LE BELVÉDÈRE Dossier de presse

 LE BELVÉDÈRE
Dossier de presse
Belvédère supérieur | Belvédère inférieur | Orangerie | Palais d’hiver | 21er Haus
Belvédère supérieur
© Belvédère, Vienne
SOMMAIRE
TOUR D’HORIZON SUR LE BELVÉDÈRE ____________________________________ 3
LES SITES ____________________________________________________________ 4
LE BELVÉDÈRE SUPÉRIEUR ____________________________________________ 5
LE BELVÉDÈRE INFÉRIEUR ____________________________________________ 7
L’ORANGERIE _______________________________________________________ 9
LE PALAIS D’HIVER _________________________________________________ 10
LA 21ER HAUS _____________________________________________________ 12
LA COLLECTION ______________________________________________________ 17
GUSTAV KLIMT ET LE BELVÉDÈRE _______________________________________ 20
PANORAMA HISTORIQUE ______________________________________________ 23
LE PRINCE EUGÈNE DE SAVOIE _________________________________________ 27
INFORMATIONS GÉNÉRALES ___________________________________________ 30
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TOUR D’HORIZON SUR LE BELVÉDÈRE
Les deux palais du Belvédère ont été érigés au début du 18ème siècle par l’illustre architecte
baroque Johann Lucas von Hildebrandt pour devenir la résidence d’été du prince Eugène de
Savoie (1663–1736). Constitué du Belvédère supérieur, du Belvédère inférieur et d’un vaste
jardin, l’ensemble palatial est l’un des plus beaux trésors baroques d’Europe et figure sur la
liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Aujourd’hui, le Belvédère abrite la plus prestigieuse
collection d’art autrichien allant du Moyen Âge à l’époque actuelle, à laquelle viennent
s’ajouter des œuvres d’artistes internationaux tels Claude Monet, Vincent van Gogh ou Max
Beckmann. La section Vienne 1880 – 1914 se distingue par la plus grande collection de
peintures de Gustav Klimt au monde, incluant Le Baiser (Couple) et Judith, emblématiques
chefs-d’œuvre dorés du courant Jugendstil, mais aussi par la présence de toiles d’Egon Schiele
et d’Oskar Kokoschka. Des pièces maîtresses de l’impressionnisme français et la plus
importante collection d’art Biedermeier viennois comptent elles aussi parmi les fleurons du
Belvédère supérieur.
Le Belvédère inférieur et l’ancienne Orangerie accueillent des expositions temporaires d’une
qualité exceptionnelle. Tel qu’il le fut défini en 1903 lorsque le Belvédère (appelé alors la
Galerie moderne) a été ouvert au public, le contenu du programme se concentre
principalement sur la présentation de l’art autrichien dans un contexte international. Outre les
rétrospectives explorant l’œuvre et l’influence d’artistes nationaux sous un angle scientifique,
de grandes expositions à thème apportent un éclairage instructif sur les courants et époques
artistiques majeurs.
Aménagé en 2007 dans les anciennes Écuries d’apparat, autrefois domicile des plus belles
montures du prince Eugène, le dépôt du Trésor du Moyen Âge offre une incursion dans l’art
médiéval. À travers cette collection d’étude, l’ensemble du fonds médiéval du Belvédère est
désormais accessible au public.
Le Palais d’hiver du prince Eugène, aujourd’hui haut lieu de l’art et de la culture au cœur de la
ville, a rouvert ses portes après d’intenses travaux de rénovation. Utilisées comme espace
d’exposition, les salles les plus majestueuses de l’appartement de parade font se côtoyer
ameublement baroque, collections du Belvédère et art contemporain.
Construite en 1958 par Karl Schwanzer en tant que pavillon pour l’Exposition universelle de
Bruxelles, la 21er Haus a été rénovée et réaménagée sur les plans de l’architecte Adolf
Krischanitz. Depuis novembre 2011, cette structure est utilisée par le Belvédère pour exposer
l’art autrichien de 1945 à aujourd’hui en le plaçant dans un contexte international.
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LES SITES
Comprenant deux palais et un parc somptueux, le complexe du Belvédère a été conçu au
début du 18ème siècle par le célèbre architecte baroque Johann Lucas von Hildebrandt. Sous
l’impulsion de Marie-Thérèse et Joseph II, le Belvédère supérieur ne tarda pas à devenir l’un
des premiers musées publics au monde en servant de lieu d’exposition pour les collections
impériales. Sur une initiative des Sécessionnistes, la Galerie moderne fut ouverte en 1903
dans l’ancien palais résidentiel, le Belvédère inférieur. Ce nouvel espace d’exposition devait
permettre une présentation de l’art autrichien tout en le rapprochant des Modernes
internationaux. À l’instar du célèbre Baiser (Couple) de Gustav Klimt, des œuvres centrales
furent acquises dès les premières années d’activité et constituent aujourd’hui encore des
pièces phares de la collection du Belvédère.
Afin de donner encore plus de visibilité à un fonds artistique exhaustif et en constante
expansion, les deux palais du Belvédère ont été complétés par la 21er Haus (en 2011) et le
Palais d’hiver du prince Eugène au cœur de Vienne (en 2013). Ces deux espaces sont mis à
profit pour des présentations de collections, des expositions temporaires et des interventions
contemporaines. Les projets des musées sont accompagnés d’initiatives pédagogiques
adressées à des groupes cibles variés et destinées à diversifier au maximum les voies d’accès
à l’art. Citons notamment le Learning Center du Belvédère qui, depuis 2012, accueille les
enfants et les jeunes avec une offre promouvant la découverte, l’exploration et l’apprentissage
par le jeu quels que soient les origines culturelles, le niveau d’éducation ou l’environnement
social.
Institution de renom pour ses expositions et activités connexes, le Belvédère s’impose
également en tant que centre de recherche et de compétence pour l’art autrichien, domaine
dans lequel il pose de nouveaux jalons depuis plusieurs années déjà. Fondé en 2009, le
Centre de recherche pour l’art autrichien du Belvédère réunit sous un même toit une
bibliothèque, des archives, une banque d’images, l’Institut pour l’élaboration de catalogues
thématiques et un service de recherche de provenance, concentrant ainsi les missions
classiques d’un musée que sont la collection, la conservation et la recherche. Enrichis de
nombreux dons et legs d’une importance considérable, les vastes fonds détenus par la
bibliothèque et les archives documentent la création artistique autrichienne sur une période
s’étendant du 14ème au 21ème siècle.
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LE BELVÉDÈRE SUPÉRIEUR :
Une présentation permanente de chefs-d’œuvre célèbres dans le
monde entier
Les plans du Belvédère supérieur tel que nous le connaissons aujourd’hui devaient remplacer
le projet initial de construction d’une gloriette « avec jolie vue sur la ville ». Le palais fut édifié
entre 1717 et 1723. Remplissant principalement des fonctions représentatives à l’époque du
prince, il servit de Galerie de peintures impériale à partir du milieu des années 1770. À cet
effet, les tableaux du palais Stallburg furent transférés au Belvédère supérieur à partir de 1776
pour être présentés aux yeux du public.
Aujourd’hui, l’ancien château d’apparat du prince Eugène de Savoie constitue un cadre
d’exception pour l’exposition permanente d’œuvres clés provenant de toutes les sections de
la collection du Belvédère – de l’art médiéval aux créations contemporaines. Se distinguant
par de véritables chefs-d’œuvre architectoniques, notamment l’historique Salle de marbre où
fut signé le Traité d’État autrichien en 1955, la chapelle baroque, les imposants escaliers
d’honneur ou la somptueuse Sala terrena, le Belvédère supérieur abrite également des joyaux
incontournables de l’histoire de l’art autrichienne. Un des temps forts de toute visite est la
plus grande collection au monde de toiles de Gustave Klimt parmi lesquelles Le Baiser (Couple)
et Judith, deux tableaux emblématiques du courant Jugendstil. Des œuvres majeures d’Egon
Schiele et d’Oskar Kokoschka, mais aussi d’artistes internationaux viennent compléter
l’éminente collection consacrée au Jugendstil et à la Sécession viennoise. Le Belvédère peut
également s’enorgueillir du fonds le plus important d’art Biedermeier viennois – avec en
particulier de nombreuses peintures de Ferdinand Georg Waldmüller –, d’une riche collection
d’art baroque, d’œuvres médiévales remarquables ainsi que de pièces essentielles issues des
19ème et 20ème siècles. Mais la production artistique actuelle occupe également une place de
choix au Belvédère. Née en 2007, la série Intervention invite des artistes contemporains à
présenter au Belvédère supérieur une œuvre ou un projet conçu tout spécialement pour le site
dans un réel dialogue avec son architecture, son histoire ou la collection qu’il abrite. L’arbre
de Noël du Belvédère, une installation in situ et revisitée chaque année dans la Sala terrena,
attire invariablement une attention particulière.
La Sala terrena
La Sala terrena (hall du rez-de-chaussée) est dominée par quatre atlantes colossaux soutenant
les voûtes du plafond aux riches ornements en stuc. Conçue à l’origine tel un espace sans
nulle séparation, elle a dû être dotée de quatre colonnes d’appui suite aux endommagements
subis par l’édifice pendant l’hiver 1732/33. Donnant sur le côté jardin du Belvédère supérieur
et menant aux escaliers d’honneur, la pièce est à la fois salle de jardin et vestibule.
