N°45 - Le Chélif

khelIfa BenaBed, PrésIdent
de l’aPc d’oued sly :
samIr BouazdIa, médecIn orthoPédIste
à l'hôPItal hamou makour aIn defla :
«Nous recevons aussi
des patients de Chlef,
Relizane et Tissemsilt»
Page 21
semaine du 15 au 21 octobre 2014 - n° 45 - prix 15 dA
issn : 2352-9695
«Notre commune
franchit des étapes
décisives vers
la modernité»Page 5
WalId sofIane, étudIant, raPPeur :
«J’écrirai sur quiconque se plaint de son droit spolié»
Page 24
Il y a 34 ans, un vIolent cataclysme détruIt el asnam
L’apocaLypse
pages 6 à 13
Le séisme du vendredi
10 octobre 1980 a fait
quelque 2633 morts et
plus de 10 000 blessés.
29 747 maisons ont été
détruites et 478 949
personnes se sont
retrouvées, dans la
minute qui a suivi la
secousse tellurique,
dans la situation peu
enviable de sinistrés.
La coquette ville d’El
Asnam est détruite à
80%, ses plus beaux
bâtiments se sont
effondrés,
ensevelissant des
centaines de victimes
MoHAMEd tEguiA présidEnt
dE L’Apc dE cHLEf :
«Nous poursuivrons notre
tâche de promotion
et d’édification malgré
les embûches» Page 6
HAdj BEnBouALi, cAdrE rEtrAité :
«Les recommandations
de l’étude
de micro-zonation
ne sont pas respectées»
Page 11
BoujALtiA djAzouLi, AnciEn
présidEnt dE L’Apc dE cHLEf :
«Nous continuons
à ignorer les leçons
du passé»
Pages 12-13
2
Numéro 45
du 15 au 21 octobre 2014
ACtueLLes
ils vivent l’enfer à CaUse d’Un atelier de menUiserie dans le vieUx ténès
Les habitants de la cité des frères Bouriche
s’en remettent au wali de Chlef
La cité des frères Bouriche, appelée aussi cité du cimetière, se trouve dans le prolongement du vieux Ténès, vers l’oued Allala. En fait
de cité, c’est une cinquantaine de demeures de construction relativement récente dont certaines, il faut l’avouer, sont assez coquettes.
D
e loin, les lieux paraissent paisibles
mais, en réalité, nous explique-t-on,
la quiétude n’y est pas. En particulier
pour les occupants de sept maisons qui, pour
leur malheur, ont vu naître dans leur entourage
immédiat un atelier de menuiserie générale.
Ce dernier fonctionne pratiquement toute la
journée. Parfois, les machines sont mises en
marche très tôt le matin pour ne s’arrêter que
très tard le soir. Forcément, le bruit incommode le voisinage. A plusieurs reprises, les
habitants ont supplié le propriétaire des lieux
d’y remédier, notamment en interdisant à ses
ouvriers de travailler dans la cour, de cesser
toute activité au moment de la sieste et de libérer les ouvriers dès 17h. Comme au bon
vieux temps où les activités bruyantes étaient
strictement réglementées.
Peine perdue. Le propriétaire refuse obstinément de répondre aux doléances de ses voisins, prétextant qu’il est chez lui et qu’il peut
faire ce que bon lui semble. Les tensions
s’exacerbent et, las d’êtres des victimes expiatoires, les voisins décident de porter le différend devant les autorités. Ils saisissent à cet
effet l’APC et la daïra de Ténès, la direction
de l’Environnement et le wali de Chlef. Une
enquête est menée sur les lieux qui donnera
tort à l’exploitant de la menuiserie, d’autant
que ce dernier, semble-t-il, ne possède aucun
document légal pour exercer cette activité.
Aussi, sur instruction du wali, et conformément aux procédures en usage dans l’administration publique concernant le règlement de ce
genre de litige, la direction de l’Environnement, sous couvert de l’autorité de tutelle, fait
signifier au propriétaire de la menuiserie, le
nommé M. A., qu’il doit cesser son activité.
Une vUe de la basse
ville de ténès
La décision est datée du 19 juin 2012 et porte
le numéro d’enregistrement 852.
La décision précise que cette fermeture est
motivée par le fait que la menuiserie se trouve
en plein tissu urbain, ce qui n’est pas toléré
par les lois en vigueur. « Avant, ce voisin exploitait un atelier de tourneur-fraiseur, la machine était pratiquement inaudible, ça ne
dérangeait personne. Mais depuis quelques
années, c’est l’enfer avec le vrombissement
permanent des machines de menuiserie», nous
dit un des plaignants, en l’occurrence M. Mohamed Makhlouf, retraité.
Or, que s’est-il passé depuis ? Des habitants
nous ont certifié que le propriétaire de la menuiserie n’a pas daigné se conformer à la décision de fermeture, continuant à l’exploiter
«à plein régime», toujours selon M. Mohamed
Makhlouf. Ce citoyen nous signale qu’une
copie du PV portant décision de fermeture a
été remise aux autorités sécuritaires de Ténès
et à la protection civile, mais ces dernières, affirme-t-il, n’ont pas suivi l’affaire. En fin de
compte, la décision de la wilaya est ignorée et
l’exploitant de la menuiserie poursuit son activité comme si de rien n’était. Et c’est ce qui
fait rager l’entourage qui ne comprend pas
comment les représentants locaux de l’Etat
n’arrivent pas à faire appliquer la loi.
Pourtant, nous a-t-on affirmé, la justice a eu
à sanctionner l’exploitant à plusieurs, allant
jusqu’à le condamner au versement d’une
somme de 15000 DA à chacun des sept plaignants.
Rebelote. Les plaignants s’en remettent une
fois encore au wali de Chlef. Dans une lettre
qui lui a été adressée le 15 septembre 2013,
les sept propriétaires des maisons situées autour de la menuiserie relèvent que la situation
n’a pas changé d’un iota et demandent que
soit étudiée leur requête pour la fermeture de
la menuiserie soit effective. Une copie de la
lettre a été par ailleurs adressée au ministre de
l’Intérieur et des Collectivités locales, au ministre de la Justice, au procureur de la république près la Cour de justice de Chlef et au
directeur de l’urbanisme de Chlef.
«Pour compliquer tout, le propriétaire de la
menuiserie s’est arrogée de creuser un puits
sans autorisation», explique M. Mohamed
Makhlouf en précisant que l’eau est commercialisée dans des camions citernes. « On ne
sait même pas si elle est potable », ajoute-t-il,
apparemment écœuré par tant de laxisme de
la part des autorités locales.
Ab. Kader
elle fait partie des monUments les plUs visités de ténès
La statue de «La Madone»
dans un piteux état
I
l existe à Ténès, tout un quartier nommé «La Vierge» (ou «
Miryama » en arabe) qui surplombe la ville de Ténès, en référence à l’existence d’une statue de
la sainte Marie, mère de Jésus, érigée sur les hauteurs de la ville, datant de l’époque coloniale. Ce
monument qui témoigne d’une part
de la présence française dans notre
pays mais également de l’attachement de la population de l’époque à
la religion du Christ est dans piteux
état. Une visite sur les lieux nous a
permis de constater l’état de dégradation avancée dans laquelle se
trouve la statue de « La Madone ».
Réalisée avec du bronze, la statue
sous l’effet des aléas climatiques se
dégrade d’année en année et une
réelle prise en charge est plus que
nécessaire si l’on veut préserver ce
patrimoine culturel.
Il s’agit en fait et en dehors de
toute considération politique ou religieuse de préserver un pan du patrimoine de notre histoire par une
action de réhabilitation de cette statue d’autant plus que beaucoup de
vestiges témoignant de la présence
française à Ténès ont été saccagés
ou ont fait l’objet de vandalisme.
L’exemple du cimetière chrétien de
la ville témoigne de l’état de dégradation de ce patrimoine culturel. Sur
le volet touristique M. Sefta, guide
touristique, nous a fait remarquer
que parmi les sites les plus visités
par les touristes français figurent la
statue de la Vierge Marie et le cimetière chrétien.
Par ailleurs, si on se réfère à notre
religion, Marie, est connue et respectée à travers les récits coraniques. Elle est mentionnée 34 fois
dans le Coran et la sourate (chapitre)
19 porte d’ailleurs son nom. Vierge
et Mère (par intervention divine) du
prophète Jésus, c’est la seule femme
citée par son nom dans le Coran. A
son sujet, le Coran dit : «Dieu t’a
choisie de préférence à toutes ces
femmes de l’univers». Elle est vénérée dans l’Islam, essentiellement par
ses vertus, sa pureté virginale, son
humilité, sa piété qui en font un modèle pour la foi des croyants. Cependant, faut-il le souligner, la grandeur
de Marie est totalement en rapport
avec l’évènement extraordinaire
constitué par la naissance de son fils
Jésus considéré dans notre religion
comme prophète au même titre que
les autres. Quant à la religion catholique, la Vierge Marie demeure
l’une des figures les plus importantes et populaires, symbolisant la
mère protectrice et consolatrice.
Bencherki Otsmane
les habitants du village agricole de Chettia en colère
L
es habitants du village socialiste agricole (VSA) de Chettia, situé à une dizaine de kilomètres du chef-lieu de
wilaya, sont en colère contre les pouvoirs publics et en particulier contre leurs élus. Et ils
l’ont fait savoir à leur manière. En effet, pour
se faire entendre et attirer l’attention du wali
sur des revendications d'ordre sociales, aujourd’hui, il est devenu coutumier de procéder à la fermeture des axes routiers. C’est ce
qui s’est passé samedi dernier où ces habitants ont fermé la RN 19 à hauteur de Chettia
pour, disent-ils, «protester contre la marginalisation dont ils sont victimes depuis une décennie». Parmi les revendications exposées,
figurent l’alimentation en eau potable qui est
fréquemment perturbée, l’absence de l’aménagement du village, la fermeture du marché,
source de nuisance et de saleté, l’affectation
de logements sociaux, l’établissement d’acte
de propriété et enfin la réalisation d’aires de
jeux pour les enfants de cet ancien village socialiste agricole (VSA).
A ces rvendications, M. Mohamed Benouna, président de l’assemblée populaire
communale (APC) de Chettia répond : «Certains points soulevés par les habitants sont légitimes et on est sur le point de les
solutionner.» Le président de l’APC nous a
dévoilés qu’une commission a été instituée
pour recenser tous les points noirs de ce VSA.
Quant à l’affectation de logements sociaux,
M. Benouna nous dira que 400 logements
sont en voie de construction et seront bientôt
attribués à des personnes méritantes dès leur
achèvement.
A noter que la fermeture de cet important
axe routier (La RN19 Chlef-Ténès) a perturbé
considérablement la circulation automobile.
Bencherki Otsmane
Numéro 45
du 15 au 21 octobre 2014
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ACtuEllEs
Journée mondIale de l'enseIgnant
Mohamed Kounih honoré
par ses collègues du CEM de Breira
L a journée mondiale de l'enseignant coïncidant avec le 5 octobre de
chaque année n'est pas passée inaperçue à Breira. En effet, c'est au niveau du collège d'enseignement moyen (CEM) du chef-lieu de la commune qu'a été célébrée cette journée dédiée à ceux qui se "brûlent"
pour éclairer la société et guider des générations sur la voie du savoir et des connaissances.
P
ar cette initiative, la directrice du
CEM, fraichement installée dans
cette commune éloignée, a voulu
rendre hommage au staff éducatif qui ne lésine pas sur les efforts pour dispenser le savoir et la culture aux générations montantes
malgré les mauvaises conditions de travail
dues à l'isolement de cette localité. A cette
occasion, une sympathique réception a été
organisée en l'honneur des enseignants ainsi
que des autres travailleurs de cet établissement éducatif.
Par ailleurs, l'occasion a été saisie par les
enseignants pour rendre hommage à l'ancien conseiller de l'éducation qui a pris sa
retraite cette année après une trentaine d'année de loyal service au profit de l'éducation
nationale. Cet homme affable et toujours
souriant a été apprécié par tous ses collègues grâce justement à ses qualités. Cet
homme n'est autre que Mohamed Kounih,
ex-enseignant de langue arabe au CEM de
Beni-Houa avant d'occuper le poste de
conseiller de l'éducation.
Etaient également présents à cette cérémonie, Abdelkader Bouzar, ex-enseignant
de langue française et conseiller de l'éducation au niveau de CEM de Abdelkader
Guellil de Beni-Haoua ainsi que Mohamed
Berachiche, conseiller de l'éducation au niveau du lycée de Beni-Haoua.
Ces vétérans de l'éducation n'ont pas
manqué de donner des conseils et des orientations à ces enseignants qui sont dans la
plupart au début de leur carrière, ô combien
difficile, de l'éducation et de l'enseignement. En effet, c'est Mohamed Kounih qui
a pris la parole pour remercier ceux qui ont
pris cette initiative, à leur tête le dynamique
et infatigable Sidi Moussa Mohand Ameziane, enseignant de mathématiques. Il a
mis l'accent sur le rôle important que joue
l'enseignant au sein de la société dans la mesure où il représente le guide et l'éducateur
de générations. Donc, il est l'exemple de ses
élèves sur tous les niveaux. Un cadeau symbolique lui a été offert en récompense à ce
qu'il donné à plusieurs générations qui font
aujourd'hui sa fierté, certains d'entre eux
sont devenus ses collègues dans l'éducation
à l'instar de Fawzi Haddar et Zine Eddine
Keddar, enseignants de l'éducation physique, qui ont témoigné de ses qualités humaines. Ces retrouvailles ont été
immortalisées par une photo souvenir.
H. Boukhalfa
Djilali Dahmani, nouveau directeur
de la maison de la culture de Chlef
M. Djilali Dahmani, cadre de la direction de la culture de la wilaya de Chlef, a été installé le 17 septembre dernier dans ses
nouvelles fonctions de directeur de la maison de la culture.
D
ahmani, qui cumule plus de 25 ans
années d'expérience dans le domaine de la culture et qui a été installé dans ses nouvelles fonctions depuis plus
d'un mois, se dit déterminé à appliquer le
programme et la feuille de route qui lui ont
été fixés. Il a affirmé qu'il ne lésinera sur
aucun moyen pour mettre l'institution au service des associations, des hommes de culture, des artistes et des créateurs de la wilaya.
Il espère que la petite expérience qu'il a capitalisée au niveau de la direction de la culture lui sera très utile pour aborder cette
nouvelle étape avec des atouts qui lui permettront d'atteindre ses objectifs.
La maison de la culture ouvrira dorénavant ses portes à tout le monde sans aucune
exclusion afin de promouvoir la culture au
niveau de la wilaya de Chlef. "Je remercie à
cet effet madame la ministre de la culture, le
wali de Chlef et le directeur de la Culture qui
m'ont fait confiance. Un programme culturel
et artistique a été mis en place depuis notre
installation. Je vous informe à cet effet
qu'une journée d'études qui a pour thème le
rôle des institutions culturelles dans la prévention des catastrophes naturelles. Nous allons voir comment les artistes, les créateurs
et les associations à caractère culturels vont
s'imbriquer et appréhender cette problématique face aux catastrophes naturelles telles
que les tremblements de terre et les inondations", nous a-t-il indiqué lors d'un entretien
express. M. Dahmani, en concluant, nous interpelle et fait appel aux gens de culture de
la wilaya. Selon lui, il ne dépend que d'eux
pour que ce joyau qu'est la maison de la culture soit "une tombe ou un trésor". En effet,
c'est à partir de leur participation que cette
institution pourra rayonner toujours et encore.
A. Cherifi
Hassan Chohra réélu à la tête de l'associaition
«Iqra» de Chlef
C'
est le 8 octobre dernier, à 10
heures du matin, que s'est tenue
l'assemblée générale élective de
l'association "Iqra" de la wilaya de Chlef.
La séance fut ouverte par le président sortant M. Hassan Chohra qui, après les formules de bienvenue, cèdera la parole aux
organisateurs délégués par l'instance d'Alger, en l'occurrence MM. Khelid de Tizi
Ouzou et Maghraoui de Blida. Le premier
aidera l'association pas à pas par la lecture
des règlements de l'association dans les différents cas de figures. Il y eut d'abord l'élection de la commission de la session suivie
de celle de la discipline qui activera indépendamment de la coupe du président. La
fin fut réservée à l'élection du nouveau co-
mité. L'assemblée, après lecture des modalités de vote, choisira d'élire avant tout le
président qui doit choisir son comité et le
présenter à nouveau pour approbation à l'assemblée. A l'issue des votes, M. Hassan
Chohra fut réélu pour un nouveau mandat
de cinq ans par l'assemblée à l'unanimité et
à main levée. Suivra l'approbation de son
comité qui recevra l'aval de l'assemblée. A
noter que MM. Khelid et Maghraoui n'ont
rien laissé au hasard tout au long de la session et ont veillé chaque fois à l'application
stricte de la loi dans ces conditions. A la fin,
ils prendront à témoin la presse pour signaler que tout s'est passé de façon démocratique. Dont acte.
Ali Elouahed
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Numéro 45
du 15 au 21 octobre 2014
ACtueLLes
L'événemenT esT passé qUasi-inaperçU à chLef
La Journée mondiale des soins
palliatifs ignorée
De nombreux pays à travers le monde ont célébré la journée du 11 octobre relative aux soins palliatifs. Le thème retenu cette année : "Atteindre la
couverture universelle des soins palliatifs" a pour objectif de soutenir l'accompagnement d'un malade en fin de vie où la médecine actuelle est incapable de trouver le remède nécessaire à la guérison d'une maladie donnée. Il faut dire que chez nous, des centaines voire des milliers de malades
en phase terminale (notamment les malades cancéreux), éprouvent des douleurs et une détresse inouïe.
S
elon le Dr Nouioua, chef de service
d'oncologie à l'hôpital de Ténès, "de
nombreux patients et patientes ignorent les soins palliatifs dont ils ont besoin,
ou bien il leur est difficile d'y accéder".
Des témoignages bouleversants de malades en fin de vie ou de leurs proches attestent que, contrairement aux grandes villes du
pays, les soins palliatifs font cruellement défaut au niveau des hôpitaux de petite taille
implantés au niveau de la wilaya. C'est le cas
de cette jeune enseignante qui après avoir
subi une ablation du sein à la suite d'un cancer s'est vu son état détérioré et arrive difficilement à se procurer des antalgiques
capables de la soulager des douleurs atroces
résultant de sa maladie. Pour cela, cette patiente doit se rendre à Alger (à plus de 250
km de son domicile) pour y recevoir les
soins… palliatifs.
Autre témoignage, celui d'un père d'un enfant âgé à peine de 10 ans. "Au début, tout
allait pour le mieux pour ma famille jusqu'au
jour où mon enfant est tombé malade. Faute
d'un diagnostic précoce, les médecins découvrirent tardivement que mon enfant est
atteint d'un neuroblastome, un type de cancer
très sévère, de surcroît métastasé, et dont peu
de gens guérissent. Alors commencèrent les
allers et retours vers le Centre Pierre et
Marie Curie (CPMC) d'Alger, spécialisé
dans les maladies de cancer. Après plus d'une
année de traitement ; le médecin en charge
de mon enfant me déclara, la mort dans
l'âme, qu'il n'y a plus rien à espérer et qu'il
faut se mettre à l'évidence qu'il est inutile de
s'acharner et par conséquent attendre que la
mort l'emporte. Ainsi, j'ai dû souffrir plus de
quatre mois sans aucune aide psychologique
ou médicamenteuse, il ne me restait que la
foi en Dieu pour accepter que mon enfant rejoigne son créateur". Aujourd'hui, si d'immenses progrès ont été réalisés en médecine,
les soins palliatifs de bonne qualité sont indispensables pour la prise en charge des besoins d'une personne dans sa globalité. De
même, ils peuvent apporter une réponse à la
souffrance des malades en fin de vie ainsi
qu'à leur entourage. Il est vrai que la question
de la fin de vie nous concerne tous, et nous
aspirons tous à une fin de vie paisible et
confortable. Toutefois il est important de
souligner qu'Il n'y a pas de modèle universel.
Au niveau international, l'universalisation
des soins palliatifs va de pair avec le développement de la médecine de type occidental
un peu partout dans le monde. Mais il
convient de rappeler qu'autour de la gestion
de la maladie grave et de la fin de vie en particulier, il y a des différences culturelles et
sociales qui sont essentielles. Chez nous, notamment dans l'entourage du patient, la reli-
gion est omniprésente et on s'en remet à
Dieu, alors que les soins sont une nécessité,
voire une obligation pour tous les musulmans. Aussi, il est licite de mettre en route
tous les moyens nécessaire pour soulager le
patient de sa maladie et le médecin doit faire
tout ce qu'il peut. Dans le cas où le soin ne
fait pas la preuve de son utilité, alors il ne
faut pas l'effectuer et nous éviterons ainsi ce
qui est communément appelé "l'acharnement thérapeutique" diront les théologiens.
L'entourage affectif du patient est très important et l'Islam recommande de toujours
dire du bien et de positiver l'avenir lorsqu'on
rend visite à un malade. Des versets du
Coran ou des hadiths (paroles ou actes tirés
de la vie du prophète) traitant de la maladie
peuvent être lus ou récités. En effet, comme
nous le verrons dans le chapitre lié à la
conception de la maladie en Islam, les versets ou hadiths se rapportant à la maladie apportent du réconfort au patient en
introduisant des notions de purification, de
courage, de patience et de foi.
De même, le travail avec la famille est très
important et le rapprochement avec le malade doit être favorisé. Le travail de "deuil"
est une notion importante à prendre en considération. Ainsi, il est temps que les pouvoirs
publics s'impliquent davantage, particulièrement en s'imprégnant de la Déclaration des
droits de l'Homme ou le droit aux soins palliatifs est un droit universel.
Bencherki Otsmane
La consommaTion de boissons aLcooLisées a aUgmenTé en fLèche à chLef
Les conséquences d'une prohibition
S
i la consommation de stupéfiants, particulièrement le
cannabis, a connu une ascension fulgurante dans la wilaya
de Chlef, celle des boissons alcoolisées a, elle aussi, suivi la même
tendance. En effet, il suffit de faire
un tour au niveau des quartiers, des
jardins publics, des espaces verts
retirés et des campagnes autour des
villes pour s'apercevoir de l'ampleur du phénomène. Des centaines
de cannettes de bière et des bouteilles de vin essaiment les espaces
et sont jetées un peu partout,
jusqu'à polluer le milieu naturel.
Il faut noter que les prises de
drogue et d'alcool effectuées régulièrement par les différents services
de sécurité ne représentent qu'une
infime partie des quantités mises
sur le marché par le biais de trafi-
quants aguerris et rompus à cette
pratique. Au niveau de la wilaya de
Chlef, il n'existe aucun débit de
boisson alcoolisée autorisé à l'ex-
ception de l'entrepôt légal existant
au niveau de la zone industrielle
d'Oued-Sly qui écoule la marchandise en gros. Ainsi, à défaut de bars
autorisés, les adeptes de Bacchus
n'ont guère le choix que de se rabattre sur les tripots clandestins qui
fleurissent comme des champignons à travers les villes, villages
et en rase campagne. Souvent, les
plus téméraires des consommateurs se déplacent carrément dans
la wilaya voisine de Relizane pour
s'abreuver de bières, de spiritueux
et de vins (dont l'un était produit
dans leur propre wilaya, le fameux
Rabelais, Aïn Merane actuellement, qui était connu mondialement). Il faut dire que la
prohibition de la vente d'alcool
dans la wilaya de Chlef a donné
naissance à un commerce informel
très juteux générant des sommes
astronomiques et dont ne profite
guère le trésor public. L'activité
échappe au fisc, elle est gérée par
Un téléphérique à Ténès ? C'est possible !
N
ombreux sont les citoyens résidant
dans l'Ex-cité d'urgence, située en
contrebas de la ville de Ténès, à
même le niveau de la mer, qui réclament un
moyen de transport approprié et moderne
pour abréger leurs souffrances, notamment
les personnes âgées et femmes enceintes
dans leur déplacement vers la ville de Ténès.
Aujourd'hui, il n'y aucun bus qui assure la
desserte Cité d'urgence-Ténès, contraignant
ainsi de nombreux citoyens à arpenter les
sentiers sinueux pour rejoindre la ville de
Ténès ou dans le sens inverse leurs demeures. La solution, selon ces citoyens, réside dans l'installation d'un téléphérique qui
est généralement destiné à desservir un sommet généralement difficile d'accès. Même les
responsables locaux sont favorables à un tel
projet et envisagent de le porter à la connaissance des autorités de la wilaya.
Cette revendication exprimée par l'ensemble des habitants du quartier de la Cité d'ur-
gence permettra, dans le cas où elle se
concrétisera, de transporter des personnes
dans des cabines de moyenne capacité et à
des horaires étudiées en un laps de temps très
court contrairement aux improbables moyens
de transports routiers, d'une part, et, d'autre
part, l'acquisition par la ville de Ténès d'un
moyen de transport propre sans aucune émission de CO2 en sus de la vue panoramique
qu'il offre sur la baie.
B. O
une pègre très bien organisée, bénéficiant de complicités à tous les
niveaux, qui en tire des bénéfices
colossaux. L'interdiction des débits
de boissons alcoolisées -et c'est ce
qui est redouté par les institutions
en charge de la santé publique- a
donné la possibilité à certains individus malintentionnés, mus seulement par l'appât du gain, d'écouler
des produits frelatés très dangereux
pour la santé des personnes. Cela
en plus du risque d'augmentation
de la criminalité car, dans les débits
illicites, tout peut survenir et à
n'importe quel moment.
D'aucuns pensent qu'il est nécessaire et indispensable pour les pouvoirs publics de se pencher sur le
problème pour trouver des solutions adéquates.
B. O.
Numéro 45
du 15 au 21 octobre 2014
Les hommes du chéLif
5
Khelifa BenaBed, président de l’apC d’Oued sly :
«Notre commune franchit des étapes
décisives vers la modernité»
Depuis sa création en 1984, suite au découpage administratif qu’a connu l’Algérie sous la présidence du défunt Chadli Bendjedid, la commune
d’Oued Sly a toujours été classée parmi les communes comptant le plus de projets d’investissement et de développement en matière d’industrie et
d’agriculture plus précisément. Aujourd’hui, les responsables locaux, élus en 2012, lors des dernières élections locales, s’engagent dans une vraie
voie de construction et envisagent de tout exploiter pour faire d’Oued Sly une commune des plus modernes. Dans cet entretien, le président de
l’APC d’Oued Sly, M. Khelifa Benabed, a eu l’obligeance de répondre à nos questions. Il n’a point hésité à nous éclairer sur tous les projets dont a
bénéficié la municipalité. Ecoutons-le.
Le Chélif : M. le président, pouvez-vous
mettre nos lecteurs au courant des projets lancés depuis votre élection à la tête
de l’assemblé populaire communale
d’Oued Sly ?
Khelifa Benabed : je voudrais, à travers
cette tribune que vous venez de m’accorder,
porter à la connaissance de l’ensemble de
votre lectorat que tous les élus au sein de
notre APC travaillent, depuis deux ans, d’arrache-pied dans l’objectif de concrétiser un
maximum de projets susceptibles de donner
un nouveau visage à cette localité. Nous faisons de notre mieux pour améliorer autant
que possible le cadre de vie des habitants
d’Oued Sly. D’ailleurs, nous venons juste de
réceptionner les premiers projets dont les travaux de réalisation ont été lancés il y a pratiquement un an. Ces projets concernent
principalement le secteur de l’hydraulique
qui enregistre, depuis des années, un déficit
considérable en termes de structures et d’entretien. Nous avons réussi à renouveler une
bonne partie du réseau d’alimentation en eau
potable en mettant en place des canalisations
robustes pour éviter leur usure prématurée.
