J. Embryol. exp. Morph., Vol. 14, Part 1, pp. 37-51, August 1965 Printed in Great Britain Action de la vitamine et de Fantivitamine B6 sur le developpement de Tembryon de poulet par G. CONTI et G. MILIO 1 lustitut d'Histologie et d'Embryologie generate, Universite de Fribourg LE groupe des vitamines B6 comporte trois substances distinctes: la pyridoxine, qui est un derive de la pyridine; la pyridoxamine et le pyridoxal qui derivent de la pyridoxine. Tous les organismes utilisent le pyridoxal; certains utilisent egalement la pyridoxine, d'autres la pyridoxamine, d'autres enfin (le rat, par exemple), utilisent les trois substances. Cette constatation a fait penser que la substance reellement active serait le pyridoxal, et que seuls certains organismes pourraient former de la pyridoxine, de la pyridoxamine ou les deux substances. De plus, le pyridoxal, sous forme d'ester phosphorique (pyridoxalphosphate) deploie une action importante comme co-enzyme dans de nombreux complexes enzymatiques actifs dans le metabolisme des acides amines; parmi ces complexes, il faut citer les transaminases, les aminoacide-decarboxylases, les deshydratases, les desulfhydrases, les racemases, l'histaminase et les tryptophanases. Chez les animaux, la carence en vitamines du groupe B 6 provoque des troubles varies. Chez les rats, on observe une dermatite caracteristique, associee a un syndrome convulsif epileptiforme, une fatigue musculaire et un retard d'accroissement. Chez le chien, on observe une anemie hypochrome; chez le pore, une anemie hypochrome s'accompagnant de convulsions, de troubles des mouvements et de lesions du systeme nerveux. Chez les poussins, la carence en vitamines du groupe B 6 provoque un arret de la croissance. Enfin, chez l'homme, on n'a pas encore constate de veritable syndrome provoque par la carence en vitamines B 6 ; le premier syndrome carentiel a ete obtenu therapeutiquement, a la suite d'administration de desoxypyridoxine, antagoniste de la pyridoxine. Parmi les antivitamines du groupe B 6 , la plus active est la desoxypyridoxine (DPX), decouverte par Ott en 1945. La DPX a une structure chimiquement analogue a celle de la vitamine B 6 , et plus precisement, une structure analogue a celle de la pyridoxine (PX); dans la DPX, un groupe OH est remplace par un atome H en position 4. 1 Adresse des auteurs: Institut d'Histologie et d'Embryologie generate, Universite de Fribourg, Fribourg, Suisse. 38 G. CONTI et G. MILIO H CH2OH CH3 H-CCN:-H Pyridoxine (Vitamine B 6 ) D&oxypyridoxine (Antivitamine B 6 ) En 1946, Ott etudia l'action biologique de la DPX sur les poussins. Ce compose se revela etre le plus puissant parmi les inhibiteurs des vitamines du groupe Bg. Ott put en effet etablir qu'une molecule de PX neutralisait les effets de deux molecules de DPX, tandis que, pour les autres inhibiteurs, une molecule de vitamine etait capable d'en neutraliser 40 ou plus. La DPX montra un effet lethal meme a des doses tres faibles (16 y), chez des poussins qui souffraient de carence alimentaire en vitamine B6. L'effet lethal ne se produisit pas chez des poussins qui recurent de la DPX apres avoir ete prealablement alimentes avec une nourriture normale contenant de la vitamine B6; dans ces conditions, on n'observa aucun ralentissement de la croissance. Emerson (1947) constata, chez des rats sevres, recevant une nourriture ne contenant pas de vitamine Bg, que le temps necessaire a Papparition de Facrodynie se trouvait sensiblement reduit par Padjonction d'une certaine quantite de DPX a la nourriture. Cravens et Snell (1949) ont injecte des doses de DPX dans des oeufs fecondes de poule. La quantite de 1 mg de substance a revele des effets toxiques prononces en provoquant la mort des embryons dans 100% des cas lorsque l'injection etait faite avant l'incubation; si la dose de 1 mg. ou de 0,5 mg. etait injectee 4, 5, jusqu'a 15 jours apres le debut de l'incubation, le nombre des morts s'est montre tres modeste et a varie entre 5 et 21 % des embryons traites. En injectant, avant l'incubation, 1 mg. de DPX associe a differentes quantites de vitamines du groupe B6 (de 2 a 1000 y), les effets lethaux ont sensiblement diminue parallelement a l'augmentation de la quantite de PX. Ces auteurs ont constate que, pour obtenir la survie de 50% des embryons, on devait associer soit une partie de pyridoxal a 20 parties de DPX, soit encore une partie de pyridoxamine a 50 parties de DPX, soit enfin, une partie de pyridoxine a 100 parties de DPX. De cette maniere, on a pu etablir que la pyridoxine possede le pouvoir de neutralisation le plus puissant. Ces resultats sont toutefois tres differents de ceux obtenus par Ott auparavant. Des quantites de DPX depassant 1 mg., injectees au 6eme jour d'incubation, se sont revelees toxiques; cependant, cette toxicite n'a pu etre prevenue par aucune des trois formes de vitamine B6. D'ailleurs, meme la pyridoxine