Les escaliers d’honneur
Comme en témoignent aujourd’hui encore les rampes d’accès, l’entrée principale du
Belvédère supérieur se trouvait initialement sur la façade sud du bâtiment. De là, le visiteur
pouvait se rendre directement à l’étage principal en gravissant les escaliers d’honneur. Un
relief en stuc illustrant le triomphe d’Alexandre le Grand sur Darius orne le mur droit, tandis
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que sur la gauche, les femmes de Darius sont représentées face à Alexandre. Le plafond
portait autrefois la scène d’Alexandre tranchant le nœud gordien. Ce relief n’a pu cependant
supporter le poids des siècles en raison de problèmes de structure du toit. Il a été remplacé au
19ème siècle par la rosace encore présente aujourd’hui.
La Salle Carlone
Également appelée la « salle peinte », la Salle Carlone a reçu le nom de son créateur Carlo
Innocenzo Carlone (1686–1775), artiste itinérant du Nord de l’Italie et spécialiste en fresques.
C’est
à
lui
que
l’on
doit
l’impressionnante
fresque
représentant
le
Triomphe de l’Aurore (1722/23) qui orne le plafond, tandis que les architectures en trompel’œil ont été réalisées par Marcantonio Chiarini et Gaetano Fanti. La décoration de cette pièce,
initialement destinée à l’accueil des invités lors des chaudes journées d’été, a été conservée
jusqu’ici tandis que les fresques de son pendant, dans l’aile orientale, ont été perdues au fil
des siècles.
La Salle de marbre
D’une hauteur correspondant à celle de deux étages, la Salle de marbre est à la fois la pièce la
plus somptueuse du Belvédère supérieur et la première accessible à partir de la cage
d’escaliers. Elle est dominée par les tons rouge brun du marbre et l’éclat des dorures. Les
personnages représentés sur la gravure de Salomon Kleiner suggèrent qu’elle servait autrefois
de première antichambre. Au-dessus des deux cheminées, on reconnaît les peintures
d’animaux d’Ignaz Heinitz von Heinzenthal qui y furent replacées en 1963. Les décorations et
les fresques sont ici aussi le résultat du travail de Carlo Innocenzo Carlone, Marcantonio
Chiarini et Gaetano Fanti.
La fresque du plafond, créée en 1721 par Carlo Innocenzo Carlone, illustre la gloire éternelle
du prince Eugène parmi les vertus princières. On y voit Historia retenir ses exploits et Fama en
faire l’éloge. L'architecture en trompe-l’œil a très probablement été réalisée par Gaetano
Fanti, sur les esquisses de son beau-père Marcantonio Chiarini.
La Salle de marbre du Belvédère a été portée à l’attention générale à l’occasion d’un
évènement majeur de l’histoire d’après-guerre : la signature officielle du Traité d’État
autrichien par Leopold Figl, le 15 mai 1955.
Conservée dans son état d’origine, la Salle de marbre constitue la salle d’apparat centrale du
Belvédère supérieur et est accessible au public.
La chapelle du palais
Logée dans l’avant-corps de l’angle sud-est du Belvédère supérieur, la chapelle octogonale est
l’une des plus belles splendeurs de l’édifice. La présence des deux niveaux dans l’espace
central obéit aux règles des modèles aristocratiques reflétant la hiérarchie sociale d’alors : les
employés du palais se réunissaient au rez-de-chaussée tandis que la tribune, à l’étage noble,
était exclusivement réservée aux maîtres d’ouvrage. Une estampe de Salomon Kleiner datant
des années 1730 permet de constater que la chapelle a été en grande partie conservée dans
son état d’origine. Garnissant les angles, huit pilastres ornés structurent l’intérieur de la pièce
qui, s’élançant à la verticale, est éclairée par de grandes fenêtres rectangulaires. Le stuc de
marbre rouge brun, les dorures et la fresque habillant le plafond rappellent la décoration des
deux salles de marbre. D’une qualité exceptionnelle, le retable porte une représentation de la
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Résurrection du Christ. Francesco Solimena, l’un des représentants majeurs du baroque
napolitain, fut chargé de sa réalisation par le prince Eugène en 1720 ; appliquant une méthode
de travail extrêmement minutieuse, il ne l’acheva que dix années plus tard. Appartenant elles
aussi à l’autel, deux statues plus grandes que nature des apôtres Jean et Pierre, introduits ici
comme d’imposants gardiens, viennent compléter l’ensemble. Par manque de matériel de
référence, il a jusqu’ici été impossible de déterminer si les deux apôtres proviennent de la
propre main du sculpteur génois Domenico Parodi, ou s’ils sont l’œuvre de ses assistants. Le
plafond de cette pièce somptueuse est décoré d’une fresque de Carlo Innocenzo Carlone
représentant la Sainte Trinité devant les cieux.
LE BELVÉDÈRE INFÉRIEUR :
Des expositions temporaires et de l’art en plein air
La construction du Belvédère inférieur a eu lieu entre 1712 et 1716 sur les plans de
l’architecte Johann Lucas von Hildebrandt. Ce dernier travaillait régulièrement pour le prince
Eugène et, avec Johann Bernhard Fischer von Erlach, était le plus important architecte
baroque autrichien.
L’entrée se fait sur la Rennweg, par le portail décoré d’armoiries et d’initiales. Les visiteurs
parviennent alors dans la Cour d’honneur, d’où ils pouvaient autrefois accéder directement à
la Salle de marbre. Alors que le Belvédère supérieur remplissait principalement des fonctions
représentatives, le Belvédère inférieur était utilisé à des fins résidentielles. Le prince y
conservait également une partie de ses collections.
En 2007, l’ancien palais d’habitation du prince Eugène, qui avait été réadapté à maintes
reprises au fil des siècles, a fait l’objet d’une remise à l’état initial appliquée ainsi que d’une
modernisation exhaustive pour lui permettre d’accueillir des expositions temporaires. Dans
l’Orangerie d’autrefois, où poussaient principalement des plantes exotiques à l’époque de
l’ancien propriétaire des lieux, un White Cube répondant au concept d’espace dans l’espace a
été mis en place. S’alignant sur les normes les plus actuelles régissant l’exploitation des
musées, cette nouvelle pièce est mise à profit pour l’organisation de présentations
d’exception. Le public peut y visiter des rétrospectives d’artistes autrichiens, mais également
des expositions à thème consacrées aux grands courants et aux grandes époques artistiques.
Pensé comme un dépôt accessible et une collection d’étude, le Trésor du Moyen Âge aménagé
dans les anciennes Écuries d’apparat permet de découvrir le fonds d’art médiéval dans sa
totalité, mais aussi des expositions thématiques temporaires. Jouxtant les anciens
appartements du prince Eugène, le Kammergarten à l’atmosphère intime était autrefois le
jardin privé du maître de maison. Aujourd’hui, en partenariat avec les Jardins autrichiens
(Österreichische Bundesgärten), des œuvres d’art d’extérieur l’investissent tout au long du
printemps et de l’automne. Récemment, des travaux de Franz West et Bruno Gironcoli
pouvaient par exemple y être admirés.
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La Salle de marbre
D’une hauteur de deux étages, la Salle de marbre du Belvédère inférieur était initialement
destinée à l’accueil fastueux des invités. Les divisions des murs furent inspirées par
l’architecture des arcs de triomphe, tandis que les représentations de trophées de guerre et
de prisonniers rappellent les hauts faits du commandant en chef impérial qu’était le prince
Eugène. Les médaillons ovales en plâtre ornés de scènes de la vie d’Apollon évoquent quant à
eux les affinités du prince avec les belles-lettres et les arts. Sur la fresque de Martino
Altomonte décorant le plafond, Apollon conduit un chariot solaire, pendant qu’Eugène,
représenté en héros nu, reçoit de Mercure l’annonce de la récompense papale. Cette dernière
lui fut remise en l’honneur des mérites dont il fit preuve lors de la bataille de Peterwardein en
1716.
La Galerie de marbre
La Galerie de marbre a vraisemblablement été tout spécialement conçue pour la présentation
des trois Herculéennes. Les deuxième, quatrième et sixième niches abritaient autrefois ces
statues antiques. Les autres statues, aux mouvements plus marqués, sont l’œuvre du
sculpteur baroque Domenico Parodi. Les Herculéennes ont été vendues à Dresde dès 1736 et
remplacées par trois autres sculptures de Parodi. Ici aussi, les trophées de guerre représentés
en stuc sur les murs soulignent les prouesses militaires du prince Eugène. Mais c’est le relief
habillant le plafond qui illustre véritablement son apothéose : trônant sur le champ de bataille,
le prince en armure reçoit décorations et honneurs, la paix se rapproche tandis que la jalousie
et la haine sont repoussées.
