LA FAMILLE TUNISIENNE FACE A LA PAUVRETE LES RETOMBES DE DECES DU CHEF DE LA FAMILLE ETUDE DE CAS DE LA FAMILLE "BOUGUERRA" TUNISIE Dr .Adel Belkahla Département de sociologie, Faculté des Science humaines et sociales-Tunis Introduction A travers l'usage de la technique du récit de vie, le chercheur américain Oscar Lewis, nous a présenté dans son ouvrage. Les enfants de Sanchez une série des phénomènes sociaux, des caractéristiques et des réseaux des relations s'inscrivant dans les milieux pauvres de Mexico. Ce chercheur, a prix la famille « Sanchez » comme objet d'étude. En s'inspirant de cette étude, et à travers l'usage de la même technique de Recherche, qui est le récit de vie, j'ai essayé de faire une enquête sur « la famille Bouguerra » qui habite à Téboulba, petite ville au sahel Tunisien. La famille étudiée est composée d'une mère, un garçon et une fille. Le père est décède, c'est pour cette raison que j'ai ose de la nommer « famille sans soutien », surtout que cette famille habite dans une maison qu'on peut la considérer comme indice de pauvreté. Dans la question de départ, on se demande : comment cette famille a-t-elle réalisée son intégration sociale et économiques tout au long de sa trajectoire Sociale ?. D'une autre coté, on pose la question sur la nature de soutien duquel cette famille est dépourvue, est il social ? Émotionnel ? Économique ? Ce que sera peut être décidé, dans la phase analytique, c'est à dire dans la lecture de récit de cette famille. 1- L'OBJET D'ETUDE Notre objet d'étude est une famille, en autre terme est un sous groupe qui a donc une sous - culture, pour cette raison que notre 1 recherche aura une perspective ethnosociologique (1) espérant à travers laquelle « passer du particulier au général, en découvrant au sien du terrain observé des formes sociales - rapports sociaux, mécanismes sociaux, logiques d'action, logiques sociales, processus récurrents - qui seraient susceptibles d'être également présentes dans une multitude des contextes similaires » (2). Pour limiter de plus notre objet d'étude ; cette famille étudiée pressente une catégorie de situation (3). On est devant une famille pauvre, sans soutien (père décédé) et par conséquent, une mère qui a déjà élevé seule ses enfants. Cette situation - est considérée comme "cas social" dans la mesure où elle présente «des contraintes et des logiques d'action qui présentaient bien des points communs. » (4). A travers 1'étude de la trajectoire sociale de cette famille on va saisir : 1- En premier lieu les mécanismes et les conditions qui ont conduit à la situation de l' « isolement » ou de « 1'exclusion » de cette famille. 2- En second lieu, on va mettre 1'accent sur la logique des acteurs membres de cette famille), ces logiques qui dévoilent le passage de cette famille d'une situation d'isolement ou d'exclusion à une situation d'intégration sociale. Le choix de 1'echantillon consiste à disposer d'une multitude des cas pour faciliter la comparaison (5), comme le signalait déjà Daniel Bertaux. Mais, puisque cette recherche est de nature exploratoire on se dispose d'un seul cas ; c'est la famille « Bouguerra » qui habite a « Teboulba». Le choix de cette famille précisément, est explique par ma connaissance de ses membres, ce qui favorise et facilite la prise d'accord avec eux pour établir cette enquête (on peut dire que je suis un témoin préviligié), espérant dans le future de multiplier les cas pour faire une interprétation le plus objective possible. 2JUSTIFICATION DU CHOIX METHODOLOGIQUES ; En étudiant cette famille, j'ai décide de faire recourt au récit de vie. Plusieurs raisons sont à l'origine de ce choix méthodologique ; citons en premier lieu la nature du sujet choisi qui est 1'exclusion et 1'essai de l'intégration. En d'autre termes, les transformations réalisées 2 au sien de cette famille, par ses membres, ce qui implique la notion du « processus » qui se présente, donc, de manière automatique .celle - ci ne serait étudie qu'a travers 1'etude des catégories et de la trajectoire familiale .En second lieu, 1'etude des catégories et milieux pauvres est un thème qui a été déjà étudié en recourant aux récits de vie ; citons par exemple la recherche D'oscar Lewis les enfants de sanchez en 1963, ou la recherche d' Anderson Nels en 1993, le hobo, sociologie du sans - abri . Les réalités, les détails et les caractéristiques de ces milieux seront mieux découverts a travers la connaissance de leur histoire de vie et de leurs vécu quotidien. En dernier lieu, puisque cette recherche est faite sur une famille, c'est qu'elle n'est pas de nature quantitative mais qualitative, on doit, donc, adopter une méthode qualitative qui est le récit de vie. 1 - Daniel Bertaux ; les récits de vie ; Nathan, Paris, 2001 p 7-8-11. - Daniel Bertaux , Ibid , p 11. 3' - Daniel Bertaux , Ibid , p 15. 4 - Daniel Bertaux , Ibid , p 15. 5 - Daniel Bertaux , Ibid, p 22 . 