Photos : C yril Fourquet-IAE/ Daniel A vril-U TM

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L’hebdo qui parle aux Toulousains
Photos : Cyril Fourquet-IAE/ Daniel Avril-UTM
2
METIERS
&FORMATION l
l
METIERS
.
&FORMATION
(SOMMAIRE
Les prochains
rendez-vous
formation
dans vOS journaUX
20 mars
26 juin
20 novembre
Comment trouver sa
voie vers l’emploi
EN VENTE
chez votre marchand
de journaux
Répondre aux attentes. Les Français seraient-ils à ce point dépressifs ? Au
point de justifier la formation de plus de 4500 étudiants en psychologie rien
qu’à Toulouse... C’est plus de 10% du nombre actuel de psychologues dans
toute la France. En attendant le retour de la croissance, et devant l’ampleur
du chômage des jeunes - près de 25% - on pourrait aussi former des conseillers
d’orientation selon les dires de plusieurs patrons. Car pendant qu’un étudiant
prolonge ses études dans l’angoisse d’intégrer le marché de l’emploi, et de
rejoindre la longue file du Pôle Emploi, des employeurs sont à la peine pour
recruter des profils répondant à leurs besoins. Des besoins qui nécessitent
parfois des compétences techniques que l’on maîtrise après une courte formation. Chaudronnier, ajusteur, monteur... Des chefs d’entreprise sont prêts
à financer eux-mêmes la formation d’anciens salariés en reconversion professionnelle, histoire de dénicher l’oiseau rare.
(Fotolia - ©Baillou)
n
Président et directeur de la
publication : Dominique Billard
nPrincipal associé :
La Presse Régionale S.A.
ISSN 0750-3970 Voix du Midi CPPAP 0114C8217
ISNN 1766-6856.
n
Imprimé par : Imprimerie Rotimpres
Ayguaviva (Girona, Espagne)
La Voix du Cantal CPPAP 1115C83903
1148-4764
L’hebdo qui parle auxISNN
LaToulousains
Vie Quercynoise CPPAP 1118C83902
Hugues-Olivier Dumez
L’actualité
Ce qui va changer
en 2014
•p4à6
s’informer
Le marché de l’emploi
à la loupe
• L’interview d’Alain Di Crescenzo, président
de la Chambre de commerce et d’industrie
de Toulouse
• Ce qu’attendent les recruteurs !
• La place des femmes dans l’entreprise
DR
• p 8 à 14
se projeter
Les métiers de demain
• Les nouveaux métiers de l’agroalimentaire
• Vous avez un projet, la TIC Valley vous aide
à créer l’entreprise
• p 36 à 39
s’identifier
Huit portraits de jeunes
diplômés déjà au travail
• p 24 à 34
Assystem
n
Date du dépôt légal : A parution
210051
(Fotolia ©alphaspirit)
Supplément gratuit avec nos éditions du jeudi 20 février 2014
Edité par La Société d’Edition de la Presse
Régionale n S.A. constituée le 26 mai
1899 au capital de 357 500 euros
n Inscrite au RCS sous le N° 570 801 662.
Adresse : 28, rue Théron de Montaugé
B.P. 72137 n Tél. : 05 61 99 44 44
Fax : 05 61 99 26 00
C’est pourquoi nous avons choisi de mettre en lumière ces formations qui
répondent aux attentes des recruteurs. Celles, bien sûr, qui proposent l’alternance ou l’apprentissage. Mais aussi celles qui renforcent les partenariats à
l’étranger permettant aux jeunes de faire face à la mondialisation. Sans parler de celles qui intègrent les chefs d’entreprise dans leurs réflexions pédagogiques afin d’être au cœur des problématiques du marché. Pourquoi pas en
faisant appel aux intervenants extérieurs, issus de ce monde - parfois décrié
- de l’entreprise. Histoire de dispenser des cours où la pratique compte autant
que la théorie. Une série de huit portraits de jeunes diplômés qui viennent de
trouver un travail complète ce supplément Métiers&Formations. Ces derniers
n’ont connu aucune difficulté pour emprunter le chemin du marché de l’emploi. Autant dire une bouffée d’oxygène en ces temps de morosité.
s’orienter
Des formations
qui répondent aux
besoins
du marché
• Quand la fac concurrence les meilleures écoles
de commerce • Ingénieurs, biologistes, informaticiens...
ils choisissent l’Université !
• Université et entreprise, la fin d’un
antagonisme
• Une formation intégrée à l’entreprise :
reportage au lycée Airbus
• p 15 à 22
3
METIERS
l’actualité l
METIERS
&FORMATION
5
Ce qui va cha nger en 2014 !
5
> Déménagement à la rentrée 2016
Sciences Po Toulouse va s'installer Quai Saint-Pierre, face à la
Garonne, à la rentrée 2016. Actuellement situé rue des Puits
Creusés, l'établissement déménage dans de futurs locaux de
plus de 4000 m². « Ce nouveau bâtiment se composera d’espaces de travail modernes, de nombreuses salles de classes et de travail, trois amphithéâtres de
grande capacité, d’équipements de hautetechnologie mais aussi un cadre appréciable avec une vue exceptionnelle sur la
Garonne », décrit l'IEP de Toulouse.
> Lancement d’un statut d’étudiant-entrepreneur
L’Institut national polytechnique (INP) de Toulouse vient de créer un statut
d’étudiant-entrepreneur destiné aux étudiants voulant développer leur projet de création d’entreprise. Les élèves sélectionnés continueront leurs études tout en avançant sur leur projet d’entreprise. Leur emploi du temps sera
aménagé et ils pourront bénéficier d’un an supplémentaire pour effectuer
leur cursus et pour obtenir leur diplôme.
« Le statut d’étudiant-entrepreneur correspond à une initiative porteuse d’avenir, souligne Olivier Simonin, président de l’INP Toulouse. Il répond à une
demande émergente des étudiants, de plus en plus nombreux à porter un
projet de création d’entreprise avant même la fin de leur cursus ».
Chaque élève entrepreneur bénéficiera d’un suivi personnalisé par un tuteur,
issu soit du GIPI (Club d’innovation pour l’industrie de Midi-Pyrénées), soit
de la Cantine numérique, soit d’une association des diplômés de l’INP Toulouse.
Ils auront aussi un accès privilégié à toutes les infrastructures et aux laboratoires de recherche de l’INP Toulouse qui regroupe sept grandes écoles :
• ENSAT (École nationale supérieure agronomique de Toulouse)
•ENSEEIHT (École nationale supérieure d’électrotechnique, d’électronique,
d’informatique, d’hydraulique et des télécommunications)
• ENSIACET (École nationale supérieure des ingénieurs en arts chimiques
et technologiques)
• ENIT (École nationale d’ingénieurs de Tarbes)
• ENM (École nationale de la météorologie)
• EI Purpan (École d’ingénieurs de Purpan)
• ENVT (École nationale vétérinaire de Toulouse)
3
4
École
d’ingénieurs Isis
de Castres
> Une formation en partenariat avec l’Insa Toulouse
L’école d’ingénieurs Isis de Castres, spécialisée dans l’informatique et les systèmes d’information pour la santé, lance
à la rentrée 2014 un cycle de formation en 5 ans dans le
cadre d’un partenariat avec l’Institut national des sciences
appliquées (INSA).
Lycée ToulouseLautrec d’Albi
> Ouverture d’un BTS Tourisme
Le lycée professionnel Toulouse-Lautrec, à Albi (Tarn), ouvre à
la rentrée 2014 un BTS Tourisme. Les futurs candidats pourront
recevoir toutes les informations nécessaires à l’occasion de la
journée portes ouvertes de l’établissement, le samedi 22 mars
2014 (8h30-13h30).
210063
2
Institut national
polytechnique (INP)
de Toulouse
Université
catholique
de Toulouse
(UCT)
> Nouvelle Licence de droit,
parcours Science Politique
L’Université catholique de Toulouse (UCT) lance
une nouvelle Licence en droit, parcours Science
Politique. Il s’agit d’un diplôme reconnu par l’État,
en convention avec l’Université Toulouse 1 Capitole. Cette formation permet notamment de préparer aux concours commun des IEP (Institut d’études politiques) tout en disposant d’enseignements
juridiques.
DR
Institut d'études
politiques (IEP)
de Toulouse
DR
1
&FORMATION l l’actualité
DR
4

&FORMATION l l’actualité
LYCÉE
DES MÉTIERS
SAINT JOSEPH
Toulouse School
of Economics (TSE)
Principes fondamentaux de l’économie et de la gestion,
sciences économiques et sociales, création et activités
artistiques (arts du spectacle), littérature et société,
méthodes pratiques et scientifiques, santé et social.
Options facultatives
Théâtre - EPS - Arts Plastiques
TECHNOLOGIQUE
1ère et Terminale S.T.S.S.
(sciences et technologies sanitaires
et sociales)
TSE
METIERS DE LA SANTE
ET DU BIEN ÊTRE
7
BAC Pro Santé Social
Accompagnement, Soins et Services à la Personne
(Anciennement BEP Carrières Sanitaires et Sociales)
CAP petite enfance en 1 an
Après un BEP sanitaire, BEPA ou CAP
LYCEE DES METIERS
DE L’HOTELLERIE
3ème Préparation Professionnelle
Hôtelière
CAP BAC PRO Cuisine et Service et
Commercialisation en restaurant
(option Marine)
CAP Serveur en Brasserie Café
Nouvelle Formation à la rentrée
BAC Technologique Hôtelier
Mention Complémentaire : Accueil
Réception (accessible après un Bac
Général) - Sommellerie - Pâtisserie
en dessert de Restaurant
LYCEE POLYVALENT
INDUSTRIEL
Bac Pro en 3 ans
• Commerce
ENSEIGNEMENT
SUPERIEUR
de 9h à 16h
TBS
2nde Générale
Bac ES
METIERS DE LA VENTE
SECTION EUROPEENNE ANGLAIS
PORTES OUVERTES
Samedi 12 avril 2014
TBS
LYCEE GENERAL
Filière BOIS
CAP - BAC PRO
Agenceur Menuiserie
Constructeur Habitat Bois
Filière MECANIQUE AGRICOLE
CAP - BAC PRO
Maintenance Agricole
Filière ELECTRONIQUE NUMÉRIQUE
BAC PRO SEN
Filière CARROSSERIE
(Systèmes Electroniques Numériques)
CAP Carrosserie et Peinture
• CAP Esthétique, Cosmétique,
Parfumerie
• BAC PRO Esthétique,
Cosmétique, Parfumerie
• BTS Métiers de l’Esthétique,
Cosmétique et Parfumerie
> Création d’un double diplôme en droit et gestion
L’Université Toulouse 1 Capitole ouvre à la rentrée 2014 un
nouveau cursus de trois ans pour permettre aux étudiants
de valider en même temps deux licences (droit et gestion)
afin de suivre le Master 1 de son choix, à l’IAE (Institut d’administration des entreprises) ou à la faculté de droit.
Toulouse
Business School
(TBS)
> L’école de commerce veut diversifier
ses recrutements
Dès 2014, le concours d’accès à la première année
du programme Grande école sera ouvert aux étudiants de Bac+2 issus de formations universitaires,
d’IUT et de BTS. Anciennement dénommée École
supérieure de commerce (ESC), TBS prévoit 50 places en plus des 405 places attribuées aux étudiants
de classes préparatoires. Cette nouvelle voie d’accès
au Programme Grande école prendra la forme d’un
concours d’entrée spécifique, adapté à la formation
initiale de ce nouveau public. Au menu de ce nouveau
concours, des épreuves écrites d’admissibilité, telles
que le test TAGE 2, traditionnellement adopté par les
écoles de commerce, et un test d’anglais. S’ensuit
un entretien individuel de motivation ainsi que deux
oraux de langues.
Classe bilangue
3ème préparation professionnelle
Enseignements d’exploration :
> De nouveaux locaux au cœur de Toulouse
L’école d’économie de Toulouse, située dans les locaux de
l’ancienne Manufacture des tabacs, face au canal de Brienne,
s’agrandit. D’ici l’été 2015, un imposant bâtiment de 11000
m2 sur 7 niveaux sortira de terre à quelques mètres de la place
Saint-Pierre. Entièrement dédiés à la recherche, les nouveaux
locaux abriteront, à partir de janvier 2016, plus de 150 chercheurs et enseignants-chercheurs de la Toulouse School of Economics et du laboratoire d’excellence IAST (Institut for Advanced
Study in Toulouse) dirigé par l’économiste Jean Tirole.
Université
Toulouse 1
Capitole
8
COLLEGE
2nde ,1ère et Terminale ES, L, S
Section européenne Anglais
208623
6
La richesse d’un ensemble scolaire
De formations adaptées pour tous les jeunes
vers des métiers d’avenir.
La passion des métiers au service des jeunes
ENSEIGNEMENT GENERAL
DR

Grandir par le vivre ensemble
Des parcours de réussite pour tous
ons
Internats filles et garç
Lycée Privé Saint Joseph
1 AV. T. Roussel - 48 100 MARVEJOLS
Tél. 04 66 32 02 40 - Fax 04 66 32 30 45
mail : [email protected]
www.lyceesaintjoseph.com
Mise à Niveau
BTS A (mercatique et
gestion /hébergement)
BTS B (art de la table et cuisine)
BTS Technicien Service en
Maintenance Agricole
BTS Système Construction Habitat
Bois
MINI STAGE D’ORIENTATION
dans toutes ces formations
208625
Ce qui va changer en 2014 !
FORMATION GENERALE
TECHNOLOGIQUE
PROFESSIONNELLE
143542
METIERS
TSE
6
Tél : 04.66.31.00.99
Email : [email protected]
Site : www.lycee-sacre-coeur.fr
METIERS
> s’i
&FORMATION l s’informer
s’informer l
ou
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nformer : le march
Rendez-vous à la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Toulouse
le 21 février prochain. Au cœur du Palais consulaire (2, rue d’Alsace-Lorraine), la CCI organise la Nuit de l’orientation à destination des collégiens,
lycéens et étudiants. De 17h à 22h, environ 150 métiers seront présentés
dans des secteurs variés, là où les entreprises peinent à trouver les compétences dont elles ont besoin pour leur développement. Trois conférences seront également proposées sur les réseaux sociaux (à 18h30), sur les
métiers de la vente, du commerce et de la distribution (à 19h30) et sur l’alternance et l’apprentissage (à 20h30).
David Bécus
Dominique Delpoux
Petit-fils de pêcheur sur le port de Marseille, fils d’ouvrier,
Alain Di Crescenzo veut croire en la méritocratie. Fort de son
expérience personnelle, le président de la Chambre de commerce et
d’industrie (CCI) de Toulouse, également PDG du groupe coté en
bourse IGE+XAO, mène des actions concrètes en faveur de
l’orientation des jeunes.
``
Pour autant, le taux de chômage des jeunes
est très élevé…
La principale difficulté des jeunes aujourd’hui, c’est
le chômage de masse. Un pays développé comme
la France ne peut se permettre d’avoir un taux de
chômage des jeunes autour de 25 %. C’est un échec
retentissant pour le pays. Un nombre trop important de jeunes issus de filières que l’on sait bouchées se retrouvent fatalement au chômage. A
l’inverse, certains secteurs peinent à recruter, en
particulier dans les métiers manuels. Il devrait y
avoir plus de liens entre l’entreprise et le système
éducatif, et ce dès le collège : des choix d’orientation se font dès la troisième.
``
Comment expliquer cette pénurie de maind’œuvre dont vous parlez ?
Nous avons un réel problème d’inadéquation entre
les formations proposées et le marché du travail.
Il est déjà trop tard lorsqu’on constate la pénurie.
Que se passe-t-il lorsqu’une entreprise ne trouve
pas de bons candidats au poste ? Dans le meilleur
des cas, elle sous-traite à une entreprise locale ou
nationale qui peut lui fournir la prestation. Et dans
le pire des cas, l’activité est transférée à l’étranger.
Je n’ai rien contre les entreprises étrangères mais
il est quand même regrettable de perdre des gisements d’emplois car on n’a pas su adapter l’offre
et la demande. Les formations doivent correspondront aux besoins des entreprises.
``
Comment la CCI peut-elle intervenir ?
A la CCI de Toulouse, nous avons lancé un comité
afin de réunir les principaux employeurs pour qu’ils
évoquent les besoins à plus long terme. On s’aperçoit seulement maintenant que l’activité dans l’ingénierie, par exemple, va un peu diminuer. Et que
les besoins pour piloter les chaînes de production
vont augmenter. Notre idée est de réaliser une
cartographie régionale des projections de recrutements d’ici cinq ans.
``
Par ailleurs, la CCI est à l’initiative de la Nuit
de l’orientation. En quoi cela consiste-t-il ?
Sont présentés uniquement les métiers dont les
débouchés existent. Environ 150 métiers sont représentés lors de l’événement. Lancée au niveau national, la Nuit de l’orientation permet aux jeunes de
réfléchir sur la fonction qu’ils pourraient exercer
plus tard. L’année dernière, pour la deuxième édition, nous avons accueilli environ 2400 personnes. Ces jeunes sont principalement des lycéens
se posant des questions sur l’entreprise. Ils ont
souvent cette image terrible renvoyée dans les
médias lors de scandales, de fermetures d’usines,
de piquets de grève. Difficile de faire rêver la jeunesse avec cette image…
``
En tant que PDG, les mesures annoncées en ce
début d’année par le président François Hollande dans le pacte de responsabilité peuvent-elles vous inciter à recruter ?
Une mesure incitative ne peut gouverner une
entreprise. Vous imaginez, a contrario, si une société
licenciait demain après l’annonce de suppression
des aides aux entreprises ? Ce n’est pas possible.