et le pyridoxal se sont reveles toxiques a des doses tres elevees (5 et 10 g. par oeuf), contrairement a la pyridoxamine qui ne semble avoir montre aucune action lethale meme a de si fortes doses. Les donnees rapportees dans la bibliographie sur l'action de la PX et de la DPX sur l'embryon de poulet n'etant pas completes ni concordantes, il nous a Vitamine et antivitamine B§ et Vembryon de poulet 39 paru interessant de reprendre cette etude en nous posant surtout les questions suivantes: (a) Peut-on considerer la DPX comme un agent teratogene ? (b) Dans l'affirmative, existe-t-il chez l'embryon de poulet une periode de sensibilite teratogene specifique pour la DPX? (c) L'injection de PX est-elle nuisible, et a quelle dose, pour le developpement de l'embryon de poulet? (d) Les effets nuisibles eventuels exerces par la DPX sont-ils specifiques? peuvent-ils etre annules par une dose adequate de PX, administree contemporanement ? MATERIEL ET TECHNIQUE Nos experiences portent sur un ensemble de 2463 oeufs de poule, tous fecondes. Les oeufs provenaient de poules de race Leghorn du meme elevage. Des experiences anterieures nous avaient montre que l'injection de 0,1 cc de liquide de Tyrode doit etre considered comme pratiquement inoffensive pour le developpement de l'embryon de poulet; c'est pourquoi les differentes doses de substance que nous avons injectees ont toujours ete dissoutes dans cette quantite de liquide de Tyrode. Quant a la modalite de l'injection, nous avons opere de la maniere suivante: en tenant de la main gauche l'oeuf legerement incline, avec le bout pointu vers le haut et le gros bout sur la table de travail, nous avons injecte la substance dans l'albumen au niveau du petit bout; pour ce faire, on introduit l'aiguille obliquement a une profondeur de 2 cm. environ. De cette fa?on, il n'y a aucun risque de leser l'embryon ou de perforer le jaune, et Ton est ainsi certain d'introduire la substance dans l'albumen. Cela nous est en particulier demontre par le fait que, en injectant la substance, une petite goutte d'albumine sort a travers le trou de la coquille par lequel l'aiguille a ete introduite. Apres l'injection, nous fermons le trou avec une goutte de paraffine. Lorsque l'injection est faite avant l'incubation, le liquide injecte n'est pas prealablement chauffe, mais se trouve a la temperature de la piece de travail; lorsque les injections sont faites apres l'incubation, les liquides sont chauffes a la temperature de 37-38° c . Avant la mise en couveuse ou le traitement avant l'incubation, on laisse les oeufs en position horizontale pendant 12 heures au moins, a la temperature du laboratoire. Pour controler les oeufs en experience, nous les avons mires apres 3 jours d'incubation et, dans chaque serie, nous avons elimine les oeufs qui n'etaient pas fecondes. A partir du troisieme jour, nous avons systematiquement controle les oeufs toutes les 24 heures en les mirant; les embryons morts ont ete immediatement preleves, observes au stereomicroscope, eventuellement photographies et enfin, s'ils presentaient des particularites ou des malformations interessantes, fixes au formol a 10%. Les embryons morts au 15eme jour ou plus tard, ont tous ete systematiquement peses. Pour evaluer le stade de 40 G. CONTI et G. MILIO d e v e l o p p e m e n t d e s e m b r y o n s , n o u s n o u s s o m m e s t e n u s a l a classification proposee p a r Hamburger et Hamilton. N o s e x p e r i e n c e s se d i v i s e n t e n 4 g r o u p e s ; le s c h e m a q u i s u i t n o u s d o n n e u n e idee quantitative d u n o m b r e d ' e m b r y o n s traites d a n s c h a c u n des 4 g r o u p e s : O e u f s d e c o n t r o l e ( p l u s i e u r s series) . . O e u f s s i m p l e m e n t p i q u e s d a n s le b l a n c O e u f s injectes a v e c 0,1 c c d e T y r o d e Oeufs traites avec la D P X : 1 m g . avant l'incubation 1 m g . apres 24 heures . 1 m g . apres 36 heures . 1 m g . apres 48 heures . 1 m g . apres 60 heures . 0,6 m g . a p r e s 2 4 h e u r e s . 0,4 m g . a p r e s 2 4 h e u r e s 0,2 m g . a p r e s 2 4 h e u r e s 0,1 m g . a p r e s 2 4 h e u r e s Oeufs traites avec la P X : 1 m g . apres 24 heures . 0,6 m g . a p r e s 2 4 h e u r e s 0,4 m g . a p r e s 2 4 h e u r e s 0,2 m g . a p r e s 2 4 h e u r e s 0,1 m g . a p r e s 2 4 h e u r e s Oeufs avec traitement combine 1:1 a v a n t l ' i n c u b a t i o n . 1:10 a v a n t l ' i n c u b a t i o n . 1:100 avant l'incubation 1:1 a p r e s 2 4 h e u r e s . 1:10 a p r e s 2 4 h e u r e s . 1:100 apres 2 4 heures . . . . . . . . . . 1 0 9 . . . . . 1 0 6 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . DPX . . . . . 256 + PX: . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 0 5 106 103 103 . 1 0 5 . . . . . . 1 0 2 . 1 0 2 . 1 0 7 100 . 1 0 4 . 1 0 4 . 9 4 . 1 0 1 . 