3-LA DEMARCHE THEORIQUE 3-1- SUR LE PLAN METHODOLOGIQUE a - Définition de la technique de récit de vie : Le récit de vie est une forme narrative à travers laquelle un sujet raconte un épisode de son expérience vécue. Le récit est structuré autour d'une succession temporelle d'événements et situation, cette suite constitue la colonne vertébrale ; c'est la ligne de vie. Dans le récit de vie ethnosociologique, le sujet est invité par le 2 3 chercheur à projeter un regard sur sa vie passée, non pas en totalité, mais, il doit considérer ses expériences passées à travers un filtre, selon les buts et les intérêts de la Recherche (6). b- Utilité : Le récit de vie s'applique, généralement, sur les enquêtes de type qualitative, nombreux sont les domaines susceptibles d'étude par recours au récit de vie, citons par exemple la délinquance juvénile, la délinquance professionnelle (recherche réalisée par Sutherland), les mères célibataires (recherche réalise par Nadine le faucheur, Vincent de Gaulejac et Nicole Auber); 1'expérience de la pauvreté (recherche réalisée par Laé et Murard). La recherche biographique recouvre, donc, des nombreux thèmes (7). 6 -Daniel Bertaux, Ibid, pp 32-33-34. - Daniel Bertaux, Ibid, p 44. 3-2- SUR LE PLAN CONCEPTUEL a - Définition de la famille monoparentale : « Le groupe familial tire son origine du mariage ; il comprend le noyau constitue par le mari, la femme et les enfants nés de leur union ... »(8) Le lien familial est un lien légal, produisant des obligations économiques religieuses ou autres, notamment « en forme de droits et intérêts sexuel »(9) « .... Le statut de la famille dont est issu un individu constitue un capital de la plus haute importance et indicateur assez fiable de sa position présente et future dans le système de stratification » (10) La famille est un lieu de contact et d'interaction, les époux restent 1'un pour 1'autre des interlocuteurs préviligiés, les beaux frères, beaux parents, belles - mères, belles soeurs et les cousins, eux 7 4 aussi impliquent des relations et fréquentations (11). La famille présente 1'instance de socialisation par excellence (12) . La catégorie famille monoparentale n'a été que récemment introduite dans la sociologie Française de la famille (13) « Les familles monoparentales font partie des familles dissociées » (14) « Pauvreté, dépendance économique a 1'egard de la collectivité, isolement, socialisation défectueuse des enfants : telles sont aujourd'hui les représentations les plus fréquemment associes aux familles monoparentales .... » (15). 8 -Raymond Boudon, Francois Bourricaud .dictionnaire critique de la sociologie édit PUF, Paris, 2000 pp 251,225.256,257, 9 -Raymond Boudon, François Bourricaud, Ibid, pp 251, 225, 256,257. 10- Raymond Boudon .François Bourricaud, Ibid, pp 251, 225, 256, 257. 11-Raymond Boudon, François Bourricaud .Ibid, pp 25 1, 225, 256, 257, 12-Raymond Boudon, François Bourricaud, Ibid, pp 251, 225, 256, 257, 13-Alain Savet, parents au singulier monoparentalité : échec ou défi ? édit autrement ,Paris,1993, pp27,28,33 14-Alain Savet, Ibid, pp27,28,33 15- Manuel Boucher, les théories de I'intégration entre universalisme et differencialisme, L'harmattan, Paris 2000 pp 37, 39. b - Définition de l'intégration sociale «Intégration vient du latin « intégrare » (renouveler, rendre entier). II s'agit de l'action de faire entrer une partie dans le tout. En sociologie, il s'agit d'une partie ou d'un groupe s'insérant dans un tout comme une collectivité .En psychologie social, l'intégration s'exprime dans un groupe par 1'interaction entre les membres construisant un sentiment d'appartenance et d'identification au groupe et a ses valeurs » (16) En sciences humaines, avec le concept d'intégration, les sociologues et les anthropologues ont tenté de résoudre le problème 5 de 1'insertion des parties dans le tout. Ainsi lorsqu'on considère la culture ou la société comme des totalités, l'intégration selon Spencer et Durkheim « serait assurée par une division de travail organique permettant a des éléments différencies de concourir a 1'evolution harmonieuse de la société »(17) Selon Parsons, l'intégration serait assurée « par le partage des valeurs communes, non contradictoires organisé par le système culturel » Pierre-André Taguiff souligne que l'intégration est un processus toujours en construction - reconstruction, il dit à ce propos : « il convient de repenser l'intégration comme un processus toujours inachevé qui résulte d'une multiplicité d'actions individuelles réussies » (18) 16- Manuel Boucher, Ibid, pp 37, 39. 17- Manuel Boucher, Ibid, pp 37, 39. 18-Manuel Boucher, Ibid, pp 37, 39. c - Définition de l'exclusion Le thème de l'exclusion est apparu au début des années 1970, et largement popularisé depuis cette date (19). Le terme désigne, contradictoirement aussi bien le rejet de qui est a l'intérieur, que l'interdiction d'accès, ce dernier sens est prédominant dans les analyses de l'exclusion sociale (20). L'exclusion est donc une catégorie de la pauvreté qui se définit par «la non- adaptation, elle même imputable a l'handicap ou au «cumul des handicaps » habitat médiocre, éloignement des lieux de travail, équipements sociaux insuffisants, retards scolaires, santé, déficience d'un ou de deux parents; ressources faibles ou aléatoires » L'exclusion est le résidu structurel de la pauvreté (21). 