Projet de Recherche sur la Formation Initiale et Continue des Enseignants en Afrique (FICEA) LA PRÉPARATION DES ENSEIGNANTS EN LECTURE ET EN MATHÉMATIQUES ET SON INFLUENCE SUR LA PRATIQUE DANS LES ÉCOLES ELEMENTAIRES DU SÉNÉGAL Résumé du rapport Pays 1. Contexte de recherche et introduction savoir comment représenter, formuler et faire comprendre la matière à enseigner aux élèves. La recherche est donc centrée sur l’identification des différentes connaissances, compréhension et pratiques attendues de la part des enseignants pendant leur préparation et la comparaison de ces dernières avec celles qui sont démontrées à différent moments de leur formation et de leur carrière. L’objectif d’atteindre l’éducation pour tous d’ici 2015 a mobilisé plusieurs pays d’Afrique sub-saharienne, dont le Senegal, et les a incités à confronter leur faible taux d’enrôlement scolaire. Toutefois, remplir les salles de classes n’est pas suffisant. Pour que l’éducation ait des conséquences positives sur le plan social et économique, les enfants doivent apprendre les compétences de bases en lecture, écriture et numération. Le projet de recherche sur la Formation Initiale et Continue des Enseignants en Afrique (FICEA), financé par la fondation William et Flora Hewlett, visait à combler un manque dans les connaissances actuelles sur la façon dont la formation initiale et continue influence les pratiques des enseignants, par une étude dans six pays africains. Ce résumé présente les grandes lignes de la recherche effectuée au Mali. Puisque les aptitudes en lecture et en mathématiques dans les premières années du primaire sont d’une importance extrême, ce rapport met l’accent sur la préparation que reçoivent les maîtres qui enseignent dans les classes d’initiation et sur l’appui dont ils disposent pour enseigner ces matières par le biais de la formation continue. Dans ce projet de recherche, nous conceptualisons la compétence des enseignants en termes de connaissance, compréhension et pratique. La pratique est centrale à un enseignement de qualité mais le vaste volume de recherche sur l’enseignement indique qu’une bonne pratique pédagogique ne peut pas découler de l’application irréfléchie de techniques. Enseigner est un processus complexe qui requiert une multitude de connaissances : - des connaissances disciplinaires, c’est-à-dire les savoirs concernant la matière et les sujets à enseigner; - des connaissances pédagogiques, c’est-à-dire savoir comment interagir avec les apprenants et gérer une classe; - des connaissances pédagogiques de contenu, c’est-à-dire Les compétences liées à l’enseignement de la lecture et des mathématiques que les programmes de formation initiale des maîtres cherchent à développer chez les élèvesmaîtres ont d’abord été identifiées. Ensuite, les chercheurs ont construit une image des connaissances, de la compréhension et des pratiques des élèves-maîtres à la fin de leur formation, des enseignants récemment qualifiés (ERQ), et des maîtres ayant participé à des programmes de formation continue). Une combinaison de données quantitatives et qualitatives a été utilisée pour la développer. Les données qualitatives proviennent des focus groups avec des élèves-maîtres et des entretiens individuels approfondis avec des formateurs, des ERQ et des enseignants. Les entretiens individuels faisaient suite à l’observation de leçons. Quatre Écoles de Formation des Instituteurs (EFI), trois Pôles Régionaux de Formation (PRF) et 24 écoles ont pris part à la recherche. Les données quantitatives proviennent de questionnaires administrés à 837 élèves-maîtres soit 547 hommes et 378 femmes (54.57% contre 45,27%) et 184 ERQ, soit 41 hommes et 143 femmes (78%). Les programmes de formation continue en lecture la SARENA, celui du PREMST en mathématiques, et le nouveau curriculum de l’éducation de base (CEB) ont été analysés. Pour fin de comparaison, le projet a recueilli des données sur les connaissances, la compréhension et les pratiques des enseignants ayant récemment pris part à des PFC. Des observations de leçons ont été suivies d’entretiens et de questionnaires. Les questionnaires utilisés étaient les mêmes que pour les ERQ. Les données qualitatives comme les entretiens approfondis et les focus groups ont été transcrits et importés dans le logiciel d’analyse qualitative Nvivo 8 tout comme d’autres écrits recueillis. Les données étaient codées et regroupées à l’aide d’un système de catégorisations hiérarchiques. Les données quantitatives étaient analysées à l’aide du logiciel STATA. 