1 0 0 . . . N o m b r e t o t a l d e s e m b r y o n s d e p o u l e t q u i o n t servi p o u r c e s experiences 92 92 9 1 92 94 95 2463 RESULTATS ET DISCUSSION Action de differentes doses de DPX injectees a la 24eme heure de Vincubation Dans ce premier groupe d'experiences, nous avons injecte a des oeufs fecondes la DPX a des doses de 1, 0,6, 0,4, 0,2, et 0,1 mg.; pour chacune de ces doses, l'injection a toujours ete faite a la 24eme heure d'incubation. Les resultats obtenus se trouvent resumes dans le tableau suivant (Tableau 1). Si nous considerons les chiffres de la premiere ligne, nous voyons des valeurs qui indiquent le nombre en pour-cent des embryons morts dans les trois premiers Vitamine et antivitamine B6 et Vembryon de poulet 41 jours qui ont suivi le traitement; ces valeurs nous donnent une idee de l'effet immediat du traitement. Pour les embryons de controle n'ayant subi aucun traitement (C), les valeurs se rapportent au nombre en pour-cent des embryons morts durant la periode allant du moment de la mise en couveuse jusqu'a la 72eme heure de l'incubation. On peut remarquer que, deja chez les controles non traites, il y a 6,9 % d'embryons qui meurent precocement, et ce pourcentage est a peu pres equivalent chez les embryons simplement piques (P) ou ayant TABLEAU 1 Embryons (%) traites par la DPX apres 24 heures d'incubation Controles (c,Vo) C 6,9 11,1 Mortalite precoce Mortalite tardive Vivants le 21 erne 82,0 jour 2,5 Hypodeveloppes 5,5 Malformes A T P 4,5 16,9 6,5 7,9 7 mg. 14,7 48,0 78,6 3,4 4,8 85,6 2,1 3,5 37,3 13,8 14,9 0,6 mg. 0,4mg. 0,2 mg. 0,7 mg 13,5 22,3 12,9 16,0 30,7 21,3 12,8 11,0 55,8 17,7 14,4 56,4 13,5 14,9 74,3 10,2 2,3 73,0 10,8 3,6 C = Controles sans aucun traitement. P = Controles piques sans injection. 7" = Controles ayant subi une injection de 0,1 c.c. de liquide de Tyrode apres 24 heures d'incubation. recu 0,1 cc de liquide de Tyrode (T) apres 24 heures d'incubation. Si nous comparons maintenant le pourcentage des morts parmi les embryons de controle et parmi les embryons traites par les differentes doses de DPX, nous constatons que, parmi les traites, les valeurs augmentent, doublent, triplent ou plus, mais sans jamais atteindre des chiffres tres importants. II est interessant de remarquer que les dififerentes valeurs ne sont pas directement proportionnelles aux doses de DPX employees; en effet, les doses relativement faibles (0,4 mg.) sont celles qui ont provoque le nombre le plus eleve de mortalite precoce (22,3 %) tandis que la dose la plus elevee (1 mg.) n'a determine que le 14,7 % de mortalite precoce. Les chiffres reportes dans la deuxieme ligne nous donnent une idee de la mortalite tardive qui frappe les embryons apres le troisieme jour et jusqu'au moment de l'eclosion. Dans les groupes des embryons de controle, le nombre des embryons qui meurent pendant cette periode n'est pas eleve; chez les embryons traites, le pourcentage est sensiblement superieur. Ici, les chiffres correspondant aux differentes doses SUivent une courbe regulierement descendante, qui souligne d'une maniere evidente l'importance de la dose de DPX sur la mortalite tardive. L'examen des chiffres de la troisieme ligne du tableau nous fournit des renseignements egalement significatifs. Ces chiffres indiquent le nombre en pour-cent des embryons arrives vivants a l'eclosion. Les chiffres de cette ligne 42 G. CONTI et G. MILIO confirment ceux de la deuxieme et montrent encore une fois que la survie des embryons augmente avec la diminution de la dose. II nous semble en definitive que la DPX n'a pas un effet lethal immediat, mais plutot un effet retarde nuisible a la vitalite de l'embryon, en provoquant sa mort (chiffre de la deuxieme ligne) ou en arretant son developpement (chiffre de la quatrieme ligne) dans des periodes intermediaries. Parmi les embryons qui sont morts au-dela du troisieme jour apres le traitement, on trouve de nombreux cas d'hypodeveloppement; le degre de maturite et le poids de ces embryons hypodeveloppes est sensiblement inferieur a celui correspondant des controles. Dans la quatrieme ligne, les valeurs indiquent le nombre des embryons qui ont subi un retard dans leur developpement; ces embryons presentaient au moment de la mort ou au moment de Peclosion un degre de maturite et un poids sensiblement inferieurs aux valeurs moyennes obtenues chez des embryons normaux. A propos des poussins et des embryons hypodeveloppes, nous pouvons affirmer que, lorsque le poussin est capable d'eclore spontanement, il n'est jamais hypodeveloppe. Nous n'avons done jamais pu observer de poussins vivants hypodeveloppes. Par contre, parmi les embryons morts a la fin de la periode d'incubation, entre le 19eme et le 21 erne jour, le nombre des hypodeveloppes est plus marque que durant le reste de l'incubation. Ces embryons correspondent apparemment (formation des membres, developpement des plumes . . . etc.) aux embryons normaux, mais ils sont plus chetifs, plus petits. Parmi ceux-la, nous