6 En tant que discours social, l'exclusion c'est d'abord le «ciblage» de populations pauvres résiduelles échappant au filet de la protection sociale assurancielle. C'est aussi « l'analyse des processus institutionnels qui empêchent les pauvres de s'intégrer, c'est enfin, une réfection sur le mouvement des sociétés elles — même » (22). Au début des années 70, R.Lenoir à fixé trois catégories d'exclus : les personnes âgées, les handicapes et les inadaptés sociaux, cette dernière présente un groupe hétérogène ou l'on trouve des jeunes en difficultés, des parents seuls incapables de subvenir aux besoins familiaux, des isoles, des suicidaires, des drogues, des alcooliques… (23) . 19- Annie vinokur; revue Tunisienne de science sociales, N° 109, Tunis1992 pp 44 ,45 ,46 20-Annie vinokur: Ibid, pp 44 ,45 ,46 . 21- Annie vinokur; Ibid, pp 44 ,45 ,46. 22- Annie vinokur; Ibid, pp 44 ,45 ,46 . 23- Annie vinokur, Ibid, pp 44 ,45 ,46 . Un exclu est une personne « qui ne trouve plus dans le travail, la politique ou la famille une identité sociale et donc une place dans la société». (24) Le travail constituant la base de 1'identite sociale dans notre société. d - Définition de la pauvreté Les pauvres sont ceux pour le niveau de revenu, de consommation ou, au sens plus large, de richesse est inférieur a un certain seuil «Dans les sociétés marchandes, pauvretés et exclusion, se renforcent mutuellement, 1'exclusion du marche du travail conduit a la pauvreté et la pauvreté est un facteur d'exclusion sociale, en restreignant l'accès aux liens et aux services marchands (habitat, loisir, santé, etc.... » (25) e - Définition du rôle La notion du rôle est un concept clé de la sociologie des organisations et de la sociologie de la famille. 7 « Pour le sociologue toute organisation inclut un ensemble des rôles plus ou moins différencies (...) ces rôles peuvent être définis comme des systèmes de contraintes normatives aux quelles sont censés se plier les acteurs qui les détiennent, et de droits corrélatifs a ces contraintes » (26) Le rôle définit ainsi une zone d'obligations et de contraintes corrélative d'une zone d'autonomie conditionnelle. 24- 100 fiches pour comprendre la sociologie, p. 148,... 25-Raymond Boudon, Opsit, p, 174. 26-Raymond Boudon, Opsit, p. 174, 3-3 - L'APPROCHE ADOPTEE Puisque on s'intéresse à la logique des acteurs, à travers leur vu quotidien, les approches adoptées seront donc, l'individualisme méthodologique et l'ethnométhodologie. -l'individualisme méthodologique: une analyse ou exploitation est dite individualiste lorsque on fait d'un phénomène social «p» la conséquence des comportements des individus appartenant au système social dans le quel «p »est observe »(27) . Selon le principe de 1'individualisme méthodologique, «expliquer un phénomène social ou collectif c'est analyser ce phénomène comme la résultante d'un ensemble d'actions de croyances ou d'attitudes individuelles ». Selon cette perspective, 1'explication dans les sciences sociales comporte toujours une dimension psychologique »(28) . - L'ethnométhodologie: ce terme est inventé en 1954, pour désigner les méthodes ordinaires qui servent à gérer les affaires de la vie quotidienne. L'ethnométhodologie n'est pas donc une méthode sociologique mais une étude des modalités pratiques de la conduite sociale. L'ethnométhodologie cherche à dégager et à étudier la façon dont les membres fabriquent leurs mondes normatifs (29). 8 3- LES LECTURES Lewis (Oscar), les enfants de Sanchez, autobiographie d'une famille mexicaine, Gallimard,paris, 1963, 638 p . Oscar Lewis est un chercheur américain, s'intéresse, dans cet ouvrage, à 1'etude de la vie des pauvres de la ville de Mexico. "La famille Sanchez " est un échantillon pris au hasard par ce chercheur. Sa technique est la biographie qui consiste que chaque membre de cette famille raconte sa propre histoire. 27- Raymond Doudon, Idib, p122. 28- Raymond Boudon, Idib, 122. 29- Raymond Boudon, Ibid, p.92 -93. A fin de faire une étude en profondeur de la culture des pauvres, des caractéristiques des gens pauvres, Oscar Lewis nous présente une description en détail de l'espace (p 16,17), des activités de loisir (pi8), de type des relations entre les habitants, de leur origines (p 18 ; 19). Oscar Lewis s'intéresse aux revenus de la famille sanchez (21), aux relations au sien de cette famille, aux traits de personnalité de chaque membre (p 25, 26,27). II a définit la pauvreté (p 29) et la culture des pauvres qui, selon lui portent des caractéristiques universelles qui transcendent les distinctions régionales, urbaines et nationales (p30). II annonce de même les caractéristiques de la culture des pauvres au Mexique sur le plan matériel et économique, social et psychologique (p31, 32). La recherche de Osoar Lewis nous inspire sur plusieurs plans : au niveau du choix de sujet : la pauvreté, les milieux pauvres* au niveau de 1'objet d'étude : une seule famille. au niveau de la technique utilisée : le récit de vie 5-LE MODELE D'ANALYSE 5- 1 -LA CONSTITUTION DE CETTE FAMILLE ET SON PASSE PREPARENT A LA PAUVRETE ET L'EXCLUSION a) L'alliance : L'alliance de deux parents porte en elle une pauvreté et une exclusion anticipée dans le futur de cette famille. A moment de leur 9 mariage, le père était âgé de 71 ans, veuf, Meddeb, pauvre, originaire de Téboulba; alors que la mère est âgée de 34 ans, veuve, originaire de Moknine, (ville voisine de Teboulba), d'une famille pauvre. L'âge est considéré comme indicateur de cette exclusion prévue dans la mesure où : II y a une différence de 37 ans entre les deux conjoints La femme est encore jeune de façon que le fait d'avoir des enfants soit très probable. 