2. Constats généraux pratiques pour l’enseignement de la lecture et des mathématiques. Les entretiens menés auprès différents répondants soulignent le besoin d’introduire l’enseignement du nouveau curriculum de l’éducation de base (CEB) dans la formation initiale des maîtres. Actuellement, les élèvesmaîtres ne sont pas suffisamment imprégnés du CEB et ne sont pas initiés aux principes de l’approche par compétence qui est pourtant au cœur du nouveau curriculum. Les principaux résultats de la recherche montrent que les enseignants ne sont pas assez bien préparés pour enseigner à l’élémentaire. Cette faiblesse de la préparation est due au mode de recrutement et à la courte durée de la formation initiale. En effet, le recrutement des élèvesmaîtres par voie de concours et quota sécuritaire (recrutement à partir du cabinet ministériel) a été décrié par les principaux acteurs du système. La formation initiale déjà de courte durée, est encore plus réduite pour les élèvesmaîtres du quota sécuritaire qui n’arrivent pas au début du cours. La majorité des maîtres en exercice interviewés pensent que la durée de leur formation ne dépassait pas 6 mois. Le décalage du début de la formation constitue une perturbation pour tous les élèves-maîtres mais surtout pour ceux qui arrivent tard. Cette situation crée une incohérence et des écarts dans le niveau de connaissances des élèvesmaîtres d’une même promotion et rend la gestion de classe plus difficile. L’analyse du Guide de la formation des volontaires de l’éducation, programme de référence des EFI a montré une non articulation entre les programmes de l’enseignement élémentaire et ceux des EFI. Des divergences majeures ont été constatées notamment au niveau des contenus d’apprentissage, des méthodes et approches utilisées et enseignées. Par conséquent, les connaissances des élèves ainsi que leur compréhension de l’enseignement de la lecture et des mathématiques se construisent à partir de la connaissance des formateurs. Ces divergences ne contribuent pas à la préparation efficace des futurs maîtres et crée différents niveaux de connaissances chez les maîtres en formation ainsi que chez les ERQ. Le manque d’arrimage entre les programmes accroît les besoins de formation continue et de supervision dans les écoles ce qui pose des contraintes à la fois financières, logistiques et organisationnelles. Un des points faibles du Guide est qu’il ne met pas l’accent sur le développement de compétences Les formateurs en mathématiques et de la lecture sont des inspecteurs de l’éducation. Le projet a observé huit leçons en maths et en lecture dans les EFI, mais un seul des formateurs avait une formation spécifique dans la discipline enseignée. Il faut noter que tous les formateurs interviewés avaient beaucoup d’expérience dans l’enseignement. La capacité de certains formateurs à anticiper sur la bonne préparation des futurs maîtres est un point fort de la formation initiale. En effet, bien que des écarts existent entre le Guide, les programmes scolaires et les manuels scolaires, certains formateurs arrivent à combler cet écart en intégrant le curriculum de l’éducation de base dans le déroulement des cours à l’EFI et à cadrer leurs cours par rapports aux besoins des manuels scolaires. Ainsi, le profil des maîtres sortants variera d’une EFI à une autre. En effet, bien que le Guide soit unique, chaque formateur d’EFI présentera un contenu spécifique qui dépendra de la capacité du formateur. Cette force est néanmoins limitée par le manque d’assiduité de certains formateurs et l’insuffisance du nombre de formateurs. Nos données révèlent que l’enseignement de la didactique se fait en général de manière théorique à l’EFI. Certains formateurs organisent des travaux de groupe, des présentations et demandent aux élèves maitres de préparer des fiches et de les présenter. Les élèves maitres vivent la réalité des classes durant leurs stages pratiques qui se déroulent de manière alternative tout au long des 9 mois de formation theorique dans les écoles d’application. Les méthodes d’enseignement utilisées pour les cours de didactique dans les EFI devraient donc être plus variées et les simulations complétées par d’autres approches telles que l’analyse d’erreurs d’enfants, les discussions basées sur l’observation de vidéos