Nos châteaux d’eau ont fait l’objet d’un
vaste chantier d’entretien. De même, certaines agglomérations, situées à quelques encablures du chef-lieu de la commune d’Oued
Sly, à l’image de Douadiche, Sonelgaz et
H’maiss ont bénéficié de projets visant la rénovation et la modernisation du réseau de
l’alimentation en eau potable, et l’installation d’un nouveau réseau pour l’évacuation
des eaux usées et des eaux pluviales. Ce sont
des projets qui nous ont coûté la bagatelle de
11 millions de dinars.
Avez-vous consacré des budgets spécifiques pour l’extension et la modernisation des réseaux d’assainissement
sachant que certains quartiers de la
commune d’Oued Sly en ont plus que
jamais besoin ?
Bien sûr, cela va de soi. Je tiens absolument à préciser que l’assainissement représente l’une des priorités des élus au cours de
cette année. Toutes les opérations lancées
jusque-là ont coûté la coquette somme de 15
millions de dinars. Nous avons jugé important voire urgent de procéder au lancement
de quelques opérations d’assainissement
dans les cités éloignées de Meknassa, Douadiche, Deharidje et l’Emir Abdelkader du
fait de l’état d’insalubrité extrême caractérisant les lieux. Le travail effectué a largement
contribué dans l’embellissement de tous les
coins et recoins où des ordures ménagères et
autres déchets incommodaient les habitants
à longueur de journée par des odeurs pestilentielles. Dans le même sillage, il est attendu de lancer d’autres opérations
similaires qui toucheront d’autres cités beaucoup plus peuplées comme Slim, Ittihad, Sonelgaz, Sidi Djillali Benlazreg, etc. Je
signale que ce sont des opérations financées
sur fonds propres qui vont nous coûter pas
moins de 7 millions de dinars.
L’éclairage continue à faire défaut dans
plusieurs endroits de la commune. Que
comptez-vous entreprendre pour venir
à bout des problèmes d’éclairage ?
Vous venez de me poser une question à la
fois pertinente et intéressante. Vous savez,
notre plan consiste à éclairer tout le territoire
de la commune en l’espace de quelques mois
seulement. Cela va permettre d’assurer la sécurité des citoyens quittant leur domicile dès
les premières heures du matin ou rentrant
chez tard le soir et mettre d’éventuels malfrats ou cambrioleurs dans l’embarras. Nous
avons alloué un budget conséquent, qui est
de l’ordre de 18 millions de dinars, pour assurer l’éclairage interne et externe au niveau
des cités du chef-lieu de la commune et
celles se trouvant un peu plus loin du centre.L’éclairage sera également assuré de
façon régulière le long de la RN 4 pour que
les automobilistes puissent rouler en toute
sécurité. J’ai supervisé en personne l’acquisition de plus de 250 luminaires et d’une
centaine de pylônes qui seront installés lors
des prochains mois.
M. le président, on parle de certains
projets de construction réalisés et d’autres qui sont en cours de finalisation.
Existe-t-il réellement des projets de
construction que vous financez directement ou indirectement ?
Depuis mon élection, j’ai toujours œuvré
pour la multiplication des projets de
construction étant donné que notre commune
manque cruellement de structures dans divers domaines. L’Assemblée a contribué au
financement de la construction de la nouvelle mosquée à hauteur de 50%. Au cours
de l’année précédente, nous avons réussi à
construire un marché couvert pour réguler
les activités commerciales et absorber l’anarchie qui enlaidissait le paysage urbain de la
localité d’Oued Sly. Il a été enregistré aussi
la réalisation d’une maison de jeunes dédiée
aux activités juvéniles et culturelles. Tandis
que les travaux de la réalisation d’un groupe
scolaire à Hay El Homr, comptant 12
classes, sont toujours en cours et ont atteint
un taux d’avancement de 60%. La construction d’une polyclinique au chef-lieu de la
commune, programmée depuis une année,
débutera dès les premiers mois de l’an 2015.
Par ailleurs, outre la nouvelle salle de soins
réalisée à la cité Deharidje, l’APC d’Oued
Sly ambitionne d’en réaliser d’autres dans 4
cités différentes que sont Sâaou, Mâamria,
Slim et l’Emir Abdelkader. Derrière ces projets, nous aspirons à atteindre notre objectif
qui est de permettre à tous les citoyens de la
commune de se soigner à tout moment et
près de leurs lieux de résidence, c’est-à-dire
sans avoir besoin de parcourir de longues
distances et subir les innombrables désagréments qui vont avec.
Certains évoquent une crise de logement des plus sévères touchant des centaines de familles. Les bidonvilles aussi
prolifèrent notamment aux abords de la
commune. Avez-vous prévu un plan
d’action pour loger les nécessiteux et
éradiquer l’habitat précaire ?
Pour affronter ces problèmes de logement,
nous avons mis en place un projet ambitieux
appelé «le nouveau pôle urbain». Dans le
cadre de ce projet, 632 logements sociaux
ont été construits dernièrement dont 432 ont
été distribués. Quant aux 200 restants, ils seront attribués à leurs bénéficiaires au début
du mois de février 2015.
Un deuxième quota de 800 logements sera
prêt au cours du premier semestre de l’année
2015. Afin de répondre à une demande sans
cesse croissante, nous avons adressé plusieurs lettres à la direction du Logement demandant plus de quotas à notre commune.
Nous sommes arrivés à décrocher un quota
de 4 000 logements relevant des deux formules AADL (location-vente) et LPP (logement promotionnel public) pour le prochain
quinquennat. Quant aux bidonvilles, nous
avons pu éradiquer bon nombre d’entre eux
tout en octroyant à leurs occupants des aides
financières dans le cadre du financement de
l’habitat rural. De plus, 150 logements ruraux ont été attribués aux familles qui vivaient dans des habitations précaires.
Existe-t-il d’autres projets ayant rapport avec le développement local au sein
de la commune d’Oued Sly?
En ce qui concerne l’emploi à l’échelle locale, c’est-à-dire au niveau des différents organismes appartenant à notre APC, plus de
1 500 employés ont été recrutés. Nous projetons actuellement de recruter plus d’employés au cours des prochaines années
notamment après la réception de trois nouveaux projets qui sont en cours de finalisation au niveau de la zone industrielle d’Oued
Sly. 2 000 emplois seront créés d’ici l’année
prochaine. Nous travaillons aussi sur le développement de nos antennes administra-
tives existantes pour plus d’efficacité et d’organisation. Le mode «guichet unique» est
entré en service depuis plus de 8 mois, et
tous les citoyens se réjouissent des prestations fournies.
Des prestations qui s’améliorent au fur et
à mesure que l’informatisation touche l’ensemble de nos services.Nous avons prévu
aussi de concrétiser d’autres projets au cours
des prochaines années. Un stade, doté de tribunes spacieuses et d’une pelouse en tartan,
sera construit à l’horizon 2016. Il est attendu
aussi la réalisation de 14 aires de jeu, une
piscine, une salle de judo, une salle de boxe
et 4 stades en tuf. Enfin, nous sommes déterminés à rendre aux écoles coraniques leur
lustre d’antan en les rénovant et ouvrant à
nouveau pour que nos jeunes enfants bénéficient d’une éducation conforme aux préceptes de l’islam, et cela avec l’accord de
leurs parents bien entendu.
Voulez-vous ajouter un dernier mot M.
le président ?
Je saisis cette opportunité pour mettre l’accent sur la nécessité de l’implication de tous
les habitants d’Oued Sly dans toutes ces actions de développement dont ils tireront un
énorme profit en fin de compte. Il faut qu’ils
nous aident à protéger ces acquis dont notre
commune se dote régulièrement de tout acte
de vandalisme ou de sabotage. Je rappelle
aussi que notre APC est souvent aux côtés
de ses habitants. Elle leur octroie des aides
financières conséquentes quand le besoin se
fait sentir.
A titre d’exemple, elle finance, à hauteur
de 400 000 DA, les interventions chirurgicales que subissent les personnes démunies.
Elle prend en charge les bébés jumeaux en
leur fournissant du lait pendant 2 ans. Elle
accorde des indemnités aux familles victimes d’accidents domestiques et de catastrophes naturelles. En somme, je ne
ménagerai aucun effort pour conduire cette
localité vers un épanouissement complet. Je
mettrai en œuvre tout mon savoir-faire pour
une gestion rationnelle et optimale des deniers publics. J’essaierai, vaille que vaille,
d’être à la hauteur de la confiance qu’ont
placée en ma personne les habitants d’Oued
Sly.
Propos recueillis par Farouk Afounas.
6
Numéro 45
du 15 au 21 octobre 2014
Dossier
Il y a 34 ans, un vIolEnt cataclysmE détruIt El asnam
L’apocalypse
Le 10 octobre 1980, il s'agit d'une date gravée dans la mémoire des Chélifiens, notamment ceux ayant vécu les pénibles moments de ce tragique séisme. C'est
une date qu'ils ne seront jamais disposés à oublier quel que soit le nombre des années qui passent. En ce jour funeste, un tremblement de terre d'une magnitude
de 7,2 sur l'échelle de Richter secoua brutalement la ville d'El Asnam pour la réduire à néant et occasionner d'incommensurables pertes matérielles et humaines. Les séquelles de ce tremblement de terre sont encore visibles et font de Chlef une ville morne, terne et surtout sans âme.
E
rigée conformément aux
normes européennes de
construction en vigueur depuis le 17ème siècle, El Asnam,
appelée Orléansville tout au long
de la présence de l'occupant français en Algérie, fut une ville d'une
beauté singulière. Elle marqua les
esprits par la splendeur inégalable
de ses bâtisses datant de l'époque
coloniale. Des édifices reflétant la
méticulosité, la finesse et l'ingéniosité de ceux qui maitrisaient parfaitement l'art exceptionnel de
l'immortelle architecture française
moyenâgeuse. Son emplacement
géographique était, de l'avais de
tous, stratégique du moment qu'elle
reliait les wilayas du Centre à
celles de l'Ouest. La ville jouissait
d'une activité économique florissante grâce aux nombreux investissements qui avaient contribué dans
le développement de plusieurs secteurs dont l'industrie, l'agriculture,
le commerce, l'artisanat, etc.
La vie des Asnamis était paisible
jusqu'au moment fatidique du
séisme dévastateur qui frappa, de
toutes ses forces, leur ville pour
raser, en un très petit laps de temps,
un tissu urbain des plus pittoresques. Une secousse tellurique
plus forte et plus rude que celle enregistrée le 9 septembre 1954, et
qui causa d'énormes dégâts matériels et humains. Ce fut un tremblement de terre sans précédent dont
l'épicentre eut été situé à 25 kilomètres au Nord du chef-lieu de la
wilaya, soit au niveau de la localité
de Béni Rached. Pendant toute la
durée de la secousse, les édifices
s'affaissaient bruyamment sur le
sol en enterrant des familles entières sous les décombres. Les cris
stridents des rares survivants, qui
se trouvaient sous les débris, se faisaient entendre de loin. Les victimes se comptaient par dizaines de
milliers. Les gens ne croyaient plus
ce qu'ils voyaient ; une ville complètement détruite et une population majoritairement décimée. Une
aura funèbre plana alors sur la ville
dès les premières minutes ayant
suivi la secousse. Les experts dépêchés, afin de faire le bilan des
pertes engendrées et s'enquérir de
EntErrEmEnt dans
unE fossE communE
la situation psychosociale des survivants, furent sidérés par l'ampleur des dégâts générés par un tel
phénomène naturel.
Le rêve d'une métropole prospère se dissipa pour donner lieu à
une atmosphère de terreur qui hantait les esprits continûment. Ce fut
une apocalypse au sens propre du
terme. Ce fut un jour effroyable,
une douloureuse épreuve pour les
habitants d'El Asnam. Malgré l'intensification des opérations de sauvetage et la conjugaison des efforts
des agents de la protection civile et
l'intervention énergique des éléments de l'Armée Nationale Populaire, peu de vies humaines eurent
été sauvées. La gravité de la situation fut extrême.
Le séisme fatal de 1980 n'a pas
manqué d'occasionner des dommages irréparables à l'infrastructure économique de la région.
Beaucoup d'usines, entreprises,
ateliers de fabrication, et autres espaces de commerce ont disparu à
jamais. La wilaya a perdu presque
tout ce qui pouvait lui assurer des
rentes régulières et garantir une vie
sociale stable aux citoyens. Les
spécialistes de l'époque ont tiré la
sonnette d'alarme et émis de sérieux doutes à propos de l'avenir de
cette wilaya qui n'avait désormais
plus aucune ressource financière.
Les appels à la reconstruction de la
ville et son infrastructure économique se sont multipliés et ont atteint les plus hautes sphères de
l'Etat. De plus, plusieurs Etats
étrangers ont été appelés à la rescousse pour essayer de réparer les
dommages engendrés, reconstruire
la ville et aider les sinistrés à renouer avec une vie quotidienne ordinaire où tous les besoins
élémentaires seront garantis.
Les aides fournies n'ont malheureusement pas suffi pour que la vie
reprenne son cours habituel dans
une ville anéantie. Les efforts déployés n'ont pas permis de relancer
la machine économique de la région. Les initiateurs des programmes de reconstruction ont
trouvé toutes les peines du monde
pour concrétiser leurs projets. Ils se
sont heurtés à des obstacles infranchissables. La main-d'œuvre se faisait très rare suite à l'exode continu
des milliers d'habitants. Des habitants qui ont quitté la région définitivement pour s'installer ailleurs,
"loin de l'hydre sismique qui pesait
sur eux, et qui pouvait à tout moment leur coûter la vie".
Les investisseurs, après mout réflexions, n'ont pas jugé utile de s'y
rendre pour investir prétextant de
la forte sismicité de la région. Ils
appréhendaient d'autres séismes
semblables à ceux des années 1954
et 1980 pouvant détruire leurs projets et leur causer des pertes conséquentes. Tout le monde voyait en
cette région une zone à forte activité sismique où il ne faut jamais
mettre les pieds. Chlef a été désertée par tous y compris ses propres
habitants. Elle s'est retrouvée, toute
seule, abandonnée par les siens au
moment où elle avait grand besoin
d'eux pour se remettre des fâcheuses conséquences d'un violent
tremblement de terre. Ce n'était
plus une terre suscitant les convoitises, mais plutôt un lieu effrayant
de par sa nature sismique.
34 ans, jour pour jour, après le
violent séisme du 10 octobre 1980,
la ville de Chlef reste encore prisonnière de son passé "sismique".
Les plaies sont béantes et ne semblent pas se guérir vraiment. La
ville souffre toujours de l'absence
de projets de construction capables
de lui redonner son aspect urbain.
La ville n'offre plus de commodités ni à ses propres habitants, ni
aux visiteurs. Elle manque de tout
et ne sait toujours pas comment
sortir de cette torpeur qui complique l'existence aux Chélifiens
d'aujourd'hui. Les infrastructures
hôtelières font terriblement défaut
à une ville de plus en plus visitée.
Hormis les quelques hôtels éparpillés à travers différents endroits du
centre-ville, on ne trouve plus où
passer une nuit une fois aux alentours de Chlef. Les visiteurs mènent un vrai parcours du
combattant pour dénicher un lieu
d'hébergement. Pis encore, les hôtels existants offrent un nombre
très restreint de places. Quant aux
services proposés, ils laissent à désirer et ne comblent plus la clientèle.Certaines
administrations
continuent de squatter le vieux bâti
menaçant ruine sans que cela
puisse faire (ré)agir les autorités
concernées. Il est agaçant de
constater que des édifices dans un
état de délabrement avancé font
toujours office d'administrations.
Ces vieux édifices n'offrent aucun
cadre confortable pour l'exercice
d'une fonction administrative quelconque. De plus, l'assainissement
est quasi inexistant au niveau des
quartiers de la ville. On fait état
d'un large déficit en VRD (voirie et
réseaux divers). Depuis le séisme,
les responsables n'ont pas pensé à
renouveler les réseaux en question.
A chaque saison hivernale, les
Chélifiens subissent les désagréments les plus lassants, et peinent
à vivre normalement avec l'accumulation des eaux constituant des
flaques interminables.
Si la ville a trouvé des personnes
déterminées à la reconstruire après
le séisme de 1954, ce n'était pas le
cas après celui de 1980. Aucune
instance n'a pris l'initiative de tracer un plan d'action et procéder à
la reconstruction de cette ville.
Chlef fait encore les frais d'une indifférence et d'un désintérêt injustifiés. Les habitants ne mâchent pas
leurs mots quand il s'agit de s'exprimer sur leur cadre de vie.
Jusqu'à quand continue-t-on
d'ignorer une ville dont plusieurs
secteurs d'activité sont à l'agonie ?
N'est-il pas temps de mettre au
moins l'argent des contribuables au
profit du développement local ? Ce
sont entre autres des questions lancinantes nécessitant des débats de
fond.
Farouk Afounas
Déclaration du président de l’APC de Chlef
«En cette journée du 10 octobre commémorative du 34ème anniversaire du tragique
tremblement de terre qui ravagea El Asnam
(aujourd’hui Chlef), nous ne pouvons que
nous incliner à la mémoire de tous les chers
disparus qu’on n’a jamais oubliés, ni que la
blessure de la perte cruelle de notre ville se
soit jamais refermée. Et le meilleur hommage qu’on puisse rendre à toutes les victimes de ce terrible séisme, c’est bien sûr,
comme le répercutent les Chélifiens, de
poursuivre la reconstruction de la région, la
main dans la main, citoyens et responsables
intègres conscients de leur mission assignée.
Pour notre part, nous tenons à assurer aux
citoyens de la wilaya que nous restons toujours fidèles à notre éthique et devoir envers
la contrée, la nation et les préoccupations
citoyennes. Et nous tenons à rendre hommage également aux présidents d’APC qui
nous ont précédés, qu’ils soient décédés ou
encore en vie, saluant le travail qu’ils ont accompli, à l’image des Belkacem Chorfa,
Boudjeltia Djazouli, etc. Comme nous ne
manquerons pas de rendre aussi hommage
aux citoyennes et citoyens de Chlef qui ont
beaucoup œuvré et fait preuve de patience
pour que leur région ressuscite de nouveau.
Et dans cette perspective, nous tenons à les
assurer que nous poursuivrons inlassablement notre tâche de promotion et d’édification de Chlef quelles que soient les
embûches rencontrées. Nos portes, comme
nous l’avons déjà fait savoir, restent ouvertes
à tous celles et ceux qui ont des droits à faire
prévaloir. Cela dans la mesure du possible.
Comme je souhaite que l’on comprenne le
fait qu’après 1980 le taux d’accroissement
de la population s’est fortement multiplié
entrainant, par conséquent, une incroyable
extension de l’habitat sur les superficies existantes. C’est pourquoi est apparue, aujourd’hui, la nécessité de préserver certains
terrains qui restent, pour les mettre à l’abri
des squats et pouvoir en disposer comme
zones d’abris-tentes) en cas de survenue de
malheur impromptu, Dieu nous en préserve.
Nous avons constamment en ligne de mire
l’avenir de la région et nous souhaitons
ardemment pouvoir voir, un jour, les enfants
de Chlef évoluer dans un cadre de vie sain et
moderne, débarrassé des problèmes objectifs
que les Chélifiens vivent quotidiennement.
Mais dont on espère bien venir à bout avec
la volonté conjuguée entre hauts responsables du pays et responsables compétents locaux qui sauront être à la hauteur de la
confiance placée en eux. Qu’à chaque commémoration, les Chélifiens aient une pensée
pieuse aux chers disparus de la ville mais
qu’ils fassent aussi en sorte que cette
dernière puisse rejaillir un jour rayonnante et
porteuse de belles promesses pour nos enfants et les enfants de nos enfants Inchallah !
Vive l’Algérie, gloire éternelle à nos martyrs
!»
Mohamed Teguia, président
de l’APC de Chlef
Numéro 45
du 15 au 21 octobre 2014
7
Dossier
iLs ont vécu La catastropHe
Des survivants témoignent
Le centre-viLLe
en ruine
Les photos d’archives
de ce dossier
sont la propriété
de M. Hadj Benbouali
aHMed cHerifi, cadre en retraite, actueLLeMent journaListe :
«à Mascara les fidèles avaient déserté la mosquée»
«Le premier janvier 1980, j’ai été nommé
directeur général de la société de transformations des métaux d’El Asnam (SOTRAMET) qui avait son siège à Khemis
Miliana. Le complexe était à l’état de projet
et le montage des équipements était en cours.
L’ancienne fonderie de Khemis Miliana, qui
était opérationnelle (elle fabriquait avant
l’indépendance des obus qui était envoyés au
Maroc) ainsi que la ferronnerie d’Ain Defla
(qui était en cours de réalisation) avaient
également été rattachées au complexe.
Comme je n’avais pas encore de logement,
je rentrai pratiquement tous les week-ends à
Mascara, parfois je passais la fin de la se-
maine chez mon frère qui résidait à Asnam.
Le jeudi 9 octobre 1980, j’avais pris la route
de Mascara et, naturellement, le vendredi,
j’étais à la mosquée pour la prière collective.
L’imam, du haut de son minbar avait commencé son discours, il était environ 1h30
lorsque retentit alors un bruit assourdissant
qui ressemblait à une détonation, non, un
claquement qui s’étendait à l’infini et qui
emplissait les lieux. Il était impressionnant
et venait de partout. Passé le premier moment de stupeur, ce fut la panique. La
mosquée se vida en un clin d’œil et l’imam
fut pris de bégaiements, mais il ne bougea
pas de sa place. Les fidèles, qui avaient tous
déserté la mosquée, s’étaient agglutinés à
l’extérieur, attendant la suite des événements. Ne voyant rien venir, ils revinrent un
à un et réoccupèrent les places qu’ils venaient de déserter.
Mais tout le monde savait que quelque
chose de terrible venait de se passer quelque
part au nord-est de la ville de Mascara, c’està-dire de la direction d’où est venu le bruit
qui avait provoqué un début de panique. A la
fin de la prière, nous savions qu’un tremblement de terre avait frappé la ville d’El
Asnam de plein fouet. Je pensais à lors à
mon frère qui y résidait en famille. Il habitait
à la cité des 500 logements. Une violente ré-
plique eut lieu également à 16 h 30. Nous
étions en train de prendre des dispositions
pour le joindre, lorsqu’il arriva en voiture,
avec ses enfants, à Mascara. Le lendemain,
je pris la route pour Chlef dont les abords
immédiats étaient bloqués par les militaires
et les différents services de sécurité. J’ai dû
alors louvoyer et emprunter des pistes en effectuant pas mal de détours pour pénétrer en
ville. Le siège de la wilaya était en ruines, le
grand hôtel qui lui faisait face l’était également. Les bureaux du wali et de l’administration locale furent aussitôt érigés à côté de
la gare et nous entreprimes la récupération
et le déplacement des archives.»
Hadj Madani, cadre en retraite :
«J’ai vu la cité En Nasr disparaitre devant moi»
«C’est un vendredi, à 13h30, qu’eut lieu
la tragédie. La veille, j’avais reçu la visite de
Slimane, mon jeune frère qui était de passage à El Asnam. Je lui avais demandé de
passer la nuit chez moi. Il conditionna son
acceptation par une virée à Mascara pour le
lendemain. J’avais l’habitude de prendre
mes décisions tout seul, mais ce jour là,
j’avais sollicité l’avis d’El Hadja et elle avait
refusé de partir, si bien qu’il repartit aussitôt
après avoir mangé. Il faisait vraiment chaud
durant ce mois-là. La matinée du vendredi,
je m’étais habillé en blanc, pantalon et
grande chemise et je m’étais rendu chez Abdelkader l’horloger dont le magasin était sur
la rue d’Isly, juste à côté du café de Mohamed Boukhobza, le grand café à étages. Si
Abdelkader était un féru du jeu de dames.
On en jouait jusqu’à l’heure de la prière. Une
semaine auparavant, des amis qui possédaient des cafés dans la cité En Nasr laquelle
était en face, m’avaient invité. C’était une
cité merveilleuse, qui avait été réalisée par
une société française. Ce jour-là, j’étais en
train de jouer avec si Abdelkader, juste à
l’entrée du magasin, en face de la cité En
Nasr, l’actuelle Esplanade. On était en train
de jouer, c’était l’heure de partir à la
mosquée. Il était 13 h 30 lorsque ça explosa.
Tu sais, tu es balloté d’un côté, puis de
l’autre, puis vers le bas, puis vers le haut.
Tout cela en même temps. Mon ami me tira
vers l’extérieur et me poussa sur la voie. Je
n’arrivais pas à me maintenir debout.
Ça tanguait de partout, à vous donner le
vertige. Je tentais de garder l’équilibre, recourbé, les mains sur les jambes, juste en
face de la cité En Nasr qui était en train de
se pulvériser. Tu ne peux pas savoir ce que
c’est que de voir une ville disparaitre ! 500
logements, une cité entière, des murs
enchevêtrés les uns sur les autres, des
fenêtres, des balcons pleins de vie avaient
tout d’un coup, après l’explosion, amorcé
une descente au ralenti, comme dans les
dessins animés, pour disparaitre à jamais, en
enveloppant la marché qui était en dessous,
par des tonnes de béton et de fer. Des explosions assourdissantes, une série de détonations, ta, ta, Ta, ta… Et je voyais la cité
disparaitre en libérant un immense nuage de
poussière qui enveloppa tout sur son pas-
sage. On ne voyait plus rien. On était entouré
de poussière qui, après une éternité, retomba.
J’ai vu alors mon ami l’horloger qui avait
complètement changé d’allure et de couleur,
il était devenu tout blanc. Il avait en effet été
recouvert entièrement de poussière qui avait
caché son visage. Je ne voyais plus que ses
yeux qui s’ouvraient et se refermaient à
chaque clignotement de cils. Je fus alors pris
d’un fou rire.
Pourtant, je devais avoir la même allure.
7,5 sur l’échelle de Richter, cela ne s’était jamais produit en Algérie. Je me suis ressaisi
dans cette position recourbée en train de regarder les décombres de la cité Nasr, dans un
décor digne des films d’horreur. Il n’y avait
plus que des gravats emmêlés dans de la ferraille torturée. La scène n’avait duré que
quelques secondes, mais il m’avait alors
semblé que c’était une éternité. Abdelkader,
qu’est-ce que c’est que çà, lui ai-je demandé
? J’avais complètement perdu mon sangfroid à cet instant.
Il me répondit alors que c’était le tremblement de terre. Mon ami était natif d’El
Asnam et avait vécu le tremblement de terre
de 1954, il savait donc que ce que c’était. Ce
n’est qu’alors que j’ai réalisé l’ampleur de la
catastrophe. Mon Dieu, me suis-je dis, c’est
un tremblement de terre ! J’avais complètement oublié que mes enfants étaient exposés
également à la catastrophe. Abdelkader me
demanda alors de le conduire du côté de la
cité olympique, je l’ai raccompagné. Ses enfants avaient réchappé à la catastrophe.