Plutôt que de prendre des engagements sur les
créations d’emploi, les entreprises pourraient s’engager sur les contrats de professionnalisation afin
de développer l’alternance et l’apprentissage. Si
quelque chose doit être imposé aux entreprises,
c’est sur ce sujet. L’allégement des charges sur les
entreprises pourrait déboucher sur un quota d’alternance à respecter.
 Recueilli par Hugues-Olivier Dumez
210064
``
Votre réussite professionnelle pourrait-elle
être possible aujourd’hui ?
Mon parcours est un peu chaotique, étant donné
que je ne voulais pas faire d’études… Mes parents
m’y ont forcé ! Et c’est à la suite d’un accident de
moto à 17 ans que j’ai dû abandonner l’idée d’être
professeur d’éducation physique. Étant bon en
mathématiques, j’avais la possibilité de rejoindre
une école d’ingénieurs (NDLR : Alain Di Crescenzo
est diplômé de l’École nationale supérieure d’arts
et métiers). Issu moi-même d’un milieu modeste,
je souhaite mettre en exergue la démocratisation
de l’enseignement dans ce pays ! Cette gratuité
des études supérieures est une chance extraordinaire et c’est une spécificité française.
9
Une nuit
pour réfléchir
à son avenir
« Renforcer les liens
entre l’entreprise
et le système éducatif »
“
&FORMATION
pe
Alain Di Crescenzo, CCI Toulouse
``
Quel premier conseil donneriez-vous aux
lycéens ?
De faire d’abord ce qui leur plaît ! Il ne faut pas
rêver, on passe l’essentiel de sa vie au travail. A mon
avis, on devient malheureux si le travail est uniquement effectué par une motivation alimentaire.
J’estime qu’il vaut mieux travailler deux heures de
plus et être motivé plutôt que de regarder l’horloge tourner.
METIERS
208940
8
10
METIERS
&FORMATION l s’informer
s’informer l
METIERS
&FORMATION 11
Ce que veulent les recruteurs
Liebherr-Aerospace Toulouse
Près d’une centaine d’emplois vont être
créés chez Liebherr-Aerospace Toulouse
SAS, entreprise leader dans les
systèmes embarqués. A la tête des
ressources humaines, Jérôme Noyer
détaille les postes à pourvoir, sans
omettre de donner ses conseils aux
futurs candidats.
fiche entreprise
Société du groupe familial Liebherr
(37 800 salariés et 9,1 milliards d’euros de
chiffre d’affaires), l’entreprise LiebherrAerospace Toulouse SAS est spécialisée
dans les systèmes d’air pour l’aéronautique. Elle emploie 1200 salariés à Toulouse et à Campsas (Tarn-et-Garonne) et
enregistre un chiffre d’affaires de 420 millions d’euros. L’entreprise est fournisseur
de premier rang pour les avionneurs (Airbus, ATR, Boeing, Bombardier, Dassault,
Embraer, Sukhoï,…) et assure la maintenance d’environ 300 compagnies
aériennes.
``
Combien d’emplois la société prévoit-elle en
2014 ?
Nous tablons sur une centaine de créations d’emploi d’ici quatre ans, soit environ 25 nouveaux postes chaque année. Pour atteindre un effectif proche des 1 300 salariés en 2017, nous devons recruter
entre 50 et 70 personnes par an afin de pallier les
départs (NDLR : retraite, démission, licenciement),
tout en renforçant les équipes.
``
Quels sont les postes à pourvoir ?
Majoritairement des métiers de production et de
support à la production. Les deux tiers de nos recrutements porteront sur des métiers aujourd’hui en
tension, à savoir les postes de monteur-mécanicien, d’usineur-ajusteur, de chaudronnier-soudeur,
de préparateur-méthode et d’ordonnancement.
On peut dire que les recrutements seront réguliers, même au-delà de 2017. C’est pourquoi les filières de formation initiale à ces métiers doivent être
défendues et promues. Nous devons aussi amener vers nos métiers des personnes qui ne s’y destinaient pas. En collaboration avec notre branche
professionnelle et le Pôle Emploi, nous formons des
demandeurs d’emploi dans le cadre de la méthode
de recrutement par les habiletés. Nous avons ainsi
embauché l’an passé quatre personnes en reconversion professionnelle.
``
Qu’en est-il des fonctions supports ?
Le dernier tiers des recrutements devrait permettre de renforcer le support commercial avec les
métiers de technicien administration des ventes
et les métiers d’ingénieurs d’affaires. Ces derniers,
de profil ingénieur et/ou commerce-gestion sont
l’interface avec nos clients sur les activités de première monte auprès des avionneurs ou de maintenance auprès des compagnies aériennes. Des
renforts sont aussi à prévoir dans les achats. Une
fonction stratégique pour un sous-traitant de premier rang puisque notre volume d’achat représente
plus de 60 % de notre chiffre d’affaires. Enfin, nous
sommes régulièrement à la recherche de qualiticiens (NDLR : là pour garantir la qualité des produits fabriqués) et de spécialistes des systèmes
d’information.
``
Quels conseils donneriez-vous avant l’entretien d’embauche ?
Le minimum est déjà de s’intéresser à l’entreprise
et au poste. Cette candidature doit être cohérente
au regard de votre parcours et de votre projet professionnel. On doit percevoir le chemin qui vous a
conduit à nous. Un entretien de recrutement n’est
pas un exercice de séduction. C’est une rencontre
entre le besoin d’une entreprise et le profil d’un
candidat. C’est pourquoi nous présentons le poste
tel qu’il est ! Réciproquement, le candidat est dans
un exercice de vérité, d’authenticité et de lucidité
pour donner les meilleures informations sur son
profil et son projet professionnel. Dans l’industrie
aéronautique, nous sommes dans une relation plutôt équilibrée entre le recruteur et le candidat. Les
ouvriers qualifiés, les techniciens ou les ingénieurs
ont souvent plusieurs propositions d’embauche,
c’est donc un « vrai choix » que fait le candidat en
nous rejoignant.
``
Combien d’entretiens faut-il passer avant
d’intégrer votre entreprise ?
Une première sélection a lieu par l’intermédiaire
d’un cabinet de recrutement pour les postes d’ingénieurs. Au-delà de ce regard externe à l’entreprise,
trois autres entretiens complètent le processus de
recrutement. Le candidat rencontre les responsables hiérarchiques et les ressources humaines.
``
Le secteur aéronautique est en très bonne
santé, en témoigne le carnet de commandes
des avionneurs. Au point d’inciter de jeunes lycéens à intégrer le marché du travail après le
bac professionnel. La fin précoce des études
n’est-elle pas risquée sur le long terme ? Les
métiers de production sont-ils pérennes malgré
l’arrivée de nouveaux concurrents sur le
marché ?
Avec une visibilité à dix ans, nous sommes effectivement dans l’un des secteurs industriels les plus
dynamiques. Il y a un co-leadership entre l’Europe
et l’Amérique du Nord. Mais il ne faut pas sousestimer des acteurs historiques (Russie) ou émergents (Brésil, Chine, Inde) très ambitieux. Tout
est une question de confiance quant à la perfor-
``
Quelles sont les perspectives de carrière d’un
ouvrier qualifié ?
J’ai en tête le parcours d’un monteur-mécanicien,
titulaire d’un bac professionnel, ayant rejoint l’entreprise en 2000 au sein de notre atelier de réparation. Il a saisi l’opportunité d’une demande de
renfort technique opérationnel pendant quelques
mois pour notre station de réparation à Singapour.
``
Combien gagne un salarié chez Liebherr-Aerospace Toulouse ?
Un ouvrier qualifié débutant démarre chez nous
à 23 500 euros bruts par an. C’est de l’ordre de
25 000 euros pour un technicien débutant et de
33 500 euros pour un cadre. S’y ajoutent des rémunérations complémentaires telles que les primes
de nuit ou des participations à la performance économique de l’entreprise.
``
Quel jugement portez-vous sur les
formations ?
La situation a changé. Industrie et monde de l’éducation se connaissent mieux et collaborent davantage. De manière globale, le regard de la société
sur l’industrie a changé. Chacun prend conscience
qu’un pays qui défend et développe son industrie
est un pays qui prépare l’avenir. Un autre
signe positif est la féminisation de métiers
Liebherr-Aerospace Toulouse
“
« L’entretien n’est pas
un exercice
de séduction »
Il a pratiqué au quotidien l’anglais, la langue de l’aéronautique. A son retour, un poste de préparateur
Méthodes lui a été confié. Et depuis quelques jours,
il a pris des responsabilités d’encadrement à la tête
d’une équipe d’une vingtaine de monteurs.

208931
Jérôme Noyer,
DRH de Liebherr-Aerospace Toulouse SAS
mance de nos entreprises. Si nous sommes capables de garder une industrie aéronautique compétitive, nous conserverons notre avance. Cela passe
notamment par l’avance technologique, c’est-àdire par des efforts constants en R & D (Recherche
et Développement) mais aussi par une bonne combinaison entre ingénierie et production. Nos défis
actuels sont, d’une part de maîtriser nos coûts de
développement, d’autre part de livrer en temps et
en heure avec le niveau de qualité attendu par nos
clients. Par conséquent, il y a de très belles carrières
à faire dans les métiers de production. Et puis tout
ne s’arrête pas à la formation initiale et au premier
poste. Nous proposons de la formation professionnelle à nos salariés afin d’évoluer dans l’entreprise
et au sein du groupe Liebherr.
&FORMATION l s’informer
Ce que veulent
les recruteurs
“
METIERS
&FORMATION 13
Ce que veulent
les recruteurs
Les conseils de Christophe Dubouloz
dirigeant d’une société de conseils
en recrutement
``Quels sont vos liens avec le monde de
l’enseignement ?
Nous avons signé près d’une vingtaine de
nouveaux contrats d’apprentissage en
septembre dernier. C’est au total une cinquantaine de jeunes alternants ou thésards qui se forment dans l’entreprise,
de l’apprenti chaudronnier à l’ingénieur.
Par ailleurs, nous accueillons 150 stagiaires par an, dont des stages de découverte en troisième. D’importants efforts
sont donc déployés pour se rapprocher
des lycées professionnels et des écoles. Nous ouvrons chaque année les
portes de l’entreprise à une classe de
lycée professionnel que nous parrainons. Des visites d’entreprise sont aussi organisées pour les éco-
Liebherr-Aerospace Toulouse
jusqu’alors exercés par les hommes dans les ateliers
de fabrication. Par ailleurs, nous avons en France,
particulièrement à Toulouse, de très bonnes écoles
d’ingénieurs. De son côté, le monde universitaire
a aussi un réel savoir-faire dans plusieurs domaines techniques. Enfin, le dispositif de formation
répond et s’adapte aux besoins des entreprises au
travers de l’alternance et de l’apprentissage. C’est
une autre voie d’excellence qui prépare les jeunes
avec un fort d’insertion professionnel.
209501
louse
ace Tou
-Aerosp
Liebherr

s’informer l
les d’ingénieurs et nous participons aux actions de
la branche professionnelle, par exemple « Bravo
l’industrie ». Enfin, nous menons une réflexion pour
nous doter d’un centre de formation afin de partager le savoir-faire de nos salariés au sein de l’entreprise.
``
Et quels sont vos liens avec le monde de la
recherche ?
Nous consacrons 20 % du chiffre d’affaires aux activités de R & D. L’un des directeurs généraux de la
division aéronautique et ferroviaire, André Benhamou, est aussi vice-président du pôle de compétitivité Aerospace Valley. Nous sommes membres
fondateurs de l’IRT (Institut de recherche technologique) Saint-Exupéry, dédié à l’aéronautique, à
l’espace et aux systèmes embarqués. Toulouse est
un bassin d’emplois très dynamique concernant
la R & D en aéronautique. L’idée est de mutualiser
avec d’autres grands acteurs de l’aéronautique nos
moyens humains et industriels pour être en pointe
sur l’avion de demain.
``
La fin des programmes de développement de
l’A350 suscite l’inquiétude des sous-traitants
spécialisés dans l’ingénierie. Votre activité de
recherche et développement va-t-elle être
impactée ?
Environ 300 collaborateurs se consacrent à la R &
D. Nous allons en effet stabiliser nos effectifs dans
le domaine de la conception et de l’ingénierie, tout
en continuant de recruter de manière ciblée sur
des compétences qui nous permettront d’être à
la pointe des nouvelles technologies : l’avion plus
« vert » et plus électrique. Nous avons assuré ces
dernières années le développement de nombreux
nouveaux programmes (NDRL : A320neo, Comac
919, SSJ100, Augusta169). Progressivement, les programmes entrent en service et il y a pour l’heure
peu de programmes majeurs annoncés par les avionneurs d’ici 2017-2018. Par conséquent, le recours
aux prestations, assurées par plus d’une centaine
de collaborateurs de nos prestataires d’ingénierie,
va progressivement diminuer. C’est une situation
qui est partagée sur le bassin d’emploi toulousain.
Des solutions semblent s’esquisser pour préserver
autant que possible le potentiel de R & D de notre
région. L’une d’elle est de se consacrer à l’optimisation des programmes en service.
 Recueilli par Hugues-Olivier Dumez
pour
postuler
Du jeune diplômé au
candidat expérimenté à la
recherche d’un nouveau
défi professionnel, Liebherr
Aerospace Toulouse
permet de postuler en
adressant curriculum vitae
et lettre de motivation par
mail (recrutement@
liebherr.com) ou par
courrier (Liebherr
Aerospace Toulouse –
Direction des ressources
humaines – 408, avenue
des États-Unis BP 52016 –
31016 Toulouse cedex 2).
La société accueille aussi
des stagiaires et des
contrats de formation en
alternance.
« Cibler aussi les petites
entreprises ! »
``
Quelles sont les entreprises qui
recrutent ?
L’emploi résiste un peu mieux dans le SudOuest du fait de l’aéronautique mais aussi
de la présence de pôles dynamiques dans
la santé, l’agroalimentaire ou l’ingénierie.
Le marché de l’emploi comporte toutefois
quelques paradoxes. Plusieurs PME locales,
dans le Lot ou le Tarn par exemple, témoignent de réelles difficultés à recruter. De
manière générale, les candidats à l’embauche privilégient les grands groupes capables
de communiquer par l’intermédiaire de vastes compagnes de recrutements. Contrairement aux PME, il s’agit bien souvent de
remplacement de départs et non de pures
créations d’emploi. Le premier conseil que
je donne aux jeunes diplômés est donc de
cibler aussi les petites entreprises ! Trop souvent, les jeunes sont formatés pour intégrer
les grands groupes. Désireux de travailler
en autonomie et d’accéder rapidement aux
responsabilités, ils prendraient davantage
de plaisir en exerçant leurs talents dans une
plus petite structure.
``
Vers quelles formations s’orienter ?
Avant de parler de formation, il faut d’abord
se poser la question du projet professionnel : qu’est-ce que j’ai envie de faire ? Vous
aurez la possibilité d’exercer plusieurs
métiers au cours de votre carrière et cela
dans différents domaines. Donc à moins
de vouloir devenir ingénieur dans l’industrie aéronautique, il ne faut pas se focaliser sur une voie unique mais privilégier une
formation généraliste et pluridisciplinaire.
Parmi les profils recherchés, l’ouverture à
l’international est également fondamentale. C’est une formidable carte de visite et il
est plus aisé de partir à l’étranger lorsqu’on
est jeune…
``
Le clivage entre l’Université et les Écoles
demeure-t-il pertinent ?
Les recruteurs ont encore tendance à valoriser davantage les diplômés d’écoles d’ingénieurs ou de commerce. Mais cela évolue
de manière significative car d’autres critères prennent une place importante, en particulier les stages effectués et les engagements associatifs. Si l’école conserve encore
un peu d’avance en termes d’image, l’Université peut être beaucoup plus formatrice
car l’étudiant est moins encadré et doit
apprendre l’autonomie.
``
Quelle est aujourd’hui la valeur du
diplôme ?
C’est une clé d’entrée, c’est tout. Le diplôme
est l’assurance d’une certaine qualité de formation des jeunes même s’il arrive parfois
d’être un peu surpris… De riches expériences
de stages en entreprise doivent nécessairement accompagner l’acquisition du diplôme.
Par ailleurs, il est encore possible de monter
les échelons dans l’entreprise sans diplôme,
en simple autodidacte. Heureusement !
``
En quoi le réseau est-il important ?
On doit être dans les réseaux à n’importe
quel âge ! C’est une corde de plus à son arc.
Vos rencontres lors des forums de l’emploi ou
votre investissement dans une association
étudiante sont autant d’opportunités pour
se faire repérer. Un grand nombre de postes se pourvoient aujourd’hui par le bouche
à oreille…
``
Quels conseils donneriez-vous pour un
entretien ?
Renseignez-vous sur l’entreprise dans laquelle
vous candidatez. L’entretien se prépare et
nécessite des entraînements afin de répondre à une question essentielle : qu’allez-vous
apporter à l’entreprise ? Vous pourrez ainsi
vous distinguer en mettant en valeur votre
parcours. Les jeunes candidats ne savent pas
toujours valoriser leurs engagements divers
et variés dans le domaine associatif ou humanitaire, par exemple. Il n’y a pas que les études… L’entreprise recrute aussi une personnalité et un potentiel.
``
A contrario, que faut-il éviter ?
Avant de vendre son background, il faut
d’abord écouter ce qui intéresse le recruteur.