71 ans est un age de vieillesse ce qui implique une mort anticipée de ce père. b) Le passé de la famille La demi-soeur faisait un acte prohibe socialement et religieusement ce qui présente, selon Nidhal et Khadija, un obstacle devant l'intégration, cet obstacle est entrain d'être dépassé a travers des rationalités et stratégies qu'on va les découvrir ultérieurement. 5-2- LES MANIFESTATIONS DE L'EXCLUSION Les étapes par lesquelles cette famille a passé, présentent des alternatives qui opposent régulièrement « construction / destruction »: a- 1974 : la constitution : 2 veufs ; un homme âgé de 71 ans, une femme âgée de 34 ans se marient. b- 1976: la construction: Cette phase commence avec le premier nouveau ne Nidhal et par la suite Khadija ; les deux parents pensent sérieusement au devenir de leurs enfants par la construction d'une maison. c- 1981 : la destruction : la mort du père présente la déstruction partielle de cette famille qui va connaitre la pauvreté, le déficit matériel, éducationnel. C'est à dire 1'absence d'un modèle essentiel de socialisation. d- 1981 - 1982 : La construction : C'est la construction de la nouvelle maison dans la quelle cette famille prend une nouvelle forme : une mère et deux enfants. e- 1986 : la destruction : C'est la destruction de la nouvelle maison par 1'Etat ou profit des chemins de fer. Cette destruction a renforcé la situation de la pauvreté et d'exclusion qui devient claire et nette quand cette famille louait une chambre dans un garage. 10 f- 1986-1987: la reconstruction: L'état d'exclusion déjà cite est momentané puisque la mère a décidé de construire, de nouveau, une autre maison. Mais, si la construction de la nouvelle maison est un élément constituant de l'intégration de cette famille puisqu'il va lui procurer une certaine stabilité, cette maison demandait beaucoup des dépenses, pour l'achat de la terre et pour la construction. Celles ci ont été supérieures au revenu mensuel de cette famille, qui ne lui permet pas de subvenir aux besoins élémentaires ce qui a pousse la mère a devenir créditrice. D'une autre coté la maison tel qu'elle est décrite par Khadija n'a pas été complètement construite. و كالعادة دار، و هي مازالت حجرة على حجرة1987 " حولنا لدارنا إلجديدة عام " 2002 ) التواليت بنيناها في الصيف1( من غير تواليت ومن غير كوجينة Ce nouvel espace d'habitat n'est donc qu'un indice de pauvreté. D'âpres ces événements et d'après cet extrait du discours de Khadija, on constate qu'au cours de on essai vers l'intégration, cette famille se trouve dans une situation d'exclusion qui s'impose. Celle ci est de nature matérielle et on peut la toucher dans le vécu quotidien de cette famille, pendant la période concernée. En partant de son niveau de consommation, on constate et handicap, a cette incapacité de satisfaire ses besoins essentiels et surtout la nutrition. ) مقلي1( كنا تقريبا نفطرو في خبز وعظم، " عشنا ظروف صهبة برشة: خديجة كل يوم باش أمي " اتخلص ديونها " وقت إلي هوما صغار كنت كل غلة نشراها مرة بركة على خاطر: األم فاطمة )2( " مانجمش La déclaration de la mère implique que la pauvreté et un phénomène qui applique ses pressions sur cette famille. Cependant les acteurs ne sont pas passifs ; la mère comme acteur social, réagit face a la pauvreté et au manque des ressources a la période concernée. Sa réaction est rationnelle ayant comme finalité d'établir un certain équilibre entre ressources et consommations. 11 :" " التواليت-1Toilette :" " كوجينة، Cuisina , de l'Italien Dépassons un peu le coté matériel, pour s'intéresser de tout ce que est caractère personnel et expérience de pauvreté et d'exclusion tel qu'elle est vécue pour chaque acteur. Ses responsabilités face à cette famille des la mort du père poussent la mère à contacter la société et ses différentes institutions et à adopter un double rôle : elle s'occupe du foyer et des enfants et travaille ailleurs. Durant une quarantaine d'année, la socialisation de la mère Fatma est réalisée au sein de I'institution familiale de père, et par la suite de premier et second mari, mais après la mort de ce dernier elle se trouve dans une situation qui 1'oblige à contacter plusieurs institutions: 1'ecole, la délégation,... et à communiquer plusieurs acteurs : vendeurs ; maçon... cette femme se trouve obligée à rejeter plusieurs notions, normes traditionnelles intériorisées, en adoptant des autres plus convenables à sa nouvelle situation. L'exclusion n'est pas toujours équivalente a un déficit d'argent, Elle n'est pas une situation attribue seulement à des adultes, les enfants, eux aussi, peuvent être isolés retirés ou même exclus, ce qui est peut être le cas de Nidhal et Khadija dans la période qui succède la mort du père (entre 1981-1986), ils parlent d'une enfance passive. ... كنت نلعب في الحومة بقلة مكانو يحطوني م الفاضل لسد