Après l’avoir déposé, je fus abordé par
quelqu’un qui habitait à Oum Drou et qui me
demanda de l’accompagner. Je n’y vis aucun
inconvénient et le pris à bord. Arrivé au rond
point menant à la Ferme, je me suis rappelé
mes enfants et lui alors demandé si ses enfants allaient bien. Il me répondit par l’affirmative. Je lui ai alors demandé de descendre
de la voiture et suis parti voir alors mes enfants que j’ai trouvés en face de l’immeuble.
Le bâtiment avait été éventré. Les murs
latéraux avaient été soufflés. L’immeuble
d’en face avait littéralement enseveli le rezde-chaussée avec ses occupants. La cité des
500 logements faisait peine à voir, tous les
immeubles avaient été touchés.»
Propos recueillis par A. Cherifi
8
Numéro 45
du 15 au 21 octobre 2014
doSSier
il venaiT d’écrire un poème diTHyramBique sur la Belle ville d’el asnam six mois avanT
Hadj Slimane secoué
par l’ampleur du drame
Ce sont deux poèmes dédiés à El Asnam. Le premiers poème a été écrit en mai 1980, quelques mois avant le tremblement de
terre et fait l’apologie de la beauté de la ville. En effet, El Asnam, avant le tremblement de terre de 1980 était belle. Le second
poème a été écrit juste après le tremblement de terre et exprime les regrets du poète d’être le spectateur impuissant d’une catastrophe d’une telle ampleur.
L
e poète exprime ses regrets de voir une ville
aussi belle ville être la proie d’un tremblement de terre qui l’a complètement transformée. Déjà, au mois de mai 1980, il avait participé à
une soirée poétique ou il avait vanté la beauté d’El
Asnam. Hadj Slimane relit son poème avec des
larmes dans les rimes de la douleur. Tu es la mariée
dont le mariage a été annulé. Ce mois d’octobre
1980, la terre a parlé, par la voix du tonnerre, et s’est
fissurée sous les maisons, emportant tout sur son
passage. En l’espace d’un temps très court, des cités
entières ont été englouties ; Est-ce que c’est un rêve
? Le tremblement de terre a décimé El Asnam en
quelques secondes. Personne ne s’y attendait et c’est
venu tellement à l’improviste. La surprise a augmenté l’effet de la catastrophe. C’est toute l’Algérie
qui a pleuré El Asnam avec des larmes blanches qui
étaient de fait rouges.
Ou est la ville et la beauté de ses avenues, déclame
le poète. Ou est le mariage qui devait avoir lieu ? Oh
! cité Nasr, dont le marché est maintenant sous tes
décombres ! je n’ai jamais vu catastrophe pareille
survenir aussi rapidement sans prévenir. Voilà un
nourrisson qui pleure et se plaint alors que sa mère
est en train de mourir, un peu plus loin, une femme
qui vient de perdre la chair de sa chair. Les tentes et
il faisait alors très froid, c’était l’hiver, ont remplacé
les demeures accueillantes. Même les montagnes se
sont rencontrées pour accomplir leur destin et les
ci=ours d’eau qui se sont déviés. Que peut faire
l’homme devant la puissance de son créateur. Il ne
peut que prendre son mal en patience et retourner
vers son créateur. Les pèlerins, qui étaient à la
Mecque n’ont pas été épargnés. Ils ont trouvés leur
ville sans population et sans habitations, et les
proches, les voisins et les amis sous les décombres
entre la vie et la mort ou sous les tentes. Patience et
buvez le verre de la patience, leur dit il, toute l’Algérie vous pleure, ajoute le poète qui présente ses
condoléances à la population d’El Asnam.
Propos recueillis par A. Cherifi
Témoignage du dr Hadj BraHimi :
«L’horreur était telle que beaucoup de gens
avaient perdu la raison»
«
J’
ai trouvé un homme les
deux jambes bloquées
par les décombres. Il
s’était appuyé sur un mur. Il m’a
fallu ramener une équipe de chirurgiens militaires pour le dégager. Il a
fallu lui couper les deux jambes, au
niveau du genou, pour le sauver. Il
y avait des tonnes de décombres au
dessus de lui à Hay Nasr. Un autre,
dans un bâtiment, au 3ème étage,
était en train de prendre sa douche.
Lorsque le tremblement de terre a eu
lieu, la porte des toilettes, en se détachant, est tombée sur la baignoire
qu’elle a recouverte, lui sauvant
ainsi la vie. C’était un officier d’administration. Une femme, qui était
en train de donner le biberon a son
enfant qui était dans son landau a
reçu une dalle sur la tête, la tuant sur
le coup en coupant la main à hauteur
du poignet. La mère est morte, mais
l’enfant a été récupéré trois jours
plus tard, toujours vivant dans son
lit qui l’avait protégé.
Lorsque le tremblement de terre a
eu lieu, je me suis rendu spontanément à El Attaf. Il n’y avait encore
rien. Puis commencèrent à arriver
les blessés de toutes parts. Il y avait
avec moi un jeune qui avait été
blessé. Je l’avais complètement oublié. Il y a eu une deuxième secousse qui est survenue à 16 h30, je
suis parti à Oued Fodda chercher ma
famille. La ville était déjà encerclée
par les services de sécurité pour
contrer le pillage. Le lendemain, je
me suis déplacé de bonne heure au
lycée Es Salem où l’hôpital de campagne avait été installé. On a reçu
des blessés de partout. Ça a duré et
il y a eu des équipes d’Alger qui
sont venues. Puis on a reçu les vac-
cins et j’ai commencé à travailler au
niveau de la zone industrielle. Le
troisième jour, j’ai reçu une morte
qui n’avait qu’une partie des cheveux découverte et ses jambes qui
ressemblaient à celle de ma sœur. Je
n’ai pas pu la découvrir. Il a fallu
que j’aille chercher ma sœur à El
Bocaa pour voir si elle était toujours
vivante et je n’ai pu me rassurer
qu’après l’avoir trouvée. J’avais un
ami qui avait deux gosses et qui sont
morts tous les deux au Monoprix
(Hay Nasr). En bas, c’était des magasins et en haut, des habitations. Il
a pris un de ses enfants pour l’éloigner et est revenu pour prendre son
deuxième enfant. Une secousse est
survenue et l’enfant a perdu la vie.
Mon ami a perdu alors la raison. Je
le vois encore, il habite à Ouled Mohamed.
Je dois dire une chose à la décharge des médecins de l’époque,
c’est qu’ils se sont tous mobilisés et
la caserne du centre-ville était également ouverte à tout le monde. Il y
a eu des délégations venues d’Alger
et ils ont ramené des vaccins pour
lutter contre les épidémies. Toutes
les spécialités étaient représentées et
nous avions ouverts des blocs dans
les classes et les salles de soins dans
les couloirs. L’hôpital travaillait en
H24. Je me rappelle, le deuxième
jour, un homme qui marchait en déclamant « Idha Zoulzilati ». Le lendemain, il est revenu à de bons
sentiments et s’est présenté pour
nous aider.
L’association des médecins privés
faisait des consultations gratuites
avec offre de médicaments gratuits
dans tous les camps. Mon ami, qui
avait perdu ses deux enfants dans le
monoprix, s’était installé dans le jardin. Il a eu deux jumeaux par la
suite.
Un autre qui s’était fracturé le
pied lors d’une bousculade à la sortie d’une mosquée, avait un plâtre.
J’ai senti une mauvaise odeur émanant de son pied. J’ai ouvert le plâtre, il avait le pied qui s’était
infecté.je l’ai alors soigné lui évitant
ainsi la gangrène et la perte de son
pied.»
Propos recueillis par A. Cherifi
Numéro 45
du 15 au 21 octobre 2014
9
dossiEr
hAdj sAid lAhcen A vu le nuAge de pOussière recOuvrir Oued FOddA
«C’était une vision de fin
de monde»
Vendredi 10 octobre 1980. Oued Fodda 13h20. Quartier de Kouane, un petit hameau accroché au piedmont d’une petite
montagne, Sidi Diwane, qui domine le nord d’Oued Fodda. Des maisons de pierre avec quelques rares pièces en parpaing
construites artisanalement sans piliers et sans utilisation de rond à béton. Quant aux normes antisismiques, personne
n’en entendait parler avant cette date fatidique.
L
a misère des gens de la région les
poussait à se débrouiller comme ils
peuvent. Abriter leurs familles
comme ils peuvent et les nourrir comme ils
peuvent. Il faut rappeler également pour
mieux saisir les actions des uns et la vision
des autres, il faut remettre les choses dans
leur contexte. La réalité était dure, la réalité
était amère. La misère dans toute la wilaya
d’El Asnam était palpable. En ces temps, la
misère parlait aux gens. Elle fouettait les
pères de familles. Elle s’attaquait aux enfants. Chaque matin. Ces enfants qui allaient
à l’école à jeûn et le ventre creux pour s’instruire. S’instruire pour chasser la misère. Ce
qui était vrai hier ne l’est plus aujourd’hui.
Ce jour-là, les élèves ne vont pas à l’école,
c’est férié. Heureusement, car plus tard, nous
verrons des établissements scolaires nouvellement réceptionnés s’aplatir comme des
gaufrettes. Des logements HLM de quatre ou
cinq étages subir le même sort. Certains immeubles s’étaient aplatis certes mais c’est
surtout le rez-de-chaussée qui s’est enfoncé
dans le sol.
Quand nous voyons ces écoles entassés sur
le sol, nous ne pouvons que louer le bon
Dieu que cela s’est passé un vendredi et non
un jour ouvrable car cela aurait été une autre
catastrophe. Imaginez la région sans enfants
? Sauter une ou deux générations ? Quel
goût pour une ville, une région sans enfants
? Là, oui, c’est réellement inimaginable. Des
adultes et des vieux puis, plus rien. On attendra que les nouveaux nés grandissent. Même
dans les films de science-fiction, on n’a pas
imaginé pareil scénario.
Revenons à notre colline de Kouane où notre
témoin Hadj Said Lahcen actuellement en
retraite, la soixantaine bien sonnée et qui
n’avait à l’époque que 26 ans. Il a fait ses
ablutions et s’apprêtait à sortir pour rejoindre la mosquée. Brusquement, il fut projeté
hors de la porte d’entrée principale, c'est-àdire qu’il s’est retrouvé dehors. Essayant de
se relever puisqu’il tenait à quatre pattes
comme on dit. Il raconte que la secousse a
duré environs une minute qui lui a paru un
siècle. «J’ai vu et entendu une explosion
dans la montagne, juste derrière notre maison. La suite, j’ai vu la terre s’ouvrir à des
kilomètres et à une vitesse vertigineuse. Imaginez un train sous terrain qui ouvrait la terre
à une vitesse supersonique», raconte-t-il.
anéanti. Il ne nous restait que les larmes pour
pleurer. Les secours s’organisaient, des
jeunes et moins jeunes arrivent d’Oued
Fodda pour nous aider. Résultat : trois victimes, ma mère Mahdjoub Araibi Khadidja,
âgée de 50 ans, au moment des faits, mon
neveu Hadj Said Amar, âgé de 2 ans et ma
nièce de 4 ans, Belabès Hassine. Il y avait
également dans mon voisinage et famille
une autre victime, il s’agit de Mme Berroudji
Malika», se souvient notre interlocuteur.
La déchirure
de la montagne
La plaie ne saigne plus,
mais est encore ouverte.
«J’ai vu de mes propres yeux, l’image est encore vivace dans ma mémoire, non elle est
devant moi, maintenant. J’ai vu la terre onduler comme de grosses vagues quand la
mer est agitée. J’ai vu, non je vois la terre
plier comme de la pâte à modeler. La crevasse venait de Zebabdja, elle a traversé la
montagne et s’est dirigée du côté d’El Abadia. Mouloud Féraoun aurait dit : «Je me
rappelle comme si cela datait d’hier ». Non,
moi je vis l’évènement maintenant, 34 ans
après, c’est toujours aussi vivace et aussi
douloureux. La secousse passée, les esprits
retrouvés, je lève la tête et regarde en bas
vers Oued Fodda. Un gigantesque champignon de poussière mélangée à de la fumée
s’élevait dans le ciel, ça ressemble au champignon de la bombe atomique qu’on voit
dans les films de télé. Soudain, j’entends des
cris derrière moi, notre maison était à terre.
Pour m’aider, je n’ai trouvé qu’un garçon de
10 ans, mon neveu Hadj Said Hamid, qui
jouait dehors au moment des faits et qui était
complètement ahuri et ne comprenait rien.
Pour lui, comme pour moi, c’était la fin du
monde. J’accours vers notre maison et surtout la très grande et large pièce en pierres
où nous nous rassemblons car il y faisait plus
frais que dans la pièce en parpaing. Ma
femme criait à tue-tête. Des membres de la
famille, habitant juste à côté de nous, vinrent
m’aider. Nous avons tiré ma femme jusqu’à
la taille. Ce qui la sauva, c’est qu’elle était
tout près de la porte et qu’elle s’est accrochée au cadre de cette dernière. Elle m’indiqua l’emplacement de ma mère et des
enfants. Nous accourons vers ces derniers en
laissant ma femme se débrouiller pour revenir la délivrer plus tard. Du côté de ma mère,
il y avait trop de pierres en plus de la toiture
qui s’est effondrée au dessus. Sans moyens,
rien qu’avec des mains nues et des ongles,
on arrachait quelques pierres insignifiantes
au milieu des gravas et de petites secousses
de répliques qui nous rappelaient que le danger est toujours là, omniprésent. Et c’est sur
ces entrefaites que nous fûmes surpris par la
seconde secousse de 16 heures qui a tout
«En découvrant la toiture et en enlevant les
gravats, ma mère avait protégé les deux enfants de son corps mais le linteau de la porte
a eu raison d’elle et donc des deux autres enfants. Que Dieu ait leurs âmes. Ceux qui ont
vu des films d’horreur, de terreur, d’apocalypse n’ont rien vu, rien sentis parce que,
tout simplement, c’est invivable. Jusqu’à
présent, la moindre secousse nous fait tressaillir. 34 ans après, du côté de notre maison,
la faille est encore visible et la terre est incultivable. Ceux qui ne connaissent d’Oued
Fodda que la RN4, je rappelle aux uns et informe les autres qu’au niveau de Zebabdja,
la pente de la RN4 était douce et que la faille
est passée par là pour découper la terre
comme le fil découpe le beurre et élever une
partie par rapport à une autre. La terre porte
encore les stigmates de l’agression. La plaie
ne saigne plus mais est encore ouverte pour
nous rappeler comme une stèle qui commémore la date de nos morts. La stèle est toujours là.»
Après la description de notre témoin, nous
n’avons plus rien à ajouter, sinon recommander l’amélioration des constructions antisismiques dans toutes les constructions privées
ou étatiques.
Ali Elouahed
Ouled Ben ABdelkAder :
34 ans après, les Chélifiens se rappellent d’Ezzenzla
Nous avons rendu à quelques familles éprouvées par la catastrophe du 10 octobre 1980 vivant à Ouled Ben Abdelkader et ses environs.
Ces familles ont perdu des êtres chers lors de cette tragédie. Le village d’Ouled Ben Abdelkader, à l’instar de nombreux autres situés
dans la wilaya d’El Asnam a été complètement détruit par la réplique enregistrée une semaine plus tard et qui était considérée comme
la plus forte. Beaucoup d’habitants ont du mal à se remémorer ce souvenir douloureux. Ecoutons le récit de quelques survivants.
Badni Mohamed :
Bouras Lahcen :
Badni Elhadi :
Badni Miloud :
«Ma petite sœur Ouarda, âgée alors de sept
mois, dormait paisiblement dans son berceau
pendant que ma mère, se trouvait chez mon
grand-père habitant à quelques 100 mètres de
chez nous. Mon grand- père était de retour de
la Mecque et on préparait ce retour. Quand la
terre a tremblé, personne ne savait de quoi il
s’agissait, la maison construite en pierre s’est
effondrée, mon père s’est rendu compte que
Ouarda était sous les décombres, il a accouru
avec les voisins pour la sauver. Hélas, la volonté divine en a voulu autrement, que Dieu
ait son âme et celles de toutes les victimes de
cette catastrophe. Notre voisin Kacem Naami
était parmi les sauveteurs qui ont tenté de secourir ma sœur, il ne savait pas que sa fille
venait de subir le même sort.»
«Mon père Mohamed, 60 ans, mes nièces
Fatima Zohra, 5 ans et Chahrazed, 3 ans, ont
rendu l’âme, le même jour, le 10 octobre.
L’une des filles était dans la cuisine, la
deuxième jouait dehors. Mon oncle et mes
frères sont partis accomplir la prière du vendredi à la mosquée qui était située à 6 km environ.
Au moment où la terre a tremblé, un cousin
s’est dépêché pour les prévenir. Il les a rencontrés au mi-chemin. A leur arrivée, ils
n’ont pu que constater les dégâts. Mon père,
handicapé suite à un accident qu’il avait subi
auparavant, n’a pu échapper à la fatalité. Que
Dieu ait l’âme de mon père et de mes nièces
qui sont parties à la fleur de l’âge.»
«Mon frère Djamel, 4 ans, jouait avec mon
frère Hadj qui est plus âgé que lui de deux ans
quand ma sœur les a appelés pour leur faire
prendre une douche. Elle a commencé par
Hadj, Djamel assis près d’eux sur un tabouret
attendait son tour quand ils furent surpris par
la secousse tellurique. Ma sœur a pu quand
même se sauver tandis que les enfants sont restés à l’intérieur. L’habitation de construction
précaire n’a pas résisté à la forte secousse. Une
opération de sauvetage est immédiatement
menée. Après avoir enlevé une grosse pierre,
on a repéré Hadj par ses cheveux qui émergeaient de sous les décombres, Djamel que
Dieu ait son âme, fut retrouvé vivant quant à
lui, mais quelques instants plus tard, il rendit
l’âme dans les bras de ma sœur.»
«J’étais âgé d’à peine 9 ans, je jouais devant la maison, quand soudain j’ai entendu un bruit très fort puis la terre a
commencé à trembler et les maisons devant moi se sont effondrées.
Le dénommé Mohamed Benali, un simple d’esprit, était assis à l’ombre d’un
mur. Le mur s’est écroulé et je ne le vis
plus. Quelques heures plus tard, il fut retiré inerte par une équipe de sauvetage
composée de quelques voisins. Ce jourlà, on a compté 4 morts : Fellague Mahdjouba, Badni Mazouri, Badni Djamel,
Badni Ouarda et Badni Mohamed Benali.»
Propos recueillis par
Abdelkader Ham
10
dossier
Numéro 45
du 15 au 21 octobre 2014
el-asnaM, aujourd’hui chlef,
trente quatre années déjà !
Par Me MohaMed el Bachir Bennegueouch*
Le 10 octobre 2014, date où Chlef et toute la région vont se remémorer déjà le trente quatrième (34) anniversaire du séisme du 10 octobre 1980.
L’évocation de cette date fatidique pour toutes les générations confondues de Chlef ne laisse pas ces dernières indifférentes à la situation dans
laquelle se trouve présentement leur Chef-lieu de wilaya. Les investissements tellement nombreux et importants réalisés à Chlef par l’État n’ont
fait que reculer sa modernisation et atténuer le cadre de vie de ses citoyens livrés à eux même.
Photo Prise juste aPrès
la réPlique de 16h30
E
n effet, les grands projets
d’équipements inscrits au profit de
Chlef dans le cadre des différents
programmes et financés par l’État devaient
essentiellement dans le temps, la hisser vers
un développement harmonieux à l’image de
celui des grandes villes comme AinTemouchent, Boumerdes, Sétif, Mostaganem, Sidi Bel-Abbes et Tlemcen.
Malheureusement, ce défi n’a jamais été atteint par les responsables et élus locaux
pour résorber définitivement les séquelles
du dernier séisme de 1980.
La ville de Chlef demeure présentement
très en retard sur les plans urbanistique et
architectural par rapport aux grandes agglomérations citées plus haut. A titre d’exemple, le programme de construction choisi
ces dernières années et devant répondre à
cette région particulièrement sismique et
aux besoins de ses citoyens, ne semble plus
être en adéquation aujourd’hui avec les
études de construction parasismiques approuvées dans le temps par les pouvoirs
publics consécutivement au tremblement de
terre qui avait secoué et détruit la ville d’El
Asnam et toute sa région au siècle dernier.
C’est ainsi que des équipements privés
devant recevoir le public ont été réalisés
dans des zones inconstructibles plus exactement dans des endroits situés géographiquement à moins de 500 mètres du fleuve «Le
Chéliff» (hôtels, centres commerciaux,
etc..) et la liste reste longue malheureusement.
A noter que le changement d’un seul élément dans les règles de construction parasismiques retenues pour la région de Chlef,
peut engendrer forcément des conséquences
fâcheuses sur la qualité du bâti et sur la vie
des citoyens si un séisme de forte magnitude venait à toucher la région de Chlef aujourd’hui.
Une grande et lourde responsabilité pèse
désormais sur tous les secteurs confondus
pour avoir autorisé ce genre de constructions dans des zones inconstructibles. Les
services concernés qui ont pourtant une vision beaucoup plus précise dans ce do-
maine, ne semblent plus se préoccuper
d’une façon sereine du processus de construction devant être retenu et appliqué
dans une région à haute potentialité sismique. De plus, construire n’est pas sans
importance pour le commun des mortels.
Cependant, les hommes chargés d’assurer
un développement durable pour la région
ont, nous semblent-ils, opté tout simplement pour des édifices dépourvus de qualité
à Chlef. Et pourtant, l’État a toujours mis
les moyens financiers pour la reconstruction
de notre région conformément aux règles
parasismiques. De même, le potentiel humain dans la région de Chlef ne manque pas
de nos jours (architectes, ingénieurs d’état
et bureaux d’études). Comment expliquer
aujourd’hui cette prolifération de cités dortoirs où les immeubles sont collés l’un à
l’autre avec des logements qui donnent dans
la majorité des cas sur le vis-à-vis des différents locataires.
Pas d’espace vert, ni d’équipements collectifs dans ces nouvelles cités. Les commerces réalisés dans les vides sanitaires
défigurent malheureusement l’esthétique du
bâti. N’oublions pas aussi le problème de la
distribution de l’alimentation en eau potable
qui reste le point noir de la ville après le
séisme de 1980. Certains sites restent parfois sans alimentation en eau potable pendant plusieurs semaines et particulièrement
en été. Au troisième millénaire, les citoyens
de Chlef doivent recourir ainsi aux citernes
par tracteurs. Une vérité qui demeure dure
à avouer de nos jours lorsqu’il s’agit d’un
chef-lieu de wilaya. L’autre point névralgique pour Chlef est celui du plan de transport qui perturbe la quiétude des citoyens et
embarrasse d’une façon désagréable et continue les services chargés de la circulation
particulièrement au cours de la semaine à
l’exception du vendredi. Sur ce plan, et à
titre d’exemple, la modification du plan de
stationnement pour les transports publics
des quartiers de la cité En-Nasr regroupant
onze (11) zones, a accentué davantage le
calvaire pour tous les usagers et les automobilistes de la ville de Chlef y compris pour
les véhicules de secours. En effet, ces autocars traversent la ville présentement avec
plusieurs rotations journalières, ce qui rend
la circulation infernale pour tous. Ce paradoxe découle de l’absence de la participation des citoyens à la gestion des affaires de
leur commune et qui constitue pourtant un
cadre constitutionnel d’exercice de la démocratie.
Par ailleurs, d’autres points noirs méritent
d’être signalés et concernant toujours le
plan de circulation au centre de la ville de
Chlef. Ce triste constat vécu quotidiennement par les citoyens pour se déplacer
intra-muros dans les différents quartiers de
la ville y compris les sites, mérite d’être pris
en considération par les responsables locaux concernés et d’être examiné favorablement Pour soulager les citoyens. C’est ainsi
que l’absence de réalisations d’infrastructures de travaux publics nouvelles dans la
ville en dehors des deux trémies opérationnelles et réalisées dans la même direction, se fait lourdement sentir. C’est
pourquoi, il est judicieux de lancer
promptement la construction d’un second
pont pour aller du centre-ville vers le
quartier En-Nasr et les autres destinations
afin de soulager les usagers de la route et
les citoyens riverains empruntant quotidiennement cette direction. De même, la réalisation d’un pont sur la route des carrières
pour éviter le passage au niveau du centreville dont les études ont été achevées et remontent aux années 1980, permettra sans
aucun doute et particulièrement aux
véhicules de secours de se déplacer plus
rapidement lors des opérations de secours
(protection civile et ambulances des structures hospitalières au moment des évacuations vers les CHU d’Alger, Blida ou Oran).
Sur ce point, l’absence d’un centre hospitalo-universitaire à Chlef est durement
ressentie par les citoyens de Chlef et ceux
de la région. Parfois, les malades décèdent
au cours de leur transfert vers les CHU
compte tenu de l’éloignement de ces
derniers de Chlef et qui restent distants de
plus de 200 kms. Et pourtant, la vie n’a pas
de prix.
Sur ce plan, il y a lieu de mentionner le
nombre de cancéreux qui augmente sans
cesse à une vitesse vertigineuse à Chlef et
sa région particulièrement dû aux préfabriqués renfermant de l’amiante. Cette maladie n’est pas prise en charge localement
faute d’équipements adéquats et de personnels médical et paramédical spécialisés. La
réalisation d’un nouvel hôpital à Chlef de
240 lits à la cité Bensouna, démontre une
nouvelle fois l’inconscience de certains responsables locaux sur le choix du site. En
effet, en cas d’urgence, l’évacuation d’un
malade pour y arriver, même en véhicule de
secours, mettra plus
de 30 minutes si la circulation est fluide. Pas de voie
express réalisée vers cette nouvelle infrastructure pour y arriver dans le temps et
sauver le malade. De même, ce nouvel
hôpital a été réalisé sur des vergers d’agrumes et entouré d’un oued à 50 mètres de
son implantation ainsi que l’édification de
nouveaux bâtiments regroupant des logements à majorité sociale. Le principe des
zones protégées n’a pas été retenu pour
cette nouvelle infrastructure hospitalière
digne de ce nom. Il est utile de le souligner
que toute proportion gardée, une telle infrastructure méritait une attention particulière
par les différents services concernés avant
son édification dans une zone à haut rendement agricole et difficile à y accéder présentement par la route.
Aussi, certaines nouvelles constructions
réalisées par le privé ou en cours d’édification ne font pas l’objet de suivi rigoureux
par les services concernés. En effet, ce bâti
est réalisé tout près des anciennes voies de
communication et ne permettant plus à
l’avenir aux services de l’État de moderniser ces accès par un dédoublement de la
voie compte tenu de l’importance du parc
automobile et des nouvelles cités bâties.
Faut-il le rappeler que construire n’est pas
tâche facile de nos jours et que le citoyen
mérite mieux.
M. B. B
* Avocat
Numéro 45
du 15 au 21 octobre 2014
dossier
11
Hadj BenBouali, ancien cadre retraité :
«Les recommandations de l’étude de
micro-zonation ne sont pas respectées»
A l’occasion de la commémoration du 34ème anniversaire du séisme du 10 octobre 1980 d’El Asnam, «Le Chélif» a rencontré M. Hadj Benbouali, la soixantaine passée, retraité ayant assumé plusieurs fonctions dont celles exercées, entre autres, au service de la communication de la wilaya de Chlef, des inspections des impôts de Chlef et Boukadir,
de vice-président de l’APC de Chlef (1997-2002), soit un capital d’une appréciable expérience de gestion administrative et d’action opérationnelle sur le terrain pour laquelle
il a été souvent sollicité par nombre d’autorités qui se sont succédé à Chlef. Ce natif de la ville, très connu pour sa bonhomie, sa modestie et sa générosité exemplaire, a bien
voulu répondre présent à notre sollicitation. Mieux encore, il a mis à notre disposition ses archives personnelles et nous a conduits dans son véhicule vers des sites particuliers,
rappelant la tragédie inoubliable du 10 octobre 1980 dont il tient à évoquer certaines tristes réminiscences en tant que citoyen avant tout.