avons frequemment constate des poids de moins de 25 g. (parfois meme 16-17 g.). On pourrait s'etonner, a propos du poids des poussins vivants, de la grande marge entre les poids extremes (plus de 10 g.); il faut cependant penser que les oeufs eux-memes peuvent varier assez fortement de grandeur et de poids (la moyenne des poids des oeufs que nous avons utilises va de 48 a 57 g.). A propos de 1'evaluation du degre d'hypodeveloppement, nous devons encore dire qu'elle presente parfois certaines difficultes et cela surtout chez les embryons qui meurent dans des phases relativement precoces du developpement. Les chiffres de la quatrieme ligne nous indiquent que la DPX manifeste, a toutes les doses employees, un effet inhibiteur sur la croissance, se traduisant par un certain pour-cent d'embryons hypodeveloppes. En definitive, l'examen comparatif des quatre premieres lignes semble nous indiquer d'une maniere assez nette que la DPX exerce des effets inhibiteurs sur le developpement de l'embryon de poulet. Ces effets se manifestent selon une triple modalite: par la mort precoce des embryons, par une mortalite tardive ou enfin par un retard du developpement. Parmi ces trois effets, un seul semble etre lie a la quantite de substance employee: la mortalite tardive, tandis que les deux autres effets inhibiteurs se manifestent dans des pourcentages modestes et qui sont tout a fait independants de la quantite de substance employee. Dans la derniere ligne, enfin, nous reportons les valeurs en pour-cent des embryons malformes. Puisque, en general, on n'arrive pas a reconnaitre assez Vitamine et antivitamine B6 et Vembryon de poulet 43 bien les malformations chez les embryons morts au cours des trois premiers jours, dans ce calcul comme d'ailleurs dans les calculs sur les hypodeveloppes, nous n'avons pas tenu compte du nombre total des embryons traites dans chaque serie mais nous avons calcule le pour-cent sur le nombre des embryons qui vivaient au-dela du troisieme jour. En effet, les doses plus elevees ont fait doubler ou tripler le nombre des malformes par rapport a la normale, mais ce nombre reste toujours dans des pourcentages tres peu importants (14-15%). Par contre, les doses les plus faibles n'ont montre aucun effet teratogene, et le nombre des malformations obtenues est inferieur a celui observe chez les embryons de controle. Parmi les differentes malformations que nous avons obtenues, nous n'avons pu identifier aucune malformation a laquelle on puisse attribuer un certain caractere de specificite. Action de 1 mg. de DPX injecte a differentes epoques de Vincubation Les etudes sur la chimio-teratogenese nous indiquent que l'embryon de poulet reagit differemment aux differentes stimulations et qu'il possede une periode accrue de sensibilite au cours de son developpement precoce; cette periode critique varie, d'une part selon la nature des substances employees et d'autre part, en rapport avec les ebauches qui pourraient etre impliquees pour les malformations (Ancel). Nous avons par consequent realise un deuxieme groupe d'experiences avec la DPX. Celle-ci a ete injectee a des periodes differentes du developpement, a savoir avant l'incubation ou bien 24, 36, 48 et 60 heures apres le debut de l'incubation. Dans ce deuxieme groupe d'experiences, nous avons maintenu constante la dose de 1 mg. Les resultats sont resumes dans le tableau qui suit (Tableau 2). Les chiffres de la premiere ligne nous montrent que la mortalite precoce chez les controles (embryons ayant regu une injection de liquide de Tyrode) est un peu plus elevee dans le groupe des embryons injectes avant l'incubation et TABLEAU 2 Embryons traites (%) avec 1 mg. de DPX a differentes epoques Controles (ct A TO Mortalite precoce Mortalite tardive Vivants le 21 erne jour Hypodeveloppes Malformes 10,4 14,6 75,0 7,0 16,3 T24 6,5 7,9 T48 85,6 2,1 91,8 3,5 6,1 2,1 2,2 2,2 48 hr. 13,0 22,0 60 hr. 19,2 19,3 53,3 17,4 65,0 7,2 5,7 61,5 11,9 8,3 Avant 44,1 40,2 24 hr. 14,7 48,0 36 hr. 15,7 21,1 37,3 13,8 14,9 8,8 8,4 38,3 9,1 TO — Embryons de controle ayant recM une injection de 0,1 cc de liquide de Tyrode avant l'incubation. T24 = Embryons de controle ayant rec.u une injection de 0,1 cc de liquide de Tyrode apres 24 heures d'incubation. T48 = Embryons de controle ayant recu une injection de 0,1 cc de liquide de Tyrode apres 48 heures d'incubation. 