الفراغ: نضال ...) مع المعلم و حتى مع األصحاب1( كنت ياسر تـــيمــيد: خديجة Cette passivité est peut être due a une conscience personnelle de leur différence par rapport a la majorité des enfants (se sont deux orphelins) ce qui peut influencer leur comportement. Ce qui importe ici c'est que la situation de 1'isolement au début de leur histoire est semblable mais on constate un changement dans la pensée et le comportement de Nidhal, cet acteur a déclare dans son discours sur 1'enfance qu'il n'était pas satisfait du rôle qu'il remplie et que sa passivité ne lui plaisait pas. II a décide de jouer avec celui qui est moins age que lui a fin de guider le jeu : ) – العظم1( Oeufs : مانجمش،Je ne peux pas La fille Khadija n'a pas parlé d'aucune expérience ou action pour dépasser sa passivité. On se demande ici, comment au sein d'une même famille se produisent deux manières penser et d'agir différentes ? 12 La réponse ici peut être accordée a la théorie du genre, on est devant deux enfants frère et soeur, ont la même mère, vivent ensemble, mais de sexes différents, donc la société à travers la socialisation, va inculquer des rôles, des manières penser, d'agir, propres a chaque sexe. وليت نقلد فيه عن طريق، تقولي أمي إنت تشابه لبوك، أول ما بديت نفهم: نضال إنت ولد.الرواية ... يلزمك تقرا ويلزمك ديما بحذا أمك،) ما يلزمكش تلعب2( زوالي La division des rôles et des taches est construite, maintenue par la société, s'inculque dans la logique de la pensée des acteurs. Nidhal, 1'enfant, est, selon la société homme qui doit être responsable, guide, .....Tons ces notions sont intériorisées par Nidhal et vont dans le futur proche, ou ultérieur, influencer ses choix et comportements et stimuler sa décision de changer sa situation de pauvreté et d'exclusion. (1) Timide Pauvre 5 -3- LES ACTEURS OU MEMBRES DE LA FAMILLE ONT-ILS (2) 1- DEPASSER LEUR EXCLUSION ? a- Les strategies collectives : * L'enseignement: L'enseignement peut s'inscrire dans les stratégies collectives de cette famille, dans la mesure où il est décidé par la mère et adopté par les deux enfants. L'enseignement est considéré comme stratégie à longue durée pour les membres de la famille. C'est un investissement à longue durée qui peut procurer une position sociale et professionnelle élevée. II est selon 1'opinion des acteurs de la famille, un moyen d'ascension sociale. Mais, tant que ce moyen est de longue durée, il demande des 13 grandes dépenses ce que la situation économique de la famille ne permettait pas. Devant cette situation Nidhal a stoppe ses études, à la troisième année secondaire en s'insérant au monde de travail. Cette décision de la part de Nidhal est considérée comme un acte d'adaptation aux circonstances de la situation défavorisée de sa famille. Cela exige un changement de type des stratégies adoptées, d'une stratégie d'enseignement de nature «consommatrice» (consommation du temps , d'argent) vers une autre de nature « productive », par cette stratégie, Nidhal sera donc un fournisseur des dépenses de la famille. La stratégie de 1'enseignement est adoptée par « Khadija » jusqu'a présent, (4ème d'enseignement supérieur) mais, en faisant une petite comparaison de sa conception de devenir avant et après son insertion à la faculté, on observe un changement d'opinion. " نتذكر روحي قبل ما ندخل للجامعة كنت إنسانة طموحة و عندي إصرار على: خديجة الكن. انجحت في البـاك وهاني نقرا في الجامعة، وفعال حققت طموحي.تحقيق طموحاتي وما عادش عندي إصرار باش،الخمسة سنين اللي عديتهم في الجامعة بدلوني برشة هذاك عالش ولى طوحي. باألخص كيف نتذكر ظروفنا الصعيبة، انكمّّـل مرحلة ثالثة ." وأني زادة إنكون أسرة، الوحيد أني نلقى خدمة باش انعاون الدار Ce changement d'opinion est peut être dû à une expérience de faculté, comme nouvel environnement dans lequel, 1' intégration de Khadija est mise en question. D'un autre coté, ce point de vue peut revenir a sa conscience des problèmes actuels du chômage des cadres, ce qui peut affaiblir ses ambitions et donc, lui concentrer ses intérêts, après la fin de ses études, à trouver un emploi. Cette logique de pensée est peut être due, encore, a la passivité qui, de temps en temps manupile les décisions de Khadija ; on se demande si cette passivité revient à un caractère général des pauvres, a un air fatal intériorisé au cours de la socialisation. L'intérêt de khadija de trouver un emploi est dû à la situation défavorable de sa famille et aux notions intériorisées de sa part, qui voient que 1'honneur de 1'individu résidont dans le travail. Nombreuses, sont les études qui ont montré que l'exclusion de monde de travail conduit à la pauvreté ; pierre Bourdieu, de sa part ; a traité ce sujet dans son ouvrage « la misère du monde »(20) ; en utilisant la méthode du récit de vie il s'intéresse à cette misère comme elle est 14 vécue par celui qui 1'exprime. a - Le travail : L'observation participante m'a permis d'extraire les opinions des plusieurs acteurs de la société a propos du travail de cette mère (femme de ménage a la délégation), ce travail est accepté par plusieurs acteurs qui encourage la mère et sa fille a travailler en se referant a des proverbes tel que ( ) خدمة النهار ما فيها عارce proverbe qui est souvent dit a la mère contient un principe fondamentale de la culture arabo-musulmane qui est la délimitation du permis et de l'impermis ( ) الحالل ≠ و الحرام, cette société, légitimisme le travail de la mère tant que cette dernière ne fait pas l'impermis ( ) الحرام. 