Le Chélif : M. Hadj Benbouali, aujourd’hui nous commémorons le 34ème
anniversaire du terrible séisme du 10 octobre 1980 qui a ravagé l’ex-El Asnam.
Quel commentaire faites-vous de l’évènement ?
Hadj Benbouali : Sincèrement, ma pensée
va d’abord aux victimes et chers disparus de
notre inoubliable, belle et coquette ville. Je
n’aime pas le terme de commémoration qui a
une connotation de nostalgie alors que dans
cette évocation d’un pan du douloureux passé
de Chlef, la priorité doit d’abord être accordée
au respect aux morts et aux innombrables victimes dont les survivants handicapés ou traumatisés à vie restent à ce jour témoins de cette
tragédie. Comme c’est le cas, entre autres, de
M. Hadj Ali Halimi qui n’a jamais su ce qu’il
est advenu de sa fille adolescente disparue depuis ce fatidique 10 octobre. Par ailleurs, ce
qui est déplorable, c’est l’état de délaissement
dans lequel se trouvent les tombes communes
de nombre de victimes dans certains cimetières de la banlieue, comme c’est le cas dans
celui de Sidi Yahia Bouallache. Ces sépultures collectives ont subi des dégradations
considérables suite aux intempéries et
épreuves du temps, elles n’ont jamais fait
l’objet de réhabilitation de la part des responsables qui se sont succédé jusqu’ici après
1980.
Pour ce qui est de la reconstruction de
Chlef, quel constat faites-vous à propos
de respect des normes d’édification urbanistique de la ville ?
Sur ce plan, beaucoup de choses n’ont pas
été respectées, hélas ! Considérez l’état actuel
de la place de la Solidarité, à titre d’exemple
: cet espace, promis à être un joyau architectural de Chlef, est devenu un véritable dépotoir en plein centre-ville. On attendait
beaucoup d’une entreprise qui était chargée
de la tâche de rénovation de ce vaste espace
urbain mais, malheureusement, ses travaux
ont été interrompus, laissant la situation perdurer dans son état initial. A un autre niveau
se pose la question de l’observation du choix
des terrains appropriés pour la reconstruction
suivant les recommandations techniques qui
n’ont pas été respectées. Durant la période qui
a suivi le séisme, des colloques et rencontres
scientifiques ont été organisés à Chlef,
conjointement avec des organismes nationaux
et internationaux. Nous avons eu l’honneur
d’accueillir des experts Yougoslaves et autres
de réputation mondiale dont l’éminent vulcanologue Haroun Tazieff. Les conclusions tirées à la suite de l’étude de micro-zonation
ont établi que la ville d’El Asnam devrait être
reconstruite vers le Sud en direction de Sendjas, le terrain présentant des conditions favorables. C’est à dire comportant moins de
risques d’effondrement des édifices en cas de
séisme car le tracé de la faille sismique emprunte des lignes de propagation passant ailleurs, plus exactement en-dessous des berges
de l’oued Chelif, là où précisément a été reconstruite Chlef ( ?) alors que du temps où
l’APC était présidée par le maire M. Boudjaltia Djazouli, des recommandations formelles
ont été données pour ne pas édifier la ville sur
ces berges présentant des menaces futures.
Mais les autorités de wilaya de la période, du
temps du wali Saadani, en ont décidé autrement. Conséquence : beaucoup d’importantes
bâtisses, tels que des hôtels, de nombreuses
villas et édifices publics bâtis de façon anarchique, se trouvent sur un endroit défavorable
en cas de survenue de rudes secousses telluriques, Dieu nous en préserve.
avec, comme on dit et comme l’avaient recommandé les spécialistes-sismologues les
exhortant d’observer continuellement les règles préconisées lors de la survenue des tremblements de terre. Et là encore, c’est navrant
de constater la non-observation de ces mesures préventives pratiquement à tous les niveaux de la vie active. Combien sont-elles ces
communes, par exemple, prêtes à mettre à
exécution le plan ORSEC (organisation des
secours) en cas de nécessité ? Ce plan dont la
mise en œuvre a été recommandé aux collectivités locales à travers la wilaya, inventoriant
toutes les potentialités disponibles et mobilisant tous les moyens adéquats opérationnels
en cas de survenue de catastrophe naturelle,
semble aujourd’hui totalement inconnu. Au
plan de la sensibilisation, rappelle-t-on de
façon intermittente mais permanente, dans les
établissements scolaires, institutions de formation, instances publiques, etc., les règles
élémentaires de conduite en cas de séisme ?
On dit pourtant que la construction de
ces édifices s’est effectuée suivant des
normes parasismiques strictes. Ne pourraient-ils pas être préservés en cas de
séisme ?
Je vous l’ai déjà dit : ces constructions ont
été faites sur un terrain défavorable, en dessous d’elles se trouve un véritable terrain en
gruyère, ajouté à cela les rivières souterraines.
Voyez l’exemple de l’impressionnante nappe
d’eau qui a surgi des profondeurs du sous-sol
dans les environs de Boukadir, il y a quelques
années et qui a pratiquement inondé toute la
voie publique et ses alentours sur un vaste
rayon sans qu’on n’ait jamais pu savoir
jusque-là la présence dans ces parages de
telles quantités d’eaux souterraines ! Et dans
pareilles situations où le bâti s’est fait sur ces
zones à hauts risques, les mesures parasismiques ne seront pas d’un grand secours. Ces
mesures servent surtout à atténuer les impacts
des secousses telluriques en zones appropriées, c’est-à-dire les terrains convenants aux
constructions. Vous avez beau construire une
bâtisse sur un terrain glissant, avec l’observation de toutes les normes parasismiques possibles, tôt ou tard, en cas de forte secousse
sismique, l’édifice s’écroulera. Parce que,
comme signifié auparavant, la ligne de propagation de la faille sismique passe sous le
terrain où a été construite la bâtisse, épargnant
par conséquent le bâti sous lequel elle ne
passe pas. Voilà pourquoi vous avez des habitations qui s’écroulent et d’autres pas, alors
qu’elles peuvent être à quelques mètres de
distance. Et l’idéal dans tout cela reste, bien
sûr, la construction en zone appropriée,
comme délimité par la micro-zonation établie
par les spécialistes. Malheureusement, les recommandations pour la reconstruction de
Chlef vers le Sud n’ont pas été respectées,
comme signalé, et il y a lieu maintenant d’envisager les recours palliatifs en cas de séisme,
comme cela se fait dans les pays à travers le
globe concernés par la menace planante des
tremblements de terre périodiques.
Ce qui nous amène à aborder l’importante question de la sensibilisation et
prévention sur les risques sismiques.
J’allais en venir car tout est lié dans le
contexte précis de cette catastrophe naturelle
aux risques vis-à-vis desquels tous les Chélifiens se doivent de s’accoutumer en vivant
Il y a les services de la protection civile
qui organisent de temps à autre des journées de sensibilisation pour le signaler au
passage ?
Certes, les services de la protection civile
organisent périodiquement des journées de
sensibilisation, ce qui est louable, mais cela
ne suffit pas. Car la question concerne tous
les Chélifiens, du moins les jeunes qui se doivent d’être périodiquement conviés à des
exercices de simulations collectives comme
cela se fait au Japon et dans les contrées à
forte sismicité. Avec, bien sûr, la participation
des médias, notamment de la radio, l’organisation de conférences-débats, bref, c’est l’acclimatation à toute une toute une culture
spécifique de la vie avec le risque Par ailleurs, toujours dans ce contexte de la prévention, il y a eu beaucoup de recommandations
concernant les constructions d’édifices publics tels que les restaurants, hôtels, cafés,
etc., qui, en plus du respect des normes parasismiques requises dans leur construction, se
devaient de disposer de portes s’ouvrant vers
l’extérieur et non l’intérieur ! Car en cas de
catastrophe et de ruée massive des gens vers
la sortie hors de l’établissement, l’issue devrait être facilitée, dans cette éventualité, avec
justement des portes s’ouvrant vers l’extérieur, celles s’ouvrant vers l’intérieur pouvant
être naturellement bloquées par l’afflux des
paniqués se précipitant dehors. Inutile de
vous dire combien de propriétaires de ces établissements ou institutions publiques ont respecté cette recommandation élémentaire en
zone sismique. Je vous invite à aller vousmême faire le constat de vos propres yeux en
sillonnant les artères de la ville !
Quel est le constat des autres anomalies
que vous signalez ?
Considérez la rue Ibn Rochd (ex rue Dr
Bouteloup) en plein-centre-ville, sur les deux
côtés vous avez moins de cinq habitants à
droite et pas plus de trois à gauche. Où sont
donc passés les habitants de Chlef ? C’est un
véritable déracinement : on nous a imposé de
choisir entre la baraque et l’habitat dans les
bâtiments et logis marqués au vert et comme
les citoyens étaient sous l’emprise de l’angoisse ils ont naturellement opté pour les chalets. Ils ne pouvaient savoir que leurs habitats
en dur allient être squattés illégalement par
des débarqués de dernière minute, certains
élus leur ayant facilité l’utilisation de ces appartements en locaux commerciaux, bureaux
ou cabinets médicaux, etc. Résultat : la ville
sans résidents ou foyers familiaux se vide tôt
le soir, la majorité des gérants des locaux
commerciaux rentrant chez eux hors de Chlef.
Si bien qu’à 18h, Chlef devient une ville sans
âme et à ce jour le problème du transport
après l’heure indiquée se pose avec acuité.
Pourquoi en est-on arrivé à cette situation
qu’on pouvait pourtant éviter avec un peu de
perspicacité dans le traitement managérial des
questions d’ordre urbanistique ? Et que dire
de la concertation démocratique dans les
prises de décisions importantes ayant grandement fait défaut aux responsables et élus
concernés de la période ? Ils s’étaient précipités dans le règlement de cette problématique sans songer aux conséquences à venir et
aujourd’hui on paie le prix de ces hâtes. Tout
ce qu’on espère, à présent, c’est que les hauts
responsables daignent bien se pencher sur la
situation de cette «cité» sans âme , les aménagements se faisant dans la périphérie alors
que son centre-ville grouille d’activité pour
se retrouver le soir plongé dans une atmosphère lugubre de véritable ville-fantôme, dirait-on ! Chlef vaut bien une prière»,
estimons-nous en tant qu’humbles citoyens,
c’est surtout pour le devenir de ses enfants qui
nous préoccupe tant. La raison pour laquelle,
nous gardons bon espoir pour que toutes les
bonnes volontés se conjuguent, responsables,
élus et citoyens, afin que la ville puisse être
au diapason des autres villes animées du pays
dans un proche avenir Inchallah.
Quelque chose de particulier à dire M.
Hadj Benbouali ?
Je tiens seulement à rendre hommage aux
chers disparus de la ville et qu’il est vrai que
la meilleure façon de leur rendre hommage
c’est de reconstruire comme il se doit la région. Ce qui permettra d’augurer de meilleurs
espoirs pour la génération montante. Il y a
lieu de rendre un vibrant hommage, également, à tous ceux qui ont participé aux sauvetages et à l’assistance des sinistrés en 1980,
qu’ils aient été du pays ou de l’extérieur. A ce
propos, je me souviens d’une dame venue de
Zurich avec des chiens dressés dans la recherche des victimes ensevelies sous les décombres.
Ces formidables bêtes pénétraient par de
petites brèches sous les décombres d’où elles
ressortaient au bout de quelques instants pour
signaler à leur maitresse avec des aboiements
ce qu’ils ont découvert. Cette dernière signifiait alors aux services de secours qu’il y avait
sous les décombres tel nombre de morts ou
tel nombre de vivants encore, en fonction de
l’interprétation faite des aboiements des
chiens dressés pour la circonstance. Pour la
petite histoire, quelques heures avant le
séisme du 10 octobre 1980, dans notre foyer,
le chien domestique n’a cessé d’aboyer et des
perruches s’agitaient tout autant sans fin.
Mon défunt père m’avait fait part que les
bêtes ont certainement pressenti quelque
chose, n’ayant jamais été dans cet état.
J’appris plus tard, que les bêtes sont sensibles aux ultra sons et c’est pourquoi nombre
de peuplades vivant en zones à hauts risques
y ont eu naturellement recours dans la prévention des risques sismiques. Comme quoi, tous
les moyens sont bons pour assurer la continuité de la vie et son épanouissement. Espérons que pour ce qui concerne le devenir de
Chlef, de sa wilaya et de ses enfants, Dieu le
Tout Puissant Miséricordieux fasse qu’elle
saura se retrouver dans la voie du progrès et
de l’évolution positive, à l’instar de ses autres
wilayas sœurs de notre chère Algérie.
Propos recueillis par Mohamed Ghriss
12
Numéro 45
Du 15 au 21 octobre 2014
Numéro 45
Du 15 au 21 octobre 2014
Dossier
BOuJALtIA DJAzOuLI,
ANCIEN PréSIDENt DE L’APC DE ChLEF,
CADrE SuPérIEur DE L’EtAt EN rEtrAItE :
«Nous continuons à ignorer
les leçons du passé»
Le 10 octobre 1980, l’ASO devait affronter l’USM El Harrach sur son terrain de Mohammedia. Quelques heures avant la rencontre, le moudjahid Mohamed
Benayad dit Ayad proposée au membre du comité directeur de l’ASO une visite au cimetière des martyrs d’El Alia pour leur montrer les tombes des chahids
Sahli et Mekkaoui. Au moment où le groupe était en face des tombes, écoutant les explications du moudjahid sur leur parcours révolutionnaire, une violente
secousse survient, faisant tressaillir de peur tous les présents. Tout un chacun se demandait ce qui se passait. Ils sortent du cimetière et voient des gens sortir
des immeubles en criant : «Ezzenzla, ezzenzla» (c’est un séisme, c’est un séisme). La suite est racontée par M. Djazouli dans ce témoignage recueilli le vendredi 10 octobre 2014, à 9h du matin, soit 34 ans jours pour jour après la survenue du séisme dont il parle ci-après.
«Nous sommes sortis du cimetière mais nous
n’avions pas fait cas du séisme, pensant qu’il était
circonscris à la seule région d’Alger où rien de
sérieux ne s’était passé. Mais, pour en avoir le
cœur net, j’ai dû demander au gérant d’une station
d’essence de me permettre de téléphoner, je voulais avoir des nouvelles d’El Asnam. Le gérant a
accepté après que je lui ai montré mes documents
d’identité -j’étais premier adjoint au maire d’El
Asnam et j’assumais les fonctions de président de
l’ASO, d’où mon déplacement à El Harrach. Mais
j’ai eu beau essayer, je n’ai pu joindre aucun numéro. J’ai téléphoné chez moi, chez des amis,
chez des membres de ma famille, j’ai voulu
contacter d’autres élus, des responsables, rien n’y
fit, ça ne passait pas. J’ai appelé le garage Slimani, le cercle de l’ASO, c’était pareil. Les lignes
étaient apparemment coupées.
Pendant ce temps, les joueurs étaient au stade
parce qu’ils devaient débuter la partie à 14h30 ou
15h. Quand je suis entré aux vestiaires, les
joueurs m’ont harcelé de questions. Le premier,
Fodhil Megharia, voulait savoir ce qui se passait
à El Asnam. J’ai répondu que j’ai téléphoné au
garage Slimani et qu’on m’a rassuré sur le fait que
tout allait bien et qu’il ne s’est absolument rien
passé. En réalité, j’ai menti car je n’avais aucune
nouvelle. Je ne voulais pas non plus les induire
en erreur. C’était une lourde responsabilité.
Ce jour-là, l’ASO a disputé un match exceptionnel, d’autant qu’elle était constituée d’éléments
de valeurs pouvant jouer les premiers rôles en
championnat. Il y avait Maaziz, Bellili, Megharia,
Belgharbi, Meksi, Bouhella, Hamouni… C’était,
de l’avis de tous, une très bonne équipe. On a terminé la première mi-temps par une nette victoire
de deux buts à zéro et on a terminé la partie par 2
buts à 1.
Avant la rencontre, le président d’El Harrach, M.
Manaa à l’époque, nous a conviés à une réception
qu’il devait organiser en notre honneur à la fin de
la partie. Nous avions de très bonnes relations
avec cette équipe qui, je le rappelle aux supporters, nous a évité la relégation.
A la fin du match, nous avions donc été conviés à
cette réception, mais, entretemps, dans les tribunes, des supporters Asnamis avaient appris la
nouvelle par le biais de Radio Monte Carlo qui a
annoncé à plusieurs reprises dans ses bulletins
qu’El Asnam venait d’être rasée par un violent
séisme. Plusieurs d’entre eux sont venus me voir
pour me l’annoncer. J’ai décidé donc de ne pas
aller à la réception et de rentrer rapidement à El
Asnam.
Nous avons roulé normalement jusqu’à El Affroun. J’étais dans la voiture de feu Djilali Zitouni, un fervent supporteur de l’ASO qui nous
ramenait souvent des tenues de France où il est
décédé dans des circonstances douloureuses,
Allah yarahmou. En écoutant RMC, nous avons
appris que la ville d’Al Asnam a été détruite à
80%. C’est à El Affroun que nous avions mesuré
l’ampleur du drame qui venait de se jouer. Nous
avons fait circuler la nouvelle parmi les joueurs
qui nous suivaient dans plusieurs voitures et c’est
ainsi que nous avons foncé à vive allure sur El
Asnam.
A notre arrivée à Khemis Miliana, nous avons
rencontré des gens d’El Asnam. Parmi eux, Djilali
Bessoulal, un ancien moudjahid qui avait des
beaux-parents à El Khemis, nous a déconseillés
de rentrer chez nous, expliquant qu’il ne restait
pratiquement aucun survivant. C’était l’affolement. On a pensé à l’apocalypse, que toute la ville
a été engloutie… Chaque fois qu’on avançait, on
rencontrait des gens de notre connaissance. Nous
avons croisé le directeur de l’Hydraulique qui
était dans sa voiture en famille. Nous lui avons
fait signe de s’arrêter. En s’approchant de lui, j’ai
remarqué qu’il portait un slip. Dans la précipitation, il n’a pas eu le temps de s’habiller décemment. Lui aussi nous a dissuadés de partir sur El
Asnam car, disait-il, «il ne reste plus rien.» C’était
un moment horrible. L’angoisse devenait très
forte. Nous commencions à friser la dépression.
On a failli perdre la raison.
Après consultation, nous avons décidé de rentrer
à El Asnam, quoi qu’il nous en coûte. Quand nous
sommes arrivés à El Attaf, nous avons vu des bâtiments debout, des maisons aussi. Nous nous
sommes dits : si c’est ainsi à El Attaf, c’est qu’il
y a de l’espoir de trouver des bâtisses intactes à
El Asnam, qui est éloignée d’ici de 30 km seulement. L’espoir commençait à renaître. A Oued
«
Sous les bâtiments,
j’entendais
des gémissements, des cris et
des appels au secours. C’était
atroce. Des gens couraient
dans tous les sens pour porter
secours aux victimes. Ils
avaient quelques pioches,
quelques pelles, autant dire
pas grand-chose pour
soulever les dalles et les
poutres sous lesquelles étaient
coincées des familles entières.
Certains ont ramené des crics
de véhicules, mais ça n’a
servi absolument à rien.
»
Fodda, l’espoir renaissait de plus en plus… Nous
sommes arrivés aux environs de 18h30 – 19h à El
Asnam, il faisait presque nuit. A l’entrée de la
ville, nous avons vu des bâtiments debout, la station de Boudjemaa n’était pas touchée... Pourquoi
nous a-t-on dit alors que la ville est totalement ?
Mais en avançant, nous avons découvert la triste
réalité : l’immeuble Saugon n’était qu’un amas
de ruines. Je me suis dirigé vers les bâtiments
Baudouin où j’habitais lesquels étaient situés dans
l’ex-rue pasteur. L’immeuble où se trouvait mon
appartement s’est penché comme la tour de Pise,
il s’est incliné de 30° mais n’est pas tombé. D’autres bâtiments à côté se sont effondrés. Des voisins sont morts, «Allah yarhamhoum». Mon
épouse et mes enfants étaient partis plus tôt chez
les grands-parents parce qu’ils devaient assister à
un mariage, c’est comme ça qu’ils ont été épargnés. Mais il y avait d’autres parents qui ont été
ensevelis. Je suis parti à leur recherche et j’ai
constaté qu’il n’y avait plus rien à faire pour eux.
Sous les bâtiments, j’entendais des gémissements,
des cris et des appels au secours. C’était atroce.
Des gens couraient dans tous les sens pour porter
secours aux victimes. Ils avaient quelques
pioches, quelques pelles, autant dire pas grandchose pour soulever les dalles et les poutres sous
lesquelles étaient coincées des familles entières.
Certains ont ramené des crics de véhicules, mais
ça n’a servi absolument à rien.
Avec le recul, nous nous sommes dit que nous
n’étions pas préparés pour affronter une telle catastrophe. Il y a une image qui m’a marqué ce
jour-là : au moment où je trouvais dans un site,
où les gens étaient sous les décombres, j’ai commencé à parler avec quelqu’un. Il m’a reconnu au
timbre de ma voix. Il s’est écrié : «Ah, c’est toi
Djazouli ? S’il te plaît, ne m’abandonne pas.» Je
lui ai dit : «Qui es-tu ?» Il me répondit : «Je suis
Dilmi Bouras.» C’était un ancien moudjahid qui
assumait aussi les fonctions de maitre d’éducation
physique et sportive ; il était avec moi au comité
directeur de l’ASO. Il me suppléait de faire
quelque chose pour lui. Sous les mêmes décombres, gisaient mortes ma cousine et sa fille qui habitaient le même immeuble que Dilmi Bouras. On
a ramené un gros cric de véhicule, on s’est
acharné contre de grosses poutres mais c’était impossible à soulever… Je vous épargne le reste.
Je suis parti par la suite à la Ferme voir mes enfants chez mes beaux-parents qui possédaient un
verger. Ils étaient sains et saufs. Cela m’a rassuré.
Par la suite, je me suis présenté au siège du commandement de la gendarmerie nationale. C’était
le seul centre qui est resté debout et c’est là que
s’est constitué un centre de commandement provisoire improvisé par les autorités locales. Il y
avait à l’époque le wali, M. Mustapha Maghraoui,
intellectuel et cadre de valeur, le commandant de
la gendarmerie et le ministre de l’Intérieur, M.
Boualem Benhamouda, arrivé quelques heures
plus tôt par hélicoptère d’Alger. Le commandement était installé sous une petite tente. J’y ai rencontré aussi feu Belkacem Chorfa, le maire d’El
Asnam, et Laïd Moulfi, président de l’APW. Il y
avait aussi les responsables de la wilaya, parmi
eux le secrétaire général, parce qu’une partie de
la wilaya s’est effondrée. Même le wali a été légèrement blessé, si mes souvenirs sont bons.
Qui est Boujaltia
Djazouli ?
Natif de Medjadja, Boujaltia Djazouli est connu
pour être un mordu de l’ASO, l’équipe locale qu’il
a dirigée un moment. Il avoue être entré dans le
comité de ce club mythique accidentellement
presque. L’équipe ayant besoin d’un trésorier. M.
Djazouli, alors contrôleur des impôts, venait juste de
subir une formation à l’école d’application finances pour accéder au grade d’inspecteur,
fonction qu’il occupera parallèlement à son activité de trésorier du club de la ville. Il travaille à Alger
pendant une année et revient comme receveur
des impôts à la commune d’El Asnam. «Je gérais
la commune sur le plan financier et il y avait à
cette époque des maîtres dont le regretté cheikh
Benali qui était le président de l’APC à l’époque et
qui était un de mes instituteurs de français parce
qu’il enseignait au cours complémentaire. Avant
lui, il y avait Cheikh Djabbour qui a succédé à
cheikh Bouzid Ali qui a été le premier président de
la délégation spéciale d’El Asnam et qui est devenu par la suite secrétaire général du ministère de
la Jeunesse et des Sports. Je me suis formé à leur
contact. Le secrétaire général de la mairie de
l’époque, qui était hadj Brahim Senouci, avait pris
sa retraite. J’étais à ce moment inspecteur vérificateur. Et également commissaire aux comptes de
deux entreprises de wilaya avec Si Youssef, ex-wali
d’Aïn Defla. La mairie n’avait pas de S.G.
Le wali, M. Ghrib, m’a appelé et m’a proposé de
me porter candidat pour être vice-président
chargé de l’administration et des finances. Etant
connu par les supporters de l’ASO et aimé d’eux, il
savait que j’allais être élu haut la main. Et c’est
comme ça que j’ai été élu avec le plus grand
nombre de voix. Il y avait parmi les élus feus Belkacem Chorfa et Bouaïssi, qui ont fait beaucoup pour
la commune. Je me suis contenté du poste de premier vice-président alors que M. Chorfa est passé
président de l’APC. Cinq années plus tard, j’ai été
élu président de l’APC à mon tour. Quand j’ai terminé mon mandat, je suis revenu aux Impôts, et
j’occupais le poste d’inspecteur-vérificateur principal. Deux ans après, j’ai été nommé directeur
des Impôts à Blida. Quatre années plus tard, j’ai
été promu comme directeur des Impôts à Alger,
j’ai pris l’une des plus grandes directions des Impôts
du pays. J’ai dirigé cette institution pendant 6 ans,
assurant même l’intérim de deux directeurs régionaux. Je devais être promu comme directeur central chargé de l’administration et des moyens au
niveau de la direction générale des impôts. Finalement, le DG des Impôts, qui a été promu directeur
général des Douanes algériennes, m’a fait appel
et c’est ainsi que le poste que je devais occuper à
la DG des Impôts, je l’ai occupé aux Douanes. J’ai
passé environ 8 ans dans cette institution avant de
faire valoir mes droits à la retraite à l’âge de 66 ans.
Ce que j’ai fait pour la ville de Chlef, je ne le regrette pas car j’aime ma ville, je ne l’ai jamais
quitté, je passe tout mon temps à Chlef, même
dans les périodes de canicule en été. Je suis toujours en contact avec mes amis, mes anciens camarades de classe, mes voisins, etc. Je vis à Chlef
et je ne peux m’en passer. Je suis à Medjadja, à 13
km, et ma famille est venue s’établir à Orléansville
en 1953. Il y avait le cousin de mon père qui était
instituteur, qui a insisté auprès de mon père de
venir s’établir en ville pour notre bien. C’est lui qui
nous a fait scolariser et c’est ainsi qu’a pris forme
ma vie.
Et le seul point où l’on pouvait communiquer
avec l’extérieur, c’était la station hertzienne
qu’on appelle à ce jour le «Radar». On se
branchait depuis cette station pour communiquer avec Alger.
Il faut rappeler que la première nuit, les gens
se sont débrouillés comme ils ont pu, et pratiquement tout le monde a passé la nuit dehors,
à la belle étoile.
Le commandement provisoire a décidé de mesures urgentes consistant en la désignation de
sites pour installer des tentes et permettre aux
sinistrés de regrouper leurs familles. Je me
suis porté volontaire pour créer le premier site
dans la petite forêt de Zebboudj. C’était le premier camp de toile. On a ensuite commencé à
parler des stades de la Ferme, de Bocca Sahnoun… pour y installer des campements provisoires.