La Salle des grotesques
À Vienne, pendant le premier tiers du 18ème siècle, habiller d’art grotesque les murs et plafonds
des Sale terrene et des pavillons de jardin était une pratique extrêmement répandue. Dans la
Salle des grotesques du Belvédère inférieur, l’artiste augsbourgeois Jonas Drentwett a
représenté les quatre saisons au plafond et les quatre éléments dans les coins de la pièce. Sur
les murs sans fenêtre, la Forge de Vulcain et les trois Grâces incarnent les principes du
masculin et du féminin. Pour la majeure partie, les peintures d’origine ont été conservées. Des
travaux de restauration ont toutefois été nécessaires suite au bombardement de la façade
donnant sur le jardin Kammergarten en 1945.
Le Cabinet doré
La Galerie de marbre donnait autrefois sur un salon de conversation aux murs garnis de
revêtements de soie sur lesquels étaient peints des arbres et des oiseaux. Sous MarieThérèse, lors des travaux de réaménagement du Belvédère inférieur, cette pièce fut elle aussi
transformée pour devenir un Cabinet doré (ou « Cabinet de miroir et de porcelaine »). Une
partie des éléments utilisés provenaient du palais de ville du prince Eugène, dans la
Himmelpfortgasse, et furent complétés en conséquence pour le Belvédère inférieur. On
suppose que le Cabinet doré se présentait déjà dans ses nouveaux atours dès 1765.
Le dépôt accessible Trésor du Moyen Âge dans les Écuries d’apparat
Hébergeant autrefois les plus belles montures du prince, les Écuries d’apparat ont été
restructurées en 2007 par l’architecte berlinois Kuehn Malvezzi pour recevoir une collection
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d’étude. Celle-ci complète l’exposition permanente de chefs-d’œuvre gothiques présents au
Belvédère supérieur, si bien qu’à l’exception de rares pièces ne pouvant être exposées,
l’ensemble de la collection est désormais accessible au public. Le dépôt rassemble quelque
150 œuvres – du crucifix romain à un retable à volets affichant déjà une conception
Renaissance, en passant par des panneaux peints et des sculptures de style gothique
flamboyant. Sont représentés aussi bien des maîtres illustres tel Friedrich Pacher, que des
peintres et sculpteurs anonymes. Les Écuries d’apparat accueillent régulièrement des
expositions d’étude consacrées à des objets ou à des ensembles individuels et centrées sur
les tâches fondamentales d'un musée que sont la restauration et la recherche. Dans le cadre
de la série Actuellement restauré, le Belvédère organise des présentations d’œuvres issues de
sa propre collection tels le Relief de Noël viennois de l’atelier de Hans Klocker, le groupe de
sculptures Sainte Anne, la Vierge et l’enfant Jésus réalisé par le maître de Heiligenblut dans un
style gothique flamboyant, l’Autel d’Abtenau d’Andreas Lackner, ou encore le Fragment de la
Toile de la Passion de Thomas von Villach.
La cour Spitzhof
Jouxtant les écuries de la grande cour voisine, cette partie du bâtiment abritait autrefois la
forge et le domicile du maréchal ferrant. Les plans de Salomon Kleiner portent l’indication
« Forge, avec le Logement du Mareshal ». En 1752, Marie-Thérèse fit l’acquisition du site du
Belvédère dans sa totalité auprès de la nièce du prince Eugène, la princesse Victoria. Entre
1761 et 1765, des travaux de restructuration ont été réalisés dans le palais inférieur, les ailes
administratives adjacentes et les écuries. Il s’agissait alors d’aménager des appartements
dans le palais lui-même pour les divers besoins des Habsbourg, mais aussi dans les
dépendances pour la nouvelle garde impériale Arcièren-Leibgarde fondée en 1763. Toutefois,
comme le révèlent les plans, la structure de la Spitzhof n’a en rien été modifiée. Cette
conservation en état s’explique très certainement par la décision de maintenir la possibilité de
ferrer sur place les chevaux du palais. Bien plus tard, quelques travaux ont été réalisés pour
donner à la Spitzhof sa largeur actuelle. À l’instar d’autres parties du Belvédère inférieur qui
n’avaient pas été transformées en appartements, la Spitzhof était elle aussi utilisée à des fins
d’entreposage.
L’ORANGERIE :
Encore plus d’espace pour les expositions temporaires
L’Orangerie était jadis un jardin d’hiver avec chauffage utilisé pour la culture des orangers. La
façade sud et le toit pouvant être ôtés pendant la belle saison, il n’était pas nécessaire de
porter péniblement les plantes en plein air.
En Italie et en Allemagne, de tels bâtiments chauffables et partiellement démontables destinés
à la conservation hivernale des variétés les plus fragiles étaient connus dès le 16ème siècle ;
cependant, le montage et le démontage impliquaient toujours un laborieux travail. Sur
l’Orangerie du prince Eugène, véritable chef-d’œuvre de charpenterie, ces opérations étaient
considérablement facilitées grâce, notamment, aux éléments coulissants.
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À la mort du prince Eugène et suite au transfert de l’Orangerie vers Schönbrunn, la maison des
oranges a été transformée pour être utilisée comme écurie. Un faux plafond a été posé en
1805 et le toit coulissant d’origine fut remplacé. Le bâtiment abrita une section de la Galerie
moderne à partir de 1918, puis le musée d’art médiéval de 1953 à 2007. En 2007, l’architecte
Susanne Zottl créa dans l’Orangerie même un espace d’exposition moderne, le White Cube.
LE PALAIS D’HIVER :
Un lieu de rencontres internationales
Érigé en tant que prestigieux palais résidentiel et de représentation pour le prince Eugène de
Savoie, acquis au 18ème siècle par l’impératrice Marie-Thérèse et bientôt siège de la Cour des
comptes puis du Ministère des finances, le somptueux joyau baroque en plein cœur de Vienne
s’affirme de nouveau comme un lieu d’art et de culture. Avec l’inauguration du quatrième
espace d’exposition du Belvédère, les salles les plus importantes de l’appartement de parade
du prince Eugène de Savoie ont été rouvertes au grand public.
Avec comme toile de fond l’héritage historique et l’influence considérable du citoyen du
monde qu’était le prince, les échanges repris après plus de 260 ans entre le palais de ville – le
Palais d’hiver – et le palais au jardin – le Belvédère – marquent la naissance d’un nouveau haut
lieu artistique au centre de Vienne. Après la première exposition célébrant le
350ème anniversaire de la naissance du maître d’ouvrage, la priorité est donnée au dialogue
entre héritage culturel et art contemporain – une thématique déjà traitée avec succès au
Palais du Belvédère, comme dans d’autres grandes institutions artistiques partout dans le
monde. Les salles d’apparat de la Himmelpfortgasse sont désormais le cadre privilégié d’une
rencontre artistique entre ameublement baroque, collections du Belvédère et arts
contemporains. Les présentations voient le jour en interaction directe avec l’espace et offrent
fréquemment aux artistes l’opportunité de créer in situ des œuvres inédites qu’ennoblissent
incontestablement l’atmosphère et l’histoire uniques du lieu. L’architecture du palais de ville,
mais également les collections du prince et celles du Belvédère constituent là des points de
départ essentiels.
L’Antichambre
L’Antichambre officielle du prince Eugène, dont les murs étaient revêtus de velours rouge,
abrita entre 1724 et 1729 les tapisseries de la Série de l’Art de la Guerre de l’atelier de
Jodocus de Vos. La décoration originale du plafond reste malheureusement méconnue.
Le Salon bleu
À l’époque du prince Eugène, la salle appelée Chambre de parade était considérée comme la
plus importante de l’enfilade. Le velours vert tapissant les murs était interrompu par de larges
galons brodés de grotesques. Dans cette illustre salle d’apparat historique se trouvait
également le lit de parade qui, loin d’être un lieu de sommeil, remplissait uniquement des
fonctions officielles. Au plafond, la fresque centrale de Louis Dorigny représentant le mariage
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d’Héraclès et d’Hébé est encadrée d’une architecture en trompe-l’œil due à Marcantonio
Chiarini.
Le Salon rouge
Les murs de cette ancienne salle des audiences étaient parés de velours rouge. La pièce se
distinguait notamment par la présence d’un poêle, aujourd’hui conservé au château de
Schönbrunn, sur lequel est représenté le combat opposant Héraclès à Ladon, dragon des
Hespérides. Entièrement préservée, la fresque d’Andrea Lanzani ornant le plafond illustre
l’accueil d’Héraclès dans l’Olympe.
Le Salon jaune
Le Salon jaune et la pièce suivante constituaient initialement la galerie du prince. Dans cette
longue salle comptant cinq travées, on pouvait autrefois admirer les peintures d’artistes tels
Anthonis van Dyck, Peter Paul Rubens ou encore Guido Reni, mais aussi deux cabinets laqués.
Dans le cadre des travaux de restructuration engagés en 1752, un faux plafond fut posé lors
de la division de la pièce ; celui-ci cache aujourd’hui encore la fresque de Louis Dorigny
représentant l’Enlèvement d’Orithye par Borée.
La Salle des conférences
La présence d’une cheminée et d’un poêle de faïence dans la Salle des conférences souligne
sa fonction de lieu de réunions. Les murs étaient parés de tapisseries décorées de grotesques
provenant de l’atelier bruxellois de Jodocus de Vos. Réalisée par Paul Strudel, la peinture
ornant le plafond représente la Victoire de la justice sur le souverain injuste. L’appartenance de
cette œuvre à la décoration d’origine est encore incertaine.