Nous sommes dans une démarche commerciale. On vient promouvoir son profil tandis
que l’entreprise, de son côté, propose un projet. Pas question non plus de tricher sur ses
diplômes ou les expériences acquises en
entreprise. Il est préférable de ne pas intégrer
une entreprise quand elle ne correspond pas
à votre profil plutôt que de vivre une mauvaise expérience car il sera difficile de rebondir par la suite. La sincérité est aussi une façon
de vous démarquer par rapport à des discours
récités par cœur lors de l’entretien… Comme
disait Sacha Guitry : « Méfiez-vous de la première impression, c’est toujours la bonne ! »
Recueilli par H.O. D.
DR
METIERS
fiche D’IDENTITÉ
Riche d’une expérience de trente années dans les ressources
humaines, Christophe Dubouloz a lancé en avril 2013 sa propre
société Dubouloz Consulting, spécialisée dans le conseil en management et en ressources humaines. Il vient aussi en ce début
d’année de passer le relais de la présidence du CMRH (Club management et ressources humaines) Sud-Ouest à Christine Courade, DRH de l’aéroport Toulouse-Blagnac. Plusieurs grandes
entreprises figurent dans le curriculum vitae de Christophe Dubouloz, notamment la Fnac, Bouygues et le groupe ENI, avant
qu’il ne prenne la direction des ressources humaines de SPIE
Sud-Ouest pendant huit ans.
209275
12
&FORMATION l s’informer
s’orienter l
la fin d’un
antagonisme
« Casser les préjugés »
Société du groupe international Assystem, Athos aéronautique emploie 220 salariés et
dispose de son propre organisme de formation. La société est
un prestataire de services tourné vers la production aéronautique. Ses principaux clients
sont les constructeurs Airbus,
ATR ou Dassault. Et ses besoins
en main-d’œuvre portent principalement sur des postes de
technicien en contrôle qualité.
« La pénurie de techniciens (ajusteurs, contrôleurs qualité, câbleurs…) est une réalité pour
beaucoup d’entreprises, il n’est
plus possible de recruter comme
auparavant, explique Françoise
Chalies. Il faut repenser nos mé-
 Hugues-Olivier Dumez
La dernière enquête publiée par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche classe
le Mirail dans les dix meilleures universités françaises spécialisées en lettres, langues et arts pour
l’insertion professionnelle de ses étudiants diplômés.
L
L’entreprise Athos aéronautique mène une politique de recrutement
offensive pour attirer les femmes en reconversion professionnelle
vers ses métiers. Vers plus d’égalité ?
Le club économique paritaire Exæquo note une
évolution positive de la place des femmes dans
l’entreprise. « Nous sommes sur le bon chemin,
estime Sophie Iborra, cofondatrice en 2013 de ce
réseau de dirigeants et dirigeantes se proclamant
ni politiques, ni féministes. Les chefs d’entreprise
prennent conscience des atouts de la diversité
même si l’évolution aux postes de direction est
encore lente, particulièrement dans les grands
groupes. De même, il n’est pas tolérable qu’une
femme gagne encore environ 20 % de moins qu’un
homme à poste équivalent ». Les entreprises
connaissent parfois des difficultés à recruter des
femmes. « La question se pose alors à la source, au
sein du système éducatif où des filières sont désertées, insiste la présidente d’Exæquo, elle-même
dirigeante d’une société de communication. D’où
la nécessité de pédagogie à l’égard des lycéennes
autour des métiers plus techniques. Il est regrettable de se priver de la compétence de potentiels in-
génieurs, surtout lorsque ces métiers sont en
tension ».
Réforme du congé parental
Quant à l’équilibre entre vie professionnelle et
vie familiale, Sophie Iborra remarque que la question concerne également les hommes « désirant
s’investir davantage dans l’éducation familiale ». Si
cette mère de famille admet que les places en
crèche « sont parfois insuffisantes », la volonté
d’encourager la place des pères dans le congé parental permet d’éviter un trop long éloignement
professionnel de la mère ayant l’ambition d’accéder aux postes à responsabilités. C’est en tout cas
la volonté de la réforme du congé parental : à partir de deux enfants, la durée du congé restera de trois
ans à condition que six mois soient pris par le second
parent, sinon elle sera raccourcie à deux ans et demi.
« Il est dommage de réduire le congé parental des
femmes faisant un choix différent », regrette toutefois
Sophie Iborra. Un équilibre entre vie professionnelle
et vie familiale manifestement difficile à trouver.
 H.-O. D.
e Mirail n’est pas une usine
à chômeurs. C’est en substance le message qu’entend délivrer l’Université
des sciences humaines et sociales de Toulouse qui forme chaque
année près de 25 000 étudiants.
On est loin du temps des barricades et des grèves à répétition altérant sérieusement la notoriété de
l’Université dans l’hexagone ainsi
qu’à l’étranger. D’ici la fin 2016, le
campus fera peau neuve. Dans le
cadre d’un partenariat public-privé,
un projet de 350 millions d’euros de
démolition-reconstruction a été
lancé. Tout change au Mirail ! En
attendant le « campus du XXIe siècle », comme l’a ainsi dénommé
son président Jean-Michel Minovez,
un autre sujet de satisfaction est
avancé. La dernière enquête publiée
par le ministère de l’enseignement
supérieur et de la recherche classe
le Mirail dans les dix meilleures universités françaises spécialisées en
lettres, langues et arts pour l’insertion professionnelle de ses étudiants diplômés. Selon l’enquête,
79 % des diplômés de master en
2010 ont un emploi 30 mois après
l’obtention du diplôme. Le salaire
net mensuel médian est de 1560
euros. Contrairement aux idées
reçues, le Mirail serait donc proche
des besoins de l’entreprise ? « Parmi
nos points forts, l’enseignement des
langues et l’ouverture à l’international sont très appréciés des recruteurs,
insiste Jean-Marc Olivier, vice-président du Mirail, en charge des relations internationales. En dehors de
nos filières bilingues en anglais ou en
espagnol, une vingtaine d’autres langues sont proposées dont le chinois,
le russe, l’allemand, le japonais ou
l’arabe. Nos étudiants sont également incités à voyager pour profiter des accords internationaux signés
entre le Mirail et d’autres universités étrangères : Georgia State University à Atlanta, Massey University à Auckland, l’Université Sisu de
Chongqing en Chine… ». Plus de
300 accords internationaux existent, dont une vingtaine avec des
universités classées parmi les cent
premières mondiales dans le classement de Shanghai : University College London, University of British
Columbia à Vancouver, University
of Oslo, Uppsala University, University of Helsinki…
Des pépites au sein du Mirail
Outre l’enseignement classique
des disciplines de lettres et sciences
humaines, l’Université compte
aussi cinq instituts et trois écoles.
Encore plutôt méconnu, l’Institut
supérieur du tourisme, de l’hôtellerie et de l’alimentation (ISTHIA)
forme chaque année un millier
d’étudiants. « C’est pourtant l’une de
nos pépites, prévient d’emblée JeanMarc Olivier. A l’image des grandes
écoles, l’institut dispose d’un campus
en Malaisie. Les étudiants peuvent
obtenir un double diplôme avec la
Taylor’s University de Kuala Lumpur ». L’ISTHIA délivre des licences et
des masters en formation initiale et
en alternance. Diplômée en 2013,
Marion Linard est aujourd’hui directrice adjointe d’un château-hôtel
quatre étoiles et gère une trentaine
d’employés. Elle est titulaire d’un
master Tourisme et hôtellerie, parcours Management. « Ma forma-
un nouveau campus en 2016
Garder l’esprit Candilis des années 1960. Tel est le mot d’ordre des architectes
en reprenant le principe d’une trame orthogonale. Le projet prévoit au-dessus
de la rue principale une canopée située à 8 mètres de hauteur qui laisse passer
la lumière tout en protégeant les passants de la pluie.
franckalix_pp
Si de manière générale, les inégalités salariales
persistent, l’accession aux postes à responsabilités
n’est plus une gageure.
Assystem
Il y a tout juste un an, Najat
Vallaud-Belkacem, ministre des
droits des femmes, s’était rendue
en personne saluer l’initiative
lancée par l’entreprise toulousaine Athos aéronautique. L’occasion d’un coup de projecteur
sur une campagne de recrutement originale. Sans condition
de diplôme, l’entreprise avait à
l’époque ciblé un public exclusivement féminin en recherche
d’emploi désirant se former à un
nouveau métier. La direction
s’est alors rapprochée du Pôle
Emploi afin d’effectuer une première sélection de candidates en
cours de reclassement ou en
réinsertion professionnelle.
« Nous avons reçu 330 curriculum
vitae que nous n’aurions sinon
jamais réceptionnés, souligne
Françoise Chalies, responsable
des ressources humaines pour
Athos aéronautique. 90 candidates ont ensuite été pré-sélectionnées. Parmi elles, neuf ont été retenues pour une phase de forma-
Daniel Avril - UTM
Des métiers encore désertés
thodes d’embauche, et cela
passe aussi par la féminisation
de la filière. Les métiers de
contrôle qualité ou d’ajusteurmonteur conviennent parfaitement aux femmes qui apportent
leur complémentarité, source de
performance pour l’entreprise ! »
Un travail de sensibilisation du
jeune public reste encore à
faire, particulièrement lors de
l’orientation à l’issue du collège.
« J’encourage les collégiennes à
effectuer le stage de découverte
en troisième dans les entreprises
de l’industrie, conseille-t-elle. Et
réciproquement, notre entreprise doit se rapprocher de l’enseignement secondaire afin de
toucher le public féminin en
amont et casser les préjugés.
Nous participons bien évidemment aux grands événements
annuels tels que la Nuit de
l’orientation, la Semaine de l’industrie ou différents salons des
métiers. C’est souvent une opportunité pour accueillir de nouveaux stagiaires ou procéder à
des recrutements ».
marché
Université et
entreprise,
elles brisent le plafond de verre
tion aux métiers de contrôle
qualité aéronautique et sont
aujourd’hui intégrées à nos équipes après la signature d’un CDI.
Les profils sont très variés. Nous
avons embauché des personnes
diplômées de BEP en secrétariat,
des titulaires de licence en géographie ou dans la conception de
produits textiles… »
&FORMATION 15
auX besoin S du
t
en
nd
po
ré
i
qu
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fo
s
> s’orienter : de
Femmes dans l’entreprise :
Opération séduction, l’industrie doit innover si elle veut attirer les femmes vers ses métiers.
METIERS
“
La question se pose à la
source, au sein du système
éducatif
”
Sophie Iborra, présidente du club économique paritaire Exæquo
Le campus est organisé en quatre plateaux :
Un rez-de-chaussée dédié aux véhicules.
Un rez-de-dalle dédié aux piétons et aux déplacements doux, aux centres de
ressources documentaires, au sport, aux cafétérias, aux espaces associatifs et
à l’administration.
Un premier étage dédié à l’enseignement.
Un second étage dédié au corps professoral.
Au total, 94 000 m2 de bâtiments seront rénovés ou reconstruits d’ici 2016.
Construite dans les années 1960, l’Université du
Mirail entend casser son image rebelle. D’ici la
fin 2016, elle sera dotée d’un campus futuriste.
Signe d’un autre changement d’époque,
l’Université se rapproche des besoins de
l’entreprise à l’image de ses formations dans le
tourisme et l’hôtellerie.
tion n’a rien à envier aux écoles privées, estime-t-elle. L’expérience professionnelle acquise lors des stages a
été un tremplin pour débuter ma
carrière ». De son côté, Benjamin
Maire vante le réseau d’anciens
élèves de cette école née il y a plus
de vingt ans : « Pour l’anecdote, nous
sommes six anciens de l’ISTHIA au
sein du groupe britannique Compass,
spécialisé dans la restauration collective ». Le jeune diplômé a intégré la
direction technique en tant que
chef de projet après un master dans
l’alimentation, parcours management et ingénierie de la restauration collective.
Le vice-président du Mirail, JeanMarc Olivier, n’oublie pas non plus
d’évoquer le département d’histoire
dont il est professeur. « Le QS World
University Rankings by Subject nous
classe en quatrième position dans
l’hexagone,derrière Sciences-Po et les
deux universités de la Sorbonne »,
signale l’universitaire. Le Mirail dispose de formation originale, par
exemple dans l’archéologie préventive. « En lien avec le laboratoire de
recherche TRACES, des doctorants et
des étudiants en master participent
régulièrement aux différents programmes dans lesquels nous utilisons un drone équipé de capteurs
pour la recherche archéologique »,
raconte Florent Hautefeuille, maître
de conférences à l’Université du
Mirail. « Nous travaillons aussi avec
Airbus et le futur musée Aeroscopia
de Blagnac, entièrement dédié à
l’aéronautique, indique Jean-Marc
Olivier. En collaboration avec notre
pôle informatique, nous proposons
des formations d’archivistes adaptées aux nouvelles technologies de
l’information et de la communication ». Un projet est également dans
les cartons : la création d’un master
d’Histoire entièrement en anglais,
spécialisé dans le patrimoine de
l’aéronautique et du spatial. « Le
Mirail serait alors la seule à délivrer
un tel diplôme, fait-il remarquer.
Toulouse a une certaine cohérence et
une légitimité pour proposer cette
formation du fait de notre héritage
et du dynamisme économique de la
filière aérospatiale dans la région. »
H.-O. D.
Valode et Pistre - Cardete et Huet
METIERS
Valode et Pistre - Cardete et Huet
14
METIERS
Quand la fac concurrence les meilleures
écoles de commerce
Déjà 57 diplômés de l’Institut d’administration des
entreprises (IAE) de Toulouse travaillent au sein
des Laboratoires Pierre
Fabre. Implanté en MidiPyrénées, ce géant de l’industrie pharmaceutique
tisse des liens avec l’institut
depuis une dizaine d’années. « L’IAE a signé une
convention avec Les Laboratoires Pierre Fabre pour développer nos masters en
management international
et en ressources humaines,
366 contrats de professionnalisation ont été signés pour l’année 2013-2014 au sein de l’Institut
d’administration des entreprises (IAE) de Toulouse.
confirme Catherine Casamatta, directrice de l’IAE
Toulouse. Ils sont aussi un
appui financier pour nous
permettre d’inviter des
conférenciers internationaux tandis que certains
cours sont dispensés par des
salariés du groupe pharmaceutique ». Preuve de
l’ouverture de l’IAE aux entreprises, un tiers des enseignements de dernière
année sont délivrés par des
intervenants extérieurs.
Cyril Fourquet - IAE Toulouse
L’Université Toulouse 1 Capitole n’a rien à envier aux
grandes écoles. En témoignent l’attrait des entreprises pour les formations en
alternance délivrées par
l’Institut d’administration
des entreprises (IAE) ou la
notoriété internationale de
l’école d’économie TSE.
L’objectif étant d’offrir aux
étudiants une formation
professionnalisante.
« D’autres conventions existent avec Continental, Man-
power ou SPIE, poursuit
Catherine Casamatta. Ces
entreprises participent au
conseil de perfectionnement
des diplômes, financent l’IAE
par l’intermédiaire de la
taxe d’apprentissage et proposent des stages à nos
étudiants. Nous sommes
également proches de l’Ordre des experts comptables
et de la Compagnie des
commissaires aux comptes.
Dans le secteur bancaire,
nos formations de chargé
d’affaires sont proposées en
lien avec le CFPB (Centre de
formation de la profession
bancaire) ». Digne des grandes écoles, l’IAE développe
peu à peu son propre réseau d’anciens élèves. Environ 10 000 diplômés y sont
recensés et répertoriés
selon l’entreprise, la ville ou
le poste occupé. « L’IAE
fonctionne aujourd’hui
L’IUT, une filière d’excellence à Aurillac
Gestion des Entreprises et des Administrations
(GEA) et Génie Biologique. L’Institut Universitaire de
Technologie d’Aurillac propose aux étudiants deux
filières. Antenne de l’Université d’Auvergne,
il occupe une place importante dans le paysage de
l’enseignement supérieur aurillacois.
208604
Les atouts de l’IUT
Le Diplôme Universitaire de Technologie est un titre recherché
par les chefs d’entreprises. Il permet l’entrée sur le marché du
travail à niveau Bac+2 ou Bac+3 après une Licence Professionnelle. Cette voie post DUT est particulièrement attractive,
le diplôme est professionnalisant, intègre une période de stage
longue et peut déboucher sur un Master. Actuellement après un
DUT, 15% des étudiants choisissent le monde du travail, 85%
d’entre eux poursuivent leur cursus.
Les cours sont assurés par des enseignants et des professionnels issus de l’environnement économique local. C’est une
spécificité de l’établissement, sa proximité avec le bassin d’emploi et les entreprises de la région. Les projets tutorés, travaux
semi-professionnels, s’inscrivent dans cette logique, permettant
d’acquérir un niveau opérationnel. L’équilibre entre transmission
du savoir des chercheurs et du monde professionnel assure la
force de cet enseignement.
La qualité du diplôme résulte enfin de la répartition entre cours,
travaux dirigés, travaux pratiques, projets de groupes encadrés
et projet professionnel personnel. La formation s’achève par un
stage en entreprise de 10 semaines en France ou à l’étranger.
La formation est évaluée dans le cadre du contrôle continu.
Le site aurillacois en constant développement, rassemble environ 600 étudiants : 300 en GEA, 300 en Génie Biologique. Des
services renforcent l’offre proposée aux étudiants : restaurant
du CROUS, logements étudiants, bibliothèque universitaire.
Grâce à l’investissement des collectivités locales, les établissements bénéficient d’équipements informatiques et scientifiques
de qualité.
La filière GEA
Le DUT « Gestion des Entreprises et des Administrations »
forme des techniciens supérieurs en gestion polyvalents et
capables d’assumer des fonctions de responsabilité dans les
entreprises, les administrations, les banques, les collectivités
et les associations. Les études se déroulent en deux ans, découpés en quatre semestres.
Trois options sont possibles
Point fort de la filière, son
en deuxième année :
ouverture à l’international.