en salle de classe, les études de cas; les cours de didactique devraient être centrés sur la pratique. Les données recueillies auprès des élèves-maîtres des quatre EFI étudiées démontrent qu’une majorité d’entre eux pensent que, s’ils appliquent les étapes de la démarche pédagogique telles qu’enseignées par leurs formateurs leurs élèves apprendront. Ils perçoivent l’enseignement comme une mécanique ou un rituel, où il faut passer par différentes étapes. Toutefois, l’enseignement est un processus complexe qui va au-delà de l’application d’une série d’étapes. En plus, les visites dans les écoles ont révélé que les ERQ n’appliquaient pas les étapes exactement comme elles leur ont été enseignées. Souvent, les conditions dans les salles de classes telles que le nombre d’élèves, le manque de matériel, le niveau de connaissance des élèves ou des contraintes comme le temps d’enseignement alloué pour différents sujets déstabilise les maîtres. Très souvent, ils reviennent à un enseignement plus traditionnel ou à des approches avec lesquelles ils se sentent plus à l’aise. C’est le cas de la méthode syllabique en lecture. Dans d’autres cas, cette situation est due au fait que les maîtres n’ont pas appris à se poser les questions qui les aideraient à adapter leurs approches ou à réfléchir de façon critique sur leurs pratiques d’enseignement. méthode utilisée même dans les leçons de lecture. Néanmoins, les enseignants participants ne sont pas appropriés les idées fondamentales du programme. On a constaté que son efficacité dépend de la motivation des enseignants et leur empressement à assister aux séances ainsi que de la motivation et de l’appui que le directeur offre aux participants. Le modèle PREMST qui déroule un programme cohérent par rapport aux cellules pédagogiques semble bon. 3. Apprendre à enseigner la lecture Plusieurs des élèves-maîtres rencontrés dans les EFI ainsi que les ERQ dans les écoles avaient une vision du bon maître très centrée sur le matériel pédagogique qui doit être simple et le contenu pédagogique lié a la vie courante et au concret (donner beaucoup d’exemples). Ils ont aussi mentionné l’importance des connaissances de la discipline à enseigner La formation ne semble pas avoir réussi à sensibiliser les élèves-maîtres à l’évaluation diagnostique et formative car elle est généralement absente des classes des ERQ. Les chercheurs ont noté qu’en général, même quand une grande partie des élèves ne comprenait pas un point important de la leçon, le maître les abandonnait et continuait. Les ERQ observés n’ont pas mis en pratique l’évaluation formative pour corriger ; c’est-à-dire qu’ils sont susceptibles de prendre la bonne réponse d’un élève qui s’est déjà montré capable comme évidence suffisante pour poursuivre la démarche de la leçon planifiée. L’intégration de l’évaluation diagnostique et formative dans la praxis pédagogique des enseignants peut interrompre l’application mécanique des procédures fixes qui rend l’enseignement sans sens pour beaucoup d’élèves. Les conclusions sur des programmes de formation continue sont assez décevantes. Les données telles que collectées n’indiquent pas une grande influence sur les connaissances, la compréhension et les pratiques des enseignants qui les ont suivis. Le programme du curriculum semble avoir eu un effet positif mais limité à cause de la durée limitée de la formation. Le PREMST a changé les pratiques de beaucoup de participants surtout il a aidé les enseignants à gérer les activités concrètes. Il faut noter aussi que quelques ERQ ont mentionné que c’était le PREMST qui leur a appris la gestion du travail en groupes, La position de la lecture comme compétence fondamentale n’est pas reconnue par la formation. Pour les élèves du primaire, apprendre à lire est l’acquis le plus significatif de la scolarisation. Il faut donc accorder à la formation en lecture une place beaucoup plus importante dans les programmes et les emplois du temps des EFI. Il ressort des entretiens effectués au niveau des EFI que les élèves maitres ont du mal à comprendre la méthode mixte à entrée globale qui unie les six compétences nécessaires pour une bonne initiation à la lecture. La méthode est apprise comme une procédure à suivre plutôt qu'un moyen d'établir les compétences chez les élèves. Par conséquent, dans la pratique chez les ERQ la méthode syllabique été le plus utilisée. L’enseignement souligne le décodage du texte et ignore les stratégies de compréhension. Bien que la majorité des enfants ne parlent pas le français à l’extérieur des salles de classe, les élèves-maîtres ne sont pas formés à enseigner la lecture dans un contexte de langue seconde. Cette situation représente donc un défi majeur pour les élèves-maîtres en plus de limiter l’impact de la démarche en lecture. 