Le lendemain, l’affolement était à son paroxysme. A l’état psychologique désastreux de
la population sinistrée et à l’anarchie qui s’est
installée, sont venus s’ajouter les dizaines
d’engins ramenés de toutes parts qui bloquaient carrément la circulation. Il était impossible de se déplacer. Les ambulances
étaient coincées. Rien ne pouvait entrer ou
sortir de la ville. Les moyens qui étaient sur
place ont servi à secourir des connaissances.
Un exemple : l’équipe de secours japonaise
s’est dirigée vers l’hôtel «Le Chéliff» où ont
été ensevelis quelques ressortissants nippons.
Certains sauveteurs algériens ont utilisé ces
engins pour porter secours à leurs parents et
amis. C’était l’anarchie totale alors qu’il y
avait des dizaines de gens qui criaient sous les
décombres. Nous étions dépassés et complètement désorientés. Comme beaucoup de gens
de la ville, j’avais des parents, des amis et des
connaissances qui ont péri. C’était un choc
difficile à supporter. Je ne savais plus où donner de la tête. C’était pareil pour les autres
élus et responsables locaux.
La décision a été prise de bloquer les engins
aux environs de la ville. Mais cela a compliqué davantage les choses puisque ces engins
empêchaient les secours d’accéder à la ville.
On s’est dit, au niveau du poste de commandement, qu’il était impossible de gérer les secours de cette manière. Des officiers
supérieurs de l’ANP et des cadres de la direction générale de la sûreté nationale nous
avaient rejoints au PC. Le second jour, il a été
décidé de placer la région sinistrée sous le
commandement de M. Salim Saadi, ancien officier de l’armée, à l’époque ministre de
l’Agriculture, pour prendre en main la situation. C’est lui qui a mis les premiers jalons de
l’organisation des opérations. L’aérodrome
militaire de Kouasmia a été réquisitionné pour
évacuer les blessés graves et recevoir les secours, le service des ambulances a été réorga-
nisé de façon à évacuer les blessés pouvant
supporter le voyage par route vers les hôpitaux à l’ouest et à l’est d’El Asnam. A ce sujet,
il nous a été signalé beaucoup de cas de gens
qui ont disparu lors de leur transfert d’Al
Asnam, dont de nombreux enfants. Je ne veux
pas citer de nom parce que je ne veux pas réveiller d’anciennes souffrances et douleurs.
On a commencé à installer des tentes à Zebboudj par les unités militaires ; chaque fois
qu’on dressait quatre ou cinq tentes, on y mettait des familles. Parfois, deux familles dans
une même tente. Nous devions aller vite car
la situation de la population sinistrée se dégradait à vue d’œil.
D’autant que cette année-là, nous avions eu
un hiver précoce. Un froid terrible s’est abattu
sur la région ainsi que des pluies diluviennes.
Je dois rappeler aussi que beaucoup de familles se sont prises en charge en utilisant des
matériaux hétéroclites pour se construire des
abris. Des pères de famille ont ramassé des
couvertures, des tôles en zinc, des madriers et
pleins d’autres choses pour ériger des abris
précaires dans les jardins publics et les espaces verts.
Mais, après trois jours, on s’était rendu
compte que nous tournions en rond et que la
situation allait de mal en pis. Nous n’arrivions
pas à maîtriser la situation. Lors de sa visite,
le Premier ministre, à l’époque feu Ahmed
Benahmed Abdelghani, a expliqué qu’il fallait
prendre des mesures radicales et mettre la
zone sinistrée sous commandement militaire.
Il fallait en effet mettre un terme à certaines
choses inadmissibles comme les vols perpétrés dans les maisons abandonnées par leurs
occupants. C’est ainsi que feu Benabes Gheziel, à l’époque colonel de l’ANP et directeur
du Service national, a été désigné responsable
de la région sinistrée.
Dès son installation, il a instauré une rigueur
militaire dans la conduite de toutes les opérations de secours et d’organisation de la vie des
sinistrés. L’une des premières décisions a été
d’instituer un tribunal pour juger les auteurs
de vols car le phénomène devenait inquiétant.
A l’époque, nous avions laissé courir le bruit
que des pilleurs avaient été exécutés par des
pelotons militaires, nous l’avons fait pour dissuader les voleurs. Même feu Benabès Gheziel a déclaré qu’il y a eu exécution, mais
c’était pour faire peur à toute personne tentée
par le pillage.
Le colonel avait instruit ses troupes d’installer
un hôpital de campagne à Mouafkia, les plus
grands chirurgiens de l’armée ont été réquisitionnés. Parallèlement, le centre de formation
administrative a été transformé en hôpital
civil. A ce propos, je souligne que le personnel
de la Santé a été admirable, travaillant jour et
nuit et pratiquement sans relâche. Ce personnel intervenait partout, s’occupant à la fois des
soins, des évacuations et des enterrements. Il
y avait tellement de morts que ce personnel
était mobilisé tout le temps.
Je me souviens qu’il y a eu beaucoup de morts
dans le grand hôtel du Chéliff. Il y avait beaucoup d’inconnus. A l’époque, ces victimes
avaient été photographiées avant d’être inhumées au petit cimetière de Sidi Yahia Bouallache, au sud de la ville, où il y avait assez
d’espace pour creuser des fosses communes.
Mais lorsqu’on a développé les films, il s’est
avéré qu’ils étaient périmés. A cause de cette
négligence qui a mis le commandant de la
zone sinistrée dans une colère noire, nous
n’avons pu identifier à ce jour les victimes. Il
y avait parmi elles des gens d’El Asnam, je
crois qu’on a enterré quelque 200 à 250 personnes dans ces fosses communes.
L’endroit le plus affecté en ville, c’était bel et
bien la cité En Nasr, où il y a eu beaucoup de
victimes, il y avait aussi l’immeuble Benali où
il n’y a eu que quelques rescapés, le groupe
scolaire, l’immeuble Saugon ainsi que les bâtiments de la Bocca Sahnoun qui ont été vraiment très touchés.
Avec le temps, nous nous sommes rendu
compte que les constructions avaient été érigées dans des endroits où il ne fallait pas
construire. D’abord, il y avait des terrains
meubles, où il y a des nappes d’eau et des
sources, voire des rivières souterraines. On a
également construit sans fondations appropriées. Quand on est passé avec les experts
étrangers, on a constaté que les matériaux utilisés ne répondaient pas aux normes. On a
trouvé du tout-venant au lieu du gravier, et des
galets ronds à la place du gravier dans les piliers en béton… Où étaient les contrôleurs à
cette époque ? Où étaient les services tech-
13
niques de suivi ? Pourquoi n’avait-on pas
construit selon les normes parasismiques du
moment qu’on avait connu déjà un tremblement de terre en 1954 ? Comment a-t-on eu
l’idée de construire dans des zones pourtant
considérées comme inconstructibles parce que
très sensibles au tremblement de terre ?
C’était inadmissible et je pense qu’à ce jour,
nous n’avons pas retenu de leçons des expériences passées.
J’ouvre une parenthèse pour dire qu’on continue à construire sans tenir compte des deux
leçons passées, c’est-à-dire le séisme de 1954
et celui de 1980.
Chlef, pour que vous le sachiez, a été scindée
en 3 zones distinctes : la zone une, très sensible au séisme, concerne les berges du Chélif,
la zone deux, un peu moins sensible qui englobe l’actuel centre-ville et la zone trois,
moins sensible encore, qui se situe au sud de
la ville de Chlef. Chacune de ces zones a ses
propres normes de construction. Aujourd’hui,
on s’est amusé à construire le long des berges
de l’oued Chélif, alors que les terrains sont
meubles et que les constructions exigent l’utilisation de techniques très coûteuses.
Même si vous mettez un radier, il arrivera un
jour où ce dernier va bouger et faire incliner
la construction qu’il supporte. Demain, vous
allez construire un hôtel qui va finir par pencher. Est-ce que vous allez continuer à l’exploiter ? Cela veut dire que nous n’avons pas
retenu les leçons et que nous n’avons pas utilisé les normes qui nous ont été prescrites par
d’éminents spécialistes internationaux.
Je peux vous dire une chose : dans les premiers temps, l’Etat nous a énormément aidés,
le président Chadli Bendjedid s’est déplacé au
moins 7 fois à Chlef pour s’enquérir de l’état
d’avancement des opérations de reconstruction ; c’est ce qui nous a davantage motivés
pour la poursuite de notre mission. L’Etat
avait diligenté des experts internationaux pour
aider à mieux entreprendre la reconstruction.
Il y a eu d’abord détermination de toutes les
erreurs commises en matière d’urbanisme et
de construction, ensuite un lever topographique par satellite qui a servi à déterminer
avec précision par où passait la faille sismique.
Cette opération a servi de base au lancement
d’une étude de micro-zonation minutieuse qui
a permis d’identifier la nature des terrains de
l’ensemble de la région à partir de laquelle on
a réalisé un plan d’occupation des sols. Cette
étude de micro-zonation a pris au moins deux
ans et ses conclusions ont été rendues un an
plus tard. Cette étude se trouve au niveau de
tous les services techniques de la wilaya de
Chlef.
Malheureusement, on n’a pas tenu compte de
cette étude dont on a certainement oublié
l’existence avec le temps. Pourtant, ces études
effectuées en amont ont coûté des sommes faramineuses au Trésor public. Et au lieu d’imposer les règles, d’être strictes et autoritaires
concernant les normes de construction, parce
que cela sert, faut-il le souligner, à protéger
les habitants, on a laissé faire, certains responsables ont même cru qu’ils pouvaient se substituer aux ingénieurs, architectes et
techniciens. On a fait entrer les sentiments et
les considérations populistes et ça a donné la
catastrophe actuelle. Chlef est devenu un gros
village, sans âme, sans aucune vocation, c’est
une ville qui va à la dérive.
Je souhaite que les responsables hautement
placés s’intéressent au sort de cette ville et de
lui donner une âme pour lui permettre de
vivre. Il faut qu’elle renaisse de ses cendres,
comme le sphinx. Nous avons les moyens,
nous avons les hommes et nous avons cette
volonté de réussir. Il ne faut pas perdre de vue
que le tremblement de terre est une donnée
perpétuelle à Chlef, il revient de manière cyclique, et il ne faut pas donc pas qu’on sacrifie
les générations à venir. Nous avons une lourde
responsabilité envers elles. Même si nous ne
sommes pas directement concernés par la gestion de la ville, il nous appartient d’alerter,
d’attirer l’attention, de tirer la sonnette
d’alarme sur ce qui est en train de se faire. On
peut corriger le tir car il n’est jamais trop tard
pour bien faire.
Un dernier point que je voudrai soulever :
dans le contexte de la reconstruction, nous
n’avons pas le droit de toucher aux terrains
agricoles ; la réalisation des nouvelles villes
devrait se faire dans les zones appropriées,
loin des terres arables. Or, malheureusement,
c’est l’inverse qui se produit.»
Propos recueillis par Ali Laïb
14
Numéro 45
du 15 au 21 octobre 2014
soCiété
LA viLLe s'est AgrAndie dePuis sA Promotion Au rAng de chef-Lieu de wiLAyA
Le stationnement devient
problématique à Aïn Defla
Les habitants de la ville d'Ain Defla se posent toujours les mêmes questions : à quand la résolution du problème de stationnement et à jusqu'à
quand va-t-on tolérer l'encombrement des rues. Toute la journée durant, la ville est littéralement inondée de voitures, ses rues sont saturées et ses
trottoirs ne suffisent plus pour le stationnement.
A
genre d'activité, d'autant qu'ils
n'ont aucun respect vis-à-vis des
automobilistes, devenus une
"clientèle" bonne à déplumer.
Nous savons pertinemment qu'il
existe beaucoup de voitures alors
que la morphologie de la ville n'a
guère changé.
Il n'y a pas eu réalisation de parkings et d'aires de stationnement,
seules quelques administrations se
sont arrangées pour leurs employés
puissent se garer sans encombre
dans des lieux qu'elles ont squattés.
On se demande ce qu'il adviendra
de la situation d'ici quelques années si l'on n'arrive pas à trouver
une solution radicale aux deux pro-
lors, des parkings sauvages émergent ici et là,
voire un peu partout à travers la cité. Rues, ruelles, espaces
de dégagement sont squattés par
des jeunes qui font office de gardiens de parking. Ce sont habituellement des jeunes personnes tenant
généralement un bâton et arborant
des gilets fluorescents. Certains se
sont même fait confectionner des
badges pour prouver qu'ils sont autorisés à exerceer cette fonction par
la mairie.
Leur attitude un peu burlesque,
voire bizarre, ne reflète en aucun
cas qu'il s'agit vraiment de personnes autorisés à pratiquer ce
blèmes. A cause du manque d'espaces dédiés au parking, les automobilistes tournent en rond pour
enfin des heures durant dénicher
une petite place où garer leur voiture.
Des situations comme celles là
perdurent et peuvent également
créer des tensions entre automobilistes et surtout avec ces gardiens
d'autos.
Dès fois, les conducteurs paient
4 à 6 fois le stationnement. Faire
perdurer cette situation équivaut à
vouloir délibérément favoriser l'encombrement et créer des problèmes insolubles aux citoyens.
Djilali Deghrar
ProPos de citoyens :
Abderrahmane Bouri,
retraité :
Lahcen Roudali,
fonction libérale :
Mohamed Benhedli,
retraité :
Youcef Amokrane,
retraité :
"Nous vivons
une époque
certes, difficile,
mais le problème
du stationnement
doit être réglé de
manière définitive. Cela va
donner aux usagers de la route
la possibilité d'utiliser leurs véhicules et régler leurs problèmes de déplacements sans
encombres, ni frais supplémentaires. A Aïn
Defla, il existe des opportunités pour arriver
à régler cette situation. Par exemple la création du stationnement pair et impair, la
construction et réalisation des parkings à
étage, développer et multiplier les aires de
stationnement…"
"Le phénomène des
parkings sauvages au niveau de nos
rues commence à
prendre des
proportions
alarmantes,
les gardiens
nous agressent littéralement avec
leur bâton et
certains comportements répréhensibles.
Cela ne doit plus avoir cours, il faut que
cessent les fréquents heurts entre automobilistes et ces gardiens de véhicules."
"Une place de
stationnement assurée est un rare
privilège de nos
jours. Là où on
va, on est harcelé
pour le stationnement et surtout
pour trouver une
place moyennant
à chaque stationnement un payement de 30 DA. Certains qualifient cela comme une forme de mendicité
moderne. Chaque jeune dans son quartier ou au
niveau de la rue d'à côté devient automatiquement responsable du gardiennage des voitures.
On remarque même des adolescents entre 10 à
17 ans en train de s'adonner à cette pratique.
Où allons-nous comme ça !"
"De nos
jours, on vit
des situations difficiles
concernant
le stationnement et
l'encombrement. On se
demande
d'ailleurs
qu'est-ce
qu'il adviendra dans deux ou quatre années. La relation avec les gardiens de parkings laisse à
désirer à cause de leur comportement un
peu étonnant."
Propos recueillis par Djilali Deghrar
des PrAtiques étrAnges ont Pris forme dAns Leurs ALentours
Cimetières ou espaces commerciaux ?
L
es cimetières ne sont plus ce qu'ils
étaient. Ils ont perdu leur sacralité,
devenant des lieux où l'on peut remarquer des phénomènes étranges aux yeux
de beaucoup de citoyens. Aucune religion
d'ailleurs ne peut tolérer certaines pratiques
qui ont pris forme à l'intérieur et autour de
ce que tous comme des lieux pour le repos
éternel et donc à respecter au plus haut
point. Or, que voyons-nous aujourd'hui aux
alentours des cimetières de la région de
Chlef -et je suppose dans les autres régions
du pays- si ce n'est cette tendance à les
transformer en espaces commerciaux, au
mépris de la morale et des règles élémentaires de savoir-vivre ? En effet, il nous a
été constaté de voir des personnes vendant
des sucreries, des bonbons, voire des jouets
pour enfants outre des vêtements… Cela
sans compter le fait que les pourtours des
cimetières sont devenus des parkings
payants gérés par quelques individus à la
mine patibulaire qui exigent de tout conducteur de payer entre 20 et 30 DA les "droits"
de stationnement. Cela évidemment se fait
au vu et au su des services de sécurité dont
le rôle est, justement, combattre avec la
force de la loi ce genre de pratiques malsaines. Les vendredis et les jours de fêtes
religieuses, à l'exemple de l'aïd ou
"achoura", les "droits" de stationnement
flambent pour atteindre les 50 DA. Et gare
à celui qui refuse de payer, il risque de voir
son pare-brise voler en éclats ou une de ses
roues crevée par un objet pointu.
Autre phénomène auquel il faudrait trouver une solution, c'est l'envahissement des
cimetières par des nuées de mendiants qui
bloquent carrément les accès et les sorties
et qui sont à quémander quelques pièces de
monnaie du matin au soir. Il est impossible
de les éviter tant leur technique de "chasse"
est bien rôdée.
Lors de notre tournée à travers deux cimetières de Chlef, nous avons remarqué que
plusieurs tombes ont été profanées, des inscriptions taguées, voire brûlées pour on ne
sait quelles raisons. Faut-il organiser un service de sécurité pour la protection des cimetières pour éviter de voir se répéter pareils
actes ? C'est à y réfléchir sérieusement.
Ibtissem Medigue
Vécu
L'inconfort du train chlef-Alger
J
e voulais, à travers ce témoignage,
parler de nos voyages par train de
Chlef vers Alger et vice-versa. Je
parle exactement de celui qui démarre de
Chlef vers Alger à 5h30 du matin et celui
qui part à 17h d'Alger à Chlef. Il y a des
matinées ou l'on voyage dans le noir, vous
pouvez être en face de votre voisin sans le
savoir ! Mystérieusement, il n'y a dans les
wagons aucune lumière. Si jamais vous
avez prévu de lire ou de travailler pendant
les trois heures du trajet, attendez le lever
du soleil ! Mais, dans le même temps, on
ne peut pas dormir, on est obligé de rester
éveillé tout au long du voyage car il y a
des cafards partout, par terre, sur les
sièges, sur les radiateurs, autour des poubelles... En hiver, on gèle de froid et en
été, quand survient une panne de climatisation, ce qui est souvent le cas, on suffoque. Et si on parvient à ouvrir les vitres,
on risque d'avaler des quantités énormes
de poussières. Le voyage dure en moyenne
trois heures et peut aller jusqu'à six heures,
voire davantage quand il y a des pannes.
Alors, pendant toute cette durée, vous ne
trouverez pas un bonbon à mettre sous la
dent ou une goutte d'eau pour apaiser votre
soif. Et si par malheur vous êtes pris d'une
envie pressante, allez voir les sanitaires et
vous oublierez votre besoin illico presto !
Même un incontinent urinaire se retiendra
en découvrant l'insalubrité de l'endroit !
Sans parler de l'état de propreté des sièges
qui laisse à désirer, les poubelles qu'on ne
peut pas utiliser à cause de leur état infect… Je me demande ce qu'on paie au
juste dans ce train ? Et l'on se demande
pourquoi, au niveau de la direction de la
compagnie de chemin de fer, il est des
gens, plein de gens, qui se demandent où
est passé l'autorail. C'est, assurément, à ne
rien y comprendre.
A. A.
Numéro 45
Du 15 au 21 octobre 2014
15
PATRIMoINE
CHeIkH SI eL-DjILLALI BeN ABDeLHAkeM ATBA BeNATBA
Un érudit de renom
Il était l’un des illustres savants et théologiens que comptait la région du centre-ouest du pays en s’imposant, durant toute sa vie, dans
le paysage du savoir. Né en 1878 à El-Attaf, dans la wilaya d’Aïn Defla, cheikh Sidi Djillali Ben Abdelhakem Atba Benatba attirait,
déjà dès son jeune âge, l’attention de ses proches, de ses parents et de son entourage de par son intelligence précoce.
I
l avait un si grand penchant pour le
Coran, la littérature arabe ainsi que les
notions de la jurisprudence. Passionné
par les études alors qu’il était toujours enfant, il devint rapidement l’un des élèves les
plus doués de sa promotion. Il a rapidement
appris et par cœur le Coran de son maître
cheikh Kaddour El-Aychouni, la littérature
et la grammaire de ses enseignants
chouyoukh El-Hadj Mohamed El-Abassi et
Sidi M’hamed Benaouda. Il a également fait
des études préliminaires de jurisprudence religieuse chez l’illustre cheikh de l’époque
Mohamed Benahmed Essoussi avant de les
terminer honorablement chez un autre enseignant de renom, cheikh El-Hadj Benlarbi qui
n’est autre que le fils du saint de la région
(wali essalah) El-Hadj Bencherki. «C’est
avec un grand courage, volonté et détermination remarquables qu’il a pu, en un laps de
temps, boucler toute sa scolarité avec une totale réussite. C’est pourquoi d’ailleurs, il a
admirablement obtenu de ses enseignants le
mérite d’enseigner et de restituer, à son tour,
ce qu’il a appris des années durant. Sans tarder et grâce à la confiance qui a été placée
en lui par ses maîtres, il se lança dans l’enseignement en formant ceux qui avaient tel-
lement besoin d’être formés. A cette époque
coloniale, il n’y avait pas assez de places
dans les écoles pour les Algériens, surtout les
indigènes. Seules les mosquées ou encore les
quelques zaouïa éparpillées çà et là à travers
le pays pouvaient, malgré les moyens dérisoires dont elles disposaient, accueillir ceux
qui voulaient apprendre et étudier.
En abordant sa vie d’enseignant, cheikh Si
El-Djillali a d’abord fondé, en 1902, une petite zaouia à El-Attaf dans la wilaya d’AïnDefla et dans laquelle il a commencé à
enseigner la jurisprudence religieuse, et
quelques autres matières comme la littérature ou l’histoire. Malgré son jeune âge et ses
moyens qui étaient limités, cette école attirait
beaucoup d’étudiants qui venait de partout
afin d’enrichir leur connaissance grâce à la
volonté de fer de son responsable. On y étudiait presque tout selon un programme parfaitement étudié. Outre la jurisprudence
religieuse, la grammaire arabe, la philosophie, les arts, les sciences, les mathématiques, l’astronomie, quelques notions de la
médecine y étaient également dispensées. En
plus du rôle que cette école a joué dans l’enseignement dans la journée, elle hébergeait
en son sein aussi, des sans-abris et des mal-
heureux pendant la nuit», témoigne encore
le petit-fils de Cheikh Benatba.
De la zaouia d’El-Attaf
à El-Khaldounia de Chlef
Alors qu’il assumait parfaitement sa mission d’enseignant à El-Attaf, cheikh Si ElDjillali se rendait chaque vendredi à
El-Asnam (Chlef) afin de donner des cours
dans diverses mosquées de la ville avant de
retourner à El-Attaf chaque samedi aprèsmidi. Ayant gagné de l’estime et de la considération de la part des sages de la ville
d’El-Asnam à l’époque, ces derniers lui proposent de s’y installer définitivement pour se
consacrer à sa noble mission. Et c’est suite à
cette proposition qu’il n’a pas hésiter à accepter, qu’il a fondé le 14 octobre 1935
l’école «El-Falah» qui deviendra par la suite
«El-Khaldounia» dont la renommée a rapidement dépassé les frontières du pays.
Unique en son genre à El-Asnam, cette école
avait permis à chacun des assoiffés du savoir
de la fréquenter même venus de très loin.
Unanimes, les quelques témoignages que
nous avions pu recueillir à cette occasion, indiquent que non seulement cette école était
un lieu d’enseignement et de formation, mais
également un endroit où sont régulièrement
traités les affaires litigieuses qui survenaient
entre les citoyens à l’époque en leur tissant,
de par ses actions nobles et salutaires, de solides liens d’amitié et de fraternité.
Parmi les étudiants qui se formaient chez
cheikh Si El-Djillali, ses deux fils Bencherki
(décédé en 1942) et Ahmed (décédé en 2000)
qui leur décerna, après des années d’effort et
de sacrifice, le diplôme de fin d’études des
imams pour devenir ensuite, eux aussi, des
professeurs d’une grande renommée. C’est le
fils Ahmed qui a repris ensuite le flambeau
en assurant les mêmes fonctions que son père
au sein de cette même école après sa mort
pendant le mois de Ramadhan de 1965, laissant derrière lui un patrimoine riche et fécond
qui mérite d'être minutieusement revu afin de
servir aux générations futures.
Soulignons, enfin, que de nombreuses personnes de différentes couches rencontrées localement souhaitent que les autorités
administratives de la wilaya se penchent sur
cette personnalité éminente en étudiant profondément ses œuvres, et de baptiser, pourquoi pas, un édifice public en son nom.
A. Hakim
ANNIverSAIre De LA CréATIoN De L’éCoLe eL-kHALDouNIA De CHLef
79 années au service du savoir
et de la jurisprudence religieuse
F
ondée il y a 79 ans, plus précisément
le 14 octobre 1935, par l’illustre
cheikh Si El-Hadj Djillali Ben Abdelhakem Atba Benatba, l’école El-Khaldounia
qui existe toujours et qui est située au centre
de la ville de Chlef, est l’une des plus anciennes que compte le pays.
Depuis sa création, cette école ou medersa
comme on l’appelle encore de nos jours, a
joué un rôle prépondérant et à plusieurs niveaux particulièrement durant l’époque coloniale. Elle était d’une importance
inégalable et d’une renommée internationale. D’ailleurs elle avait la même réputation
qu’El-Kaïraouiyine, au Maroc, ou la Zitouna, en Tunisie, notamment du point de
vue pédagogique et par la nature de l’ensei-
gnement qu’elle dispense depuis sa création.
Nombreux sont des cadres et oulémas
d’aujourd’hui qui y ont été formés. «Cet établissement que les assoiffés du savoir fréquentent même de nos jours était par le passé
un modèle, voire un exemple auquel le
monde arabo-islamique accordait une attention tout à fait particulière. Elle assurait une
formation riche et de qualité dans de nombreux domaines. Au total, pas moins de 13
promotions de 150 oulémas chacune ont été
formées par cette école quelques années seulement après sa fondation. On y enseignait
le Coran, les sciences, la jurisprudence, la littérature arabe, l’histoire et la géographie.
Cheikh Sidi Mohamed Belkebir de la zaouïa
d’Adrar dont l’aéroport de cette même ville
porte le nom, Hadj Mohamed Teguia, ex-ministre de la Justice, Si Hamoud Faden qui assumait les fonctions de maître-assistant
universitaire d’aujourd’hui au sein de cette
école durant longtemps, les Bouabdallah
Ghoulamallah, ex-ministre des Affaires religieuses et Abdesselam Hadj Kadda, mufti de
Mostaganem, figuraient parmi les brillants
étudiants de cet établissement. Chacun de
ces oulémas, une fois avoir obtenu le diplôme d’enseignant qualifié des mains du
cheikh Ben Abdelhakem, a procédé par la
suite à la création d’une zaouïa au niveau de
sa localité ou, à défaut, d’une médersa dans
son propre village, notamment dans le centre-ouest du pays et ce, afin d’assurer une
continuité dans l’enseignement et dans la
formation au profit des Algériens de
l’époque. Quant aux études qui y ont été dispensées, elles étaient semblables à celles que
l’on enseignait à El Kaïraouiyine ou encore
à Zitouna. Et comme par miracle, cette école
est toujours debout et continue d’assurer sa
noble mission malgré les deux séismes qui
ont frappé la région en 1954 et en 1980»,
tient à préciser Moulay, le petit-fils du fondateur de cet établissement historique.