• Gestion des Ressources
Elle offre d’étudier le chinois
Humaines
en deuxième langue, dès la
• Gestion comptable et
première année. Le stage de fin
financière
de formation peut se dérouler
• Gestion et management
à l’étranger, notamment au
Québec, en Irlande ou en
des organisations
La poursuite d’études peut Chine. Depuis plusieurs années,
l’IUT accueille des étudiants
s’effectuer en Licence
chinois. Les échanges entre les
Professionnelle.
ressortissants des deux pays
• Gestion des Ressources
sont source d’enrichissement
Humaines
personnel.
• Finances Comptabilité
La filière Génie Biologique
Le DUT « Génie Biologique » forme des techniciens supérieurs
en agronomie, en environnement ou en bioinformatique. Dans ce
dernier domaine, le site aurillacois est le seul en France à délivrer
un DUT. En fin de formation, un stage de dix semaines minimum
permet la mise en application pratique des savoirs acquis à l’IUT.
Deux Licences Professionnelles assurent la poursuite d’études :
• Innovation et Valorisation des Produits Alimentaires du
Terroir
• Expertise Agro-environnementale et Conduite de Projet
Le département « Génie Biologique » est lui aussi tourné
vers l’international. Les formations peuvent être validées
dans d’autres universités partenaires au Royaume Uni ou au
Canada.
INSTITUT UNIVERSITAIRE DE TECHNOLOGIE - 100 rue de l’Egalité - 15013 AURILLAC cedex
Département Gestion des Entreprises et des Administrations • Tél : 04 71 46 86 10 - Fax : 04 71 46 86 17 - Mel : [email protected]
Département Génie Biologique • Tél : 04 71 45 57 50 - Fax : 04 71 45 57 59 - Mel : [email protected]
Inscriptions en ligne En DUT : www.admission-postbac.fr - En Licence Professionnelle : http://iutweb.u-clermont1.fr
&
FORMATION
comme une école de commerce », souligne cette ancienne diplômée de l’ESSEC. Bien que public, l’IAE
n’en demeure pas moins
sélectif puisque seuls 20 %
des candidats seront admis
sur dossier et épreuves
écrites. L’accès se fait en
troisième année après le
baccalauréat (niveau Licence) et se poursuit
jusqu’en Master 2. Si le
DUT Gestion des entreprises et des administrations
(GEA) est une voie d’entrée
classique, d’autres chemins
existent. Un parcours commun de deux années, sorte
de prépa intégrée, existe
entre l’IAE et la Toulouse
School of economics.
« nouveau cursus »
Par ailleurs, l’Université
Toulouse 1 Capitole ouvre
à la rentrée 2014 un nouveau cursus de trois ans
pour permettre aux étudiants « de valider en
même temps deux licences
(droit et gestion) afin de
suivre le Master 1 de son
choix, à l’IAE ou en droit »,
annonce Catherine Casamatta. Chaque année, près
de 1800 étudiants se forment au management, à
la finance, au marketing
ou aux ressources humaines au sein de l’IAE. L’alternance attire également de
nombreux jeunes avec
366 contrats de professionnalisation signés pour
l’année 2013-2014. « Ce
parcours plaît aux entreprises, ajoute-t-elle. Nous
proposons des licences professionnelles pour la banque (chargé de clientèle
particuliers), les achats, la
gestion des ressources humaines et la gestion des
PME. Notre offre de masters en alternance s’est par
ailleurs beaucoup renforcée. L’IAE forme ainsi aux
postes de directeur des
achats, de chargé d’affaires
l s’orienter
17
Cyril Fourquet - IAE Toulouse
&FORMATION l s’orienter
en banque ou de management des ressources
humaines. »
TSE, vitrine de l’Université de Toulouse
Célèbre dans le passé pour
ses enseignements de droit,
dispensés par de prestigieux juristes français, l’Université Toulouse 1 Capitole
(UT1) a su se diversifier pour
s’adapter à la mondialisation, à l’image de son ancienne faculté d’économie.
Née en 2011, la Toulouse
School of economics (TSE)
est devenue l’une des plus
belles vitrines de l’Université toulousaine. Située dans
l’ancienne manufacture des
tabacs, face au Canal de
Brienne, TSE est calquée sur
le modèle d’une grande
école, avec deux premières
années de classe préparatoire intégrées à l’université.
L’école d’économie attire
« les meilleurs étudiants et
les meilleurs professeurs »,
aux dires de Bruno Sire, président de l’UT1, manifestement satisfait de la notoriété acquise en quelques
années par l’école d’économie. A titre d’exemple, le
corps professoral compte
parmi ses membres l’économiste Jean Tirole, régulièrement pressenti pour le prix
Nobel d’économie. Près de
la moitié des chercheurs
sont de nationalité étrangère et tous les enseignements sont délivrés en anglais dès le master, à l’exception de quelques cours de
droit ou de mathématiques.
D’ailleurs, 80 % des étudiants en master et doctorat
sont étrangers. Si de nombreux étudiants s’orientent
vers la recherche, l’école renforce ses liens avec l’entreprise, en particulier dans
l’industrie ou les services. La
direction entend se rapprocher de grands groupes internationaux, par le biais
des stages, afin d’offrir à ses
diplômés des débouchés à
l’étranger. Aujourd’hui copiée par d’autres universités,
TSE a également mis en
place plusieurs doubles diplômes. L’un de ses parcours
a particulièrement le vent
en poupe : il permet de cumuler une licence de droit
avec une licence d’économie. « Les étudiants pourront
par la suite exercer comme
économistes dans de prestigieux cabinets d’avocats d’affaires, notamment anglo-
“
Plusieurs entreprises
participent au conseil de
perfectionnement
des diplômes et proposent
des stages à nos
étudiants ”
Catherine Casamatta, directrice de l’IAE Toulouse
saxons, ou même tenter
l’examen du barreau afin d’y
travailler comme avocats »,
souligne le président d’UT1
Bruno Sire. D’autres doubles
diplômes sont à prévoir, notamment avec les écoles
d’ingénieurs et les universités étrangères.
« un lien étroit avec l’entreprise »
La recette du succès ? « Former des diplômés compétents, glisse Bruno Sire, un
brin provocateur. Peu importe
la réputation, le réseau ou les
classements… au final seul
compte la maîtrise des
connaissances. C’est pourquoi
nous attirons les meilleurs
professeurs pour enseigner à
UT1. Les cours suivis à la Toulouse School of economics
(TSE) sont dispensés par bon
nombre de polytechniciens
ou de normaliens. L’élite intellectuelle de la recherche se
trouve majoritairement dans
les universités et peu dans les
grandes écoles, or c’est elle qui
construit les savoirs qui permettent les innovations et
l’amélioration des performances ». Pour le président d’UT1,
le fonctionnement atypique
de cette école d’économie au
sein de l’Université permet
d’attirer les meilleurs lycéens.
Une façon aussi de se démarquer de l’image traditionnelle de la fac où les débouchés seraient peu nombreux.
« Nous ne sommes pas
concernés, soutient Bruno
Sire. Prenez l’exemple des
études de droit ! Cette filière a
toujours eu un lien étroit avec
l’entreprise. Les facultés de
droit, comme les facultés de
médecine, sont les champions
de la professionnalisation.
Nos formations ne sont pas
tournées vers l’abstraction
mais débouchent sur des métiers très concrets : avocat,
notaire, huissier, juriste
d’entreprise… »
 H.-O. D.
Le chiffre
92,7 %
C’est le pourcentage des diplômés
de Masters à l’IAE
(Institut d’administration des entreprises) ayant trouvé un emploi en
moins d’un an,
selon une enquête réalisée en
2012 pour le ministère de l’enseignement supérieur concernant
les diplômés 2010
en formation initiale. Le revenu médian à l’embauche
est de 2000 euros
nets mensuel.
208937
METIERS
Cyril Fourquet - IAE Toulouse
16
s’orienter l
L’envol
professionnel
H.O. D.
des lycéens
A l’image de Nathan Fourment,
originaire de la région parisienne,
120 jeunes intègrent chaque année le
lycée Airbus.
H.O. D.
H.O. D.
Un millier de candidats, ayant entre 15 et 18 ans, se présentent chaque année au
concours d’admission.
Le bac professionnel en poche, entre 90
et 95 % des diplômés seront
directement recrutés par Airbus ou l’un
de ses sous-traitants.
d’Airbus
Une école dans l’usine. Le constructeur Airbus a son propre
lycée professionnel au sein de l’usine Saint-Éloi, dans le
centre-ville de Toulouse. Des lycéens de 15 à 18 ans se forment
aux métiers de l’industrie aéronautique tout en s’imprégnant
de la culture d’entreprise. Reportage au cœur d’un
établissement scolaire singulier.
I
208939
mpossible de se rendre en classe
sans badger. Aucun pion à l’horizon,
le lycéen franchit un tourniquet permettant de pénétrer sur le site. Dans le
bâtiment, il enfile une blouse bleue laissant
fièrement apparaître le logo du lycée Airbus.
Le midi, c’est à la cantine de l’entreprise qu’il
partage son repas en compagnie des salariés.
Et quand le cours de français ou de mathématiques démarre dans l’après-midi, la fenêtre de la classe offre une vue plongeante sur
l’une des chaînes de fabrication où les mâts
réacteur (pièce permettant de fixer le moteur
à la voilure) sont assemblés. Situé au cœur de
l’usine Saint-Éloi, à Toulouse, à deux pas du
Canal du Midi, le lycée professionnel Airbus
ne ressemble à aucun autre établissement
scolaire. Cela fait pourtant 65 ans qu’il forme
aux différents métiers de l’aéronautique, de
l’usinage à la chaudronnerie, en passant par
la mécanique structure ou systèmes avionique. Marina Perez, 17 ans, a intégré le lycée
professionnel cette année. Elle était auparavant dans un lycée technologique à Toulouse
et se spécialisait dans la gestion d’entreprises. « Le résultat d’une mauvaise orientation à
la fin du collège, confie-t-elle. J’étais attirée par
l’aspect manuel des métiers de l’aéronautique.
Des proches dans la famille me conseillaient
d’ailleurs le lycée Airbus où ils avaient effectué
leurs études. Mais une conseillère d’orientation avait une mauvaise image de l’industrie
et m’a incitée à opter pour une filière technologique dans le commerce. Le problème est
que les notes n’ont pas suivi et je suis devenue dernière de classe… » Au cours de la scolarité, Marina opte pour un grand chamboulement et décide de passer finalement
le concours pour intégrer le lycée professionnel Airbus. « Lors de la journée portes ouvertes, j’ai pu échanger avec des enseignants qui
m’ont orienté et renseigné sur la forme du
test d’admission », se rappelle Marina. L’admission en seconde au lycée Airbus est en
effet conditionnée à des épreuves écrites
de français, d’anglais, de mathématiques,…
mais également à des tests de construction
et d’aptitudes mécaniques tandis qu’un oral
vient clôturer la sélection sous la forme d’un
entretien individuel. Le pari est réussi pour
Marina. Depuis, la jeune Toulousaine a repris
confiance et souhaite poursuivre ses études
au-delà du bac professionnel. Le BTS aéronautique délivré en lien avec le CFAI (Centre de
formation d’apprentis de l’industrie) de Beauzelle est un objectif. Avec de bons résultats
scolaires et un comportement dit professionnel, elle pourra prétendre à un contrat d’apprentissage de deux ans chez Airbus dans
le cadre du BTS aéronautique. En attendant,
Marina se forme dans les ateliers de l’usine
Saint-Éloi avec des employés d’Airbus affectés au lycée professionnel. Il faut l’admettre,
la présence féminine est encore minoritaire.
Elle représente seulement 10 % des effectifs
lycéens de l’établissement. « Nous partons
tous sur le même pied d’égalité pour apprendre le métier, assure pourtant Marina. Les filles
ne devraient pas se mettre de barrières à l’entrée, au contraire ! »
« 95 % des diplômés sont recrutés »
Chaque année, 120 jeunes sortent diplômés du lycée Airbus avec un bac professionnel en poche. Surtout, ils entrent dans la vie
active avec un emploi à la clé pour la majorité d’entre eux. « Entre 90 et 95 % des diplômés sont recrutés ensuite par Airbus ou par
l’un de ses sous-traitants », confirme Didier
Paulin, directeur du lycée Airbus. Ce dernier
a longtemps travaillé en bureau d’études
pour le prestigieux programme de l’A380.
En comparaison avec ses pairs, directeurs
d’autres établissements scolaires, il présente la spécificité d’être sous la tutelle du
recteur de l’académie de Toulouse tout en
demeurant rattaché au service des ressources humaines d’Airbus. « Nous sommes un
lycée privé sous contrat d’association avec
l’État, détaille-t-il. La formation est gratuite
pour les élèves et les cours théoriques sont
délivrés par des enseignants de l’Éducation
nationale ». Les cours pratiques ont lieu en
atelier et sont directement enseignés par
des salariés d’Airbus détachés pour cette
mission. « Nos élèves apprennent les bases
élémentaires sur des machines conventionnelles avant d’utiliser celles à commandes
numériques, explique Didier Paulin. Il est
11 - photo
AIRBUS S.A.S. 20
é
gny/H. Gouss
by exm compa
indispensable qu’ils travaillent sur un
parc récent garantissant un certain mimétisme avec les outils industriels de
l’entreprise. Par ailleurs, les formations
délivrées s’adaptent aux besoins des industriels, à savoir les constructeurs Airbus ou ATR, par exemple, mais également les exploitants tels Air France ou
Lufthansa… »
La culture de l’entreprise !
Avant de pouvoir effectuer un stage
chez Airbus en Première, l’élève doit
trouver lui-même un stage en Seconde
dans une entreprise extérieure. Ce n’est
qu’en Terminale qu’il signe un contrat
d’apprentissage avec Airbus ou une
autre entreprise de la filière aéronautique. L’élève recevra ainsi son premier
salaire. Mais déjà auparavant, tout au
long de sa scolarité, le lycéen bénéficie
des conditions avantageuses offertes
par le géant aéronautique : activités du
comité d’entreprise, cadeaux de noël,…
« Nous souhaitons qu’ils intègrent la
culture de l’entreprise, insiste le directeur
du lycée Airbus, principal concurrent de
Boeing dans la course au leadership. Lors
de l’entretien d’admission, un contrat
moral est passé avec le futur élève. Cette
nouvelle génération est parfois difficile à
responsabiliser ! Leur attitude concernant l’autorité ou leur rapport aux notes
est parfois déconcertante pour le corps
professoral… C’est pourquoi un parrain
ou une marraine, salarié Airbus au lycée,
est désigné afin de jouer le rôle de mentor auprès du jeune. Le comportement
jouera un rôle déterminant, en particulier pour l’admission en BTS aéronautique ». La sélection devient aussi de plus
en plus rude pour intégrer l’établissement. Un millier de candidats se sont
présentés l’année dernière au concours
pour uniquement 120 places disponibles. La connaissance de l’anglais est
particulièrement appréciée d’autant
qu’il s’agit de la langue officielle de
travail chez l’avionneur. « On demande
aux lycéens d’être en mesure de s’exprimer en anglais car les clients ou les fournisseurs sont généralement anglosaxons, indique Didier Paulin. Mais
l’anglais est surtout impératif pour s’intégrer dans l’entreprise. Dans les chaînes
d’assemblage, vous pouvez collaborer
avec des salariés anglais ou allemands
du fait de la mobilité encouragée par le
METIERS
groupe Airbus ». Selon le directeur, cette
sélectivité n’affecte pas les démarches
d’ouverture du lycée aux quartiers dit
sensibles ou aux zones rurales : « Nous
poursuivons nos efforts pour permettre
à des jeunes issus d’établissements identifiés d’intégrer notre lycée et des partenariats sont signés en milieu rural ».
L’essentiel étant de recruter des passionnés de l’aéronautique à l’image de
Nathan Fourment, originaire de la région parisienne. Initialement en Seconde générale, Nathan s’est finalement orienté vers une filière professionnelle, mais celle de son cœur puisque le jeune homme se passionne pour
l’aviation depuis l’enfance. Actuellement en Première au lycée Airbus, il
s’est spécialisé dans les systèmes avioniques, c’est-à-dire dans l’alimentation
électrique de l’aéronef. A 17 ans, le lycéen est déjà déterminé quant à son
ambition professionnelle : « intégrer
Airbus ! »
 Hugues-Olivier Dumez
> Le lycée Airbus ouvre ses portes ce
samedi 22 février. Rendez-vous de 8 h à
14 h au poste de garde de l’usine Airbus
de Saint-Éloi (57, Chemin du Sang de
Serp), à proximité du métro Canal du
Midi. Possibilité de visite du lycée uniquement de 8 h à 12 h 30.
&FORMATION 19
H.O. D.
&FORMATION l s’orienter
209067
METIERS
208936
18
“
Les filles ne devraient
pas se mettre de barrières
à l’entrée, au contraire !
Marina Perez, 17 ans, lycée Airbus
 EN SAVOIR PLUS
”
Diplômes préparés au lycée professionnel d’Airbus :
> Bac professionnel Technicien d’usinage
> Bac professionnel Technicien chaudronnerie industrielle
> Bac professionnel Aéronautique, option structure
> Bac professionnel Aéronautique, option avionique
La scolarité est gratuite, le lycée étant lié par un contrat
d’association au Ministère de l’Éducation nationale.
En lien avec le CFAI (Centre de formation d’apprentis de
l’industrie) de Beauzelle, le lycée Airbus délivre un BTS
aéronautique.