Le Cabinet doré
Le somptueux Cabinet doré a conservé jusqu’à aujourd’hui son plafond sculpté d’origine. En
phase avec le goût de l’époque, la pièce était ornée de miroirs et de consoles sur lesquelles
reposait de la porcelaine asiatique. Une partie de la décoration fut transférée au Belvédère
inférieur pour parer le Cabinet doré qui s’y trouve. Sur les surfaces libérées ont été apposées
des toiles peintes à cet effet par Franz Caspar Sambach et Franz Zogelmann.
Les salles de la bibliothèque
Trois pièces abritaient des pans essentiels de la vaste collection de livres du prince Eugène.
Parmi elles, la « Salle des tableaux de batailles » était décorée de sept peintures à l’huile
illustrant des victoires du général. À la mort du prince, l’empereur Charles VI fit l’acquisition
des livres, manuscrits et estampes pour la bibliothèque de la cour.
La chapelle
La petite chapelle a été ajoutée lors des travaux de restructuration engagés en 1752. Les
peintures murales présentent un intérêt artistique particulier car elles seraient dues à un
peintre encore non identifié du cercle de l’Académie des beaux-arts de Vienne. Le prince
Eugène possédait une petite chapelle à côté de sa chambre à coucher, dans la partie arrière
de l’appartement de parade. Celle-ci ne fut pas conservée, mais son autel et son parquet
furent très probablement intégrés à la nouvelle chapelle.
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LA 21ER HAUS :
Un musée d’art contemporain
La 21er Haus est née en tant que plate-forme de production, de réception et de réflexion
artistiques. Avec l’interdisciplinarité et l’analyse sociétale comme approches centrales, les
expositions qui y sont organisées visent à présenter l’art autrichien des 20ème et 21ème siècles à
la lumière de la création artistique internationale. Parallèlement aux évènements
monographiques et de groupe, la 21er Haus permet de découvrir une présentation
permanente de la collection d’art contemporain du Belvédère, ressource extrêmement
précieuse pour le travail dédié à la recherche et à l’exposition. En complément, des
projections de film, des conférences, des performances et des discussions avec les artistes
favorisent le dialogue avec le public. Déployant une grande partie de ses activités à travers la
recherche sur l’art et l’histoire de l’art, la 21er Haus s’affirme comme un lieu du discours, de la
divergence et de l’expérimentation qui à la fois questionne et met à jour la société.
Créé par Karl Schwanzer, ce bijou d’architecture était initialement le pavillon autrichien de
l’Exposition universelle de Bruxelles en 1958. Après des travaux de réadaptation, il fut
inauguré en 1962 en tant que Musée du 20ème siècle de Vienne, puis, jusque 2001, servit de
dépendance du Musée d’art moderne. Passé sous l’administration du Belvédère, le bâtiment
fit l’objet d’une vaste restructuration conduite par Adolf Krischanitz, architecte viennois et
élève de Schwanzer. En novembre 2011, la 21er Haus a rouvert ses portes comme nouveau
musée d’art contemporain.
Le concept général du lieu porte non seulement sur le bâtiment lui-même – une réalisation clé
de l’architecture moderne d’après-guerre en Autriche –, les expositions temporaires et la
présentation de la collection, mais englobe également le cinéma Blickle, la 21er Raum, le
jardin aux sculptures et le Salon du livre d’art. Le musée abrite par ailleurs l’Artothèque
nationale et les archives du sculpteur autrichien Fritz Wotruba.
Le cinéma Blickle
Logé dans la 21er Haus, le cinéma Blickle est l’unique cinéma viennois datant des années 50
conservé dans sa totalité. Cette salle de cinéma avait été conçue par Karl Schwanzer pour
l’Exposition universelle de Bruxelles en 1958. Grâce au généreux soutien d’Ursula Blickle, elle
a pu être rénovée sous la direction d’Adolf Krischanitz. Répondant à toutes les normes
techniques actuellement en vigueur dans la branche, le cinéma Blickle permet la projection de
films de tous formats.
Blickle Series, Portraiture Series, profil Series, Exhibition Series, Blickle Artists’ Docs ou encore
Art Education Series sont tout autant de thématiques proposées par son programme diversifié.
Sa mission centrale est axée sur la mise en place d’un dialogue public entre la production
cinématographique et le cinéma, entre l’art et la science, mais aussi sur l’introduction de
débats autour de l’histoire et de l’avenir de l’audiovisuel dans le contexte de la culture de
l’image et des médias au 21ème siècle. Épaulé par son partenaire, la fondation Ursula Blickle, le
cinéma Blickle se veut intégrer les travaux cinématographiques et vidéo contemporains dans
un contexte tout autant lié à l’histoire du cinéma qu’à l’histoire de l’art afin de mettre en valeur
des rapprochements et corrélations historiques. Toutes les facettes de la production
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cinématographique et vidéo actuelle sont présentées au public et proposées à la discussion.
Invitant cinéastes, curateurs et programmateurs à s’exprimer sur leur travail, la 21er Haus
constitue un véritable forum où découvrir les dernières tendances.
La 21er Raum
La 21er Raum propose des expositions monographiques s’alternant toutes les six semaines.
Les travaux de créateurs travaillant et vivant en Autriche mais aussi d’artistes en résidence
sont présentés sur une surface de quelque 70 m², à l’étage de la 21er Haus. Le programme
est confié à Severin Dünser.
Le Salon du livre d’art
Le Salon du livre d’art de la 21er Haus est la première boutique de musée au monde gérée
telle une intervention artistique. Faisant incursion dans la sphère économique, l’artiste
Bernhard Cella met en scène la prestation de service et l’entreprenariat comme fondements
de sa propre pratique artistique. L’assortiment proposé par Cella offre un aperçu complet sur
les publications autrichiennes des deux dernières années dans le domaine de l’art. Le Salon
du livre d’art accueille régulièrement des conférences, des présentations de livre et des
performances théâtrales. Dans le cadre de ces évènements tout aussi importants que la forme
esthétique et l’aménagement du salon, Cella explore les différents aspects de la production
artistique actuelle et crée un espace de discussion autour de thématiques sociétales.
Le jardin aux sculptures
Par le passé déjà, l’espace situé derrière le pavillon de Schwanzer était mis à profit pour la
présentation d’œuvres d’art tridimensionnelles. À l’occasion de la réouverture de l’ancienne
cour aux sculptures, la 21er Haus expose des pièces de Franz West sur des socles tout
spécialement conçus à cet effet par Heimo Zobernig et qui entrent en dialogue avec
l’architecture du bâtiment.
L’Artothèque nationale
L’Artothèque nationale réunit, gère et conserve les œuvres achetées depuis 1948 dans le
cadre des acquisitions destinées à la promotion de l’art. Ainsi, elle propose une
documentation exhaustive de l’art moderne et contemporain autrichien. Comptant
actuellement plus de 36 000 pièces, son fonds inclut de nombreuses œuvres de jeunesse
d’artistes aujourd’hui confirmés ainsi que des travaux de très jeunes créateurs. Grâce aux
acquisitions régulières effectuées par le ministère, la collection est sans cesse élargie et
actualisée. Les pièces de l’Artothèque sont mises à disposition pour la décoration des locaux
des services administratifs fédéraux, en Autriche comme à l’étranger. Des œuvres choisies
sont présentées au public dans le cadre d’expositions ou sont prêtées à des musées
autrichiens.
L’intégration de l’Artothèque à la 21er Haus favorise l’exploitation de synergies scientifiques et
organisationnelles et renforce la visibilité des œuvres.
Les Archives Fritz Wotruba
Encore très jeune, le sculpteur Fritz Wotruba (1907–1975) suscita l’intérêt international dès la
fin des années 20 et pendant les années 30. Après 1945, il exerça une influence majeure sur
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la sculpture autrichienne en tant qu’artiste et professeur. Sa première grande rétrospective a
été organisée en 1963 au Musée du 20ème siècle, l’actuelle 21er Haus.
Depuis la réouverture de la 21er Haus, le sous-sol du nouveau musée abrite les espaces
d’entreposage et d’exposition des Archives Fritz Wotruba. Réunissant quelque 500 œuvres –
travaux en pierre, bronze et plâtre, dessins, estampes et peintures à l’huile – mais aussi des
pièces d’archives et de la documentation, l’héritage artistique du sculpteur a été prêté au
Belvédère pour une période de douze ans. Les créations de Wotruba sont présentées à la 21er
Haus dans le cadre d’expositions permanentes et temporaires.
Le programme Artist in Residence
Le programme Artist in Residence du Belvédère a vu le jour en 2001. Un appartement avec
atelier fut aménagé à l’Augarten Contemporary afin d’accueillir les artistes. Depuis, des
créateurs internationaux sont conviés à Viennes pour y concevoir et y présenter de nouveaux
travaux, découvrir la scène artistique autrichienne et échanger avec ses acteurs. Parmi les
artistes ayant jusqu’ici pris part au programme Artist in Residence, citons par exemple Jakob
Kolding, Jonathan Monk, Róza El-Hassan, Ann-Sofi Sidén, Yoshitomo Nara, Hiroshi Sugito, Ugo
Rondinone, Koo Jeong-A, Marcin Maciejowski, Silke Otto-Knapp, Julian Göthe, Gerard Byrne,
Gülsün Karamustafa, Lucy McKenzie, Marianna Gartner, Christian Philipp Müller, Monika
Schwitte, Ouyang Chun, David Maljković, Daniel Knorr, Michael Riedel, Seb Patane, Kiwon
Hong, Jihye Park, Bernd Ribbeck, Sunghee Pae, Lili Reynaud-Dewar, Andy Coolquitt, Susanne
Kriemann ou encore Adriana Lara.