4. Apprendre à enseigner les mathématiques Comme nous l’avons déjà mentionné, les formateurs de didactique ne sont pas tous des mathématiciens, mais ils ont une longue expérience d’enseignement des mathématiques a l’élémentaire. Or, les élèves-maîtres ont besoin de connaissances approfondies afin de pouvoir transmettre aux élèves des bases solides. Ce défi est accentué par la généralisation de la formation initiale et l’inexistence de cours spécifique pour chaque classe et étape pour l’enseignement des maths. Il faut noter que les petites classes ont besoin d’une attention particulière. Le manque de ressources (disponibilité des livres), la conception actuelle du guide du maître et les programmes des écoles ne facilitent pas cette tâche. Les connaissances des élèves-maître et leur compréhension restent superficiels en ce qui concerne les thèmes clés tels que le concept du nombre. L’approche pédagogique la plus utilisée par les formateurs en maths est celle qui part du concret. Les résultats de la recherche ont montré que les élèves maitres ne maitrisent pas toujours les cours théoriques, mais savent qu’il est important d’entrer par le concret et d’utiliser des exemples concrets. Ils ont des connaissances théoriques mais ont des difficultés à les mettre en pratique. On a remarqué que les élèves-maîtres et les enseignants prêtent une grande importance à la connaissance des étapes de la démarche pédagogique. Toutefois, réciter mécaniquement les étapes d’une démarche est inutile si l’on ne sait pas les utiliser à bon escient. Telle est la situation rencontrée chez plusieurs enseignants. La banalisation de la phase de la concrétisation dans le déroulement de la leçon de mathématiques en classe d’initiation est préoccupante et pourrait expliquer en partie les échecs constatés. Les maîtres l’escamotent souvent pour aller vite à la conceptualisation et la liaison conceptuelle entre les différentes étapes est souvent insuffisante. Beaucoup manquent de techniques appropriées pour mieux concrétiser leurs leçons. D’autres maitres disent manquer de temps ou de ressources. Plusieurs maîtres se préoccupent plus de la séquence d’apprentissage que de l’apprentissage des enfants. Ils suivent les étapes mais ne pratiquent pas de stratégies d’évaluation formative ou diagnostique et ainsi ne voient pas que les enfants n’ont pas compris. Si les enseignants ne détectent pas les erreurs des élèves, ces derniers continuent à les répéter et n’apprennent pas la façon correcte d’exécuter la tâche. La supervision des activités d’apprentissage est donc particulièrement importante. L’analyse des erreurs des élèves est une compétence cruciale pour les maîtres qui enseignent les mathématiques. Pourtant il semble qu’elle ne soit pas enseignée lors de la formation initiale. Les observations et entretiens ont révélé que les techniques utilisées par les enseignants dans les salles de classe sont différentes de celles qu’ils ont apprises lors de leur formation initiale. 5. Constats et recommandations Les principaux résultats de la recherche et les contraintes qui limitent la bonne préparation des enseignants nous ont conduits à proposer sept catégories de recommandations : les recommandations basées sur les difficultés des EFI, celles basées sur les stages pratiques et leur articulation au programme théorique, celles liées au contenu du programme de formation initiale, les contrainte liées à l’enseignement de la lecture et celui des mathématiques, et celles liées aux innovations dans la formation continue. 