Cet anniversaire qui regroupera en fin de
semaine, des religieux, des chercheurs universitaires et même des politiciens de plusieurs endroits où l’histoire de cet
établissement sera profondément débattue,
aura lieu au domicile familial du défunt.
A. Hakim
Pensée
Pensée
BENETTAYEB LALIA épouse Belkacemi
Tenafer Fatma épouse Merouani Cherif
Il y a 40 jours qui aura lieu le 15/10/2014 notre chère
regrettée
Nous a quittés a jamais laissant un grand vide que rien ni
personne ne pourra combler. Ta bonté, ta patience, ta
générosité et surtout ton indulgence ont fait de toi un
être exceptionnel. Tu demeureras toujours vivante dans
nos cœurs et nous resterons attachés aux valeurs que tu
as tenu à nous inculquer. Nous demandons à tous ceux qui l’on connue et
aimée d’avoir une pensée en ta mémoire. Que Dieu t’accorde sa
miséricorde et t’accueille en son vaste paradis.
A ALLAH nous appartenons et à lui nous retournons.
Tes enfants Belkacemi Mohamed et ses enfants, tes filles et tes fils
Le Chélif, hebdomadaire
régional d’informations
de proximité édité à Chlef
Le CHéLIf est publié par
«Les Presses du Chélif», eurl - Zone
différée Bt f n 10 - Chlef 02 000
Directeur de la publication :
Ali Laïb
Rédaction :
M. Aït Djida, M. Boudia, A.
Chérifi, M. Ghriss, Larbi H.,
B. kamel, B. kiouar, A. Laïb,
M. Nakkab, L. Med
Abdelkrim, A. Zighem
Il y a 40 jours qui auront lieu le 14/10/2014 notre chère
regrettée mère
Nous a quittés a jamais laissant un grand vide que rien ni
personne ne pourra combler. Ta bonté, ta patience, ta
générosité et surtout ton indulgence ont fait de toi un
être exceptionnel. Tu demeureras toujours vivante dans
nos cœurs et nous resterons attachés aux valeurs que tu
as tenu à nous inculquer. Nous demandons à tous ceux qui l’on connue et
aimée d’avoir une pensée en ta mémoire. Que Dieu t’accorde sa
miséricorde et t’accueille en son vaste paradis.
A ALLAH nous appartenons et à lui nous retournons.
Tes enfants Merouani Maamar et ses enfants, tes fils, tes filles et tes voisins.
RC : n 02/00-0906487 B12
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Fax : 027 77 83 28
Fax bureau d’Alger
021 38 75 13
E-mail : [email protected]
Impression :
SIA Alger
16
numéro 45
Du 15 au 21 octobre 2014
Détente
MotSfléchéS
Mots
croisés
HORIZONTALEMENT
1 - Reprise
2 - Convenue - Ferraille de samouraï
3 - Excitantes - Symbole du 85
4 - Grande flaque pyrénéenne - Serveur de données Regarda du coin de l'oeil
5 - Bonnes à jeter - Forme d'expression de conteur
6 - Département des castrais - Vieux potages
7 - Grands rideaux - A l'état naturel
8 - Donc à compter - Descendu - Canal pour saunier
9 - Chef d'état russe - Préfixe trés amplificateur
10- Sac de voilier - Abhorras
VERTICALEMENT
Soduku
A - Attirante mais souvent au négatif
B - Fêta un évènement - Existe
C - C'est le dernier qui devrait vous habiller - Accessoire de tolet
D - Suspendent - Montré son plaisir
E - Défalquais - Ceinture de geisha
F - Cherche à tromper - Tombée de la nuit
G - Phénomène lumineux - Le mari d'avant
H - Se décide - Couleur de vin
I - Contenant de champagne - Aprés cela, on ne rajoute rien au prix
J - Virtuose - Total
K - Genre de rollier - Epuisera complètement
L - Poseras n'importe comment
Citations
Le mérite appartient à celui qui commence, même si le suivant fait mieux.
Proverbe arabe
Les échecs ont une utilité car bien analysés, ils peuvent conduire au succès.
Fleming
Celui qui pose une question est bête cinq minutes. Celui qui n’en pose pas
l’est toute sa vie.
Proverbe chinois
SolutionSdeSjeux
numéro 45
Du 15 au 21 octobre 2014
ContribUtion
17
L'ecoLe, entre rivaLités
et coMPLéMentarité
Par MaâMar Lariane
L'école, lieu de savoir par excellence, a pour mission première de fabriquer l'homme de demain avec, naturellement, l'aide précieuse de la famille,
sans quoi toute tentative d'aller de l'avant demeurerait vaine. La responsabilité est partagée vu la complexité de la tâche, une tâche qui appelle à
la mobilisation de tous les instants, d'où la relation "Famille-Ecole" que les deux parties devraient s'atteler à établir et à concrétiser en vue d'harmoniser le travail de l'éducateur.
S'
agissant de cette relation étroite
entre la famille et l'école, il
convient, pour les deux parties en
présence, d'œuvrer inlassablement pour
qu'il y ait cette sorte de relais Ecole-Maison,
Maison-Ecole; une espèce de partenariat
devrait voir le jour si l'on peut dire les
choses ainsi, pour simplifier les relations
tout au long de l'année. On sent les parents
très présents au début de l'année scolaire,
relativement présents plus au collège qu'au
lycée et un peu moins présents à l'école primaire tout de même, ce à quoi il faudrait remédier sans tarder si l'on veut qu'il y ait
cette complémentarité qui nous fait tant défaut.
Les parents viennent de manière ponctuelle si on arrive à les rassurer. Mais la partie est loin d'être gagnée, par conséquent il
incombe aux deux parties de faire montre
d'une grande disponibilité pour éviter que
des rivalités ne surgissent et constituent un
écueil difficile à surmonter.
L'on parle actuellement de violence scolaire, mais nous sommes-nous demandés
pourquoi les choses ont pris une telle ampleur ? Cette violence est présente jusque
dans nos universités : un phénomène nouveau qui finira par constituer un frein à tout
décollage socio-économique si on n'y fait
pas face de manière sérieuse et responsable.
Les parties en présence (école-parents) ne
jouent pas pleinement le rôle attendu d'elles.
Par ailleurs, il y a manifestement une démission totale de la part des parents, ce qui
n'est pas pour arranger les choses du reste.
Citons à titre d'exemple le cas de cet enfant
malade, atteint d'hémophilie et qui, à la
suite d'un malheureux petit coup de règle au
bras, voit son état de santé se dégrader (l'hémophilie étant une méchante maladie), alors
qu'il aurait suffi d'une simple présence du
parent, muni d'un certificat médical à l'établissement pour que de pareils problèmes
soient évités. Une fois le premier responsable averti et les enseignants mis au courant,
il n y a plus lieu de s'inquiéter et l'enfant est
à l'abri de tout incident fâcheux. C'est pourquoi des rencontres régulières, relativement
souvent sont-elles nécessaires si l'on veut
établir un lien durable entre la famille et
l'école.
Une fois ce lien établi, il convient de se
pencher sur un autre volet, non moins important celui-là et qui est inhérent à la formation de l'enseignant.
La formation en milieu
éducatif
L'éducateur en charge de cette mission
est-il suffisamment "armé "pour mener à
bien sa tâche ? Bien sûr que non, nous
direz-vous. De nos jours, ce n'est malheureusement pas toujours le cas puisque les
enseignants, fraîchement diplômés de l'université se voient affectés dans un établissement scolaire sans aucune formation
pédagogique, d'où les nombreuses frictions
qui apparaissent, frictions qui, souvent dégénèrent pour atteindre des proportions incalculables. Le comportement pour le
moins inacceptable de certains enseignants
parce que mal préparés pour cette fonction,
font que les enfants réagissent mal au moindre rappel à l'ordre, alors un climat malsain
s'installe au sein de l'établissement, ce qui
entrave considérablement sa bonne marche.
Oui, souvent, par manque de tact de la
part de l'enseignant ou de l'encadreur, un enfant se verra poussé vers la porte de sortie
pour un rien sans qu'aucune des deux parties (école-famille) ne réussisse à "recoller
les morceaux". Combien sont-ils, en effet,
ces adolescents à avoir déserté les bancs de
l'école suite à une remarque déplacée de la
part de l'enseignant ? Se désintéressant de
tout au fil du temps, les éléments en question se retrouveront à la rue de manière définitive. Et comme de bien entendu, la
réaction des parents ne se fait pas attendre
ce qui crée d'énormes problèmes aux chefs
d'établissements qui ne savent plus où donner de la tête.
En revanche, lorsque l'enfant ou l'adolescent sent chez l'adulte cette capacité à se
mettre à son écoute, il change de comportement et se montre tout à fait disposé à communiquer avec lui sans qu'il y ait la moindre
animosité. Il incombe donc aux responsables de faire en sorte que les rapports ne
soient pas aussi tendus entre l'enseignant et
l'enseigné si l'on veut que les buts assignés
soient atteints.
Qu'est-ce qu'éduquer ? C'est un paradoxe.
C'est savoir s'effacer tout en s'imposant, respecter la liberté de l'enfant tout en faisant
preuve d'autorité, et c'est aimer en sachant
punir. Ce qui complique les choses, c'est
que la plupart des parents considèrent leur
enfant comme un prolongement d'euxmêmes. Quel est le but de l'éducation? Ce
n'est rien d'autre que de fabriquer un adulte
équilibré et heureux... et, passez-nous l'expression, qui se sente bien dans sa peau.
Heureux avec ce qu'il possède en lui et non
pas ce que ses parents voudraient lui voir
posséder.
Une science nécessaire :
la "pédagogie familiale".
Le mot "pédagogie" est resté longtemps
la propriété et le privilège des éducateurs
professionnels et des établissements scolaires. Il est grand temps qu'il pénètre maintenant dans tous les foyers. Mais attention,
si un problème survient, inquiétant et "incompréhensible", c'est qu'une erreur a déjà
été commise, tout au moins dans la grande
majorité des cas. Par exemple : "Mon enfant
devient menteur et cela m'inquiète beaucoup", dira un père (ou une mère). Or, un
enfant ne devient pas menteur du jour au
lendemain, mais le plus souvent à la suite
d'un grand nombre de maladresses dont se
rendent coupables certains parents inconscients. Puisque Education et Autorité vont
de pair, penchons-nous sur ce deuxième
volet pour essayer de le définir afin d'apporter (sans prétention aucune) quelques
éclaircissements susceptibles d'aider certains collègues enseignants.
L'autorité.
Pourquoi parler d'autorité ? Eh bien, tout
simplement parce que certains parents ne
font pas preuve de suffisamment de fermeté
à l'égard de leur enfant, ce qui fait que ce
dernier n'en fait qu'à sa tête aussi bien à la
maison qu'à l'école, chose absolument inadmissible. L'autorité, c'est l'art de se faire
obéir et respecter... et même admirer. C'est
un art qui ne s'apprend pas car c'est un état
d'âme, une émanation de soi. La personne
qui a de l'autorité connaît d'instinct les limites de ce qu'elle peut admettre et ce
qu'elle ne saurait accepter. Il y a des esprits
remarquables qui sont incapables de se faire
obéir et écouter; par contre, des sots prétentieux peuvent imposer silence au premier
regard. Il y a des professeurs qui hurlent
pour couvrir le chahut de leur classe et d'autres qui n'ont qu'à entrer et s'asseoir à leur
bureau pour qu'on entende une mouche
voler.
Les gens qui ont de l'autorité ne font pas
forcément peur et ne sont pas forcément
craints. En général, ils ne crient pas, ne menacent pas; c'est tout à fait inutile. Ils sont
là et ils en "imposent" comme on dit. Malheureusement pour les parents, le problème
de l'autorité est infiniment plus complexe.
Autrefois, dans beaucoup de familles, il
existait une autorité ambiante si l'on peut
dire, qui était établie une fois pour toutes au
nom de certains principes traditionnels, tels
que l'honneur, le courage, Dieu, etc... Mais
que sont maintenant devenus ces principes
? La liberté individuelle, la science, le besoin de comprendre, de chercher, les ont
presque totalement détruits.
Alors que reste-t-il ? Il reste des "manifestations d'autorité" qui n'ont plus ce support occulte de la tradition et qui, de plus,
sont utilisés avec une grande maladresse
dans beaucoup de cas. L'autorité se confond
avec la notion de "contrainte abusive" que
l'enfant supportera mal, ou devant laquelle
il se révoltera.
Les parents et l'autorité
Le problème est sérieux et les parents doivent comprendre que la vigilance est de
mise. S'occuper d'un enfant, c'est connu, est
un travail extrêmement prenant. Freud l'a
affirmé : "Nos premières années nous marqueront toujours de leurs empreintes". Et
Péguy n'en est pas moins formel : "Avant
que nous ayons atteint douze ans, tout est
joué..." Les parents ignorent qu'il faut sévir.
L'enfant en a besoin pour sa sécurité et son
bonheur ; il a besoin d'admirer les guides infaillibles que représentent pour lui son père
et sa mère. Il sera rassuré et obéissant: "Le
droit chemin" qu'il sent obscurément, il le
suivra avec reconnaissance sans en vouloir
à ses parents d'entraver ses folles initiatives.
Mais pour cela, il aura besoin de logique.
Une chose défendue doit l'être une fois pour
toutes, et on sait avec quelle volonté infernale un enfant essaie d'obtenir une exception à la règle ou de lever une interdiction
et comment il peut vous acculer à la fatigue,
à la lassitude et au consentement final. Tout
le monde sait combien il est difficile d'exercer une autorité sereine, rationnelle, logique, juste et efficace et surtout de l'exercer
régulièrement tous les jours et sans défaillance. Car là est tout le problème : il ne faut
pas céder. Les parents s'engagent dans une
lutte qui durera tant que leurs enfants resteront près d'eux.
En matière d'autorité, le premier ennemi
des parents se trouve curieusement être
l'amour. Pour eux, le problème de l'autorité
est généralement faussé à la base par le simple fait qu'ils aiment leurs enfants d'un
amour que seuls peuvent comprendre ceux
qui ont eu des enfants. C'est ce qui explique
pourquoi les meilleurs éducateurs sont en
général ceux qui, n'ayant pas d'enfants euxmêmes, éduquent les enfants des autres. Car
ils ont beau être sensibles, humains, compréhensifs, affectueux, il leur manquera toujours ce petit quelque chose qui caractérise
l'amour que l'on vouera à son enfant et qui
explique (sans les excuser) tant d'attitudes
aberrantes de la part des parents.
Les éducateurs sauront aller jusqu'au
bout, maintenir les punitions, trancher à vif
et rester inébranlables : ils n'en éprouveront
aucun trouble, aucun sentiment de culpabilité; seulement la grande satisfaction d'avoir
fait logiquement et intelligemment leur devoir.
Les parents, eux, sont beaucoup plus vulnérables et se montrent volontiers en contradiction l'un avec l'autre, incohérents et
fantaisistes. Généralement, les parents sont
en déroute, ils achètent le comportement du
gamin pour éviter les problèmes et ce, en
cédant à tous ses caprices. Ils jouent aux parents-copains sachant qu'ils n'ont aucune
prise sur leur progéniture. Les rôles parentsenfants ne sont pas bien définis en général
et souvent l'adolescent est en manque de repères d'où le comportement agressif affiché
vis-à-vis de l'adulte qui, à ses yeux, n'est là
que pour imposer des choses.
Certains parents, lorsqu'ils punissent, sont
battus d'avance et ils le savent. Ils ne peuvent pas résister au plaisir de voir leur enfant heureux ou ce qui revient au même, ne
supportent pas de le voir en larmes. Souvent, le ton y est : voix forte, persuasive,
menaçante. Et comme les parents savent
qu'ils ne tiendront pas longtemps, ils prennent leurs précautions et essaient de faire
peur. Malheureusement, ils ont déjà tant de
fois capitulé que l'enfant connaît d'avance
l'issue de la bataille.
Trop de tendresse ? Manque de volonté,
de temps ? Quelle que soit la cause, le résultat n'a plus de sens et la récompense n'en
aura pas davantage. L'enfant risquera de devenir insatiable et jamais satisfait. Mais il y
aura plus grave. N'ayant jamais rencontré
devant lui une force, une résistance qui lui
permette de s'éprouver lui-même, comment
pourra-t-il se connaître, s'affirmer, se définir
?
L'enfant qui ne trouve devant lui que la
facilité risque de se débattre en vain dans le
vide ; n'ayant rien à vaincre, il perdra la notion de l'effort ; ne sentant pas une autorité
pour le protéger, il agira au hasard sans volonté et sans enthousiasme.
Les parents doivent essayer d'obtenir ce
qui est essentiel, c'est-à-dire "un bon départ", qui conditionnera de façon certaine la
seconde enfance et le passage si difficile de
l'adolescence.
Pour conclure sur une note d'optimisme,
disons qu'il est toujours possible de redresser une situation, aussi compliquée soit-elle,
et que les parents, en s'impliquant davantage, sont tout à fait en mesure d'apporter
leur contribution et ce, dans un cadre officiel par le biais de leurs représentants au
sein de leur association. Ce sera le trait
d'union qui lèvera immanquablement tous
les obstacles qui, jusque-là, ont jalonné le
chemin de l'école rendant pour ainsi dire sa
mission impossible.
M. L.
Enseignant en retraite
18
Contribution
numéro 45
du 15 au 21 octobre 2014
surCharGe des CLasses, un ProBLèMe
auqueL iL est PossiBLe d'y reMédier
Par MohaMed Ghriss
Surcharge des classes : ce constat revient à chaque rentrée scolaire, causant d'âpres difficultés aux directeurs d'établissements et gestionnaires du secteur de l'Education. Ce qui pousse ces derniers à recourir, en raison de l'insuffisance des infrastructures d'accueil, aux
moyens de bords disponibles pour remédier d'urgence à la situation.
A
insi, les vastes espaces des cantines
ou autres sont souvent aménagés en
salles de cours afin de permettre
aux scolarisés de poursuivre leurs études
dans des conditions relativement acceptables. Cependant, au vu de ce phénomène de
surcharge des classes qui se renouvelle
chaque année et partout à travers le pays, il
y a lieu de s'interroger sur ce qui le favorise
continuellement et sur la possibilité de trouver des solutions qui puissent l'éradiquer ou
du moins diminuer de son ampleur.
A ce propos, l'auteur de ses lignes a une
suggestion à formuler sur la question,
puisse-t-elle être examinée par les responsables-pédagogues des hautes instances
concernées en vue d'envisager un remède
concret à cette situation problématique. Pour
avoir déjà enseigné une bonne quinzaine
d'années dans le cycle du secondaire avant
de passer dans le domaine des médias, ma
modeste expérience dans le domaine éducatif m'a amené, concernant ce problème soulevé, à établir le constat suivant que
pourraient confirmer, peut-être, les enseignants des trois paliers du primaire, moyen
et secondaire. Il faut signaler d'abord qu'il
n'est pas dans mon intention, comme seraient
tentés de le croire certains, de fustiger la démocratisation de l'enseignement qui serait
derrière l'afflux massif des scolarisés. Cette
entreprise ayant, cependant, aussi donné la
chance aux plus déshérités des quatre coins
du pays de pouvoir suivre des études. Mon
propos, tout en considérant ce droit pout tous
à la scolarisation, a trait surtout à une question d'ordre pratique, pour ne pas dire pédagogique : en effet, combien de fois n'a-t-on
constaté que la surcharge des classes est due
au fait qu'il y a un manque flagrant d'orientation pédagogique équitable dans nos institutions scolaires qui, en l'absence de recours
adéquats de répartitions par filières appropriées des apprenants en fonction de leurs
capacités cognitives et professionnelles, ne
fait que laisser ce phénomène durer et perdurer. Par recours adéquats, s'entend -et
nombreux sont ceux qui partageront cet avis
peut-être- l'établissement à chaque fin de
cycle scolaire ou période déterminée, de
fiches d'orientation scolaire et professionnelle (incluant bien entendu psycho-tests
évaluateurs des aptitudes de prédilection des
profils cernés) qui orienteraient les élèves
vers la continuité des études ou vers les centres d'enseignement technique et de formation professionnelle, artisanale, artistique,
appropriés. De la sorte, à chaque rentrée scolaire, il y aura des élèves qui continueront
leurs études théoriques tandis que les autres,
orientés en fonction de leurs aptitudes plutôt
d'ordre pratique, iront poursuivre leur formation technique dans les centres spécialisés ou
des lycées professionnels (ces derniers ayant
vu le jour en Occident mais pas encore chez
nous !). Du coup, la surcharge des classes
diminuerait sensiblement et enseignants et
élèves évolueraient dans de meilleures
conditions d'études tandis que les orientés
vers les centres de formation technique et
professionnelle, auraient probablement de
meilleurs chances d'aboutir pédagogiquement plutôt que de se retrouver, pour leur
plupart, éjectés en fin de cycle secondaire.
Avec pour fâcheuse conséquence, le grossissement du lot des chômeurs… après avoir
perdu beaucoup de temps sur les bancs du
lycée où beaucoup d'entre eux se savaient
prédestinés à autre chose qu'aux études théoriques, s'intéressant alors rarement aux cours
en se portant hélas préjudice, bien malgré
eux, du fait de leurs démotivations transformant la classe en lieu d'oisiveté provisoire…
Aussi, aux fins de prévenir de l'accroissement d'année en année de ce phénomène de
surcharge des classes, ne convient-il pas,
d'ores et déjà, d'entreprendre des initiatives
audacieuses pour remédier relativement à
cette situation qui requiert l'attention, en premier lieu, des pédagogues-orienteurs concernés ? Ces derniers ont peut-être des idées
bien meilleures, plus appropriées pour le
traitement efficient de la question, c'est à
souhaiter. L'essentiel étant son règlement en
examinant les possibles initiatives à entreprendre, telles que des journées d'études ou
rencontres consultatives, etc., en vue d'une
application concrète sur le terrain des instructions qui seraient dégagées.
Reste à savoir quand est-ce que les responsables concernés pourraient envisager pareille éventualité… si jamais ils viendraient
à accorder un intérêt à la question soulevée
tellement ils sont trop occupés par la surcharge des sempiternels problèmes caractérisant ce secteur.
M. G.
Le «BenaMisMe» sévit toujours
à L'aéroPort de ChLef
Par MohaMed Boudia
L
'aéroport de Chlef ne fait pas beaucoup d'émules et la seule animation
qu'on pourrait y trouver, c'est celle
de passagers mécontents et de familles encore plus mécontentes. En effet, en guise de
salle d'attente pour les arrivées, un préau en
bâche, ouvert aux quatre vents. En hiver
vous subissez le froid glacial et l'été vous
subissez les chaleurs torrides de la région.
Ajoutez à cela par moments les exactions
de certains agents qui vous refoulent
comme un va-nu-pieds dès que vous vous
approchez de la porte d'entrée des "arrivées", avec comme sommation : "Ne restez
pas là ! Poussez-vous ! Allez vers le préau,
c'est là-bas la salle d'attente". Une dame réclame avec eux et leur dit qu'elle attend une
femme âgée handicapée et on lui répond :
"Il est interdit d'entrée dans le hall des arrivées." Je me faufile à l'intérieur d'un groupe
et j'écoute, sans faire attention, leur discussion. Le premier dit : "C'est un monde ça !
La prochaine fois, je préfère payer un taxi à
5.000 DA et je passerais par Alger ou Oran
et je ne reviendrais plus par Chlef." Il y
avait quelqu'un à côté de nous qui tripotait
son portable pour trouver un numéro ou je
ne sais quoi, tout d'un coup, deux policiers
viennent vers lui et le prennent par le bras
lui et son compagnon vers l'intérieur de l'aéroport du côté des "arrivées". Alors j'ai
pensé que le "benamisme" continue de sévir
chez nous.
Oui, effectivement, plusieurs policiers
sont entrés avec des civils qui attendaient
leurs parents et amis qui devaient venir par
le vol de Paris. Ceux qui n'avaient pas de
connaissances comme moi, restaient là à attendre le bon vouloir du temps pour recevoir leurs parents. Pendant quelques
instants, peut-être quelques minutes, le bonhomme qui était entré avec les deux policiers venait de ressortir avec son
compagnon en rageant : "Pourquoi m'est-il
interdit de photographier ? N'ai-je pas le
droit, dans mon pays de prendre des souvenirs de ma famille dans mon aéroport, dans
ma ville, dans ma patrie ? Qu'est-ce qui se
passe ? Me prend-on pour un espion étranger, et espionner quoi ? Toujours cette épée
de Damoclès sur notre tête avec le mal qui
vient de l'étranger ou ce sabre d'El Hadjadj
qu'on nous brandit à chaque occasion qu'on
veut. Pourquoi se leurrer ? Ne sait-on pas
les USA et Israël ainsi que la France et
d'autres pays européens ont des satellites
géostationnaires d'observation qui peuvent
leur donner tous les renseignements qu'ils
veulent ! Ne sait-on pas que toutes nos communications téléphoniques, quelles qu'elles
soient, sont enregistrées et étudiées à fond
par les services secrets américains? Ne saiton pas aussi que ces pays qu'on nous brandit
comme des ennemis utilisent des avions
furtifs pour photographier et qui ne sont pas
détectables par nos radars d'un autre temps
? Alors pourquoi tous ces leurres pour nous
embobiner ?
Ne pourrait-on pas vivre comme tout le
monde sans appréhension aucune et sans
cette épée étrangère qu'on nous balance à la
tête à chaque occasion ? Le mal ne vient pas
de l'extérieur, il vient plutôt de l'intérieur,
dans la manière de diriger un pays et dans
le respect du peuple et de ses aspirations
propres. Nous avons été créés par Dieu, des
hommes libres mais les dirigeants du
monde entier ont bien voulu nous parquer à
l'intérieur de frontières pour mieux nous asservir et faire de nous des pantins malléables et corvéables à merci. Nos pays sont
actuellement comme des ghettos dans lesquels nous végétons sans pouvoir connaître
l'autre. Nous savons que la situation sécuritaire est telle qu'elle a été créée par les institutions de tous les pays pour attiser les
rancœurs et les vengeances entre les
hommes, pour créer une certaine homophobie, un certain racisme mondial et un certain
régionalisme séculaire parmi les populations du monde entier. Pourquoi ces frontières et ces visas et contenir les gens
parqués dans des "ghettos" que je n'appellerais point "pays". L'homme a besoin de
s'épanouir, de voir du monde, des contrées
inexplorées alors qu'il est cantonné dans un
lieu bien déterminé, fiché et bien endoctriné
pour voir en tout un chacun un ennemi potentiel. Dieu n'a-t-il pas dit : "Au nom de
Dieu le miséricordieux et le plus miséricordieux, nous vous avons créés peuples et tribus afin que vous puissiez vous connaître,
le plus méritant parmi vous est celui qui est
le plus pieux." Alors, messieurs les dirigeants du monde entier ! Laissez-nous respirer et vivre la vie que Dieu le Tout
Puissant nous a prescrite.