LES JARDINS ET LES PARCS :
Un joyau d’architecture paysagère baroque
Le jardin du Belvédère figure parmi les plus importants et les plus somptueux jardins
historiques d’Europe de style français. Se présentant aujourd’hui en forme réduite, il demeure
toutefois un excellent exemple d’aménagement paysager dans l’esprit du baroque tardif. Face
au Belvédère supérieur, côté perron, un miroir d’eau reflète la façade créant un effet optique
de double palais. Côté ville, le Belvédère inférieur est séparé de la Rennweg par la Cour
d’honneur. À droite du palais inférieur s’étend le Kammergarten dont le côté nord est bordé
par l’Orangerie. Sur la partie occidentale du site, ce petit jardin était réservé au prince. Jusque
1726, la Ménagerie du prince occupait un terrain semi-circulaire jouxtant le côté est du
Belvédère supérieur. Au sud de la ménagerie, le jardin potager baroque aux platebandes
géométriques se trouvait à l’emplacement actuel du jardin botanique.
La réalisation des premières terrasses a eu lieu autour de 1700, lors de la mise en œuvre des
tout premiers concepts d’aménagement. La conception du plan modernisé et l’aménagement
du parc ont été confiés à l’architecte paysagiste et fontainier français Dominique Girard
(1680–1738). Celui-ci est parvenu à créer une synthèse entre les deux palais tout en veillant à
ce que les vues varient en fonction du point d’observation et à ce que la trajectoire du regard
vers le Belvédère supérieur et le Belvédère inférieur ne soit en rien gênée. Des rampes, des
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escaliers et des cascades ont permis à Girard de franchir les quelque 23 mètres de
dénivellation entre le terrain plat au niveau inférieur et la partie montante garnie de vastes
parterres. Girard fut assisté du jardinier viennois Anton Zinner.
Les sculptures faisant référence au prince et qui agrémentaient jadis le parc tout comme ses
nombreux jeux d’eau n’ont pu être que très partiellement conservés. À l’origine, la réalisation
des statues avait pour concept la représentation d’un monde idéal. Chargé également de la
planification des ornements du parc, et notamment des fontaines aux thèmes mythologiques,
Girard dut aussi affronter la problématique de l’approvisionnement en eau. Une conduite
construite en troncs d’épicéa évidés fut posée jusqu’à la périphérie ouest de Vienne.
Le jardin du Belvédère est devenu la propriété de la Première république d’Autriche au jour de
sa fondation en 1918 ; son administration est quant à elle confiée aux Jardins autrichiens
(Österreichische Bundesgärten).
Le jardin Kammergarten
Le parc du Belvédère est un véritable joyau d’architecture paysagère baroque. Avec ses deux
palais, il constitue une unité harmonieuse classée sur la liste du patrimoine mondial de
l’UNESCO. Bien qu’au 18ème siècle, promenade, détente et conversation y étaient les activités
les plus prisées, le parc devait également symboliser la puissance, la sagesse et la richesse de
son propriétaire d’alors. Se déployant sur trois grandes terrasses entre les Belvédères inférieur
et supérieur, le jardin principal possédait tous les éléments caractéristiques d’un jardin
baroque – parterres de fleurs symétriques, bassins, paliers, escaliers ou encore jeux de haies,
pour n’en citer que quelques uns.
Sur le côté ouest du Belvédère inférieur, le Kammergarten à l’atmosphère particulièrement
intime était le jardin privé du prince Eugène de Savoie. Autrefois, ce jardin structuré en deux
terrasses était délimité au nord par l’Orangerie, jadis dotée d’un toit et d’une façade
amovibles, et au sud par une volière. Fontaines, pavillons superbement décorés, charmilles et
parterres de fleurs splendides agrémentaient cet espace exclusivement réservé au maître des
lieux et à ses proches.
Aujourd’hui, après une phase de réhabilitation, le jardin fleurit de nouveau. Avec sa végétation
printanière et estivale, il accueille les visiteurs du Belvédère pour de charmantes promenades.
L’été, en partenariat avec les Jardins autrichiens (Österreichische Bundesgärten), le
Kammergarten devient le théâtre d’expositions temporaires proposant un dialogue sublime
entre nature et œuvres d’art. Des travaux de Franz West et Bruno Gironcoli ont pu par exemple
y être admirés ces dernières années. Exposé en permanence dans le Kammergarten, le cube
en verre de Dan Graham Inspired by Moon Window (1989/2003) offre des vues singulières sur
le jardin lui-même et sur le Belvédère supérieur. En investissant l’espace extérieur, le
Belvédère s’inscrit dans la continuité du Musée en plein air des grandes sculptures du
Kammergarten dont la création avait été décidée dans les statuts constitutifs de son
prédécesseur, la Galerie moderne, et concrétisée en 1929.
Le Jardin du palais
Le Jardin du palais a été créé par l’architecte paysagiste du prince-électeur de Bavière,
Dominique Girard. Partant du Belvédère inférieur, la composition baroque se déploie tout en
symétrie le long d’un axe central pour rejoindre le prestigieux Belvédère supérieur. Inspiré du
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modèle français, le jardin est agrémenté d’arbres et de haies, de sculptures et de jeux d’eau,
le tout selon un ordonnancement stéréométrique. Outre l’Orangerie qui a été conservée,
l’ensemble intégrait également une volière et une ménagerie.
Dominique Girard avait été l’élève d’André Le Nôtre qui avait conçu le jardin de Versailles pour
Louis XIV. Sur sollicitation du prince-électeur bavarois Maximilien-Emmanuel (1679-1726), il
s’est rendu à la cour de Munich pour doter le château Nymphembourg d’un parc baroque.
Avec la création du jardin du château de Schleissheim et la conception du parc du château de
Brühl, il s’est imposé comme l’artiste paysagiste majeur d’Europe centrale. En 1717, le prince
Eugène le chargea de donner forme au jardin de sa résidence d’été.
C’est sur un terrain situé en dehors des portes de la ville que le prince Eugène décida d’ériger
sa résidence d’été. Associant pente et surface plane et particulièrement exposé, le site
permettait de répondre à trois principes fondamentaux de l’architecture paysagère baroque :
un vaste panorama, une toile de fond plaisante et une perspective naturelle. La vue splendide
sur la ville de Vienne, avec la cathédrale Saint-Étienne et la colline Kahlenberg en arrière-plan,
donna plus tard son nom au site : Belvédère, la « belle vue ».
D’une symétrie rigoureuse, le jardin progresse le long d’un axe central partant du Belvédère
inférieur pour rejoindre le Belvédère supérieur, reliant entre elles les Salles de marbre, les
deux principales salles d’apparat des palais. Le tracé des chemins et les lignes de vue mènent
le visiteur au cœur du site, le Belvédère supérieur. Par là, le palais est comparé à l’Olympe, le
domaine des dieux. À travers ses associations mythologiques, le jardin opère également une
glorification de son maître d’ouvrage, le prince Eugène, qui apparaît tel un second Apollon ou
un second Héraclès.
Par effet optique, les deux cascades offrent un socle monumental au Belvédère supérieur. La
cascade principale se trouve entre les terrasses supérieure et intermédiaire. Des héros luttant
contre des créatures monstrueuses et des néréides (nymphes aquatiques) décorent le bassin.
La deuxième cascade franchit la pente menant à la terrasse inférieure par une fontaine en
forme de coquillage portée par des tritons et des néréides. Le vaste bassin aux lignes galbées
marque l’extrémité du jardin. Tel un miroir encadré, il renvoie au Belvédère supérieur sa propre
image.
Le jardin baroque se distingue également par une riche collection de sculptures. Muses,
représentations de la vie à la campagne, figures allégoriques évoquant les mois de l’année,
vases et putti bordent les chemins et ornent les escaliers.
Devant l’entrée principale du Belvédère supérieur côté jardin, deux sphinx de pierre montent la
garde. Les êtres à tête de femme et à corps de lionne symbolisent force et vigueur couplées à
un jugement humain.
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LA COLLECTION
La collection la plus prestigieuse d’art autrichien :
la présentation permanente au Belvédère supérieur
Moyen Âge
Des œuvres d’une importance mondiale offrent une vue d’ensemble sur les principaux
développements artistiques de la fin du 14ème siècle jusqu’au début du 16ème siècle. Les pièces
exposées au Belvédère supérieur incluent des sculptures majeures du gothique international,
l’impressionnant autel de Znaim, ainsi que des travaux remarquables d’artistes aussi notables
que Conrad Laib, le Maître des Écossais viennois, Michael Pacher et Rueland Frueauf l’Ancien.
D’autres œuvres médiévales peuvent être admirées dans la section Trésor du Moyen Âge, le
dépôt accessible aménagé dans les Écuries d’apparat du Belvédère inférieur.