44 G. CONTI et G. MILIO qu'elle se reduit sensiblement dans les autres groupes. Ce fait nous est confirme en observant les resultats obtenus avec la DPX: le nombre des morts precoces est tres eleve (44,1 %) lorsque l'injection est faite avant l'incubation, tandis que dans les jours suivants, la mortalite precoce se reduit a des valeurs sensiblement inferieures; ces valeurs restent toutefois superieures par rapport aux series correspondantes de controle. La mortalite tardive (effet retarde) chez les embryons traites avec la DPX nous confirme que la periode la plus critique pour l'embryon se situe avant l'incubation. En effet, si Ton additionne les chiffres des deux premieres colonnes, on trouve que 84,3 % des embryons meurent avant l'eclosion lorsque l'injection se fait avant l'incubation; ce chiffre va graduellement se reduire pour arriver a environ 35% lorsque l'injection est faite apres 48 ou 60 heures d'incubation. Dans tous les cas, nous pouvons observer que la mortalite tardive est plus importante que la mortalite precoce, et que la dose de 1 mg. de DPX exerce un effet inhibiteur assez important qui permet a un nombre assez restreint d'embryons d'atteindre le jour de l'eclosion (chiffre de la troisieme ligne). Un autre aspect de l'effet retarde du traitement est represente par l'hypodeveloppement. Ici encore, nous voyons des valeurs qui sont superieures aux controles, mais qui restent quand meme dans des limites relativement basses. Ces valeurs confirment encore une fois que Pepoque la plus critique pour l'embryon, se traduisant par la mortalite precoce, la mortalite tardive et les hypodeveloppes, se situe avant l'incubation. En ce qui concerne l'effet teratogene, les chiffres de la cinquieme ligne montrent que la substance ne produit pas de malformations. Seulement lorsque la DPX est injectee apres 24 heures d'incubation, le nombre des malformes est un peu plus eleve mais atteint seulement 15 % des embryons traites; cette valeur n'est pas suffisante pour attribuer a la DPX un effet teratogene specifique, d'autant plus qu'un pourcentage egal de malformes a ete obtenu en injectant du Tyrode avant l'incubation. En definitive, ce deuxieme groupe d'experiences nous permet de tirer les conclusions suivantes: (a) La DPX exerce un effet inhibiteur sur le developpement de l'embryon de poulet. (b) Un tel effet inhibiteur peut etre plus ou moins marque et plus ou moins precoce: dans un certain pourcentage il se manifeste par la mort precoce de l'embryon; dans d'autres cas, par la mort plus tradive; dans d'autres cas encore, par un simple retard du developpement qui, dans beaucoup de cas, est associe a la mort de l'embryon. En d'autres termes, l'effet inhibiteur de la DPX est represente par un arret ou un retard du developpement qui est, dans bien des cas, suivi par la mort. (c) L'effet inhibiteur parait d'autant plus marque que la periode du traitement est plus precoce: Fintensite maximale s'observe en administrant la DPX avant l'incubation. Vitamine et antivitamine B6 et Vembryon de poulet 45 (d) La DPX, injectee a la dose de 1 mg a differentes epoques de l'incubation, n'a pas d'effet teratogene specifique. Action de differentes doses de PX injectees a la 24eme heure de Vincubation Avant de realiser le traitement combine avec les deux substances, nous avons realise un troisieme groupe d'experiences dans le but d'etudier la tolerance de l'embryon de poulet vis-a-vis de la PX. La substance a ete injectee aux embryons de poulet aux memes doses et en suivant exactement les memes modalites que celles employees dans le premier groupe de nos experiences. TABLEAU 3 Embryons traites (%) avec la PX apres 24 heures d'incubation Contrdles (°, A Mortalite precoce Mortalite tardive Vivants le 21 erne jour Hypodeveloppes Malformes A C 6,9 11,1 P 4,5 16,9 T 6,5 7,9 1 mg. 6,7 19,0 82,0 2,5 5,5 78,6 3,4 4,8 85,6 2,1 3,5 74,3 3,1 7,1 0,6 mg. 0,4 mg. 0,2 mg. 0,1 mg 5,7 6,8 8,6 7,8 21,7 14,6 9,7 13,3 72,6 5,0 6,0 78,6 5,2 5,2 82,5 2,1 2,1 78,1 2,1 4,2 Le tableau ci-dessous (Tableau 3) resume les resultats obtenus. Comme on peut facilement le remarquer, le traitement avec la PX est tres bien supporte par les embryons, raeme a la dose de 1 mg. Les ecarts des valeurs en pour-cent entre les doses maximales et minimales sont toujours tres modestes, soit en ce qui concerne la mortalite precoce ou tardive des embryons, soit en ce qui concerne la frequence des hypodeveloppes ou des malformes; les valeurs obtenues se rapprochent toujours des valeurs observees dans les series de controle. Par consequent, les conclusions que Ton peut tirer ne peuvent etre que positives, c'est-a-dire que la PX doit etre consideree, au moins pour les doses que nous avons employees, comme absolument inoffensive. Action de la DPX et de la PX associees en differents rapports et injectees avant et apres 24 heures d'incubation Afin de nous assurer que les effets obtenus par l'administration de DPX dans le premier et le deuxieme groupe d'experiences sont vraiment determines par la DPX, nous avons realise un quatrieme groupe d'experiences qui servirait de contre-epreuve biologique: a savoir, nous avons associe a la DPX des doses bien determinees de PX, son antagoniste, capable d'en neutraliser les effets lorsqu'elle est administree simultanement. Les deux substances ont ete injectees dans les rapports 1:1,1:10 et 1:100. La dose de DPX a ete maintenue constante a 1 mg.; la PX a ete ajoutee respectivement