•
s’orienter l
METIERS
&FORMATION 21
www.animapole.fr
• Environnement
• Conseil
• Production animale
• Elevage
• Animaux sauvages
et de compagnie
Des diplômes
• 3ème
• Seconde générale
et technologique
• Bac Technologique STAV
(Production et Services)
• Bac Professionnel CGEA
(Exploitation Agricoles)
• Bac Professionnel CGESCF
(canin, félin)
• Bac Professionnel TCVA
(Conseil Vente en Animalerie)
• BTSA ACSE
(Gestion des entreprises
du secteur agricole)
Portes ouvertes
Samedi 29 mars 2014
Les formations
du CFAA du LOT
Les formations du
CFPPA du LOT
Classe d’Insertion Pré
professionnelle en Alternance
(DIMA)
CAPA Productions Agricoles,
Utilisation du Matériel
(niveau 5)
CAPA Travaux Paysagers
(niveau 5)
BP Responsable
d’Exploitation Agricole
(niveau 4)
BTSA Productions Animales
(niveau 3)
BTSA Développement, Animation des Territoires Ruraux
(niveau 3)
BTSA Technico-commercial
(niveau3)
Certification Professionnelle « Agent
Cynophile de Sécurité » (niveau 5)
Certification Professionnelle
« Soigneur Animateur d’Etablissement Zoologique » (niveau 4)
Brevet Professionnel « Educateur
Canin » (niveau 4)
Certificat de Spécialisation
en Ovin Viande
Spécialisation en « techniques
rapaces et fauconnerie »
Spécialisation en médiation animale
Certificat de Capacité d’animaux
d’espèces domestiques
FOAD découverte des métiers
animaliers, thématiques agricoles
Validation des acquis de l’expérience
BPA Travaux d’Aménagement
Paysagers (niveau 5)
BP Responsable d’Exploitation
Agricole (niveau 4)
Certificat de Spécialisation Acheteur
Estimateur de bétail (niveau 4)
CAPTAV
Habilitation au convoyage
d’espèces domestiques et sauvages
Compétences clefs/ lutte contre l’illettrisme et prestations OFII
Portes ouvertes
Samedi 22 mars 2014
Portes ouvertes
Samedi 22 mars 2014
CFAA/CFPPA du Lot
Prairie du Château
à LACAPELLE-MARIVAL
Tél. 05 65 38 72 12
www.formation-lot.fr
CFAA/CFPPA du Lot
Prairie du Château
à LACAPELLE-MARIVAL
Tél. 05 65 38 72 12
www.formation-lot.fr
de 10h00 à 16h00
Lycée d’enseignement
général et technologique
La Vinadie 46100 FIGEAC
Tél. 05 65 34 25 91
[email protected]
*Etablissement Public Local d’Enseignement
et de Formation Professionnelle Agricole
de 9h00 à 16h00
de 9h00 à 16h00
Alain Labat - UPS
Formations scolaires
au LEGTA
99Legende
Ingénieurs, biologistes, informaticiens...
ils choisissent l’Université !
L
Les formations d’ingénieurs ou d’informatique ne sont pas l’apanage des écoles. A Toulouse, l’Université
Paul Sabatier répond aux besoins des entreprises en lien avec les pôles de compétitivité Aerospace Valley,
Cancer-Bio-Santé ou Agri Sud-Ouest Innovation.
es étudiants seront au cœur du futur
campus Toulouse Montaudran Aerospace, là où se dessinera peut-être l’avion
du futur. L’ancienne piste mythique de
l’Aéropostale qui a vu s’envoler Latécoère, Mermoz
ou Saint-Exupéry n’est plus à l’abandon. L’objectif
est d’en faire le plus grand site européen dans le
secteur aérospatial à l’horizon 2020. L’Espace Clément Ader, dédié à la recherche, est déjà sorti de
terre tandis qu’un autre bâtiment, la Maison de la
formation, accueillera entre autres les étudiants
de Licence 3 à Master 2 issus de la filière Génie
mécanique de la faculté des sciences et d’ingénierie de l’Université Paul Sabatier à la rentrée 2017.
D’ici là, l’Institut de recherche technologique (IRT)
Saint-Exupéry pour l’aéronautique, l’espace et les
systèmes embarqués, sera déjà implanté à Montaudran. Des synergies entre l’enseignement, les
principaux laboratoires publics et les partenaires
industriels (Actia, Airbus, Astrium, Liebherr, Safran,
Thales, Zodiac...) sont attendus. Bref, un environnement idéal pour les futurs étudiants. En attendant, les 90 étudiants qui sortent chaque année
diplômés de génie mécanique bénéficient déjà de
solides liens avec le monde de l’industrie. A titre
d’exemple, les formations sur les matériaux composites sont directement dispensées par l’équipe
composite du bureau d’étude d’Airbus. « En Mas-
ter 2, environ 35% des cours sont donnés par des
intervenants de l’industrie, complète Jean-François Ferrero, professeur à l’Université Paul Sabatier. Nos étudiants suivent au choix trois spécialités : la conception, le calcul ou la fabrication. 90%
ont déjà trouvé un travail dans les six mois qui
suivent l’obtention du diplôme. A la demande des
industriels, nous délivrons également un Master 2
en alternance. »
tournées vers le bassin d’emploi
En complément de son activité d’enseignement, Jean-François Ferrero est également
chargé de coordonner l’implantation de la filière Génie mécanique au sein du campus Toulouse Montaudran Aerospace. « Nous sommes
forcément tournés vers le bassin d’emploi et
nos formations doivent s’adapter au tissu économique local, justifie-t-il. Initialement, les formations universitaires en génie mécanique alimentaient exclusivement le vivier d’enseignants. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, 95% de
nos étudiants s’orientent ensuite vers l’industrie. Il y a aujourd’hui une forte demande en
provenance des sous-traitants de l’aéronautique, en particulier dans la production. Notre
science est appliquée à l’industrie ». Les ingénieurs issus de la filière Génie mécanique de
l’Université Paul Sabatier débutent autour de
2200 euros nets par mois. « Complémentaires
des élèves d’école d’ingénieurs, plus généralistes, nos diplômés bénéficient d’une formation
ancrée dans la pratique, ajoute encore JeanFrançois Ferrero. Le rythme des cours en Master
2 est d’une semaine d’enseignement théorique
ciblée sur une problématique suivie d’une ou
deux semaines de mise en situation sur un projet de type industriel ». Quelque 130
étudiants intègrent chaque

“
ups
• Agriculture
• Commerce
• Service
209281
Des métiers
Une pénurie
de main-d’œuvre
est à craindre
dans le numérique
d’ici 2020 Daniel Marquié, Université Paul Sabatier
”
&FORMATION l s’orienter

année la filière “Génie mécanique” à partir de la Licence 3 jusqu’au Master 2.
L’admission se fait automatiquement
pour les étudiants en fin d’année de Licence 2 “Sciences pour l’ingénieur” de
l’Université ou sur dossier pour les autres,
principalement des diplômés de DUT
“Génie mécanique” ou “Mesures physiques”, mais aussi quelques étudiants de
prépa scientifique.
Aéronautique, santé, agroalimentaire... et numérique !
« Les formations sont directement en
lien avec les pôles de compétitivité, souligne Daniel Marquié, directeur du SUIO
(Service universitaire d’information et
d’orientation) à l’Université Paul Sabatier.
Nos ingénieurs sont recrutés par les entreprises adhérentes du pôle de compétitivité
Aerospace Valley. Nos scientifiques sont
embauchés au sein des groupes pharmaceutiques membres du pôle Cancer-biosanté. Nos biologistes et nos agronomes
trouvent des postes dans les sociétés de
l’agroalimentaire associées au pôle Agri
Sud-Ouest Innovation ». D’autres partena-
riats existent avec des sociétés de services
en ingénierie informatique, « par exemple
Capgemini, Altran ou Sopra Group ». A
proximité des start-up dans les nouvelles
technologies de l’information et de la
communication, pour la plupart concentrées à Labège, l’Université Paul Sabatier
tisse sa toile dans l’informatique. Daniel
Marquié prend ainsi l’exemple de la formation qu’il codirige. De niveau Licence
et Master, la MIAGE (Méthodes informatiques appliquées à la gestion des entreprises) forme au sein de l’Université des
consultants et des managers de projets
informatiques mais aussi des programmeurs, des développeurs de logiciels...
« Dans toutes les filières informatiques,
nous avons un taux d’insertion de plus de
90% dans les trois mois qui suivent la fin
des études, souligne Daniel Marquié. Les
jeunes lycéens devraient s’intéresser davantage à la filière du numérique. Une
pénurie de main d’œuvre est à craindre
selon des études européennes qui estiment
que 800 000 emplois seraient créés en
Europe dans le numérique d’ici 2020. »
209260
METIERS
ups
22
Au cœur du futur campus Toulouse Montaudran Aerospace, la Maison de la
formation accueillera entre autres les étudiants de Licence 3 à Master 2 issus
de la filière Génie mécanique de la faculté des sciences et d’ingénierie de
l’Université Paul Sabatier à la rentrée 2017.
 H.-O. D.
UPS
Quelque 130 étudiants de l’Université Paul Sabatier
intègrent chaque année la filière “Génie
mécanique” à partir de la Licence 3 jusqu’au
Master 2.
Le lycée Jeanne d’Arc - Figeac pour…
• Préparer un bac général L / ES /S
• Se former aux métiers du domaine sanitaire et social
- Un bac technologique, Sciences et Technologies de la
Santé et du Social (S.T.2.S.)
- Au lycée professionnel,
* un CAP au service des usagers (assistant
technique en milieu familial et collectif ou
A.T.M.F.C.)
* un bac professionnel sanitaire et social (accompagnement soins et
services à la personne ou A.2.S.P.)
- Au centre de formation Arc en Ciel, une préparation aux
concours (infirmier, aide-soignant, …)
- Section Sportive football
• Nos enseignements facultatifs : Cinéma Audiovisuel, langage des Signes Français (L.S.F.), Arts Plastiques, Latin
UPS
Et aussi du collège au lycée…
• Stage au Sénégal en Terminale Bac Pro ASSP et en 1re ST2S
• Des temps d’aide aux devoirs, de remédiation ou d’approfondissement
• Des ateliers pour développer tous les talent : Théâtre, chorale, patrimoine…
• Un internat mixte (accueil dès le dimanche soir)
• Préparation au TOIC Bridge en Terminale, au BAFA, à l’option musique (bac)
Alain Labat - UP
S
209273
• Un établissement sportif : Section sportive football en
collège et lycée (ouverture en 1re GT et Pro), préparation du certificat
fédéral 1er degré (éducateur), temps aménagé rugby en collège
METIERS
&FORMATION l s’identifier
s’identifier l
phie
GS Photogra
8 PORTRAITS
de jeunes
diplômés
déjà au travail
phie
GS Photogra
DR
24
METIERS
&FORMATION 25
&FORMATION l s’identifier
s’identifier l
ALEXANDRE
INGÉNIEUR
DR
Le chiffre
2 200
€
C’est le salaire
mensuel d’un
ingénieur
débutant dans
l’aéronautique,
selon l’Onisep.
Niveau : Bac+5
L’ingénieur n’a pas eu besoin d’envoyer de lettres de motivation. Les
entreprises sont venues le chercher alors qu’il était en stage au bureau
d’étude de l’équipementier Aerolia, filiale d’Airbus. « Mon curriculum
vitae était en ligne sur les réseaux sociaux professionnels ainsi que sur le
site de l’Apec (association pour l’emploi des cadres) », raconte Alexandre
Salvy, diplômé à 23 ans de l’école d’ingénieurs Icam, à Toulouse. En stage
pendant six mois au département de Recherche & développement
d’Aerolia, Alexandre travaillait sur l’avion du futur, un aéronef plus électrique mais surtout plus léger. Ses recherches portaient sur une nouvelle génération de matériaux composites. Plusieurs grands noms de
l’ingénierie, tels Safran, Alten ou Altran, ont pris directement contact
pendant sa période de stage. Ainsi, avant même d’être diplômé, l’étudiant était déjà employé par Sogeti High Tech, société de conseil en ingénierie. Alexandre y exerce le métier d’ingénieur calcul. « D’où l’importance de choisir un stage en adéquation avec le métier que l’on souhaite
exercer plus tard, conseille Alexandre. Nous sommes directement opérationnels pour l’entreprise ». Salarié pour Sogeti High Tech, dont Airbus est
client, Alexandre œuvre désormais sur le programme de l’A350-1000
dont les essais sont prévus en 2016. « Cet avion sera un peu plus long que
l’actuel A350-900 avec une cinquantaine de places supplémentaires, explique-t-il. Il faut donc travailler sur la structure primaire de l’avion. Le bon
choix des matériaux permet de rendre l’avion plus léger et donc de
consommer moins de kérosène. C’est le principal enjeu pour les constructeurs dans la course au leadership. J’effectue des simulations afin d’étudier
et d’anticiper le comportement de l’avion dans l’air. L’objectif est de gagner
des kilos sur la structure à chaque pièce surdimensionnée entre l’aile et le
fuselage ». Interrogé sur le gel des embauches dans l’ingénierie du fait
de l’absence de nouveaux programmes, Alexandre admet avoir eu de la
chance. « Nous sommes rentrés dans une période creuse, reconnaît-il.
Airbus se concentre actuellement sur la montée en cadence ». Pour autant
pas question de décourager les lycéens : « De nouveaux programmes
seront forcément lancés d’ici cinq ans du fait de la concurrence avec les
constructeurs chinois, brésiliens ou russes ». Dans ce métier, l’évolution de
carrière peut être rapide et passe par la direction d’une équipe de bureau
d’étude au bout de quelques années d’ancienneté. « En début de carrière,
un ingénieur calcul gagne entre 28 000 et 33 000 euros par an, précise-t-il.
&FORMATION 27
DELPHINE
INFIRMIÈRE
« Choisir un stage
en adéquation
avec son futur
métier ! »
Diplômé de l’école d’ingénieurs Icam à Toulouse Alexandre Salvy,
23 ans, est ingénieur calcul chez Sogeti High Tech, une société de
conseil en ingénierie..
METIERS
Le salaire varie suivant la formation reçue à l’Université ou entre les
écoles ».
Une formation d’ingénieur généraliste
Ce natif de Lacrouzette, dans le Tarn, est passé par un baccalauréat
scientifique avant d’être admis sur dossier et entretiens à la prépa intégrée de l’Icam (Institut catholique d’arts et métiers). « Pendant deux ans,
on bénéficie d’une formation généraliste en mathématiques, physique ou
science de l’ingénieur… détaille Alexandre. Une fois admis en troisième
année, de nouvelles matières apparaissent comme l’électronique, la mécanique, l’énergétique ou les matériaux. Nous sommes en cours théorique le
matin et des ateliers pratiques ont lieu l’après-midi. Ce n’est qu’en quatrième année que nous commençons à nous spécialiser avec des cours dispensés par des professionnels ». L’ancien étudiant se souvient notamment
d’un cas concret donné par un ingénieur du bureau d’étude de Latécoère :
« Nous devions réfléchir à la conception d’une poutre en composite pour la
structure d’un Boeing 787 ». En dernière année, un stage de six mois en
entreprise (chez Aerolia pour Alexandre) et un mémoire viennent clôturer
les cinq années d’étude. L’école ayant la particularité d’être cliente d’industriels (Airbus,Thales…) et de grands laboratoires, Alexandre a planché
avec d’autres élèves pendant six mois sur un projet porté par le Cnes
(Centre national d’études spatiales). « Il s’agissait de créer un banc d’essai
afin d’observer puis d’analyser la dilatation thermique entre l’aluminium
et le titane lorsque le satellite passe du côté obscur ou quand il est éclairé
par le soleil, se remémore encore passionné le jeune homme. Il y a d’importantes différences de température, créant un déplacement non concomitant des matériaux. L’ensemble est alors soumis à de fortes contraintes, au
point de provoquer du flou si le satellite est chargé de capturer des photos ».
Hormis le stage ouvrier classique, l’école encourage ses étudiants à partir
quatre mois à l’étranger en fin de troisième année dans le cadre d’un
projet de volontariat. La politique de l’établissement étant de former de
potentiels dirigeants citoyens dotés d’une fibre humaniste.
•
 H.-O. D.
d’autres formations possibles • École d’ingénieurs de Purpan / École d’ingénieurs
UPSSITECH (Université Paul Sabatier, Toulouse) / ENAC (École Nationale de
l’Aviation Civile) / ENSAT (École nationale supérieure agronomique de Toulouse) /
ENSEEIHT (École nationale supérieure d’électrotechnique, d’électronique,
d’informatique, d’hydraulique et des télécommunications) / INSA (Institut national des
sciences appliquées) / ISAE (Institut supérieur de l’aéronautique et de l’espace)
Delphine Gardes, 21 ans, est infirmière à
l’hôpital Garonne de Purpan. Elle a effectué ses trois années d’étude au sein de
l’IFSI (Institut de formation en soins infirmiers) d’Aurillac, dans le Cantal.
Son visage rayonne auprès des patients.
Il faut dire que plusieurs générations séparent Delphine Gardes de ces derniers. Cette
jeune infirmière de 21 ans est de service de
jour, en ce mois de janvier. Au hasard d’une
visite de chambre, elle entame spontanément la conversation avec deux patientes
âgées. Les échanges témoignent d’un respect réciproque. Delphine a su trouver rapidement sa place au sein du service
d’Unité de soins de longue durée de l’hôpital Garonne, à Purpan, dans l’agglomération toulousaine. Infirmière diplômée depuis juillet dernier, elle n’a pas chômé
longtemps avant d’intégrer le marché du
travail. Seulement quatre jours se sont
écoulés entre la délivrance du diplôme
délivré par l’IFSI (Institut de formation en
soins infirmiers) d’Aurillac et le démarrage
de son activité professionnelle. Et pourtant, Delphine désirait au départ embrasser une carrière d’architecte. « C’est vrai, je
n’avais pas prévu de faire ce métier, confie
cette native de Toulouse. Je me suis posé
pour la première fois la question en discutant avec la mère de l’une de mes meilleures
amies qui est infirmière au bloc opératoire ». C’est alors le déclic. Parallèlement à
l’obtention avec mention de son baccalauréat scientifique, Delphine tente sa chance
et passe le concours d’école d’infirmier.