30 -Martine Foumier, revue des sciences humaines, numéro spécial, Paris 2002; D'une autre cote, si on veut valoriser le travail de la mère comme ressource matérielle et comme catégorie socioprofessionnelle, on constate qu'une femme de ménage dans une délégation peut être située socialement et professionnellement au bas de 1'echelle. Si on veut fixer la trajectoire professionnelle de cette famille on observe que la mère travaille avant la mort du père et s'intéresse bien au travail des 1982, (la date qui succède le décès du père), jusqu'au 1998. Le fils Nidhal a travaillé dés 1990, pendant les vacances et des qu'il a stoppé ses études en 1993, il travaillé constamment jusqu'a présent. La fille Khadija a commencé par aider sa mère, dans son travail à la délégation, à 1'âge de 9 ou 10 ans, comme elle a passé par une expérience de travail saisonnier dans des usines de confection. On constate d'après ce qui précède que 1' expérience du travail s'étend sur une grande période, cela veut dire que le travail est parmi les occupations essentielles de cette famille. II est donc un acte rationnel, adopté par chaque acteur, et ayant pour finalité de satisfaire, au moins les besoins essentiels de la famille. Le travail est une collaboration collective qui traduit un intérêt commun, c'est de subvenir aux besoins économiques de la famille. b- Les stratégies individuelles : 15 1) La mère Fatma : Apres le décès de son mari, la mère Fatma se trouve avec ses deux enfants, sans foyer, ses ressources économiques sont faibles. Face à cette situation, elle va agie rationnellement, en premier lieu par la construction d'une maison. C'était 1'occupation centrale de la mère pendant la période qui succède la mort du père, peut être et selon sa logique, le foyer peut assurer à la famille une certaine stabilité. Pour atteindre cette finalité et pour subvenir aux besoins économiques de cette famille, la mère agissait en fonction des ressources présentes ; elle a donc, mobiliser toutes les occasions offertes pour satisfaire leurs besoins essentiels (son travail aux champs des autres ; a la délégation ; le revenu mensuel du père. . .). Mais, si la maison procure à cette famille une certaine stabilité, elle ne contient pas les conditions favorables d'habitat. البيت كان فيه سرير حديد و... ) و ال كوجينة1( " الدار ما فيهاش تواليت: خديجة "...زوز سرة حديد صغار Cela n'est donc qu'un indice de pauvreté qui comme un fait social applique ses pressions sur cette famille. Comment cette mère a éduqué ses enfants ? D'après son discours, 1'education pour la mère consiste à s'occuper des besoins des enfants et à contrôler leurs conduites. II y a une sévérité dans le contrôle de comportement de ses deux enfants. Ce là est peut être dû à un caractère personnel, ou a la situation de la famille (pauvreté, père décédé) ce qui pousse la mère à adopter la sévérité comme méthode éducative surtout quand on sait que cette mère avait un double rôle à effectuer après le décès du père. Il parait que la mère Fatma n'a pas des problèmes de communication avec autrui. Quand elle a parlé de ses relations avec les voisins, elle a insisté sur les habitudes et actions traditionnelles qui se font en collaboration comme ou « », ces habitudes sont d'un coté un indice .du degrés de 1'insertion de cette mère dans son entourage et d'un autre coté, ces traditions s'inscrivent dans le vécu quotidien de ces familles et impliquent une solidarité qui est encore conservée par ces familles. La mère interprète sa coopération a ces traditions en se referant à son passé ; durant lequel a été privée de toute communication avec le monde extérieur, elle a profité de sa situation présente, donc ses actions ne sont que des compensations. هذاك عالش لقيت.) بابا كان محرم علي الخرجة1( " وآني هجالة: األم فاطمة 16 "... روحي في طبلبة خير من قبل (1) Toilette Le fils Nidhal : Dans nos entretiens avec Nidhal, on observe que l'expérience du scootisme s'étend sur une grande partie de son discours, ce qui implique l'importance de cette expérience dans la vie de Nidhal. Si on fixe quelques caractères de Nidhal selon un ordre chronique des faits, on constate que durant la période qui précède l'expérience de scootisme Nidhal était l'enfant passif, retire... " ما كنتش إندافع على روحي على خاطر ما كانش عندي أصحاب وما: نضال ...كنتش نلعب في الحومة Alors que son insertion au scootisme a fait une mutation dans son caractère : جو. " جو الكشافة ناسبني ولقيت روحي بقدري ولقيت فيه ناس اتحبني: نضال الكشافة ولـى أقرب لي من جو عايلتي باألخص أوالد خالتي إلـي كنت ديما نمشيلهم على " ...خاطر هوما كانوا المتنفس الوحيد لينا Le scootisme, présente pour Nidhal 1'acces au monde sociale, c'est dans le scotisme qu'il a dépasse les limites de 1'institution familiale pour se socialiser au sein d'une organisation qui lui a offert le loisir (qui a été pratiquement absent dans sa famille), une expérience sociale et 1'amour des « chefs » ( )القــادة, il a trouvé presque tout ce qui n'existe pas dans sa famille. La notion du «chef» ( )القــايـدest très signifiante dans la mesure où il est : l'« homme » qui « aime » Nidhal et « 1'aide matériel». قلت لمي، " كنت إنحب نمشي للمخيم وكان حق المخيـم بــعشرة دينارات: نضال " جيب: قلت للقايد ناصر سخف علي وقال،قالتلي ما تمشيش على خاطر كاعناش فلوس "...