Baroque
La collection baroque du Belvédère offre un panorama extrêmement complet sur la production
artistique qui s’est exprimée entre le 17ème siècle tardif et la fin du 18ème siècle sur les territoires
de l’ancienne monarchie des Habsbourg. Le baroque moyen est tout particulièrement
représenté avec des toiles et des sculptures dues notamment à Jacob van Schuppen, Martin
van Meytens, Paul Troger et Franz Anton Maulbertsch. Le sculpteur Franz Xaver
Messerschmidt figure parmi les personnalités artistiques les plus fascinantes de l’époque
baroque. Très prisé par la maison impériale sous Marie-Thérèse, il réalisa à la fin du
18ème siècle les Têtes de caractère, une série de têtes d’étude évoquant parfois le grotesque.
Ces dernières occupent une place prépondérante dans l’histoire de l’art, mais aussi au sein de
la collection du Belvédère. En grande partie conservée dans son état d’origine, la chapelle du
palais décorée avec splendeur (retable de Francesco Solimena, fresques de Carlo Innocenzo
Carlone) illustre quant à elle de façon saisissante le principe baroque d’harmonie entre les
disciplines.
Classicisme, romantisme et Biedermeier
Avec 2 600 peintures et sculptures réalisées entre 1770 et 1870 à travers l’Europe, la section
dédiée à l’art classique, à l’art romantique et au Biedermeier viennois s’avère être, en termes
de nombre, la plus fournie du Belvédère. Outre les œuvres d’artistes majeurs du classicisme,
par exemple la toile monumentale de Jacques-Louis David Bonaparte franchissant le GrandSaint-Bernard, le musée possède d’illustres représentants des courants romantiques, parmi
lesquels des pièces de Caspar David Friedrich, d’artistes du mouvement nazaréen ou encore
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de Leopold Kupelwieser. Du fait de son ampleur et de son exhaustivité, la collection d’art du
Biedermeier viennois (réalisme Biedermeier) jouit du plus grand prestige même au-delà des
frontières. Ferdinand Georg Waldmüller, le plus grand artiste autrichien du 19ème siècle, occupe
une place particulière au Belvédère : le musée détient non seulement la collection la plus
vaste de ses œuvres, parmi lesquelles les tableaux Début du printemps dans la forêt viennoise
et Le matin de la Fête-Dieu, mais également les archives Waldmüller. Friedrich von Amerling,
Josef Danhauser, Peter Fendi et Friedrich Gauermann sont d’autres représentants essentiels
de cette période exposés au Belvédère.
Historicisme et impressionisme
Des toiles du peintre d’histoire Franz Defregger, de l’artiste Anton Romako ou du peintre
orientaliste Leopold Carl Müller, mais aussi les peintures aux accents baroques de Hans
Canon illustrent la variété de l’historicisme, courant artistique aspirant à une évocation du
passé. À cette époque, l’artiste le plus prisé de Vienne était Hans Makart, également appelé le
Prince des peintres. Nombre de ses œuvres majeures font aujourd’hui partie de l’exposition
permanente du Belvédère. S’alignant tout à fait sur l’intention d’origine, le fonds du musée
comporte des travaux d’artistes autrichiens, mais aussi internationaux. Parmi ces derniers,
Pierre-Auguste Renoir, Edouard Manet et Edgar Degas représentent par exemple
l’impressionisme français, tandis que Paul Cézanne et Vincent van Gogh introduisent déjà la
transition vers les Modernes.
Jugendstil et Sécession viennoise
Les premières acquisitions importantes de l’ancienne Galerie moderne, le prédécesseur de
l’actuel Belvédère, provenaient d’expositions de la Sécession viennoise. Le Baiser (Couple) de
Gustav Klimt avait par exemple été acheté lors de l’évènement « Kunstschau 1908 ». Ces
acquisitions constituèrent les prémices de la plus grande collection de peintures de Gustav
Klimt au monde, en l’occurrence celle du Belvédère. En 2012, un généreux legs a enrichi la
collection de deux autres toiles essentielles du peintre : Famille et Tournesol. Outre les œuvres
d’artistes internationaux comme Auguste Rodin ou Giovanni Segantini, mais aussi de peintres
sécessionnistes tels Koloman Moser, Max Kurzweil, Josef Engelhart, Carl Moll ou encore Emil
Orlik, des pièces dues à la génération d’artistes suivante, notamment à Egon Schiele, Oskar
Kokoschka et Max Oppenheimer, sont également exposées. Ainsi, la toile de Schiele La jeune
fille et la mort, qui rappelle le célèbre Baiser (Couple) de Klimt, annonce déjà les premières
tendances de l’expressionnisme.
Expressionnisme
Sous l’influence des travaux de Paul Cézanne, Vincent van Gogh ou Paul Gauguin, mais
également des Fauves à Paris ou des artistes du groupe « die Brücke » à Dresde, la peinture
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autrichienne connut elle aussi une phase expressionniste. Les œuvres d’Oskar Kokoschka,
d’Herbert Boeckl, d’Helene Funke, de Jean Egger ou encore des artistes du cercle de Nötsch
en sont de passionnants témoignages. Le Belvédère possède également des travaux illustrant
remarquablement l’expressionnisme allemand, avec entre autres des pièces d’Ernst Ludwig
Kirchner, de Max Pechstein et d’Emil Nolde. Depuis 2013, de grands chefs-d’œuvre des
Modernes issus de la collection Thyssen-Bornemisza viennent compléter la présentation du
Belvédère supérieur à titre de prêts permanents. Parmi les auteurs de ces toiles, Maurice de
Vlaminck représente le fauvisme français, tandis qu’Alexej von Jawlensky et August Macke
l’expressionnisme de Dresde et de Munich.
L’entre-deux guerres et l’art d’après 1945
La collection du Belvédère supérieur se conclut par des travaux d’artistes autrichiens et de
représentants européens des Modernes. Herbert Boeckl et Albert Paris Gütersloh sont deux
figures majeures de l’expression artistique d’après 1918. Les artistes autrichiens en exil
politique pendant les années 30 et 40 sont eux aussi dûment représentés, par exemple Oskar
Kokoschka, Josef Floch, Franz Lerch ou encore Wilhelm Thöny. Le fonds d’œuvres d’après
1945 comporte majoritairement des tableaux de peinture non-figurative, des travaux issus du
réalisme fantastique viennois et des sculptures figuratives du cercle de Fritz Wotruba.
L’art contemporain
Au Belvédère supérieur, l’art contemporain entre en scène principalement dans le cadre de
présentations temporaires. Depuis 2007, des artistes sont régulièrement conviés à exposer
des œuvres se référant à l’architecture, l’histoire ou la collection du Belvédère, notamment
lors des expositions de la série Intervention. Sur base de ce concept, maints travaux tout
spécialement conçus pour le site ont vu le jour, à l’instar des pièces réalisées par Marianna
Gartner, Susan Hefuna, Christian Hutzinger, Werner Reiterer, Karen Kilimnik, Marco Lulic,
Gudrun Kampl, Brigitte Kowanz, Franz Kapfer, Tillman Kaiser, Lisa Oppenheim, Agnieszka
Polska, Gerold Tusch et Christian Mayer.
De même, la Sala terrena au décor baroque accueille chaque année un arbre de Noël créé
pour l’occasion par un artiste contemporain, tels Gelatin (2010), Fabian Seiz (2011), Eva
Grubinger (2012), Constantin Luster (2013) ou encore Verena Dengler (2014).
Des interventions et des œuvres d’artistes internationaux sont présentées au Palais d’hiver,
tandis que la 21er Haus abrite la collection d’art contemporain du Belvédère et organise des
expositions temporaires.
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GUSTAV KLIMT ET LE BELVÉDÈRE
Par divers aspects, l’artiste d’exception que fut Gustav Klimt (1862–1918) est intimement lié
au musée viennois du Belvédère où est conservée la plus importante collection d’art
autrichien. C’est d’ailleurs sur une initiative de Klimt et d’autres collègues artistes que fut
fondée la Galerie moderne en 1903, institution prédécesseur de l’actuel Belvédère. À l’époque,
l’objectif était de créer un lieu dédié à l’art autrichien contemporain pour lui permettre de se
positionner dans un contexte international. Aujourd’hui encore, le Belvédère déploie ses
activités de recherche et d’expositions en s’alignant sur ce credo.
Les premières acquisitions : Le Baiser (Couple)
Malgré son retrait de la scène publique en 1905, suite au scandale suscité par les peintures
destinées au hall de l’université, et même si, dès lors, il travailla uniquement pour la grande
bourgeoisie libérale, l’artiste Gustav Klimt jouissait d’une immense estime de son vivant déjà.
À sa mort en 1918, plusieurs de ses toiles avaient déjà été acquises pour la Galerie moderne –
parmi celles-ci Le Baiser (Couple), œuvre emblématique du Jugendstil connue à travers le
monde. Acheté pour la Galerie moderne en 1908, année de sa création, lors de l’exposition
Wiener Kunstschau par le Ministère austro-hongrois de la culture et de l’éducation, le tableau
est aujourd’hui encore l’une des pièces phares de la collection du Belvédère.