aux doses de 1 mg., 0,1 mg. et 46 G. CONTI et G. MILIO 0,01 mg. Les deux substances ont ete injectees soit avant l'incubation, soit apres 24 heures, apres avoir ete dissoutes ensemble dans 0,1 cc de liquide de Tyrode. Le tableau ci-dessous (Tableau 4) nous montre les resultats obtenus. Quant aux series de controle, nous avons employe les series qui nous avaient servi au cours des experiences precedentes en prenant en consideration l'effet de 1 mg. de DPX injecte avant et 24 heures apres l'incubation. En ce qui concerne la mortalite precoce, les chiffres de la premiere ligne nous indiquent clairement que l'association des deux antagonistes dans le rapport 1:1 montre les resultats les plus favorables; et cela, soit que l'association soit injectee avant l'incubation, soit que les antagonistes soient injectes 24 heures apres. En comparant ces valeurs avec celles des series de controle injectees avec 1 mg. de DPX, on observe que, dans le premier cas (DPX administree TABLEAU 4 Traitement avec le complexe DPX-PX Contrdles A r avant Vincub 0/ /o DPXO DPX24 14,7 Mortalite precoce 44,1 Mortalite tardive 40,2 48,0 Vivants le 21eme 15,7 37,3 jour Hypodeveloppes 21,1 13,8 Malformes 8,8 14,9 ( A apres 24 heures r 1:1 13,0 28,3 1:10 27,2 23,8 1:100 22,0 32,9 1:1 15,2 21,8 1:10 30,9 14,8 1:100 20,0 24,5 58,7 8,8 13,7 49,0 7,4 11,9 45,1 12,7 12,7 63,0 6,4 9,0 54,3 7,7 4,6 55,5 8,0 6,6 DPXO = Embryons traites avec 1 mg de DPX dissous dans 0,1 cc. de liquide de Tyrode, avant l'incubation. DPX24 = Embryons traites avec 1 mg. de DPX dissous dans 0,1 cc. de liquide de Tyrode, apres 24 heures. avant l'incubation), le taux eleve de mortalite (44,1 %) est sensiblement reduit par l'adjonction de PX; une telle reduction de la mortalite atteint des valeurs maximales dans le rapport 1:1, la reduction de la mortalite est inferieure dans les rapports 1:10 et 1:100. Dans le deuxieme cas, par contre (DPX injectee apres 24 heures d'incubation), on n'observe aucune reduction de la mortalite; bien au contraire, avec les rapports 1:10 et 1:100, on remarque meme une augmentation de la mortalite par rapport au traitement avec la DPX seule. Ces donnees nous indiquent que la DPX injectee avant l'incubation est directement responsable du taux eleve de mortalite precoce, et que ce taux peut etre sensiblement reduit par Padministration simultanee d'une dose adequate de PX. Mais cela nous montre egalement que lorsque la DPX est administree apres 24 heures d'incubation, le taux de mortalite precoce qu'elle provoque peut etre lie a des causes independantes d'une action inhibitrice specifique: en effet, ce taux de mortalite, qui d'ailleurs n'est pas du tout eleve, n'est pas reduit par l'administration simultanee de DPX. Des considerations analogues peuvent etre faites au sujet des chiffres relatifs Vitamine et antivitamine 2?6 et Vembryon de poulet Al a la mortalite tardive. Meme dans ce cas, l'adjonction de PX est capable de reduire plus ou moins largement le taux de mortalite et cela, soit que les traitements associes soient faits avant l'incubation, soit qu'ils le soient apres 24 heures d'incubation; dans ce dernier cas, la reduction de la mortalite parait meme parfois plus importante. L'efficacite de l'association de la PX a la DPX se trouve encore confirmee en observant les valeurs indiquant le pour-cent des embryons capables d'arriver a Peclosion: on remarque que les trois rapports sont capables de reduire 1'effet inhibiteur provoque par la DPX seule. L'effet antagoniste de la PX vis-a-vis de la DPX est encore temoigne par la reduction sensible du pour-cent des embryons hypodeveloppes que Ton observe dans les differents rapports. Enfin, en ce qui concerne le nombre de malformes, ce groupe d'experiences ne nous apporte pas de donnees significatives. Mais cela se comprend bien, en tenant compte du fait qu'aucune des deux substances, injectee separement, n'a revele d'effets teratogenes aux doses que nous avons employees. En definitive, ce groupe d'experiences nous permet de tirer les conclusions suivantes: (a) L'adjonction de PX a la DPX reduit sensiblement le taux de mortalite precoce et de mortalite tardive provoquee par le traitement avec la DPX seule. Par consequent, le taux de survie augmente notablement. (b) Pour neutraliser le taux eleve de mortalite precoce provoque par la DPX injectee avant l'incubation, il est necessaire d'utiliser une concentration de PX elevee: dans nos experiences, le rapport 1:1 s'est revele le plus efficace. Pour neutraliser le taux de mortalite tardive et pour faire baisser le taux des embryons hypodeveloppes, meme des concentrations inferieures de PX (1:10 et 1:100) se sont revelees largement suffisantes. Considerations sur le pouvoir teratogene de differents solvants, de la DPX et de la PX Dans des recherches precedentes, nous avons etudie l'action de differents solvants sur le developpement de l'embryon de poulet. Avoir etabli