« Nous étions environ 870 candidats pour
86 places à l’IFSI d’Aurillac… se rappelle
Delphine. L’épreuve d’oral était conditionnée à la réussite des écrits, à savoir de la
culture générale et des tests de logique et de
calcul. » S’ensuit trois années d’études
dont de nombreuses semaines de stages
avant la délivrance du Graal, le diplôme
d’infirmier. « J’ai découvert
la vocation pour le métier
au fur et à mesure de la
formation, souligne Delphine, aujourd’hui infirmière du CHU de Toulouse. Les cours théoriques
permettent de consolider
ce qu’on apprend en stage.
Et l’expérience accumulée
pendant les stages donne
confiance en soi afin d’acquérir des automatismes.
Rien qu’en troisième
année, il y a déjà 25 semaines de stages ».
Au cours de ses études, la jeune femme est
plongée dans pléthore de services : chirurgie orthopédique, bloc opératoire, institut
médico-éducatif, maison de retraite… Elle
a même l’occasion d’effectuer un passage
dans un cabinet libéral.
Pas de routine possible !
« L’avantage de ce métier, c’est sa pluralité,
explique Delphine. Une fois titulaire, on
peut changer très facilement de service et
passer, par exemple, de la réanimation à la
psychiatrie. Cela permet d’éviter la routine ».
L’évolution professionnelle n’est pas non
plus une gageure. Après deux ans d’expérience, plusieurs concours sont ouverts
afin d’accéder à la formation d’infirmier
anesthésiste ou celle d’infirmier de bloc.
C’est justement le souhait de Delphine qui,
à terme, désire travailler au bloc opératoire.
« C’est un service très exigeant qui demande
beaucoup de connaissances techniques,
souligne-t-elle. Mon stage au bloc est l’expérience qui m’a le plus marquée ». En attendant, Delphine assure le service en
longs séjours auprès de patients pour la
plupart très âgés. Elle gagne environ
1 600 euros bruts par mois sans compter
les primes de week-end. « Au début ce n’est
pas facile, surtout quand on est jeune, témoigne-t-elle. On travaille la nuit, les jours
fériés… Et puis l’infirmière est directement
confrontée aux questions touchant à la fin
de vie ». Impossible pour elle d’oublier le
visage de cette dame dont elle a vu rendre
le dernier souffle. Mais la jeune Toulousaine sait qu’elle peut s’appuyer sur le soutien
de son équipe pour que la vie professionnelle n’impacte pas la vie personnelle. De
toute façon, Delphine préfère mettre l’accent sur la reconnaissance que procure son
métier. « Évidemment, la remise en cause
est permanente, précise-t-elle. La société
est de plus en plus exigeante, y compris à
l’hôpital. Nous
jouons parfois le rôle
de tampon entre le
médecin et le patient ». Pour autant,
sans idéaliser son
travail, Delphine
souligne l’importance des liens qui se
C’est le salaire
nouent entre l’infirmensuel d’un
mier
et
son
infirmier
malade.
Le chiffre
1 551 €
débutant, selon
l’Onisep.
•
 H.-O. D.
H.O. D.
METIERS
« J’ai découvert
la vocation au fur
et à mesure
de la formation »
d’autres formations possibles • IFSI d’Alby Bon Sauveur / IFSI du Centre Hospitalier d’Albi
/ IFSI du Centre Hospitalier de Castres Mazame / IFSI/IFAS Millau (Centre Hospitalier de
Millau) / IFSI du Centre Hospitalier de Montauban / IFSI du Centre Hospitalier du Val d’Ariège
/ IFSI du Centre Hospitalier de Rodez / hInstitut de formation Henry Dunant (IFSI Centre
hospitalier de Bigorre) / IFSI du Centre Hospitalier Marchan / IFSI du Gers / IFSI Croix-Rouge
Française de Toulouse / IFSI Rangueil - CHU Toulouse
208617
26
28
METIERS
&FORMATION l
s’identifier l
mars
LES PROCHAINS 2620 juin
20 novembre
RENDEZ-VOUS
FORMATION
DANS VOS JOURNAUX
METIERS
&FORMATION 29
PIERRE
INFORMATICIEN
EN VENTE
chez votre marchand
de journaux
.
DR
« Je reçois encore
des propositions
de poste ! »
Pierre Villard, 24 ans, est programmeur pour l’entreprise Capgemini,
spécialisée dans le secteur des services informatiques. Il est sorti diplômé de l’INP-ENSEEIHT (École nationale supérieure d’électrotechnique, d’électronique, d’informatique, d’hydraulique et des télécommunications) l’année dernière.
L’hebdo qui parle aux Toulousains
Le chiffre
209288
3 000
€
C’est le salaire
mensuel d’un
chef de projet
informatique
(Bac+5)
débutant selon
l’Onisep. Il est
de 2000 € pour
un développeur
débutant de
niveau Bac + 2
Des propositions d’embauche continuent d’affluer sur sa messagerie. Principalement des offres en provenance d’entreprises parisiennes
spécialisées dans la conception de logiciels de trading pour le secteur
financier… Un paradoxe au regard des millions de chômeurs sur le
banc du marché de l’emploi. C’est pourtant une réalité pour Pierre
Villard, 24 ans, diplômé de l’INP-ENSEEIHT (École nationale supérieure
d’électrotechnique, d’électronique, d’informatique, d’hydraulique et
des télécommunications) à Toulouse. Alors qu’il n’était pas encore
diplômé, ce natif de Normandie avait déjà une dizaine de propositions
concrètes avant d’opter pour la société Capgemini, spécialisée dans le
secteur des services informatiques. « En tant que programmeur, je
travaille sur un système à destination du CNES (Centre national d’études spatiales), détaille Pierre. Il est actuellement en phase de test dans
le cadre du programme de recherche et de sauvetage lié au système
Galileo de l’agence spatiale européenne ». Ce projet européen de positionnement par satellites est stratégique car il devrait garantir, à
terme, l’indépendance de l’Union européenne vis-à-vis des États-Unis
à l’origine du GPS (Global positioning system). « Notre équipe est notamment chargée du développement du système coordonnant les
différentes antennes déployées en Europe dans le but d’optimiser la
zone de couverture. Grâce à un algorithme, le programme planifie un
calendrier de suivi des satellites par les antennes pour réceptionner le
maximum de données permettant la géolocalisation rapide des balises
de détresse afin d’envoyer des secours ». Le programme Galileo sera en
effet utilisé pour les transports maritimes, aériens et terrestres ou les
opérations de secours et de sauvetage…
Du Programmeur à l’Architecte système
Diplômé en septembre 2013, salarisé quelques semaines auparavant chez Capgemini, Pierre pourrait bien évoluer rapidement au sein
de l’entreprise. Junior (Grade A), il pourrait passer salarié confirmé
(Grade B) et se spécialiser. « Lors de mon entretien annuel avec mon
responsable hiérarchique, j’ai en effet exprimé ma volonté de me diriger
vers le rôle d’Architecte système, raconte-t-il. Cette fonction a pour but
de concevoir un système en recherchant les meilleures solutions techniques pour répondre aux besoins du client ».
Après un bac scientifique, Pierre rejoint une classe préparatoire au
Lycée Corneille de Rouen. Trois années de bachotage plus tard, il est
admis au concours d’entrée de l’ENSEEIHT, au sein de la filière Informatique et mathématiques appliquées. « Avant de définitivement choisir
l’informatique en deuxième année d’école, on reçoit d’abord une formation généraliste propre à sa filière. En dernière année, je me suis spécialisé
dans le développement de logiciel. Au cours du cursus, en profitant notamment d’une année de césure, j’ai cumulé environ 20 mois de stage
dans la même entreprise, à savoir Capgemini. Je commence à bien
connaître les équipes maintenant ! » De quoi négocier son salaire qui,
selon le baromètre officiel propre à la société Capgemini, atteint
32 000 euros bruts par an pour les diplômés de l’ENSEEIHT. En parallèle, Pierre a conservé son statut d’auto-entrepreneur et réalise des
sites Internet pour des petites entreprises ou des collectivités locales.
De ses années d’étude, Pierre retiendra le projet mené avec une équipe
de cinq étudiants au dernier semestre de l’école. « En collaboration
avec un thésard de l’ENSEEIHT, nous recherchions avec le cofondateur de
VLC une extension possible du logiciel pour le secteur cinématographique ». Au jeu des conseils à donner aux lycéens, Pierre a une approche
triviale : « Soit vous êtes convaincu d’intégrer cette filière et vous pouvez
intégrer une formation directement après le bac, soit vous n’êtes pas
encore totalement déterminé et dans ce cas, la prépa permet un enseignement généraliste pour ne fermer aucune porte ». •
 H.-O. D.
d’autres formations possibles • Lycée Victor Hugo (Colomiers) / Lycée
Louis Rascol (Albi) / Université Jean-François Champollion (Albi) /
Université Paul Sabatier (Toulouse) / IUT de Blagnac / IUT de Rodez / École
des Mines d’Albi / École supérieure d’ingénierie informatique Ingésup / INSA
(Institut national des sciences appliquées) Toulouse / IPI (Groupe IGS) /
EPITECH…
30
METIERS
&FORMATION l s’identifier
METIERS
208616
d’autres formations possibles • Bac+2 : Lycée Billières (Toulouse) / Lycée Jeanne
d’Arc (Mazamet) / Lycée Jolimont (Toulouse) / Lycée Myriam (Toulouse) / Lycée
Notre-Dame (Castres) / Lycée Pierre d’Aragon (Muret) • Bac+5 : École supérieure
privée de commerce et de gestion ESICAD / Groupe IGS (Institut de gestion sociale)
/ Institut de formation aux affaires et à la gestion IFAG
Pas même encore diplômée, Lucie Maset
était déjà embauchée. A 24 ans, elle est
aujourd’hui chargée de mission marketing
pour l’entreprise paloise Contacts consulting, une société de conseil. Diplômée de
l’école de commerce Toulouse Business
School (TBS), anciennement dénommée
ESC (école supérieure de commerce), Lucie
a signé son contrat de travail en avril derUn poste à responsabilités
nier pour rejoindre l’équipe marketing du
« La formation ouvre des portes mais il
bureau toulousain de Contacts consulting
faut aussi faire preuve d’audace et d’enà la rentrée 2013. « J’effectue des missions de
thousiasme », insiste cette ancienne hôplusieurs jours au sein d’entreprises », explitesse d’accueil du Stade Toulousain. C’est
que Lucie. En tant que consultante, elle efd’ailleurs lors de ce job étudiant qu’elle
fectue de la prospection, puis intervient
rencontre un responsable communication
directement dans les sociétés. Ces dernièd’Airbus dans les loges, à l’occasion d’un
res sont variées, à l’image de la centrale
match de rugby. « J’avais toujours mon curSud de System U, dans l’agglomération de
riculum vitae sur moi et je suis allée le voir
Montpellier, d’une distillerie à Cognac ou
au culot pour obtenir un stage ». Si la ford’un restaurant à Pau. « L’éventail est large,
mation a un coût (comptez 6850 euros les
nos clients sont dans la grande distribution,
premières années), Lucie met aussi en
dans les services, dans l’industrie,… J’ai la
avant les vertus de son cursus : « Nous bénéchance d’exercer une même activité dans
ficions d’un solide accompagnement de la
des secteurs variés », insiste la jeune femme
part du corps professoral ainsi que d’un rénée à Carmaux, dans le Tarn. Cette dernière
seau dynamique une fois que nous sommes
est régulièrement en déplacement dans
diplômés. Nous à travailler en équipe en metout le Sud-Ouest de la France. « Nous ne
nant des projets et notre formation est
sommes pas une agence de publicité, précise
ouverte sur l’international ». L’investisseLucie. Mon métier est en amont. L’élaborament financier en vaut la peine pour Lucie
tion d’un nouveau plan de communication,
qui a trouvé du travail avant même la fin de
par exemple, implique la définition d’une
son école. Sa rémunération oscille autour de
cible commerciale, la refonte de la charte
2000 euros net, de quoi permettre l’indégraphique de l’entreprise, le lancement
pendance et l’accession à la propriété d’une
d’une newsletter, la réalisation de nouvelles
maison à seulement 24
plaquettes pour les comans ! Mais là n’est pas l’esmerciaux… » Après une
sentiel. La jeune Tarnaise
terminale économique,
estime que son diplôme
Lucie intègre sur concours
lui a surtout permis d’ocle programme Bachelor
cuper un poste à responsade l’école de commerce
bilités. Une seule frustratoulousaine TBS. Comptation demeure actuellebilité, droit du travail,
ment que la consultante
marketing, logistique,
devrait être en mesure d’y
cours de macro et micro
remédier : « Je n’ai actuelleéconomie,… sont au proment aucune mission à
gramme des premières
l’étranger… mais mon enannées d’étude. L’étudiantreprise a vocation à s’ouvrir
te qui a passé dans son
vers les entreprises internaenfance près de deux ans
tionales. Donc à moi de
en Italie saisit l’opportutrouver de nouveaux clients
nité offerte par l’école de
étrangers ! »
séjourner à l’étranger et
rejoint dès sa deuxième
 H.-O. D.
année le campus de TBS à Niveau : Bac+5
2 100
€
C’est le salaire
mensuel d’un
chargé de
mission
marketing
débutant, selon
l’Onisep.
•
M.-C. I.
Barcelone. La troisième année de licence
terminée, Lucie passe une nouvelle fois un
concours afin de poursuivre ses études à
TBS dans le cadre du programme Grande
école. L’institution toulousaine est régulièrement classée dans les dix meilleures
écoles de commerce en France. Le parcours
de Lucie connaît ensuite un long fleuve
tranquille avec un master 1 en projet marketing, un stage d’un an chez Airbus pendant l’année de césure, et un master 2 en
alternance toujours au sein du géant
aéronautique.
Le chiffre
23 rue du Collège - 15013 AURILLAC Cedex
Tél. 04 71 48 28 18 - Fax 04 71 48 39 05
[email protected]
« Je suis resté
6 mois en stage
chez Alain Ducasse,
je ne voulais pas
en partir »
Thomas Chambreaux, 21 ans, est chef de partie au restaurant étoilé “Le
Gindreau”, dans le Lot. Ancien élève du lycée hôtelier du Quercy-Périgord à Souillac, il a trouvé dans la cuisine un moyen de s’exprimer.
Thomas Chambreaux en
compagnie du chef
Pascal Bardet, de son
épouse Sandrine et du
Second de cuisine Thierry
Thomas devant la
cheminée du restaurant
“Le Gindreau”.
M.-C. I.
ie
GS Photograph
« Si la formation
ouvre des portes,
il faut aussi faire
preuve
d’audace ! »
31
THOMAS
CUISINIER
LUCIE
CHARGÉE
DE MISSION
Lucie Maset, 24 ans, est diplômée de l’école
de commerce Toulouse Business School
(TBS). Elle a trouvé du travail comme chargée de mission marketing pour une société
de conseil.
&FORMATION l s’identifier
Le chiffre
1445
€
C’est le salaire
mensuel d’un
cuisinier
débutant selon
l’Onisep.
Niveau : CAP ou
équivalent
15 heures. Le service est terminé. Mais c’est frais et pimpant que Thomas Chambreaux se présente malgré plusieurs heures passées devant
les fourneaux de la cuisine du restaurant étoilé “Le Gindreau”. A presque 22 ans, il n’a pas connu les galères de Pôle emploi. C’est directement
sur les bancs de son école qu’on est venu le chercher.
Les métiers de l’hôtellerie et de la restauration ne manquent pas de
débouchés, et rares sont
ceux qui restent sur le
bord de la route. Mais ce
sont des métiers exigeants, où on ne compte
pas les heures.
Thomas est la 4e génération de cuisiniers
dans sa famille. Sa vocation, il l’a eue très tôt, en
suivant son père dans le
restaurant familial près
de Limoges, qu’il souhaite d’ailleurs reprendre dans quelques années. Il est entré en 2007
au lycée hôtelier du Quercy-Périgord où il a d’abord passé un BEP et il
en est ressorti en 2011 avec un Bac pro en poche.
Lorsqu’il a commencé, le jeune homme était très discret, timide
même, mais c’est dans les assiettes qu’il a réussi à s’exprimer. En Bac
Pro, le lycée l’a envoyé au restaurant Le Louis XV d’Alain Ducasse, à Monaco, classé trois étoiles au Guide Michelin. Une « grande maison »
comme on dit dans le milieu, où il a rencontré le chef Pascal Bardet qu’il
a rejoint cette année dans le Lot. « Je suis resté 6 mois en stage au Louis
XV, se rappelle-t-il. Je ne voulais pas en partir, mais il fallait bien rentrer
terminer le lycée… » Puis, il a travaillé avec le chef Benoit Witz près de
Brignolles, qui correspondait plus à sa sensibilité.
Quand Pascal Bardet a quitté son poste au Louis XV pour le restaurant
du palace 5 étoiles le Belles Rives à Juan-les-Pins, Thomas était du
voyage. Et lorsque le chef s’installe dans le Lot pour reprendre “Le Gin-
dreau”, Thomas Chambreaux l’accompagne encore. Tout en progressant. Aujourd’hui, il est chef de partie poisson dans le restaurant classé
“1 étoile” au Guide Michelin. Il pourra tout aussi bien concocter des
“raviolis à l’encre de sèche, chair de tourteau coraillée”, une “truite en
croûte de pain et amandes, marinade croquante au persil plat et cresson de fontaine” ou encore des “noix de St Jacques cloutées de truffes
cuites au poêlon”. Des appellations alléchantes, dignes d’un “Top Chef”.