1. Écoles de formation des instituteurs Les chercheurs ont observé différentes infrastructures d’EFI, allant des écoles construites et équipées par la coopération bilatérale à des écoles où l’administration est distante de 5km du site de l’école qui est sans eau ni électricité. Tous ces facteurs peuvent avoir un impact négatif sur la qualité et le confort dans les études. Le retard dans l’inscription de certains élèves-maîtres ne permet pas d’avoir une cohorte homogène. Ainsi, les IDEN qui reçoivent un groupe de nouveaux maîtres, sortant d’une même formation et ayant des niveaux de connaissances différents, ont demandé la suppression du quota sécuritaire, ce que le Ministre de l’éducation a lui-même accepté. En outre, la durée de la formation a été jugée trop courte aussi bien par les élèves, les formateurs que les IDEN. En plus, le temps réservé au thème de l’évaluation formative et diagnostique dans la formation des enseignants a été jugé trop court. Il est recommandé d’investir dans les équipements et les infrastructures d’accueil des EFI pour mettre les élèvesmaîtres et les formateurs dans de bonnes conditions qui facilitent la transmission et l’acquisition du savoir, de fixer un délai dans les inscriptions et d’allonger la dure de la formation à 12 mois au moins. En plus, il faut augmenter le temps réservé au thème de l’évaluation formative et diagnostique dans la formation des enseignants. Bien que tous les formateurs soient des inspecteurs ayant de longues expériences du système, aucun n’a reçu une formation spéciale dans les deux disciplines que sont les maths et la lecture. Il est recommandé de former davantage les formateurs en math et lecture ou de recruter des formateurs ayant une spécialité de la discipline enseignée. Mais une réorganisation des horaires et des tâches des formateurs pourraient assurer une formation de meilleure qualité en minimisant les coûts. Cette réorganisation doit être fait dans une manière à ce que : la taille de la classe soit appropriée à la pédagogie active qu’exige une formation efficace ; les charges d'enseignement des formateurs soient optimales ; les bienfaits de l’alternance des stages et des cours dans l’EFI soient maximisés en laissant du temps aux formateurs de visiter les écoles d’application, de débriefer les stages pratiques et de les inclure dans les travaux pratiques de la formation initiale ; la charge de travail et le salaire des formateurs soient égaux aux inspecteurs d’IDEN. 2. Les stages pratiques La formation pratique a été jugée insuffisante par les élèves-maîtres, la plupart n’ont pas eu la chance d’observer toutes les étapes de l’élémentaire et d’être exposé à toutes les disciplines que le futur maître va enseigner. En plus, les connaissances théoriques reçues à l’EFI ne sont pas articulées aux stages pratiques. Il est suggéré d’augmenter les stages pratiques et trouver les moyens de donner aux élevés-maîtres plus d’occasions d’enseigner (par exemple en envoyant moins d’élèvesmaîtres par classe d’application). Pour une meilleure articulation entre la formation théorique et les stages pratiques, il faudrait donner aux stagiaires des devoirs à faire dans les écoles d’application, c'est-à-dire qu’ils doivent rassembler des exemples de bonnes pratiques, répertorier les difficultés ou leurs questions sur l’enseignement qu’ils peuvent discuter avec les formateurs. L’analyse et la critique des pratiques observées dans les écoles d’application pourraient être l’aspect central de la formation à l’EFI qui rendrait et la formation théorique et la formation pratique plus pertinentes. La systématisation des rencontres de coordination entre formateurs EFI et maîtres d’application pourrait faciliter ce processus ainsi quel’organisation de groupe discussions réflexives basées sur des observations de leçons ou des vidéos de salles de classe. Il est recommandé de mieux contrôler la qualité de l’enseignement dans les écoles d’application. Il faut identifier les écoles et les maîtres où l’enseignement n’est pas en adéquation avec la pratique recommandée et les remplacer. 3. Le contenu du programme de formation initiale Le Guide, dans sa structure actuelle, n’inclut pas les CEB. Le Guide doit être révisé pour offrir plus d’appui et de ressources aux formateurs et pour l’harmoniser avec le CEB. En outre, le CEB n’est pas pris en compte dans la formation initiale et les élèves-maîtres ne sont pas évalués sur ces modules lors des examens de sortie. Nous recommandons de concevoir un manuel de l’EFI unique et harmonisé qui montre la démarche de la leçon convenant à l’approche par compétences à tous les niveaux et prépare mieux les élèves-maîtres à articuler les différentes étapes de la leçon. Il doit aussi inclure des fiches du formateur. Il est recommandé d'inclure le CEB dans la formation initiale et de lui accorder une place centrale. 