l'absence de pouvoir teratogene de la part de ces solvants, representait une donnee fondamentale qui nous a permis d'examiner, par la suite, le pouvoir teratogene de substances dissoutes dans ces solvants. Les renseignements que nous en avons tires sont lies a un critere quantitatif et ce critere, a lui seul, nous parait encore insuffisant pour exclure un pouvoir teratogene eventuel; pour rendre un tel jugement plus valable, il ne faut pas negliger le critere qualitatif; a savoir, il faut preciser s'il existe un lien d'interdependance entre l'administration d'une substance donnee et l'apparition de malformations bien determinees, se repetant avec une certaine frequence et Constance. Dans ce but, nous avons compare les resultats fournis par tous les groupes d'experiences que nous avons realises, 48 G. CONTI et G. MILIO et cela, en considerant, non seulement les pour-cents totaux des malformes, mais egalement et surtout en etudiant les pour-cents partiels des differents types de malformations. II est evident qu'une telle comparaison ne pourra qu'etre globale, c'est-a-dire realisee sur le total des embryons traites avec toutes les substances et sans plus tenir compte ni de la dose employee ni de l'epoque a laquelle la substance a ete injectee. Dans le tableau qui suit (Tableau 5), on remarque que les valeurs en pour-cent sont tres semblables entre elles et ne s'eloignent pas beaucoup des valeurs obtenues chez les embryons de controle n'ayant subi aucun traitement. Le tableau montre done d'une maniere tres claire qu'aucune des deux substances, DPX et PX, et qu'aucun des trois solvants n'a d'effet teratogene. TABLEAU 5 Nombre d'embryons Traitement traites 473 Controles 374 Piqure Eau dist. 1031 1034 Sol. physiol. 1241 Tyrode DPX 914 522 PX 556 DPX-PX N. reel d'embryons malformes 25 17 46 56 84 68 26 44 N.en % d'embryons malformes 5,3 4,6 4,5 5,4 6,7 7,5 4,9 7,9 En tenant compte, toutefois, que la DPX a provoque, dans bien des cas, un taux eleve de mortalite precoce, et en tenant compte egalement des difficultes que Ton rencontre pour etablir avec certitude l'existence de malformations chez les embryons morts au cours des trois premiers jours, nous avons fait d'autres calculs. Ceux-ci ont ete faits en tenant compte seulement des embryons qui avaient survecu au-dela du troisieme jour apres le traitement. Comme on le remarque dans le Tableau 6, les pour-cents des malformes restent toujours tres bas et presentent des valeurs qui sont assez semblables a celles des embryons de controle. TABLEAU 6 Traitement Controles Piqure Eau dist. Sol. physiol. Tyrode DPX PX DPX-PX Nombre d'embryons vivants a partir du 3eme jour 440 359 735 111 902 749 485 437 Nombre d'embryons malformes a partir du 3eme jour N. reel 25 17 46 50 73 66 24 43 A N.en % 5,7 4,7 6,3 6,8 8,1 8,8 5,0 10,0 Vitamine et antivitamine B§ et Vembryon de poulet 49 Nous avons enfin realise un autre calcul, en tenant compte du type de malformation presente par chaque embryon. Ce calcul implique des difficultes, etant donne que seul un nombre restreint d'embryons presentent des malformations isolees. La plupart des malformations se sont presentees en association avec une ou plussieurs autres malformations, il en est resulte, dans certains cas, TABLEAU 7 Cadre synoptique des differents types de malformations observes chez les embryons de controle et chez les embryons traites avec les solvants physiologiques, la DPX et la PX Brachygnathie sup. et inf. Retroversion du bee inf. Bee croise Bee de perroquet Micro- et anophtalmie mono- et bilat Deviation du bee Anencephalie, exencephalie Deviation de la colonne vert. Spina bifida Celosomie Ectrosomie Ectromelie Brachymelie Hemimelie Phocomelie Symelie Ectrodactylie Gueule de loup Anourie Oedeme Kystes des plumes Anomalies de la position des pattes Monstres doubles Autres monstruosites C = Controles. P = Piqure. ED = Eau distillee. C 16 0 8 12 52 0 48 0 0 20 0 8 0 0 0 0 0 0 0 4 0 0 0 0 p 0 5 23 12 53 0 23 0 0 41 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 12 ED 11 11 13 15 38 0 19 2 2 35 0 0 0 2 0 0 2 0 0 4 0 0 0 4 SP 7 4 19 7 50 0 23 7 0 19 0 0 0 0 0 0 2 0 0 4 2 6 0 2 TY 4 4 18 11 39 1 27 2 0 46 1 0 0 1 0 1 0 0 0 1 0 0 0 5 DPX 4 9 7 17 28 6 25 4 1 19 0 0 0 0 2 0 0 4 0 9 0 0 3 0 PX 4 15 8 35 12 0 16 4 0 20 0 0 4 0 0 0 0 0 0 16 0 0 0 0 DPXPX 2 11 18 7 23 2 16 5 0 41 0 0 0 2 0 0 0 0 2 10 0 5 0 5 SP == Solution physiologique. TY= Liquide de Tyrode des images monstrueuses tres complexes. Par consequent, les embryons presentant plusieurs malformations figurent deux ou plusieurs fois sous le nom des malformations correspondantes. Tous les chiffres du Tableau 7 represented des pour-cents qui se rapportent au total des malformes obtenus avec le traitement correspondant a la colonne respective. Par exemple, le chiffre de 8 dans la rubrique des bees croises, chiffre observe chez les embryons de controle, correspond a 8 % de 25 embryons trouves malformes parmi les embryons de controle. 