La plus vaste collection de peintures de Klimt
En possession de 24 toiles, le Belvédère détient la plus vaste collection au monde de
peintures à l’huile de l’artiste. Celle-ci comporte notamment les deux chefs-d’œuvre de son
Cycle d’Or, Le Baiser (Couple) et Judith, de célèbres portraits, par exemple les tableaux Sonja
Knips, Fritza Riedler ou Johanna Staude, ainsi que des paysages et des représentations
allégoriques. Un carnet de croquis autographiques et la monumentale Frise Beethoven ornant
le Palais de la Sécession font également partie de la collection du Belvédère.
La plus importante contribution à une collection : deux toiles de
Klimt
En 2012, le Belvédère a hérité de deux nouvelles toiles de Klimt, Tournesol et Famille. Il s’agit
là de la plus importante contribution à une collection de l’histoire de la Deuxième république.
Les deux chefs-d’œuvre, qui appartenaient au collectionneur viennois Peter Parzer, furent
légués au Belvédère à la mort de ce dernier et enrichissent depuis le fonds du musée.
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2012 : année anniversaire de Klimt
2012, année marquant le 150ème anniversaire de la naissance de l’artiste, fut également une
année extrêmement riche pour le Belvédère. En grande partie grâce au succès des deux
expositions temporaires Gustav Klimt et Josef Hoffmann. Pionniers des Modernes et 150
années de Gustav Klimt, mais aussi grâce à l’intérêt considérable dont jouit l’exposition
permanente des œuvres du peintre, le musée a accueilli plus d’un million de visiteurs,
affichant ainsi un record historique.
Klimt au Belvédère : Le Baiser (Couple), la pièce phare de la
collection
Les chefs-d’œuvre de Gustav Klimt sont exposés de façon permanente dans le cadre de la
présentation de la collection, au Belvédère supérieur. Extrêmement exhaustif, le fonds du
musée permet de suivre l’évolution artistique du peintre : des premiers pas vers l’historicisme,
aux œuvres tardives témoignant de l’influence des Fauves et de la nouvelle génération
d’artistes autrichiens tel Egon Schiele, en passant par la période sécessionniste.
Représentant un couple tendrement enlacé, Le Baiser (Couple), chef-d’œuvre allégorique
connu à travers le monde, constitue incontestablement le point d’orgue de la collection.
Traduisant une constante ouverture à la nouveauté artistique, le style personnel de Klimt se
manifeste avec force sur à peine quatre mètres carrés. L’œuvre réunit en une toile des
principes créatifs de l’art japonais et des éléments empruntés aux mosaïques byzantines ou à
la peinture sur panneaux médiévale, tout en révélant également l’intérêt de l’artiste porté au
travail d’Auguste Rodin, de George Minne ou d’Edvard Munch. À travers la somptueuse
ornementation et la présence de feuilles d’or et d’argent, l’impression que le couple est
préservé des dangers de la vie terrestre et de la souffrance se dégage du tableau. Dans
l’œuvre de Klimt, Le Baiser (Couple) marque à la fois l’apogée et la conclusion d’une phase
artistique centrée sur le contraste entre la représentation naturaliste et d’une grande finesse
des parties du corps et, sur le reste du tableau, des surfaces ornementales planes. C’est
d’ailleurs sur l’ornement que repose le discours symbolique des images.
Autre icône du Jugendstil, le portrait Judith offre lui aussi une illustration fascinante du Cycle
d’Or de Klimt. La jeune héroïne sauveuse de son peuple est représentée sous les traits d’une
femme fatale à la beauté sensuelle et séductrice. L’ambivalence entre la réception catholique
d’origine – Judith comme allégorie de la chasteté – et la représentation d’une séductrice au
magnétisme sexuel intense contribue à créer l’attrait de la toile et à lui donner son caractère
subversif.
Avec les tableaux Sonja Knips (1898), Fritza Riedler (1906) ou encore le portrait non achevé
de Johanna Staude (1917/18), la collection du Belvédère offre un regard unique sur l’évolution
stylistique des portraits féminins que Klimt réalisa sur commande pour la grande bourgeoisie
viennoise fortunée. L’été, l’artiste se retirait fréquemment au bord du lac d’Attersee. C’est là
qu’il a peint la majorité de ses paysages, par exemple les toiles Champ de
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coquelicots (1907), Tournesol (1907) et Allée dans le parc du Château Kammer (1912). Gustav
Klimt meurt le 6 février 1918 à 56 ans des suites d’un accident vasculaire cérébral. Il laisse
derrière lui un grand nombre de peintures inachevées, parmi lesquelles Amalie Zuckerkandl
(1917) et Adam et Ève (1917) qui font également partie de la collection du Belvédère.
Restitution
Menées par le Belvédère depuis 1998, les activités dédiées à la recherche de provenance ont
permis de restituer dix tableaux de Gustav Klimt à leurs héritiers légitimes. Tel fut notamment
le cas de l’œuvre majeure Adele Bloch-Bauer I, actuellement exposée à la Neue Galerie de
New York. La liste complète des œuvres de Klimt aujourd’hui restituées peut être consultée à
l’adresse suivante : www.belvedere.at/de/forschung/provenienzforschung/restitutionen.
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PANORAMA HISTORIQUE
L’histoire de la construction du Belvédère
Édification sous le prince Eugène de Savoie
Véritable joyau baroque, l’ensemble palatial du Belvédère a été conçu par Johann Lucas von
Hildebrandt, grand architecte baroque d’Europe centrale, pour devenir la résidence d’été du
prince Eugène de Savoie.
1697 Acquisition d’une parcelle de jardin au sud de la Rennweg
1712 Début des travaux de construction du Belvédère inférieur
1715 Peintre bolonais représentant du baroque tardif, Marcantonio Chiarini entreprend les
peintures en quadratura ornant la salle centrale du Belvédère inférieur – les peintures du
plafond sont quant à elles réalisées par Martino Altomonte, l’un des instigateurs de la peinture
baroque locale sur le territoire autrichien actuel.
1717 Début des travaux de construction du Belvédère supérieur
1718 Achèvement des vastes travaux d’aménagement du parc baroque conçu par l’architecte
paysager Dominique Girard – ce dernier avait acquis ses connaissances en technique des
plans d’eau et en aménagement paysager à Versailles.
1719 Accueil du grand ambassadeur turc Ibrahim Pasha au Belvédère supérieur ; Francesco
Solimena, représentant majeur de la peinture napolitaine de son époque, se voit confier la
décoration du retable dans la chapelle du palais et la réalisation des peintures ornant le
plafond du Cabinet doré ; le prince Eugène choisit Gaetano Fanti, peintre italien spécialiste
des fresques, pour les peintures en quadratura de la Salle de marbre.
1720 Carlo Carlone, l’un des précurseurs du rococo, est chargé de réaliser la fresque
couvrant le plafond de la Salle de Marbre.
1723 Achèvement du Belvédère supérieur
1732/33 Pour des raisons structurelles, la Sala terrena d’Hildebrandt fait l’objet d’une
transformation qui lui donne son aspect actuel.
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Le Belvédère après la mort du prince Eugène
1736 Le prince Eugène de Savoie s’éteint le 21 avril dans son palais de ville viennois. Le
prince n’ayant laissé aucun testament valide, une commission mandatée par l’empereur
Charles VI désigne sa nièce, la princesse Victoria, comme héritière.
1752 Marie-Thérèse fait l’acquisition des biens fonciers du Belvédère.
1770 Le 17 avril, le Belvédère est le cadre de la cérémonie fastueuse organisée en l’honneur
du mariage de la fille de l’empereur, Marie-Antoinette, au dauphin français, le futur roi Louis
XVI.
L’utilisation en tant que musée
1776 Marie-Thérèse et son fils, l’empereur Joseph II, décident de transférer au Belvédère
supérieur la Galerie de peintures impériale logée jusque là au palais Stallburg – conformément
à l’idéal de l’absolutisme éclairé, la collection impériale devait être rendue accessible au
peuple.
1781 Inauguration de la Galerie de peintures au Belvédère supérieur, qui devient alors l’un des
premiers musées publics au monde
1811 Conformément à la décision de l’empereur François Ier, la collection du château
d’Ambras est placée au Belvédère inférieur. Des cuirasses somptueuses et d’autres restes
d’armures, des bustes, de petites sculptures, des objets d’art mais aussi de nombreuses
peintures y étaient désormais à admirer. Aujourd’hui, une grande partie de la collection
d’Ambras se trouve au Musée des Beaux-arts de Vienne.
1888/89 Les collections impériales sont transférées au Musée des Beaux-arts qui vient d’être
érigé. Suite à son inauguration le 17 octobre 1891, les deux palais du Belvédère sont
momentanément relevés de leur fonction de musées.
La résidence
Sur décision de l’empereur François-Joseph Ier, le Belvédère supérieur devient en 1896 la
résidence du prince héritier François-Ferdinand. Des travaux de transformation ont lieu sous la
direction de l’architecte et administrateur civil Emil von Förster.
