Etudes de l’impact du programme de Zakoura Micro-Crédit 2000 25. Rapport d’enquête de Zakoura. 26. Mourji Fouzi : Rapport du FNUD 27. Etude quantitative des clients sortant Raisons de sortie AIMS outil n° 2 28. Evaluation de la contribution d’Al Amana au développement de ses clients microentrepreneurs 29. Association Al Amana Direction Etudes & Développement Etude d’Impact AIMS, 05.02.04, Résumé 30. Résultats de l'enquête sur le niveau de vie des ménages de 1998-99 réalisée par la Direction de la statistique Articles 31. Article paru dans Techniques Financières et Développement : L’évolution récente des enjeux et outils de l’analyse d’impact, N° 70, mars 2003 32. Aventure n°90 – automne 2000 – la guilde européenne du raid : Comment mesurer l’impact des Institutions de Micro Finance Documents officiels 33. Association Al Amana Maroc – Septembre 2003, Rating-planet 34. Banque du Crédit Populaire et Caisse nationale du Crédit Agricole. 35. Direction des statistiques-ministère de la prévision et du plan : rapport de synthèse 36. Loi 18-97 du micro-crédit au Maroc n’autorise pas la pratique des autres services comme l’épargne. 37. Loi de Finances 2001 38. Plan quinquennal 2000-2004) 39. Programme Microstart pour le Maroc" Fiche de projet : MOR/97/002/B/01/99 40. Ministère de finance
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