Malgré un physique de jeune premier, pas question pour lui de participer à ces concours télévisés. « Cuisiner au milieu d’un champ, au sommet
d’une montagne, ça ne m’intéresse pas, ce n’est pas de la cuisine. Ce qui
me plaît, c’est de mettre en valeur des produits », argumente-t-il.
Si le métier est très prenant, c’est aussi une grande famille et son
amie, Amandine, elle aussi ancienne élève du lycée Quercy-Périgord, a
également été embauchée au Gindreau. Elle y travaille en salle, directement en contact avec les clients.
Un vivier de transmission
Car le Gindreau est un restaurant où la transmission des savoirs règne
en maître. A 35 ans, le chef Pascal Bardet a repris le restaurant en 2013
avec sa femme Sandrine. Tous deux sont aussi diplômés du lycée hôtelier Quercy-Périgord, lui, en cuisine, elle, en salle. Ils accueillent plusieurs
stagiaires et apprentis au sein de leur établissement. Et nombreux sont
ceux qui sortent du lycée de Souillac. Pour le chef Bardet « on a fait le
choix de prendre beaucoup de jeunes car c’est un métier d’artisanat, tout
passe par l’échange de sensations, de savoirs » Le métier de cuisinier ne
s’apprend pas que sur les bancs d’une école, mais surtout au contact
avec des professionnels. Au Gindreau, les jeunes ne sont pas surprotégés « il faut aller dans le bain et hop, on nage ! » s’amuse le chef. C’est le
lycée qui dirige les jeunes vers tel ou tel stage, en fonction de leur motivation, de leur personnalité, de leur niveau. Parfois, les résultats scolaires ne sont pas à la hauteur mais un stagiaire pourra se révéler directement au cœur de l’action, dans la cuisine. Pour Pascal Bardet, cet
échange d’expériences est plaisant « l’apprenti avance personnellement,
avance avec l’entreprise, avec vous jusqu’à ce qu’il vole de ses propres ailes,
et les échanges perdurent avec les années, les liens ne se rompent pas ».
Lui-même a été stagiaire lors de ses études au lycée auprès du grand
chef Alain Ducasse. Il a toujours foi en l’avenir des jeunes, notamment
dans ces métiers où la pratique est primordiale. Pour sa femme et lui, il
n’est pas question d’arrêter de transmettre aux jeunes « C’est important
de faire passer le savoir, ça fait partie du métier, on l’a fait pour nous, on
le fait pour les autres… Et on reste jeune plus longtemps ! »
•
 Marie-Cécile Itier
d’autres formations possibles • CFA commerce et services (Blagnac) / CFA de la
Chambre de métiers et de l’artisanat de l’Ariège (Foix) / CFA du Comminges
(Gourdan-Polignan) / Lycée hôtellerie et tourisme (Toulouse) / Lycée professionnel
hôtelier et économique Lautréamont (Tarbes) / Lycée professionnel Jean de Prades
(Castelsarrasin) / Lycée professionnel Pardailhan (Auch)
32
METIERS
&FORMATION l s’identifier
s’identifier l
LAURA
COIFFEUSE
H.O. D.
208620
d’autres formations possibles • CFA de l’Aveyron (Onet-le-Château) / CFA de la
Chambre des métiers de l’Ariège / CFA de la ville de Castres (Tarn) / CFA des HautesPyrénées (Tarbes) / École des métiers (Auch) / Lycée professionnel Hélène Boucher
(Toulouse) / Lycée professionnel La Providence (Revel) / Lycée professionnel
Toulouse Lautrec (Albi)
DR
activité au mois de décembre dernier, les revenus de Laura ne permettent pas encore d’accéder à l’indépendance familiale. « J’ai la
chance de pouvoir encore habiter chez mes
parents afin d’éviter les dépenses de loyer à la
fin du mois, admet-elle. L’activité débute et
mon revenu net ne dépasse pas 700 euros pour
l’instant ». C’est pourquoi la jeune toulousaine
s’échine à multiplier les rendez-vous afin de se
constituer une clientèle. « Le statut d’indépendant est un choix personnel,précise Laura. Je ne
souhaitais pas travailler dans les grandes enseignes car j’estime que le métier ne permet pas de
progresser sereinement quand il s’effectue à la
chaîne. Le statut de coiffeur à domicile se développe car il s’exerce de manière plus conviviale ».
Mais pas question de voir dans ces propos un
jugement de valeur,Laura tient uniquement à
transmettre un ressenti après plusieurs expériences passées.
Elle a le statut d’auto-entrepreneur, paye ses
cotisations au Régime social des indépendants (RSI) et enchaîne les rendez-vous telle
une business woman. Basée à Grenade, au
Nord de Toulouse, Laura Aillères vient de lancer son activité comme coiffeuse à domicile.
Grâce au bouche à oreille, Laura est contactée
directement par ses clients pour des coupes
de cheveux. « J’essaye de regrouper mes déplacements avec un jour à Toulouse, un autre à
Blagnac... » raconte cette jeune diplômée du
lycée professionnel Jasmin coiffure. Avec un
brevet professionnel en poche, en septembre
dernier, plusieurs offres d’emploi se sont préUn métier de passion
sentées à Laura pour travailler chez des indéIl faut dire que le parcours de Laura s’est
pendants ou dans les grandes enseignes de
déroulé avec précocité. Dès la petite enfance,
salons de coiffure. C’était sans compter l’aspielle réclamait pour accompagner sa mère au
ration de Laura à rejoindre le statut d’indépensalon de coiffure. Au point de pousser le coifdant. Son rêve ultime étant bien évidemment
feur à pronostiquer la future profession de la
de créer son propre salon d’ici trois ans. « C’est
jeune fille. « C’est un métier de passion », marl’ambition de beaucoup de jeunes coiffeurs »,
tèle Laura. A l’issue du collège,elle intègre pour
précise-t-elle avec simplicité. Pour le moment,
deux ans le CAP (Certificat d’aptitude profesLaura accumule l’expérience et les clients sur
sionnelle) coiffure au lycée professionnelle
un rayon d’une trentaine de kilomètres. Elle
Jasmin. « J’ai complété cette formation avec
n’a pas encore de site Internet mais communiune mention complémentaire d’un an, histoire
que par l’intermédiaire d’une page Facebook
d’étoffer mon expérience professionnelle, rapersonnalisée. Ses tarifs oscillent entre 15
conte-t-elle. Le CAP compte très peu de semaieuros, pour les hommes, et 25 euros, pour les
nes de stage contrairement à la mention comfemmes. La facture augmente quand il faut
plémentaire qui comprend dans son programajouter d’autres interventions de type lissage
me l’obligation d’exercer dans un salon, un jour
des cheveux, colorations ou mèches. Des compar semaine ». Si ces trois premières années
pétences qu’elle a su acquérir dans le cadre de
permettent d’entamer une
la Mention complémentaicarrière en tant que salarié,
re coloriste-permanentiste,
elles ne sont pas suffisanune année supplémentaire
tes pour déboucher sur
proposée par le lycée Jasl’ouverture d’un salon en
min. « Les horaires de travail
tant qu’indépendant. Laura
sont par nature contraia donc poursuivi par la voie
gnants puisque les rendezde l’apprentissage pendant
vous se prennent généraledeux ans afin d’obtenir un
ment en fin d’après-midi et
brevet professionnel de
le samedi, prévient Laura. Il
coiffure, le sésame indism’arrive de devoir travailler
pensable pour exhausser
jusqu’à 21 heures alors que je
un jour son rêve : « monter
n’ai aucun rendez-vous en
mon propre salon ! »
début d’après-midi... Le métier impose une grande flexi- Niveau : Brevet
 H.-O. D.
bilité ». Ayant démarré son professionnel
Le chiffre
mensuel d’un
coiffeur en
début de
carrière.
mensuel d’un
auxiliaire de vie
sociale
débutant, selon
l’Onisep.
•
« Du métier de
comptable à
l’assistance aux
personnes »
Sophie Bertrand, 38 ans, vient d’obtenir son diplôme d’auxiliaire de
vie sociale (DEAVS) au mois d’octobre. Elle se confie sur son parcours
de vie.
Le chiffre
1 400
€
C’est le salaire
&FORMATION 33
SOPHIE
AUXILIAIRE
DE VIE SOCIALE
« De quoi monter
un jour mon propre
salon ! »
Laura Aillères est titulaire d’un brevet professionnel délivré au sein du lycée professionnel
Jasmin coiffure, situé à Toulouse. Elle a tout
juste 20 ans mais travaille déjà à son compte,
après avoir décliné plusieurs propositions
d’embauche.
METIERS
1 426
€
C’est le salaire
Niveau : CAP
Un sacerdoce au quotidien, tel pourrait être le ressenti quand l’on
écoute Sophie parler de son métier : auxiliaire de vie sociale. Un travail où l’on rentre dans l’intimité des gens, au quotidien, sans pour
autant être leur ami. « C’est une des règles que je me fixe. Il ne faut
jamais être copain avec eux, on doit installer une certaine distance.
C’est par respect pour eux » explique Sophie. Elle ne tutoie jamais ses
« patients », elle préfère le vouvoiement. Pour autant, la relation
qu’elle peut entretenir avec eux n’en est pas moins chaleureuse. « La
première fois que j’interviens chez une personne, la famille est généralement présente. Je les écoute, observe et vois leurs besoins. Puis je me
mets au travail. Mais j’interviens toujours après un dossier établi par
une assistante sociale du Conseil général. C’est elle qui précise les besoins de la personne et le nombre d’heures que l’on doit effectuer à son
domicile », précise Sophie. Le premier contact peut être compliqué,
tendu. Les personnes qui reçoivent l’aide de Sophie ne voient pas
d’un bon œil son arrivée. « Je me souviens d’un cas précis où la personne ne comprenait pas pourquoi j’étais chez elle. Elle considérait
qu’elle pouvait se débrouiller toute seule. Puis au fur et à mesure du
temps, au bout de quelques semaines, le contact a été plus facile »,
raconte Sophie.
Son travail, justement, consiste à venir en aide aux personnes
âgées, handicapées ou jeunes enfants. Les aider dans leurs tâches
quotidiennes : « ménage, faire les courses, le lever ou coucher, les aider
pour le repas ou pour faire la toilette. Par contre, il y a un domaine où
je n’interviens pas, c’est lorsque des soins sont à prodiguer. Là, une infirmière s’en occupe » indique Sophie.
En règle générale, elle débute sa journée à 7h30 et passe chez 8 personnes : « 4 le matin et 4 l’après-midi, mais cela peut varier. En matinée, l’on s’occupe plutôt du lever, de la toilette et du petit-déjeuner. Par
contre, l’après-midi est consacrée aux courses, repassage… ».
Aujourd’hui, Sophie s’épanouit pleinement dans ce travail. Plus
jeune, elle avait envie de trouver un travail dans le domaine médical,
au sens large. Mais les hasards de la vie l’ont orientée vers un métier
dans la comptabilité. « Je vivais à Paris et mes parents habitaient dans
le Cantal. Je faisais des aller-retours pour m’occuper d’eux mais ce
n’était pas évident. Je suis donc venu ici et cela m’a donné la volonté de
franchir le pas et de changer d’activité professionnelle ».
Un métier où l’écoute est primordiale
Elle décide donc de suivre une formation d’assistante de vie sociale et
intervient ponctuellement auprès de l’ADMR d’Aurillac et de Saint-Cernin. Elle fait également quelques stages, puis elle est sollicitée par l’ADMR pour être salariée. Elle prend la décision, par la suite, de passer le diplôme d’auxiliaire de vie sociale. « Je l’ai passé par Validation des acquis
de l’expérience (VAE). Au bout de trois ans et 3000 heures de travail. Je l’ai
obtenu en octobre dernier ». Après un questionnaire rempli par l’ADMR,
Sophie est passée devant un jury, durant 30 minutes environ, pour établir son degré de motivation et de compétence.
Des années plus tard, Sophie Bertrand ne regrette absolument pas ce
changement de vie : « C’est un métier enrichissant, très passionnant où
l’on est en contact permanent avec les gens. C’est un travail où l’on doit
être à l’écoute, respecter l’intimité de chacun, et être patient. Nous sommes
là pour les aider et améliorer leur quotidien. Mais on en ressort grandit.
Parfois, il suffit d’un sourire et l’on se dit que l’on est utile ».
•
 Nicolas Gastal
d’autres formations possibles • Centre de formation de l’ESSOR à Le Montat (Lot)
/ Institut de formation INFA Midi-Pyrénées / Institut Limayrac de Toulouse / Ireps
(Instance régionale d’éducation et de promotion de la santé) de Midi-Pyrénées /
Lycée professionnel Louis Querbes, à Saint-Girons (Ariège)
34
METIERS
&FORMATION l s’identifier
ROMAIN
TECHNICIEN
Romain Vandeleene, 19 ans, diplômé du CFAI (Centre de formation
d’apprentis de l’industrie) de Beauzelle, s’est fait recruter par l’entreprise où il était en apprentissage.
Le chiffre
1 500
€
C’est le salaire
mensuel d’un
technicien
débutant,
selon l’Onisep.
Niveau :
Bac professionnel
Et dire qu’il voulait arrêter ses études en Seconde… Le portrait de Romain Vandeleene devrait en inspirer plus d’un ! Au cours de sa scolarité dans un lycée professionnel de Castres, dans le Tarn, Romain désire arrêter ses études. Il visait à l’époque un bac professionnel en
maintenance mais ne se plaisait pas dans la formation. Pis encore,
Romain est dyslexique, ce qui n’arrange pas les choses pour prendre
confiance en soi. Il n’est alors qu’en Seconde et souhaite quitter le
système scolaire. Une rencontre va pourtant bouleverser ses perspectives. C’est celle de son actuel chef d’atelier, salarié chez Weir Minerals
France, un fabricant d’équipements (pompes, vannes, cyclones…)
destinés au traitement des minerais dans le secteur de l’énergie. Romain fait la connaissance de son futur mentor au collège. Il est en
troisième et effectue une visite d’entreprise à Weir Minerals France,
une filiale du groupe écossais The Weir Group PLC qui emploie une
cinquantaine de salariés à Castres. Un stage lui est proposé par son
chef d’atelier, puis un autre en maintenance durant sa Seconde. « C’est
lors de cette expérience professionnelle que j’ai découvert le métier
d’usinage, insiste Romain avec un certain enthousiasme au regard de
son itinéraire. Finalement, je faisais très peu de maintenance et je me
suis plu à apprendre un nouveau métier, celui de technicien d’usinage ».
Son chef d’atelier lui parle alors d’une formation possible en apprentissage au CFAI de Beauzelle, dans l’agglomération toulousaine. Romain décide de poursuivre les études. Ce natif de Roubaix, dans le
Nord de la France, effectue sa Première et sa Terminale à Beauzelle et
obtient le baccalauréat Technicien d’usinage (TU). « Mes bonnes notes
obtenues dans les matières dites professionnelles m’ont permis de compenser les mauvaises notes en Français ou en Histoire », précise-t-il avec
modestie. Mais cela ne doit pas affecter son mérite. En complément
des heures théoriques en classe, le Tarnais d’adoption est engagé en
contrat d’apprentissage avec la société Weir Minerals France. « La
formation était répartie avec deux semaines de cours et deux semaines
en entreprise, décrit-il. Je n’avais pas de vacances scolaires mais j’étais
indépendant avec un salaire à seulement 16 ans ». Surtout, Romain est
embauché directement en CDI au terme de sa formation.
Un savoir-faire recherché
Il gagne actuellement un peu plus du Smic sans compter les primes
qu’il perçoit puisqu’il est affecté aux équipes de nuit. « C’est un choix
personnel, confie le jeune de 19 ans. Je souhaitais travailler sur la plus
grosse machine de l’entreprise et cette dernière n’était disponible que la
nuit. Il s’agit d’une machine à deux plateaux nécessitant une grosse
concentration. Elle tourne en permanence et pivote, donc la moindre
erreur est fatale. C’est enrichissant d’apprendre l’usinage sur ce type
d’outil ». D’autant que son savoir-faire est fortement recherché dans
le secteur industriel. Les techniciens d’usinage, autrefois appelés
tourneur-fraiseur, deviennent une denrée rare, particulièrement au
regard des enjeux de montée en cadence de la production dans l’aéronautique. Le travail de nuit présente aussi un autre avantage pour
Romain : « Du coup, j’ai du temps libre durant la journée pour assouvir
une passion que j’ai depuis l’âge de quatre ans, à savoir le moto-cross ! »
Ses horaires de travail démarrent en effet à 19h35 et se terminent à
2h40 chaque jour du lundi soir au samedi matin. Le salarié entend
également casser certains clichés qui perdurent sur le métier. « J’avais
l’image de l’ouvrier travaillant dans la poussière et la saleté ; or l’atelier
est aussi propre qu’une cuisine, souligne-t-il. Les femmes ont aussi leur
place dans l’industrie. Nous ne portons pas des charges trop lourdes ».
En ce qui concerne l’évolution professionnelle, Romain a l’ambition de
passer du métier d’opérateur à celui de programmeur : « Il s’agit de
créer soi-même le programme de la pièce, c’est-à-dire le diamètre, le
perçage, le taraudage,… » Et pourquoi pas de prétendre, au bout de
plusieurs années, à un BTS (Brevet de technicien supérieur) par le biais
de la Validation des acquis de l’expérience (VAE) afin d’exercer la profession de contrôle qualité.