4. Relations entre formation initiale et continue La plupart des acteurs de l’éducation interviewés dans les 4 régions ciblées ont reconnu une insuffisance des relations entre formation initiale et continue: Les formations continues ne ciblent pas de manière spécifique les sortants des EFI. Les formations continues ciblent plus les candidats aux examens professionnels que les sortants de la formation initiale qui ont des besoins spécifiques. Les programmes nationaux sont standardisés et ne se déroulent pas en fonction des besoins particuliers des enseignants. En général, les acteurs ont noté une insuffisance de communication entre la formation continue et la formation initiale. La formation continue est assurée par les inspecteurs, il a été noté un manque de temps et une insuffisance du nombre d’inspecteurs qui suivent plus les enseignants candidats aux examens professionnels, ce qui constitue une limite de la formation continue. Il est recommandé de spécialiser certains inspecteurs uniquement pour la formation et de les rendre disponibles en fonction des besoins. En ce qui concerne la formation continue sur le CEB, la plupart des enseignants reçoivent des « informations » plutôt qu’une formation étant donné la courte durée de la formation par rapport au programme et au grand nombre d’enseignants en exercice dans ces sessions de formations. Les IDEN pensent utiliser les CAP et les directeurs comme relais afin de continuer à suivre les enseignants dans leurs classes. Il est alors recommandé de mieux organiser ces sessions de formation sur le CEB vu son importance dans le système éducatif ou de mieux les intégrer comme initialement recommandé dans la formation initiale. Une série cohérente de modules enseignés dans le cadre des cellules pédagogiques pourraient servir comme suivi à l’initiation au curriculum. 5. La méthode d’enseignement de la lecture La lecture est le pilier de l’apprentissage mais son importance n’est pas reconnue pas la formation initiale. Ce résultat est confirmé par le faible temps consacré à la lecture en tant que discipline et le manque de formation spécifique en lecture des formateurs. Le temps réservé à la didactique de la lecture dans la formation initiale devrait être renforcé et des spécialistes en lecture formés. L’approche de l’enseignement de la lecture préconisée par le CEB et la SARENA sont en accord avec la recherche internationale. Le but de la lecture est de saisir le sens et pour atteindre cet objectif, l’enseignement de la lecture doit inclure toutes les compétences nécessaires pour une bonne initiation à la lecture. Cependant, aussi bien les élèvesmaîtres que les enseignants observés ne maitrisent pas cette compétence. Il est recommandé de renforcer ces programmes de formation continue afin de former une masse critique d’enseignants pour un changement de pratique. Pour la formation initiale il est recommandé que tout élèvemaître reçoive des exemplaires du guide pédagogique du CEB et que les cours en didactique de la lecture incluent l’étude des leçons préconisées par le guide. L’importance de toutes les stratégies de lecture et surtout celles qui concerne la compréhension doit être soulignée et renforcée. 6. La méthode d’enseignement des maths Il faut souligner la bonne compréhension de la concrétisation en mathématiques pour la résolution de problèmes et les mesures pour les enseignants et les élèves-maîtres. Cependant, il faut noter les difficultés à mettre en pratique la concrétisation. Les programmes de formation continue en maths (CEB et PREMST) mettent l’accent sur ces concepts. Une meilleure articulation entre la formation théorique et les stages pratiques ainsi que l’étude intensive du curriculum permettraient une bonne application du concept. 7. La cohérence des innovations et l’augmentation du nombre de maîtres formés Le système éducatif intègre une multiplicité d’innovations qui ne sont pas généralisées. Très souvent les enseignants en exercice s’en plaignent. En plus, ces innovations ne touchent pas tous les enseignants ou le taux d’enseignants formés est tellement faible que ces formations continues ne contribuent pas à changer les pratiques enseignantes (à l’image de la stratégie de lecture SARENA qui est jugée bonne mais n’a pas touché une masse suffisamment critique pour engendrer un changement de pratique en lecture). Il est recommandé une meilleure coordination et plus de cohérence de toutes ces innovations.
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