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La Galerie moderne
Le 2 mai 1903, la Galerie moderne est inaugurée au Belvédère inférieur. Fondé sur une
initiative de l’Association des artistes des beaux-arts d’Autriche (Vereinigung Bildender
Künstler Österreichs), le musée est conçu comme la première collection publique
exclusivement dédiée à l’art moderne. Les statuts constitutifs prévoient la confrontation de
l’art contemporain autrichien à des œuvres dues à des artistes internationaux se réclamant de
l’art moderne. Mais les sections de la collection ne tardent pas à s’ouvrir également à des
époques antérieures.
En 1908, le Ministère austro-hongrois de la culture et de l’éduction fait l’acquisition du tableau
de Gustav Klimt Le Baiser (Couple), toile Jugendstil emblématique, pour la Galerie moderne. Le
musée est rebaptisé Galerie publique austro-hongroise en 1911.
La galerie autrichienne au Belvédère
1944/45 Les palais subissent de graves dommages pendant la Seconde Guerre Mondiale.
Les bombardements détruisent des éléments de la Salle de marbre au Belvédère supérieur
ainsi que la Salle des grotesques au Belvédère inférieur.
1953 Les travaux de restauration une fois achevés, la Galerie autrichienne s’installe au
Belvédère supérieur qui reprend par là ses fonctions de musée.
1955 Signature du Traité d’État autrichien le 15 mai dans la Salle de marbre du Belvédère
supérieur
1978 Intégration du Musée Gustinus Ambrosi à l’Augarten en tant qu’espace d’exposition
réservé aux sculptures de l’artiste disparu en 1975
2000 Inauguration de l’Atelier Augarten, le futur Augarten Contemporary, en tant qu’espace
d’exposition pour l’art contemporain
2002 Pavillon créé par Karl Schwanzer pour l’Exposition universelle de 1958 à Bruxelles, la
20er Haus devient un site à part entière de la Galerie autrichienne.
Le Belvédère sous la direction d’Agnes Husslein-Arco
2007 Adaptation et remise à l’état initial appliquée du Belvédère inférieur et construction d’un
White Cube dans l’Orangerie ; ouverture du Belvédère inférieur et de l’Orangerie pour des
expositions temporaires et aménagement du dépôt accessible Trésor du Moyen Âge dans les
anciennes Écuries d’apparat
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2008 Début de la transformation de la 20er Haus et fin du regroupement de toutes les
sections de la collection au Belvédère supérieur
2009 Inauguration du Centre de recherche du Belvédère sur la Rennweg et construction d’un
couloir entre le Belvédère inférieur et l’Orangerie
2010 Fondation de l’Institut pour l’élaboration de catalogues thématiques au sein du Centre
de recherche du Belvédère
2011 Inauguration de la 21er Haus, le nouveau lieu d’exposition de l’art contemporain
autrichien dans un contexte international ; achèvement de la restauration de la Sala terrena et
des escaliers d’honneur du Belvédère supérieur
2012 Intégration au Belvédère du Palais d’hiver du prince Eugène
2013 Avec la réouverture du Palais d’hiver constituant le quatrième espace d’exposition du
Belvédère, les salles d’apparat du palais de ville sont accessibles au public pour la première
fois de leur histoire
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LE PRINCE EUGÈNE DE SAVOIE
Biographie
1663 Naissance du prince François Eugène de Savoie-Carignan le 18 octobre à Paris. Fils
d’Eugène-Maurice de Savoie-Carignan et d’Olympe Mancini, il est le cinquième de sept
enfants
1673 Mort du père après une brève période de maladie dans des conditions encore
partiellement mystérieuses
1678 Réception des ordres mineurs conférés par le nonce apostolique à Turin
1683 Après le refus de Louis XIV de le laisser servir dans l’armée française, fuite hors de
France et entrée dans l’armée de l’empereur Léopold Ier. Brillante participation à la bataille de
Vienne sur la colline du Kahlenberg (12 septembre). Carlo Emanuele d’Este, marquis de
Borgomanero, accueille Eugène chez lui et l’introduit à la cour de Léopold Ier
1688 Nomination au grade de feld-maréchal-lieutenant. Le prince Eugène devient abbé laïc de
deux abbayes en Savoie, titre promettant de hauts revenus mais imposant le célibat
1693 Nomination au grade de feld-maréchal impérial
1694/95 Acquisition de premiers bâtiments dans la Himmelpfortgasse. Outre les intenses
activités de construction qu’il engagea dès lors, le Prince Eugène réunit plus tard
d’importantes collections de peintures, de livres, de gravures sur cuivre, de plantes et créa
même un zoo
1697 Nomination au grade de commandant en chef de l’armée impériale en Hongrie (5 juillet).
La bataille de Zenta, le 11 septembre, marque le premier grand triomphe du prince Eugène en
qualité de commandant. Par la suite, nombre d’autres succès militaires forgèrent sa réputation
de brillant général. Achat d’un vaste terrain dans le Rennweg, étendu peu à peu par de
nouvelles acquisitions
1701 Bataille de Carpi le 9 juillet, première grande opération militaire de la guerre de
Succession d’Espagne. Bataille de Chiari le 1er septembre
1702 Bataille de Cremona (1er février) et bataille de Luzzara (15 août). Début de la
construction du palais de Ráckeve sur l’île de Csepel, sur le Danube, près de Budapest
1703 Nomination au titre de Président du Conseil de guerre impérial
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1704 La bataille de Höchstädt (13 août) entraîne une coalition avec les Anglais. Une amitié
entre leur commandant, le duc de Marlborough, et le prince Eugène voit le jour. Travaux de
terrassement sur le site du Belvédère
1705 Bataille de Cassano (16 août) lors de laquelle, au terme d’un rude combat, les troupes
françaises remportèrent exceptionnellement la victoire
1706 Libération de Turin (7 septembre)
1708 Bataille d’Oudenaarde (11 juillet) et siège de Lille (du 10 août au 22 octobre, citadelle
jusqu’au 10 décembre). Début des travaux d’agrandissement du palais de la
Himmelpfortgasse prévoyant l’ajout de cinq travées vers l’est (aile de la galerie)
1709 Siège de Tournai (du 4 au 28 juillet, citadelle jusqu’au 3 septembre) et bataille de
Malplaquet (11 septembre)
1712 Début de la construction du Belvédère inférieur
1714 Le traité de Rastatt (6 mars) met fin à la guerre de Succession d’Espagne
1716 Nomination au titre de Gouverneur général des Pays-Bas autrichiens (jusque 1724).
Bataille de Peterwardein (5 août) lors de la guerre vénéto-austro-ottomane
1717 Bataille de Belgrade avec une attaque surprise du prince Eugène dans la nuit du 16 août.
Achèvement du Belvédère inférieur et début de la construction du Belvédère supérieur
1718 Le traité de Passarowitz (21 juillet) met fin à la guerre vénéto-austro-ottomane et, par sa
portée considérable en termes de politique de sécurité, fait cesser la menace ottomane
1724 Nomination au titre de Vicaire général des possessions autrichiennes en Italie
1723 Achèvement du Belvédère supérieur, agrandissement du palais de la Himmelpfortgasse
avec l’ajout de cinq travées vers l’ouest (aile de la bibliothèque)
1725 Le prince Eugène fait l’acquisition du château de Hof qu’il convertit en sa résidence de
campagne
1731 C’est à partir de cette année que commence la publication de l’ouvrage d’estampes en
dix volumes consacré au Belvédère d’après les gravures de Salomon Kleiner. Volume
complémentaire paru en 1734, l’Ouvrage de la ménagerie documente la diversité animale et
végétale du jardin du Belvédère
1734 Au printemps, sur les instances de l’empereur Charles VI, le général alors âgé de 70 ans
prend le commandement en chef des troupes sur le Rhin lors de la guerre de Succession de
Pologne
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1736 Le prince Eugène meurt pendant la nuit du 21 avril dans son palais de la
Himmelpfortgasse. Une fastueuse cérémonie funéraire est organisée le 9 juillet à la
Cathédrale Saint-Étienne où Eugène est inhumé dans la Tombe du Savoyard
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INFORMATIONS GÉNÉRALES
Belvédère supérieur
Prinz Eugen-Straße 27, 1030 Vienne, Autriche
Tous les jours de 10 à 18 heures
Belvédère inférieur, Orangerie
Rennweg 6, 1030 Vienne, Autriche
Tous les jours de 10 à 18 heures
Mercredi de 10 à 21 heures
Écuries d’apparat
Trésor du Moyen Âge
Rennweg 6, 1030 Vienne, Autriche
Tous les jours de 10 à 12 heures
Pour les groupes sur inscription
Palais d’hiver
Himmelpfortgasse 8, 1010 Vienne, Autriche
Tous les jours de 10 à 18 heures
21er Haus
Schweizergarten, Arsenalstraße 1, 1030 Vienne, Autriche
Mercredi de 11 à 21 heures
jeudi à dimanche de 11 à 18 heures
Ouvert les jours fériés
Contact
Service presse du Belvédère et du Palais d’hiver
Prinz Eugen-Straße 27
1030 Vienne, Autriche
T + 43 1 79557-177
M [email protected]
www.belvedere.at/presse (mot de passe : pr2016)
Service presse 21er Haus
Schweizergarten, Arsenalstraße 1
1030 Vienne, Autriche
T + 43 1 79557-185
M [email protected]
www.21erhaus.at/presse (mot de passe : pr2016)
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