دبشك وإيجه باش انخلص عليك Retirement, isolement et passivité. C'est au sein de cette organisation que 1'être social de Nidhal est sculpté progressivement. 17 C'est un terrain d'application des plusieurs notions intériorisés pendant 1'enfance telque le chef, le responsable... (1) Veuve Ce chef est peut être représente comme un père pour Nidhal qui substitue son père biologique, qui ne le savait pas. Le scootisme présente pour Nidhal, le remède magique qui l'a fait sortir de son L'insertion de Nidhal au scootisme revient a une rationalité déterminée de sa part ; il a trouvé beaucoup de condition dont il a été dépourvu dans sa famille ou ailleurs. Cette expérience résulte au début, d'une décision individuelle, mais cette organisation. Influence les comportements de Nidhal et devient manipulatrice de ses choix et décisions, même s'il est actuellement éloigne ; il se réfère aux acteurs qui appartiennent à cette organisation. المواقف اللي ناخذها في أغلب األوقات تكون، " كيف نتعرض لمشكلة: نضال ." نابعة من تجربة ناس نوثق فيهم كيف قايد الكشافة وال واحد من أصحابي Le scootisme est un espace instituteur d'un ensemble des relations sociales, de formation des groupes des paires et d'amis. On se demande ici-comment Nidhal conçoit l'amitié ? وتاس من النوع اللي يحس... " تعرفت على وناس صاحبي في الكشافة: نضال ." هو فقير أما عندو بو. باصحابو من غير ما يتكلم L'amitié, consiste pour Nidhal, à partager tout, même la pauvreté, deux amis doivent avoir des conditions similaires pour que 1'interaction s'effectue. Mais, cela ne veut pas dire que Nidhal est incapable de se communiquer avec celui qui est différent de lui ; selon son discours il est capable de se communiquer avec tout les catégories de la société sauf les riches, et ce là n'est qu'un indice d' intégration. La question qui se pose ici pourquoi il déteste les riches et rompre avec eux toute communication ? Cette conception revient peut être à son expérience professionnelle au cours du quelle a découvert les caractéristiques de ces catégories, leurs manières d'agir, de penser,... mais le plus probable c'est qu'il voit que la classe riche a des devoirs à accomplir face aux pauvres, ce que n'est pas effectué réellement. Son opinion, 18 cette répugnance est un critère qui s'inscrit comme un parmi plusieurs caractéristiques générales de la culture des pauvres. En se basant sur son discours a propos des impressions de l'entourage de Nidhal, on peut constater que les comportements de Nidhal dans les différents espaces sociaux (L'usine, le scootisme, le café...) peuvent être des messages, destinés aux acteurs sociaux, ayant pour finalité de juger Nidhal en sa faveur. D'un autre coté, ces jugements peut être, ce que j'ai osé à nommer un « certificat » qui inscrit Nidhal dans le cadre des normes et valeurs sociales. Les principaux ambitions de Nidhal sont: devenir riche et s'occuper des catégories pauvres et défavorisées surtout les orphelins. Ceci peut trouver ses origines dans son expérience personnelle, c'est a dire tant qu'il est pauvre et orphelin ; sans soutien, il va donc s'occuper de ceux qui peuvent avoir une expérience similaire à la sienne. L'ambition de cet acteur de devenir riche et de faire un projet, découvre dans sa personnalité les traits d'un capitaliste. Ce là implique que Nidhal se réfère aux riches et en particulier à son patron. La fille Khadija : Pendant la période d'enfance, Khadija parle d'une personnalité timide ; ne jouait par ailleurs, n'inventait pas des jeux, cette timidité 1'accompagnait en grandissant. Khadija n'a pas parle d'un contact avec le milieu extérieur, durant 1'enfance, sauf sa participation passive aux jeux avec les voisins et sa soumission aux ordres de sa camarade de classe en première année primaire. " كانت عندي جارتي تقرا معاي وكنا نمشيو و نجـيو للمدرسة مع بعضنا: خديجة وكنت انهزلنا وما نقول حتى، ) متاعها1( كانت تحقر علي وتعطيني نهزلها الكرطابلة، " ... شي (1) Cartable 19 Elle n'a pas parlé d'aucune activité de loisir pendant son enfance, ses principales occupations journalières sont : aider sa mère dans son travail et faire le ménage. On est entrain de citer tous ces événements et caractéristiques pour montrer la passivité de cette fille pendant 1'enfance. On se demande si cette fille a dépassé cette situation ? Et quelles sont les stratégies individuelles adoptées pour atteindre ce but ? On a déjà dit que 1'enseignement a été une stratégie collective mais pour Khadija, il est une occupation personnelle qui peut revenir a son intention d'acquérir un statut élevé a soi même et a sa famille. Cette stratégie n'est pas facilement réalisée surtout en ce qui concerne 1'enseignement supérieur qui exige un déplacement, des dépenses. Son insistance de faire des études supérieurs, est peut être due au prestige accorde par la société a cette phase d'enseignement, et aux ambitions de Khadija ; a un certain moment donne elle voyait qu'un maitrisard