4 50 G. CONTI et G. MILIO Comme les chiffres du tableau le montrent, pour aucune des substances employees, il n'existe de frequence specifique d'un type de malformation. II existe, il est vrai, des types de malformations qui se repetent plus frequemment que d'autres, mais cette frequence n'est pas liee au traitement par une seule substance puisque la malformation se repete de facon generale avec toutes les substances employees (voir par exemple les malformations des yeux, la celosomie, l'anencephalie). L'un des exemples de malformation specifique pourrait etre represents par les monstres doubles qui—sur le total des embryons malformes—existent seulement chez les embryons traites avec la DPX. Mais, mis a part le nombre insignifiant de cas (2), il y a d'autres considerations qui nous montrent que cette malformation ne doit pas etre consideree comme specifique pour la DPX. Cette malformation est liee, en effet, a une deviation des processus normaux de segmentation de l'oeuf, se realisant a des phases tres precoces du developpement. Dans notre cas, les deux embryons ont ete injectes avec la DPX 24 heures apres le debut de l'incubation; il est done vraisemblable que, lorsque le traitement fut realise, la segmentation anormale avait deja debute. La gueule de loup est une autre variete de malformation qui pourrait avoir une valeur specifique. Nous ne l'avons constatee que chez des embryons traites avec la DPX. Dans ce cas, cependant, la valeur est trop basse (le 4 % du total des malformes provoques par la DPX) pour considerer cette malformation comme specifique de la substance. En definitive, les valeurs rapportees dans le dernier tableau confirment les conclusions tirees des deux tableaux precedents: la DPX et la PX, comme les trois solvants, ne semblent reveler aucune action teratogene specifique. RESUME 1. L'antivitamine B 6 (DPX) exerce un effet inhibiteur sur le developpement de l'embryon de poulet. 2. Un tel effet inhibiteur se manifeste a la dose de 1 mg. et il est plus ou moins marque et plus ou moins precoce. L'effet inhibiteur se traduit par la mort precoce des embryons ou par l'arret ou un retard du developpement, qui, dans bien des cas, est suivi par la mort de l'embryon a un stade plus avance. 3. L'effet inhibiteur parait d'autant plus marque que la periode du traitement est plus precoce: l'intensite maximale s'observe en administrant la DPX avant l'incubation. 4. La vitamine B6 (PX) doit etre consideree comme absolument inoffensive pour le developpement de l'embryon de poulet. 5. L'adjonction de PX a la DPX reduit sensiblement le taux de mortalite precoce et de mortalite tardive provoque par le traitement avec la DPX seule. 6. La vitamine B 6 , l'antivitamine B 6 et les trois solvants etudies (eau distillee, solution physiologique et liquide de Tyrode) n'ont pas revele d'action teratogene specifique sur l'embryon de poulet. Vitamine et antivitamine B6 et Vemhryon de poulet 51 SUMMARY The action of vitamin B^ and its antivitamin upon the development of the fowl embryo 1. Antivitamin B 6 (deoxypyridoxine) has an inhibitory effect upon the development of the fowl embryo. 2. This effect, which occurs with doses of 1 -0 mg., may be shown by early death, or by arrested or delayed development which in many cases is followed by death at later stages. 3. The effect is greater the earlier the administration of the antivitamin. The greatest effect was obtained after administration to the egg before incubation. 4. Vitamin B 6 is without adverse effect upon the development of the fowl embryo. 5. Joint administration of vitamin B 6 and antivitamin B 6 reduces the early and the late mortality produced by the antivitamin alone. 6. Vitamin Bg, antivitamin B 6 , and the three solvents used (distilled water, physiological saline and Tyrode solution) showed no specific teratogenic activity. REMERCIEMENTS Ces recherches ont ete faites grace a un subside du Fonds national suisse de la recherche scientifique et de la Fondation E. Barell. Nous remercions le departement des recherches medicates de la HofFmann-La Roche SA, Bale, qui nous a fourni les substances utilisees au cours de ces recherches. BIBLIOGRAPHIE ANCEL, P. (1950). La chimioteratogenese chez les vertebres. Paris: G. Doin et Cie. CONTI, G. ET MILIO, G. (1963). Action de la desoxypyridoxine sur le developpement de l'embryon de poulet et sur certains de ses organes cultives in vitro. C. r. Ass. Anat. (Bruxelles, 1-5 septembre 1963), pp. 94-102. CONTI, G. ET MILIO, G. (1964). Action de la piqure et de l'eau distillee sur le developpement de l'embryon de poulet. Experientia, 20, 110-12. CONTI, G. et MILIO, G. (1964). Action de la solution physiologique de chlorure de sodium sur le developpement de l'embryon de poulet. Experientia, 20, 282. CONTI, G. et MILIO, G. (1964). 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