M. B.
Numéro 45
Du 15 au 21 octobre 2014
19
LEcturE
ROMAN INEDIT
JE DéfENDRAI mA mèRE
AvANt lA JustICE
Par RACHID EZZIANE
Villeblevin, France, le 4 janvier 1960. La Facel Vega 3B, la voiture la plus rapide de l'époque, dérape, sort de la route et percute un arbre. Dans la
voiture se trouvaient Albert Camus, Michel Gallimard, sa femme et leur fille Anne. Dans ce roman, l'auteur fait parler Albert Camus au moment
de son agonie, en imaginant un dialogue avec le jeune Algérien qui lui avait posé la question sur la guerre d'Algérie à Stockholm. Aussi, pour essayer d'apporter des éléments de réponse sur l'engagement d'Albert Camus au sujet de l'Algérie. Son histoire, son peuple, sa nation.
"Je crois en la justice, mais je défendrai ma mère avant la justice", avait-il dit. Est-ce suffisant pour lui faire endosser tout ce qui a été dit sur
lui jusqu'à ce jour ? Pouvait-il être autre que ce qu'il était ? "Compatriote à temps partiel", comme disait Abdelkader Djeghloul…
Quatrième Episode
Quoi faire ? Aller au-delà de l’histoire, en essayant d’écrire l’histoire
telle que nous la voulons. Je me révolte, donc je suis ; nous sommes,
diront les damnés. Ils n’ont pas
d’autres alternatives. L’histoire a
toujours pris un autre tournant à
partir de révoltes. En Egypte, à
Sparte, au temps de Cromwell, en
Russie, aujourd’hui dans les
usines, et demain pour la dignité
humaine. Avec le changement du
cours de l’histoire, les valeurs
changent, deviennent universelles.
Mais…là où on l’attend le moins,
le destin, cette chose indéfinissable, « intercédera » pour faire tout
basculer dans le vide. Et la « chute
», vertigineuse, nous fera revenir à
la case départ, au passé, au rocher
de Sisyphe. Et l’histoire se répétera, et l’homme se déshumanisera,
encore une fois, plusieurs fois, durant sa longue nuit – d’humain. Et
personne ne pourra juger personne.
Tout le monde sera quitte avec sa
conscience – lâche. Mon rôle,
d’écrivain, d’artiste, est de dire tout
ça. Ecrire, c’est brûler pour éclairer
le chemin aux autres ; écrire n’est
pas une fin en soi, mais un moyen
à faire réveiller les consciences –
insensibles. Jouir de son art loin
des autres n’est que lâcheté et ruine
de l’âme. Ne peut prétendre être
écrivain celui qui se met au service
de ceux qui font l’histoire ; car sa
place, la vraie, est du côté de ceux
qui la subissent. Tout artiste qui se
détournera de ce chemin – des
hommes humiliés, vivra en solitaire et mourra en solitaire. Sa vie
et son œuvre n’auront servi à rien.
Même la pauvreté ne devrait pas
être un obstacle. Car la richesse
nous vient de l’esprit. Et toute révolte est déjà lumière. Car elle est
avant tout pour tous les autres. Et
elle doit en être ainsi ; « pour que
la vie de tous soit élevée dans la lumière ». Même si nos natures, des
fois, chez les uns ou les autres,
nous orientent vers l’indifférence
ou les préjugés hâtifs. Etre artiste,
c’est accepter et refuser à la fois ;
c’est aussi être à l’observation et à
l’écoute. Et seule la pauvreté dans
la dignité peut forger l’homme –
humain, fait apprendre les leçons
qui durent toujours…
Il n’y a qu’une seule condition humaine. Celle-là même que personne ne veut voir. La faim. Oui,
s’il y a une injustice qu’il faut à
tout prix combattre, dénoncer, c’est
celle qui prive les enfants de pain.
Car la faim rend les hommes «
inhumains ». Et après, tout peut arriver. La haine, la guerre, l’anarchie et même les plus grandes
dérives.
─ Vite, par là, les blessés par là.
─ Il y a aussi un mort.
─ D’accord, faites d’abord entrer
les blessés.
─ Le mort, emmenez-le au service
médico-légal ; par là, Vers la
morgue.
─ Vite ! Appelez le docteur Brisard.
─ C’est qui le mort ?
─ Je crois que c’est Al Mucas.
─ Qui c’est ?
─ C’est l’écrivain Al Mucas.
─ Ah !...
Ça y est. C’est la fin je crois. On
parle de morgue. Dans les
morgues, il n’y a que des morts, ou
des cadavres, sans vie, seuls,
froids. Tout est noir. La fin est toujours noire. Et tout à une fin. C’est
juste et c’est absurde. C’est juste,
pour que personne ne se croie indispensable ; c’est absurde, parce
que ça mène à l’inconnu. Et puis,
c’est tellement court, ce parcours
de la vie, qu’on n’a même pas le
temps de revoir ses idées. « Cependant nous disons un temps long, un
temps court, et nous ne le disons
que du passé et de l’avenir. Par
exemple, nous appelons un long
passé les cent ans qui ont précédé
le moment où nous parlons, un
long avenir les cent ans qui le suivront ; un court passé, c’est pour
nous, je pense, les dix jours
d’avant, un court avenir les dix
jours d’après. Mais comment peut
être long ou court ce qui n’est pas
? Le passé n’est plus et l’avenir
n’est pas encore. » Avait dit Saint
Augustin en parlant de la mesure
du temps. Une autre aberration de
la vie : le temps. Mon temps finit
maintenant. Que sera demain pour
moi ? Passé, présent, futur ou rien
? Demain, les vivants diront, il a
vécu. Et moi, que dirais-je, si j’aurais à dire ? J’ai vécu, je vis, je vivrais? Il y a comme un faisceau qui
essaye de s’infiltrer entre les ténèbres de la nuit. Je suis ce rai en empruntant un long tunnel. Je marche,
ou je vole, ou je rampe. Au bout ça
doit être le terminus. C’est le quai
de l’au-delà. Sa lumière vire vers
le vert. Elle est pleine de particules.
Les quanta dansent au gré de leurs
humeurs, chantent l’incertitude,
rappellent les limites de la science.
Des corpuscules montent et descendent, verts et blancs, attirent
mon âme. Au milieu de cette luminescence métaphysique, presque
divine, un homme se tient debout.
Est-ce un ange ? Non, c’est l’arabe.
Cet arabe, il est comme l’œil de
Caïn. « O mon père ! L’œil a-t-il
disparu ? dit en tremblant Tsilla. Et
Caïn répondit : non, il est toujours
là. Alors il dit : je veux habiter sous
terre comme dans son sépulcre un
homme solitaire ; rien ne me verra
plus, je ne verrai plus rien… et
qu’on eut sur son front fermé le
souterrain, l’œil était dans sa
tombe et regardait Caïn »…
J’entends des pas. On tire un tiroir
métallique. Une glissière crisse. Ils
déposent un corps à l’intérieur
d’une bière. Tout redevient noir.
L’arabe est toujours là.
Je cours. Je cours en pleurant. Les
billets me brûlent les doigts. J’ai
menti ce jour. J’ai menti pour gagner de l’argent durant les vacances d’été. C’est injuste de
mentir. Même quand on est pauvre,
on ne doit pas mentir. Même pour
manger. Pour la nécessité de vivre,
peut-être. A l’arabe, je vais dire la
vérité. Maintenant, elle devient nécessaire. Pour mourir tranquille.
L’Algérie m’a réchauffé de son soleil, et j’ai aimé sa mer. C’est une
terre bénie, prédestinée à un avenir
des plus prometteurs. C’est comme
ça que je la voyais, avant que ne
commence cette guerre…
Il attend toujours l’arabe, celui de
Stockholm. Il avance. Il sort d’un
brouillard. Il se met en travers de
mon chemin. Il sourit, ou il pleure,
ou il parle. Les mots froids pénètrent en moi. « Dès que j’ai su, je
suis venu. Un homme de votre
trempe ne peut être que du côté des
démunis ; ne peut incarner que la
justice ; vous l’avez toujours dit,
écrit, pensé. Monsieur Mucas,
pourquoi tournez-vous le dos à tout
un peuple ? ».
Les mots, telle la lave brûlante,
coulent lentement, déchirent mes
entrailles.
Non, je ne vous ai pas tourné mon
dos. Seulement petit… il y a une
autre vérité que tu ne sauras comprendre. Je sais, par ta jeunesse et
ta sincérité, tu imagines le monde
à ta façon. Les premiers qui étaient
venus, il y a plus d’un siècle – un
siècle c’est cent ans, c’est très long,
ils avaient pris, sur leur compte, la
souffrance et la misère, les maladies et la faim ; et petit à petit, de
jour en jour, d’année en année, ils
apprivoisèrent cette terre. Ils firent
d’elle ce qu’elle est aujourd’hui.
Féconde et fertile. Florissante et vivante. Les premiers colons labouraient le fusil à l’épaule et le
comprimé de quinine dans la
poche. Et après de rudes années, ils
s’enracinèrent dans la terre par les
premiers morts, et les premières
naissances. Il n’y eut pas que la
guerre. Certes, comme dans toutes
les conquêtes, comme celle des
arabes en Andalousie, il y eut des
batailles, avec morts et blessés. Il
y eut des prisonniers, des exilés.
C’est la logique des guerres. Et
même que c’est inévitable ce genre
de chose au moment des chocs.
Mais après, quand tout s’arrêta,
pendant de longues années, il y eut
la paix. Et durant ces longues années de paix, les hommes s’activèrent à fructifier les relations, se
créèrent des raisons de vivre ensemble. Autrefois, il y a des siècles, les romains avaient conquis la
Gaulle. Vercingétorix, comme Abdelkader, avait, en son temps, essayé de s’interposer au romains,
mais à la fin il consentit à accepter
leur paix ; et les Gaulois devinrent
des Gallo-Romains. Avec la France
et sa langue, avec la France et sa
culture, avec la France et ses
sciences, l’Algérie ne sera que plus
belle. Tel est son destin. Et c’est
cette voie – juste, du progrès, que
je choisirais pour elle. Il n’y a que
la France qui pourra lui tracer ce
chemin. Notre destin est scellé
pour le meilleur et pour le pire.
Ainsi je pense, ainsi j’ai parlé, et
ainsi je voudrais que tu m’acceptes… tu sais petit, les révolutions ce n’est pas mon truc. Je
préfère la révolte. Les anticolonialistes des bistrots de Paris vous
trompent. Comme ils ont trompé
les russes en cautionnant le totalitarisme des Bolcheviks. Ma vision
est lointaine. Viendra le jour où
vous direz que j’avais raison. Mais
j’ai peur que ce sera trop tard…
La Grèce m’envahit. Dans mes
moments difficiles, c’est vers la
Grèce que j’allais chercher mes repères. Ses temples et ses vestiges
me donnaient la force de rêver, d’y
croire. Et Volos qui me faisait rappeler Orléansville par ses tremblements de terre répétitifs. J’y étais
en 1954 à Orléansville. J’y ai vu
des afflictions et des malheurs. J’y
ai vu aussi comment les hommes
se solidarisent dans ces moments
de deuil.
La lumière m’éblouit. Je ne vois
plus l’arabe. A-t-il été satisfait ?
Est-il parti rejoindre les siens, leur
dire ma pensée ? Non, je le vois, il
est toujours là. Il me regarde dans
les yeux, s’approche de plus en
plus de moi. Dans ses yeux, je lis
de la sympathie. Dans la stature, il
y a comme une condition à cette
sympathie.
Et il me parle. Et il parle vite. Je lis
sur ses lèvres : « Ce n’est pas de ça
que je parle… pas de la guerre, pas
du colonialisme… ».
Je m’accroche à ses lèvres. Je
m’accroche de toutes mes forces.
Je dois comprendre, savoir ce qu’il
veut. Pour ça, je voudrais bien tirer
sur une cigarette. Rien qu’une
bouffée me donnera de l’assurance
et des idées. Où sont passés mes
amis qui me faisaient rire. Je ne les
vois pas. Je ne les entends pas. Je
suis seul devant mon destin. Mon
déclin…
A suivre
20
Numéro 45
Du 15 au 21 octobre 2014
CARNET
Condoléances
Le Président de la Ligue de Wilaya
de Football de Chlef ainsi que
l’ensemble des membres du
bureau exécutif, très affectés par
le décès du joueur de l’IRBTénès
Badrouni Rabie
présentent à sa famille et ses
proches leurs sincères
condoléances et les assurent en
cette pénible circonstance de leur
profonde compassion en priant
Dieu le Tout Puissant d’accorder
au défunt sa Sainte Miséricorde et
de l’accueillir en Son vaste
Paradis.
«A Dieu nous appartenons et à Lui
nous retournons»
LE PRESIDENT DE LA LWF CHLEF
Djilali Touil
Condoléances
Nous venons d’apprendre
avec douleur la perte de :
Hadj Benyoucef
Benahla
Très affectés par cette
disparition, ses amis
et ses voisins présentent
à la famille Benahla leurs
sincères condoléances,
priant Dieu de l’envelopper
de Sa miséricorde et de
l’accueillir en son vaste
paradis.
«A Dieu nous appartenons
et à lui nous retournons»
Condoléances
CONDOLEANCES
Anniversaire
Abderrezak Belgherbi et
Moulay Atbe Benatba très
affectés par le décès de
La famille Aït Saada
de Chlef souhaite un
joyeux anniversaire à
Suite au drame qui vient
de les frapper,
le personnel du Chélif
présente à toute la
famille Teguia ses
condoléances attristées.
Puisse Le Tout
Puissant Miséricordieux
accueillir le défunt en
Son vaste paradis.
«A Dieu nous
appartenons et à Lui
nous retournons»
Présentent à sa famille leurs
sincères condoléances et
prient Dieu de l’envelopper
de sa miséricorde et de
l’accepter en Son vaste
paradis.
A Dieu nous appartenons et
à lui nous retournons.
Condoléances
Naissance
M Dahmani
Hami Tidjania
La famille Aït Saada de
Chlef a la joie d’annoncer
la naissance, le 2 octobre
2014, d’un joli poupon
prénommé
L'ensemble du personnel du
journal Le Chélif, très
affectés par le décès de
me
retraitée de l'Education
survenu le 11 octobre 2014
à Chlef présente à sa
famille leurs sincères
condoléances.
Que Le Tout Puissant
Miséricordieux accueille la
défunte en son vaste
paradis.
«A Dieu nous appartenons
et à Lui nous retournons»
Condoléances
Très attristés
par la perte de
Hadj Mohamed
HAMIDI
père de M. Djelloul Hamidi, PDG
du groupe GMI, les membres du
bureau de l’Union Générale des
Entrepreneurs Algériens (UGEA)
à leur tête Abdelkader Meraïni
Présentent à la famille du défunt
Leurs sincères condoléances
et Prient Dieu de l’envelopper
de sa miséricorde et de l’accepter
en Son vaste paradis
A Dieu nous appartenons et à Lui,
nous retournons.
Hadj Hamidi
Mohamed
Abdelmadjid
BENNOUR
qui vient de souffler
sa 5ème bougie le 12
octobre 2014.
Son oncle Kamel Aït
Saada le félicite et lui
dit : «A tes 100 ans !»
MOHAMED YACINE
MOHAND OUSSAÏD
au foyer de M. et Mme
MOHAND SAÏD.
A cette occasion, elle
félicite les heureux parents
et souhaite un prompt
rétablissement à la maman.
REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE
WILAYA DE CHLEF
DIRECTION DES éQUIPEMENTS PUBLICS
N° D’IDENTIFICATION FISCALE / 099802019121821
AVIS D’APPEL D’OFFRES NATIONAL RESTREINT N° 33/2014
Le Wali de Chlef représenté par le directeur des Equipements Publics
lance un avis d'appel d'offres national restreint pour la réalisation d'un
Lycée 800/200R à ZHUN Hay Bensouna - Chlef répartis en lots
séparés:
- LOT N 01 : BLOC PÉDAGOGIQUE 01 + ADMINISTRATION
+ SANITAIRES (TERRASSEMENTS - GROS OEUVRES ETANCHEITE - CORPS D'ETAT SECONDAIRES)
- LOT N 02 : BLOC PÉDAGOGIQUE 02 + LOCAUX
TECHNIQUES + VRD + MUR DE CLÔTURE
(TERRASSEMENTS GROS OEUVRES - ETANCHEITE - CORPS
D'ETAT SECONDAIRES - DIVERS - BLOC (CHAUFFERIE +
BACHE A EAU) - VRD - MUR DE CLOTURE)
- LOT N 03: CHAUFFAGE CENTRAL (RADIATEUR +
EQUIPEMENT DE LA CHAUFFERIE + ALIMENTATION
GAZ)
- LOT N 04 : SALLE DE SPORT (TERRASSEMENTS - GROS
OEUVRES - ETANCHEITE — CORPS D'ETAT SECONDAIRES CHARPENTE METALLIQUE - DIVERS)
LOT
N
O5:
LOGEMENTS
DE
FONCTION
(TERRASSEMENTS - GROS OEUVRES - ETANCHEITE —
CORPS D'ETAT SECONDAIRES -GAZ NATUREL)
- LOT N 06: BLOC RÉFECTOIRE (TERRASSEMENTS - GROS
OEUVRES - ETANCHEITE - CORPS D'ETAT SECONDAIRES
GAZ NATUREL - CHAMBRE FROIDE)
- LOT N 07: POSTE DE TRANSFORMATION TYP PSIII
(GÉNIE CIVIL + EQUIPEMENT) + ALIMENTATION DES
BLOCS
- Ne peuvent soumissionner pour un ou plusieurs lots avec des
moyens humains et matériels distincts par lot que les entreprises ou
groupement d’entreprises ayant:
- Le certificat de qualification et de classification professionnelle
encours de validité, activité principale en bâtiment, catégorie «III et
plus» pour les lots 01 et 02 et de catégorie «II et plus» pour les lots
03, 04, 05, 06 et 07.
- Ayant réalisé au moins un projet de catégorie «C ou plus» pour les
lots 01 et 02.
- Ayant le code 335-3522 et ayant réalisé au moins un projet de même
nature (Chauffage central) pour le lot 03
- Ayant réalisé au moins un projet de même nature (Salle de sport) ou
un projet de catégorie «B ou plus» pour le lot 04.
- Ayant réalisé au moins un projet de même nature (Logement) ou un
projet de catégorie «A ou plus» pour le lot 05.
- Ayant réalisé au moins un projet de même nature (Réfectoire +
Cuisine) ou un projet de catégorie «A ou plus» pour le lot 06.
- Ayant le code 341-3911 ou 341-3912 et ayant réalisé au moins un
projet de même nature (Poste transformateur G.C + équipement) pour
le lot 07
justifié par une attestation de bonne exécution des travaux délivrées
par les maîtres d'ouvrage, obtenir les informations du dossier d'appel
d'offre et retirer les cahiers des charges auprès de la Direction des
Equipements Publics, boulevard des Martyrs, siège des trois (03)
directions techniques à Chlef.
N.B: Pour le groupement d'entreprises : le chef de file ainsi que
tous les membres constituant le groupement doivent satisfaire
obligatoirement les conditions d'éligibilité.
Les soumissions doivent être accompagnées des pièces exigées par la
réglementation en Vigueur à savoir:
l) Offre technique doit contenir :
17. Déclaration à souscrire renseignée, datée, signée et cachetée.
18. Déclaration de probité dûment renseignée, date, signée et cachetée
19. Copie du certificat de qualification et de classification
professionnelle en cours de validité activité principale en bâtiment de
catégorie «III et plus» pour le lot N° 01 et 02 Et de catégorie «II et
plus» pour les lots N° 03, 04, 05, 06 et 07.
20. Copie du numéro d'identification fiscale (NIF),
21. Copie de l'extrait de rôles apure ou avec échéancier.
22. Copie des attestations de mise à jour: CNAS, CACOBATPH et
CASNOS.
23. Copie de l'extrait du casier judiciaire N° 03 en cours de validité
lorsqu'il s'agit d'une personne physique, et du gérant ou du directeur
lorsqu'il s'agit d'une personne morale.
24. Copie de l'extrait du registre de commerce.
25. Copie de l'attestation de dépôt légale des comptes sociaux auprès
des CNRC pour les sociétés commerciales dotées de personnalité
morale de droit algérien.
26. Copies des bilans financiers des trois dernières années (20112012-2013) justifiés par copie des bilans fiscaux portant accusé
réception par les services des impôts compétents.
27. CPS (Clauses administratives et techniques) dûment renseignés en
délai de réalisation, signée et cachetée.
28. L'instruction aux soumissionnaires dûment signée et cachetée.
29. Un planning d'exécution des travaux objet du marché avec délai
de réalisation.
30. Attestation de références prouvant la réalisation de projet de même
nature, de catégorie «A» ou de catégorie «B» ou de catégorie «C ou
plus», justifiée par des attestations de Bonne exécution ou d'exécution
des travaux délivrées par les maîtres d'ouvrages.
31. Moyens matériels justifies par les copies des cartes grises et
assurances en cours de validité pour le matériel roulant et factures
correspondantes conforme ou acte de vente notarié appuyer par le PV
d'évaluation d'un expert ou d'un huissier de justice pour le matériel
non roulant.
32. Moyens humains justifiés par copie des diplômes, la déclaration
d'affiliation à la CNAS ou par la déclaration annuelle des salaires
(DAS) ou contrat d'insertion des diplômes (CID), contrat de travail
Aidé (CTA) en cours de validité.
NB : Le soumissionnaire retenu sera invité à remettre une copie
légalisée du dossier technique déposé au titre de la soumission
dans un délai de cinq (05) jours à compter de la réception de
l'invitation et ce avant l'attribution provisoire.
II) Offre financière doit contenir :
- Lettre de soumission (renseignée, signée et cachetée)
- Bordereau des prix unitaires (renseigné en chiffre et en lettre, signé
et cacheté)
- Détail quantitatif et estimatif (renseigné, signé et cacheté)
- Les offres Techniques et financières doivent être déposés dans deux
enveloppes séparées et introduites dans une enveloppe extérieure
unique fermée et anonyme portant la mention suivante
«Avis d'appel d'offres national restreint» N° 33 /2014
Réalisation d'un Lycée 800/200 à ZHUN Hay Ben Souna - Chlef.
Lot :
« A ne pas ouvrir »
Est adressée à Monsieur le Directeur des Equipements Publics,
boulevard des Martyrs siège des trois (03) directions techniques à
Chlef.
La durée de préparation des offres est fixée à 21 jours à compter de
la première parution de l'avis d'appel d'offres dans la presse nationale
ou le Bulletin Officiel des Marchés de l'Opérateur Publics (BOMOP).
La date de dépôt des offres est fixée au dernier jour de la durée de la
préparation des offres avant 14H00.
Si ce jour coïncide avec un jour férié ou un jour de repos légal, la date
retenue pour la remise des offres et l'ouverture des plis sera le premier
jour ouvrable qui suit.
La date d'ouverture technique et financière aura lieu à la date de dépôt
des offres à 14H00.
Les offres resteront valides pendant une période équivalente à la durée
de la préparation des offres augmentée de trois (03) mois à compter de
la date de dépôt des offres.
N.B. : Les soumissionnaires sont cordialement invitées à la séance
d'ouverture technique et financière des plis qui aura lieu a la date
indiquée ci-dessus au niveau de la salle de réunions de la direction
des Equipements Publics de Chlef, 2ème étage.
Le Chélif N° 45 : Du 15/10/2014 au 21/10/2014
Anep N° : 150974
numéro 45
du 15 au 21 octobre 2014
21
Santé
Samir Bouazdia, médecin orthopédiSte à l'hôpital hamou makour ain defla :
«Nous recevons aussi des patients
de Chlef, Relizane et Tissemsilt»
La réalisation de la prothèse totale de la hanche (PTH) : une première à Ain Defla. Les Dr Samir Bouazdia, Abdelkader Aissi et Messaoud Mokhtar, sont tous trois spécialistes en orthopédie. Venus d'horizons divers, ils se sont rencontrés à l'hôpital Hamou Makour
d'Aïn Defla où ils réalisent des merveilles, selon l'expression des citoyens et des autorités.
C
es trois jeunes médecins orthopédistes ont non seulement conquis le
cœur des habitants de la wilaya mais
ils sont également très bien considérés par
leurs pairs et les autorités. Animés d'une légitime ambition et d'une volonté de fer pour
parvenir à leurs buts, ils ont réussi à mettre
à point ce qu'ils avaient depuis longtemps
dans leurs têtes : réaliser et développer un
service de haut niveau afin de pouvoir réaliser toutes les interventions chirurgicales
d'orthopédie sans recourir aux évacuations
vers d'autres hôpitaux.
Nous avons abordé le Dr Samir Bouazdia
au niveau de son service afin d'en savoir un
peu plus la stratégie mise en place par
l'équipe pour relever les défis.
Le Chélif : Docteur, voulez-vous présenter votre équipe à nos lecteurs ?
Dr. Samir Bouazdia : Volontiers, je tiens
d'abord à remercier votre journal pour l'intérêt qu'il porte à notre métier et nous en
sommes très reconnaissants. Nous sommes
trois médecins orthopédistes venus de Tissemssilt, Bordj Bou Naâma et Djelfa. Nous
nous sommes retrouvés au niveau de cet hôpital et nous avons convenu tout de suite de
nous investir dans notre métier. Nous avons
voulu montrer surtout de quoi nous étions
capables ensemble pour rendre notre service
très compétitif. Et Dieu merci, nous y
sommes parvenus.
Comment est née l'idée de vouloir faire
la prothèse totale de la hanche à Ain
Defla ?
L'équipe s'est reconstituée à Ain Defla, on
savait gérer le personnel. Donc, ce qui restait, c'était de faire quelque chose d'ambitieux. Les moyens, on pouvait les avoir,
l'essentiel c'était l'équipe qui était bien rodée,
soudée et surtout la présence d'un personnel
paramédical compétent. Certes, il ne répondait pas vraiment aux exigences souhaitées
et voulues mais on était là pour lui donner et
enseigner ce qui lui manquait vraiment.
Donc, on avait tracé et planifié nos objectifs
par rapport à ce qui existait. Le directeur et
son staff ont vite compris le message transmis et compris la valeur de l'équipe. La di-
rection nous a donné le feu vert en adhérant
à notre programme. Elle nous a assistés pour
le mettre à exécution par l'acquisition du matériel nécessaire, la réfection du bloc et la
réalisation de quelques menus travaux pour
rendre les lieux plus fonctionnels.
Ensuite ?
On avait tracé un programme à court,
moyen et long terme, chaque fois qu'on terminait une phase, on s'attaquait à la seconde,
on marquait beaucoup de points dans l'avancement des travaux. La direction n'a eu de
cesse à nous soutenir et nous encourager. On
avait un retard dans la gestion du service.
Parce que la gestion était autre chose et on
l'avait appris également sur le tas, et cela,
nous a beaucoup servi plus tard. On avait à
gérer des unités, un matériel très coûteux,
des médecins orthopédistes et surtout le personnel paramédical. Gérer le personnel est
une chose délicate, parce qu'on n'a pas été
formé comme il le fallait, surtout quand on
fait cela parallèlement à la consultation, au
suivi des malades et à l'exécution du programme opératoire. Le challenge, c'était de
travailler avec ce que l'on avait sous la main
et surtout de s'améliorer et d'être à jour. A
Ain Defla, c'était autre chose, il y avait un
bloc opératoire mais il ne répondait pas vraiment aux normes pour pratiquer l'orthopédie.
On avait donc comme priorités d'agir sur la
propreté et l'hygiène, d'instaurer une discipline, de mettre le service debout, de préparer des unités femmes et hommes et de
remettre le bloc opératoire aux normes.
On s'était fixé un défi à nous-mêmes en se
disant qu'aucun malade ne doit quitter l'hôpital pour subir une intervention ailleurs.