a plus de chance pour accéder au monde du travail. Cette stratégie, est actuellement, entrain d'être accomplie par Khadija. L'accès à 1'université est un accès a un espace social totalement différent à celui habitué par Khadija. On se demande si Khadija s'adapte à cet espace et s'y intègre ? Au début de son insertion a la faculté, Khadija se conforme avec ce nouvel entourage par : l'habillement, le maquillage et le contact fréquent avec les camarades, pourquoi cette conformation ? C'est une stratégie individuelle destinée à couvrir tous les traits de pauvreté et de misère qu'elle vit avec sa famille a fin de ne pas être rejeter par la majorité des acteurs qui se trouvent dans 1'espace de 1'universite. Son intégration a cet espace n'est pas durable tant que ses relations au sein de cet espace régressent d'une année a I'autre actuellement elle n'est en contact qu'avec quelques camarades de classe et une ou deux amies. Khadija interprète l'état de solitude qu'elle vit actuellement par une expérience d'amitié très choquante, à travers la quelle elle devient certaine de son échec relationnel cet échec n'est qu'un indice d'inadaptation à l'environnement universitaire. Khadija a multiplié son contact avec sa famille étendue Comme groupe d'appartenance, et surtout avec sa demi-soeur qui a fait un acte prohibe socialement ce qui l'a conduit à être exclue et - 22 - rejetée par la société. Face a cette situation et malgré son imposition a Khadija, cette dernière a choisi de se communiquer avec sa demi soeur. II existe une rationalité implicite derrière cette action ; c'est qu'elle veut montrer à la société qu'elle n'a pas de problème de contacter cette sœur, et c'est la même attitude pour Nidhal. La famille présente, pour Khadija, un groupe d'appartenance et de référence en même temps, dans la mesure où elle se réfère au passe de sa famille de sa demi-sœur dans l'autocontrôle de ses conduites et comportements. Khadija affirme qu'elle s'accorde beaucoup avec ses deux amies de lycée. Elles sont voisines. Cet accord est dû à une similarité dans beaucoup des idées, caractères, opinions ... qui sont intériorisés tout au long de leur socialisation. L'échec de ses expériences d'amour et d'amitié... est peut être dû à une différence ou contradiction d'opinion et des principes. A cet échec, succède une nouvelle expérience sociale, au cours de quelle apparait très souple dans ses intéractions avec les différents acteurs de son entourage. Ce qui a permis de laisser des jugements de valeur en sa faveur. Ce changement peut revenir à sa vision critique des expériences passées. Khadija parle d'une expérience religieuse de valeur; c'est peut être son échec relationnel 1'a fait refugier à la religion et en faisant recours a cette stratégie, que ses comportements se transforment dans le bon sens et lui acquirent des jugements positifs. On constate l'échec des expériences de Khadija, surtout durant les premières années à l'université, ce qui est peut être dû à sa passivité et sa timidité qui caractérisent sa personnalité des 1'enfance et qu'elle n'a pas essaye de les dépasser comme a fait Nidhal en s'insérant dans le scootisme. - 23 - - 24 - Conclusion Cette famille acquiert un certain degré d'intégration sociale et de sûreté en faisant recours, en premier lieu, au travail. Les trois membres de cette famille ont vécu 1'expérience de travail que grâce à elle, ces acteurs ont pu subvenir à leurs besoins essentiels et s'assurer contre l'exclusion sociale et la pauvreté. En second et lieu, la famille « Bouguerra » s'intéresse à 1'enseignement qui est conçu comme moyen d'ascension sociale. Chaque acteur de cette famille a fait recours à des stratégies individuelles qui répondent aux intérêts personnels et qui procurent à cette famille une intégration sociale relative. Quand on dit que 1'intégration sociale de cette famille est relative ; cela veut dire que 1'état d'exclusion n'est pas totalement dépasse et qu'il existe des résidus d'exclusion de nature matérielle (par exemple, la maison actuellement, n'est pas complètement construites...), ou qui reviennent au passe de la famille, ou aux caractères, notions et opinions intériorisées par les acteurs dés l'enfance et réapparaissent au cours des différentes expériences (La passivité de Khadija qui influe ses comportements jusqu'a présent). La solidarité au sein de cette famille et le degré d'attachement de chaque membre aux autres, sont conçus dans les discours des acteurs (Nidhal est responsable des dépenses de sa sœur pour compléter ses études...). Khadija, a 1'age d'enfance travaille a la délégation avec sa mère...). La solidarité présente donc un élément incontournable pour s'intégrer et s'assurer centre l'exclusion et la pauvreté. La solidarité peut être considérée comme système d'auto-défense pour s'assurer contre tous dangers provenant du monde sociale. Elle s'inscrit dans les caractéristiques universelles de la culture des pauvres qui est, selon «Oscar Lewis » caractérisé par la lutte constante contre la vie. - 25 - Annexe photographique : La Situation actuelle de la maison de la famille "Bouguerra" 1 2 3 - 26 -
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