•
 H.-O. D.
d’autres formations possibles • École de production de l’Icam
(Toulouse) / Lycée de la Borde Basse (Castres) / Lycée Clément Ader
(Samatan) / Lycée Déodat de Séverac (Toulouse) / Lycée Gaston
Monnerville (Cahors) / Lycée Jean Dupuy (Tarbes) / Lycée Louis Rascol
(Albi) / Lycée Pierre-Paul Riquet (Saint-Orens-de-Gameville) / Lycée
Saint-Exupéry (Blagnac) / Lycée Saint-Joseph (Toulouse)
209262
DR
« J’ai reçu mon
premier salaire
à 16 ans »
METIERS
&FORMATION l se projeter
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36
n
Anabiotec
Une formation
tournée
vers l’avenir
de la filière
agroalimentaire
D
épendant du ministère
de l’agriculture, le Brevet
de technicien supérieur
agricole (BTSA) Anabiotec répond à une demande formulée
dans les années 70 par les professionnels dépendant de ce même ministère (agriculteurs, éleveurs mais également semenciers et professionnels
du végétal). « Ces derniers souhaitaient
voir être mise en place une formation
qui leur permettrait de faire appel à des
professionnels de laboratoire ayant une
bonne connaissance du secteur agricole
et agroalimentaire et capables d’assurer les analyses qui leur sont demandées
par la législation en vigueur concernant
leurs produits ou matières premières
- Seconde générale et technologique
- Baccalauréat général : Série S : Ecologie – Agronomie –
Territoire
DR
Le lycée d’enseignement général et technologique
agricole d’Auzeville-Tolosane (31) prépare au Brevet de
technicien supérieur agricole Anabiotec (Analyses
Agricoles Biologiques et Biotechnologies).
Un pôle général et technologique : le LEGTA d’Auzeville
Les étudiants du BTSA Anabiotec du lycée d’Auzeville-Tolosane dans leur laboratoire.
afin d’assurer les contraintes de qualité
propres à la filière », précise Christine
Barfety, coordinatrice du BTSA Anabiotec au lycée d’Auzeville-Tolosane.
La formation de technicien supérieur Anabiotec est organisée autour
de deux domaines d’enseignements.
Le premier est commun à tous les
techniciens supérieurs agricoles tandis que le second est spécifique à ce
BTSA (dix modules qui tendent à l’acquisition des connaissances scientifiques, techniques et réglementaires
liées au secteur professionnel). Chacun est subdivisé en modules comportant des stages collectifs. À ces
deux domaines, s’ajoutent un module d’accompagnement au projet
Que deviennent les étudiants ?
La majorité des étudiants ayant suivi le
BTSA Anabiotec dispensé par le lycée
d’Auzeville-Tolosane depuis 1993 ont poursuivi leurs études après la validation de
leur diplôme. « Ils choisissent souvent de se
spécialiser ou d’emprunter des parcours de
formation assez longs, précise Christine Barfety, coordinatrice du BTSA Anabiothèque.
Ils sont donc peu nombreux à occuper à l’issue de leurs études un poste de technicien
en laboratoire. Ce sont plutôt des encadrants, des chefs de projets, des vétérinaires
voire des ingénieurs agronomes ou de
l’agroalimentaire. Nous avons également
des anciens élèves qui sont devenus technico-commerciaux ou qui travaillent dans
des services marketing pour l’industrie
agroalimentaire. D’autres ont intégré des
services Recherche et Développement de
groupes pharmaceutiques ou de services de
cancérologie. Ce BTSA amène donc à une
grande diversité de carrières en fonction du
choix de la poursuite d’étude », souligne
Christine Barfety. Quant aux étudiants qui
décident d’arrêter leurs études après le BTSA,
les débouchés sont également au rendezvous. « Dans les trois mois suivant l’obtention de leur diplôme, ils obtiennent un CDD
dans des laboratoires. Les offres d’emploi me
parviennent directement de la part de l’Inserm, de l’Inra ou de l’École vétérinaire et je
leur transmets », indique Christine Barfety.
personnel et professionnel et une
période de stage individuel en entreprise de 12 semaines. La formation
inclut des séquences d’activités pluridisciplinaires en liaison avec les différents modules et le secteur professionnel afin d’élaborer des mises en
situation et ainsi préparer l’étudiant
à sa future entrée dans la vie
professionnelle.
Une grande variété d’enseignements dispensés
Parmi les matières enseignées au
sein du BTSA scientifique et professionnel figurent la biologie cellulaire,
la biologie moléculaire, la microbiologie, l’histologie, l’immunologie, l’enzymologie, la biotechnologie mais
également la physique, la chimie ou
encore la culture de cellules animales
et végétales… Couvrant une large
palette de domaines d’activités, cette
formation permet ainsi de répondre
aux attentes de nombreux professionnels de la filière agricole et
agroalimentaire.
Mais elle offre également d’autres
débouchés comme le fait remarquer
Christine Barfety : « Afin d’assurer un
poste à l’ensemble des étudiants sortant de ce BTSA, le ministère de l’agriculture a élargi cette formation à
d’autres domaines en faisant appel à
des professionnels d’autres secteurs
pour recenser les compétences communes. C’est par exemple le cas des
laboratoires du secteur de l’environnement assurant analyses d’eau, des sols
ou de l’air mais également des laboratoires œuvrant dans les domaines de
la pharmaceutique, de la cosmétique
ou de la santé humaine ».
En 2013, le lycée d’enseignement
général et technologique agricole
d’Auzeville-Tolosane a fêté le 20e anniversaire de l’intégration de cette
formation au cœur de ses enseignements. Il est d’ailleurs à noter que le
taux de réussite a été de 100 % pour
l’ensemble des 20 promotions ayant
suivi ce parcours de formation.
 Paul Halbedel
Les
conditions de
recrutement
Ce BTSA s’adresse aux lycéens
titulaires d’un BAC S (option
biologie, physique-chimie,
math), de certains BAC technologiques (STL, STAV…), de BAC
pro (laboratoire). Sont également recrutés quelques étudiants de première année de
médecine ou pharmacie ayant
échoué au concours ou issus de
première ou deuxième année
de Licence.
- Brevet de Techniciens
Supérieurs Agricoles
* Analyse et conduite des systèmes d’exploitation (ACSE)
* Analyses agricoles biologiques et biotechnologiques
(ANABIOTEC)
* Agronomie et Productions Végétales (APV)
Un pôle Apprentissage : le CFA d’Auzeville
Après la 3ème, l’alternance
en apprentissage :
une possibilité de formation
- classe de DIMA
- CAP, seconde professionnelle
- Baccalauréat professionnel
- BTSA
- Licence professionnelle
Les secteurs d’activités :
* L’aménagement paysager
* La vente en animalerie, en
végétaux d’ornement, en produits
alimentaires et en agrofournitures
* La gestion d’entreprises
- Baccalauréat technologique :
Série STAV (Sciences et Technologies
de l’Agronomie et du Vivant) :
Productions agricoles – Aménagement –
Transformations agroalimentaires
- Classes Préparatoires :
* Biologie, Chimie, Physique et Sciences de la Terre (BCPST)
* Post B.T.S – D.U.T (Concours C d’entrée dans les
ENSA, ENITA et ENV)
Un pôle professionnel :
CFPPAs Auzeville et Auterive
Antennes de Villefranche-de-Lauragais, Revel
Accompagnement socioprofessionnel
Insertion vers l’emploi
Auzeville et Auterive
Brevet professionnel de niveau V
Brevet professionnel de niveau IV
BTSA
Certificat de spécialisation
Spécialité d’Initiatives Locales
Formations qualifiantes de courtes durées
Secteurs d’activités
Apiculture
Agro-écologie
Aménagements paysagers et conception paysagère
Commerce et gestion
Environnement / gestion des espaces (gestion des cours
d’eau, conduites et soins aux arbres)
&FORMATION l se projeter
se projeter l
Vous avez un projet,
ils vous aident à
Pendant six mois, sept équipes sont
hébergées et accompagnées pour créer
leur société. C’est le lancement de la
troisième saison du « Camping » au
sein de la TIC Valley, une association
d’entreprises spécialisées dans les
nouvelles technologies de l’information et de la communication.
Pierre Movila
Xavier Niel, PDG de Free, figure parmi les partenaires
financiers de Mobi rider. De
quoi assurer le déploiement de sa solution innovante dans le secteur des
objets connectés. Concrètement, l’innovation de
Mobi rider réside dans un
boîtier à destination des
grandes enseignes que l’on
installe sur le comptoir
caisse pour que le client
puisse y déposer son smartphone et télécharger instantanément et automatiquement l’application permettant, par exemple, de
bénéficier de promotions.
La solution peut aussi être
déployée dans les musées
afin de télécharger l’audioguide en posant le téléphone sur le boîtier situé
au guichet d’entrée. De
quoi gagner en rapidité à
une époque où le consommateur est noyé par un
nombre colossal d’applications mobiles…
tences financières ou dans
le marketing. Ils pourront
ainsi affiner leur pitch et
convaincre de potentiels
investisseurs à soutenir le
projet.
Utilib, « le bon coin
des prêteurs » Pour le lancement de
cette troisième édition,
rapidement des conversations s’engagent autour
d’un café entre potentiels
créateurs de start-up. Une
tente plantée au milieu
des bureaux est là pour
matérialiser le “Camping”.
A tour de rôle, les campeurs vont présenter leur
projet innovant tandis que
d’anciens campeurs,
aujourd’hui patrons de
start-up, racontent leur
parcours. Ces témoignages
devraient sans doute inspirer Angélique Fouix,
Aurélien Souchon et Clément Gianferrari. Les trois
jeunes n’ont pas encore
25 ans et sont tout juste
diplômés de l’Université
Toulouse 1 Capitole. Aurélien et Clément se sont
connus à l’Institut d’administration des entreprises
(IAE) tandis qu’Angélique
sort de l’Institut d’études
“ ”
Il faut n’avoir
peur de rien
Cécile Morel, cofondatrice
de Mobi rider
99Legende
politique (IEP). Ils ont été
sélectionnés pour leur projet Utilib, “le bon coin des
prêteurs” comme ils le définissent. Le concept est
simple. « Pourquoi acheter
un objet alors que l’on
pourrait te le prêter ? Pourquoi ne pas prêter ce que
l’on possède lorsqu’on ne
l’utilise pas ? » interroge
Clément Gianferrari, cofondateur de cette plateforme de prêt d’objets sur
Internet. « La tente, la perceuse, le matériel de sport…
sont typiquement des objets sous-utilisés qui prennent la poussière au grenier, Utilib.fr permet au
propriétaire d’obtenir des
crédits à chaque fois qu’il
met des objets en prêt. Ce
dernier peut alors emprunter à son tour ». Le site Internet met gratuitement
en relation les personnes
tandis qu’un service de
caution est proposé pour
sécuriser l’emprunt. « Nous
prélevons une commission
de moins de 5 % sur la caution déposée ». Le démarrage de l’activité est prévu
en mars prochain, sur la
région toulousaine pour
commencer.
Des mentors qui ont
fait leur preuve
En attendant, Angélique,
Aurélien et Clément souhaitent bénéficier de l’accompagnement de la TIC
Valley. « C’est stimulant,
nous sommes entourés par
des gens qui ont déjà fait
leurs preuves », souligne
Clément. Le jeune homme
pense notamment à Ludovic Le Moan, PDG de Sigfox,
le premier opérateur cellulaire bas débit dédié à l’Internet des objets, et à Marc
Rougier, président de
Scoop-it. Marc Rougier
s’est récemment installé à
San Francisco, dans la
Sillicon Valley, pour développer son site qui a déjà
attiré 100 millions d’internautes depuis 2 ans. L’entreprise permet de relayer,
en fonction des centres
d’intérêt de l’utilisateur,
une information trouvée
sur internet vers son journal personnel en ligne, via
le site Scoop.it. De son
côté, Ludovic Le Moan, président de la TIC Valley, entend faire de Sigfox un
géant des télécoms. La société toulousaine négocie
actuellement des accords
de licence pour se développer à l’international. Preuve que les porteurs de projet, sélectionnés pour la
troisième saison du “Camping”, seront bien accompagnés. « L’enseignement
universitaire n’est pas toujours en phase avec les nouveaux usages et les ruptures technologiques, regrette Aurélien, diplômé d’un
master 2 Management de
l’innovation à l’IAE de Toulouse. Il n’y a pas qu’une
seule vision entrepreneuriale. A l’Université, nous
apprenons à faire une
étude de marché, à rédiger
un cahier des charges puis
à développer un produit
fini. En débutant notre projet de création d’entreprise,
nous réalisons que les cycles sont plus courts. Des
hypothèses sont testées
puis nous développons le
concept en fonction du retour des utilisateurs. Nous
procédons par palier en
nous adaptant aux évolutions de la demande. Notre
produit doit donner des réponses à des problèmes
existants : à savoir l’optimisation des objets, la mise en
relation des prêteurs et la
lutte contre l’obsolescence
programmée ».
Au total, depuis la première édition du “Cam-
&FORMATION 39
créer l’entreprise
H.O. d.
I
ls ne se connaissent
pas encore mais vont
partager pendant
six mois les mêmes
locaux. Sept équipes, soit
une vingtaine de porteurs
de projet, ont été sélectionnées pour la troisième saison du “Camping”. Nous
sommes à Labège, dans l’agglomération toulousaine,
plus précisément dans les
locaux de la TIC Valley, une
association d’entreprises
innovantes spécialisées
dans les nouvelles technologies de l’information et
de la communication. Non
contente de favoriser l’émulation et le développement
de start-up, la TIC Valley est
aussi le lieu de naissance
d’entreprises. Forte du succès des deux premières éditions, l’association vient de
lancer la saison 3 du “Camping”. Plusieurs chefs d’entreprise adhérents de la TIC
Valley vont jouer les mentors auprès de jeunes créateurs pour leur permettre d’affiner leur business
plan. Pendant ce parcours
initiatique, les porteurs de
projet sont hébergés gratuitement et bénéficient
de sessions de monitoring
afin d’acquérir des compé-
METIERS
ping”, une dizaine de projets ont abouti à la naissance de sociétés. La plupart de ces start-up résident aujourd’hui à la “passerelle”, une zone située
dans les locaux de la TIC
Valley où les anciens campeurs bénéficient de
conditions d’hébergement
avantageuses.
D’anciens campeurs
sont là pour épauler
les nouveaux
Pendant la journée de
lancement du “Camping”,
ils ont pu présenter leur
start-up aux nouveaux
campeurs. L’occasion d’un
retour d’expérience et le
témoignage de belles réussites. C’est le cas, par exemple, de Cécile Morel et de
Nghia Phan, cofondateurs
de Mobi rider lors de la première saison du “Camping”.
Le fonds d’investissement
Kima Ventures lancé par
« CELA PERMET DE NE PAS ÊTRE ISOLÉ »
La start-up emploie
aujourd’hui cinq salariés et
compte accélérer son développement. « La création
d’entreprise est une aventure difficile, confie Cécile
Morel, dirigeante à 42 ans
de Mobi rider. Il faut n’avoir
peur de rien et être porté par
un réel enthousiasme. Car si
la bonne idée est nécessaire,
elle n’est pas suffisante ». Et
de prendre l’image d’un
grand huit pour illustrer le
parcours du combattant
auquel le porteur de projet
est confronté. « Dans les
moments difficiles, lors de
retard dans les programmes
de recherche et développement ou en raison de la
pression des investisseurs, il
est essentiel d’échanger avec
d’autres dirigeants et de ne
pas être isolé, explique-t-elle. Car l’enjeu est de remonter rapidement la pente ! »
Le constat est partagé par
Hervé Schlosser, vice-président de la TIC Valley et à la
tête de l’entreprise France
Pari. Diplômé de l’école de
commerce ESCP, il a travaillé
pendant une quinzaine
d’années dans des groupes
de médias, en particulier
Canal + et Lagardère, avant
d’occuper le poste de directeur général de TLT, la télévision locale toulousaine. En
2008, Hervé Schlosser
prend un virage professionnel important en faisant le
pari des jeux en ligne. C’est
la naissance de France Pari.
Entreprise adhérente de la
TIC Valley, employant 25
salariés, France Pari « sort
aujourd’hui la tête de l’eau »
et « devrait générer cette
année ses premiers bénéfices », assure Hervé
Schlosser.
Comment prendre les bonnes décisions
L’entrepreneur de 44 ans
s’est attaqué à un marché
extrêmement régulé en
développant sa propre plateforme de paris en ligne.
Par ailleurs, France Pari
dispose de traders chargés
de coter quelque 35000
événements sportifs et
fournit la moitié des opérateurs de paris sportifs
comme NetBet.fr, par
exemple. Ce qui permet de
dire aujourd’hui que l’essentiel des cotes sur les
matchs de football ou de
tennis sont fixées à Toulouse, dans les locaux de la
TIC Valley. Cela n’empêche
pas le patron de France
Pari de continuer à s’impliquer auprès des jeunes
porteurs de projet puisqu’il
accompagnera l’une des
sept équipes du « Camping ». Selon lui, le principal apport de la TIC Valley
est d’offrir la possibilité
d’échanger avec d’autres
chefs d’entreprise pour
« ne pas reproduire les
mêmes erreurs mais aussi
pour acquérir les compétences nécessaires à la prise
de décision stratégique. »
 Hugues-Olivier Dumez
“
L’enseignement universitaire
n’est pas toujours en phase avec
les nouveaux usages et les
ruptures technologiques
”
Aurélien Souchon, cofondateur d’Utilib
DR
METIERS
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