Cela n'était pas facile parce qu'une résistance
aux changements s'est faite sentir au début,
ensuite tout s'est débloqué parce que notre
engagement et surtout notre conviction à
aller vers l'avant nous ont vraiment aidés. La
direction a suivi, la garde fut assurée 24 h et
sept jours sur sept.
On voulait tenter quelque chose de nouveau à Aïn Defla, qui ne se fait généralement
qu'au niveau des grands hôpitaux qui en
avaient le monopole : réaliser des prothèses.
Quand on était à Blida, c'était nouveau pour
nous. Et, comme nous n'avions pas assez
d'expérience, le Dr Messaoud et moi avons
effectué un stage d'un mois en France afin de
nous familiariser aux techniques. A l'hôpital
Cochin où nous étions, ce genre de prothèses
était trop sophistiqué, il fallait partir à l'intérieur de la France pour assister à des opérations de prothèses moins complexes que
celles pratiquées à Cochin (Paris). Nous
sommes donc partis à Lille où nos pairs français faisaient des interventions de pose de
prothèses qu'on pouvait maitriser.
Le Pr Delli nous a mis en contact avec le
Pr Benboussi du CHU de Tizi Ouzou pour
nous assister au cas où un éventuel problème
pourrait survenir Il nous fallait un accompagnateur, voire un spécialiste. On était parti
faire des prothèses à Tizi Ouzou avec le Dr
Messaoud. On a acquis le matériel prévu
pour ce genre d'opérations par le biais de
notre direction qui était convaincue par la
rage de vaincre de l'équipe. Une fois le matériel demandé livré à l'hôpital Makour, tout
le monde attendait le jour "j", entre autres
MM. Messaoud Abdaoui et Djamel Belhadj,
respectivement directeur de l'hôpital et son
adjoint, qui nous ont considérablement aidés
parce qu'ils avaient cru en nous et dès le départ.
Nous avons réussi la prothèse totale de
hanche (PTH) et par la suite nous avons fait
passer 40 malades parce que dans nos stocks,
il y avait 40 prothèses, tous réalisées avec
succès. C'est à partir de cet instant que l'hôpital d'Ain Defla a été reconnu comme un
des grands hôpitaux maîtrisant cette technique. Les autorités locales ont félicité toute
l'équipe ainsi que la direction. Même le ministre de la santé nous a félicités. Depuis, les
hôpitaux limitrophes (Tissemssilt, Chlef, Relizane) nous envoient leurs malades et la notoriété de notre hôpital grandissait de jour en
jour.
Comment convaincre les patients de la
région à venir chez vous ?
C'est une très bonne question. Au début,
avant qu'on ne fasse les prothèses au niveau
de l'hôpital de Tizi Ouzou, on a formé
d'abord nos médecins orthopédistes et notre
propre personnel paramédical. L'ensemble
de l'équipe a suivi une formation locale et un
stage à l'hôpital de Tizi Ouzou. Ensuite, une
fois la première prothèse totale de la hanche
réussie à Ain Defla, on avait fait passer par
la suite 40 malades nécessitant ce type de
prothèses. Ce qui veut dire que nous avons
acquis une expérience en la matière. Lorsque
la direction a constaté que les prothèses
n'existent plus au niveau du stock, elle nous
en a commandé 70 autres.
Quels sont autres objectifs ?
Pour le court terme, la prothèse totale de
la hanche, c'est quelque chose d'acquis. Par
contre, on veut s'attaquer à la prothèse du
genou et à celle de l'épaule. Ce sont les objectifs de l'équipe d'orthopédie. Nous allons
nous y mettre de façon rationnelle et avec
beaucoup d'abnégation pour réussir cet objectif. Les prothèses du genou et de l'épaule
coûtent chers par rapport à celle de la prothèse totale de la hanche.Nous souhaitons
également avoir une deuxième salle pour les
opérations chirurgicales courantes de traumatologie.
Un dernier mot ou bien un message à
transmettre ?
Je salue mes collègues pour cette réussite
colossale et j'aimerais continuer avec eux
l'aventure qui commence déjà à devenir très
intéressante. Nous attendons l'aide nécessaire pour les prochaines échéances qui sont
les prothèses de genoux et d'épaule.
Propos recueillis par Djilali Deghrar
22
Numéro 45
du 15 au 21 octobre 2014
SPortS
iL a été initié par La fédération aLgérienne de boxe
Séminaire de formation
au CNEFD de Chlef
La fédération algérienne de boxe (FAB) a organisé au profit des superviseurs de boxe un séminaire de formation de trois jours
auquel ont participé plusieurs ligues de wilayas.
L
cialiste de la discipline, Ben Omar
Meskine, directeur de la formation
et du développement de la discipline à la FAB.
Notons également la présence de
nombreux cadres de la boxe algérienne à l'image de MM. Mokhtar
Mechta, ancien président de la
FAB et actuellement membre du
bureau fédéral de cette instance
sportive, et Halim Sbaïhia, secrétaire général de l'institution.
Les participants ont pu, à l'issue
de cette rencontre, s'imprégner des
nouveautés en matière de règlements et lois régissant le sport en
général et la boxe en particulier.
Beaucoup ont émis le vœu de renouveler ce genre de rencontres
doublement utiles et pour la réussite de la saison pugilistique qui a
débuté officiellement ce lundi et
pour la promotion de la discipline
qui, pour rappel, a une longue histoire en Algérie.
M. Aït Saada
a rencontre qui s'est déroulée au centre de préparation
des élites sportives de
Chlef, du 9 au 11 octobre dernier,
a vu la présence de nombreuses
personnalistes du monde du pugilat
et porté essentiellement sur les lois
et règlements en vigueur dans cette
discipline que l'ensemble des superviseurs, arbitres et entraîneurs
se doivent d'assimiler afin de ne
pas tomber dans des travers qui,
par le passé, ont coûté cher à la
boxe algérienne.
Selon le président de la FAB, M.
Nabil Saadi, cette rencontre est la
première du genre à être organisée
à travers le pays ; elle se veut une
session de formation utile à tous
ceux qui, de près ou de loin, participent à l'essor de la discipline en
Algérie. Ont participé aux séances
de cours MM. Othmane Laazizi,
formateur et arbitre international,
Laïd Nouari, cadre de la FAB -il en
est le directeur technique- et spé-
Les superviseurs ont voté une motion de soutien en sa faveur
Candidature souhaitée de Nabil Saadi
à la vice-présidence de l'AIBA
L
es superviseurs et cadres du mouvement pugiliste algérien, présents au
séminaire de formation de Chlef, ont
voté une motion de soutien au profit de l'actuel président de la fédération algérienne de
boxe, M. Nabil Saadi en l'occurrence, dans laquelle ils souhaitent le voir déposer sa candidature au poste de vice-président de
l'association internationale de boxe amateur
(AIBA). C'est M. Mokhtar Mecheta, ex-président de la fédération algérienne de boxe
(FAB), qui a émis cette proposition aux participants qui ont approuvé, à l'unanimité, ce
choix. Les participants ont insisté auprès du
président de la FAB de ne pas laisser cette opportunité échapper à l'Algérie, considérant
que les efforts déployés par M. Saadi pour la
promotion et le développement du noble art
militent doivent se traduire également par son
élection à ce poste.
L'idée partagée est que le continent africain
et en particulier les pays du Maghreb ont
contribué à l'essor de la discipline, grâce au
dévouement et au travail de fond mené par les
cadres du mouvement pugilistiques dont l'un
des dignes représentants n'est autre que M.
Nabil Saadi.
Les participants ont par ailleurs souligné
l'importance de faire soutenir la candidature
du président de la FAB par les différentes
ligues de boxe du pays.
Ab. Kader
association eL Wanchirissi pour Le déveLoppement du sport féminin à chLef
Peu de moyens mais une volonté de fer
Q
ui, parmi les sportifs Chélifiens, ne connait ou n'a
pas entendu parler de Nadia Guenaoui, une sportive
de haut niveau qui a initié nombre de jeunes
femmes à la pratique sportive ? Digne fille de son père Bahloul Guenaoui, le talentueux athlète et ami du chahid Ahmed
Klouch, elle a pris son destin en main dès sa majorité en devenant la première femme à s'occuper du sport féminin dans
la wilaya de Chlef. Pour ce faire, elle va créer l'association
pour le développement du sport féminin (APDSF) qui vient
d'avoir son agrément tout récemment. Son but : initier toutes
les femmes, qu'elles soient actives ou au foyer, à l'aérobic
qu'elle considère comme très utile au maintien de la forme.
Titulaire d'un diplôme dans cette discipline qui s'est frayée
un chemin en Algérie et d'un autre en gymnastique, Nadia
est sur tous les fronts pour assouvir une ambition très louable
: celle d'attirer le plus de femmes vers les salles de sport.
Selon elle, "la pratique de l'aérobic par les femmes, en particulier celles au foyer, est indispensable pour elles. Non seulement, elle ne nécessite pas de moyens particuliers ou
coûteux -il suffit juste d'une tenue de sport- mais elle apporte
beaucoup de biens aux pratiquantes tant au niveau physique
que du point de vue de l'équilibre psychique."
Pour rappel, l'association dirigée par Nadia Guenaoui a été
créée le 3 mai 2014, elle porte comme nom "association El
Wancharissi de sports féminins". C'est grâce à l'appui de M.
Ahmed Boudjela, cadre au niveau de la direction de la Jeunesse et des Sports de Chlef et à quelques donateurs dont les
femmes ou filles sont membres de l'association, que l'idée a
vu le jour. L'un des objectifs de Melle Guenaoui est de sen-
sibiliser les femmes souffrant de surcharge pondérale de pratiquer régulièrement une activité sportive. "J'ai insisté auprès
de beaucoup d'entre elles pour leur signifier qu'il ne faut pas
attendre que s'installe le diabète, l'hypertension et l'excès.
Une bonne hygiène de vie, couplée à des exercices physiques
réguliers, est à même de leur permettre d'éviter des maladies
lourdes, difficiles à soigner", explique Nadia Guenaoui.
Pour notre interlocutrice, l'association a aussi pour ambition de créer les conditions idoines pour la participation de
ses membres aux différentes rencontres sportives à l'échelle
nationale. Par ailleurs, "El Wancharissi" initie des tournois
de volley-ball, handball, natation et athlétisme. Elle compte
une centaine de membres qui pratiquent l'aérobic soit à la
salle Nasri, soit au complexe olympique ; certaines adhérentes viennent de plusieurs villes et villages des alentours
de Chlef.
Melle Guenaoui profite de l'occasion pour lancer un appel
en direction de toutes les femmes intéressées par la pratique
d'une activité sportive de se rapprocher de l'association. Son
vœu est d'apporter sa contribution à l'essor de la pratique
sportive féminine à Chlef et ce, en dépit de la faiblesse des
moyens dont dispose son association. Elle souhaite, à ce propos, que les autorités en charge du développement des sports
et loisirs apportent leur aide et leur soutien à son association.
" La volonté existe ", dit-elle, et c'est ce qui importe le plus
à ses yeux.
Menouer Aït Saada
Numéro 38
Du 27 août au 2 septembre 2014
23
SpOrTS
ils ont tenu à l’exprimer à notre reporter
Les supporteurs de l’ASO
toujours déçus
Compte tenu du silence total entretenu autour de l’ASO, sommes-nous en droit de croire que l’indifférence de l’administration est la seule la réponse qui est donnée aux supporteurs inquiets de l’avenir de leur équipe favorite ? Et le limogeage de l’entraineur ou, pour reprendre l’euphémisme, le divorce à l’amiable entre Ighil et Medouar, sera-t-il
d’un grand secours pour remédier au mal qui ronge le club ?
D
eux semaines ont passé sur le départ
du désormais ex-entraineur de
l’équipe chélifienne sans qu’on lui
trouve de remplaçant définitif puisque le driver actuel, fraichement nommé, ne sera
qu’un intérimaire. Ces deux semaines auraient donc pu être profitables à l’équipe si
des solutions avaient été imaginées par le
staff dirigeant. Le facteur temps joue en défaveur du club et la nécessité de recruter un
technicien dans les meilleurs délais semble
plus que nécessaire.
Même si l’on arrive à recruter un entraineur, ce dernier n’aura pas la tâche aisée
pour remettre les pendules à l’heure et, du
coup, mettre l’équipe sur rail, à tout le moins
du point de vue psychologique. Le doute
semble s’installer et s’emparer des joueurs et
leur rendre confiance n’est pas chose aisée
qui peut se faire du jour au lendemain. Un
grand travail attend le nouveau technicien
qui, pour s’imposer, va courir contre la montre. L’inquiétude des supporteurs pour leur
équipe de toujours grandit à vue d’œil et les
déclarations de certains dirigeants nourrissent le ras-le-bol des inconditionnels, surtout
lorsqu’ils entendent dire : «Celui qui ne veut
pas venir au stade, qu’il reste chez lui et qu’il
suive les championnats d’outre-mer. »
D’après les connaisseurs, cela dénote
d’une méconnaissance totale de la psychologie des supporters et c’est une insulte intolérable non seulement aux fans de l’équipe
locale mais à toute l’organisation du football
national. Qui incite à boycotter le championnat Algérien et faire la part belle aux rencontres européennes. Quelle idée ! L’ASO n’est
la propriété de personne, affirment certains
supporters que nous avons rencontrés. Pour
eux, ce club est un patrimoine qui appartient
à tous les Chélifiens, personne ne doit en
faire un bien particulier, insistent-ils. Il n’y
a pas très longtemps, l’ASO était la propriété
de toute une région. Maintenant, elle est snobée par ses enfants. A qui incombe la responsabilité ? Il ne s’agit guère d’un signe indien
ou d’un blocage psychologique, comme on
se plait à le répéter. D’après les connaisseurs,
le problème est plus profond que l’on ne
pense. Revoir la politique de gestion constitue la priorité des priorités pour pouvoir retrouver la confiance du public.
Où sont passés ces jours où le stade faisait
plein à craquer ? Les supporteurs venaient de
Médéa, de Tissemssilet, de Ain Defla, de Relizane, de partout, apprécier les dribbles de
Ali Hadji, se régaler des touches de balle magiques de Nasri et applaudir longuement les
incursions de Niati, Aissaoui, Bentayeb et
consorts. Le public chélifien regrette amèrement ces vedettes, ce même public revendique une révolution au sein de l’équipe et
sa confiance est totale et demeure intacte
pour rendre à l’équipe son exaltation d’autrefois.
Abdelkader Ham
Des anciens supporteurs De l’aso s’expriment :
Mimoun Mohamed :
Badni Abdelkader :
Mestfai Ali :
«L’ASO est dans mon sang, je suis un fidèle supporteur, je le suis depuis les années 1970, je me déplaçais là où l’équipe allait jouer, je n’ai jamais
douté de l’équipe comme cette année. Nous
sommes devenus à la portée de tout le monde après
avoir été l’équipe quasi-impossible à battre, je ne
sais pas exactement ce qui se passe. Ça reflète le niveau général du championnat, avec de tels joueurs,
c’est quasiment impossible de jouer le titre ni les
premiers rôles comme prétendent certains. Notre
appel aux responsables est d’intervenir avant qu’il
ne soit trop tard.»
«Ces dernières années, on recrute les joueurs dits
expérimentés mais en vérité, ils ne le sont pas. Les
jeunes qui ont été libérés auraient pu mieux faire
si l’administration les avait gardés. On préfère
jouer le maintien et bâtir une équipe compétitive
pour l’avenir plutôt que jouer le titre avec des
joueurs dont la majorité a des limites au plan technique. Pour moi, ça y est, je suivais l’ASO même
quand elle jouait à l’extérieur, maintenant, je ne
suis pas ses matchs, même quand on les passe à la
télévision.»
«S’il y a vraiment des gens qui ne croient pas au sport de nos jours, c’est incontestablement les dirigeants de ce sport. La dernière fois, j’ai entendu sur les
ondes de la radio un responsable qui disait : «Si vous ne voulez pas regarder
notre championnat, vous n’avez qu’à rester chez vous.» Autrefois, on se déplaçait là où jouait l’ASO, elle nous régalait de son jeu, les terrains étaient en tuf
mais on goûtait vraiment à la prestation. De nos joueurs, les joueurs sont bien
payés mais quand tu vas au stade ou quand tu regardes un match à la télé, tu as
envie de vomir (hachakom). Pour l’ASO, cette année, vaut mieux ne pas en parler, ni prestation, ni résultats. Le public a fui les gradins pour éviter les problèmes que ce soit avec les joueurs ou avec le service d’ordre. Notre grand
souhait est de voir l’ASO retrouver sa place véritable parmi les clubs de l’élite.»
Propos recueillis par Abdelkader Ham
L’ASO entrainée par Kébir… en attendant ce que réserve l’avenir
A
ux dernières nouvelles, le président
de l'ASO, Abdelkrim Medouar, a
entrepris des contacts avec un entraineur français et l'ex-coach Benchikha de
l'équipe nationale mais qui se sont avérés
vains. Pour l'instant c'est Kébir, le co-entraineur de Meziane Ighil qui drive l'équipe,
après la séparation à l’amabile avec ce dernier, selon le communiqué du club. Le staff
de l’ASO veille surtout à ne pas se précipiter
et d’entreprendre les nécessaires concertations en pareille situation, s’agissant d’une
importante décision à prendre. Et il faut dire
que fort heureusement, ce divorce entre Ighil
et l’ASO, est intervenue dans une période relativement favorable puisque le championnat
Mobilis de ligue I observe la trêve que l’on
sait. Ce qui donne toute la latitude de temps
nécessaire pour faire un choix convenable.
Mais en attendant, les éléments du team ché-
Condoléances
le voisinage et la famille, très affectés par la perte cruelle
de 5 membres de sa famille:
ses amis et surtout ses voisins présentent à
Tahi dit Merouane
leurs sincères condoléances. ils prient Dieu
d’envelopper les défunts de sa sainte miséricorde
et de les accueillir en son vaste paradis.
lifien, contrairement à ce que pourraient
croire certains, ne semblent point démobilisés
et affichent une volonté d’une réaction positive face au RCArba lors de la prochaine
journée. Autrement dit, il y a comme une
prise de conscience des joueurs de tout entreprendre pour échapper aux risques planant
sur les très mal classés. Pour le président de
l’ASO, l’équipe dispose d’un bon effectif qui
est capable de redresser la situation lors des
prochaines rencontres. On le souhaite bien,
mais il va falloir que dès les prochains
matchs, le club mette tous les atouts de son
côté afin qu’il puisse s’éloigner de la zone
dangereuse. Et faire montre du coup de sa véritable valeur. A condition qu’on procure à
l’ASO un bon entraineur et non pas un coach
de quatrième zone qui relancerait le cauchemar des sportifs Chélifiens.
Le Chélif
Condoléances
Deghrar Djilali s’associe avec la famille du défunt
à la douleur de la perte de :
Hadj Ahmed Mebdou dit Hadj Ahmed Chaab Chikhaoui
très affectés par cette disparition, ses amis et ses voisins
présentent à la famille Hadj ahmed chikhaoui leurs sincères
condoléances. ils prient Dieu de l’envelopper
de sa miséricorde et de l’accueillir en son vaste paradis.
le chiffre de la Semaine
229
millions
detonnes
C’estlaquantitédeviande
consomméedanslemondeen2000.
En2050,cettequantitévadoublerpour
atteindre465millionsdetonnes.Les
expertsdisentqu’iln’yaurapasassez
deterrespourproduirecesquantités.
Walid Sofiane, étudiant, rappeur :
«J’écrirai sur quiconque se plaint
de son droit spolié»
Etudiant à la faculté de droit de Chlef, Oualid Sofiane, âgé de 21 ans, est un fervent adepte du genre musical «rap». Il se fait appeler «MC Walla».
Cette aptitude à la chanson moderne, il l’a eue depuis son enfance ; l’environnement social et les conditions particulières l’ayant amené à écrire
sur différents sujets.
T
hèmes où il est question de
missives adressées à des
responsables, de conseils
aux gens, etc., communiqués par
ses propos chantés en style rap.
Walid a commencé à chanter avec
son frère Hassan et son ami Abderrezak. Ils avaient pris l’habitude de
se réunir pour reprendre les anciennes chansons des célébrités
mondiales du rap. Ses débuts furent extrêmement difficiles,
confie-t-il, ses parents s’étant opposés à ce qu’il chante, l’exhortant
souvent à étudier, estimant les
études beaucoup plus importantes
que son talent artistique dont ils ne
voulaient pas entendre parler.
Mais, avec le temps, et après que
leur enfant eut étudié avec assiduité et devenu étudiant à la faculté de droit de l’université
Hassiba Benbouali de Chlef, ils
changèrent d’attitude. Ils commencèrent à encourager sa vocation,
étant donné qu’il leur a prouvé que
ses études passaient avant sa passion, comme ils le souhaitaient.
Ecoutant leurs conseils, Sofiane a
pu ainsi continuer à s’adonner au
rap.
Ses débuts artistiques eurent lieu
en 2008 avec le groupe « Strite 02
» composé de jeunes talents prometteurs dans le genre musical
rap. Il a intégré cette formation
grâce à «Maghe nom» qui lui a ouvert la voie de l’enregistrement de
son premier clip intitulé «Andek
Chek» (Tu as un doute). C’était un
modeste clip abordant tous les sujets dont les plus anciens se rapportant aux thèmes sociaux et
politiques dans lesquels Sofiane
dit exprimer les problèmes qui accablent le citoyen algérien , telle
que l’oppression, «El Hogra», la
misère, etc. D’autres sujets avaient
trait à la sensibilisation et conseils
civiques aux citoyens sous forme
de chansons Rap. Et jusqu’à présent, il reçoit des encouragements
via les pages Facebook de la toile
d’Internet de son compte personnel et quiconque a entendu ses
chansons, affirme-t-il, n’a pas
manqué pas d’encourager son
groupe, même si c’est par un simple
mot.
Malheureusement,
jusqu’à présent, il n’a pas reçu de
soutien nécessaire : «Nous avons
puisé dans nos propres moyens
pour organiser des soirées musicales et n’avons jamais reçu d’aide
de la part des autorités locales et
ce, malgré les nombreuses opportunités qui se présentaient telles
que celles relatives à la célébration
de la journée de la femme, la fête
de l’indépendance, les fêtes de vacances scolaires, etc., aucune invitation ne nous a été adressée pour
la circonstance.
A ce propos, nous avons rencontré le wali de Chlef et nous lui
avons fait entendre nos chansons.
q la suite de quoi il nous avait promis un soutien mais à ce jour nous
n’avons rien vu venir», déclare
Walid. Il ajoute : «On dit que le silence à propos d’un droit relève
d’un acte satanique et ce que je
tends à souligner dans la chanson
rap, se fait un devoir d’exprimer ce
qu’éprouve chaque individu ayant
subi l’oppression et l’injustice. Je
veille continuellement à traduire
les préoccupations de tous ceux
qui ont subi les revers de beaucoup
de gens et j’écrirai sur quiconque
se plaint de son droit spolié. Et tout
ce à quoi j’aspire, c’est que les autorités locales puissent accorder un
intérêt à ce genre musical qui est
considéré à tort par certains
comme étant «de bas-étage». Ce
qui est évidemment faux, ses pratiquants étant des jeunes gens ordinaires, doués pour le chant et
ayant choisi le rap comme moyen
pour communiquer leur noble
message, soucieux de vérité et de
partage des préoccupations citoyennes.
Sans prétentions de ma part,
étant un humble jeune de modeste
origine qui a évolué dans un environnement social commun à la
plupart des concitoyens, je ne
cherche qu’à promouvoir mon talent de chanteur, écrivant seul les
mots qui me viennent à l’esprit.
Et ce, à chaque fois que je
constate les faits et méfaits survenant qui m’inspirent, que je transcris dans mes messages destinés
pour tous. En d’autres termes, je
suis là pour être avec les citoyens
et parler du peuple de mon pays
que je chéris et auquel je souhaite
la prospérité et la paix continue.
Puisse mon message être compris par les autorités locales et atteindre les 48 wilayas qui sont
priées d’encourager les arts et la
culture au profit des jeunes : nous
représentons la génération de
l’avenir, porteuse du flambeau
transmis par nos valeureux ainés.
Et que l’on sache que le rap nous
a protégés des vicissitudes de la
rue et des fléaux sociaux. En un
mot, il nous a fait vivre le vécu
quotidien de tous les autres en partageant avec eux leurs peines et
leurs joies», conclut le jeune prometteur talent chélifien.
Djamila Boularas
Crashd'unavionmilitairedetypeSoukhoïàHassiBahbah
U
n avion bombardier de type Soukhoï
des Forces aériennes algériennes
s'est écrasé ce lundi après-midi lors
d'un exercice d'entraînement au niveau du Polygone central de l'Air à Hassi Bahbah, relevant de la 1ère région militaire, causant la
mort de ses deux membres d'équipage, in-
dique le ministère de la Défense nationale
dans un communiqué. "Lors d'un exercice
d'entraînement au niveau du Polygone central
de l'Air à Hassi Bahbah/1ère Région militaire,
un avion bombardier de type Soukhoï (Su-24)
des Forces aériennes algériennes s'est écrasé,
aujourd'hui lundi 13 octobre 2014 à 15h09",
précise la même source. "L'accident a causé
la mort des membres d'équipage de l'avion, en
l'occurrence le pilote et l'officier navigateur
système", note le communiqué. "Suite à ce
tragique accident, une commission d'enquête
a été désignée pour déterminer ses causes et
ses circonstances", ajoute la même source.
Chronique du temps qui passe
devinette
P
lus fort que moi tu meurs ! Je connais tout en
football : les règles du jeu, les noms des joueurs,
leurs vies privées, tous les clubs du monde, les
entraîneurs, leurs histoires personnelles, professionnelles, etc. Rien qu'en regardant un match de foot chez
moi, je pourrai faire l'arbitre, le gardien de but, le défenseur, l'attaquant, le public, le joker quoi ! Chez le
médecin, c'est moi qui dicte le traitement à me prescrire, la durée de mon repos, les examens à faire, je
connais ma santé mieux que quiconque ! Chez le pharmacien, de même, c'est mon porte-monnaie, je prends
ce qui me plait, les médicaments, c'est mon affaire !
Dans la famille, je connais mieux que tout le monde la
meilleure façon que chacun devrait adopter pour gèrer
son argent, maintenir ses relations, prendre soin de sa
santé, mener une belle vie, je pourrai la vivre à sa place
même ! En politique, personne, même les diplômés de
l'ENA, ne me dépasseront pas dans ce domaine, rien ne
m'échappe : la Maison blanche, l’OTAN, Daech, la
Libye... Côté religion, je te répondrai à la question que
tu veux, sans même avoir lu le Coran une seule fois de
ma vie ! Dans le taxi, je suis capable de jouer le policier,
le chauffard du bus qui bloque la circulation, les piétons
et même le conducteur à côté de moi. Le plan de ma
maison? Pas besoin d'architecte, qui mieux que moi
saura partager mes quelques mètres carrés? En
Afrique, je résoudrai tous les problèmes de pauvreté, au
Japon, je trouverai la solution miracle aux séismes, en
Espagne, j'aurai évité la crise économique...
Vous m'avez sûrement reconnu, qui d'autre que l'Algérien pourrait détenir la clé à tous les problèmes lorsque
ceux-ci ne le concernent pas ! L'auteur qui a dit : "Si les
mots étaient de l'argent, nous les arabes serions les banquiers de l'univers", ne croyait pas si bien dire.
AA